- Speaker #0
Bonjour à tous, vous êtes sur Etat d'âme, le podcast pour la santé des femmes. L'épisode du jour parlera des troubles des conduites alimentaires. Dans les troubles des conduites alimentaires comme l'anorexie et la boulimie, La relation à la nourriture est perturbée. Le plus souvent, le traitement de ces troubles implique à la fois médecins, psychologues et diététiciens. Mais souvent, ces troubles ne sont pas repérés par l'entourage ou la famille de la personne atteinte. Dans cet épisode, Kerima souhaite prendre la parole pour lever certains tabous liés à ces troubles, notamment dans sa communauté religieuse musulmane. Adolescente, elle a été diagnostiquée par un médecin, mais n'a pas eu de suivi particulier. Elle s'en est sortie ? mais souhaite mettre en lumière ces troubles qui existent bel et bien, vous écoutez l'épisode Montesséa, dans une communauté musulmane. Attention, je tiens à rappeler que ceci n'est pas une généralité mais un simple constat, qui est que dans les communautés religieuses, que ce soit le protestantisme, le judaïsme, l'islam ou bien le catholicisme, il y a un tabou par rapport aux maladies mentales. C'est pourquoi je remercie infiniment Kerima de prendre la parole pour nous raconter son histoire et pour lever certains tabous, notamment dans les communautés religieuses. Excellente écoute. Et Adam, un podcast qui vous embarque dans l'esprit et le corps des femmes, avec des témoignages poignants, des histoires immersives prenantes et des interventions de professionnels de santé pour vous éclairer sur des sujets spécifiques concernant le corps et l'esprit. Et Adam, chaque femme est unique et chaque parcours de vie l'est aussi. Découvrez la femme. dans tous ses états. Et Adam, un podcast de Stéphanie Jarry.
- Speaker #1
J'espère que mon témoignage pourra aider certaines personnes qui se reconnaîtront et qui pourront sauter le pas et comprendre qu'il n'y a rien de honteux. J'ai pris conscience très vite qu'il y avait un souci en alimentation. Du moment où il y a un... dans mon trouble du comportement alimentaire. J'ai pris conscience très vite du trouble à partir du moment où j'ai commencé à plus m'alimenter pour maigrir. J'ai pris conscience directement, je le savais, j'étais très lucide sur les choses. Et même déjà avant, quand j'étais plus jeune, j'étais un petit peu ronde. Mais j'étais pas grosse, j'étais un petit peu ronde. Et je mangeais, j'avais vraiment un bon coup de fourchette, si on peut dire. Au point que ma maman adoptive, des fois, cachait un peu les gâteaux parce que j'en mangeais beaucoup. Et je savais déjà que c'était pas trop normal. Je voyais par exemple, je sais pas que je le savais, mais j'en me prenais conscience au temps où je voyais mon adoptif, mon frère adoptif, mes frères et soeurs adoptifs, même ma cousine adoptive, en tout cas ma famille on va dire adoptive. Je voyais tous ces membres manger normalement, être rassasiés, manger une assiette. Et moi chaque fois je me disais, mais comment ça se fait que moi je mange tout le temps et j'ai toujours envie de manger plus et j'arrive pas à m'arrêter et il faut que je mange des quantités incroyables. Donc déjà là j'en ai plus conscience quand j'étais petite, mais ça m'a pas plus dérangée que ça. Mais c'est vraiment quand je suis tombée dans mon TCA. d'anorexie, j'en ai pris conscience dès le début. Dès le début, je savais que ce n'était pas quelque chose de normal, que j'allais rentrer dans quelque chose. C'est comme si je savais que j'allais... Je ne savais pas forcément que j'allais rentrer dans quelque chose d'aussi grave, mais je savais que j'allais forcément déclencher quelque chose. Je le savais. J'étais très lucide dessus. Mon test, je l'ai eu lorsque j'ai eu 15 ou 16 ans. Ça a commencé, je pense, vers la fin de mes 15 ans. Ça a vraiment pris de l'ampleur à partir de mes 17, 18, 19 ans. Quand j'ai eu 20-21 ans, ça a été un peu mieux. Et là, jusqu'à mes 27 ans, ça n'a fait que s'améliorer, grâce à Dieu. Ça a vraiment commencé au début de mes 16 ans. Je n'étais pas encore convertie à l'islam. Donc j'étais une jeune fille européenne qui vivait sa vie, tout simplement, comme les autres jeunes de son âge. Un peu tous les jeunes à cette époque-là. Je voulais plaire, tout simplement. Je voulais plaire, je voulais qu'on me remarque, je voulais être belle. J'avais une amie qui avait toujours été un petit peu ronde. Elle est toujours connue comme un petit peu ronde, mais elle n'était pas grosse, mais elle était un petit peu ronde. Et elle est venue un jour au lycée, elle était très très amégrée, et je me rappelle qu'en fait ça m'avait beaucoup beaucoup choquée. Ça m'avait beaucoup choquée, et pas que moi d'ailleurs, mais moi même encore à l'heure actuelle, je me souviens encore de son corps et son visage. Ça m'avait énormément choquée, elle était très amégrée. Mais je me suis dit, même si elle qui était un petit peu ronde, ou regarde comme moi, elle a réussi à ne pas devenir mince, moi c'est sûr que j'y arrive. En fait ça a été vraiment le déclencheur, c'est de la voir aussi mince. Alors elle y a été pour rien, elle ne m'a pas donné de conseils, enfin si, je me souviens qu'on avait discuté vite fait. Elle m'avait dit que ce faisait des salades, ce genre de choses. Ça a été... Enfin, on n'a pas vraiment discuté plus que ça. Donc vraiment, l'élément déclencheur, c'était vraiment de voir cette fille-là, que j'avais toujours identifiée à une fille plutôt rondouillarde. Perdre du poids, en fait, et tout simplement avoir beaucoup de monde qui en parlait d'elle. Et je crois qu'à ce moment-là aussi, elle commençait à avoir un petit copain, il me semble aussi. Et je sais qu'en tout cas, moi, personnellement, pour me sentir mieux dans ma peau, pour plaire, simplement, je pense que c'est l'âge aussi où on a envie de plaire, où on a envie de s'affirmer, d'être regardée. Et je sais que je me suis dit, moi aussi, j'ai envie qu'on me voit, et qu'on me regarde, et qu'on remarque que j'ai perdu du poids, et finalement qu'on me remarque tout simplement, en fait. J'avais envie de... J'étais amoureuse un peu d'un garçon, donc je me suis dit aussi, à mon avis, ça a dû jouer aussi cette chose-là, le fait de vouloir plaire. Ça fait déjà maintenant dix ans que j'en ai parlé à ma tata. Donc ma tata, c'est ma maman adoptive, j'appelle comme ça. Effectivement, je lui ai dit que je voulais perdre du poids et que du coup, je ne me ferais plus que des salades. C'était un de mes derniers repas avant de tomber vraiment dans le trouble. Je voulais manger que le midi, de ce que je me souviens. Je m'étais fait une grosse salade de fruits, mais en fait, je me souviens qu'elle était super sucrée parce qu'il y avait plein de fruits dedans. Je me souviens que ma tata... Elle n'avait pas vu ça d'un très beau deuil parce qu'en gros, même si c'était qu'un seul repas, il y avait quand