Speaker #0J'ai découvert que j'étais porteuse de la mutation de DH1 le 26 novembre 2025, à l'âge de mes 24 ans. J'avais fait mes tests un... petit mois et demi, on va dire, avant. On m'avait appelée une semaine avant pour caler une date pour récupérer les résultats. Ce jour-là, j'y suis allée avec mon conjoint. C'était très compliqué au départ parce que j'étais extrêmement stressée. Il faut le savoir, j'étais très stressée. Je savais que ma maman avait la mutation génétique. Mais je m'étais dit... En fait, je m'étais préparée psychologiquement dans ma tête que j'avais la mutation génétique. Donc tout le monde me disait... par pas du principe que t'as une mutation génétique, etc. Ça se trouve, tu l'auras pas. Moi, j'étais en mode, je sais que je vais l'avoir. Et d'ailleurs, quand je suis allée faire les tests génétiques, moi, j'avais dit directement, il y avait une psychologue dans le bureau avec le généticien. J'avais dit, si on vient à m'annoncer que j'ai la mutation génétique, moi, ma décision, elle est prise. Je vais faire une double mastectomie en prévention et je veux me faire, du coup, une ablation de l'estomac. Du coup, il y avait la même psychologue quand j'ai récupéré mes résultats. Et je l'ai regardée et je lui ai dit, est-ce que vous vous souvenez de ce que je vous ai dit il y a quelques mois ? Elle m'a dit oui. Je lui ai dit, de toute façon, ma décision n'a pas changé. Voilà, je compte toujours faire cette double mastectomie. Je compte toujours faire cette ablation de l'estomac. Mais en fait, c'est très particulier parce qu'en fait, juste, on nous donne le papier. On nous dit, voilà, vous avez la mutation génétique. Et je les regarde et je leur dis, OK. Et du coup, qu'est-ce que je fais ? Et donc, du coup, on m'a parlé de, effectivement, la prévention. ou l'opération, etc. Que ce soit au niveau des seins, au niveau de l'estomac. Mais au bout d'une demi-heure, ça s'est fini. Il y avait mon chéri à côté de moi et je les ai regardés. Je leur ai dit d'accord. Et je fais quoi maintenant ? C'est bien mignon de me dire que j'ai eu une mutation génétique. Mais qu'est-ce que... En fait, c'est quoi la prochaine étape ? Parce que là, on me relâche. On m'a balancé une bombe. et on me relâche. C'est vrai que j'avais été très forte dans le bureau. Je voulais montrer que j'étais présente, que je pouvais tout entendre. Mais sincèrement, une fois que je suis sortie du bureau, j'ai fondu en larmes dans les bras de mon chéri. Et après, j'ai appelé ma maman et j'ai fondu en larmes au téléphone. Et c'est vrai que ça a été très compliqué pour moi. Après, quand on m'a montré que j'étais porteuse de la mutation génétique, j'ai compris que ma vie allait changer. Parce que du coup, ma décision, elle était prise. Je voulais faire cette double mastectomie, je voulais me faire un blé estomac. Je savais que ça allait être une année. compliqué qui allait arriver avec rendez-vous à l'hôpital. Voilà, je savais dans quoi je m'embarquais. Je l'ai compris en fait parce que j'ai vu le cancer de ma mère. J'ai vu le cancer de ma mère dû à cette mutation génétique et je me suis dit, je ne veux pas passer par les mêmes étapes. Genre, vraiment, c'est impossible pour moi. Petit à petit, après, j'ai pris rendez-vous chez l'oncologue de ma maman, même si je n'avais pas de cancer. Pour voir ce qui était possible de faire, je lui ai expliqué. Voilà, il m'a dit « qu'est-ce que Léa, tu souhaiterais faire ? » J'ai dit « moi, je veux faire une double mastectomie » . Il m'a demandé pourquoi. Tout simplement parce que je ne veux pas passer par les mêmes étapes que ma maman. Je ne suis pas assez forte. Je n'ai pas la force de ma maman pour passer par, effectivement, la mastectomie, l'autre opération pour enlever la chaîne ganglionnaire, pour tout ce qui est chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie. Pour moi, je ne suis pas assez forte pour faire tout ça. Et surtout, je ne le veux pas. Je ne veux pas passer par les mêmes étapes que ma maman. Et