- Speaker #0
« Everything happens for a reason » Bienvenue dans la quatrième saison de « Everything happens for a reason » , le podcast dédié au métier de la création. Je suis Lily Bonnet et je soutiens la créativité au sens large depuis plus de 25 ans. Manager, agent, business coach, j'accompagne les indépendants et les organisations des industries créatives dans leur expansion. Mon but, c'est d'insuffler plus de créativité dans le management et de management dans la créativité. Dans ce podcast, j'accueille le 15 de chaque mois un ou une invitée avec qui j'explore les aspects business, management, stratégie, communication, opérationnel de leur métier. De près ou de loin ? ils ont tous en commun une profonde créativité qui les porte. Alors j'ai à cœur de vous faire découvrir des personnalités, des visions et des rêves. Et si vous appréciez ce podcast pour les sujets qui y sont abordés, vous serez aussi certainement sensibles à sa qualité audio. Et ça, c'est grâce à Philippe Drevet, musicien, et aussi mon mari, qui en signe l'identité sonore, la musique originale et la réalisation de chaque épisode. toujours baigné dans l'art et l'entrepreneuriat. Elle a débuté aux côtés d'Olivier Sayar, au musée de la mode de Marseille, avant de faire un stage au service de presse de Dries Van Noten à Paris. D'opportunité, en recommandation, Julie a ensuite exercé en tant que styliste et directrice artistique mode au sein de nombreux magazines iconiques pendant 25 ans. Et puis, le confinement l'a rappelé à sa ville natale, Marseille, où elle a créé Objet inanimé, son appartement galeré, en 2021. Styliste, curatrice, galeriste, Julie est reconnue pour son œil, son flair et une certaine radicalité. C'était la première fois que je la rencontrais et je n'arrivais plus à la quitter. Ensemble, on a évidemment parlé de tout son parcours et comment elle a su trouver sa place au sein d'une telle famille. Et aussi, bien sûr, de la conception et l'organisation de ses expositions, in situ et hors les murs, de son modèle économique, et puis aussi, finalement, comment et pourquoi elle se distingue d'une galerie classique. Avec l'envie de mettre à l'honneur des artistes émergents ou plus confirmés, Julie Pellas a créé, chez elle, un lieu singulier qui lui ressemble et qui rassemble. Bonjour Julie.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Eh bien, ça va très bien, cette période estivale, qui est celle qu'on attend tous depuis longtemps.
- Speaker #0
Moi, je l'attends de moins en moins. Oui,
- Speaker #1
là, en effet, elle est un petit peu trop forte, on va dire.
- Speaker #0
Nous sommes donc en plein mois de juillet. On enregistre en juillet alors que l'épisode va être diffusé le 15 septembre, mais on est au mois de juillet et nous sommes à Marseille, chez toi, dans ton appartement-galerie. Tu vas évidemment nous raconter tout ça. et je vais aussi évidemment expliquer comment on s'est connecté toi et moi parce que j'aime toujours expliquer et c'est vrai que j'aime beaucoup décrire les lieux dans chaque interview Et là, je pense que je pourrais y passer une heure de tout décrire, donc on ne va pas le faire en détail, mais on est dans un très joli appartement. On ne va évidemment pas donner l'adresse parce que c'est chez toi et que c'est strictement sur rendez-vous, sur invitation. Ça fait partie de ton modèle, justement, donc on va en parler en détail. On peut dire qu'on voit un peu la bonne mère quand même. On peut le dire quelque part. Elle veille sur nous. De toute façon, je pense qu'on la voit à peu près partout à Marseille. Elle veille sur nous. On la cherche.
- Speaker #1
Marseillais et invités des Marseillais.
- Speaker #0
Exactement. Mais on est entouré d'œuvres, que ce soit d'art, de design. Et tu vas nous en parler en détail. Avant de commencer, tu sais que le titre de ce podcast, c'est donc... Everything happens for a reason. Et j'aime bien demander à chaque invité ce que ça évoque. Qu'est-ce que tu peux me dire sur ce titre, sur cette phrase ?
- Speaker #1
C'est quelque chose en tout cas qui résonne pas mal chez moi aussi. Je trouve que j'ai tendance à croire à une forme de hasard qui n'en est pas. Et j'aime bien me laisser... portée par ces mots. Et en effet, oui, là, c'est pour le coup, je ne sais pas si c'est toi qui en parles ou si c'est moi, un vrai concours de circonstances, de super circonstances. Et en effet, oui, moi, j'aime les choses qui se passent toutes seules, d'elles-mêmes, on va dire.
- Speaker #0
Sans forcer.
- Speaker #1
Sans forcer, exactement. Suite à un travail, évidemment. Moi, j'ai un peu forcé. Moi aussi. Suite à un travail, en plus, il y a... Salut. Il y a ton chat Momo qui vient nous rejoindre et qui nous fait un petit bonjour. C'est un peu la mascotte. Tu veux nous dire bonjour ? Il est magnifique. Qui est notre mascotte, qui a déjà posé en photo sur plusieurs shootings. C'est un chat quasiment presque humain. Qui est très présent et qui est souvent ma plus belle œuvre. C'est ce que je lui dis. Souvent,
- Speaker #0
c'est ma plus belle œuvre. Il est près de ma valise. Il renifle Paris.
- Speaker #1
Il renifle Paris,
- Speaker #0
exactement. Il connaît bien Paris. Il a vécu la Paris. Tu l'as depuis très longtemps.
- Speaker #1
Il a 11 ans, donc il a vécu la moitié de sa vie à Paris.
- Speaker #0
En effet, ok. C'est des souvenirs, exactement. C'est vrai qu'en effet, j'ai un peu forcé, c'est la première fois qu'on se voit, toi et moi. j'adore aussi ces rencontres comme ça en fait tu as écouté l'épisode avec Sébastien Gaffari parce que tu as justement une de ses pièces qui est juste derrière moi c'est Trumeau et tu m'as envoyé un message après l'avoir écouté pour me dire à quel point tu avais apprécié nos échanges et la qualité de cet épisode moi j'aime beaucoup cet épisode aussi Et donc, tout de suite, j'ai rebondi et je t'ai proposé tout de suite. Et j'ai dit tout de suite. Oui, voilà. Donc, j'ai dit hop, je viens à Marseille.
- Speaker #1
Très rapide. Et ça s'est fait très...
- Speaker #0
Exactement. Donc, nous voilà. Et j'adore ces opportunités aussi, justement, qu'on vient saisir. Et donc, j'ai regardé d'abord ton compte, évidemment. Tu as un très beau contenu. Donc ça, on va en parler aussi parce qu'évidemment, c'est lié à ton premier... Job, évidemment. Et voilà, donc avant de rentrer un peu dans le détail, tu sais, j'aime bien toujours savoir un peu aussi quelles études tu as faites, quels sont les débuts du parcours. Mais il faut quand même préciser que tu es donc marseillaise, tu es née à Marseille.
- Speaker #1
Je suis une vraie de vraie, née à Marseille. Marseille dixième,
- Speaker #0
même.
- Speaker #1
D'un père né à Marseille également, d'une maman... plutôt née à Paris. Mais oui, je suis bien née à Marseille et j'y ai vécu jusqu'à mes 19 ans, si je ne dis pas de bêtises. Et puis après, ça en est suivi 25 ans à peu près à Paris. Donc,
- Speaker #0
tu as fait tes études à Paris ? Étonnamment. Alors,
- Speaker #1
si on revient sur les études, en fait, je n'ai pas vraiment fait d'études, pour être très honnête. J'ai eu mon bac. J'ai fait une année de... de ce qu'on appelle, on dira, d'architecture d'intérieur à l'École des Beaux-Arts de Marseille à Lumigny. Donc c'était quelque chose qui s'appelait à l'époque le DNAT, Diplôme National d'Art et Technique. Et j'ai fait une première année et j'ai arrêté. Donc j'étais évidemment attirée déjà par tout ça, mais je ne suis pas tellement allée plus loin. Pourquoi j'ai arrêté ? D'un seul coup, moi je ne me souviens même plus pourquoi. Tu ne sais même plus ? Si, je sais. Parce qu'à l'époque, j'ai rencontré... J'ai rencontré Olivier Sayard, qui était à l'époque le conservateur du Musée de la Mode. Bon là, ça nous fait partir déjà dans une autre direction. Musée de la Mode de Marseille à l'époque, qui était tout jeune conservateur et déjà assez génial. Il est génial. Et en fait, on a eu un vrai coup de cœur, mes parents et moi, pour lui, et je crois pouvoir dire réciproquement. Et en fait, lui-même est arrivé à Marseille, je pense un peu paumé dans cette nouvelle ville. Mes parents étaient en effet des acteurs de la culture à Marseille. comme il n'y en avait peut-être pas tant que ça. Il n'y en avait pas beaucoup. Tu peux le dire, oui, sans te la péter. Voilà, exactement. C'est pour ça que je ne veux pas avoir l'air prétentieuse, mais je pense qu'en effet, il ne se passait pas grand-chose d'un niveau un peu international, à part en effet la galerie de mon papa, qui s'appelait la galerie Roger Pellas, avec ma maman. Il n'y avait pas son nom, mais ma maman était là. Elle était là dans l'ombre. Comme on dit, la femme de l'ombre, depuis toujours. Et c'est elle qui lui a donné cette passion, surtout. Et donc, voilà. Donc, en fait, on s'est rencontrés. Moi, je ne sais plus ce que je faisais. J'étais l'époque de mon bac, coup de foudre, avec Olivier. Et puis, il m'a proposé de venir en stage. Mais c'est un stage qui a duré un an auprès de lui, au Musée de la mode de Marseille. Et donc,
- Speaker #0
tu as fait quoi exactement dans ce stage ?
- Speaker #1
J'étais son assistante, en fait. Ouais, génial. Donc, c'était un endroit où il y avait très peu de moyens, en fait. Et lui, avec déjà des idées très conceptuelles, etc. J'ai appris plein de choses à ses côtés. Moi, j'avais déjà ma petite culture mode parce que j'aimais ça depuis toujours. Je dirais que c'est ma maman qui m'a un peu donné ce goût-là. Et puis, je lisais beaucoup de magazines, tout ça. Et puis, j'ai pu l'affiner avec des notions encore plus historiques, on va dire, auprès d'Olivier, des expositions qui ont eu lieu pendant que j'étais là. J'ai même été l'objet d'une affiche de l'exposition. C'est moi qui posais, il y a très longtemps. Je dois la voir quelque part dans ma cave. Génial ! Oui, photo par Paul Mathieu, qui est un super designer. C'était lui qui avait fait la photo. On continue à se voir. En toute simplicité, génial. À Marseille. Donc voilà, c'était assez amusant. C'était un peu du bricolage dû au petit budget du musée de la mode à l'époque. Mais en effet, des chouettes moments qui sont ancrés.