même beaucoup de sucre dedans. Même moi, quand je repense, c'était un peu rigolo, c'était un peu ridicule, mais je n'ai pas vraiment parlé avec eux. Je pense qu'ils l'ont simplement vu et malheureusement, ils l'ont vraiment subi. C'est la raison pour laquelle c'est important de préciser mon TCA dans une communauté musulmane. Parce que chez les Européens, moi je suis née, je suis à moitié européenne, donc je suis franco-algérienne. Ma mère est française, mon père algérien et mes parents adoptifs, eux, sont français. Du coup, j'ai eu une éducation à la française européenne traditionnelle. Je ne sais pas si c'est le cas pour toutes les familles européennes. Je ne descendais plus pour manger et ils s'en inquiétaient. C'est pas qu'ils ne s'en inquiétaient pas plus que ça, mais je leur disais non, je ne mange pas. Et en fait, dans les familles européennes, je ne sais pas si c'est comme ça pour toutes encore une fois, mais je leur ai dit à plusieurs reprises, je ne mange pas, je ne mange pas. Ils se sont inquiétés. Je voyais qu'ils étaient inquiets, mais ils ne me forçaient pas en fait. Ils m'ont peut-être forcé une ou deux fois, mais je ne voulais plus. Du coup, ils ne m'ont pas forcé. La réponse, c'est que je n'en ai pas forcément parlé avec eux. Ils l'ont vu. Il le subissait, en fait. Il le vivait avec moi. Je pense qu'il s'inquiétait pour moi, c'est sûr. Je les voyais, ils se posaient des questions, ils me posaient des questions, ils s'inquiétaient. C'était plus possible, du coup. Ma tata m'a amenée au médecin, au docteur. Mais je sais qu'il s'inquiétait vraiment pour moi, quand même. Même si, voilà, ils n'avaient pas la façon de faire, de vouloir me forcer, m'imposer. Parce que, tout simplement, ce n'est pas une éducation, en fait. Ça n'est pas partie de l'éducation que j'ai reçue, de forcer, même s'il n'y avait pas de soucis pour, par exemple, des fois, me crier dessus ou quand je faisais mal les choses. Mais ils ne me forçaient pas, en fait, si je ne voulais pas. Tout simplement, je ne faisais pas. En fait, je pense que les anecdotes, c'est des choses qu'il faut dire, parce que c'est des tranches de vie, c'est des moments de vie, plutôt des instants de vie, qui peuvent des fois être révélateurs aux personnes qui nous écoutent. Je me souviens, j'étais en classe, en cours de français, et j'étais morte de faim. Quand j'y pense, c'est ça qui est incroyable, c'est que maintenant, dix ans après, et même déjà, ça fait plusieurs années que je ne me sens plus capable de faire ça, et en fait, je me dis quelque part, Dieu soit loué, mais voilà. Le TCA, dans son côté obscur et dans son côté très malsain, il te dit « mais en fait, t'es plus capable de faire ça, regarde, t'es devenu nul » . Je crois que ça devait être le troisième jour de jeûne que je faisais. Enfin du coup, je dis ça jeûne parce que je mangeais pas, mais je buvais des litres de jus de chocolat chaud. Enfin en fait, c'était que du liquide. Mais je refusais qu'un aliment solide rentre dans mon corps, à part le chewing-gum, et je les avalais pas. Je me souviens que j'étais vraiment en train de fantasmer sur de la nourriture. Je me rappelle que j'étais en train de penser à de la nourriture. Donc j'écoutais à moitié la prof, c'était très très difficile, j'étais vraiment dans un état de faiblesse, un petit peu avancée quand même. En fait je me rends compte maintenant que c'est grave, mais voilà. Et j'avais une amie à côté de moi qui me voyait, c'est une de mes très bonnes amies encore maintenant à l'heure actuelle, et je pense qu'elle voyait que j'étais pas bien, mais en fait je le sentais comme une sorte de... comme si elle avait honte de me le faire remarquer en fait, c'était vraiment une grande pudeur. En fait je faisais pas leur en vouloir parce que je sentais qu'ils avaient peur de me froisser et honte aussi, honte et peur de me froisser, donc je leur en veux pas. J'avais aussi un ami avec qui j'étais en cours d'histoire. Et en fait tellement je bouffais pas, enfin désolée mais tellement ouais, c'est ça parce que c'est vraiment ça, tellement je mangeais pas. Mon ventre il criait famine et franchement j'avais honte parce que chaque fois quand j'étais en cours très souvent, les gargouillis du ventre en fait. Et j'avais mon ami à côté, j'avais tellement honte en fait d'avoir ces gargouillis là dans le ventre. Et il m'a fait remarquer, t'as pas mangé ? En fait il me l'a fait remarquer mais j'ai senti qu'il était super gêné lui aussi. Et en fait voilà, c'est pour ça que je veux en parler, c'est que ça illustre un peu la... Ça illustre un peu le regard qu'avaient mes amis sur cette maladie. C'est qu'ils étaient gênés de me le faire remarquer en fait. Ils étaient gênés. Par exemple, quand je ne mangeais pas, c'était juste... Par exemple, on allait au McDo, je ne mangeais jamais. C'était juste, elle ne mange pas, c'est tout. Elle ne mange pas, on ne va pas dire pourquoi elle ne mange pas, c'est tout. Mais on n'allait pas. Je suis quand même reconnaissante de ça. Je leur suis reconnaissante parce que c'était très, très gênant pour moi d'expliquer pourquoi tu ne manges pas et rentrer dans des trucs comme ça. Ils ne l'ont jamais fait remarquer en fait. La classe a invité une amie commune. Et je me souviens, sa tante avait fait des stènes italiennes, avait fait des spaghettis bolognaises qui avaient l'air excellent. Je me souviens encore, dommage que je ne les ai pas mangées maintenant que je suis plus ou moins guérie. Et moi, je me rappelle que j'étais avec mes pommes vertes. J'étais avec mon copain à cette époque-là, celui dont je vous ai parlé tout à l'heure. J'étais avec mes pommes vertes et je refusais de manger autre chose que mes pommes vertes. Et je voyais que les gens rigolaient un peu de ça, ils étaient un peu gênés par rapport à ça. J'essayais de détourner la conversation. Mais voilà, je voyais qu'on m'y ramenait parce que de toute façon, ce n'était pas normal d'être comme ça. Il y avait eu encore une fois un autre barbecue pendant l'été et j'étais vraiment très très amaigrie. Et il m'avait dit, bon là, par contre, c'était un peu l'inverse. C'est que lui, il était carrément dans le cash. C'était un barbecue, du coup, il n'y avait pas forcément de match. Mais bon, là, ça a été vite, donc on a fait quelques drips. Et il est venu et il a dit carrément vous faire attention, carrément vous faire attention parce que là c'est l'anorexie. En gros il me l'a dit comme ça, il a sorti le mot anorexie. Et c'est vrai que ça m'a glacé d'entendre ce mot-là, mais si je le connaissais je savais que c'était anorexique, mais ça m'a glacé. Donc voilà, l'entourage était, si je devais résumer, conscient et le voyait parce que ça se voit en toute façon quand quelqu'un est en train de dépérir, qu'il ne mange plus, les comportements ils se voient vraiment. Donc cet entraîneur-là est aussi une de mes très très