si j'ai une possibilité qui est de tout enlever pour enlever ou du moins diminuer le risque, je le fais. Ensuite, le moment où j'ai compris que j'allais devoir subir une double mastectomie, puis une ablation de l'estomac pour survivre. Ça a été assez clair. Je savais dans quoi je m'embarquais pour le coup. J'ai ma maman qui est passée avant, donc je savais les étapes par lesquelles elle était passée parce que je l'ai accompagnée tout au long du processus. J'avais hâte et je me disais, tout ça va enfin être derrière moi. Mais en même temps, j'étais en mode, j'ai tellement peur de devoir me faire opérer. J'ai tellement peur parce qu'effectivement, une mastectomie... On nous enlève tout, donc c'est la perte de sensibilité, je n'ai que 24 ans, l'ablation de l'estomac, c'est effectivement, on me l'enlève, donc comment je vais faire pour vivre sans estomac ? Donc en fait, j'ai été traversée entre les émotions du j'ai hâte et j'ai peur. C'était très compliqué. En plus, le plus difficile dans cette prévention, c'était que je devais à chaque fois me justifier par rapport à certains membres de ma famille, au travail, au niveau de mes collègues, etc. grâce à mes... t'es pas malade, pourquoi tu fais ce choix-là ? Je sais pas, peut-être parce que 75% de risque de développer un cancer du sein et de l'estomac, c'est énorme. Donc oui, effectivement, je préfère le faire par prévention, plutôt que ne pas le faire par prévention, et avoir un cancer par la suite. Et c'est ça qui a été le plus compliqué, je pense. J'étais obligée de me justifier. J'étais obligée de me justifier en permanence. Et à ces justifications, je devais me justifier sur des phrases qui pouvaient être Merci. extrêmement blessante. J'ai eu des... De toute façon, tu n'es pas malade, c'est juste de la prévention. Tu ne devrais pas te faire opérer. Ta grand-mère, parce que ma grand-mère aussi a eu un cancer du sein. Ta grand-mère, son cancer, elle l'a eu tard. Tu as une chance sur quatre de développer un cancer de l'estomac. Franchement, c'est rien. Enfin, j'ai eu plein de trucs comme ça et du coup, c'était sans cesse. J'étais obligée de dire oui, mais je ne veux pas avoir le cancer. Je ne veux pas. C'est quelque chose que je ne veux pas. Et si je peux mettre des choses en place pour ne pas l'avoir, je veux y mettre en place. C'est vraiment ça qui est très important. Ma double mastectomie, elle approche à très grands pas parce que du coup, c'est le 10 juillet. Donc là, je suis en pleine préparation un petit peu de la valise. J'ai eu le rendez-vous avec l'anesthésiste. J'ai eu mon rendez-vous post-opératoire, on va dire, avec une échographie à passer, une mammographie, un IRM à passer. Ça a été très stressant. Parce que du coup, c'est pour savoir au moment de m'opérer, s'ils vont m'opérer d'un sein qui est malade ou d'un sein qui est sain, pour le coup, tout simplement. Du coup, ouais, ma double mastectomie, elle est prévue le 10 juillet. Alors, ça peut paraître bête, j'ai extrêmement peur par rapport à la taille que je vais avoir. J'ai toujours eu un très gros complexe sur ma poitrine. Et du coup, moi, j'avais dit, je vais dire à la chirurgienne, voilà, je vais me faire opérer. Je vais me faire enlever les seins, je vais me faire enlever l'estomac. Mais franchement, en contrepartie, je veux des seins plus gros. En fait, à l'un de mes derniers rendez-vous, on m'a commandé trois tailles. Et en fait, je ne sais pas avec quelle taille je vais me réveiller. Voilà, je n'en ai aucune idée. Donc ça, ça me stresse. Donc je me sens stressée par rapport aux résultats. Je me sens stressée par rapport à l'après. Parce que du coup, je vais avoir des drains. Je vais avoir un drain de chaque côté. Je vais avoir de la kiné. Je vais avoir une infirmière qui va venir à la maison. Je vais me mettre en arrêt aussi. Parce que du coup, moi, je bosse dans le commerce. Je vais être en arrêt. Donc, c'est vrai que c'est beaucoup de changements d'un coup, cette double mastectomie. Deux semaines