- Arthur
Un métier, une passion, des réussites, des échecs, et pourtant ils ont tous trouvé leur vocation. Aujourd'hui, ils donnent leur voix pour t'aider à répondre à la question « Et si c'était moi ? » . Dans cet épisode, on part à la rencontre de Lazhar, qui va nous parler de son métier d'ingénieur dans l'industrie du futur. Jingle ! Alors Lazhar, bonjour, merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour commencer, est-ce que tu pourrais nous parler un petit peu de ton parcours ? de tes études, de tes expériences.
- Lazhar
Bonjour, alors je suis ingénieur en industrie du futur et j'ai un parcours qui a été alimenté par l'industrie. J'ai commencé donc j'avais fait un bac technologique on va dire assez classique en électrotechnique. Par la suite j'ai voulu faire un BTS CRSA donc en conception réalisation de systèmes automatiques. L'idée c'est de pouvoir aider des entreprises à se développer sur l'automatisation de machines donc on va avoir des tâches pénibles ou des tâches complexe on va utiliser des machines pour pouvoir faire ça à la place des humains Par la suite, j'ai fait une licence RAVI, donc c'est Robotique, Automatisme et Vision Industrielle. Donc je me suis un peu plus spécialisé dans la robotique. Mais j'ai voulu reprendre un parcours informatique parce que pour moi, l'idée de l'industrie, ça mêle aussi l'informatique. Donc je me suis associé avec le CNAM, où j'ai voulu continuer en licence informatique cette fois, puis après en Master Réseau et Objets Connectés. Sauf que je me suis pris de passion dans le monde de la recherche et j'entame un doctorat à partir de janvier à l'école polytechnique et au CEA.
- Arthur
Un parcours qui est très dense, qui est très complet. Je fais un petit résumé par palier. On a le bac technologique, puis le BTS CRSA, donc bac plus 2. Deux licences, ensuite une première professionnelle dite RAVI et une seconde générale en informatique, donc bac plus 3. Ensuite, on a le master réseau et objets connectés, donc bac plus 5. Mais ce n'est pas fini puisque maintenant tu vises le doctorat polytechnique qui te donnera un niveau bac plus 8. Est-ce qu'au fur et à mesure de ces expériences, tu as rencontrer des difficultés ?
- Lazhar
Il faut allier les mathématiques et l'expérience professionnelle, trouver des alternances, trouver des stages. Des fois, ça peut être extrêmement compliqué. C'est très sélectif et donc il faut passer par des concours, il faut passer par des oraux, il faut passer par plein de choses pour pouvoir y arriver. Quand j'ai voulu intégrer l'école polytechnique, ça a été évidemment extrêmement compliqué. On a de la chance aujourd'hui d'être dans un pays qui pousse quand même vachement l'alternance, qui pousse les stages. Donc c'est très rassurant et on a des entreprises qui veulent beaucoup nous aider.
- Arthur
Effectivement, l'entrée dans le monde professionnel peut être une source de stress, et pourtant, les organismes de formation et les entreprises sont pourtant bel et bien là pour nous aider. Je poursuis maintenant. Tu nous as dit être ingénieur dans l'industrie du futur. Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Lazhar
Alors, le métier d'ingénieur dans l'industrie du futur ou l'industrie 4.0, 5.0, les gens l'appellent comme ils veulent.
- Arthur
Alors, juste petite précision, qu'est-ce que ça signifie 1, 2, 3, 4, 5.0 ?
- Lazhar
Alors très rapidement, c'est très simple, ce sont des sauts générationnels. Donc la 1.0, la première génération qui est arrivée juste après la révolution industrielle. La 2.0 qui a amené les premières machines de série où on voyait le travail à la chaîne. La 3.0 qui a amené les premières versions des robots et les premières versions, vraiment là on voyait des machines de production concevoir en masse. La 4.0 qui va beaucoup plus loin avec l'aspect de la robotique qui est très avancé, l'aspect du big data et de l'intelligence artificielle. Et la 5.0 qui se reconcentrera davantage sur les humains, parce qu'on trouve qu'avec la 4.0, on les a trop mis de côté. Et donc, on recentralise un peu tout ça avec la 5.0 dans l'avenir, bien sûr.
