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Nice, haut-lieu de la Résistaance française
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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49 episodes
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Les Français parlent aux Français du bout du Monde… Après avoir entendu des compatriotes en Asie et aux Amériques, retour en Europe centrale et orientale. Après la Pologne, la République tchèque.[1] Les témoignages recueillis au fil de ces émissions montrent à l’évidence que les Français qui vivent à l’étranger s’intègrent parfaitement. A l’évidence, nos compatriotes prolongent l’action de la France par leur présence et leur savoir-faire. Chaque rendez-vous sur les ondes est une occasion de découvrir pour les uns – ou de redécouvrir pour les autres – les liens anciens qui peuvent exister entre la France et ces pays d’accueil. Si les relations entre la France et les pays situés au centre de l’Europe ont été particulièrement intenses pendant l’entre-deux guerres, au point de retrouver le niveau qu’ils avaient pu connaître avant 1870, lorsque le rideau de fer est tombé, les relations ont été brutalement interrompues. Ces pays, pourtant slaves, étaient néanmoins orientés vers l’Ouest mais l’URSS a tout fait pour rompre ces liens. Le général de Gaulle, dès 1963, s’est bien attelé à renouer un dialogue, mais il faudra attendre l’effondrement de l’URSS pour que ces pays retrouvent enfin leur indépendance et la possibilité de renouer avec leur passé. François Mitterrand a poursuivi l’action du général de Gaulle en facilitant l’entrée dans la communauté européenne de ces pays leur permettant de s’intégrer rapidement à cette Europe à laquelle ils ont toujours appartenu. Dans la plupart des pays d’Europe centrale et orientale, le sentiment demeure que la politique étrangère française a toujours été « plus déterminée par des facteurs extérieurs à cette région du monde … Les défis adressés à la France sur le plan de sa sécurité nationale, en particulier par l’Allemagne et l’Union soviétique, en constituent les ressorts … En dépit des apparences, la France n’a jamais eu de rapports vraiment étroits, profonds et structurés avec l’Europe du Centre-Est … Les aspects les plus vigoureux et les plus durables de ces relations sont perceptibles sur le plan culturel. Le „rayonnement culturel” de la France jouit toujours d’une grande considération en Europe centrale et orientale … A l’inverse des clichés si souvent évoqués encore de nos jours, les relations entre la France et les pays de l’Europe centrale et orientale ne sont guère déterminées par la tradition mais par des motifs purement politico-stratégiques. La tradition allait dans le sens d’une subordination à la France… »[2] L’étude de Gusztáv D. Kecskés permet de remettre les choses en perspective et aussi de mieux comprendre pourquoi l’Allemagne semble avoir davantage réussi dans ce domaine. De Gaulle et Mitterrand sont bien les seuls présidents français à s’être intéressés à ces pays qui sont devenus des partenaires économiques et politiques au quotidien et dont certains, demain, vont être surpris par le renouveau économique qu’ils ont su mettre en œuvre en moins de 20 ans. Depuis que la France est devenue une puissance moyenne, l’attrait des États-Unis a été très fort, même si la plupart de ces pays sans façade maritime, sans avoir connu d’immigration étrangère, ont toujours cherché à privilégier les échanges en direction de l’Europe. Restent les liens culturels, mais ceux-ci pourraient aussi décliner comme cela a été le cas dans d’autres pays y compris, francophones. Avec Joël et Jana Bros, nous allons découvrir la Moravie, l’une des plus belles régions d’Europe, encore très mal connue des Français et pourtant si accueillante. En République tchèque, Prague et la Bohème semblent plus attirer les touristes que la Moravie ou la Silésie. Deux provinces qui gagnent à être mieux connues. Joël Bros après avoir été militaire et diplomate à Prague et à Bratislava a travaillé dans une seconde vie dans tous les pays d’Europe de l’Est. Il parle russe, polonais, tchèque et slovaque, en plus de l’allemand et de l’anglais. Son épouse, universitaire, est professeur de Français. Chanter fait aussi partie de leur vie pour la plus grande joie des Tchèques ou des Slovaques. Le regard qu’ils portent sur cette histoire commune mérite d’être médité et partagé. Vu l’intérêt suscité, deux émissions suivront, une pour compléter la première, déjà très riche, la seconde pour parler de la Slovaquie et pour évoquer plus en détail deux magnifiques pages d’histoire commune avec la France : Milan Rastislav Štefánik pendant la Première Guerre Mondiale et le Bataillon Foch qui a pris une part active au soulèvement national slovaque lors de la Seconde Guerre Mondiale. Joël-François Dumont [1] Entretien avec le président de l’UFE (https://ufe-berlin.com/2021/04/27/defendre-les-francais-de-letranger/), l’ambassadeur François Barry Delongchamps [2] Étude publiée à Budapest : « Franciaország Kelet-Közép-Európa politikája 1918-tól napjainkig (La politique étrangère de la France envers l’Europe du Centre-Est de 1918 à nos jours) in Grotius, revue scientifique de l’Institut d’études internationales de l’Université Corvinus de Budapest (2009).
1h02 | Published on July 2, 2021