- Speaker #0
Et donc, après un an à ses côtés, c'est là que tu es partie à Paris ?
- Speaker #1
Après, je n'arrive plus même moi à me souvenir. Oui, je pense que j'ai rencontré à l'occasion d'expositions à ses côtés, j'avais rencontré les gens du service de presse de Dries Van Noten qui nous avaient prêté des pièces justement pour une exposition. Celle dont je faisais l'affiche. Just saying. Voilà. Et... Ce serait tellement drôle de la ressortir. Et en effet, du coup, c'était des gens du service de presse de Riva Noten. Quand je suis arrivée à Paris, je les ai recroisés à un vernissage. Et je leur ai dit que je cherchais du boulot, en tout cas des stages, faire la main. Je venais vraiment pour rentrer dans cet univers. Et puis, elles m'ont proposé un stage. Et donc, j'ai fait un stage qui a duré, je crois, huit mois. Chez Dresvanoten, j'étais totalement dingue comme tous les Belges de l'époque, dont lui. Et puis voilà, ça a commencé là. De là, j'ai rencontré des rédactrices de mode qui cherchaient des assistantes. Donc en fait, ça a été un concours de circonstances où chaque fois, on m'a systématiquement recommandée. Donc Olivier Saillère m'a recommandée aux filles de la presse de Dresvanoten qui, elles, m'ont recommandée auprès. de rédactrice de mode du L à l'époque. Et donc, j'ai commencé au L comme assistante. Et puis après, au bout de deux ans, j'ai commencé ma première série, une deuxième. Et puis voilà. Tout ça a été lancé. Donc, cette carrière dans la mode a été lancée.
- Speaker #0
De stylisme.
- Speaker #1
De stylisme et direction artistique de mes propres sujets. Et donc, j'ai fait ça pendant 25 ans. C'est ça. J'ai adoré ce que j'ai fait.
- Speaker #0
Donc, tu as contribué au L, Gradia aussi, je crois. Alors,
- Speaker #1
au L, c'est vraiment là où j'ai démarré. J'ai été au Glamour pendant 8 ans, qui était vraiment le Glamour. J'étais intégrée vraiment. Alors, pas le Glamour de Karine Rodfell, le Glamour d'après la Renaissance, on va dire, des années 2000 du Glamour. Vraiment, j'étais intégrée. Donc, on était une toute petite équipe. Et là, je me suis vraiment régalée parce que c'était Condé Nast. On avait des moyens quand même pas mal pour aller faire des shootings à l'extérieur, plus qu'à l'extérieur, à l'étranger, avec Condé Nast qui a un certain pouvoir aussi aux Etats-Unis, qui est une grosse boîte bien connue aux Etats-Unis. Et donc, du coup, j'ai fait beaucoup de voyages aux Etats-Unis.
- Speaker #0
Je crois qu'on n'a plus du tout les mêmes moyens, ni même la même liberté. et tu vois je le ressens, tu parles de condamnaste Ça me fait penser au AD, qui est quand même un magasin emblématique, et même, tu vois, donc emblématique de design et d'architecture, puisque c'est Architectural Digest, mais je trouve qu'on a vraiment vu aussi l'évolution dans le AD depuis que Condé Nast a un peu fait évoluer sa façon de piloter tous les... titre des éditions et vraiment et je sais qu'aujourd'hui il n'y a plus du tout la même on va pas dire c'était mieux avant c'est pas ça le but mais il n'y a plus les mêmes budgets c'est à dire que maintenant quand tu es architecte c'est principalement ça le problème c'est le budget c'est à toi de financer ton shooting pour être dans un magazine pratiquement maintenant ça a été vraiment le but Le modèle économique a été inversé. Et pareil dans la mode,
- Speaker #1
évidemment. En fait, le problème, c'est que avant, c'était plus ou moins la moitié des revenus venaient de sources de publicité et du lectorat. Et maintenant, je ne sais pas le degré de... Je ne sais pas le pourcentage exact entre lectorat et publicité, mais c'est en effet assez catastrophique. Donc, oui, ils n'ont pas d'autre choix que de... de faire des coupes budgétaires et de mutualiser des sujets qui sont shootés par le AD français et qui sont revendus dans l'Italien. Et c'est pareil dans les magazines de mode aussi, qui est jusqu'ici ce que je connaissais le plus dans le fonctionnement. Donc c'est le cercle vicieux malheureusement. Et du coup, évidemment, la qualité était mieux parce que c'était plus personnel, on va dire, avec chaque AD à des liens, mais avec quand même une identité propre. à celui de France, à l'anglais, à tout ça. Donc voilà, je ne sais pas quoi en dire parce que c'est terrible. Et en effet, on sait que forcément, oui, moi je trouve que c'est un peu moins bien qu'avant. On ne peut pas dire autrement, malheureusement.
- Speaker #0
Mais on s'adapte justement dans toutes ces évolutions. Et alors, qu'est-ce qui fait que tu as arrêté ?
- Speaker #1
Alors, ça c'est compliqué. Alors en fait, j'ai quand même fait ça pendant 25 ans.
- Speaker #0
C'est vraiment une...
- Speaker #1
Elle, Glamour, Grazia, où j'étais rédactrice adjointe à la mode pendant trois ans. Après, en freelance, en effet, au Marie-Claire, aux Echos, Echos Weekend, je ne sais même plus moi-même, Vogue Taïwan. Et j'ai commencé à faire des séries. J'ai rencontré en fait les patrons du Milk Décoration, Isis Colombe-Camboreas et son mari Karel Ballas. et j'avais glissé à Isis, comme ça, sans la connaître vraiment, que je m'embêtais un petit peu. C'est vrai qu'au bout de 25 ans... Oui,
- Speaker #0
tu as fait le tour.
- Speaker #1
Vraiment, j'ai fait le tour et en même temps, ça me manque beaucoup, étrangement. Mais j'ai adoré... Ça me manque et en même temps, je suis très contente de ce que je fais aujourd'hui, parce que je pense que je m'embêterais un petit peu pour dire des jolis mots. Mais je pense qu'en effet, quand je les ai croisés, je leur ai formulé le fait que je m'embêtais un petit peu après 25 ans. justement dû à cette évolution de fonctionnement de la presse où en effet il y avait moins de liberté, bon je ne faisais pas des choses non plus si underground mais malgré tout on avait je me souviens de proposer des idées de sujet et des idées de lieux que j'avais découvert comme ça, alors il n'y avait pas Instagram à l'époque en plus mais j'ai découvert des lieux peut-être dans d'autres magazines ou je ne sais quoi moi-même je me souviens même plus et du coup j'ai proposé d'aller faire des shootings je me souviens d'un comment on appelle ça d'une sorte de cimetière de signalétique de néon dans la banlieue de Las Vegas et donc j'avais trouvé des photos incroyables on était beaucoup moins nourries de photos que maintenant donc j'avais trouvé ces photos et j'avais montré et j'avais dit c'est très fantastique d'aller faire une série là-bas et donc je suis allée faire une série là-bas pour de vrai. Après, évidemment, on en faisait plusieurs pour aussi quand même mutualiser le budget, ce qui était évidemment malgré tout important. Ce n'était pas juste payé pour faire n'importe quoi non plus, évidemment. Bref, tout ça pour dire que j'ai eu beaucoup de plaisir moi-même à pouvoir un peu réaliser mes envies d'images, on va dire. grâce au budget loué par les boîtes dans lesquelles j'ai pu travailler. Et puis, ce n'était plus vraiment ça. Je me régalais moins. Je me trouvais plus dans des choses où on était un peu obligé de faire de la représentation, etc. En prenant de l'âge, je me plaisais beaucoup moins. Je me faisais longtemps pour le glamour, où je faisais tous les défilés à Milan, à Paris, etc. Bref, ça me fatiguait pas mal. Et par contre, j'avais envie juste de créer des choses, une image par-dessus les créations des autres. Et voilà. Donc, en en parlant à Isis, je ne sais pas ce que j'attendais vraiment. Mais en tout cas, je vais formuler ça comme ça. Et puis, elle est revenue quelques temps après vers moi en me proposant de faire des séries qui étaient des séries que j'ai adoré faire, qui étaient des séries justement un peu, comment dire ? intermédiaires, qui mélangeaient je cherche mon mot, c'est pas intermédiaires qui étaient à la croisée des chemins entre mode et design et qui permettaient par leur carnet d'adresse à eux d'aller dans des lieux un peu extraordinaires ou nouveaux, etc. où il y avait vraiment quelque chose de très intéressant à ajouter, ça pouvait être même des galeries d'ailleurs la première série c'était dans une galerie incroyable transversale
- Speaker #0
Transversal,
- Speaker #1
c'était le mot que je cherchais. Merci.
- Speaker #0
La chaleur nous fait réagir un peu moins vite. Oui, mais c'est ça.
- Speaker #1
C'était le terme, voilà. Transversal, absolument. Donc du coup, on avait pu aller justement dans une galerie à Copenhague incroyable. Et donc, l'idée, c'était vraiment de pouvoir faire la mise en scène à la fois, comme je le faisais dans les autres magazines, mais avec le design en plus. Donc là, il y avait l'idée de la série de mode, venez. au départ de l'input de la tendance mode, de ce que j'avais envie de mettre en image. On parlait avec Isis qui me proposait des lieux auxquels elle pensait qu'on pouvait avoir accès. J'essayais de trouver quelque chose qui se rejoigne, qui soit logique d'être dans tel lieu plutôt qu'un autre. On a fait comme ça, je n'arrive même plus à me souvenir combien, un certain nombre de séries, plus ou moins étalées sur deux ans. Et en effet, du coup, avec un photographe qui était celui que j'avais amené, on a mis un peu au point une sorte de direction artistique comme ça qui, moi, me plaisait. C'était un Suédois, donc on dit toujours que les deux opposés se satirent. Mais en tout cas, ça faisait un bon équilibre entre moi, un peu, comment dire, qui part dans tous les sens, et lui, avec son espèce de sagesse nordique. C'était super. Il était même un peu autiste. Mathias Björklund, il s'appelait. très talentueux. On a adoré faire des séries ensemble, notamment pour le milk décoration. Je pense que c'est là qu'en effet, le design est rentré visuellement dans mon cerveau. Je m'attends à ça comme ça. Il y avait un peu les deux à mettre en scène. C'était assez intéressant.
- Speaker #0
C'est ce qu'on aimait dans le milk.
