- Speaker #0
Le premier homme dans l'actualité de cette émission, c'est Marc Bertrand, le président de Premia Rem France, pour parler de PrimoPierre, pour parler de Premia et pour parler également du marché des SCPI. Marc, voilà qui pourrait presque nous faire rajeunir. Dans ma jeunesse, les SCPI étaient à capitale fixe, puis elles sont passées à capitale variable. Alors après une nova pierre résidentielle en avril 2025, c'est au tour de PrimoPierre d'avoir suivi ce chemin il y a de cela quelques jours. Finalement, les associés ont dit oui à la proposition ?
- Speaker #1
Ils ont dit oui. Ils ont dit oui à la deuxième fois qu'on a posé la question, puisqu'on a proposé cette solution dès septembre 2024. Et là, une majorité d'associés avait répondu non. Le nombre de parts en attente a encore continué de grimper au cours de l'exercice 2025. Et effectivement, le 7 janvier, à peu près 90%, les associés ont voté oui à la suspension de la variabilité du capital.
- Speaker #0
Alors, il a fallu mettre en place ce marché secondaire. Le 26 mars dernier, à 16h, a eu lieu la première confrontation. Le prix où l'offre et la demande se sont rencontrées, c'était 45 euros hors frais, soit une baisse d'un peu moins de 60% par rapport à l'ancien prix qui était fixé par la société de gestion, une décote de 43% par rapport à la valeur de réalisation. Quelle leçon vous tirez de cette première confrontation ?
- Speaker #1
Alors plusieurs leçons, la première étant de dire que c'est la première et qu'il convient un petit peu de rester prudent et que ce qu'on a observé là, il y a des enseignements à en tirer, il y a des choses qui sont encourageantes en termes de comportement de marché, mais il va falloir attendre un petit peu que le marché se stabilise. Si on décomposait quelques instants, déjà côté vendeurs, nous avions à peu près 220-230 millions d'euros de parts en attente sur Primo Pierre. le carnet d'ordre a été divisé à peu près par 20. Donc en fait, on en tire deux enseignements, c'est que beaucoup d'ordres de précaution, c'est-à-dire des gens qui étaient positionnés dans la file d'attente sans être véritablement vendeurs, n'ont pas posé d'ordre de vente. Et puis on pense qu'un deuxième phénomène, c'est que tous les gens qui sont réellement vendeurs et une phase d'attente et n'ont pas encore positionné leurs ordres. Mais la réalité, c'est qu'on a divisé par 20 le nombre de parts en attente. Côté acheteurs, on a des ordres, on a eu à peu près une dizaine d'ordres qui se sont exprimés et confirmés, ce qui nous a permis d'organiser cette confrontation, c'est-à-dire qu'il y a eu une intersection entre les prix à la vente et les prix à l'achat. Et ça nous a permis de déterminer le prix dont on parlait tout à l'heure. Voilà. Troisième enseignement, les écarts de prix entre les ordres de vente, les ordres d'achat, etc. sont encore très larges. C'est-à-dire qu'il y a des vendeurs qui n'ont pas compris que le prix pouvait baisser. Il y a des acheteurs qui ont fait des prix absolument indécentes. Tout ça est assez normal dans une phase d'apprentissage de marché. Et on pense qu'étant donné les enseignements de la première confrontation, on aura une phase de normalisation et de réduction des écarts.
- Speaker #0
Le prix, il était comment par rapport... Vous savez qu'il y a des plateformes qui se sont mises en place pour créer une sorte de marché secondaire en dehors des sociétés de gestion. Le prix de réalisation, il était comment par rapport à ces plateformes ?
- Speaker #1
Il était plutôt dans la fourchette basse des prix. Alors très très très peu de vraies transactions, c'est-à-dire qu'il y avait plutôt des offres que des vraies transactions qui s'étaient réalisées. Donc, on a comparé ce premier prix. À ces ordres-là, on est plutôt dans la fourchette basse. Quand on regarde aussi quelque chose qui est riche d'enseignement, c'est de regarder ce qui se passe sur les foncières cotées, les foncières de bureaux, où on a des décotes qui vont de moins 30 à moins 60 % par rapport à ce qu'on appelle l'actif net réévalué, c'est-à-dire en clair la valeur de réalisation. Donc,
- Speaker #0
mon 43 %, il est dans la norme ?