Les Français viennent de voter. Le résultat est un désastre pour le pouvoir en place. Après le vide imaginé par le général de Gaulle, l’heure du trop-plein serait-elle venue ? Comment ne pas établir de parallèle dans un pays qui vit aujourd’hui une crise de confiance sans précédent ? Pour mémoire, en mai 1958, la IVe République agonise et meurt en quelques semaines dans l’indifférence générale. Le régime parlementaire instauré en octobre 1946 est discrédité dans l’opinion. Entre une guerre en Algérie qui n’en finit pas et des gouvernements successifs qui témoignent d’une impuissance inédite, secoués par des scandales en série, le spectre de la guerre civile menace. Le président de la République, René Coty, n’a pratiquement aucun pouvoir autre que représentatif. Le pouvoir politique est à Matignon entre les mains du président du Conseil. Pour trouver une issue à une crise politique sans précédent depuis la fin de la guerre et remettre le pays sur les rails, le président de la République demande au général de Gaulle de former un gouvernement. En 5 mois, le général réussit un premier tour de force en dotant le pays d’institutions comme celles qu’il avait pu suggérer dans son discours de Bayeux le 16 juin 1946. Le 4 octobre 1958, une nouvelle Constitution est adoptée. Elle se caractérise par un pouvoir exécutif fort, une stabilité gouvernementale inédite et la création d’une justice constitutionnelle. Le président acquiert une autonomie par rapport aux assemblées. En 1962, après une révision constitutionnelle, le président de la République sera élu au suffrage universel pour 7 ans. A l’intérieur le nouveau pouvoir s’installe. Le général qui préside un Conseil de ministres de choc s’attaque au renouveau économique du pays en lançant une politique de grands travaux, de modernisation et d’industrialisation sans précédent, non sans avoir, auparavant, réussi à rétablir la stabilité de sa monnaie. Ce sera la première grande rupture avec « le régime des partis ». Sur le plan militaire, ce sera une deuxième grande rupture. Le général de Gaulle va créer une force de dissuasion nucléaire et retirer la France du commandement militaire de l'OTAN. Plus jamais la France ne pourra impunément être envahie comme elle l’avait été. La France entend désormais être maître de son destin. Avec ces deux ruptures, la « politique de grandeur » de la France prend rapidement forme : à l’intérieur, avec la création d’un État-stratège et planificateur. A l’extérieur, avec l’adaptation et l’alignement par la France, pour la première fois de son histoire, de sa politique de défense sur sa politique étrangère. La France parle désormais d’une seule voix. Après avoir posé le « socle » – la constitution de 1958 et les Institutions – en 1960, le général de Gaulle lance la décolonisation de l'Afrique noire tout en y maintenant l'influence française en créant une « Communauté française ». Il renoncera à l'Algérie française malgré l'opposition des pieds-noirs et des militaires, qui avaient pourtant favorisé son retour au pouvoir. En 1962, il mettra fin à la guerre d’Algérie, une guerre qui n’avait que trop duré et l’Algérie deviendra indépendante. La page de la décolonisation est tournée. En politique étrangère, le général de Gaulle a, enfin, les mains libres et entend défendre « l'indépendance nationale », préconisant une « Europe des nations » qui irait « de l'Atlantique à l'Oural » tandis qu’avec le Chancelier Adenauer, il poursuit une très active réconciliation franco-allemande. Il amorce en Europe une rupture avec le fédéralisme européen. Après avoir maintes fois condamné le partage du monde organisé – sans la France – à Yalta, le général opposera un veto à l'entrée du Royaume-Uni dans la Communauté européenne, soutiendra le « Québec libre », condamnera la guerre du Viêt Nam et reconnaîtra la Chine communiste. Voilà très brièvement résumées les grandes lignes de sa politique étrangère. L’objectif poursuivi inlassablement par le général de Gaulle étant que la France retrouve son « rang ». Mais ce que l’on oublie de dire – ou ce que l’on connait beaucoup moins –, c’est que le général de Gaulle souhaitait retrouver la qualité des relations qui existaient, avant 1940, avec les pays situés en Europe derrière le rideau de fer, avec des pays d’Asie et avec les pays d’Amérique latine qui avaient été les premiers avec les Africains à soutenir l’homme du 18 juin. Il ne saurait y avoir de chasses gardées américaine ou soviétique. Après la détente, l’heure est à la « coopération ». L’un de ceux qui a le mieux compris cette politique étrangère, c’est un journaliste. Michel Anfrol est de ceux qui vont marquer cette époque qui restera dans l’esprit des Français synonyme d’un véritable renouveau. Après des études brillantes sanctionnées par deux doctorats, Michel Anfrol est polyglotte : il parle anglais, italien, espagnol, portugais, serbo-croate et russe. Le jeune garçon qui avait vu, aux côtés de son père, la Wehrmacht défiler sur les Champs-Élysées, sera présent sur les Champs-Élysées lors de la Libération de Paris et apercevra le général de Gaulle. « A ce moment-là fut scellé le pacte de fidélité qui allait le lier jusqu’au bout à celui qui rétablit la République et la démocratie, qui, par deux fois assura la résurrection du pays ».[1] « Le général » deviendra son idole, ce qui ne l’empêchera pas de rester critique, car journaliste scrupuleux, Michel Anfrol ne pratiquera jamais la langue de bois. Si « les faits étaient sacrés, les commentaires étaient libres ». Après avoir occupé pendant plus de 15 ans divers postes d’Envoyé spécial permanent et de correspondant à Washington, à Rome et en Amérique latine, pour l'ORTF et TF1, une fois à la retraite, Michel Anfrol va devenir bénévole et se partager entre la Fondation Charles de Gaulle où il créé « l’Association des Amis de la Fondation » et Radio Latina où, chaque samedi matin, il célèbre la musique latino-américaine, le tango notamment. Grand spécialiste des Amériques, Michel Anfrol a vécu comme un drame personnel la perte de l’influence française en Amérique latine où il comptait de nombreux amis. Pour participer à cette 6e émission sur les ondes de la Voix du Béarn, une semaine après avoir parlé du Chili avec Aude Argouse, Jean-Michel Poulot et Joël-François Dumont avaient prévu d’inviter trois personnes : Julien Brando, philosophe et écrivain. Avec son épouse Hélène qu’il a connue Rue de Solférino à la Fondation Charles de Gaulle. Le mauvais temps régnant en Normandie allié à la médiocrité de notre infrastructure Internet dès que l’on sort des grandes villes a empêché Julien de participer à cette émission, mais le sujet étant loin d’être épuisé, on le retrouvera bientôt. Christian Paris que les auditeurs de la Voix du Béarn et Radio Hexagone connaissent bien. Ancien commandant de bord à Air France, il nous a fait découvrir deux de ses grands amis : Jean Billaud, un ancien de la France Libre qui restera un fidèle du général de Gaulle, à qui Christian Paris a consacré un livre magnifique et, plus récemment un autre homme d’exception, le père Pedro Opeka, qui a créé 18 villages en Afrique et sauvé de la misère 400.000 jeunes malgaches en 20 ans… Enfin, un confrère béarnais qui a été dans le monde entier, Gilles Brochard. Son père, chef de cabinet de Maurice Couve de Murville, a été au cœur de la diplomatie gaulliste avant de devenir président de l’Union des Français de l’étranger Monde. Auteur de plusieurs livres de référence, Gilles Brochard était lui aussi un fidèle ami de Michel Anfrol qui nous a quitté il y a deux ans. Sa voix, son rire communicatif, son sens de l’humour resteront gravés dans bien des mémoires, sans parler des confrères qu’il a secourus en créant un fonds d’entraide pour la profession. Joël-François Dumont [1] Extrait de la préface d’Angelo Rinaldi de l’Académie française du « livre d’entretiens avec Michel Anfrol », publié par Hélène et Julien Brando dans la collection « Regain de lecture » aux Éditions Corsaires.
1h03 | Published on June 20, 2021


Pour cette cinquième émission « Les Français parlent aux Français du bout du monde » diffusée par La voix du Béarn et rediffusée sur Internet, notamment par Radio Hexagone. Après les États-Unis, la Pologne, l’Allemagne, Hong Kong et la Belgique, cette nouvelle heure consacrée aux « Français du bout du monde » était consacrée au Chili. Un pays dont le drapeau est bleu, blanc, rouge, et dont une partie de l’histoire est plus liée à des Français qu’elle ne l’a été avec la France. Le seul président de la République française à s’être intéressé à l’Amérique latine, c’est le Général de Gaulle où il a effectué une tournée triomphale du 21 septembre au 16 octobre 1964. Le 1er octobre 1964, le général, venant de Bolivie par la mer accoste à Valparaiso, après une traversée à bord du Colbert, le croiseur le plus moderne de la Marine nationale. Sur les quais il est accueilli dans le plus grand port d’Amérique latine par le président Jorge Alessandri et salué avec enthousiasme par la foule de Valparaiso avant d'être acclamé par celle de Santiago du Chili, la capitale. Depuis le 19e siècle, une longue tradition d’amitié et de bonnes relations existe entre les deux pays. Au cours d’un périple de trois jours, au-delà des échanges économiques, le général de Gaulle souhaite développer les échanges techniques et culturels avec « des pays avec lesquels nous avons beaucoup en commun ». Il prononce à cet effet un discours à l’Université de Santiago où il se déclare en faveur d’un « resserrement des liens » entre cadres français et chiliens : « Dans ces domaines, dont tout dépend, peut et doit, me semble-t-il, s'établir entre les cadres chiliens et les cadres français un accord plus étroit aujourd'hui. Certes, les affinités amicales qui existent entre nos deux peuples y trouveraient leur compte. Certes, l'avantage pratique en serait grand, mais aussi, pourquoi ne pas le dire : cet effort délibérément organisé en commun entre nos deux républiques, l'une d'Europe et l'autre d'Amérique Latine, serait un exemple entraînant, et un changement important dans l'actuelle conjoncture internationale.» Le moins que l’on puisse dire est qu’aucun autre président français ne s’est jamais intéressé à l’Amérique latine, avant lui comme après lui. Certains, même, trouvant que les relations culturelles étaient de trop haut niveau ont mis des bâtons dans les roues (lois Pasqua, circulaire Guéant) de tous ces universitaires sud-américains pour qui la Sorbonne était depuis des générations un des hauts-lieux culturels du monde. Les intellectuels français aiment l’Amérique latine. C’est un fait. Certains même vont y consacrer leur vie. Qui mieux donc qu’une universitaire française pouvait nous parler du Chili ? Aude Argouse est polyglotte. Elle a beaucoup voyagé de par le monde, mais l’Amérique latine, c’est sa passion. Après un an au Pérou au début des années 2000, pays dont la gastronomie est une des plus renommées qui soit, elle est depuis 9 ans au Chili, où elle enseigne l'histoire du droit à l’Université du Chili. Elle est également co-éditrice d'une revue électronique, Revista Historia y Justicia (https://journals.openedition.org/rhj/), et co-fondatrice de Acto (https://www.actoeditores.com/) Editores (https://www.actoeditores.com/), une petite maison d'édition indépendante. Licenciée en Droit à, Paris II, et après un doctorat d’histoire des civilisations (EHESS), elle dépose ses valises en Amérique latine et voue sa carrière à l'histoire des notaires et du papier. Elle découvre au fil des ans la « lointaineté » de ce pays, « le plus austral du monde ». La pandémie la verra, comme tant d’autres, coupée de cette France où elle a encore ses parents et ses amis. Comme beaucoup d’expatriés, il lui sera interdit de rentrer en France. Elle sera pendant de longs mois confrontée à une gestion ubuesque de la pandémie en France par des politiciens se revendiquant fièrement d’être des « amateurs ». Sans information pratique, isolée, livrée à une ambassade déconnectée de ses ressortissants malgré des fonctionnaires de qualité, des moyens consulaires quasi inexistants, elle se sentira comme des centaines de milliers d’expatriés ! « Ignorée », voire « punie » pour habiter un pays étranger, où elle n’est là que pour diffuser et faire partager l’amour d’une culture qui se veut universelle. Quelle image ont les Chiliens de la France ? Un Français peut-il s’intégrer au Chili ? Autant de questions auxquelles Aude Argouse répond. De quoi découvrir, pour les uns, approfondir pour les autres, notre connaissance du rayonnement français dans le monde. Photo (https://derecho.uahurtado.cl/web2021/wp-content/uploads/2020/03/aude-argouse-233x300.jpg) © Uahurtado.cl
1h04 | Published on June 15, 2021