bonnes amies, qui était elle. Donc là c'est pour ça que ça va peut-être amener le sujet. c'est qu'elle, elle était de confession musulmane, et moi je n'étais pas encore musulmane, et maghrébine. Et elle, en fait, elle n'hésitait pas à me mettre un peu les pieds dans le plat, en me disant pourquoi tu ne manges pas, c'est de la noraxie. Enfin, je crois qu'elle m'avait dit c'est de la noraxie. Elle avait vraiment été un peu cash, mais sans être méchante, elle avait vraiment été cash, et sa mère aussi avait été assez cash, en me disant, mais je ne veux pas que tu fasses ça, parce qu'après, quand tu vas remanger, tu vas tout reprendre tes kilos. Donc pareil, pas trop de... Enfin, ce n'est pas beaucoup de tact, en fait. Mais voilà, je pense en fait que l'entourage est un peu gêné dans ces moments-là, et ne sait pas trop comment réagir. Ils étaient diagnostiqués au moment le plus critique. Pendant presque toute ma maladie, mes parents étaient là, mais ils suffisaient en fait, ils étaient un peu des spectateurs passifs de la situation. Ils s'inquiétaient, etc. Mais c'est vrai qu'ils n'osaient pas trop me brusquer, ils me faisaient des remarques, etc. Mais il n'y avait jamais d'intervention vraiment concrète, on va dire, de leur part. Et en fait, à un moment donné, je me souviens encore maintenant, parce que c'était un événement très marquant. Quelques mois que j'avais entamé ce régime. Mon régime, c'était quoi ? Je vais le dire pour bien comprendre. Je ne mangeais pas de la semaine. Toute la semaine, du lundi au vendredi, je ne mangeais pas. Mon alimentation était uniquement constituée de choses liquides. Principalement du chocolat chaud et d'ailleurs du Nesquik. Je me rappelle que pendant pas mal d'années, je n'ai plus réussi à boire du Nesquik. Et même à l'heure actuelle, j'arrive à en reboire. Mais c'est vrai que je sais que c'est symbolique de cette période. Des jus d'orange, des milkshakes, je me rappelle j'allais tout le temps, et j'aime toujours le faire, mais j'allais tout le temps au McDo prendre des petits shakes, j'aimais trop ça. A partir du samedi, c'était le cheat meal, c'est-à-dire le repas de la semaine où je me faisais plaisir, et je, encore une fois le termine un peu grossier, mais parce que ça illustre bien. Je bouffais littéralement, je me jetais sur la nourriture tout le samedi, à tel point que j'étais tellement heureuse le vendredi soir dans mon coucher, parce que je savais que quand je allais me réveiller, j'allais bouffer littéralement. J'étais vraiment trop heureuse. Je me souviens que ce sujet-là, le copain avec qui j'étais à l'époque, j'adore toujours autant les rochers au chocolat, en chocolat au lait, j'aime beaucoup ça, que ce soit le chouchard ou n'importe lequel. Et j'aimais trop manger ça. Du coup, il m'en avait acheté le vendredi soir pour le samedi. Et je me souviens qu'on était dans la voiture et il était venu me chercher la gare, enfin bref, avec mon père, mon père adoptif, et j'avais déjà commencé à les bouffer tellement... Je dis vraiment ce terme volontairement, c'était pas manger, c'était vraiment je bouffais vraiment. J'avais déjà commencé à les bouffer parce que j'étais mort de faim en fait. Ça faisait du lundi au vendredi que j'avais pas mangé. Et lui me disait mais attends... Merci. Tu vas rentrer à la maison, tes parents t'ont fait un bon repas, mais non, il n'y avait rien à faire. C'était, je mangeais dans le désordre, n'importe comment, n'importe quoi. Et malheureusement, je suis encore un peu dans ça, même si maintenant, ça va mieux, parce que j'arrive à manger plusieurs repas par semaine, plusieurs fois par semaine. Mais je suis encore dans ce truc quand même, du jour où je vais manger, c'est vrai que j'ai un peu de rancin à me lâcher. Donc je faisais ça pendant quelques mois. Et en fait, au bout d'un moment donné, j'ai maigri. Donc forcément, j'ai maigri énormément. Je voyais que là, par contre, mon frère m'avait dit un truc dont je me rappelle. à l'éditer. Au niveau de mes clavicules et de mes épaules, c'était tellement maigre qu'il m'avait dit qu'on aurait dit un cintre. Tu ressemblais à un cintre. Il me l'a dit, tu ressembles à un cintre. Ça m'a beaucoup choqué cette parole. Et en fait, ce qui s'est passé, c'est qu'un soir, je pense que peut-être que j'ai bu trop de chocolat chaud, je sais pas, mais j'étais vraiment pas bien du tout. En fait, c'était la nuit, il me rappelle en plus. C'était vraiment, des fois, je me dis, je suis croyante, du coup, des fois, je me dis, les choses ne sont vraiment pas faites par hasard. Je regardais en plus, enfin, je veux dire, il y avait vraiment l'ambiance, en fait. Je regardais en plus l'excellent film Requiem for a Dream. Je ne sais pas si les gens vont connaître. C'est un film incroyable qui parle des addictions. Et dedans, il y a l'addiction, la maman le fait à un régime. Et elle, par contre, elle tombe dans la drogue. Donc, elle va voir son docteur qui lui donne des mylamphytamines. Enfin bref, c'est tout un truc. Mais c'est un film vraiment glaçant. Il y a une ambiance. Les gens qui connaissent le film vont comprendre. Il y a une ambiance, c'est vraiment quelque chose qui est très, très... glaçant et j'étais mal mais j'étais vraiment mal en fait j'étais un peu en sueur je j'avais très très très très mal au ventre j'ai eu la diarrhée voilà faut dire les termes donc je l'ai dit j'ai eu la diarrhée et en fait pendant la nuit je me suis réveillée avec des j'étais vraiment je me tordais le ventre de douleur et j'avais donc la diarrhée je vomissais en même temps et j'étais vraiment dans un état je crois franchement je pense oui je pense je suis sûre que je pensais mourir en fait, je pensais mourir. tellement j'étais dans un état horrible, j'avais mal au ventre, mais c'était vraiment la faim, mais je sentais que c'était vraiment la faim, mais atroce, une faim énorme, une faim... Je voyais que c'était de la bile tellement je n'avais rien en moi et c'était horrible, vraiment horrible, horrible. Et là, je sais qu'elle m'a adoptée, elle s'est beaucoup inquiétée, d'ailleurs je m'en veux encore de l'avoir fait s'inquiéter comme ça. Elle s'est beaucoup inquiétée, énormément inquiétée. Le lendemain matin, elle a fait venir mon docteur de famille, mon médecin de famille à la maison. Il lui a dit qu'effectivement, j'étais anorexique. et qu'il fallait que je me reprenne en main parce que sinon je serais hospitalisée. Donc dès le lendemain matin, j'appelle ma tata, donc mon adoptive, ma tata m'a fait des tartines pour que je les mange. Je m'en souviens très bien des tartines au fromage, je me souviens très très très bien. Et à peine quelques heures après, quand ça allait mieux, je crois que c'était quelques heures après ou le lendemain, je ne sais plus. Je suis, c'est pour vous dire en fait, je le dis pourquoi, pour vous dire à quel point, subhanallah, à quel point c'est