après, à peu près, je vais avoir une biopsie pour l'estomac, en anesthésie générale, mais en ambulatoire cette fois, pour savoir si effectivement, le jour où on m'opère de l'estomac, on m'opère un estomac malade ou un estomac sain, en sachant que la biopsie pour l'estomac, elle est fiable à... environ 50%. Ça veut dire que si, on imagine l'estomac, ils vont m'endormir et ils vont me passer une caméra par la gorge, si je me souviens bien, et on va me prélever 30 bouts d'estomac. Sauf que s'ils me prélevent 30 bouts d'estomac sur un estomac qui est sain, et qu'ils ne prélèvent pas le bout où il y aurait, imaginons, un cancer, les résultats vont revenir comme je n'ai rien. Quand j'ai compris que j'allais devoir vivre sans estomac, J'ai vu ma maman passer par là, du coup, parce que ma maman s'est fait opérer à patient tant que ça, en prévention de l'estomac. L'annonce de l'intention, encore une fois, j'étais prête psychologiquement. Ce qui m'a traversé l'esprit, c'est qu'effectivement, j'allais avoir un ventre plus plat. Voilà, je ne sais pas, c'est le truc qui est rentré dans ma tête, je ne sais pas pourquoi. Par contre, c'est sûr, c'est une opération qui n'est pas facile. Je vois ma maman par toutes les étapes par lesquelles elle passe. C'est quelque chose qui est... très compliqué. Mais effectivement, je me sens prête à vivre ça. En ce qui concerne, effectivement, du coup, depuis que j'ai appris ma mutation, mon quotidien, il est devenu un peu plus mouvementé, on va dire. Parce que du coup, j'ai le travail, mais du coup, sur mes jours de repos, j'essaie de caler quand j'ai des rendez-vous médicaux, j'essaie de les caler à ce moment-là. Quand j'ai des IRM à passer, des consultations avec les chirurgiens, etc., j'essaie vraiment de toujours caser sur mes jours de repos au plus possible. Ça fait des grosses semaines. J'ai l'impression que je vais visiter tous les hôpitaux de Lyon. Mais pour quelqu'un qui n'avait pas les hôpitaux avant, je commence à apprécier ça un petit peu plus. Les moments les plus difficiles de mon parcours, j'ai eu le plus difficile, c'est quand on m'a annoncé le cancer de ma maman. Ma maman m'a élevée toute seule. Et du coup, ça a été extrêmement compliqué. Parce que c'est ma maman, c'est mon double. On se ressemble comme deux gouttes d'eau. Et à prendre son cancer, ce qui a été terrible après, c'est quand je lui ai perdu ses cheveux. Ça aussi, c'était un passage de ma vie très, très, très compliqué. On va dire le plus stressant, c'est à partir du moment où j'ai fait les tests génétiques, jusqu'au résultat, où ça a été très compliqué émotionnellement. Parce que, comme je disais tout à l'heure, dans ma tête, je savais que je l'avais, mais les gens me disaient, arrête de dire que tu vas l'avoir. Et en fait, c'était mon subconscient. ou je ne sais pas, quelque chose qui me disait « Je préfère me dire que je l'ai et peut-être avoir la surprise de ne pas la voir plutôt que de me dire que je ne l'ai pas, avoir la mauvaise surprise de voir que je l'ai. » Donc, c'est vrai que c'était un peu compliqué. Après, je ne cache pas, si des gens me suivent sur effectivement les réseaux sociaux, notamment sur mon compte Instagram où je raconte mon parcours, j'ai énormément de prévention aussi. Il y a une vidéo où effectivement, je sors de chez la chirurgienne, je pleure. Je pleure parce que je ne sais pas ce que je vais avoir comme taille et parce que je pense que je suis à bout aussi au bout d'un moment émotionnellement. La canicule, je pense, n'est pas, on ne va pas se le cacher. J'étais en mode, en fait, je vais me faire opérer, mais je ne sais pas ce que je vais avoir. Et ça, c'était vraiment, je pense, la pire des choses pour moi, de savoir, je vais me réveiller, enfin, je vais m'endormir, j'aurai mes seins, je vais me réveiller, j'aurai des seins, mais ils ne seront plus à moi. Il va falloir que j'accepte d'avoir cette nouvelle poitrine. Il va falloir que j'accepte de ne plus avoir de sensibilité. C'est