- Speaker #1
C'était difficile d'ailleurs parce que des équipes de mode Dans des lieux où il n'y a que des choses fragiles, c'est quand même difficile, il faut faire attention à tout, d'autant plus que dans n'importe quel endroit lambda. J'étais toujours très stressée qu'il y ait de la casse ou que la coiffeuse pose sa brosse là où je n'allais pas.
- Speaker #0
Donc là, c'est l'arrivée du design, c'est intéressant. Là,
- Speaker #1
c'est l'arrivée du design, mais qui était évidemment, j'allais dire presque évident. C'est ça ! Parce que, évident ou pas, parce que moi-même, j'ai baigné depuis que je suis née dans le milieu, alors pas du design, mais de l'art contemporain, de l'art tout court d'ailleurs, par ma naissance, mes parents. Donc le père de ma mère, en fait, était le directeur et le fondateur de l'école des beaux-arts et d'architecture. Lumi, où tu as étudié, justement.
- Speaker #0
Je voulais rebondir dessus tout à l'heure, mais exactement. Et un très grand peintre.
- Speaker #1
Donc, un grand peintre et un super grand-père. Et donc, du coup, j'ai eu, moi, le plaisir. Ils avaient aussi une maison dans cette école. C'était leur maison de fonction. Moi, depuis que je suis petite, avec mes cousins, c'est là-bas que vous allez le mercredi ou le samedi ou le week-end, à Noël. Donc, du coup, l'enceinte de l'école. Le week-end était fermé aux étudiants, mais nous, c'était un terrain de jeu. Donc, il y avait des œuvres, en tout cas des amorces d'œuvres un peu abandonnées. Donc, on jouait avec ça. Bref, c'était quand même assez chouette. Et surtout, il y avait aussi l'atelier de mon grand-père. Donc, j'étais complètement dans cet élément depuis vraiment mon tout jeune âge. Et puis, il se trouve qu'en effet, pour l'histoire familiale... Mon père lui-même venant d'une famille qui n'avait rien à voir, son père lui-même avait une petite entreprise de menuiserie. Mon père rentrant dans la famille de ma mère, je pense, a souhaité s'acheter une culture. C'est vraiment très moche comme façon de le dire, mais a voulu, je pense, peut-être un peu par égo. pour pouvoir être à la hauteur des discussions, à table, etc., s'initier. Donc, il s'est initié tout seul, vraiment, autodidacte, en achetant des bouquins d'art. Donc, il a commencé du début jusqu'à quelque chose de très contemporain, voire conceptuel. Et finalement, il est devenu le plus pointu de toute la famille. C'est génial. J'avoue qu'on ne sait pas trop d'où, comment il a fait ça. Et ma mère est toujours épatée de son parcours.
- Speaker #0
C'est fascinant. Il s'est arrêté,
- Speaker #1
malheureusement, beaucoup trop tôt. mais en effet oui on on On ne comprend pas comment il est devenu aussi pointu alors que rien ne... ne le prédestinait à ça, ni dans son milieu de naissance, ni même avec ma maman et sa famille, qui n'étaient pas dans quelque chose de conceptuel. C'était de l'art contemporain, mais pas conceptuel. Donc voilà, on est assez épaté par ses choix et son nez, en tout cas, à cette époque-là. Voilà, donc tout ça pour dire que j'ai baigné moi-même là-dedans, que chez nous, enfants, il y avait, oui, des œuvres d'art. j'étais de 10 ans toutes les discussions, même si j'écoutais que d'une oreille, mais sur toutes les expositions, toutes les réflexions de mes parents à table. On ne parlait que d'art. Ils ne parlaient que d'art. Les vernissages. Les préparations d'expositions, etc. Moi, j'étais là avec plus ou moins d'intérêt, on va dire. Mais en tout cas, c'était vraiment ce que j'avais sous les yeux, sous les oreilles. Vraiment, c'était mon environnement. À son grand... à sa grande déception, lui, il aurait adoré que je travaillais avec lui.
- Speaker #0
Justement, c'était une question que je me posais.
- Speaker #1
Je ne sais pas pourquoi, il pensait peut-être plus à moi qu'à ma sœur à ce moment-là, qui, toutes les deux, on était trop jeunes pour savoir vraiment ce qu'on allait faire. Oui,
- Speaker #0
parce qu'il vous a quitté il y a une vingtaine d'années. Il est mort en 2005,
- Speaker #1
donc ça fait 21 ans déjà. Et donc, du coup, en tout cas, au départ, il avait envie que j'intègre un peu la galerie avec lui. Et puis, je pense que ma sœur, comme moi, on avait d'autres passions. Donc ma sœur, au départ la danse, puis finalement le cinéma. Et moi-même, c'était en effet à la fois le design, la mode, le théâtre. C'était plein de choses. Et je suis allée vers la mode, en effet. Voilà, je pense que j'avais peut-être besoin. On avait peut-être besoin chacun de faire notre propre chemin.
- Speaker #0
Ça peut être ça souvent. C'est-à-dire que ça doit être difficile aussi de porter presque cette... héritage familial. Ça peut être même une entreprise. Tu parlais de la menuiserie. On peut comprendre aussi l'envie d'un enfant, quel qu'il soit, d'aller faire son propre parcours, sa propre expérience, quitte à revenir dans l'entreprise familiale un peu plus tard. En fait,
- Speaker #1
très honnêtement, je suis même pas sûre d'y avoir pensé.
- Speaker #0
Oui, c'était pas conscientisé. C'était pas conscient.
- Speaker #1
Mais je crois que la mode était ma passion. Je pense que ma soeur, comme moi,
- Speaker #0
L'art contemporain n'est pas notre passion, enfin n'était pas notre passion, mais c'était un amour passif, on va dire ça comme ça. C'est-à-dire que c'était autour de nous, donc on ne s'en rendait même pas compte qu'en fait on était bien dans notre environnement tout simplement. Et on avait beaucoup de chance en effet de vivre ça sans bien se rendre compte que c'était un avantage par rapport à plein de gens qui n'étaient pas du tout ouverts à tout ça. Mais du coup, c'était quelque chose de passif, vraiment, mais une évidence. Et puis, peut-être que cette histoire de collaboration avec le milk, en effet, a été le petit passage entre l'enfance et ce qu'il y a eu autour de moi et mon métier actuel. Voilà, en effet.
- Speaker #1
Je rebondis juste, je voulais dire une chose sur ton papa, parce que Hier soir, j'étais à la soirée Wise Women, on en parlait juste avant, du Sud, au bunker des Calanques, et il y avait notamment Anne Racine, qui est l'une des co-fondatrices de cette association Wise Women, de femmes des milieux de la création et de la culture. Et Anne m'a dit vraiment, donc ton papa, sa galerie, elle m'a dit c'était un précurseur, c'était incroyable aussi. l'impact qu'il a eu sur Marseille. Parce que, typiquement, d'avoir cet aspect très pointu, comme tu viens de le dire, et tout ce qu'il a mis en place, il a... Ouais, c'est lourd, le micro.
- Speaker #0
Tu les couilles, les couilles.
- Speaker #1
C'est ça, Julie, c'est là, genre... Moi, j'y suis habituée, c'est vrai, mais je comprends.
- Speaker #0
Je change de main.
- Speaker #1
Et justement, voilà, il a aussi fondé Art Dealers, qui était donc ce... Cette foire, tout l'impact qu'il a même encore aujourd'hui, c'est vrai qu'il y a cette foire, ce festival Artorama, fin août à Marseille.
- Speaker #0
L'enfant de l'art d'héberge.
- Speaker #1
C'est ça exactement. Je trouve que c'est impressionnant d'avoir cet impact sur une ville qui justement n'est pas Paris, parce qu'il faut quand même le dire. L'art en France, et puis même dans les... Tu vois, c'est comme aux Etats-Unis, tu as plusieurs villes. Oui,
- Speaker #0
avec le manque de décentralisation qu'il y avait et qui est en train de changer. L'art en France, c'est Paris à la base.
- Speaker #1
Je trouve que c'est très intéressant aussi de voir à quel point, finalement, l'impact. C'était émouvant d'entendre Anne parler comme ça avec autant d'émotion, tu vois, vraiment de ce que ça lui a apporté. Tu vois, elle m'a dit, moi, il m'a vraiment, en fait, mis en contact avec l'art.
- Speaker #0
Oui, oui. Je pense qu'il l'a fait pour pas mal de gens, et c'est bien que tu vois qu'elle dise ça et que tu lèves toi-même, parce que ce serait compliqué de le dire comme ça, même si je le pense quand même, parce que je vois bien ce qui se passait. Parce que voilà, quand il est décédé, j'avais 31 ans, donc j'avais roulé ma bosse. Donc j'étais quand même consciente de ce qu'il faisait. Mais en effet, oui, c'était... sa galerie a commencé, je ne sais plus les dates exactes, mais en 84, quelque chose comme ça. C'était d'abord une association, après ça s'appelait l'ARCA, après c'est devenu la galerie Roger Pellas. Et en effet, dès le départ, il a été très... Oui, il a eu, je pense, un regard assez pointu. C'était un homme d'affaires aussi, malgré tout, donc peut-être que ça l'a aidé à manager ça d'une certaine façon aussi. Il n'avait pas peur, il aimait entreprendre, ce qui n'était pas forcément mon cas au départ, mais finalement je l'ai fait. Il voyait ça comme un challenge aussi de faire comprendre, d'essayer de donner envie aux gens de se passionner d'art. Il a essayé beaucoup, étant lui-même dans un milieu justement du bâtiment, d'intéresser d'autres gens du bâtiment à l'art, de les initier, puisqu'il avait encore pendant un moment son entreprise de menuiserie, plus la galerie. Et donc, en effet, il a réussi avec certains, en effet, qui l'ont suivi. Puis il était devenu très ami aussi avec Rudi Ricciotti, notamment à l'époque. Un grand architecte. Qui dit lui-même aussi que c'est mon papa qui l'a initié à tout ça et qui est toujours très fidèle.
- Speaker #1
L'architecte du Mucem, notamment.
