- Speaker #0
Lorsqu'une femme apprend qu'elle a un cancer, les rendez-vous médicaux commencent, les examens s'enchaînent, et le protocole de soins prend progressivement toute la place. Mais entre deux consultations, lorsque les portes de l'hôpital se referment, une autre réalité apparaît. La peur, la fatigue, les questions sans réponse, la difficulté à reconnaître son corps. La crainte de choisir un professionnel qui ne comprendrait pas vraiment la maladie, et cette solitude profonde, parfois invisible, que même la présence des proches ne suffit pas toujours à apaiser. Car le cancer ne touche pas uniquement un organe. Il bouleverse la féminité, le couple, la famille, la vie professionnelle, l'estime de soi et la manière de regarder l'avenir. Dans ce nouvel épisode d'État d'homme, je donne la parole à Pauline, l'une des fondatrices de Réseau Rose. Réseau Rose n'est pas née d'une simple idée de start-up. Ce projet est né d'une épreuve familiale vécue aux côtés de son mari Julien, mais aussi de nombreuses femmes que Pauline a accompagnées au cours de son parcours professionnel. Toutes lui confiaient les mêmes difficultés. Ne pas savoir vers qui se tourner, découvrir certaines aides trop tard, se perdre parmi les informations disponibles et devoir chercher seule des professionnels de confiance, alors qu'elles n'avaient déjà plus l'énergie nécessaire pour le faire. Pauline nous raconte comment cette expérience personnelle et professionnelle a fait naître l'envie de créer un réseau sécurisant, réunissant des professionnels rigoureusement référencés, pour accompagner les femmes au-delà de leurs traitements médicaux. Nous parlerons de la solitude après l'annonce, de la peur de faire le mauvais choix. Des aidants, de la fatigue écrasante, de l'image de soi, de la sexualité, du retour au travail et de cette peur de la récidive qui peut continuer à habiter le quotidien. Mais nous parlerons aussi de confiance, de reconstruction, de sororité et de la possibilité de retrouver progressivement du pouvoir sur son propre parcours. Parce que guérir, ce n'est pas seulement traiter une maladie, c'est aussi retrouver de l'énergie, réapprendre à aimer son corps, reprendre confiance et parvenir peu à peu à sourire de nouveau. Aujourd'hui, découvrons comment Pauline et sa famille ont choisi de transformer une épreuve douloureuse en un projet profondément humain. Pour qu'aucune femme ne se demande plus jamais seule, maintenant, vers qui puis-je me tourner ? Bonjour Pauline, merci d'être avec nous aujourd'hui. Alors nous allons rentrer dans le vif du sujet. Alors, Réseau Rose n'est pas né d'une idée de start-up, mais d'une histoire humaine. Pouvez-vous nous raconter ce qui a donné naissance à ce projet ? Quel événement a bouleversé votre vie au point de vouloir créer cette application ?
- Speaker #1
Alors non, en effet, Réseau Rose n'est pas née d'une idée de start-up, avec une dimension purement commerciale, loin de là. Elle est née de différentes choses. D'abord de par mon parcours professionnel, puisque j'ai accompagné beaucoup de femmes dans le cadre du cancer du sein, de par ma profession, de par mon métier. sur notamment l'application de la prothèse mammaire externe et de la lingerie. Et donc voilà, j'ai pu échanger avec des centaines de femmes qui m'ont remonté en fait les mêmes problématiques que malheureusement mon mari a pu rencontrer il y a trois ans. Et quelque part, c'est là que Réseau Rose a commencé à émerger. Parce que l'annonce de la maladie de mon mari, on s'est rendu compte que c'était extrêmement compliqué de comprendre la maladie, de comprendre ce qui nous arrive dans notre corps, de supporter les effets secondaires, d'essayer de savoir est-ce que c'est normal, est-ce que c'est pas normal, comment est-ce qu'on peut être accompagné. Alors le corps médical soigne et il le fait très bien et heureusement. Mais c'est vrai que pour tout ce qui est autour, c'est très compliqué. Julien s'est retrouvé très vite seul entre deux consultations, avec ses questions, ses problématiques, ses fameux effets secondaires. Et donc, il a fallu chercher seul les ressources qui existent. On s'en rend bien compte maintenant à travers ce projet. mais qui sont peu connues ou pas connues. Tout est dispersé, tout est désordonné. Il n'y a pas de vraie coordination et coalition autour des patients. Et donc voilà, toute cette expérience, qu'elle soit professionnelle mais aussi familiale, a fait naître Réseau Rose, qui est donc une application mobile. mais qui n'est pas là pour remplacer les soignants. Attention, on est vraiment là pour prolonger un accompagnement autour d'eux, à sécuriser tout simplement l'entre-deux consultation pendant une période où les patients, les patientes sont fragilisées, sont épuisées, ont très peu d'énergie et donc ont très peu d'énergie aussi pour trouver les fameux bons professionnels pour les accompagner.