vraiment ça qui a été très compliqué pour le coup. Effectivement, le cancer de ma maman m'a énormément bouleversée. C'est simple, je voyais ma maman, je pleurais. Je faisais des cauchemars, je ne dormais quasiment plus la nuit. Petite anecdote toute qui va paraître bête pour certaines personnes, mais je suis femme de Madpukora. Voilà, il faut le dire, je suis fan de Mad Pokora. Et au mois de décembre, du coup, 2025, je devais aller à un concert de Mad Pokora avec ma maman. Et je faisais des cauchemars sur le fait que ma maman était trop fatiguée par sa maladie, etc. Qu'elle ne pouvait pas m'accompagner à ce concert. Et je ne sais pas, j'ai eu un... Je ne sais pas comment expliquer ça, mais en fait, les deux se sont accrochés. Et la question que je répétais en boucle à ma mère, c'était « Mais est-ce que tu vas pouvoir venir au concert de Mad Pokora ? » Maintenant que j'y repense, ça paraît bête par rapport à tout ce qu'elle a traversé. Mais c'était vraiment ce truc de, est-ce que tu vas pouvoir être là ? Est-ce que tu seras assez en forme ? Est-ce que tu ne seras pas trop fatiguée ? Est-ce que tu ne seras pas trop malade par la chimiothérapie, la radiothérapie ? Voilà, vraiment, le cancer de ma maman, ça m'a vraiment changé ma vision des choses. J'étais... C'est pas bien de dire ça, mais je voulais surprotéger ma maman. et du coup en fait Par moments, je prenais moi-même le rôle de maman. C'est que je pouvais l'appeler 4-5 fois par jour pour lui demander si ça allait. Je lui ai demandé si elle avait pris ses médicaments, si elle avait eu mal, si l'infirmière était passée. Quand elle était à l'hôpital, j'essayais de passer le plus souvent possible. Ça m'a énormément soudée avec ma maman. Mais je sais qu'à une période, j'étais vraiment devenue, on va dire, un peu la maman de la maman. Et à un moment, j'ai compris que ma vie, elle ne serait plus jamais la même, rien que pour la double mastectomie, où effectivement, je me suis dit, OK, je ne vais plus avoir de sensations au niveau des tétons. au niveau des seins, rien que pour le côté par rapport à son corps, par rapport à la vie sexuelle aussi. J'ai un conjoint, comment il va supporter de voir ce changement déjà au niveau de la poitrine ? Parce que du coup, ça ne sera pas une vraie poitrine, mais ça sera une poitrine prothèse, on va dire. Et donc, quelque chose de beaucoup plus rond, etc. Est-ce qu'il va mal le vivre ? Moi, j'avais très peur au début que mon conjoint... ils partent. Et d'ailleurs, pour l'anecdote, quand je l'ai rencontrée, je lui ai dit, voilà, ma maman a une mutation génétique, moi j'ai fait les tests, j'attends les résultats, sache que si j'ai la mutation génétique, tu auras le droit de partir. Je ne veux pas que tu te sentes emprisonnée, je ne veux pas que tu te sentes obligée de rester. Et ça, je l'avais prévenu dès le début, parce que pour moi, c'était très important. Je lui avais dit, si tu as envie de partir, tu as le droit, je ne t'en voudrais pas. Et je me souviendrai toujours de cette phrase où il m'a dit « mais je reste en fait, il n'y a pas à négocier en fait, je reste, je ne suis pas avec toi pour tes seins ou pour ton estomac » . Mais c'est vrai que très souvent, j'ai peur et je pense que c'est ça qui me fait comprendre que ma vie, elle ne sera plus jamais la même. Déjà par rapport à ça, parce que je me dis, ça se trouve, il va rencontrer une femme un jour qui aura une vraie poitrine, qui n'aura pas de problème de santé. pourra manger au resto autant qu'elle veut sans avoir besoin de manger comme un petit canard au début ou qui va perdre peut-être 12 kilos après l'opération. Voilà, parce que ça va vraiment être un rythme de vie qui va être totalement différent et je ne voulais pas lui imposer ça. La phrase ou l'événement qui m'a fait comprendre, qui m'a donné l'impression que tout allait s'effondrer, c'est vraiment le moment où on m'a dit et... vous avez la mutation génétique. Et pour l'anecdote, c'est que du coup, j'y étais allée, comme