vraiment une emprise en fait psychologique. À partir du moment où j'allais mieux, j'ai remangé un peu de tartine, etc. J'ai sauté directement sur mon vélo d'appartement, dans la chambre. Et je me rappelle que ma maman adoptive m'a dit « Mais c'est n'importe quoi et tout, tu fais n'importe quoi. » Mais elle savait très bien que c'était inarrêtable, en fait, c'est psychologique. Donc c'est vraiment pour montrer à quel point l'emprise, elle est incroyable. Alors que j'étais quasiment... Enfin, moi, je pense que vraiment, j'étais pas loin de... Je sais pas si j'étais pas loin de mourir, mais j'étais vraiment dans un sale, sale, sale état. Et pourtant, dès que ça a été mieux, ça faisait même pas quelques heures. Dès que ça allait mieux, pardon, j'ai sauté sur le vélo d'appartement pour éliminer les quelques pauvres calories que j'avais prises. En fait, c'est au moment le plus critique de ma maladie que j'ai été diagnostiquée par le docteur. Mais je ne sais pas si c'était vraiment un diagnostic parce qu'il est venu à mon chevet. Mais je n'ai pas été suivie ensuite par la suite parce qu'après, je me suis dit, j'aimerais prendre en main et tout. Même si en fait, je ne me suis jamais vraiment reprise de rien parce qu'à l'heure actuelle, je suis encore dans ces troubles, même si ça va beaucoup mieux, Dieu soit loué. Mais voilà, je pense que c'est une maladie qui nous accompagne toute la vie. Et donc voilà le message que je pourrais faire passer aux personnes qui m'écoutent. C'est vraiment aller voir dès le début votre médecin. Bon, après, évidemment, quand on est dans la maladie, on est un petit peu dans le déni. Mais du moins, si des proches de personnes comme ça m'écoutent, n'attendez pas. Allez vraiment voir un médecin, forcez-les à aller voir un médecin pour avoir un suivi. Vraiment, dès le début, c'est super important. Je pense aussi que dans les familles les plus traditionnelles, on va dire, de culture maghrébine africaine, vu que c'est vraiment la femme qui est censée être au fourneau, c'est la femme qui... Voilà qui est censé un peu tout faire et surtout être à la cuisine. Je pense que c'est d'autant plus un facteur, un obstacle en fait pour ces femmes-là qui souffrent malheureusement de troubles du comportement alimentaire. Parce qu'étant donné que c'est elles qui sont à la cuisine, en fait elles ont une double pression. En mode c'est moi qui fais à manger, donc je suis confrontée à la nourriture et je ne vais pas en plus de ça dire que je suis anorexique ou je ne vais pas me plaindre. Alors que c'est moi qui cuisine en fait, c'est moi qui est confrontée aux aliments, c'est moi qui est confrontée aux fourneaux. Je pense qu'il y a un peu de ça qui joue, mais là, je ne pense pas que ça concerne les personnes d'ici, mais peut-être que, encore une fois, c'est des hypothèses, peut-être que le fait que dans certains pays de culture maghrébine, il n'y ait pas forcément autant d'abondance que dans d'autres pays européens, ce n'est pas du tout pour critiquer, c'est juste un fait, la vie n'est pas aussi facile dans certains pays que dans d'autres, et peut-être que le fait aussi... de vivre dans des pays dans lesquels déjà la survie c'est déjà quelque chose d'important, et bien forcément on ne va pas en plus rajouter nos problèmes d'anorexie parce que c'est vu comme c'est des problèmes de bourges, c'est des problèmes occidentaux, c'est des problèmes de blancs. Et donc du coup je pense que ça peut être aussi un obstacle, ces composantes-là. Même si, de façon générale, c'est vrai qu'en général quand tu n'as pas, je ne sais pas si on peut tomber dans l'anorexie quand on est vraiment démuni en fait. Je pense que c'est vrai que quand on dit que c'est un problème de... bourges, c'est un peu vrai au sens où il faut déjà avoir de la nourriture pour s'en priver. Mais je pense aussi que cette réflexion-là, du coup, elle prive un peu les personnes qui sont dans cette situation, qui viennent de milieux démunis et qui pour autant sont comme ça, parce qu'en gros, on leur connaît la figure que c'est pas tes problèmes. Toi, t'es pas bourge, t'es pas riche, t'es pas blanc, donc tu peux pas faire ce genre de caprices-là. Mais encore une fois, ce sont vraiment des hypothèses. Mais il est évident... qu'il y a une grosse différence de traitement dans la communauté maghrébine, on va dire musulmane, et au niveau d'une communauté plus européenne. C'est beaucoup mieux d'accepter les troubles du comportement alimentaire, les troubles psychologiques en général, dans les communautés plus européennes, plus occidentales, que dans les communautés plus traditionnelles maghrébines, musulmanes. Il faut savoir que quand je me suis convertie à 24 ans, il y a maintenant 3-4 ans, parce que j'ai bientôt 28 ans, donc on va dire 4 ans, j'allais déjà mieux. En fait, moi j'ai commencé à aller mieux quand j'ai eu 23-24 ans, même 22. Ça allait mieux parce que je mangeais plus régulièrement dans la semaine. Je faisais moins de jours de jeûne. En fait, là, depuis quelques années, je pense, quelques années, ouais, j'ai ce système-là. C'est-à-dire que je vais manger, par exemple, 4 jours dans la semaine ou 5 jours dans la semaine et jeûner 2 jours. Donc quand je dis jeûner, c'est par exemple, le lundi, je vais manger normalement, plus ou moins normalement, même si j'ai encore du mal à manger le midi et c'est même pas que j'ai pas faim, c'est même pas que j'ai... Peur de grossir, c'est que quand je travaille, vraiment, je n'ai pas le temps. Mais bref, par exemple, je vais manger le lundi, on va dire normalement. Le mardi, je ne vais pas manger. Le mercredi, je vais manger. Le jeudi, je ne vais pas manger. Le vendredi, je vais manger. En fait, j'essaie toujours de caler deux fois dans la semaine où je ne mange pas. Vraiment, je laisse mon corps respirer, être vide à part... Donc ça allait déjà mieux, on va dire, quand je me suis convertie à l'islam. Même si je sais que là, il y a très, très, très récemment... J'ai fait des ateliers d'auto-hypnose avec une sœur très compétente, une psychoneuro-nutricienne qui a beaucoup de casquettes, qui fait beaucoup de choses. Elle m'a appris, même si je le sais, je l'avais perçu plus ou moins, mais elle m'a confirmé sur le fait, conforté sur le fait que, effectivement, les troubles du comportement alimentaire, les troubles psychologiques de façon générale dans la communauté musulmane et dans les communautés, je pense, religieuses, comme tu l'avais bien dit, ce n'est pas quelque chose qui est aussi bien accepté, aussi bien reconnu plutôt que dans d'autres communautés, je ne sais pas, européennes ou ailleurs en fait. Parce qu'il y a vraiment ce truc de, en tout cas là je parle de... Dans la communauté musulmane, même plutôt maghrébine, j'ai plutôt tendance à dire ça, parce qu'on n'a rien à voir avec l'islam, en fait je pense que c'est encore une fois maghrébin culturel.