Deux semaines avant la première rencontre Biden-Poutine, il nous a paru intéressant de nous interroger sur deux graves questions. Pour chercher à comprendre, tout d’abord, quel avantage politique le président Joë Biden pouvait bien rechercher en rencontrant aussi rapidement Vladimir Poutine qu’il qualifiait, il y a encore peu, d’« assassin » ! Ensuite de voir comment lutter efficacement contre les opérations de subversion menées dans la durée par les services russes pour saper nos systèmes démocratiques. Quels sont les risques de ce sommet ? Le but de Moscou est de donner l'impression que les États-Unis vont abandonner l'Europe en échange d'une neutralité russe en cas de conflit sino-américain, afin de convaincre les Européens qu'il n'y a pas d'alternative à l'hégémonie russe. Washington entend restaurer la relation germano-américaine sur laquelle le président Bush avait fondé sa politique européenne à partir de 1989, en s'appuyant sur une Allemagne dirigée par les Verts, alors que Moscou entend, elle, la fonder sur la CDU, le SPD ayant plus ou moins disparu des écrans-radars pour avoir, comme en France, abandonné le social pour le sociétal. Pour en débattre, dans ce 4e numéro de l’émission « Les Français parlent aux Français du bout du Monde », Jean-Michel Poulot et Joël-François Dumont ont invité sur La Voix du Béarn et Radio Hexagone, deux historiens de renom : une Française, l'historienne Françoise Thom, auteur d’ouvrages de référence sur l’URSS et la Russie, maître de conférences émérite d’Histoire contemporaine de la Russie à la Sorbonne, et Jerzy Targalski, un Polonais, docteur en histoire, qui est un des meilleurs spécialistes occidentaux des services de renseignement soviétiques et russes, qui a vécu, notamment, 14 ans en exil à Paris. Le deuxième sujet est de comprendre les causes de cette guerre psycho-politique permanente que poursuit le Kremlin contre l’Occident et d'en montrer les similarités et aussi les différences si on la compare à celle menée pendant la guerre froide. Sur ce sommet improvisé à la va vite, il y a au moins une certitude : deux pays ont, sinon tout ou le plus à perdre dans cet échange où, le grand risque, pour arriver à un résultat minimum, serait d’aboutir dans les faits à un nouveau Yalta sans même, côté occidental, l’avoir ni vraiment voulu ni même imaginé. Les Russes, eux ont de la suite dans leurs idées de conquête. Pour des raisons diamétralement opposées, Washington entend baser, demain, sa politique européenne sur une Allemagne dirigée par les Verts, alors que Moscou entend, elle, la fonder sur la CDU, le SPD ayant plus ou moins disparu des écrans-radars pour avoir, comme en France, abandonné le social pour le sociétal. Pour en débattre, dans ce 4e numéro de l’émission « Les Français parlent aux Français du bout du Monde », Jean-Michel Poulot et Joël-François Dumont ont invité sur La Voix du Béarn et Radio Hexagone, deux historiens de renom : une Française, le professeur Françoise Thom, soviétologue, auteur d’ouvrages de référence sur l’URSS et la Russie, professeur d’Histoire contemporaine de la Russie à la Sorbonne, et Jerzy Targalski, un Polonais, docteur en histoire, qui est un des meilleurs spécialistes occidentaux des services de renseignement soviétiques et russes, qui a vécu, notamment, 14 ans en exil forcé à Paris. Le deuxième sujet est de comprendre le pourquoi de cette guerre psycho-politique permanente que poursuit le Kremlin contre l’Occident et de voir d'en montrer les similarités et aussi les différences si on la compare à celle menée pendant la guerre froide. Dans les années 1982-1985, l’Occident a eu à affronter une désinformation mise en œuvre par le Service A du KGB. Inaugurée pourtant dès 1928 par le NKVD. Cette politique a été une des constantes de l’URSS pour miner et détruire de l’intérieur des pays qu’elle ne pouvait pas soumettre directement. 30 ans plus tard, avec l’apparition d’Internet et le développement de réseaux sociaux, on peut parler d’une véritable guerre psychologique, dépassant largement la propagande classique. Face à cette patiente et persévérante entreprise de subversion, on attend toujours une réaction… Pour le moment, l’Europe a timidement inscrit dans ses priorités affichées ce combat dans lequel, pour l’heure, au Parlement européen, seul les députés polonais, estoniens et tchèques sont véritablement offensifs. A l’image de ce qui se fait dans ces trois pays qui, eux, ont pris toute la mesure de cette menace.
1h00 | Published on June 6, 2021


L’invité de la Voix du Béarn et de Radio Hexagone est un homme d’Église, un homme d’exception qui a sauvé des dizaines de milliers d’enfants, rejetés par la société, des familles entières, à Madagascar chaque année. « Du berceau au cimetière », plus de 500.000 personnes ont été secourues entre 1975 et 2021 ! Un lieu d’exclusion, de souffrance, de violence et de mort transformé à 60 kilomètres de la capitale malgache en un oasis d’espérance par la volonté d’un homme, le père Pedro Opeka. Le pape François est allé rendre visite, en septembre 2019, au père Pedro, son condisciple argentin d’origine slovène. « A Akamasoa, l’extrême pauvreté a été éradiquée par la foi, le travail, la scolarisation, par le respect mutuel et la discipline. Ici, tout le monde travaille ! » Un exemple, sans doute, unique au monde, d’une réussite qui force l’admiration et qui nous invite à méditer à la fois sur le sens des mots et bien sûr le sens d’une vie pour tout être humain. Sans oublier de chercher à comprendre cette « absence de sensibilité sociale des dirigeants qui ont oublié et tourné le dos aux peuples qui les ont élus ». Une émission de Jean-Michel Poulot, Christian Paris qui est allé plusieurs fois sur place et Joël-François Dumont face à un homme, six fois nominé pour le prix Nobel de la Paix. L’année dernière, Akamasoa n’a pas de chance : l’Amérique avait prévu de faire attribuer ce prix symbolique à… Donald Trump ! Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
49min | Published on May 31, 2021