je vous disais, avec mon conjoint. Et du coup, j'avais demandé si je pouvais enregistrer en audio le rendez-vous pour que ma maman puisse l'entendre, si jamais elle voulait l'entendre. Et à la fois, j'ai réécouté juste les dix premières secondes, le moment où je dis, bon écoutez, on ne va pas passer par quatre chemins. Dites-moi. Et que j'ai la voix du médecin qui me dit... effectivement, on vous a découvert chez vous la mutation génétique pour les seins et l'estomac. Et c'est, je pense, c'est pendant ce moment-là que j'ai compris que ma vie allait changer pour de bon. En bien, parce que je me trouve beaucoup plus forte et je sais qu'après les opérations, je le serai encore plus. Aussi en moins bien, dans le sens où j'étais très inquiète. Je suis quelqu'un, je suis très inquiète de base. Et là, effectivement, j'étais vraiment très, très inquiète. Après, il a fallu que je l'annonce effectivement à mon travail que j'avais cette mutation génétique. Ça a été... Au début, ça se passait bien quand je l'annonçais. Puis quand j'ai annoncé que j'allais avoir les opérations, ça a été un petit peu plus compliqué parce qu'on a une petite équipe. Donc c'est... Bah, va falloir me remplacer. C'est, dis-nous quand est-ce que tu vas te faire opérer, sauf que moi-même, même moi à l'heure là à laquelle je parle, par exemple, je ne sais pas quand est-ce que je vais me faire opérer de l'estomac, mais c'est des choses qu'on me demande déjà. Donc c'est du stress supplémentaire. J'ai une énorme inquiétude à l'heure d'aujourd'hui sur comment je vais pouvoir reprendre le travail dans quelques mois. C'est comme ce que je disais, je travaille dans la vente, donc du coup, lever les bras en l'air. faire des mouvements parfois un peu brusques, etc. Mon corps va falloir qu'il s'y remette. Je sais que je ne vais pas pouvoir porter pendant un certain temps. Donc, c'est vraiment ce côté de... Par rapport au travail, j'ai une inquiétude. J'ai un ressenti aujourd'hui qui est effectivement de l'inquiétude à ce sujet-là parce que je suis dans le flou total de savoir. Comment ça va se passer ? Après, comme je vous en parlais un petit peu avant, moi, j'ai décidé d'être totalement transparente, de parler effectivement de santé mentale, parce que je crois que c'était quelque chose d'extrêmement important. J'étais allée voir mon médecin traitant, qui connaît ma maman, en lui disant que moi, je n'arrivais plus à dormir, qu'il me fallait de l'aide. Donc j'ai eu la... La psy de l'hôpital où ma maman faisait sa chimiothérapie, il y avait une psy pour les familles que j'allais voir à peu près une fois toutes les semaines ou une fois toutes les deux semaines. Et en plus, du coup, j'étais allée voir mon médecin traitant qu'elle mettait sous antidépresseur parce que moi, j'avais besoin de refaire surface, de relever la tête de l'eau, on va dire, et parce que j'étais en train de me noyer petit à petit par cette... pas cette charge mentale, mais j'avais le... À l'époque, je ne sais pas encore, j'ai eu la mutation génétique CDH1, j'avais aussi ce rôle d'aidante. Et le rôle d'aidante, pour sa maman, c'est compliqué. Déjà, le rôle d'aidante, de base, c'est compliqué. Mais pour sa maman, voire la femme qui a toujours été là, la plus forte, à jamais se laisser abattre, être malade, moi, je l'ai extrêmement mal vécu. Et je me suis dit, j'ai besoin d'aide. Et donc du coup, effectivement, je suis allée voir la médecin traitante. La médecin traitante m'a mis sous antidépresseur, m'a mis sous anxiolytique. Au départ, on m'avait prescrit les deux. Par la suite, on s'est rendu compte que ce n'était pas suffisant. Et du coup, on m'a rajouté le somnifère. Et depuis, je vais tous les trois mois chez mon médecin traitant parce que... A l'heure d'aujourd'hui, encore, je suis effectivement sous médicaments. Parler de ma mutation génétique aux autres a été quelque chose que j'ai choisi. Je n'ai pas eu le choix au niveau de mon milieu professionnel parce qu'effectivement, j'allais avoir des