- Speaker #0
Voilà, absolument. Et qui, en tout cas, tous les jeunes gens qui s'intéressent à l'archi, je pense, le connaissent. Au-delà de son heure, une façon d'être un peu particulière aussi. qui moi me fait beaucoup rire je pense que tous les jeunes ils aiment beaucoup je pense qu'il est un peu irrévérencieux mais bon bref voilà en tout cas ils ont été très proches et se sont très bien entendus et Rudy est toujours très fidèle voilà donc en tout cas tout ça pour dire que oui il a été il a pas voulu se limiter en effet à à faire quelque chose d'attendu, en tout cas à Marseille à l'époque. Il avait une grosse galerie ici, il avait une antenne à Paris aussi. Il faisait toutes les foires internationales, l'Armorichaud, d'Art Basel, et tout ça, évidemment, de La Fiac, qui ne s'appelle plus La Fiac, mais de Feu La Fiac, je ne sais pas comment on peut dire. Donc il faisait toutes ces grosses foires, ce qui lui permettait quand même, à une époque où il n'y avait pas les réseaux sociaux, d'avoir un rayonnement à l'international. et en effet les... gros collectionneurs, il y en a quelques-uns à Marseille, mais les gros collectionneurs sont quand même souvent à l'étranger, malheureusement pour nous, et ou à Paris, ou à l'étranger, dans les pays Suisse, Belge, etc. Donc il a connu pas mal de gens comme ça. Et puis après, il a eu, enfin après, au bout d'un certain nombre d'années, il était assez reconnu justement pour faire des stands. Alors j'en parle, parce que des gens m'en parlent, même si j'étais présente, mais je n'oserais pas le dire de moi-même. Il était... connu et reconnu pour ses stands de foire qui étaient assez conceptuels aussi. C'est-à-dire que souvent, il n'y avait rien.
- Speaker #1
Je veux dire, il n'y avait pas rien.
- Speaker #0
C'était radical. C'est-à-dire qu'il pouvait y avoir... Il avait travaillé avec Daniel Buren, par exemple, entre autres, Dan Graham, des gens comme ça, très pointus. Et il pouvait avoir un stand où il n'y avait que du parquet de Buren. Et c'est tout. Et juste après... son mobilier de galeriste pour pouvoir recevoir les gens sur le stand. Donc oui, je ne sais pas d'où il est...
- Speaker #1
C'est génial.
- Speaker #0
D'où il a sorti cette radicalité, en effet, de son esprit.
- Speaker #1
Mais peut-être que justement, puisqu'il est complètement autodidacte, il s'est permis cette liberté totale, tu vois, contre les codes un peu plus attendus, finalement. Et j'ai l'impression que tu en as un peu hérité dans ce que tu fais aujourd'hui. d'une façon très flatteur. Non mais tu vois, c'est comme ça que je le perçois. Parce que toi tu t'es aussi...
- Speaker #0
Moi j'aime pas faire comme tout le monde.
- Speaker #1
Ouais mais voilà, on se retrouve donc dans un appartement qui est ton appartement, qui est donc un appartement-galerie. Donc ça, une galerie, voilà, on vend, on est bien d'accord, c'est quand même un... On est quand même dans une entreprise, un business, tout comme une galerie d'art, tu vois. Donc c'est intéressant de voir comment Tu t'es aussi laissé cette possibilité de faire les choses exactement comme tu les entendais, comme elles venaient, tu vois. Et peut-être que c'est aussi grâce à ce que vos parents vous ont donné comme modèle aussi, tu vois.
- Speaker #0
C'est vrai que j'avoue que je pense beaucoup à lui dans tout ce que je fais, même si évidemment, je ne fais pas du tout la même chose. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est vraiment la notion de... C'est plus le design déjà. Et c'est plus la notion de... Le rapport à l'habitat, ça, c'est sûr. Mais oui, peut-être qu'en effet, j'ai ce côté où j'ai envie de le faire à ma façon. Et je résiste un peu à quelques codes qui seraient sans doute bienvenus, mais où je n'ai pas trop envie d'aller. Et en effet, oui, peut-être après justement toutes ces années dans la mode où j'ai dû suivre des codes, je me suis dit, bon, maintenant, à mon âge, je n'ai plus envie, même si je change de business. de carrière à mon âge, je n'ai pas envie de certains codes. Donc, j'essaie de m'y tenir. Ça me montre à quel point je suis honnête dans ma démarche. C'était ça que je voulais dire. Donc, en effet, j'ai eu envie de monter un projet qui était sur mesure pour moi. Donc en effet, revenue à Marseille après le confinement, après ces années où j'ai pu faire ces séries intermédiaires mode et design, le confinement m'a aidée peut-être à prendre une décision que je n'arrivais pas à prendre sur mon retour à Marseille après 25 ans à Paris. Et c'est vraiment pendant le confinement que l'idée m'est venue. Je m'étais pris la tête depuis un petit moment pour savoir comment je pouvais un peu évoluer. Je sentais que la presse, ça devenait compliqué. Donc voilà, je laissais la place un peu aux petits jeunes qui pouvaient apprécier cette façon de travailler qui n'était pas la mienne, sachant que j'avais connu beaucoup mieux. Donc voilà, on va dire ça comme ça. Et je m'étais dit, ben voilà, j'ai envie de travailler dans quelque chose qui m'excite autant que la mode m'a excité au départ de mon travail. On a cette chance quand même d'être dans des métiers... On choisit un peu de travailler par passion. Donc j'ai pensé à ça comme ça. En effet, j'ai pensé moi-même aussi, comme tu le dis, à un petit rapport avec mon papa, puisque en effet, je me suis dit je vais faire ça dans un appartement. J'aimais cette notion aussi parce que le confinement nous...
- Speaker #1
Nous y obligeait.
- Speaker #0
Nous obligeait et nous éloignait des gens. J'avais envie de faire... Donc j'étais à Paris encore pendant le confinement. confinement, mais j'ai réfléchi au concept en me disant, j'aimerais bien faire ça dans un appartement, ce qui permet de donner une âme aussi au lieu, avec les pièces des artistes qui mettent leur âme dans les pièces qu'ils font, avec l'âme de mon appartement, de ma vie, avec mon petit chat, les gens qui passent, les amis, les amours, et les emmerdent. Et voilà. Et puis, et donc, Donc du coup, de permettre aux gens... En fait, j'avais envie de désacraliser, mais de permettre à des gens pas spécialistes justement de l'art contemporain de désacraliser un petit peu leur vision de l'art contemporain, d'aller vers quelque chose qui s'intègre dans l'habitat et qui du coup les aide à être moins timide. Donc dans une galerie White Cube, souvent on est timide, on n'ose rien demander, pas de prix, rien du tout. Et puis dans un magasin, on ne dit même plus bonjour. Et là, je me disais que j'avais envie de quelque chose d'intermédiaire. On pouvait se rencontrer, parler, passer un vrai moment ensemble. Donc moi, quand j'en reçois des gens, je reste deux heures avec eux.
- Speaker #1
Alors, je rebondis sur plusieurs choses. D'abord, quand on parle d'une galerie white cube, c'est littéralement un cube blanc. Et donc, c'est vraiment la galerie classique qui a pignon sur rue. absolument c'est précisé parfois mais non ne t'excuse surtout pas donc ça c'est une première chose que je voulais préciser une autre chose que je voulais dire c'était aussi par rapport à quand tu parles de désacraliser je trouve que c'est très intéressant une des notes que j'ai prise en préparant cet entretien c'est justement je lui ai dit est-ce que tu trouves que justement tu rends plus accessible les pièces, donc tu y as répondu exactement. Oui et non. Je vais te dire deux. Si tu peux me permettre. Vas-y.
- Speaker #0
En fait, c'est-à-dire qu'à la fois, je veux les désacraliser, mais je ne veux pas les vulgariser.
- Speaker #1
C'est une belle nuance. Donc, depuis le départ,
- Speaker #0
j'ai pris la décision, bon, ça changera peut-être un jour, mais pour l'instant, en tout cas, je m'y tiens au bout de cinq ans, de surtout pas faire un site de vente en ligne.
- Speaker #1
j'ai un site
- Speaker #0
qui montre toutes les pièces que je présente, que je montre, que je défends, etc. Mais je refuse de faire un site marchand parce que justement, pour moi, ce serait vulgariser les pièces que d'appuyer sur un bouton pour acheter comme si on était au supermarché. Donc moi, ce qui m'intéresse, puisque j'ai, au-delà de l'activité professionnelle et évidemment avec laquelle on vit, j'ai quand même envie sincèrement d'attirer les gens vers... un intérêt différent à ces pièces. La notion du temps que ça met de faire telle pièce en céramique. Bref, juste de donner ce temps à ces pièces. Et donc, du coup, les gens peuvent me contacter. On s'envoie des mails. Ça crée un contact et pas juste un bouton. Tout ça a été, j'ajoute, quand même pensé pendant le confinement. Donc vraiment à un moment donné où on ne pouvait pas vraiment... qu'on sauvait, on ne pouvait pas se voir. Donc, c'était plein de frustration depuis tout ça. Malheureusement, on est reparti pas forcément dans les bons sens, mais bon, on a vite oublié. Mais en tout cas, je voulais vraiment désacraliser, mais pas vulgariser. C'était vraiment un point très important, peut-être par rapport au fait que je... Je suis enfant de cet univers-là, donc c'est quelque chose auquel je pense comme respect qui me semble primordial.
- Speaker #1
Alors tu disais justement, quand quelqu'un vient, je passe deux heures avec la personne. Je me demandais, est-ce que tu construis ta visite en amont ou est-ce que tu laisses la personne ? déambuler, enfin tu vois comment ça se passe concrètement parce qu'on arrive chez toi, évidemment moi je suis arrivée chez toi, tu m'as accueillie évidemment, comme vraiment avec l'hospitalité tu vois et beaucoup de chaleur, mais voilà comment on déambule dans un appartement tu vois enfin oui oui comment ça se construit ?
- Speaker #0
Très honnêtement je prépare jamais rien, puisque je sais pas toujours, en fait les gens me contactent, par le site ou par Instagram. Oui,
- Speaker #1
on ne peut pas venir comme ça.
- Speaker #0
L'adresse n'est pas révélée au public. C'est vraiment que pour les gens qui nous contactent pour venir en rendez-vous. Et donc, du coup, là, on leur donne l'adresse secrète. Et au final, je ne sais pas forcément à qui j'ai affaire. Souvent, je regarde un peu sur Google qui c'est, etc. Puisque c'est quand même faire rentrer les gens chez moi aussi. Mais en effet, je ne sais pas. pas vraiment ce pour quoi ils viennent. En fait, je laisse vivre mon instinct et mon ressenti et celui de la personne qui me rend visite aussi. Et donc, en effet, j'ai toujours à boire, etc. Pour démarrer comme ça, on se dit, tiens, comment je vous ai connus, vous aussi. Et puis, en fait, de fil en aiguille, parfois, on ne fait que parler. parfois, on s'arrête sur le canapé et on regarde à peine les œuvres. Ça peut arriver aussi. Il y en a certains qui voient ça un peu... Des fois, je me dis que j'ai l'impression d'avoir été le psy pendant une heure. C'est assez rigolo aussi. Mais ça peut arriver. C'est vraiment très variable. Tout ça est très spontané. Il n'y a pas de réflexion. Au préalable, en tout cas. Après, les gens avec qui je travaille, je les connais. Je connais leur... leurs oeuvres, etc. Je connais tout ça, mais je n'arrive pas à... Je crois beaucoup à la spontanéité des choses et des rencontres.