- Speaker #0
Il y a cette femme-là, Aziza, avec qui j'ai fait l'auto-hypnose, m'expliquait, et c'est vrai que je l'ai reconnue, je l'ai vue, elle disait qu'en fait, par exemple, si tu vas être une personne boulimique, dans un environnement maghrébin, donc tu vas forcément beaucoup manger, que te faire vomir ou pas, en général on cache les choses, mais on va dire que les parents, les personnes qui entourent, ils vont simplement dire, oh mais il mange beaucoup, elle mange beaucoup, elle a une bonne fourchette, elle est gourmande, elle exagère un petit peu. Mais jamais on va aller dire, ah peut-être qu'elle a un trouble derrière, peut-être qu'elle a quelque chose de psychologique, peut-être qu'une personne anorexique, on va dire qu'elle est super mince, elle ne mange pas, et on ne va pas dire qu'elle est anorexique. Et j'avais justement, j'ai parlé un peu plus tôt dans le podcast d'une de mes meilleures amies anciennement, qui était elle musulmane quand moi je ne l'étais pas, moi je l'ai rencontrée quand je ne l'étais pas encore, et elle m'avait fait des remarques un peu en me disant, toi t'es anorexique, etc. Mais pour autant, c'est vrai que j'avais remarqué, parce que c'est un truc, je ne sais pas si c'est un radar, mais quand on est soi-même dans les troubles du comportement alimentaire, on remarque très vite les personnes qui en ont. Et moi, je pense qu'elle en avait aussi un petit peu, parce que souvent, elle ne mangeait pas. Et je ne sais pas si c'était par rapport à des problèmes psychologiques de TCA, mais elle ne mangeait pas. Et je sais qu'elle me parlait très souvent, elle aimait bien rappeler, dire « oh, je suis mince » , parce qu'elle est très très mince, même un peu maigre. Elle m'a bien rappelé qu'elle était merde, qu'elle était mince, qu'elle était... Enfin, souvent, elle me le rappelait. Et des fois, ça a été à l'origine, des fois, de souffrance pour moi, parce que je savais qu'elle... Enfin, elle savait, concrètement, puisqu'elle m'en parlait. Elle remarquait que j'avais des problèmes, des troubles du comportement alimentaire. Et je ne comprenais pas pourquoi elle me disait ça, parce que forcément, chez moi, ça a créé, en fait, une sorte de jalousie, de frustration, puisque moi-même, j'étais dans l'anorexie. Mais tout ça pour dire que je pense qu'il y a des exceptions, des personnes comme ça qui savent ce que c'est. Mais de façon générale, puis voir une différence de traitement, parce que comme je te disais... Dans cette communauté, en général, on ne reconnaît pas que c'est un trouble psychologique. Et dans beaucoup de choses, ce n'est pas que dans les troubles du comportement alimentaire, il y a beaucoup de choses qui font que, par exemple, rien qu'aller voir un psychologue, quand tu vas en parler à des personnes qui sont par exemple néoblèdes, ou même qui sont ici, mais qui sont fort attachées à leur tradition, à leur culture, pourquoi faire, c'est pour les fous, ça ne sert à rien, c'est n'importe quoi. Je vois, c'est vraiment quelque chose de très... En fait, je ne sais pas si c'est une méconnaissance ou un mépris de la cause du monde plutôt psychologique, du monde... Voilà, ce monde-là, je ne sais pas. J'ai l'impression que ce n'est pas trop reconnu. Moi, par exemple, quand j'ai rencontré mon mari, je ne lui ai pas dit tout de suite, mais je lui ai parlé un peu de tout ça. Et lui, c'est pareil. Je sais qu'il me dit oui pour me faire plaisir, parce que je l'ai repris à plusieurs reprises et lors d'un bar. Mais je sais qu'il ne comprend pas trop, en fait, pour lui. Il me disait juste, mais non, c'est dans ta tête. Alors oui, par contre, s'il avait raison, c'est dans ma tête, mais pour lui, en fait, c'était juste que j'avais pas envie de manger, que je faisais pas d'efforts. C'est beaucoup plus profond que ça, que c'est non, c'est une véritable maladie, que c'est des mécanismes que tu maîtrises pas forcément. Voilà, c'est une souffrance, en fait. Et c'est vrai que moi, j'ai vu quand même un peu ce manque de considération un peu dans les troupes psychologiques de façon générale, par rapport à la communauté maghrébine.
- Speaker #1
Il y a un peu cette...
- Speaker #0
Oui, ce manque d'estime, ce manque de considération, on n'en fait pas tout un fois. Très vite, on passe à autre chose, ou alors c'est un jean, ou il faut faire une horpria, donc un exorcisme. Mais on ne va pas se dire, oui, forcément, il y a des racines psychologiques, il y a quelque chose à fouiller. C'est d'autant plus difficile. Moi, j'ai rendu dans une famille européenne, mais je pense que si, comme je l'évoquais avec la sœur Aziza, Je pense que les jeunes filles qui grandissent dans des familles musulmanes, maghrébines plutôt, je vais arrêter de faire l'amalgame, mais du coup presque forcément musulmanes, souvent ça suit, et qui ont ce trouble du comportement alimentaire, je pense qu'elle ne doit pas être facile pour elle parce qu'il y a quand même tout ce poids de l'incompréhension et du trouble psychologique. Tu fais des manières, tu ne manges juste pas assez, tu es juste trop maigre, tu es juste trop gros. Ma conversion m'a aidée. De façon générale, dans toute ma vie, évidemment, quand on traite le chemin de la foi, de façon générale, que ce soit de n'importe quelle religion, je parle vraiment de foi, je le différencie bien, foi et religion, la foi elle peut être dans n'importe quelle religion. Je pense que ça apporte un apaisement global à tous les niveaux. Je sais que ça m'a beaucoup apaisée par rapport à mes relations sociales, mes relations avec mes parents, mes relations avec moi-même et forcément mes relations avec mon corps. Pas forcément avec mon alimentation, parce que j'ai continué un peu, ça n'a pas forcément changé les choses. Mais avec mon corps, oui, parce que, première chose, j'ai appris qu'il y avait des choses plus importantes que le matériel. Forcément, quand on passe d'un référentiel uniquement matériel, voilà, moi, je n'avais pas de religion, je n'avais pas de foi, je ne croyais pas en un transcendant, en quelque chose de transcendant, en un être transcendant, voilà. Je ne croyais pas en Dieu, tout simplement. Donc, forcément, j'avais un référentiel qui était très matériel, en fait, très matériel. est très uniquement basée sur cette vie-ci, cette vie-là. C'est éphémère, c'est ici-bas. Tandis qu'après m'être convertie, bien évidemment, j'ai compris et j'ai appris qu'il y avait un Dieu, que c'était une vie qui était éphémère, que la vie, de toute façon, qu'on soit musulman, croyant ou même athée, on voit bien qu'elle passe vite et que du coup, il ne fallait pas s'éterniser dans cette vie, même au niveau de nos considérations. Ça ne sert à rien de s'éterniser, ça ne sert à rien de stresser, ça ne sert à rien de se faire du mal. Alors qu'on sait qu'on soit croyant ou non, de toute façon, la vie passe vite et tout n'est que temporaire. Donc forcément, la conversion m'a aidée à relativiser par rapport à tout ça, par rapport à l'éphémérité de la vie. Et du coup, je fais qu'il ne fallait pas que ma vie tourne autour de questions aussi futiles finalement que l'apparence. Donc ça m'a aidée par rapport à ça, ça m'a beaucoup apaisée. Et puis j'ai compris, j'ai appris plutôt à placer ma confiance dans le divin. du coup je fais beaucoup de prières par rapport à ça pour eux Pour m'apaiser par rapport à ça, je lui demande des choses par rapport à cette maladie. Et forcément, vu que maintenant ma confiance n'est plus uniquement en moi, en mes capacités, mais en celles divines, qui sont autrement plus élevées bien évidemment, et bien forcément ça m'a apaisée parce que je sais que les choses ne sont plus entre mes mains. Voilà, en tout cas je fais les causes et ensuite le reste appartient à Dieu comme on dit. Moi aussi beaucoup apaisée au niveau d'apparence, parce que étant donné que j'ai porté le voile directement, donc le hijab, je l'ai porté directement après m'être convertie, Oui, vraiment. Par rapport à une parlante optique, faire tout en même temps. En gros, je me suis convertie, j'ai porté le voile comme ça, c'était fait. Étant donné que je me suis voilée directement, on va dire presque directement, franchement à quelques semaines près, même quelques mois près, ça a aidé parce que forcément le voile islamique, ce n'est pas qu'un voile sur la tête en fait, c'est une façon d'être, c'est une façon de se comporter. Et c'est une façon de se présenter. Et on se présente de façon pudique au monde, voilà, au monde, à nous-mêmes aussi, parce qu'on a un rapport, du coup, qui est beaucoup plus détaché, un rapport qui est beaucoup moins orienté vers la mode, vers l'apparence, vers la futilité, même avec nous-mêmes. Moi, ça m'a beaucoup apaisée par rapport à moi-même aussi. Et forcément, le fait d'être voilée, le fait d'avoir mon corps qui était plus ou moins couvert et moins mis en avant,
- Speaker #1
parce que je ne suis pas encore... Je ne suis pas totalement couverte.