- Speaker #0
Quand une femme entend le mot cancer, qu'est-ce qui se passe selon vous après les premiers rendez-vous médicaux ? Quelle est cette solitude dont on parle si peu ?
- Speaker #1
Je crois que la solitude commence justement quand les rendez-vous médicaux s'arrêtent. Parce que c'est là qu'il n'y a plus de suivi vraiment régulier où on se laisse porter par les rendez-vous médicaux. Les rendez-vous s'espacent et c'est là que la solitude est la plus importante. Les médecins font un travail remarquable, mais c'est vrai qu'ils n'ont pas toujours le temps de répondre à toutes les questions du quotidien. Et puis, il y a beaucoup de femmes qui nous disent qu'elles se sentent perdues, qu'elles ne savent pas ce qui est normal, à qui parler, quelles aides existent, etc. Et cette solitude est souvent invisible. Et puis, on dit beaucoup qu'il y a des accompagnements possibles. des associations, etc. Et heureusement, fort heureusement. Mais c'est une solitude profonde qu'elle ressente, parce que, quelque part, quand on est malade, on est seul face à la maladie, on est seul à combattre cette maladie. Et même quand on est bien entouré, et c'est hyper important d'être bien entouré, la maladie isole énormément.
- Speaker #0
Y a-t-il une rencontre ? une phrase ou une situation qui vous a fait dire on ne peut pas laisser les patients vivre ça seuls ?
- Speaker #1
Alors, le véritable déclic, ce n'est pas vraiment une phrase, c'est plutôt la répétition. De toujours entendre les femmes dire je ne savais pas que ça existait, j'aurais aimé qu'on me le dise plus tôt. Et puis, l'expérience avec mon mari, tout bonnement, où là, un... Avec lui, on s'est dit, mais ce n'est pas possible. Des professionnels, il y en a, ils existent. Mais par contre, ils manquent vraiment ce lien, cette coordination à l'extérieur de l'hôpital entre deux consultations. Et ça, pour nous, ce n'était plus possible aujourd'hui de laisser les gens, les femmes, dans une situation pareille.
- Speaker #0
On trouve énormément d'informations sur Internet. Pourtant, beaucoup de femmes disent qu'elles sont perdues.
- Speaker #1
Alors le problème, ce n'est pas tant le manque d'informations en lui-même, c'est qu'il y a des informations partout. Et quelque part, le premier réflexe, c'est que si on est humain, on va regarder sur Internet et Internet répond à tout et parfois à rien. Parce qu'en effet, des fois, ça ne nous concerne peut-être pas. Pas ce type de cancer-là. Donc ça crée de la désinformation. énormément de stress, en fait. Et quand on vient d'apprendre un cancer, on n'a ni l'énergie, ni le recul, en fait, pour trier toutes ces informations-là. Et donc, ce dont elles ont besoin, c'est d'un endroit rassurant où elles savent qu'elles peuvent commencer leur recherche en toute confiance. Et c'est là, quelque part, qu'on intervient. C'est de créer cet écosystème sécurisé. où elles pourront effectivement trouver des informations vérifiées et surtout reprendre la main sur leur parcours de soins.
- Speaker #0
Quand on est malade, on cherche souvent un psychologue, un kiné, un nutritionniste, un socio-esthéticien. Mais pourquoi est-ce si difficile de savoir à qui faire confiance ?
- Speaker #1
Alors oui, pendant un cancer, choisir un professionnel, ça devient presque une responsabilité parce qu'on n'a pas envie de... perdre du temps, on n'a pas envie de tomber sur quelqu'un qui ne comprend pas la maladie, on n'a pas envie de raconter son histoire 15 000 fois. Et donc, cette peur, elle devient complètement légitime, d'autant que malheureusement, aujourd'hui, on retrouve notamment sur Internet, sur les réseaux, des professionnels peu scrupuleux et qui sont en totale dérive thérapeutique. Et ça, il faut être extrêmement vigilante parce que Merci. Les conséquences peuvent être catastrophiques. C'est une mise en danger des patientes qui sont vulnérables et certains professionnels en profitent. Et ça, c'est juste terrible. C'est pour ça que cette peur est légitime et que ce choix est une vraie responsabilité.