- Speaker #1
Et ça t'arrive de littéralement vendre une pièce comme ça lors d'une première visite ?
- Speaker #0
Très franchement, c'est assez rare. Ou alors c'est des petites pièces. Je comprends, mais c'est pour ça que je me demande. Non, en fait, pas tant que ça. J'essaie de réfléchir. Non, je ne crois pas. Ça peut arriver sur des pièces vintages, etc. Mais... Ça n'a jamais été sur une grosse œuvre, un gros tableau, un tableau d'une certaine valeur. Ça n'a jamais été le cas comme ça. Mais les gens, en tout cas, viennent pour les voir en vrai, s'ils ont besoin, ce que je peux comprendre très bien. Mais en effet, non, c'est souvent... Ce que j'aime bien, c'est en fait, c'est en ça que je faisais le parallèle avec mon papa tout à l'heure. Mon père, avant justement, donc avant la naissance de... d'artorama, donc il existait Art Dealers qui était la foire d'art contemporain qu'il avait créée lui-même à Marseille et il s'en orgueillait de l'appeler la plus petite foire du monde Oh j'ai peur ! De toute façon il ne pouvait pas rivaliser avec la FIAC donc c'était la plus petite foire du monde mais il y avait une façon de recevoir les gens les galeries, donc je ne sais même plus combien il y avait de galeries peut-être 8 galeries des artistes et les collectionneurs donc il était vraiment pour créer un lien entre tous ces gens un lien qui n'existait pas à la FIAC, à un lien qui n'existait pas à l'Armorichaud, etc. Vous trouvez une façon de créer un lien entre tous ces acteurs de l'art contemporain et que ce soit quelque chose de plus durable. Donc, en fait, je n'y ai pas pensé vraiment au moment où je l'ai fait, mais d'une certaine façon, c'est un peu la même chose. C'est-à-dire qu'en créant cette intimité... entre nous tout de suite en laissant les gens rentrer un peu dans mon univers même si j'ai pas du tout l'impression de montrer quelque chose de très intime étonnamment je crée un lien aussi avec eux un lien, on se connait on se rencontre, on parle de ce qui nous plaît et Souvent, ça donne lieu à des ventes, mais après. On s'est connus, on s'est reconnus. C'est souvent en plusieurs étapes.
- Speaker #1
Ça ne m'étonne pas, c'est ce que je ressentais.
- Speaker #0
Du coup, les gens vont suivre après d'une autre façon, sans doute. Maintenant qu'on s'est connus, ils ont vu le lieu, ils ont compris un peu ma démarche aussi. Et puis, ils sont après inscrits sur la newsletter ou sur Instagram. Et oui, ça crée quelque chose. Mais j'aime bien ça, justement.
- Speaker #1
C'est moins évident. C'est moins mercantile aussi, finalement.
- Speaker #0
Et puis finalement, moi, ça m'arrange aussi. Je n'ai pas empaqueté soudain un truc qui est une pièce en céramique que je ne peux pas empaqueter comme ça en deux secondes parce que c'est quand même des pièces déjà assez onéreuses et fragiles. Donc oui, c'est très bien comme ça.
- Speaker #1
J'ai pris un plan de questions. J'essaie de bien penser à tout. Donc justement, évidemment, il y a... C'est intéressant ce que tu dis sur cette intimité. Évidemment, en termes de business pur, un avantage à recevoir chez soi, c'est que tu n'as pas un second lieu. Absolument. Donc, tu as beaucoup moins de charges, évidemment, etc. Et puis même professionnellement, j'imagine que tu as un buy mix. Donc, tu t'organises avec tes charges. Donc, c'est super. Financièrement, c'est intéressant. Logistiquement, c'est peut-être... moins parce que tu as quand même des étages en plus, etc. Mais voilà.
- Speaker #0
Tu es un peu déménageur professionnel. Oui,
- Speaker #1
voilà, exactement, par rapport à une galerie qui serait sur rue. Mais j'imagine que dans les inconvénients, moi, la première chose à laquelle j'ai pensé, c'est comment tu... Et puis ça fait lien avec le télétravail. Comment tu vas chez toi le soir ? Tu vois ce que je veux dire ? En gros, tu termines ta journée de boulot. Merci. Tu vois, comment est-ce que t'arrives, parce que c'est difficile de cloisonner, on ne peut pas, est-ce que tu as, je ne sais pas, mis un genre de rituel en place, quelque chose qui... Non.
- Speaker #0
Je comprends très bien parce que ça a été un gros sujet pour moi pendant un petit moment qui n'était pas forcément facile à gérer. En effet, au début, j'avais tendance, dès que ma semaine était terminée, hop, à partir, j'allais presque dormir chez ma mère. C'est ça, pour vraiment faire une scission entre la... La semaine et le lieu de travail et pouvoir m'en évader puisque j'ai créé un gros bébé pour moi soudain après 25 ans dans un autre domaine. Donc beaucoup de changements à ce moment-là. Et puis il y a eu un moment où ça a été à l'inverse. C'est-à-dire que j'ai eu besoin, au contraire, de rester plus chez moi pour en refaire un chez moi aussi. Dans les heures de travail. je suis dans mon bureau et une fois que c'est terminé je ferme mon ordi, hop, égal c'est chez moi maintenant donc en effet j'ai réussi, je pourrais pas te dire combien de temps mais en effet oui j'ai eu besoin pendant un moment de me trouver, de me retrouver dedans pour m'en faire un chez moi, et d'ailleurs à tel point que mes placards sont remplis d'oeuvres, d'art, donc du coup je n'arrive même pas à avoir mes propres affaires, mes vêtements, etc. Parce qu'il y a des céramiques partout, des tableaux partout. Donc en fait oui, ma partie on va dire intime que les gens ne voient pas forcément à mon étage, et en effet ressemble plus à un atelier d'artiste qu'autre chose, où finalement je ne suis pas artiste mais je vis dans un atelier d'artiste. Et en même temps, ça me battrait bien puisque ça reste un atelier d'artiste. Parce que je connais depuis que je suis petite aussi. C'est ça.
- Speaker #1
Et alors, là, actuellement, l'exposition s'intitule Jardin secret. Ça a commencé le 22 juin et c'est jusqu'au 30 septembre. Donc, tu fais à peu près quatre expositions par an.
- Speaker #0
Alors, j'essaie. Au départ, en effet, il n'y avait pas vraiment de séquence, justement, comme ça. C'était un mélange depuis le départ d'une quinzaine d'artistes contemporains, je dis artistes pour faire large, de savoir-faire, d'art contemporain. Et de pièces vintage que je chinais un peu au gré de mes trouvailles, avec des grosses signatures pour certains et pas du tout signatures pour d'autres. Et puis, au bout d'un petit moment, j'ai eu envie de créer comme un événement, même si je ne fais pas de vernissage, etc. C'est dans un appartement, donc ça ne s'y prête pas. Et je me suis dit que ça allait me permettre aussi un petit peu de thématiser, de séquencer, de créer de l'actualité tout simplement aussi. Et donc ça reste à peu près une sorte de saisonnalité, on va dire ça comme ça, même si je ne veux pas me limiter à ça non plus. Et puis ça peut me permettre aussi de faire des projets hors les murs. Donc l'année dernière, par exemple, j'avais pu faire la Paris-Izanne Week. ou faire après une exposition chez Tabouret Ménorca, qui appartient à Isis Colom Cambreas et Karel Balas. Donc ça me permet de faire d'autres choses en plus. Et puis une sorte de renouvellement de l'espace. Alors, ce n'est jamais la révolution, je n'ai jamais des murs rouges, mais parce que j'habite dedans, donc j'ai quand même...
- Speaker #1
Ben oui.
- Speaker #0
envie que ce soit appréciable dans l'ambiance pour moi, même si ce serait très chouette de pouvoir aller beaucoup plus loin que ça, mais tant que j'y habite, en effet, je cherche quelque chose où je m'y sens bien en y vivant aussi.
- Speaker #1
Donc, là, tu l'as intitulé Jardin secret, comment tu conceptualises un peu chaque chaque... thématique et surtout comment tu choisis les artistes, comment tu fais ta sélection et puis est-ce qu'il y en a qui restent toujours j'ai l'impression que oui tu vois, comment tu fais tout ce travail là et c'est combien de temps en amont ce processus là oui,
- Speaker #0
alors pour l'instant c'est pas tellement de temps en amont puisque j'ai peut-être un peu de mal à m'organiser justement puisque c'est un peu récent, cette nouvelle façon d'organiser. Donc, parfois, c'est peut-être un peu dommage pour de la presse ou je ne sais quoi qui me disent « Ah, mais c'est dommage. Nous, on boucle deux mois avant. » Et pourtant, Dieu sait que je le sais. Mais en effet, je n'arrive pas à faire autrement. Et il se trouve que comme je fais déjà un peu tout, du coup, c'est compliqué en plus de me faire un programme vraiment à l'avance. De plus, j'essaie vraiment d'écouter mon instinct, comme je le disais, déjà plusieurs fois tout à l'heure. Donc, en fait, au départ, quand j'ai démarré, je suis vraiment allée vers différentes personnes que je connaissais, dont j'aimais le travail. Donc, ça a commencé vraiment comme ça, avec des gens avec qui j'avais un lien humain aussi. Alors, pas pour leur faire plaisir, parce que moi, ça me plaisait sincèrement. Et donc, je suis plutôt quelqu'un d'assez fidèle. fidèle à condition que l'autre soit correcte aussi avec moi, évidemment, et que tout ça se passe de façon très fluide et main dans la main, et qu'on grandisse ensemble en parallèle. Donc c'est le cas avec pas mal qui sont là encore. Olivia Cogné, Corinne Marchetti, par exemple. Et en effet, je pense qu'après, je réfléchis... C'est difficile de... Tout se passe beaucoup dans ma tête, ma tête est très animée, objet inanimé, ma tête est animée.
- Speaker #1
On va en parler du nom, je ne suis pas encore venue, mais bien sûr.
- Speaker #0
En fait, oui, je n'arrive même pas à me souvenir. En fait, je fais un peu comme quand je faisais mes séries de mode. C'est-à-dire que souvent, dans mes séries de mode, j'avais des, je disais toujours en m'amusant, des fantasmes d'images. Je visualisais quelque chose dans ma tête.
