Speaker #0Hello ! Bienvenue dans Et le monde sera, le podcast de celles et ceux qui s'élèvent, toujours sans filtre et sans jugement. Et c'est déjà le dernier épisode de ce mois-ci, c'est passé super vite et aujourd'hui on va essayer de faire un épisode un peu plus léger. Parce qu'on va rire un peu, enfin tout est relatif, mais du coup on va rire un peu de moi principalement, mais je pense que tu restes de te reconnaître très vite dans le sujet que je vais aborder aujourd'hui. On va parler de cette chose donc absurde qu'on fait un peu tous, c'est d'être absolument brillant quand il s'agit de la vie des autres, et complètement à l'ouest quand il s'agit de la sienne. Donc voilà, je te laisse t'installer, tes écouteurs, ton casque, toujours. Et puis c'est parti ! Donc je vais te raconter une scène. Tu vas me dire si ça te parle. Donc, imagine, t'as ton amie qui t'appelle, elle est au bout de sa vie, elle est épuisée, elle enchaîne, elle s'arrête jamais. Et toi t'es excellente, tu lui dis exactement ce qu'il faut, quand il faut. Type, non mais écoute, tu peux pas continuer comme ça, ou t'as le droit de dire non, t'es pas obligée de tout porter, faut que tu te reposes. Vraiment, lève le pied. Tu vois, cas de figure, t'es douce, t'es juste, t'es d'une clarté remarquable. Elle raccroche, ça sent mieux, elle dimerse. Alors que toi, de l'autre côté, tu raccroches. Il y a les 23h30, t'as dormi 5h cette nuit, t'as accepté 2-3 trucs que t'avais pas forcément envie de faire cette semaine. Et puis t'es en train de répondre à un mail en même temps. Bref, laisse tomber. Donc voilà, c'est tout, c'est l'épisode. On aurait pu s'arrêter là. Mais le pire, c'est que je me suis entendue le faire. Tu vois, par exemple, une fois j'étais au téléphone avec une amie. à qui j'expliquais de manière tout à fait posée qu'elle devait arrêter de s'excuser d'exister, qu'elle avait le droit de prendre de la place. Et en fait, pendant que je disais ça, et vraiment littéralement en même temps, j'étais en train d'envoyer un message en train de m'excuser parce que j'avais mis un remis de deux heures à quelqu'un. Tu vois, en vrai deux heures c'est pas dramatique. Et en fait, très clairement je me suis vu le faire et j'ai même pas eu le courage d'en rire sur le moment. Donc bah, aujourd'hui on va essayer de comprendre pourquoi. Pourquoi est-ce qu'on est si sage pour les autres et si nul pour soi-même ? Parce que forcément il y a une explication derrière tout ça, et c'est pas de l'hypocrisie, c'est pas un manque de volonté, et surtout il y a forcément quelque chose à en faire. Ok. D'abord on va faire l'inventaire. Parce que je veux que tu te rendes compte à quel point tu peux être douée dans plein de choses. Premier cas de figure. Tu viens, tu dis à une amie, ouais tu mérites mieux que quelqu'un qui te répond une fois tous les trois jours, alors que toi... T'es là, t'attends un pauvre message depuis mardi, et t'as inventé 4000 raisons à la personne de pourquoi est-ce qu'elle ne t'a toujours pas répondu. Deuxième cas de figure. Tu dis à ta collègue, ouais mais t'en fais beaucoup trop, c'est pas ton rôle, c'est à quelqu'un d'autre de le faire, prends pas des tâches qui ne sont pas les tiennes. Alors que le lendemain, toi-même, tu vas venir se récupérer une tâche qui n'est pas la tienne, parce que, bah, personne d'autre la voulait, personne d'autre la prenait, et que tu... T'as pas supporté ce petit silence pendant la réunion. Autre cas de figure. Tu dis à un de tes potes, ouais bah va voir quelqu'un, c'est pas une honte, tout le monde a besoin d'aide. Genre, aide psychologique. Alors que toi, bah t'es là, tu repousses un rendez-vous depuis 8 mois, et pas forcément un rendez-vous compliqué, hein. Un rendez-vous où, bah typiquement, faut juste t'appeler et dire 3 phrases. Dernier cas de figure, tiens. Tu dis à ta sœur, ouais repose-toi, tu peux pas verser de l'eau dans un vase vide. Alors que toi, bah t'es en train de lui parler comme ça, en pliant tout le linge que t'as accumulé cette semaine. Allez. à 23h30 alors que t'es censé aller dormir depuis une heure. Et franchement, je pense que si tu te payais toi-même comme conseiller ou conseillère, bah tu serais super content du service que tu donnes. Mais le problème, bah c'est que tu te reçois jamais toi-même en rendez-vous. Et y'a un proverbe qui résume ça depuis des siècles et des siècles, et, petit point, le fait qu'il existe dans presque toutes les langues déjà, je pense que ça devrait nous alerter, c'est... Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés. Parce qu'au final, on répare les chaussures de tout petit village, là, et nous, on continue à marcher dans nos chaussettes trouées. Et si même tu veux la version encore plus ancienne, j'ai réussi à la trouver, c'est « Médecin, guéris-toi toi-même » . Et cette phrase-là, elle a 2000 ans. 2000 ans. 2000 ans qu'on se dit ça. Donc rassure-toi tout de suite, c'est pas un défaut personnel. Du coup, on peut voir ça à plus grande échelle, c'est une spécialité de l'être humain, au final. Et je vais te dire ce qui est encore plus fou. C'est pas des conseils moyens que tu donnes, c'est souvent même exactement les bons, parce que t'appuies au bon endroit et tu identifies le problème en... Allez, 3 minutes max, tu vois la solution avant même que la personne ait fini sa phrase, parce que t'as la bonne intuition, le bon timing, les bons mots. Donc le problème c'est pas que tu sais pas, c'est que tu sais, et je pense que c'est ça le plus rageux en fait au final. Alors pourquoi ? Pourquoi est-ce que cette compétence s'évapore dès qu'il s'agit de nous-mêmes ? En fait il y a plusieurs explications, et je trouve, enfin, du moins à mon sens, que la première c'est la plus fascinante entre guillemets, c'est que la distance va tout changer. Donc on a eu une étude en psychologie, il y a des chercheurs qui se sont amusés à tester exactement ça. Ils ont posé à des gens des dilemmes de vie, donc des conflits, des décisions difficiles, etc. À un premier groupe, ils demandaient « Imaginez que ça vous arrive à vous. » Et à l'autre, ils demandaient « Imaginez que ça arrive à un ami. » En fin de compte, au résultat, les mêmes personnes résonnent nettement mieux quand il s'agit de quelqu'un d'autre, parce qu'il y a plus de nuances, plus de recul, plus de sagesse. que les personnes qui réfléchissaient pour eux-mêmes. Et en fait, les chercheurs ont fini par appeler ça le paradoxe de Salomon. Salomon, pour ceux qui ne savent pas, c'est en référence au roi qui était très réputé pour sa sagesse légendaire, alors que la vie personnelle, ça ne brillait pas par ses décisions. Et pourquoi ? Parce que quand c'est la vie de quelqu'un d'autre, tu vois la situation. Quand c'est la tienne, tu es en plein milieu, tu es dedans. Et tu ne vois pas ça forcément comme un problème à résoudre. C'est comme une accumulation, un enchevêtrement d'histoires, de peur de oui, mais tu ne comprends pas, c'est différent. Parce qu'en fait, tu es trop près du tableau pour voir le tableau. Deuxième cas de figure, on applique deux standards complètement différents. Regarde. Comment tu parles à ton ami quand il arrête quelque chose ? On revient à ce que je disais dans un autre épisode, c'est tu vas lui dire attends, tu es fatigué, tu cherches des excuses, tu n'avais pas toutes les infos, tu as fait ce que tu as pu. Tu lui offres le contexte, l'indulgence, les circonstances atténuantes, etc. Et à toi, dans cette même situation, tu te dis quoi ? Ouais, j'étais nulle. Ouais, non, là, ça allait pas. Là, t'as fait de la merde, ma grande. Point. Pas de contexte, pas de circonstances, juste un verdict. Alors que pourtant, ça pourrait être sur le même événement. Mais juste, c'est pas les mêmes règles. Parce qu'en fait, au fond de toi, il y a deux tribunaux dans ta tête et t'as juste gardé le plus sévère pour toi-même. Troisième cas de figure, et celle-là, c'est peut-être la plus sournoise. On croit que l'autocritique, c'est un moteur. Parce que, quelque part, on s'est mis en tête que si on arrêtait d'être dur avec soi-même, on allait se ramollir, devenir fainéant, être à la traîne, ne plus rien faire de sa vie. Donc, on garde cette voie un peu plus sévère, parce qu'on croit qu'elle nous fait avancer. Sauf que, sur une bonne partie des travaux sur l'autocompassion, qu'on va trouver dans les textes, Ils disent tous exactement l'inverse. En fait, les personnes qui se parlent avec bienveillance se relèvent beaucoup plus vite après un échec et elles réessayent beaucoup plus souvent derrière, donc elles abandonnent beaucoup moins. Et en fait, la dureté envers soi-même, c'est loin d'être un carburant, c'est juste même un frein qu'on va venir prendre pour un accélérateur. Quatrième cas de figure, on a un rôle et on s'y est enfermé. Tu vois, l'histoire des cases, là, on se l'applique à soi-même. Si tu es, par exemple, celle à qui tout le monde se confie, comme