- Arthur
OK, merci pour ce petit aparté. Nous disions, en quoi consiste ton métier ?
- Lazhar
Ça consiste en fait à être dans un milieu industriel, ou du moins une usine ou quoi que ce soit, et de pouvoir apporter des solutions qui soient novatrices et extrêmement efficaces par rapport à des nouvelles demandes. Vous avez vraiment une caisse à outils avec vous, et quand vous êtes ingénieur, vous piochez, vous essayez de trouver la meilleure solution pour la meilleure machine possible. Et sur les fonctions en tant que telles, vous allez faire du codage quand on a besoin de concevoir des algorithmes, quand on a besoin de faire du calcul avec de la robotique, des calculs matriciels, donc il y a un peu de mathématiques. Quand il faut faire du management, de la gestion de projet, de budget également. Le plus important, en fait, c'est vraiment de comprendre les besoins et les attentes des gens. Et nous, on est très polyvalents. C'est le fait de pouvoir faire plusieurs choses dans ce domaine-là en aidant les gens.
- Arthur
Entre informatique et technique, j'imagine que les personnes avec lesquelles tu vas être amené à travailler, vont pour certaines avoir une vision un peu floue de ce que représente ton métier. Et est-ce que c'est déjà arrivé que certains clients te demandent une solution clé en main parce qu'ils ne savaient pas à quoi s'attendre ? Et si oui, est-ce que tu penses que ça peut engendrer des clichés en fait ?
- Lazhar
On m'a déjà dit des dizaines de fois, d'accord, donc en fait, votre travail, c'est juste de remplacer les hommes par des machines. Alors non, pas du tout, ce n'est pas du tout notre travail, ce n'est pas ce qu'on fait, notre but, c'est d'accompagner. Et l'idée, c'est que les gens qui travaillaient initialement dessus, s'il y a un remplacement, pouvoir justement monter en compétence parce qu'ils vont pouvoir gérer la machine et faire évoluer tout le système par la suite en fait. Et donc ces clichés-là, oui, ils reviennent souvent et encore plus dans l'essor de l'intelligence artificielle actuellement. C'est toujours ça, mais c'est pour ça qu'on se doit d'être pédagogue, c'est très très important.
- Arthur
Juste avant de se quitter, Lazhar, est-ce que tu aurais un mot à dire à nos jeunes qui nous écoutent ?
- Lazhar
Bien sûr, mais je n'ai pas qu'un seul mot à dire, j'en ai même deux. Le premier, c'est que la jeunesse a besoin aujourd'hui d'être vraiment formée aux entreprises et vraiment à tous ceux qui veulent les former. C'est vraiment de l'or qu'on a dans les mains. On m'a vraiment donné cette chance-là et on m'a toujours accompagné. Ça a été vraiment très important. Et plus lié à la jeunesse, mais très lié aux femmes, il y a des places. dans l'industrie pour les femmes. C'est très important de le préciser parce que les femmes ont leur place pour réussir dans l'industrie, pour pouvoir être accompagnées également, pour pouvoir devenir ingénieurs, techniciennes également. Et il faut le préciser en disant que vraiment l'industrie, elle est ouverte à tous et à toutes, surtout dans l'industrie du futur où on a besoin de toutes les personnes possibles et on ne jugera absolument personne sur quoi que ce soit.
- Arthur
Effectivement, tu as tout à fait raison de le rappeler. Aucun domaine, aucun secteur d'activité et aucun métier ne se limite au genre masculin. Merci Lazhar pour ton partage à propos de ton métier d'ingénieur dans l'industrie du futur. J'espère que ton témoignage pourra aider ceux et celles qui nous écoutent en ce moment à s'intéresser et même se lancer dans le large domaine de l'industrie, de la transformation et de l'énergie. Et quant à nous, chères auditrices et auditeurs, merci de nous avoir écoutés jusque là et je vous donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode de votre podcast « Et si c'était moi ? », le programme qui vous aide à trouver votre voix.