- Speaker #1
Oui, tu avais une vision.
- Speaker #0
Voilà, et quand je disais fantasme, évidemment, rien de sexuel dans tout ça. et du coup quand je visualisais les choses je savais que j'allais faire une bonne série parfois je démarrais quelque chose et je ne le visualisais pas et en général ça allait être naze et c'était naze et donc là j'essaye de je le construis vraiment comme une styliste justement donc avec des mélanges de matière, de choses mat de proportions, de couleurs ou pas de couleurs j'ai parfois un peu de mal avec les couleurs comme certains qui me suivent l'ont peut-être compris depuis le début Parce qu'aussi, c'est dans mon espace intime, parce que dans une même pièce, on voit tout d'un coup, puisque c'est une grande salle où il y a un peu tout en un coup d'œil ou presque. Donc, évidemment, je fais en sorte que ça ne parte pas dans tous les sens. Et moi-même, je sais mieux manager des choses sobres que des choses très colorées. Chacun son talent. Et donc, quand il y en a, c'est toujours par petites touches. ou en tout cas elle se... comme en mode, cela dit moi-même, j'ai toujours en noir et blanc et puis hop, une petite touche rouge, une petite touche plus haut jaune, une petite touche et donc je fais un peu pareil dans l'intérieur donc il n'y a pas de la couleur partout, là il y en a beaucoup en ce moment d'ailleurs, mais je suis très contente mais voilà, je le fais vraiment comme une styliste et donc là j'ai eu envie juste dans l'idée d'une d'une exposition estivale, donc j'ai pensé à toute la sensualité de l'été, ce que ça nous procure de bien-être, le côté peau, le côté sensuel, les bruits de l'été, la chaleur accablante que l'on a connue ces derniers temps, et à contrario, le besoin justement de fraîcheur, d'ouverture sur l'extérieur, sur la mer, etc. Donc c'est un peu comme ça que j'ai démarré dès le départ l'idée de l'exposition. je suis partie en effet plus ou moins de cette pièce de Samantha Cardin que j'ai sous les yeux qui est une pièce qui s'appelle L'ennui qui est une pièce de Samantha qui est en céramique sur laquelle elle vient peindre c'est
- Speaker #1
un tableau en céramique exactement,
- Speaker #0
en fait elle fait de la céramique depuis un petit moment, elle est très douée elle est vraiment très très bonne dans tout ce qu'elle fait et j'aime particulièrement sa peinture sur céramique et Tout est parti de ce tableau-là. C'est terrible parce que je l'adore. Je ne sais pas comment faire. Il est là et elle-même me dit qu'il était fait pour chez toi. C'est super. On s'est rencontrés il n'y a pas si longtemps que ça. Je suis partie vraiment de ce tableau que je trouve incroyable. J'aime tout. Le côté intimiste de cette position, un peu recroquevillée, sa sensualité. Le côté rocheux qu'on peut entrevoir dessous de sable ou je ne sais quoi. L'eau. L'eau, la couleur du ciel. Bref, j'ai adoré cette pièce. Le fait que ce soit des carreaux fonds que, selon comment on se positionne, ça brille aussi un petit peu. C'est plein de choses très subtiles. Mais une fois de plus, c'est vraiment avec un regard de styliste. Je suis partie de ça. Et puis après, j'ai demandé à Corinne Marchetti, avec qui je travaillais souvent, si elle n'avait pas envie de faire une fleur exprès.
- Speaker #1
elle travaille les plantes donc c'est une pièce spécifique c'est une question que je me posais aussi en fait c'est un peu les deux il y a des pièces que je trouve vraiment je travaille beaucoup avec Instagram je dois l'avouer pas que mais beaucoup parce
- Speaker #0
que je suis abonnée à plein de choses tellement riche c'est un livre ouvert après à nous de choisir les gens qu'on suit et choisir des choses de qualité et hop on peut découvrir des choses au passage comme ça de compte en compte et puis J'ai demandé à Corinne, avec qui je travaille depuis le début, est-ce que tu n'aurais pas envie de faire une plante, puisqu'elle m'a déjà proposé pas mal de plantes, dont plusieurs qui ne sont plus là puisqu'elles sont vendues, une fleur qui représente cet état de l'été, de la floraison, mais aussi de l'accablement sous la chaleur. Elle a interprété ça à sa façon. Donc moi, je donne des pistes comme ça. Et qui répond très, très bien avec cette pièce. Et qui répond parfaitement avec la pièce de Samantha Cardin de façon troublante, même dans les émots qu'elle a fait. Les couleurs,
- Speaker #1
c'est incroyable.
- Speaker #0
Donc je suis ravie, je la trouve juste somptueuse. Après, qu'est-ce qu'il y a eu ? Il y a eu le coup de cœur, en effet, pour le travail de Pablo Octavio, qui est un designer. allemande d'origine espagnole. C'est la lampe et la chaise ? Non, c'est le Lampis Lounge Set. C'est un ensemble de... On dirait du plâtre. C'est incroyable, c'est une texture incroyable qu'il a mis au point. C'est vraiment une mousse qu'il découpe, qu'il arrache avec ses mains pour en faire différents morceaux sur laquelle il y a une sorte de résine et de... de matière un peu résineuse qu'il vient imposer sur le dessus qui lui permet d'être anti-levé qui n'a pas de problème pas friable qui est assez costaud en plus on peut s'asseoir dessus c'est relativement ferme un peu souple ce qui est très agréable donc on n'est pas un morceau de pierre et en effet la façon dont il a déchiré la mousse donne une impression de rocailleuse qui est dingue et donc j'aimais ça aussi Tout court, gros coup de cœur, mais parce que ça rappelait justement les rochers des calanques marseillaises avec ce blanc un peu crayeux comme ça qu'il y a dans les calanques qui se retrouve aussi dans la pièce de Samantha Cardin. Donc voilà. Après, je crois que c'était Julian Mayer, avec qui je travaille depuis peut-être deux ans, qui m'a proposé une lampe. Donc j'ai pas mal de pièces de lui qui sont des pièces en... en acier miroir, assez étonnante, presque un peu comme des diamants, des bijoux, du mobilier bijoux. Et donc, c'est lui-même, c'est un concours de circonstances qui m'a proposé une lampe qu'il avait faite. Et je lui ai dit, super, et hop, je me suis dit, elle sera parfaite dans l'exposition. Pour que ça fasse du mat, du rocailleux, quelque chose de lisse, de miroir. Le miroir de Sébastien Gaffari, que j'avais déjà montré depuis un an. qui était aussi... Toujours pareil, dans l'idée d'un hublot sur l'extérieur, sur la mer, sur quelque chose de froid et de rafraîchissant.
- Speaker #1
Et ce qu'il y a d'autre,
- Speaker #0
il y a quelques pièces vintage dont ces chaises incroyables qui ressemblent à des têtes de taureau que je trouve fantastiques, que j'ai chinées moi-même et qui ne sont pas signées mais qui sont incroyables. Et puis en effet Virginie Huchet, qui est une artiste française qui a déjà une petite carrière. et avec qui je suis en contact depuis un petit moment. Et puis là, j'ai eu un coup de cœur pour cette pièce en particulier qui, je trouve, illustrait parfaitement cette idée de quelque chose d'estival, l'envie de nature, de fraîcheur, etc. Et donc, c'est une pièce avec des répétitions. Moi, j'aime beaucoup la répétition visuelle qui, pour moi, donnait quelque chose de presque un peu conceptuel, même si son travail n'est pas toujours fait dans cette idée-là. Mais là, en l'occurrence, je la voyais beaucoup plus conceptuelle que sans doute l'idée dans laquelle elle l'a réalisée. Et je la trouve magnifique, la façon dont l'arrière est peint. Je trouve ça vraiment... En fait, c'est très rafraîchissant, Rien que de la regarder. C'est très agréable pour moi. Qu'est-ce qu'il y a d'autre ? Il y a une autre petite pièce, en effet, de Samantha Cardin, qui est aussi une sorte de fleur de jardin. La très belle lampe sculpture d'Adélie Ducasse en céramique. Voilà, c'est un peu tout. Et Olivia Cogné quand même, j'ai oublié.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Quand même, Olivia Cogné, on ne peut pas l'oublier. Qui fait un vase, c'est incroyable, qui ressemble justement à une sorte de forme de vague.
- Speaker #1
Ou de colocinte.
- Speaker #0
Qui pourrait être entre fleurs et vagues.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est très beau, très très beau. Et alors comment, parce que là tu disais justement par exemple, Tu peux... commander une pièce ou sinon les artistes, artisans, designers te les proposent. Et c'est quoi purement le business model ? C'est-à-dire que tu achètes ou est-ce que c'est du dépôt ? Alors ça dépend des artistes. En effet.
- Speaker #0
Globalement, pour tout ce qui est vintage, évidemment, j'achète. Je suis obligée.
- Speaker #1
Comment ça se passe concrètement ? Est-ce que il y a de l'achat ferme ? Est-ce qu'il y a du dépôt ? post et du consignment, comme on dit. Est-ce que, enfin, voilà, quel est le modèle économique entre toi et les artistes ?
- Speaker #0
Alors, pour la plupart, c'est quand même beaucoup de consignment, comme tu dis, puisque c'est des pièces qui vont être à un moment et qui ne m'appartiennent pas, qui appartiennent à l'artiste tant qu'elles ne sont pas vendues par la galerie Objet Inanimé.
- Speaker #1
C'est intéressant ce que tu dis, parce qu'en effet, il y a cette question de la propriété. Et donc, il y a le transfert de propriété uniquement au moment de la vente.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et donc, après, il y a l'assurance, mais ça, toi, tu t'en charges, évidemment.
- Speaker #0
Du coup, pour la plupart, c'est comme ça. Il y en a certains dont j'ai dû acheter les pièces, mais c'est plus rare. Et puis, évidemment, toute la partie vintage que je dois acheter, évidemment, quand j'ai mes petits coups de cœur. Mais oui, après, de toute façon, oui, c'est du... du consignment, mais tout ça est fait sous forme de contrat. Ils acceptent parce qu'ils connaissent déjà ce que je fais ou pas, ou en tout cas, ils voient d'autres noms qui font partie des artistes que la galerie montre, qui les rassurent aussi, j'imagine, évidemment. J'espère en cinq ans commencer à me faire un petit nom. Et puis, s'ils me découvrent, ils découvrent, ils voient visuellement à quoi ça ressemble, en tout cas, moi, sur Instagram, sur le site. il y a des noms moi j'aime bien être un peu découvreuse modestement et puis après sentir qu'il y a un engouement ce qui a été plusieurs fois le cas donc j'étais plutôt assez fière de mon regard mais en effet j'aime bien aussi bien être découvreuse si j'ose dire Et aussi quand même avoir des gens qui commencent à être un peu des pointures, comme Roberto Ruspoli, comme Olivia Cogné, qui est là depuis vraiment le tout début. J'étais vraiment la première à montrer son travail. On se connaît depuis un petit moment du milieu de la mode à Paris notamment. C'est un petit équilibre entre tout ça.