- Speaker #0
Comment fonctionne concrètement l'application ? Si une femme vient d'apprendre son cancer aujourd'hui, que peut-elle y trouver ?
- Speaker #1
En ouvrant un réseau rose, une femme va pouvoir trouver des professionnels référencés euh qui seront géolocalisées, selon la localisation, mais aussi en fonction de ses besoins. Et surtout, ces professionnels sont référencés d'une manière très structurée et très rigoureuse. Elle va pouvoir y découvrir des métiers qu'elle ne connaissait parfois même pas. et qui pour autant ont leur intérêt dans le parcours de soins, elles peuvent reprendre un peu de pouvoir sur leur parcours. Parce que bien souvent, pendant le protocole médical, on perd complètement la main sur soi, sur notre santé, puisqu'on fait confiance et heureusement au corps médical, on se laisse porter par les soins et les rendez-vous. Donc on perd un peu la main sur sa vie. et là... effectivement on intervient pour leur redonner un petit peu de pouvoir sur ce parcours donc l'idée est assez simple c'est lui faire déjà gagner du temps économiser de l'énergie qu'elle n'a parfois pas et de lui permettre d'avancer avec davantage de sérénité et de sécurité pour pouvoir pourquoi pas intervenir sur des effets secondaires, sur de la reconstruction, sur plein plein de thématiques diverses et variées Merci. Et vraiment en fonction de leurs besoins à l'instant T et aussi de leur personnalité.
- Speaker #0
Alors vous avez choisi de ne référencer que des professionnels répondant à des critères de qualité. Pourquoi ce choix est-il indispensable ?
- Speaker #1
Alors ce choix pour nous est indispensable parce que nous voulions que les femmes puissent chercher en toute confiance. On avait vraiment à cœur de sécuriser tout simplement l'entre-deux consultation. Et c'est pour ça que chaque professionnel suit un processus de référencement structuré et rigoureux. On vérifie chaque élément avec objectivité, chaque parcours des professionnels, les pratiques qui sont déclarées, la volonté aussi de s'inscrire dans cette démarche qui pour nous est éthique et complémentaire au parcours médical. Pour nous, la confiance, ce n'est pas un slogan, ça se construit. Et comme on a pu le voir précédemment, On veut clairement éviter déjà toute dérive thérapeutique, de mise en danger des utilisatrices. Et puis, on veut porter la voix de professionnels qui sont engagés, qui ont un vrai métier, qui ont de vraies formations, de vrais diplômes, etc. Et ça, pour nous, il n'y a pas mieux pour pouvoir justement sécuriser le parcours de ces femmes.
- Speaker #0
Résoros n'est pas seulement une liste de professionnels, c'est aussi une... communauté. Pourquoi est-il important de créer ce sentiment de sororité ?
- Speaker #1
Dès le départ, Julien et moi ne voulions surtout pas créer un simple annuaire. Des annuaires, il en existe plein. Des fois, un simple numéro sirète et puis le professionnel est référencé sans même regarder plus loin sur les compétences, etc. Ce n'est pas du tout ce qu'on recherchait. Derrière chaque recherche, il y a Une femme qui traverse probablement l'une des périodes les plus difficiles de sa vie. Et on voulait vraiment qu'elle ressente qu'elle n'est pas seule, que derrière Réseau Rose, il y a toute une communauté. Il y a toute une communauté qui avance dans la même direction, avec les mêmes valeurs, les mêmes engagements. Et les professionnels qui rejoignent notre réseau nous correspondent totalement. Et ça, c'est vraiment important. Et derrière chaque fiche professionnelle, il y a aussi un être humain. Il y a de la compétence, il y a de l'éthique, il y a un savoir-faire, un savoir-être. Il y a vraiment beaucoup, beaucoup de choses en fait. Et ça, nous avions vraiment à cœur de le porter.
- Speaker #0
On oublie souvent les conjoints, les parents, les enfants.