- Speaker #0
Enfin, je ne suis pas... couverte absolument de façon très large, même si j'attends plus ou moins à l'être. Mais voilà, de toute façon, il y a quand même eu un réel avant-après dans mon habillement. Et forcément, le fait de me couvrir, d'avoir plus de pudeur, d'avoir plus de... Comment dire ? D'être... D'avoir le corps moins exposé, évidemment que ça a eu un impact, parce que forcément, quand on s'expose moins, forcément, que ce soit extérieurement, même intérieurement, on s'expose moins. Parce que du coup, vu qu'on est couverte, on reçoit, même si c'est malheureux, c'est malheureux. On ne devrait recevoir aucune critique, qu'on soit couvert, découvert, absolument nu. C'est bien évident, mais forcément, quand on s'expose moins, on reçoit moins de critiques ou de regards, bref, toutes ces interactions au niveau de l'extérieur, on en reçoit moins sur notre corps, sur nous-mêmes. Et du coup, forcément, ça a un impact sur nous-mêmes intérieurement parce que forcément, on n'y pense même plus. Donc oui, le fait de me voiler, d'être beaucoup plus critique, d'être beaucoup plus couverte m'a beaucoup aidée dans ma relation avec mon propre corps à moi-même. Parce que forcément, quand on s'habille super court, quand on s'habille de façon moulante, on le sait, on n'a pas conscience du fait qu'on voit notre corps. Et nous-mêmes, on voit notre corps dans le reflet, on sait qu'on est habillé de façon très proche du corps. Forcément, on n'a pas le même relationnel avec son corps que quand on est habillé de façon couvrante. Parce qu'on sait que notre corps est couvert, c'est pas comme si on était protégé, mais quelque part c'est une sorte de protection. Parce que c'est comme si, c'est pas le problème du corps, mais c'est comme si le corps, il est couvert et puis on n'y pense plus. Alors que moi, je me rappelle très bien, avant, quand je m'habillais, je m'habillais de façon... Merci. On va dire des fois en volonté, etc. Je suis toujours en train de me dire, est-ce que c'est pas trop moulant ? Est-ce qu'on voit pas trop ? Est-ce que c'est si ? Est-ce que ça fait bien ? Est-ce que ça rend bien ? Dès que j'avais un miroir, je me regardais, alors je continuais de regarder, mais là je me regarde pour voir si je suis bien couverte, en fait, et puis c'est tout. Et puis je suis beaucoup plus apaisée, je suis beaucoup moins dans ce rapport de conflictualité par rapport à est-ce que je fais grosse, est-ce que si, est-ce que ça, c'est voilà, c'est justement ça. Si on dit que je suis couverte, alors... Par contre, il y a un moment donné où quand je m'habillais vraiment de façon trop large, je me trouvais grosse. Du coup, j'ai trouvé, grâce à Dieu, du soit loué, une sorte de... un milieu, on va dire, entre le fait d'être pudique, couverte, et aussi le fait de ne pas forcément renoncer à ma féminité et m'habiller encore de façon élégante et classe. Du coup, je ne me trouve plus trop grosse parce que des fois, c'est vrai qu'au début, quand je m'habillais vraiment de façon large, ça faisait vraiment gros. Et là, du coup, j'ai trouvé un juste milieu. Donc oui, l'apparence, le voile, la pudeur. Ma spiritualité, en fait, m'a beaucoup aidée. Elle m'a beaucoup aidée dans mon processus de guérison. Je pense. Parce que voilà, encore une fois, juste pour vraiment insister, la pudeur c'est pas juste physique en fait, c'est pas juste un habit. C'est la pudeur en fait, elle nous apprend à nous détacher des choses matérielles et futiles de plus en plus. Oui c'est un détachement au niveau de l'apparence, parce qu'on mise moins sur l'apparence, mais c'est aussi... C'est un détachement des choses futiles, c'est pas que l'apparence, ça englobe beaucoup plus de choses en fait. Habille-toi de façon publique pour en fait montrer, et toi-même pas que montrer, et vraiment ressentir ce détachement face aux choses du monde, éphémère, matériel, qui ne dure pas en fait et qui n'apporte finalement qu'un plaisir, mais éphémère tout simplement. En fait pendant un certain moment je me disais, je me souviens plus ou moins, que je me disais genre je vais vivre avec ça, et c'est pas grave et je vais gérer ça, et toute ma vie ça sera comme ça en fait, toute ma vie je mangerai pas. Pendant 5-6 jours, et puis un jour où je mangerai, et ça va très bien, de toute façon, je vais très bien, je le supporte très naïvement, bien sûr. Parce que c'est vrai que pendant des années, encore à l'heure actuelle, pour vous parler de mon programme actuellement, il y a plusieurs jours dans la semaine où je ne mange pas, mais il y a plus de jours dans la semaine où je mange que de jours où je ne mange pas. Donc, alhamdoulilah, enfin, Dieu soit loué, j'ai réussi à changer quand même ça. Mais c'est quelque chose de gérable, en fait. Et je pense que même sans parler à un druxy ou... Sans parler de troubles, du comportement alimentaire ou en tout cas de troubles, de problèmes. Je pense qu'il y a des personnes qui font ça. Il me semble que... Je sais que par exemple, mon mari, qui a beaucoup étudié dans l'alimentation, etc. Parce qu'il faisait beaucoup de sport. Il fait beaucoup de sport. Et en fait, il m'a dit que c'est pas mal. Ça peut être un bon programme de jeûner quelques jours de la semaine, de ne pas manger tous les jours. Je pense qu'il y a des personnes qui font ça. Donc c'est étonnable. Mais bien sûr, avant, ce que je faisais quand je ne mangeais pas de la semaine et que je bouffais pendant une journée, bien sûr, ça, ce n'était pas tenable. Mais voilà, je me suis dit, en fait, je vais continuer comme ça. Et puis voilà, advienne que pourra. J'étais un peu dans le déni, en fait. Ensuite, je me souviens que j'étais partie voir une femme, donc une médecin. Mais je ne sais plus ce que ça remonte. Je pense que ça va faire dix ans. Je ne sais plus si je me rappelle, c'était avec ma tata, donc ma maman adoptive et mon ami. Et je ne sais plus si ma mère adoptive avait dit à cette médecin que je souffrais d'anorexie, je ne sais plus comment elle l'a présenté, mais en tout cas ça a été super maladroit de sa part parce qu'elle m'a demandé, cette dame, sur la chambre qui était là, elle m'a demandé de me peser. Alors je me suis dit, enfin maintenant je me le dis, parce que sur le moment j'ai très très mal réagi, je me rappelle que j'ai pleuré, j'ai tout nié en bloc, j'ai dit non c'est absolument mort, on arrête tout de suite, moi je ne me pèse pas, il n'y a pas de... Et en fait, je me dis, c'est un peu bête, parce que si vraiment ma tata, ma mère adoptive, je l'appelle ma tata, lui a dit que je souffrais d'anorexie, je ne me souviens plus, mais en tout cas, si elle lui a dit, c'est totalement maladroit et débile de demander à la jeune fille en question de se peser, sachant qu'une anorexie, quand on connaît un minimum, elle a tout sauf envie de se peser, elle ne veut pas savoir son poids. Ou alors, en tout cas, il y a deux types de figures. Il y a un moment donné où j'étais vraiment dans le contrôle, contrôle, contrôle de mon poids, je me pesais tout le temps, il ne fallait pas que je dépasse d'un grain, ce genre de choses. Et ensuite, je suis passée à une étape dans laquelle je suis encore, c'est que je ne me pèse plus en fait. Je ne me pèse plus et je ne suis plus en contrôle de mon poids parce que j'ai vu que ça altère beaucoup mon humeur. Alors, avant que ça aille mieux, je ne le faisais déjà plus parce que je me disais que je ne me base que sur ce que je mange et sur comment je me sens quand je me regarde et comment je me sens en moi. Mais pas sur ce que je vois sur ma balance. Et maintenant, en fait, il y a une crise qui s'est faite. Il est sans ne pas se baisser le temps. Même si moi, je ne me baigne vraiment plus du tout pour le coup. Je ne me baisse vraiment plus du tout. parce que ça jouait trop sur mon humeur dès que je voyais que j'avais pris un peu de poids je pétais les plombs, c'était incroyable et je sais même qu'à l'heure actuelle je me sens bien dans mon corps vraiment juste one way, je me sens bien etc je me sens mal, je me sens belle etc mais je sais très bien que si je vois mon poids même si c'est un poids qui va être jugé objectivement bien je sais que je vais pas l'aimer en fait je le sais d'avance, donc je préfère encore ne pas le faire j'avais ça tout seul en arrêtant de me peser parce qu'en fait C'est impossible que lorsque j'étais par la table à la nette-salle, je voulais me peser. En fait, ça m'a fait besoin d'un lien. Ça m'a encore plus confus de me gérer tout ça. Parce que je me suis dit, même si une professionnelle par un droit me demande de me peser alors que je suis anorexique, c'est qu'en fait, je dois le faire toute seule parce qu'ils ne comprennent rien. Je me souviens plus, c'est ça aussi clairement dans ma tête. Mais clairement,
- Speaker #1
c'est ça qu'on se dit.