- Speaker #1
Et le prix est toujours fixé par l'artiste ? Ou est-ce que parfois tu donnes ton avis ?
- Speaker #0
C'est un peu les deux. Par exemple, Olivia Cogné, c'est fixé d'avance. Moi, je fais ma sélection chez elle, avec elle et son équipe. Et elle me donne le prix auquel... que vaut la pièce, en fonction de sa cote. C'est ça. Elle est très, très successful, notamment aux Etats-Unis, où elle a démarré, avec des prix, dès le départ, assez élevés. Et puis, il y en a d'autres avec qui je discute, et on se met au point sur ce qu'on pense qu'on devrait faire. L'idée, c'est que de toute façon, tout soit fluide, qu'on s'entende bien, qu'on soit d'accord. Moi, je veux vraiment, si je deviens amie, on devient amie. Mais l'idée, c'est vraiment qu'on se sente, qu'on travaille main dans la main. C'est-à-dire que personne ne fait de cachoterie. Tout le monde se dit des choses. Tiens, j'ai un maître d'Intel, qu'est-ce que tu en penses ? Il me demande un prix, est-ce qu'on fait un prix ? On en parle ensemble. C'est quelque chose qui est fait conjointement et ça doit être fluide. Je ne vois pas comment on peut travailler autrement. Sinon, forcément, ça...
- Speaker #1
ça va droit dans le mur alors galerie objet inanimé j'ai attendu longtemps avant de donner ce nom moi j'adore ce nom parce que tu ne le sais certainement pas vu qu'on ne se connait pas encore mais moi j'aime beaucoup le Japon et j'aime notamment cette philosophie assez animiste des japonais, c'est-à-dire que selon eux, les objets ont une âme. Donc évidemment, ce nom m'a tout de suite attirée. Évidemment, on pense tout de suite au célèbre poème de Lamartine, Objet inanimé, avez-vous donc une âme ? Et puis évidemment, tu leur offres, je pense que c'est presque parce qu'ils sont en habitat, in situ. qu'ils prennent toute leur âme, qu'ils s'expriment pleinement et au contact des autres aussi, etc. Donc, comment ce nom t'est venu ?
- Speaker #0
Alors, pour être très honnête, ça m'est venu, c'est une trouée de ma maman. J'avais envie, en effet, au début, je cherchais un nom. Je pense que j'avais du mal à mettre le mot galerie en tant que fille. de galiste. Au départ, il n'y avait pas que galerie. Finalement, j'ai fini par arriver à l'assumer. Objet inanimé, j'avais envie qu'il y ait des choses assez poétiques dans tout ce que je pouvais montrer, dans la pluralité des choses que je pouvais montrer, qu'ils soient des pièces d'art contemporain, du design, des choses plus décoratives, etc. J'avais envie qu'il y ait cette possibilité-là aussi. Et en effet, ma maman a toujours été assez littéraire. Et en effet, c'est elle qui m'a suggéré le nom d'objet inanimé. Donc, évidemment, en hommage à Alphonse de Lamartine. Donc, j'en parlais beaucoup au début. J'ai un peu lâché maintenant. Mais au départ, c'était tout à fait ça. Et évidemment, la question... Enfin, pour moi, la réponse était dans la question. Évidemment, certains ne l'ont pas compris. Ce qui m'a surpris, même de personnes un peu... qui étaient plutôt brillantes. Donc, j'étais assez surprise. évidemment quand on aime les objets et les oeuvres et les belles pièces qu'on peut avoir envie d'avoir autour de soi évidemment c'est qu'on leur alloue quelque chose d'important et puis plus on vit avec ce qui est ma chance là entre chaque exposition plus on en est convaincu un
- Speaker #1
nom alors déjà je me suis dit bon même si en effet ton compte Instagram porte ton nom ton prénom et voilà tu notes Merci. Le compte le plus long d'Insta. Oui, un peu trop. Je vais te raconter. Mais oui, c'est intéressant de voir que tout est sur la porte, entre guillemets. J'aime bien ça. C'est-à-dire qu'on t'identifie beaucoup plus facilement et rapidement. Mais c'est quand même un nom très français. Et donc, je me demandais si ça avait aussi un impact par rapport à ta clientèle. Je me demandais parce que... clientèle locale marseillaise ? Est-ce que tu as une clientèle plus parisienne ? Est-ce que tu as une clientèle internationale ? Est-ce que c'est un peu de tout ça ? Voilà, tu vois comment... Et parce que t'as quand même un compte Instagram qui a une jolie communauté aujourd'hui, que tu alimentes toi toute seule, tu le disais tout à l'heure, tu fais tout toute seule.
- Speaker #0
J'ai un photographe, j'ai des photographes. Oui, pardon, mais je veux dire dans la création de contenu,
- Speaker #1
dans l'animation, dans l'administratif, dans la logistique,
- Speaker #0
les choses chouettes et moins chouettes.
- Speaker #1
Bien sûr. Il y a un peu plusieurs questions en une, mais tu vois que déjà, par rapport à la clientèle, quel type de clientèle, ça m'intéressait. Et après, on en reparlera, je pense, aussi justement de cet aspect de création de contenu
- Speaker #0
Oui, oui,
- Speaker #1
qui est... très fort et qui, à mon avis, évidemment, participe du rayonnement d'objets inanimés.
- Speaker #0
Pour te répondre sur la première question, en effet, finalement, même si je suis installée à Marseille, il se trouve que c'est quand même principalement à Paris que les choses vont et à l'étranger.
- Speaker #1
Je m'en doutais.
- Speaker #0
C'était un petit peu une déception, pour être très honnête, au départ, parce qu'en effet, Les Marseillais n'ont pas été très réactifs à la... Comment dire ? J'ai eu de la presse, etc. Mais j'ai presque eu de la presse marseillaise, même deux ans après avoir eu de la presse nationale. Donc c'était presque assez rigolo. Mais je pense qu'en tout cas, oui, je ne sais pas. C'est une histoire de... Je pense qu'il y a plein de choses qui rentrent en ligne de compte. C'est que Marseille, c'est une ville du Sud, que culturellement, peut-être qu'aller chez quelqu'un... Ça perturbe aussi un peu les gens qui ne sont pas habitués à ça. Moi, ça ne me semble pas incroyable non plus. Il y a plein de galeries à New York, tout ça, où c'est sur cette thématique-là. Même Emmanuel Perrotin, sa première galerie, ça s'appelait Ma Galerie, et j'y allais moi-même quand j'étais jeune. Et c'était son appartement qui était rue Beaubourg à l'époque. Donc voilà, je n'ai rien inventé, mais toujours est-il que ça n'existait pas à Marseille et que peut-être ça a perturbé certains. Voilà, après... Pourquoi ? Je ne sais pas. J'ai quand même quelques familles qui viennent et qui sont régulières, alors qu'ils ne sont pas forcément à Marseille, mais un peu autour de Marseille, qui sont des collectionneurs qui m'ont acheté pas mal de pièces. Mais vraiment, elles se comptent sur les doigts de ces familles, sur les doigts d'une main. Et la plupart du temps, ça part quand même à Paris, où ça peut être évidemment sur la Côte d'Azur, le Luberon, etc. Mais c'est souvent des gens de Paris, justement, qui ont des belles maisons à droite, à gauche. Et... Et sinon, ça part pas mal à l'étranger aussi. Donc finalement, oui, ça paraît bizarre d'être revenue vivre à Marseille et de vendre finalement à New York. C'est ça. Au début, j'étais, comme je te disais, un peu déçue. Et puis après, je me suis dit, le principal, c'est que ça fonctionne. Donc moi, je profite du ciel bleu, qui n'est pas tout le temps bleu quand même. Mais tu ne l'aurais pas fait à Paris,
- Speaker #1
de toute façon, ce projet ?
- Speaker #0
Je ne sais pas. En fait, je me pose toujours beaucoup la question. Est-ce qu'un jour, je ne retournerai pas à Paris ? Parce que ça me... Ça me travaille quand même, parce que je me sens à Paris. En fait, moi je dis toujours que j'ai la deuxième nationalité, donc je me sens aussi bien à Marseille qu'à Paris. Et toutes mes années de jeunesse étaient ici, à Marseille, pardon. Mais toutes mes années professionnelles d'adulte étaient à Paris. Donc mon réseau, je me le suis fait en travaillant à Paris. Oui, oui, t'es une double vie. Avec justement, j'ai une double vie tout à fait. avec des photographes étrangers, avec des mannequins. J'aimais bien cette mixité à Paris de plein de gens qui venaient de partout dans le monde pour un même travail. Parfois, Marseille me frustre un peu pour ça, en tout cas en hiver peut-être, surtout. On n'est pas à Miami non plus, donc l'hiver, c'est aussi l'hiver à Marseille, même s'il est plus doux qu'à Paris. Donc là, j'ai beaucoup plus envie d'être à Paris. Beaucoup d'amis, toujours à Paris. Et puis, quand même, les musées, etc. C'est incomparable, même si Marseille est mieux que jamais pour tout ça.
- Speaker #1
Oui, il y a un très bel élan depuis quelques années. Anne Racine, dont on parlait tout à l'heure, m'a dit que vraiment, elle sentait depuis 4 ans à peu près. Moi,
- Speaker #0
je dirais que c'est vraiment depuis le confinement. Le confinement, c'est ça. quand même Marseille, c'était quoi ? Un élan créatif, culturel. Il y a eu plein de budget qui a été alloué pour que vraiment la ville puisse un peu se transformer et passer un cap puisqu'elle était vraiment, comme beaucoup de villes en France, centralisation maximum sur Paris. Le reste n'existait pas ou peu. Donc là, il y avait eu déjà des choses qui avaient été faites et qui étaient très positives. Je pense vraiment que le confinement a... rajouter une couche vraiment énorme. Ça a été à Marseille, mais ça a été à Bordeaux, ça a été à Biarritz. Les gens disent qu'il y a trop de parisiens partout. Mais bon, il faut bien. La plupart du temps, ce ne sont pas des parisiens, surtout. Mais il ne faut pas l'oublier. Mais en effet, oui, ça a d'un seul coup accéléré les choses. C'est étonnant parce que c'est quand même un public assez jeune, je dirais, les néo-marseillais. C'est quand même des 25-35, beaucoup. donc pas forcément des gens qui ont beaucoup de moyens mais des gens créatifs c'est pas forcément, je pense, ma clientèle en effet, moi je dirais que ma clientèle c'est vraiment entre, justement je regarde sur Instagram, ils mettent, c'est vraiment 35-55, c'est assez rigolo donc on sent que oui, c'est des gens je dirais quand même qu'ils ont une petite capacité d'endettement de se faire des beaux cadeaux euh Ça reste plus féminin que masculin, c'est assez amusant de regarder ces trucs sur Instagram. Mais voilà, c'est 35-55. Et donc là, les néo-marseillais, c'est plutôt 25-35, très créatifs, dynamiques. Les fameux,
- Speaker #1
le digital nomad. Oui,
- Speaker #0
voilà, de gens dans la food, dans la direction artistique, les graphistes, etc. Mais en effet, pas forcément les moyens de... collectionner en tout cas.