- Speaker #1
Il est dans le milieu de cette fourchette-là. Donc, c'est un prix de la liquidité qui est élevé. On ne va pas transformer pour les associés, moi, je le dis très clairement. une mauvaise nouvelle qui est la baisse globale de la valeur par rapport... Voilà, donc ça nous permet de trouver une solution de liquidité, mais ça reste douloureux pour les associés. Moi, j'en dis ce qu'on vient pas.
- Speaker #0
Ok. Je voudrais qu'on réfléchisse à un sujet de place. Je faisais référence tout à l'heure à l'histoire et à ma carrière, mon suivi des SCPI. Sur la place, il y a eu finalement le développement des SCPI à travers des filiales de grandes banques. qui avaient des réseaux de distribution captifs, ça c'était il y a bien longtemps, et puis il y a eu un certain nombre d'acteurs qui se sont développés à travers des réseaux de distribution externe, et Prémial à l'époque en faisait partie. Je regarde les stats de collecte de la SPIM. Je constate que dans les gros collecteurs, il y a des gens qui ont quand même du B2C et qui ne font pas que du B2B2C. Je constate le développement du marché du retour à la capitale fixe. Vous avez montré la voie avec Primo Pierre. D'autres ont annoncé qu'ils allaient suivre. D'autres ne l'ont pas encore annoncé, mais finiront par suivre également. Or, a priori, ce marché secondaire, il est quand même... organisé par la société de gestion et donc beaucoup moins intermédié. Est-ce que, selon vous, on assiste à une désintermédiation du marché de la SCPI ?
- Speaker #1
Je crois qu'il y a plutôt des mouvements de cycles et de balanciers que des mouvements de fonds. Il est encore un tout petit peu tôt pour le conclure. Juste, si on fait un... On était reparti pour faire de l'histoire. il y a clairement des phases d'expansion, des phases de consolidation du nombre d'acteurs sur ce marché-là. Historiquement, il y a toujours eu des acteurs, et je pense à un acteur qui s'appelait le groupe Peloux dans le début des années 90, années 2000, qui a été le VPCiste, comme on disait à l'époque, puisqu'il faisait de la vente par correspondance, et c'était un modèle B2C pur et simple, et c'était de mémoire le deuxième ou troisième acteur du marché. Ensuite, et vous avez raison, On a eu effectivement une phase, il y a eu deux choses, c'est la prédominance des réseaux bancaires et de quelques gros indépendants, mais également l'irruption à très grande échelle de la distribution via les contrats d'assurance-vie, qui est une deuxième forme d'intermédiation qui est un peu plus sophistiquée. Cette phase-là est aujourd'hui globalement, qui a été une phase de très gros volumes et qui s'est appuyée beaucoup sur des taux zéros voire négatifs, Aujourd'hui, cette phase-là s'est refermée. On a plutôt l'émergence d'acteurs nouveaux, dont une partie significative est en B2C, donc en désintermédiation, avec des nouveaux phénomènes de SCPI réputés à frais zéro. Quand on regarde le chargement, il n'est pas tellement à frais zéro, mais c'est une autre question. Je pense qu'il y a plutôt des mouvements de balancier. Aujourd'hui, certains acteurs sont très actifs. en B2C, mais des réseaux sont toujours présents. Moi, je pense que là-dessus, il y aura plutôt un modèle de coexistence où se situera l'équilibre. Voilà, bien malin qui peut le dire.
- Speaker #0
Je reviens sur PrimoPierre. Donc, première transaction, désormais, il y aura une confrontation tous les mois, le dernier jeudi du mois à 16h, avec des ordres qu'il faut quand même donner un tout petit peu avant. Pour réattirer les acheteurs, il faut leur donner les perspectives. les difficultés de cette SCPI, on peut dire qu'il y a l'effet de levier, on peut dire qu'il y a les grands immeubles, les grands ensembles qui ont le plus souffert. Quels sont les projets que sont le vote pour Primo Pierre ?