moi, il y a un prix à ça dont personne ne parle forcément, c'est que tu es devenue la personne un peu plus solide, celle qui a les épaules, celle qui gère, celle qui a toutes les réponses, celle qui donne toujours le bon conseil. Et en fait, le jour où toi tu ne vas pas bien, il y a un petit problème technique, personne ne pense forcément à te demander, pas forcément par égoïsme, je dirais plus que c'est par habitude justement de devoir exceller dans la résolution de problèmes, juste parce que toi tu as tellement bien joué ce rôle. qu'ils ont fini par y croire. Exemple. J'ai une pote un jour qui m'a dit une phrase qui m'a un peu... qui m'a un peu fait me remettre en question. Elle m'a dit « Je te raconte tout et en fait, je ne sais rien de ce qui t'arrive. Je ne connais pas ta vie. J'ai l'impression que tu connais plus la mienne que moi je me connais la tienne. » Chose qui est vraie. On s'attendait souvent sur ses problèmes à elle, sur ses joies à elle, ce qui lui arrivait et tout. Et que moi, j'avais beaucoup de mal à m'exprimer sur moi-même parce que, entre guillemets, je me disais « ce n'est pas mon rôle » . Et en fait, elle avait complètement raison. Et le pire, c'est que j'ai même pas su lui répondre. Je sais que j'ai tourné ça à la rigolade, j'ai changé de sujet, et j'ai juste renvoyé la conversation encore sur elle en max 10 secondes. Et en fait, c'est juste un réflexe absolu. Du coup, qu'est-ce qu'on fait ? Je te préviens, je vais pas te dire, ouais, sois plus gentille avec toi-même, parce que c'est exactement le genre de conseil qu'on donnerait bien aux autres, et qu'on n'applique jamais au final, on sait très bien. On va être un peu plus malins que ça. Je pense que... Ouais, je vais te donner plusieurs outils. Donc le premier outil, ça va être la question de l'ami. Ça va être le plus simple, le plus efficace de... De tout cet épisode, quand tu tournes en boucle sur une décision, que tu t'auto-démolis entre guillemets sur quelque chose, arrête-toi. Et pose-toi cette question à vos hôtes. Si mon ami racontait exactement ça, qu'est-ce que je lui répondrais ? Tu vois, on revient à cette même question que j'évoquais dans le premier épisode. Et en fait, du coup, pose-la toi, et surtout écoute la réponse. Parce qu'elle arrive en deux secondes immédiatement. T'as déjà la réponse, elle est complète, elle est juste, et elle est prête. C'est fascinant, vraiment c'est fascinant à quel point le cerveau... a tendance à résoudre le conflit d'autrui plus rapidement que le nôtre. Et cette question, c'est pas un truc de développement personnel, loin de là, c'est exactement le mécanisme du paradoxe de Salomon. Et cette fois, par contre, utilisé à ton avantage, parce que tu viens de fabriquer artificiellement cette distance qui te manquait, entre guillemets. Un deuxième outil, ça va être... Ça peut paraître très bête dit comme ça, mais ça peut fonctionner parfois, ça va être de se parler à la deuxième personne. Donc je sais, ça a l'air super ridicule, mais il y a de vraies études là-dessus, sur ce qu'on appelle donc le dialogue intérieur distancié. Donc c'est-à-dire, venir se dire, allez, tu vas y arriver, t'as déjà fait plus dur, etc. Et en fait, c'est nettement plus efficace qu'un, ouais, faut que j'y arrive. Pourquoi ? Parce que c'est ce même mécanisme qui, en te disant tu, tu te traites comme quelqu'un d'autre, et quelqu'un d'autre, tu sais très bien lui parler vu qu'au final, c'est ta spécialité. Troisième outil, ça va être le test du copier-coller. Celui-là, c'est un peu brutal parfois, mais ça reste très drôle. La prochaine fois que tu seras en train de te dire quelque chose de dur, de méchant dans ta tête, type ouais t'es nul, t'y arriveras jamais, tout le monde y arrive sauf toi, regarde-toi, bref, etc. Imagine que t'envoies ce message en vocal à ta meilleure pote ou ton meilleur pote. Mot pour mot, le même ton, la même phrase. Bah tu te feras jamais, jamais de la vie, j'envoie un message comme ça. Tu serais peut-être même horrifié. Si, ouais, c'est peut-être des grands mots là quand même, de parler comme ça à quelqu'un que t'aimes. Donc en fait la question c'est plus est-ce que c'est vrai ? La question c'est pourquoi est-ce que je m'autorise à me dire ça à moi-même alors que je considère ça comme inacceptable de dire ça à quelqu'un d'autre ? Quatrième outil, ça va être d'accepter d'être conseillé et ce pour de vrai. Et là je te préviens, je pense que c'est peut-être le plus