rendez-vous médicaux, j'allais me faire opérer. Donc, milieu professionnel, je n'ai pas eu le choix. Les personnes à qui je l'ai annoncé, déjà, il y avait ma famille que j'appelais directement En sortant du rendez-vous, on m'avait donné les résultats. Mais pour mes amis les plus proches, je leur renvoyais un message parce que j'étais tellement bouleversée de cette annonce que je ne me voyais pas les appeler. Parce que je savais que si je les appelais, j'allais craquer. Et ce n'était pas le but parce que, comme je disais, je suis une personne qui montre rarement ses faiblesses. Et je ne voulais pas montrer cette faiblesse-là. à mon entourage, à mes amis, mais également à ma famille. Et du coup, j'ai préféré tout faire par message. Je sais que j'ai des amis qui ont pleuré. Je sais que là, j'ai des amis qui vont venir me voir à l'hôpital, qui sont effectivement quasiment anéantis, si je peux dire ce terme-là, parce qu'elles me connaissent depuis 3, 4, 5 ans et elles ne pensaient pas que... que ça me tomberait dessus. Après, je leur ai parlé aussi du fait que j'étais sous antidépresseur, que j'étais sous anxiolytique. Pour moi, ça, ça n'a jamais été une honte. Au contraire, ça a été un moyen de me soulager et de pouvoir être là plus facilement et pour ma maman, et dans de meilleures capacités. Donc du coup, c'est vrai que moi, je n'ai jamais eu honte de parler antidépresseur. Bien au contraire. Alors, je ne pousse pas les gens à se mettre sous antidépresseurs. Si vous vous sentez vraiment mal, que vous vous sentez au bord du gouffre, on va dire, il ne faut pas hésiter à en parler avec son médecin. Ensuite, le regard des gens sur mon parcours, des gens qui vont me dire « mais tu n'as que 24 ans, comment tu peux vivre tout ça à que 24 ans ? » Et je dis « je préfère le faire maintenant avant que ce soit trop tard » . Quand je leur parle de mon parcours, il y en a beaucoup qui sont admiratifs de voir que je fais ça aussi jeune. Il y en a qui vont être en mode « mais à quoi ça va te servir ? » Et si je peux dire un truc, c'est les gens qui n'ont pas de mutation génétique, s'il vous plaît, on a une épée d'amoclès au-dessus de la tête. Si on prend la décision de se faire opérer, c'est pas parce qu'on en a. envie. C'est parce qu'on veut vivre. Et qu'on veut vivre sans avoir cette épée d'Hemoclès au-dessus de la tête. Donc arrêtez de faire culpabiliser Les gens, en disant « t'auras peut-être rien, tu fais tout ça pour rien » , je ne fais pas tout ça pour rien. Je le sais, je me protège et d'un côté, je protège mon cerveau aussi. De me dire si un jour j'ai une douleur dans le sein, ça y est j'ai un cancer du sein qui arrive. Ou si j'ai mal à l'estomac, ça y est j'ai un cancer de l'estomac qui arrive. Non, je n'ai pas besoin de vivre avec tout ça. J'ai que 24 ans, j'ai toute la vie devant moi, je ne veux pas avoir toute ma vie à stresser, de me dire est-ce qu'à la prochaine Mamo, ou est-ce qu'à la prochaine Eco, ou est-ce qu'à la prochaine biopsie de l'estomac, on va me découvrir quelque chose. Ce n'est pas mon but. Et du coup, depuis, moi je suis devenue ambassadrice chez Genetic Cancer. Genetic Cancer qui est dans tout ce qui est effectivement les mutations, donc génétique. et héréditaire, c'était une évidence pour moi. Je voulais porter la voix, porter la parole de ceux qui ne peuvent pas, de ceux qui ont peur, de ceux qui sont en traitement, de ceux qui ont appris leur mutation génétique et qui sont totalement perdus. Ce qui m'a donné envie de m'engager, déjà, c'est mon histoire à moi. mais aussi l'histoire de ma maman, que je veux faire connaître. Cette association, elle m'apporte énormément personnellement parce que du coup, je rencontre des personnes qui sont juste effectivement incroyables, d'une douceur, d'une écoute qui est juste magnifique. Et surtout, je me sens utile. Quand j'ai fait mon compte Instagram plus forte que tout, Je me suis sentie utile. Alors, je ne dis pas que c'est facile de se sentir sur les réseaux