Tous les pays de l'Europe du Nord, de l'Est et du Sud jusqu'au Bosphore sont en alerte depuis la mobilisation aux frontières de l'Ukraine d'une force russe de 500.000 soldats, officiellement en manœuvre. A cela s'ajoute la mise en place d'un nouveau dispositif de 150.000 hommes, puissamment armés, avec pour objectif évident de replacer dans le giron russe l'Ukraine qui pensait pouvoir s'émanciper de la tutelle post-soviétique en rejoignant l'Europe et l'OTAN. Le Kremlin a déjà prévu un Gauleiter pour l'Ukraine et les grandes lignes de sa politique d'occupation de l'Ukraine ont déjà été formulées dans un article remarqué, publié par RIA Novosti: destruction des élites nationales sous couleur de "dénazification", démantèlement de l'État ukrainien sous couleur de "fédéralisation", règne de la terreur avec rétablissement de la peine de mort. Vladimir Poutine dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit. On devrait un jour - avant qu'il ne soit trop tard - finir par s'en rendre compte. Les Européens font semblant de croire qu'il s'agit d'un bluff. Cette menace n'est donc pas prise au sérieux et la seule réaction de Paris et de Berlin est de chercher un compromis en menaçant Moscou de vagues sanctions, comme ce fut le cas pour Alexexeï Navaltny. Le président Ukrainien, Volodymyr Zelensky, est venu à Paris le 17 avril pour y rechercher l'appui de la France et de l'Allemagne, co-signataires des accords de Minsk. Rappelons qu’en 1994, son pays a renoncé à son potentiel nucléaire en signant à la demande des Occidentaux le protocole de Budapest, rendant à Moscou l’armement nucléaire dont il disposait, en échange d'une garantie de sécurité des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la Russie et de la France qui se sont engagées à respecter et faire respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Il est reparti de Paris les mains vides. Une attitude commentée, on peut s’en douter dans tous les pays qui se sentent directement menacés et qui ne croient déjà plus en cette Europe qui les abandonne pour s'en remettre désormais aux États-Unis et à l'OTAN. Le président Trump, de par son attitude pour le moins désinvolte et une absence de vision en politique étrangère, n'a rien fait pendant sa présidence pour consolider le lien transatlantique. On sait ce qui est arrivé à ceux de ses conseillers qui l'ont mis en garde... Son successeur, Joe Biden, a pour lui d'avoir déjà vécu comme vice-président de telles situations, et, surtout, d'être entouré d'hommes d'expérience. C'est le cas d'Anthony Blinken, le nouveau Secrétaire d'État qui avait déjà été l'un des conseillers à la sécurité nationale du président Bill Clinton. Comme le rappelle Françoise Thom le 19 avril au cours de cette émission sur la Voix du Béarn, Vladimir Poutine devrait s'exprimer le 21 avril et a convoqué pour le 23 le Conseil de la fédération de Russie. Les seuls pays - pour le moment - qui sont montés au créneau sont la République Tchèque, après les Pays Baltes, la Pologne, la Slovaquie et la Turquie d'Erdogan qui a même été encore beaucoup plus loin... Au-delà du sort funeste qui menace l'Ukraine et ses habitants, une fois de plus, l'Europe se montre incapable de réagir et de faire front alors qu'elle est très directement menacée. A force d'être pétrie dans ses contradictions, elle est toujours installée dans cette pusillanimité que regrettait déjà Françoise Thom dans une tribune publiée en 2008 (https://www.lemonde.fr/idees/article/2008/08/20/pusillanimite-occidentale-face-a-la-russie-par-francoise-thom_1085832_3232.html) par le journal le Monde lors de l'invasion de la Géorgie. Cela rappelle Munich, à une différence près. Au moins, à l'époque, chacun comprenait les risques à venir d'une grande guerre avec l'Allemagne. Comment ne pas se souvenir de ces mots prophétiques tenus par Winston Churchill à la Chambre des Communes : « Vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre.» (« The government had to choose between war and shame. They chose shame. They will get war too.» Propos réitérés dans une Lettre de Churchill à Lord Moyne, en date du 13 septembre 1938 : « En raison de la négligence de nos défenses et de la mauvaise gestion du problème allemand au cours des cinq dernières années, il semble que nous soyons très près du choix sombre entre Guerre et Déshonneur. Mon sentiment est que nous choisirons le déshonneur, puis que la guerre sera déclarée un peu plus tard dans des conditions plus défavorables qu'actuellement » (« Owing to the neglect of our defences and the mishandling of the German problem in the last five years, we seem to be very near the bleak choice between War and Shame. My feeling is that we shall choose Shame, and then have War thrown in a little later on even more adverse terms than at present.») Françoise Thom, agrégée de Russe, est historienne de formation, maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Paris-IV-Sorbonne. Elle est également l'auteur de plusieurs livres de référence sur l'URSS et la Russie de Gorbatchev à Poutine.
47min | Published on April 19, 2021


Envoyé spécial permanent de Radio France à Bruxelles dès 1976 et correspondant au Benelux et en Scandinavie, Quentin Dickinson est Monsieur Europe à France-Inter à l'occasion des premières élections du Parlement européen au suffrage universel direct. Autre première l'année suivante, il devient le premier rédacteur-en-chef de Fréquence Nord (aujourd'hui France-Bleu Nord) à Lille. Nommé au siège à Paris en 1981 en tant que chargé de mission auprès du directeur de l'Information, il devient ensuite délégué aux Opérations exceptionnelles. A l'issue d'un retour à Bruxelles, il prend les fonctions de chef de cabinet du Président-directeur général de Radio France (M. Roland Faure), et fera partie de l'équipe créatrice de France-Info. Par la suite conseiller spécial du p.-d.g. (M. Jean-Marie Cavada), il est nommé directeur des Affaires européennes, en poste à Bruxelles, et directeur du Bureau commun de Radio France et de Radio France Internationale dans cette ville. Lauréat de plusieurs prix venant récompenser son activité professionnelle, il est auditeur à l'IHEDN et maître de conférences à l'ÉNA. Juriste de formation, il est aussi un spécialiste de l'histoire politique contemporaine en Europe. Invité de la Voix du Béarn, il nous parle de son métier, de la radio et des médias, et se livrera à une analyse du Brexit qui gagne à être entendue. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
1h29 | Published on March 8, 2021


Sur la Voix du Béarn les professeurs Françoise Thom et Patrick Moreau analysent la période de grande instabilité dans laquelle nous vivons, une ère généralement propice à une plus ou moins vaste recomposition des systèmes politiques et même des systèmes d'alliance. Avec Françoise Thom, on parlera des trois grands projets de politique étrangère de Vladimir Poutine qui fait aujourd'hui face à une situation inédite en Russie où le pouvoir central a été désacralisé par un dissident charismatique, Alexeï Navalny. Avec Patrick Moreau, on évoquera la succession en Allemagne de la chancelière Angela Merkel, succession actée pour septembre prochain, après seize années d'un règne qui sera marqué par une rare stabilité politique. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
59min | Published on March 6, 2021