- Speaker #0
Normalement, le corps professionnel doit savoir, le corps médical doit savoir que les personnes en situation d'anorexie n'ont pas envie de se peser, pas du tout. ou alors, enfin bref donc j'ai fait ça toute seule quand même j'ai continué en fait à vivre ma vie comme ça et en fait de moi-même après par la suite de moi donc j'ai fait beaucoup de sport, j'ai beaucoup appuyé sur le sport, même si j'en faisais déjà pas mal et en fait je sais pas franchement il n'y a pas de trucs linéaires mais je sais que petit à petit en fait j'ai pas été voir personne du tout, j'ai pas été voir de psy une de mes erreurs, j'ai continué comme ça en fait petit à petit, à manger qu'un jour, à manger d'autres jours j'ai vraiment continué Merci. Et en fait, je pense que vraiment, la guérison a été au niveau de la religion. Parce que même si déjà avant, ça allait mieux, je sais qu'en tout cas, la religion m'a beaucoup aidée. Au sens où, je me suis détachée de toutes ces considérations un peu matérielles, un peu, comment dire, un peu éphémères. Pour me concentrer sur l'essentiel. Donc en fait, je me suis guérie de moi-même. J'ai continué mon programme. Tout en le, en m'amendricant, c'est-à-dire en faisant maintenant, en passant à plus de zoos. En passant à plus, que deux jours dans lesquels je ne mange pas. Et là récemment, il n'y a vraiment pas très longtemps, je suis allée voir une psychologue et je crois que je lui ai parlé, je crois que je lui ai déjà parlé, mais je sais que dans les séances que j'ai eues, elle est venue en parler. Et avant ça, j'ai déjà parlé de ma soeur Aziza,
- Speaker #1
qui est une psychoneuro-nutricienne.
- Speaker #0
Et à l'étude, j'ai parlé de tout ça en fait. Et j'ai réussi. Bien sûr, je ne suis pas sortie. Pour moi, c'est une maladie de laquelle on ne sort jamais. Mais du moins, je vis avec, on va dire, un peu mieux qu'avant. Et je me gère, je m'auto-gère, bien sûr. Moi, je crois en Dieu. Donc, je sais que j'ai l'aide divine et la bénédiction divine derrière tout ça. Mais c'était un parcours du combatant et ça l'est encore. Et je sais très bien qu'en fait, ça sera jusqu'à la fin de ma vie. Et je pense que même si je me fais aider, en fait, mon rapport à l'alimentation, il a tellement été marqué, il a tellement été détraqué que finalement, ce sera toujours un rapport complexe, en fait. Même si ça peut devenir un rapport affectueux, maintenant, je suis un peu dans un rapport affectueux, mais je sais que ce ne sera jamais un rapport normal. Si je pouvais dire une chose à l'adolescente que j'étais, je me serais dit de me faire confiance, d'être bienveillante envers moi-même et d'aller vers le divin, en fait, parce que clairement, c'est la chose qui m'a sauvé, la foi. Je pense qu'à cette adolescente-là, je lui dirais que tout passe et que ça ira et que ça sert à rien de se stresser autant. Je pense pas que je lui dirais de pas le faire parce que c'est mon chemin de vie qui m'a menée là où je suis. Et finalement, franchement, cette maladie, elle m'a beaucoup aidée. Cette maladie, elle m'a beaucoup aidée parce qu'elle m'a fait prendre conscience à quel point j'étais forte. Vraiment. Donc je dirais à cette adolescente de pas être aussi stressée que ça, que ça va passer, de pas se faire tant de mal que ça. Et de ne pas être autant dans le contrôle. Parce qu'en fait, je pensais vraiment contrôler. Je pensais vraiment que dès que j'allais manger un truc, j'allais grossir, etc. Alors que pas du tout, en fait. Pas du tout à l'heure actuelle. Je me fais quand même plaisir, ça va beaucoup mieux. Et je ne grossis pas. Je suis bien, en fait, dans mon corps. Donc, je lui dirais de se faire confiance. Et de ne pas s'en faire autant. Que ça va aller, en fait. Vraiment, ça va aller. Que tu n'as pas besoin d'être autant dans le contrôle, la discipline. Parce que fais-toi confiance et fais confiance à ton corps et fais confiance à la nature qui est tellement bien faite. Je pense que c'est ce que je me dirais. Et forcément, je lui dirais de ne pas faire de régime aussi drastique. Mais comme je l'ai dit, ce combat-là, il a fait en sorte que je sois devenue quelqu'un d'aussi fort. Et franchement, sans me vanter, il y a vraiment une chose que j'aime bien en moi, c'est ma détermination. Je suis quelqu'un de très déterminée et qui a beaucoup de force en elle. Je pense que si un professionnel qualifié m'avait donné un suivi, quelqu'un d'un médecin dès le début, je pense que je m'en serais sortie beaucoup plus rapidement. Je pense. Mais en fait, l'anorexie qui est en moi, c'est pour ça que je te dis qu'on ne sort jamais de cette maladie. Enfin, jamais vraiment. L'anorexie qui est en moi vient de se dire à l'instant, ouais, mais en même temps, tu n'aurais pas perdu autant de poids, donc ça n'aurait peut-être pas valu la peine. C'est ça qui est fou, en fait. C'est qu'on reste toujours, malgré des années, je parle vraiment de moi, je reste toujours dans ce mécanisme un peu malsain, de pensée un peu malsaine. Mais encore une fois, c'est bien de dire, oh, c'est dommage, si seulement il y avait eu ça, il y avait eu ci. Mais en fait, moi, je suis fière de mon papa. Et je suis fière de ce qui s'est passé, en fait. Et je suis fière d'avoir été cette personne, parce que comme je l'ai dit juste avant, vraiment, c'est vraiment cette maladie qui m'a fait prendre conscience à quel point j'étais quelqu'un de fort, en fait. Je savais déjà que j'étais quelqu'un de fort. Mais vraiment, ça m'a fait prendre conscience qu'à travers les assais, ce que je faisais, les jeunes, toutes ces choses, je me suis rendue compte que je ne suis pas du tout en train de faire une loge de ça, pas du tout. Mais j'étais vraiment très contente à quel point j'étais quelqu'un de fort, mentalement et physiquement. Donc, je pense que si j'avais eu, effectivement, un suivi professionnel, je m'en serais sortie beaucoup plus rapidement. Mais j'aurais peut-être pas autant forgé ma détermination et mon caractère, peut-être, je sais pas. Mais effectivement, bien sûr, quand on est pris en charge à temps, ça nous aide. Alors bien sûr, je suis pas en train de dire aux gens, ne vous prenez pas en charge comme ça, vous serez plus fort. Non, bien sûr que non, moi ça a été mon parcours de vie parce que c'est Dieu