- Speaker #1
Les proches aidants ont toute leur place parce que quand une femme est malade, c'est toute une famille qui est impactée. Les aidants portent énormément, ils veulent bien faire. ne savent pas toujours comment s'y prendre, n'ont pas toujours les bons mots non plus. Ils sont complètement démunis, face à la maladie, impuissants. Donc les accompagner, c'est aussi prendre soin de la personne malade. Et ça, c'est très important que les proches aidants puissent eux-mêmes trouver dans le réseau un soutien avec des professionnels qui auront la compétence aussi pour les accompagner.
- Speaker #0
Alors depuis la création de Réseau Rose, quels sont les témoignages ? qui vous ont le plus marquée ?
- Speaker #1
Une histoire qui ne me quitte vraiment jamais, c'est que j'ai accompagné une jeune femme il y a quelques années de ça, qui avait sensiblement mon âge. Elle était venue dans le cadre de sa prothèse mammaire et sa lingerie, avec sa maman. C'était assez terrible parce que son cancer s'est déclenché pendant sa grossesse. Elle n'avait pas pu entamer un protocole de soins parce que trop de risques pour bébé et elle n'avait pas pu profiter de la naissance de sa petite fille puisque dès l'accouchement, elle a été conduite au bloc pour l'ablation de son sein, pour commencer déjà tout de suite ce protocole assez lourd, chimiothérapie, radiothérapie, etc. Et c'est vrai que ça m'a toujours touchée parce qu'elle était en cabine, elle était complètement perdue, elle ne savait pas, elle allait perdre ses cheveux, c'était traumatisant en fait. Et elle ne savait pas vers qui s'orienter, ce qui existait comme solution pour essayer de cacher un petit peu la perte des cils, des sourcils, des cheveux. C'était assez terrible et c'est vrai que ça m'a toujours profondément marquée. Déjà à l'époque, je me disais, mais ce n'est pas possible. Pourquoi il n'existe pas un réseau où tous les professionnels seraient présents justement pour accompagner ces femmes ? Voilà, c'est vraiment l'histoire qui ne me quitte pas.
- Speaker #0
En échangeant avec autant de femmes, quels besoins reviennent sans cesse alors qu'ils sont encore trop peu entendus ?
- Speaker #1
Les femmes nous parlent beaucoup, beaucoup de la fatigue. Ça, c'est le numéro un, de pouvoir trouver des outils pour les aider un petit peu, pour lutter contre cette fatigue écrasante. Mais il y a aussi beaucoup l'image, la féminité et le couple. Ce sont trois thématiques qui reviennent aussi beaucoup, parce que pour la plupart, elles ont effectivement une vie de famille, une vie amoureuse. Et on se retrouve parfois avec un corps qu'on ne reconnaît plus, qui est couvert de cicatrices, mais qui en même temps raconte aussi notre histoire. Et donc, d'avoir effectivement accès à des professionnels pour redonner confiance en soi, pour se reconstruire aussi psychologiquement, parce qu'il s'agit d'un trauma, clairement, dès l'annonce de la maladie. Et puis, la sexualité, je veux dire, c'est des sujets qui sont encore un peu trop tabous, je trouve. Et puis, il y a le retour au travail. Alors ça, le retour au travail, on en parle trop peu. Mais il y a des femmes qui, malheureusement, se voient contraintes de changer de travail parce qu'elles ne peuvent plus, à cause de la maladie, exercer comme avant. Il y en a d'autres qui doivent adapter leur... Poste actuel, et ce n'est pas toujours bien perçu par les employeurs, il y en a d'autres qui perdent leur emploi à cause de la maladie. Julien en a fait les frais et c'est terrible en fait, parce que c'est la double peine. On est malade, ça nous tombe dessus, on est obligé de faire avec, de lutter contre ça, de guérir, de s'en sortir. Et puis en plus, de chercher un nouveau travail parce qu'on est mis à la porte. Voilà, donc les difficultés financières, tout ce qui peut derrière s'en suivre. Et puis il y a aussi la peur de la récidive. La peur de la récidive qui ne lâche pas en fait, parce que, heureusement d'ailleurs, il y a des points de contrôle. Et à chaque fois que ces contrôles arrivent, c'est juste un énorme coup de stress. Et puis la moindre alerte, la moindre anormalité quelque part est source de stress parce qu'on se dit « oh là là, mince, pourquoi je me sens comme ça aujourd'hui ? Peut-être que… » Et ça, c'est juste terrible de savoir vivre avec ça. Donc c'est pareil, il y a des professionnels qui peuvent les accompagner pour les aider. En tout cas, de toutes ces choses qui ne se voient pas mais qui, quelque part, occupent… beaucoup leur quotidien.