Patrick Moreau, Chercheur au CNRS et professeur d’Université en Allemagne et en France analyse le système politique allemand en mutation après la désignation au congrès de la CDU d'Armin Laschet à la tête de la CDU. Une désignation accueillie avec enthousiasme par les media russes. Le professeur Françoise THOM, historienne de formation, professeur agrégée de Russe, qui a enseigné à la Sorbonne pendant de longues années, auteur de « Comprendre le poutinisme » analyse la politique de Moscou à l’égard des pays européens… Entretien diffusé sur la Voix du Béarn avec Jean-Michel Poulot et Joël-François Dumont. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
1h01 | Published on March 2, 2021
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49 episodes
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Les Français parlent aux Français du bout du Monde… Après avoir entendu des compatriotes en Asie et aux Amériques, retour en Europe centrale et orientale. Après la Pologne, la République tchèque.[1] Les témoignages recueillis au fil de ces émissions montrent à l’évidence que les Français qui vivent à l’étranger s’intègrent parfaitement. A l’évidence, nos compatriotes prolongent l’action de la France par leur présence et leur savoir-faire. Chaque rendez-vous sur les ondes est une occasion de découvrir pour les uns – ou de redécouvrir pour les autres – les liens anciens qui peuvent exister entre la France et ces pays d’accueil. Si les relations entre la France et les pays situés au centre de l’Europe ont été particulièrement intenses pendant l’entre-deux guerres, au point de retrouver le niveau qu’ils avaient pu connaître avant 1870, lorsque le rideau de fer est tombé, les relations ont été brutalement interrompues. Ces pays, pourtant slaves, étaient néanmoins orientés vers l’Ouest mais l’URSS a tout fait pour rompre ces liens. Le général de Gaulle, dès 1963, s’est bien attelé à renouer un dialogue, mais il faudra attendre l’effondrement de l’URSS pour que ces pays retrouvent enfin leur indépendance et la possibilité de renouer avec leur passé. François Mitterrand a poursuivi l’action du général de Gaulle en facilitant l’entrée dans la communauté européenne de ces pays leur permettant de s’intégrer rapidement à cette Europe à laquelle ils ont toujours appartenu. Dans la plupart des pays d’Europe centrale et orientale, le sentiment demeure que la politique étrangère française a toujours été « plus déterminée par des facteurs extérieurs à cette région du monde … Les défis adressés à la France sur le plan de sa sécurité nationale, en particulier par l’Allemagne et l’Union soviétique, en constituent les ressorts … En dépit des apparences, la France n’a jamais eu de rapports vraiment étroits, profonds et structurés avec l’Europe du Centre-Est … Les aspects les plus vigoureux et les plus durables de ces relations sont perceptibles sur le plan culturel. Le „rayonnement culturel” de la France jouit toujours d’une grande considération en Europe centrale et orientale … A l’inverse des clichés si souvent évoqués encore de nos jours, les relations entre la France et les pays de l’Europe centrale et orientale ne sont guère déterminées par la tradition mais par des motifs purement politico-stratégiques. La tradition allait dans le sens d’une subordination à la France… »[2] L’étude de Gusztáv D. Kecskés permet de remettre les choses en perspective et aussi de mieux comprendre pourquoi l’Allemagne semble avoir davantage réussi dans ce domaine. De Gaulle et Mitterrand sont bien les seuls présidents français à s’être intéressés à ces pays qui sont devenus des partenaires économiques et politiques au quotidien et dont certains, demain, vont être surpris par le renouveau économique qu’ils ont su mettre en œuvre en moins de 20 ans. Depuis que la France est devenue une puissance moyenne, l’attrait des États-Unis a été très fort, même si la plupart de ces pays sans façade maritime, sans avoir connu d’immigration étrangère, ont toujours cherché à privilégier les échanges en direction de l’Europe. Restent les liens culturels, mais ceux-ci pourraient aussi décliner comme cela a été le cas dans d’autres pays y compris, francophones. Avec Joël et Jana Bros, nous allons découvrir la Moravie, l’une des plus belles régions d’Europe, encore très mal connue des Français et pourtant si accueillante. En République tchèque, Prague et la Bohème semblent plus attirer les touristes que la Moravie ou la Silésie. Deux provinces qui gagnent à être mieux connues. Joël Bros après avoir été militaire et diplomate à Prague et à Bratislava a travaillé dans une seconde vie dans tous les pays d’Europe de l’Est. Il parle russe, polonais, tchèque et slovaque, en plus de l’allemand et de l’anglais. Son épouse, universitaire, est professeur de Français. Chanter fait aussi partie de leur vie pour la plus grande joie des Tchèques ou des Slovaques. Le regard qu’ils portent sur cette histoire commune mérite d’être médité et partagé. Vu l’intérêt suscité, deux émissions suivront, une pour compléter la première, déjà très riche, la seconde pour parler de la Slovaquie et pour évoquer plus en détail deux magnifiques pages d’histoire commune avec la France : Milan Rastislav Štefánik pendant la Première Guerre Mondiale et le Bataillon Foch qui a pris une part active au soulèvement national slovaque lors de la Seconde Guerre Mondiale. Joël-François Dumont [1] Entretien avec le président de l’UFE (https://ufe-berlin.com/2021/04/27/defendre-les-francais-de-letranger/), l’ambassadeur François Barry Delongchamps [2] Étude publiée à Budapest : « Franciaország Kelet-Közép-Európa politikája 1918-tól napjainkig (La politique étrangère de la France envers l’Europe du Centre-Est de 1918 à nos jours) in Grotius, revue scientifique de l’Institut d’études internationales de l’Université Corvinus de Budapest (2009).
1h02 | Published on July 2, 2021