qui a décidé ça, c'était mon destin. Mais évidemment, si vous avez l'occasion d'être prise en charge dès le début, c'est évident. Mais en fait, c'est même pas ça, c'est qu'en fait, on n'a pas envie, parce qu'on est dans le début de notre maladie, je pense surtout au début On est vraiment dans le déni et on a envie de... C'est très malsain, c'est pour ça qu'il faut lever le tabou, c'est très malsain, c'est très bizarre, mais on est dans la complaisance par rapport à la maladie. On a envie de rester dedans, parce que c'est notre truc, c'est notre truc qui fait... C'est carrément la norixique, c'est carrément la cathardie du poisson, pas que de fabrique, en fait. On se fait remarquer, surtout à l'adolescence, par ça, et du coup, on n'a pas envie de s'en défaire, en fait. On est bien avec cette maladie, on se complaît dedans. Si je devais donner un conseil aux auditrices qui nous écoutent et qui souffrent de la même chose que moi, ou alors d'un trouble du comportement alimentaire... Je ne peux pas leur dire ne faites pas ce que vous faites parce qu'elles vont le faire en fait. Et même moi si on l'avait dit, on l'a dit de toute façon. Je n'ai pas écouté parce qu'il faut le vivre en fait. Voilà c'est notre épreuve, on doit la vivre. Mais simplement essayer je pense d'être bienveillante avec soi-même. De vivre ce qu'on a à vivre. Je ne suis pas en train de dire il faut que vous ayez à fond, allez à fond dans votre maladie. Mais je ne trouve pas ça... En fait on ne veut pas dire à quelqu'un qui a atteint une maladie, ne le fait pas. Il est dans son truc, il ne t'écoutera pas en fait. C'est juste, soyez quand même bienveillante avec vous-même. Et surtout... La voix dans votre tête qui vous dit tu dois maigrir, tu dois grossir, t'es moche, t'es machin, il faut pas l'écouter parce qu'elle est vraiment, c'est une sacré menteuse en fait. C'est une sacré menteuse et c'est un qui vous amène à votre perte en fait, dans la station actuelle dans laquelle vous êtes, vous pensez... Celle qui a raison, vous pensez que vous êtes moche, vous pensez que vous devez perdre encore 10 kilos alors que vous êtes déjà au bord pour être belle, vous pensez toutes ces choses qu'elle vous suggère, mais ce n'est pas vrai. Moi, dans la religion, on me dit que c'est du ouest-ouest, c'est-à-dire que ce sont des pensées qui viennent du diable, des pensées mauvaises, qui sont corruptrices, on va dire, mais ce ne sont pas des vraies pensées. Il faut écouter son cœur et non pas toutes ces mauvaises choses. En fait, on le sent quand c'est des pensées malsaines, il faut essayer de ne pas les écouter, même si, bien sûr, comme je l'ai dit, quand on est dans la maladie, on le vit et puis c'est tout. Mais il faut essayer, en fait, sachez, même si vous l'écoutez, sachez qu'elle n'a pas raison. Et sachez que vous serez plus forte qu'elle un jour. Et essayez d'être plus forte qu'elle. Allez toujours vers la bienveillance, en fait. Essayez d'être plus forte qu'elle, de la dépasser. Et sachez, vraiment sachez, qu'elle n'est pas plus forte que vous. Et qu'un jour, vous aurez le dessus sur elle. Et par rapport aux femmes qui sont, dans le même cas que moi, dans une religion quelle qu'elle soit, dans laquelle il est un peu mal vu, en fait, d'être... dans laquelle les troubles psychologiques ont toujours son mal vu, dans laquelle ces femmes-là, qui sont dans des familles qui ne prennent pas au sérieux ces troubles-là, en fait, casser les tabous. Moi, je suis toujours en train de le dire sur ma page Instagram, surtout, arrêter. En fait, il faut casser les tabous. Il faut arrêter d'avoir honte. Pour les musulmans qui m'écoutent, les arabes, les maghrébines, elles doivent passer de l'autre côté. En fait, il n'y a pas de honte à être malade. Il n'y a pas de honte à être anorexique. Il n'y a pas de honte. avoir des troubles du comportement alimentaire, il n'y a pas de honte, c'est comme ça. C'est une épreuve, il y a des personnes qui sont alcooliques, il y a des personnes qui sont droguées, il y a des personnes qui... Voilà, c'est tout. C'est une épreuve comme une autre que Dieu vous a donnée. Il n'y a pas de honte. Il faut arrêter avec ça. Parce qu'en fait, le problème, c'est que le culte de la honte, il détruit beaucoup de choses. Il crée beaucoup de malheurs, il crée beaucoup de tabous, il crée beaucoup de frustrations, il crée beaucoup de maladies. Il faut arrêter avec la honte. Il n'y a pas de honte. Allez voir un médecin, faites-vous soigner. parlez-en avec votre famille, quand ils essayent de minimiser les choses, dites non, peut-être que vous n'y croyez pas, mais ça existe, les troubles psychologiques ce sont des réalités, je ne crois pas que dans les systèmes on dit que ce n'est pas une réalité, donc il faut arrêter avec ce culte de la honte et des tabous, il n'y a pas de tabou, c'est une maladie comme une autre et c'est comme ça, et il faut être ok avec ça, et il faut s'accepter et l'accepter, et si vous voyez qu'il n'y a pas de réception dans votre famille, allez voir des professionnels de santé, chez eux il y en aura. Et c'est tout en fait, faut pas forcer en fait. Délivrez votre message à votre famille si elle veut pas l'écouter, c'est tout. Mais vous écoutez-vous en fait, même si eux ils veulent pas vous écouter, vous écoutez-vous. Et ne faites pas l'impasse sur vos ressentis, ne faites pas l'impasse sur cette maladie. Ne la reléguez pas dans les oubliettes en mode oh c'est rien, non. Il faut traiter les choses, il faut traiter les choses. Parce que même si vous la traitez pas cette maladie, elle sera toujours avec vous. Moi je pense que jusqu'à la fin de ma vie, voilà, je serai comme j'ai dit, je serai dans un rapport compliqué à l'alimentation. Mais si en plus vous la traitez pas, elle va prendre de plus en plus de terrain sur vous. jusqu'à vous tuer. Il y a des personnes qui sont mortes d'anorexie, il y a des personnes qui sont mortes de boulimie. Donc il faut se faire traiter et ne pas avoir honte. Vraiment mettre fin à la honte. En tout cas, je suis vraiment contente d'avoir participé à ce podcast vraiment bienveillant et vraiment très très important d'utilité publique. Donc je te remercie de m'avoir donné la parole et j'espère que ça aidera des personnes à aller mieux. Merci beaucoup.