dur des quatre parce que ça demande de lâcher ce rôle justement. Donc tu choisis une personne, une seule ça suffit. Et tu lui racontes quelque chose de vrai, sans l'emballer dans une blague, sans terminer par « ouais mais bon ça va et toi c'est bon » . Vraiment, laisse la personne répondre, laisse la personne te conseiller. Et surtout, il va falloir que tu apprennes à résister à cette envie terrible de la rassurer sur le fait que tu vas bien. Parce que parfois on a besoin de lâcher ce genre de choses. Et en fait on a toujours cette tendance à dédramatiser le truc. En mode « ouais je te raconte ça et tout mais en vrai ça va et tout, il n'y a rien, il y a pire » . Exemple. La première fois que j'ai essayé de faire ça volontairement, ça a duré, elle est peut-être 40 secondes avant que je me mette à renvoyer la conversation sur la personne en face. 40 secondes, ouais, peut-être vraiment au grand max. La deuxième fois, je me souviens que j'ai tenu un peu plus longtemps. Et la personne en face m'avait dit, bon c'est la personne avec qui je parle plus actuellement malheureusement, mais elle m'avait dit un truc, c'est « Tu sais, en vrai, ça me fait du bien que tu me demandes quelque chose, que t'oses me parler de ce que tu ressens. » Et en fait, je n'y avais jamais pensé sous cet angle. Parce que je pensais, et je ne vais pas mentir, je pense toujours, protéger les gens en ne demandant rien et en ne leur racontant rien de mes problèmes à moi. En fait, je les privais et je les prive toujours même de la possibilité d'être là pour moi. Et enfin, dernier point. Et cette fois, c'est plus une invitation qu'un outil. On va aller axer tout ça sur une dimension plus spirituelle, que je trouve très belle. Parce qu'on nous apprend souvent à être douce, à être patiente, indulgence envers les autres, à s'accommoder, et en fait on oublie systématiquement que les autres c'est pas une catégorie qui t'exclue. La bonté ça a jamais été prévu pour circuler dans un seul sens. Parce que t'es aussi quelqu'un à qui cette bonté que tu donnes constamment aux autres, bah en fait cette bonté t'est due aussi. Et honnêtement, si tu la refuses à n'importe qui d'autre aussi systématiquement que tu la refuses à toi-même, tu trouverais ça totalement injuste. Donc, on arrive au petit moment exercice. Pour ceux que ça embête, vous pouvez avancer, ça dure une minute, une minute grand max. Donc petit exercice, si tu l'as, pour ceux que ça intéresse, je vous invite vraiment à le faire, ça peut être sympa. Vous allez penser au dernier conseil que vous avez donné. Le dernier, peut-être celui d'hier, de cette semaine, à qui et sur quoi ? Rejouez-le dans votre tête. La phrase, le ton... la douceur, l'empathie que vous avez mis dedans. Maintenant, posez-vous la question honnêtement. Est-ce que ce conseil-là, tu te l'appliques vraiment ? Il y a de fortes chances que non. Et il y a de fortes chances aussi que ce soit précisément le conseil dont tu as le plus besoin en ce moment, dans ton cas de figure. Parce qu'en fait, on se donne rarement au hasard. On conseille même très souvent ce qu'on travaille soi-même sans vouloir le regarder en face. En fait, j'ai l'impression qu'on donne souvent aux autres les conseils qu'on aimerait recevoir. Alors cette semaine, je te demande une seule chose. Prends ce conseil-là, ton propre conseil, applique-le une fois, une seule fois, comme si tu te l'étais donné à toi et puis tu verras bien ce que ça donne. Donc je vais te laisser sur cette petite pensée que j'ai notée. Donc je sais déjà qu'il faudrait y faire, j'ai pas besoin d'un conseil de plus, j'ai juste besoin de me traiter comme quelqu'un que j'aime. Donc cette phrase, pareil, comme d'hab, tu peux la noter, tu peux te la garder dans un coin. Et puis répète-la dès que t'auras besoin. Et vraiment, repensez, c'est super important. Voilà ! Merci d'avoir écouté cet épisode. Si t'as souri au moins une ou deux fois en te reconnaissant, tu peux l'envoyer à la personne à qui tu donnes souvent tous tes excellents conseils. Ça va peut-être la faire rire, et va peut-être comprendre quelque chose sur toi. Et puis tu peux me raconter par message le conseil que tu répètes un peu à tout le monde, mais que t'appliques jamais. Puis promis, je lis toutes les réponses. Et je commence avec le mien, c'est repose-toi. Voilà, donc je t'invite à t'abonner pour la suite, comme d'habitude. On se retrouve sur Insta et puis, ben, prends soin de toi et à très vite !