Les Français viennent de voter. Le résultat est un désastre pour le pouvoir en place. Après le vide imaginé par le général de Gaulle, l’heure du trop-plein serait-elle venue ? Comment ne pas établir de parallèle dans un pays qui vit aujourd’hui une crise de confiance sans précédent ? Pour mémoire, en mai 1958, la IVe République agonise et meurt en quelques semaines dans l’indifférence générale. Le régime parlementaire instauré en octobre 1946 est discrédité dans l’opinion. Entre une guerre en Algérie qui n’en finit pas et des gouvernements successifs qui témoignent d’une impuissance inédite, secoués par des scandales en série, le spectre de la guerre civile menace. Le président de la République, René Coty, n’a pratiquement aucun pouvoir autre que représentatif. Le pouvoir politique est à Matignon entre les mains du président du Conseil. Pour trouver une issue à une crise politique sans précédent depuis la fin de la guerre et remettre le pays sur les rails, le président de la République demande au général de Gaulle de former un gouvernement. En 5 mois, le général réussit un premier tour de force en dotant le pays d’institutions comme celles qu’il avait pu suggérer dans son discours de Bayeux le 16 juin 1946. Le 4 octobre 1958, une nouvelle Constitution est adoptée. Elle se caractérise par un pouvoir exécutif fort, une stabilité gouvernementale inédite et la création d’une justice constitutionnelle. Le président acquiert une autonomie par rapport aux assemblées. En 1962, après une révision constitutionnelle, le président de la République sera élu au suffrage universel pour 7 ans. A l’intérieur le nouveau pouvoir s’installe. Le général qui préside un Conseil de ministres de choc s’attaque au renouveau économique du pays en lançant une politique de grands travaux, de modernisation et d’industrialisation sans précédent, non sans avoir, auparavant, réussi à rétablir la stabilité de sa monnaie. Ce sera la première grande rupture avec « le régime des partis ». Sur le plan militaire, ce sera une deuxième grande rupture. Le général de Gaulle va créer une force de dissuasion nucléaire et retirer la France du commandement militaire de l'OTAN. Plus jamais la France ne pourra impunément être envahie comme elle l’avait été. La France entend désormais être maître de son destin. Avec ces deux ruptures, la « politique de grandeur » de la France prend rapidement forme : à l’intérieur, avec la création d’un État-stratège et planificateur. A l’extérieur, avec l’adaptation et l’alignement par la France, pour la première fois de son histoire, de sa politique de défense sur sa politique étrangère. La France parle désormais d’une seule voix. Après avoir posé le « socle » – la constitution de 1958 et les Institutions – en 1960, le général de Gaulle lance la décolonisation de l'Afrique noire tout en y maintenant l'influence française en créant une « Communauté française ». Il renoncera à l'Algérie française malgré l'opposition des pieds-noirs et des militaires, qui avaient pourtant favorisé son retour au pouvoir. En 1962, il mettra fin à la guerre d’Algérie, une guerre qui n’avait que trop duré et l’Algérie deviendra indépendante. La page de la décolonisation est tournée. En politique étrangère, le général de Gaulle a, enfin, les mains libres et entend défendre « l'indépendance nationale », préconisant une « Europe des nations » qui irait « de l'Atlantique à l'Oural » tandis qu’avec le Chancelier Adenauer, il poursuit une très active réconciliation franco-allemande. Il amorce en Europe une rupture avec le fédéralisme européen. Après avoir maintes fois condamné le partage du monde organisé – sans la France – à Yalta, le général opposera un veto à l'entrée du Royaume-Uni dans la Communauté européenne, soutiendra le « Québec libre », condamnera la guerre du Viêt Nam et reconnaîtra la Chine communiste. Voilà très brièvement résumées les grandes lignes de sa politique étrangère. L’objectif poursuivi inlassablement par le général de Gaulle étant que la France retrouve son « rang ». Mais ce que l’on oublie de dire – ou ce que l’on connait beaucoup moins –, c’est que le général de Gaulle souhaitait retrouver la qualité des relations qui existaient, avant 1940, avec les pays situés en Europe derrière le rideau de fer, avec des pays d’Asie et avec les pays d’Amérique latine qui avaient été les premiers avec les Africains à soutenir l’homme du 18 juin. Il ne saurait y avoir de chasses gardées américaine ou soviétique. Après la détente, l’heure est à la « coopération ». L’un de ceux qui a le mieux compris cette politique étrangère, c’est un journaliste. Michel Anfrol est de ceux qui vont marquer cette époque qui restera dans l’esprit des Français synonyme d’un véritable renouveau. Après des études brillantes sanctionnées par deux doctorats, Michel Anfrol est polyglotte : il parle anglais, italien, espagnol, portugais, serbo-croate et russe. Le jeune garçon qui avait vu, aux côtés de son père, la Wehrmacht défiler sur les Champs-Élysées, sera présent sur les Champs-Élysées lors de la Libération de Paris et apercevra le général de Gaulle. « A ce moment-là fut scellé le pacte de fidélité qui allait le lier jusqu’au bout à celui qui rétablit la République et la démocratie, qui, par deux fois assura la résurrection du pays ».[1] « Le général » deviendra son idole, ce qui ne l’empêchera pas de rester critique, car journaliste scrupuleux, Michel Anfrol ne pratiquera jamais la langue de bois. Si « les faits étaient sacrés, les commentaires étaient libres ». Après avoir occupé pendant plus de 15 ans divers postes d’Envoyé spécial permanent et de correspondant à Washington, à Rome et en Amérique latine, pour l'ORTF et TF1, une fois à la retraite, Michel Anfrol va devenir bénévole et se partager entre la Fondation Charles de Gaulle où il créé « l’Association des Amis de la Fondation » et Radio Latina où, chaque samedi matin, il célèbre la musique latino-américaine, le tango notamment. Grand spécialiste des Amériques, Michel Anfrol a vécu comme un drame personnel la perte de l’influence française en Amérique latine où il comptait de nombreux amis. Pour participer à cette 6e émission sur les ondes de la Voix du Béarn, une semaine après avoir parlé du Chili avec Aude Argouse, Jean-Michel Poulot et Joël-François Dumont avaient prévu d’inviter trois personnes : Julien Brando, philosophe et écrivain. Avec son épouse Hélène qu’il a connue Rue de Solférino à la Fondation Charles de Gaulle. Le mauvais temps régnant en Normandie allié à la médiocrité de notre infrastructure Internet dès que l’on sort des grandes villes a empêché Julien de participer à cette émission, mais le sujet étant loin d’être épuisé, on le retrouvera bientôt. Christian Paris que les auditeurs de la Voix du Béarn et Radio Hexagone connaissent bien. Ancien commandant de bord à Air France, il nous a fait découvrir deux de ses grands amis : Jean Billaud, un ancien de la France Libre qui restera un fidèle du général de Gaulle, à qui Christian Paris a consacré un livre magnifique et, plus récemment un autre homme d’exception, le père Pedro Opeka, qui a créé 18 villages en Afrique et sauvé de la misère 400.000 jeunes malgaches en 20 ans… Enfin, un confrère béarnais qui a été dans le monde entier, Gilles Brochard. Son père, chef de cabinet de Maurice Couve de Murville, a été au cœur de la diplomatie gaulliste avant de devenir président de l’Union des Français de l’étranger Monde. Auteur de plusieurs livres de référence, Gilles Brochard était lui aussi un fidèle ami de Michel Anfrol qui nous a quitté il y a deux ans. Sa voix, son rire communicatif, son sens de l’humour resteront gravés dans bien des mémoires, sans parler des confrères qu’il a secourus en créant un fonds d’entraide pour la profession. Joël-François Dumont [1] Extrait de la préface d’Angelo Rinaldi de l’Académie française du « livre d’entretiens avec Michel Anfrol », publié par Hélène et Julien Brando dans la collection « Regain de lecture » aux Éditions Corsaires.
1h03 | Published on June 20, 2021


Pour cette cinquième émission « Les Français parlent aux Français du bout du monde » diffusée par La voix du Béarn et rediffusée sur Internet, notamment par Radio Hexagone. Après les États-Unis, la Pologne, l’Allemagne, Hong Kong et la Belgique, cette nouvelle heure consacrée aux « Français du bout du monde » était consacrée au Chili. Un pays dont le drapeau est bleu, blanc, rouge, et dont une partie de l’histoire est plus liée à des Français qu’elle ne l’a été avec la France. Le seul président de la République française à s’être intéressé à l’Amérique latine, c’est le Général de Gaulle où il a effectué une tournée triomphale du 21 septembre au 16 octobre 1964. Le 1er octobre 1964, le général, venant de Bolivie par la mer accoste à Valparaiso, après une traversée à bord du Colbert, le croiseur le plus moderne de la Marine nationale. Sur les quais il est accueilli dans le plus grand port d’Amérique latine par le président Jorge Alessandri et salué avec enthousiasme par la foule de Valparaiso avant d'être acclamé par celle de Santiago du Chili, la capitale. Depuis le 19e siècle, une longue tradition d’amitié et de bonnes relations existe entre les deux pays. Au cours d’un périple de trois jours, au-delà des échanges économiques, le général de Gaulle souhaite développer les échanges techniques et culturels avec « des pays avec lesquels nous avons beaucoup en commun ». Il prononce à cet effet un discours à l’Université de Santiago où il se déclare en faveur d’un « resserrement des liens » entre cadres français et chiliens : « Dans ces domaines, dont tout dépend, peut et doit, me semble-t-il, s'établir entre les cadres chiliens et les cadres français un accord plus étroit aujourd'hui. Certes, les affinités amicales qui existent entre nos deux peuples y trouveraient leur compte. Certes, l'avantage pratique en serait grand, mais aussi, pourquoi ne pas le dire : cet effort délibérément organisé en commun entre nos deux républiques, l'une d'Europe et l'autre d'Amérique Latine, serait un exemple entraînant, et un changement important dans l'actuelle conjoncture internationale.» Le moins que l’on puisse dire est qu’aucun autre président français ne s’est jamais intéressé à l’Amérique latine, avant lui comme après lui. Certains, même, trouvant que les relations culturelles étaient de trop haut niveau ont mis des bâtons dans les roues (lois Pasqua, circulaire Guéant) de tous ces universitaires sud-américains pour qui la Sorbonne était depuis des générations un des hauts-lieux culturels du monde. Les intellectuels français aiment l’Amérique latine. C’est un fait. Certains même vont y consacrer leur vie. Qui mieux donc qu’une universitaire française pouvait nous parler du Chili ? Aude Argouse est polyglotte. Elle a beaucoup voyagé de par le monde, mais l’Amérique latine, c’est sa passion. Après un an au Pérou au début des années 2000, pays dont la gastronomie est une des plus renommées qui soit, elle est depuis 9 ans au Chili, où elle enseigne l'histoire du droit à l’Université du Chili. Elle est également co-éditrice d'une revue électronique, Revista Historia y Justicia (https://journals.openedition.org/rhj/), et co-fondatrice de Acto (https://www.actoeditores.com/) Editores (https://www.actoeditores.com/), une petite maison d'édition indépendante. Licenciée en Droit à, Paris II, et après un doctorat d’histoire des civilisations (EHESS), elle dépose ses valises en Amérique latine et voue sa carrière à l'histoire des notaires et du papier. Elle découvre au fil des ans la « lointaineté » de ce pays, « le plus austral du monde ». La pandémie la verra, comme tant d’autres, coupée de cette France où elle a encore ses parents et ses amis. Comme beaucoup d’expatriés, il lui sera interdit de rentrer en France. Elle sera pendant de longs mois confrontée à une gestion ubuesque de la pandémie en France par des politiciens se revendiquant fièrement d’être des « amateurs ». Sans information pratique, isolée, livrée à une ambassade déconnectée de ses ressortissants malgré des fonctionnaires de qualité, des moyens consulaires quasi inexistants, elle se sentira comme des centaines de milliers d’expatriés ! « Ignorée », voire « punie » pour habiter un pays étranger, où elle n’est là que pour diffuser et faire partager l’amour d’une culture qui se veut universelle. Quelle image ont les Chiliens de la France ? Un Français peut-il s’intégrer au Chili ? Autant de questions auxquelles Aude Argouse répond. De quoi découvrir, pour les uns, approfondir pour les autres, notre connaissance du rayonnement français dans le monde. Photo (https://derecho.uahurtado.cl/web2021/wp-content/uploads/2020/03/aude-argouse-233x300.jpg) © Uahurtado.cl
1h04 | Published on June 15, 2021