- Speaker #1
Alors, il y a parfaitement raison là-dessus. Pour attirer les gens, il va falloir donner des perspectives, beaucoup de transparence sur ce qu'il advient, où est-ce qu'on est, où est-ce qu'on va sur cette SCPI. La situation, elle n'est pas simple. Sur Primo Pierre, Primo Pierre est une SCPI 100% bureau. 100% France, très grosse majorité de patrimoine francilien dans des gros immeubles. Donc ce sont des typologies d'immeubles qui ont été particulièrement affectées par la crise du bureau. Deuxièmement, nous avons effectivement un taux d'endettement qui frôle la limite statutaire de 40%. Donc c'est pour ça, parmi d'autres raisons, que nous avons fait le choix de figer... le capital pour pouvoir procéder à des arbitrages qui permettent de diminuer le levier et surtout également de réaliser ce qu'on appelle des CAPEX, en clair des travaux pour pouvoir relouer dans les meilleures conditions. C'est véritablement cette manœuvre-là et nous sommes concentrés là-dessus et nous faisons le choix justement de figeler le capital pour ne pas avoir à dériver des ressources issues de l'arbitrage, puisqu'on n'a plus de collecte, pour pouvoir rembourser des gens. On constate qu'effectivement, on a 10% de part en attente, mais que 90% des porteurs de part ont conservé leur part et n'ont pas manifesté d'ordre de vente. Donc, on concentre nos priorités vers stabilisation du patrimoine, réalisation des travaux, diminution de l'endettement pour maintenir et réaugmenter progressivement les revenus.
- Speaker #0
L'autre jour, vous avez communiqué sur Windows, un immeuble à la défense, avec le renouvellement du bail avec RTE. L'enjeu majeur aussi, c'est de sécuriser le locataire.
- Speaker #1
Bien entendu.
- Speaker #0
À quelle échéance vous pensez améliorer le TOEFL ?
- Speaker #1
Je pense que cette année, nous devrions gérer l'objectif, c'est d'avoir un maintien et voir une légère progression du TOEFL, mais qui ne sera pas encore très significative sur les revenus. Le marché du bureau reste compliqué. même compliquées, avec les vagues successives qu'ont été le Covid, puis l'éruption et l'installation du télétravail. Alors on en revient un peu, mais il y a d'autres phénomènes qui sont l'éruption de l'IA dans l'emploi de bureaux. Donc ça reste un marché qui est et qui va être difficile, dans lequel une partie de la solution passera d'ailleurs par une reconversion d'une partie du parc de bureaux, ce qui prendra du temps. Pour ce qui nous concerne, nous pensons que le recovery, pour le dire en bon français, prendra du temps. C'est plutôt un plan quinquennal et que c'est quelque chose qui se matérialisera dans la performance graduellement.
- Speaker #0
Ok. Quelle est votre vision aujourd'hui du marché immobilier ? Il y a la guerre en Iran, il y avait le grand espoir, on en avait ici souvent parlé dans le plateau, de l'espoir d'une baisse des taux longs pour... Réanimer la flamme de ce marché, remettre de la dette, remettre du crédit, remettre de la valo. Vous voyez le marché comment aujourd'hui ? Les marchés, je devrais dire.
- Speaker #1
Les marchés. Alors, c'est difficile de parler de marché et d'immobilier avec un I majuscule, parce qu'en fait, il y a une succession de marchés immobiliers. Je vais mettre que c'est le résidentiel, ce n'est pas mon propos aujourd'hui, et puis ce serait trop large. Mais sur les marchés d'immobilier d'entreprise, Mais globalement, que ce soit l'immobilier de santé sur lequel nous sommes très présents, l'immobilier d'hôtellerie, l'immobilier de logistique, etc. Même le commerce, globalement, les choses étaient stabilisées, c'est-à-dire stabilité peu ou prou des cash flows, stabilité des valeurs. Donc l'équilibre avec les taux avait été trouvé. Le marché du bureau, pour les problèmes que j'ai rapidement évoqués tout à l'heure, n'était pas encore stabilisé et c'était effectivement le... le marché le plus touché. Les effets de tout le contexte géopolitique, donc avec une crise de l'énergie, effectivement un risque sur les taux. Il y a toujours un phénomène d'inertie de réaction du marché immobilier par rapport à ces stimuli macroéconomiques. Ça ne réagit pas à la même vitesse que réagit la bourse. Néanmoins, ce que l'on peut se dire, c'est que les perspectives de rebaisse des taux, effectivement s'éloignent, sinon s'inversent. Et puis, retour de l'inflation et le scénario pas très favorable, c'est l'arrivée de la stagflation. C'est-à-dire que là, ce n'est pas un scénario qui est favorable pour l'immobilier. La première manifestation à court terme, c'est probablement une attitude attentiste des investisseurs. C'est-à-dire que sur la liquidité des marchés pour les investissements, pour les arbitrages, on aura probablement une position plutôt attentiste dans les prochains mois. Ça peut bouger relativement vite, malgré tout, si les choses se calment.
- Speaker #0
Merci beaucoup Marc Bertrand d'avoir été avec nous. Tout de suite, un deuxième homme dans l'actualité.