sociaux, loin de là. C'est une galère, pas possible. Mais moi, ce que je veux aujourd'hui, à l'heure actuelle, c'est pouvoir sensibiliser sur les mutations génétiques au grand public pour qu'ils puissent déjà en apprendre plus. Et puis savoir qu'il existe des dépistages si plusieurs types, plusieurs cas de cancer dans une famille, qu'il ne faut pas hésiter à nous contacter parce que du coup, nous, on est là aussi pour les accompagner dans leurs démarches, pour être à leur écoute, pour leur donner des conseils. On est énormément d'ambassadrices en France avec lesquelles on est toutes en contact. Donc même si, par exemple, on contacte une des ambassadrices et que l'ambassadrice, elle n'a pas la réponse à la question, elle va demander à votre ambassadrice. Voilà, il y a vraiment... On est une grande famille, Genetic Cancer. On est une famille où on se comprend et où on se soutient énormément. Et du coup, j'ai trouvé vraiment une deuxième famille en Genetic Cancer. Du coup, comme je disais tout à l'heure, pour moi, c'est important de parler mutation génétique parce qu'on n'en parle pas assez, parce que pour moi-même, avant qu'on parle mutation génétique, je ne savais pas ce que c'était. Je ne savais pas que ça existait. Et c'est des sujets qui sont tellement importants de nos jours qu'il ne faut pas avoir peur d'en parler. C'est pour ça que je prends la parole aujourd'hui aussi et que je dis, j'ai une mutation génétique. Je m'appelle Léa, j'ai une mutation génétique, c'est DH1. Et je vais me faire enlever les seins et l'estomac en prévention. Et je n'ai pas peur de le dire. Et j'aimerais pouvoir le crier sous tous les toits. Parce que voilà, on a besoin de dons, c'est un fait. Au cas où, n'hésitez pas à regarder ma dernière publication Instagram. On a besoin de dons, parce que sans dons, on ne peut pas faire avancer la recherche scientifique, la recherche génétique, la recherche médicale. On ne peut pas mettre en place des stands dans des événements, on peut faire de la prévention, des stands avec des maintiens, par exemple pour l'autopalpation, etc. Sans don, on ne peut rien faire. Donc, c'est aussi vous dire, à vous qui m'écoutez, si vous avez la possibilité de faire un don, faites-le. Sachez que c'est déductible de vos impôts. Vous avez toutes les informations sur mon compte Instagram. Vous pouvez m'envoyer un message en privé. Mais voilà, si on veut que les mutations génétiques, ça soit moins compliqué et plus facile, on va dire, à... à trouver plus facile, peut-être à guérir un jour, parce qu'on sait que la médecine fait d'énormément de progrès. Il y a la possibilité de nous aider à avancer dans ces recherches. N'hésitez pas à faire un don, même un euro, ça reste un euro. Et ça sera peut-être Laurence Aboli qui pourra nous permettre de faire avancer la recherche. Ensuite, depuis que je connais cette mutation, je sens que moi j'ai changé. Je sens que je suis devenue plus forte, plus combative. Même s'il y a des moments où je vais être... extrêmement fatiguée parce que il y a un stress quand même de malade et encore plus à quelques jours effectivement de l'opération. J'ai la hargne, j'ai envie de parler de tout ça, c'est vraiment un peu devenu je sais pas comment dire ça mais un devoir, c'est un devoir, j'ai la mutation génétique, c'est un devoir pour moi d'en parler, c'est un devoir pour moi de de faire connaître cette association. Et ouais, je trouve que je suis devenue une femme plus forte. Et comme l'a si joliment dit ma maman tout à l'heure, tu verras, après l'opération, tu seras encore plus forte. Et du coup, j'ai hâte de voir jusqu'à quel point ma force, ma force, on va dire, est possible. malgré tout ça il y a énormément de choses qui m'aident à avancer il y a ma famille qui me soutient il y a mes amis qui sont juste des amours qui vont m'envoyer plein de messages pour savoir comment je vais qui là, quelques jours de l'opération savoir si j'aurai le droit aux visites etc j'ai de la chance d'avoir une famille