Deux semaines avant la première rencontre Biden-Poutine, il nous a paru intéressant de nous interroger sur deux graves questions. Pour chercher à comprendre, tout d’abord, quel avantage politique le président Joë Biden pouvait bien rechercher en rencontrant aussi rapidement Vladimir Poutine qu’il qualifiait, il y a encore peu, d’« assassin » ! Ensuite de voir comment lutter efficacement contre les opérations de subversion menées dans la durée par les services russes pour saper nos systèmes démocratiques. Quels sont les risques de ce sommet ? Le but de Moscou est de donner l'impression que les États-Unis vont abandonner l'Europe en échange d'une neutralité russe en cas de conflit sino-américain, afin de convaincre les Européens qu'il n'y a pas d'alternative à l'hégémonie russe. Washington entend restaurer la relation germano-américaine sur laquelle le président Bush avait fondé sa politique européenne à partir de 1989, en s'appuyant sur une Allemagne dirigée par les Verts, alors que Moscou entend, elle, la fonder sur la CDU, le SPD ayant plus ou moins disparu des écrans-radars pour avoir, comme en France, abandonné le social pour le sociétal. Pour en débattre, dans ce 4e numéro de l’émission « Les Français parlent aux Français du bout du Monde », Jean-Michel Poulot et Joël-François Dumont ont invité sur La Voix du Béarn et Radio Hexagone, deux historiens de renom : une Française, l'historienne Françoise Thom, auteur d’ouvrages de référence sur l’URSS et la Russie, maître de conférences émérite d’Histoire contemporaine de la Russie à la Sorbonne, et Jerzy Targalski, un Polonais, docteur en histoire, qui est un des meilleurs spécialistes occidentaux des services de renseignement soviétiques et russes, qui a vécu, notamment, 14 ans en exil à Paris. Le deuxième sujet est de comprendre les causes de cette guerre psycho-politique permanente que poursuit le Kremlin contre l’Occident et d'en montrer les similarités et aussi les différences si on la compare à celle menée pendant la guerre froide. Sur ce sommet improvisé à la va vite, il y a au moins une certitude : deux pays ont, sinon tout ou le plus à perdre dans cet échange où, le grand risque, pour arriver à un résultat minimum, serait d’aboutir dans les faits à un nouveau Yalta sans même, côté occidental, l’avoir ni vraiment voulu ni même imaginé. Les Russes, eux ont de la suite dans leurs idées de conquête. Pour des raisons diamétralement opposées, Washington entend baser, demain, sa politique européenne sur une Allemagne dirigée par les Verts, alors que Moscou entend, elle, la fonder sur la CDU, le SPD ayant plus ou moins disparu des écrans-radars pour avoir, comme en France, abandonné le social pour le sociétal. Pour en débattre, dans ce 4e numéro de l’émission « Les Français parlent aux Français du bout du Monde », Jean-Michel Poulot et Joël-François Dumont ont invité sur La Voix du Béarn et Radio Hexagone, deux historiens de renom : une Française, le professeur Françoise Thom, soviétologue, auteur d’ouvrages de référence sur l’URSS et la Russie, professeur d’Histoire contemporaine de la Russie à la Sorbonne, et Jerzy Targalski, un Polonais, docteur en histoire, qui est un des meilleurs spécialistes occidentaux des services de renseignement soviétiques et russes, qui a vécu, notamment, 14 ans en exil forcé à Paris. Le deuxième sujet est de comprendre le pourquoi de cette guerre psycho-politique permanente que poursuit le Kremlin contre l’Occident et de voir d'en montrer les similarités et aussi les différences si on la compare à celle menée pendant la guerre froide. Dans les années 1982-1985, l’Occident a eu à affronter une désinformation mise en œuvre par le Service A du KGB. Inaugurée pourtant dès 1928 par le NKVD. Cette politique a été une des constantes de l’URSS pour miner et détruire de l’intérieur des pays qu’elle ne pouvait pas soumettre directement. 30 ans plus tard, avec l’apparition d’Internet et le développement de réseaux sociaux, on peut parler d’une véritable guerre psychologique, dépassant largement la propagande classique. Face à cette patiente et persévérante entreprise de subversion, on attend toujours une réaction… Pour le moment, l’Europe a timidement inscrit dans ses priorités affichées ce combat dans lequel, pour l’heure, au Parlement européen, seul les députés polonais, estoniens et tchèques sont véritablement offensifs. A l’image de ce qui se fait dans ces trois pays qui, eux, ont pris toute la mesure de cette menace.
1h00 | Published on June 6, 2021


L’invité de la Voix du Béarn et de Radio Hexagone est un homme d’Église, un homme d’exception qui a sauvé des dizaines de milliers d’enfants, rejetés par la société, des familles entières, à Madagascar chaque année. « Du berceau au cimetière », plus de 500.000 personnes ont été secourues entre 1975 et 2021 ! Un lieu d’exclusion, de souffrance, de violence et de mort transformé à 60 kilomètres de la capitale malgache en un oasis d’espérance par la volonté d’un homme, le père Pedro Opeka. Le pape François est allé rendre visite, en septembre 2019, au père Pedro, son condisciple argentin d’origine slovène. « A Akamasoa, l’extrême pauvreté a été éradiquée par la foi, le travail, la scolarisation, par le respect mutuel et la discipline. Ici, tout le monde travaille ! » Un exemple, sans doute, unique au monde, d’une réussite qui force l’admiration et qui nous invite à méditer à la fois sur le sens des mots et bien sûr le sens d’une vie pour tout être humain. Sans oublier de chercher à comprendre cette « absence de sensibilité sociale des dirigeants qui ont oublié et tourné le dos aux peuples qui les ont élus ». Une émission de Jean-Michel Poulot, Christian Paris qui est allé plusieurs fois sur place et Joël-François Dumont face à un homme, six fois nominé pour le prix Nobel de la Paix. L’année dernière, Akamasoa n’a pas de chance : l’Amérique avait prévu de faire attribuer ce prix symbolique à… Donald Trump ! Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
49min | Published on May 31, 2021