- Speaker #0
On parle beaucoup de chimiothérapie, de radiothérapie ou de chirurgie. Pourquoi est-il aussi important de prendre soin de son moral, de son alimentation, de son corps et de son estime de soi ?
- Speaker #1
Guérir, ce n'est pas seulement traiter une maladie. C'est aussi continuer à vivre, à reprendre confiance, à réapprendre à aimer son corps, à retrouver de l'énergie, sourire à nouveau, profiter des petits plaisirs de la vie. Et donc, Toute cette partie est essentielle et on n'a pas toujours tous les outils. C'est pour ça que d'être accompagné par des professionnels qui vont nous donner des outils pour pouvoir travailler sur tous ces plans, que ce soit sur le soin moral, que ce soit l'alimentation qui est très importante, que ce soit pendant les traitements mais aussi après. Et puis... Retrouver cette confiance, cette estime de soi. C'est vrai qu'on n'a pas toujours l'énergie ni cette boîte à outils. Et c'est là qu'il ne faut pas hésiter à faire appel à quelqu'un pour nous aider.
- Speaker #0
Créer Réseau Rose, est-ce aussi une manière de transformer une épreuve en quelque chose d'utile pour les autres ?
- Speaker #1
Alors, on n'a jamais voulu créer une entreprise pour créer une entreprise. Ça, c'est nul en fait, ça n'a pas de sens et nous, on a besoin de sens. Et donc, on avait envie vraiment que notre vécu, qu'il soit professionnel, personnel, puisse servir à d'autres. et si notre histoire peut rendre le parcours d'une seule femme un peu plus simple. Alors, quelque part, tout le travail qu'on a fait aujourd'hui a du sens. Et pas uniquement pour les femmes, mais aussi pour les professionnels. Parce qu'on se rend compte que les métiers, certains métiers en tout cas, sont trop peu valorisés. Et c'est des professionnels qui restent dans l'ombre. Et c'est pareil, si Résoros peut mettre en lumière Le professionnalisme de certains métiers et l'intérêt de certains métiers pour aider des femmes, c'est pareil, c'est que notre travail aura vraiment du sens et on a vraiment besoin de sens aujourd'hui dans tout ce qu'on entreprend.
- Speaker #0
En quoi la Pauline d'aujourd'hui est-elle différente de celle qui existait avant Réseau Rose ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, très clairement, on regarde la vie différemment. plan personnel comme sur le plan professionnel. On a appris que derrière chaque sourire, il peut y avoir un combat invisible. On a appris aussi qu'une idée, ça ne change rien, que ce sont vraiment les actions qui comptent. Et Réseau Rose est devenu notre manière, quelque part, d'agir et qui, une fois de plus, donne vraiment beaucoup de sens dans nos vies et dans ce qu'on entreprend.
- Speaker #0
Alors si vous pouviez faire évoluer Réseau Rose sans aucune limite, à quoi ressemblerait cette communauté dans dix ans ?
- Speaker #1
Alors notre plus grand rêve, ce serait vraiment que partout en France, aucune femme ne se demande plus jamais vers qui, est-ce que je peux me tourner, est-ce que ce que je ressens c'est légitime, etc. Ça, ce serait vraiment tellement chouette que Réseau Rose devienne un réflexe, un repère même. Un petit cocon pour ces femmes entourées de professionnels engagés, ultra engagés même, à leur côté. Et que ce réseau de confiance soit vraiment reconnu pour sa qualité et son engagement, son accompagnement. Que ce soit déjà par ces femmes, mais par les professionnels partout en France. Mais aussi par les établissements de santé. parce que sans... Toute cette tripartite, ce projet n'a plus de sens. Et pour autant, de remettre au cœur de tout ça les femmes touchées par le cancer, pour nous, c'est ce qui a le plus de sens dans ce projet.
- Speaker #0
Alors si une femme écoute cet épisode et qu'elle vient d'apprendre son cancer, qu'aimeriez-vous lui dire ?