d'avoir des amis d'avoir une belle famille qui est juste adorable. J'ai de la chance d'avoir un chéri qui me soutient alors que Bichette, il n'avait rien demandé. Et il s'est embarqué dans ça avec moi. Et pour ça, je ne le remercierai jamais assez. Il y a encore passé longtemps que ça. Un soir où je pleurais par rapport à mes seins, où je disais que j'avais peur qu'il pouvait partir. Il m'a re-répété, il m'a dit « Melia, je ne partirai pas » . Et pour ça, je me sens obligée de me battre. Parce que même si par moments, c'est pas que j'ai pas envie de me battre, mais par moments j'ai envie de lâcher et de dire stop, j'ai trop de stress. Je me dis non, je peux pas le faire parce que j'ai une famille, des amis, une belle famille, un chéri qui compte sur moi. Donc c'est vraiment eux à l'heure d'aujourd'hui qui m'aident à avancer. À l'heure d'aujourd'hui, si j'avais une jeune femme de 24 ans qui venait d'apprendre qu'elle était porteuse d'une mutation génétique comme moi, j'aimerais lui dire qu'elle n'est pas seule, qu'elle peut me contacter, il n'y a aucun problème. Mais surtout qu'elle peut pleurer, c'est hyper important. Je suis le genre de fille qui est émotive x 1000. Il n'y a pas de honte à pleurer, il n'y a pas de honte à demander de l'aide et il n'y a pas de honte à me contacter moi sur les réseaux sociaux si jamais et que ces personnes-là, elles sachent qu'elles peuvent me parler. Elles peuvent me parler de ce qui lui trotte dans la tête, de ce qui la tracasse et je serai là pour l'écouter. Et moi, comme toutes les autres ambassadrices, mais en ce qui me concerne, S'il y a une personne qui est 24, 25, 26, 18, 19, je ne sais quel âge, que la personne n'hésite pas à m'envoyer un message. Vraiment, juste pour qu'on discute des rendez-vous médicaux, pour qu'on discute de ce qu'elle s'imagine à l'heure actuelle, la personne dans la tête, etc. Vraiment, vraiment, il ne faut pas avoir... peur de venir nous parler c'est un mot d'ordre on va dire venez nous parler, venez nous contacter on est là pour ça il n'y a pas de jugement il n'y a rien de tout ça, il n'y a que de la bienveillance que de l'amour et que de l'envie que tout se passe bien pour tout le monde et et ouais que Hmm... que tout se passera bien, même si... Par moments, on a l'impression qu'on va craquer. Eh bien, on ne craquera pas. Et nous, on sera là pour aider la personne à ne pas craquer. Ensuite, depuis que j'ai appris cette mutation, j'ai eu l'impression de faire plusieurs deuils. Comme je disais, le deuil de ma poitrine, avec effectivement la perte de sensibilité, le risque de nécrose au niveau du téton et du mamelon. Ça, effectivement, ça a été un deuil. Le deuil de ne pas pouvoir allaiter. Ça aussi, c'était un rêve de petite fille. J'ai vite compris qu'à partir du moment où je faisais une mastectomie, je ne pourrais plus allaiter. Le deuil de faire un enfant, on va dire, de manière, si je peux me permettre, naturelle. Parce que du coup, j'ai 50% de risque de donner... mon gène à mon ou mes futurs enfants. Donc là aussi, il y aura tout un parcours à suivre pour tenter d'avoir une grossesse avec un embryon sans mutation génétique. On va dire que ce n'est pas de faire le deuil, c'est juste que ça m'a permis de réapprendre à... reconstruire mes projets d'une autre manière. En gros, il y a des choses que je ne voyais pas de cette manière-là. Et à l'heure actuelle, je la vois totalement... Je vois totalement la vie autrement. Et pour ce sujet-là aussi. En tout cas, je voulais vous remercier de m'avoir écoutée. N'hésitez pas, du coup, à vous abonner à mon compte. plus forte que tout. Et encore un grand merci à Etadam Podcast pour sa gentillesse et pour avoir accepté de me donner la parole aujourd'hui. Je vous souhaite une belle journée, une belle vie. Et n'oubliez pas, la vie est belle. Et si quelqu'un m'écoute et que la personne a une mutation génétique ou un cancer, Qu'elle vienne me voir, qu'elle vienne me parler, vraiment aucun problème par rapport à ça.