Tous les pays de l'Europe du Nord, de l'Est et du Sud jusqu'au Bosphore sont en alerte depuis la mobilisation aux frontières de l'Ukraine d'une force russe de 500.000 soldats, officiellement en manœuvre. A cela s'ajoute la mise en place d'un nouveau dispositif de 150.000 hommes, puissamment armés, avec pour objectif évident de replacer dans le giron russe l'Ukraine qui pensait pouvoir s'émanciper de la tutelle post-soviétique en rejoignant l'Europe et l'OTAN. Le Kremlin a déjà prévu un Gauleiter pour l'Ukraine et les grandes lignes de sa politique d'occupation de l'Ukraine ont déjà été formulées dans un article remarqué, publié par RIA Novosti: destruction des élites nationales sous couleur de "dénazification", démantèlement de l'État ukrainien sous couleur de "fédéralisation", règne de la terreur avec rétablissement de la peine de mort. Vladimir Poutine dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit. On devrait un jour - avant qu'il ne soit trop tard - finir par s'en rendre compte. Les Européens font semblant de croire qu'il s'agit d'un bluff. Cette menace n'est donc pas prise au sérieux et la seule réaction de Paris et de Berlin est de chercher un compromis en menaçant Moscou de vagues sanctions, comme ce fut le cas pour Alexexeï Navaltny. Le président Ukrainien, Volodymyr Zelensky, est venu à Paris le 17 avril pour y rechercher l'appui de la France et de l'Allemagne, co-signataires des accords de Minsk. Rappelons qu’en 1994, son pays a renoncé à son potentiel nucléaire en signant à la demande des Occidentaux le protocole de Budapest, rendant à Moscou l’armement nucléaire dont il disposait, en échange d'une garantie de sécurité des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la Russie et de la France qui se sont engagées à respecter et faire respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Il est reparti de Paris les mains vides. Une attitude commentée, on peut s’en douter dans tous les pays qui se sentent directement menacés et qui ne croient déjà plus en cette Europe qui les abandonne pour s'en remettre désormais aux États-Unis et à l'OTAN. Le président Trump, de par son attitude pour le moins désinvolte et une absence de vision en politique étrangère, n'a rien fait pendant sa présidence pour consolider le lien transatlantique. On sait ce qui est arrivé à ceux de ses conseillers qui l'ont mis en garde... Son successeur, Joe Biden, a pour lui d'avoir déjà vécu comme vice-président de telles situations, et, surtout, d'être entouré d'hommes d'expérience. C'est le cas d'Anthony Blinken, le nouveau Secrétaire d'État qui avait déjà été l'un des conseillers à la sécurité nationale du président Bill Clinton. Comme le rappelle Françoise Thom le 19 avril au cours de cette émission sur la Voix du Béarn, Vladimir Poutine devrait s'exprimer le 21 avril et a convoqué pour le 23 le Conseil de la fédération de Russie. Les seuls pays - pour le moment - qui sont montés au créneau sont la République Tchèque, après les Pays Baltes, la Pologne, la Slovaquie et la Turquie d'Erdogan qui a même été encore beaucoup plus loin... Au-delà du sort funeste qui menace l'Ukraine et ses habitants, une fois de plus, l'Europe se montre incapable de réagir et de faire front alors qu'elle est très directement menacée. A force d'être pétrie dans ses contradictions, elle est toujours installée dans cette pusillanimité que regrettait déjà Françoise Thom dans une tribune publiée en 2008 (https://www.lemonde.fr/idees/article/2008/08/20/pusillanimite-occidentale-face-a-la-russie-par-francoise-thom_1085832_3232.html) par le journal le Monde lors de l'invasion de la Géorgie. Cela rappelle Munich, à une différence près. Au moins, à l'époque, chacun comprenait les risques à venir d'une grande guerre avec l'Allemagne. Comment ne pas se souvenir de ces mots prophétiques tenus par Winston Churchill à la Chambre des Communes : « Vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre.» (« The government had to choose between war and shame. They chose shame. They will get war too.» Propos réitérés dans une Lettre de Churchill à Lord Moyne, en date du 13 septembre 1938 : « En raison de la négligence de nos défenses et de la mauvaise gestion du problème allemand au cours des cinq dernières années, il semble que nous soyons très près du choix sombre entre Guerre et Déshonneur. Mon sentiment est que nous choisirons le déshonneur, puis que la guerre sera déclarée un peu plus tard dans des conditions plus défavorables qu'actuellement » (« Owing to the neglect of our defences and the mishandling of the German problem in the last five years, we seem to be very near the bleak choice between War and Shame. My feeling is that we shall choose Shame, and then have War thrown in a little later on even more adverse terms than at present.») Françoise Thom, agrégée de Russe, est historienne de formation, maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Paris-IV-Sorbonne. Elle est également l'auteur de plusieurs livres de référence sur l'URSS et la Russie de Gorbatchev à Poutine.
47min | Published on April 19, 2021


Envoyé spécial permanent de Radio France à Bruxelles dès 1976 et correspondant au Benelux et en Scandinavie, Quentin Dickinson est Monsieur Europe à France-Inter à l'occasion des premières élections du Parlement européen au suffrage universel direct. Autre première l'année suivante, il devient le premier rédacteur-en-chef de Fréquence Nord (aujourd'hui France-Bleu Nord) à Lille. Nommé au siège à Paris en 1981 en tant que chargé de mission auprès du directeur de l'Information, il devient ensuite délégué aux Opérations exceptionnelles. A l'issue d'un retour à Bruxelles, il prend les fonctions de chef de cabinet du Président-directeur général de Radio France (M. Roland Faure), et fera partie de l'équipe créatrice de France-Info. Par la suite conseiller spécial du p.-d.g. (M. Jean-Marie Cavada), il est nommé directeur des Affaires européennes, en poste à Bruxelles, et directeur du Bureau commun de Radio France et de Radio France Internationale dans cette ville. Lauréat de plusieurs prix venant récompenser son activité professionnelle, il est auditeur à l'IHEDN et maître de conférences à l'ÉNA. Juriste de formation, il est aussi un spécialiste de l'histoire politique contemporaine en Europe. Invité de la Voix du Béarn, il nous parle de son métier, de la radio et des médias, et se livrera à une analyse du Brexit qui gagne à être entendue. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
1h29 | Published on March 8, 2021


Sur la Voix du Béarn les professeurs Françoise Thom et Patrick Moreau analysent la période de grande instabilité dans laquelle nous vivons, une ère généralement propice à une plus ou moins vaste recomposition des systèmes politiques et même des systèmes d'alliance. Avec Françoise Thom, on parlera des trois grands projets de politique étrangère de Vladimir Poutine qui fait aujourd'hui face à une situation inédite en Russie où le pouvoir central a été désacralisé par un dissident charismatique, Alexeï Navalny. Avec Patrick Moreau, on évoquera la succession en Allemagne de la chancelière Angela Merkel, succession actée pour septembre prochain, après seize années d'un règne qui sera marqué par une rare stabilité politique. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
59min | Published on March 6, 2021


Patrick Moreau, Chercheur au CNRS et professeur d’Université en Allemagne et en France analyse le système politique allemand en mutation après la désignation au congrès de la CDU d'Armin Laschet à la tête de la CDU. Une désignation accueillie avec enthousiasme par les media russes. Le professeur Françoise THOM, historienne de formation, professeur agrégée de Russe, qui a enseigné à la Sorbonne pendant de longues années, auteur de « Comprendre le poutinisme » analyse la politique de Moscou à l’égard des pays européens… Entretien diffusé sur la Voix du Béarn avec Jean-Michel Poulot et Joël-François Dumont. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
1h01 | Published on March 2, 2021