- Speaker #1
Ce que j'aimerais lui dire, c'est... À toi qui viens d'entendre ce diagnostic. D'abord, même si tu te sens profondément seule, parce que c'est légitime, tu n'es pas obligé de tout porter toute seule. Tu as le droit d'avoir peur, mais tu as aussi le droit de demander de l'aide. C'est hyper important. Et de ne pas oublier qu'au-delà de la maladie, il y a toujours une femme. Et que cette femme, elle mérite. d'être accompagné avec toute l'humanité, la bienveillance et l'écoute possible. Que le chemin va être bien plus long qu'on ne l'imagine, qu'il y aura des moments de doute, de fatigue, des obstacles administratifs, des portes qui se fermeront, des gens pas toujours bienveillants, mais aussi des rencontres extraordinaires qui nous redonneront de la force. Je nous dirais aussi de faire confiance à notre famille, parce que Résoros, ce n'est pas seulement le projet de Pauline ou de Julien, c'est tous les deux qui avons cru en cette idée dès le premier jour. Mais c'est aussi celui de nos enfants, qui ont accepté de voir leurs parents consacrer des soirées, des week-ends et des vacances à construire ce projet. Aujourd'hui encore, Ethan nous a rejoints dans cette aventure familiale avec son alternance. C'est beaucoup de fierté de voir cette histoire se transmettre. Désolée, j'ai un petit peu ému. Je nous dirais que certaines des plus belles aventures naissent autour d'une table de cuisine, d'une épreuve partagée et d'une envie commune de transformer quelque chose de douloureux en quelque chose d'utile. Et enfin, je nous dirais de garder cette conviction qui est notre habitude depuis le premier jour. Si nous pouvons rendre le parcours d'une seule femme plus simple, un peu plus humain, alors chaque heure passée, chaque sacrifice et chaque difficulté auront eu un sens. Et ça, c'est profondément important pour nous. Parce qu'au fond, les euros, ce n'est pas seulement une histoire d'application, c'est l'histoire d'une famille qui a choisi de mettre son énergie au service de celle qui traversent l'une des plus grandes épreuves de leur vie, mais aussi de tous ces professionnels qui entreprennent chaque jour en France et qui galèrent aussi, on ne va pas se mentir, et de les porter enfin à la lumière et à leur juste valeur. Voilà.
- Speaker #0
Eh bien, merci beaucoup Pauline d'avoir partagé avec autant de sincérité votre histoire, celle de ton mari Julien, mais aussi celle de votre famille et de Réseau Rose. Tout au long de cet épisode, vous avez parlé en votre nom, mais aussi également au nom de Julien, avec qui vous avez imaginé et construit ce merveilleux projet. Chers auditeurs, comme vous avez pu l'entendre, cette aventure est née d'une épreuve commune de questionnement et de volonté de transformer ce que Pauline et son mari ont traversé en quelque chose d'utile pour les autres. Cet épisode nous rappelle que le cancer ne s'arrête pas aux portes de l'hôpital. Entre deux consultations, il reste la peur, la fatigue, les questions, les bouleversements du corps, du... couple de la vie professionnelle, mais aussi cette solitude invisible que l'on peut ressentir, et bien même lorsque l'on est entouré. Derrière chaque diagnostic, il y a une personne, mais aussi des proches dont la vie bascule avec la maladie, des conjoints, des parents, des enfants qui voudraient aider, mais qui peuvent aussi se sentir démunis, impuissants ou oubliés. À travers Réseau Rose, Pauline et Julien ont choisi de créer un lien entre les femmes touchées par le cancer, leurs proches aidants et des professionnels engagés. Leur histoire nous montre qu'une épreuve douloureuse peut, avec le temps, devenir une force mise au service des autres. Si vous êtes vous-même touché par le cancer, souvenez-vous que vous n'avez pas à tout porter seul. Vous avez le droit d'avoir peur, de vous sentir perdu et de demander de l'aide. Et si vous accompagnez une personne malade, n'oubliez pas que vous avez vous aussi le droit d'être écouté, soutenu et accompagné. Merci à Pauline et à Julien pour leur confiance, pour leur engagement et pour ce projet familial profondément humain, mais également à leurs enfants qui participent à cette aventure à leur manière et qui ont accepté de voir leurs parents consacrer tant de temps et d'énergie à la construction de Réseau Rose. Merci à vous d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. N'hésitez pas à le partager autour de vous, il pourrait permettre à une femme, à un proche aidant ou à une famille de se sentir un peu moins seule. Prenez soin de vous, de votre corps, de vos émotions et de votre histoire. Vous écoutiez Etat d'âme, le podcast au cœur de votre santé, pour toutes les femmes dont le corps et l'esprit ont été bouleversés. A très bientôt pour un nouvel épisode.