- Speaker #1
J'aime beaucoup ce terme de collectionneur, je rebondis tout de suite dessus. Pour toi, ça veut dire quoi, être collectionneur ?
- Speaker #0
Pour moi, c'est un terme, vraiment déjà, parce que mon père était galeriste et collectionneur, donc c'est un terme familier que j'affectionne. C'est vrai que je pense, je l'emploie parfois auprès de certaines personnes qui ont acheté des pièces chez moi. Parce que je suis contente de pouvoir les flatter, d'être quelqu'un qui vient régulièrement acheter. Je pense à une famille qui m'a acheté beaucoup de pièces d'Olivia Cogné depuis quelques années. Et je me dis qu'à un moment donné, c'est de la collection vraiment. Puisqu'en plus, en l'occurrence, ce ne sont que des pièces d'Olivia Cogné, je pense, depuis le début, qui viennent chez moi, ce couple. Ah non, il m'avait acheté une autre artiste aussi une fois, ça me revient. Mais en tout cas, je pense que oui, collectionneur, ça va induire un certain raffinement peut-être. Ou en tout cas, une notion de plaisir d'acquérir une pièce que pour soi et qui soit une pièce unique. C'est quelque chose que peut-être tout le monde ne peut pas comprendre ou n'est pas ouvert à ça. En effet, moi, peut-être que j'ai eu des codes. que tout le monde n'a pas... Forcément, je m'en suis aperçue avec mon activité, que des choses qui me semblent abordables, quand je dis abordables, ce n'est pas financièrement, c'est de par ce que ça représente, les gens n'ont pas les codes. Et donc là, je trouve ça assez amusant, évidemment, de m'en apercevoir. Mais oui, dans la collection, il y a ça, il y a cette notion d'avoir envie, d'avoir quelque chose à soi que personne d'autre... de pièces uniques, de choses qu'on va garder toute une vie, voire transmettre à ses enfants. Et on l'espère, de pièces qui peuvent aussi prendre de la valeur, parce qu'elles sont rares aussi.
- Speaker #1
Est-ce qu'un collectionneur a nécessairement l'envie de soutenir l'art et les artistes, à ton avis ?
- Speaker #0
Je pense oui. Il le fait d'une façon...
- Speaker #1
Plus ou moins consciente. Voilà,
- Speaker #0
plus ou moins consciente. C'est-à-dire que je pense qu'au départ, c'est presque un peu égoïste. C'est justement une sorte d'envie de possession de belles choses autour de soi. Mais forcément, en faisant ça, il aide la création, évidemment.
- Speaker #1
Sans être mécène nécessairement. Oui,
- Speaker #0
je pense qu'ils n'ont pas tous envie de ça. C'est génial si on rencontre... Pour tous les artistes, je leur souhaite tous de rencontrer des mécènes, évidemment. Mais tout le monde n'est pas mécène. Surtout pas les tonguets. C'est le plus rare.
- Speaker #1
Ça a vraiment évolué par rapport aux années... Même 1900, même au siècle dernier, etc. Il y avait une autre dimension du mécénat. Un artiste ne pouvait pas vivre sans un mécène, même. Et aujourd'hui, toute la dimension économique... a évolué dans l'art et donc je trouve que c'est intéressant aussi de voir et puis les mécènes sont presque maintenant à des niveaux financiers ou des grosses boîtes ou même des fondations c'est vrai que ça peut être aussi beaucoup mais je trouve que c'est intéressant de voir en effet toute cette évolution toi qui justement connais quand même bien le milieu de l'art justement grâce à la galerie de ton père, sache tes parents. Tu vois, comment tu vis cette évolution du marché de l'art aussi ? Et donc, est-ce que tu es, avec Objet Inanimé, est-ce que tu es un peu rebelle d'une certaine façon ? Oui.
- Speaker #0
En fait, c'est-à-dire que du coup, peut-être aussi, même si ce n'est pas réfléchi, j'avais pas envie de... Alors, je n'avais pas le mot galerie. Ce n'est pas galerie Julie Pellas non plus. Ça le viendra peut-être un jour. Mais en tout cas, j'avais besoin de faire mon propre chemin. Et moi, c'est quand même plus ce qu'on appelle le collectible design qui m'intéresse plus que l'art contemporain, même si j'aime l'art contemporain. Mais je ne suis pas forcément au fait, depuis que mon père n'est plus là, je ne vais pas forcément au foire ou d'une façon comme ça, un peu en touriste pour le plaisir. Mais je veux dire, je ne fais pas toutes les foires. Je ne suis pas complètement... Au fait de tout.
- Speaker #1
Pardon, je t'interromps. Est-ce que ce serait intéressant pour toi d'assister à des foires aussi ou des salons plus un peu autour du design ? Ça, je le fais moi-même. Mais pas en tant que... Tu n'as pas ton stand. C'est-à-dire que tu y vas en tant que visiteur.
- Speaker #0
Oui, mais je le fais, mais je ne le fais pas tout le temps. En fait, c'est vrai que je tiens vraiment à... Je dois être un peu atypique, peut-être. Je n'aime pas faire comme tout le monde, sans faire un truc de dingue non plus. Mais voilà, comme je te disais tout à l'heure, après tant d'années où j'étais en représentation pour le travail que je faisais dans un tel ou tel magazine, je n'ai plus envie, j'ai envie de faire comme j'ai envie. C'est bizarre de dire ça. Non,
- Speaker #1
au contraire.
- Speaker #0
Donc du coup, je loupe ça. sûrement des choses aussi, mais ce n'est pas grave, je les assume. Comme je te disais, j'ai choisi de ne pas faire un site marchand. J'aurais sans doute bien plus fonctionné financièrement au moment où je travaillais avec certains designers qui ont explosé. Ça aurait été bien mieux pour moi financièrement, mais je n'avais pas envie de faire ça. C'est vraiment, tu vois, c'est même limite étonnant. En le disant moi-même, je... Je m'amuse, mais c'est pour montrer vraiment ma bonne foi sur mon intérêt pour ça. Et pour reprendre ta question tout à l'heure par rapport aux collectionneurs, je pense qu'aussi il y a deux types de collectionneurs. C'est qu'il y a des collectionneurs qui sont des vrais amoureux de l'art et il y en a qui sont devenus collectionneurs par intérêt financier. Donc c'est aussi pas tout à fait la même chose.
- Speaker #1
Bien sûr. Et tu vois, justement, pour rebondir sur un peu toute cette création de contenu, ce terme qui est à la mode mais qui est bien réel, Tu parlais tout à l'heure aussi de newsletter. Tu l'envoies régulièrement ? Et à quelle fréquence ? Est-ce que tu aimes cet outil ? C'est quand même très Instagram. Globalement, je suis très visuelle.
- Speaker #0
C'est toujours été mon travail jusqu'ici. C'est ça que je sais faire le mieux, on va dire. J'ai voulu aussi, pour compenser justement le fait que... que j'étais en appartement sur rendez-vous que j'étais à Marseille et pas à Paris je pense que dès le départ l'idée d'être fort visuellement dans la communication visuelle c'était primordial c'était même pas réfléchi c'était un état de fait c'est comme ça que je sais que je savais communiquer donc dès le départ en fait c'est Il y a plus de 5 ans maintenant. Il faut se remettre dans l'époque aussi. Il y a 5 ans, il n'y avait pas du tout tous les comptes Instagram qu'il y a aujourd'hui, avec la qualité de visuel qu'on a. En effet, je pense que j'ai été remarquée et d'où le nombre, en effet, pas trop mal de gens.
- Speaker #1
Tu as plus de 20 000 followers, je crois.
- Speaker #0
Qui nous suivent. Je pense que ça a participé à ça. C'est-à-dire que j'ai... Je ne vais pas dire des premières, parce qu'on ne peut jamais dire des choses pareilles, mais j'ai été, en effet, assez tôt, j'ai proposé du contenu qualitatif pour une micro-boîte. Et parce que j'étais styliste, parce que je faisais appel à des photographes professionnels à qui je collaborais avec la direction artistique et le stylisme, et eux à la photo. Et donc, du coup, il y a eu... Je pense qu'on s'est fait remarquer, la Galerie Objet Inanimé s'est fait remarquer... à l'international aussi parce qu'on a fourni un contenu qualitatif comme on avait dans des éditos pour une boîte où j'étais seule dans la tête de la boîte avec en effet des intervenants comme des photographes avec moi quelqu'un qui m'aide aussi pour le site pour en tout cas la création du site après c'est moi qui le remplis donc je pense qu'on s'est fait remarquer comme ça en effet très vite j'ai eu des ripostes de... de ADUS, des choses. Et moi-même, je me disais, si vous savez que c'est dans mon petit appart du 6e à Marseille, je trouvais ça génial et j'étais très excitée. Il y avait... Comment s'appelle-t-elle ? La patronne de Gouple, Gwyneth Paltrow, qui s'était mise à me suivre assez vite. J'étais hystérique. Elle n'a jamais rien acheté, malheureusement. Mais elle me suivait, elle likait de temps en temps. Au début, c'était vraiment elle. Maintenant, ça y est, elle s'est enlevée, personnellement. Pas de mon compte, mais je pense de tout, de toute façon. Donc oui, c'était assez génial. En fait, je pense que j'ai compris assez rapidement, avant l'engouement, Coup de... Instagram était un outil exceptionnel pour montrer son travail, pour chercher des choses. Et que c'était vraiment une ouverture sur le monde entier. Et donc j'ai voulu très vite créer quelque chose avec ce médium qui était génial. Qui n'est peut-être déjà même plus tout à fait ma génération.
- Speaker #1
Est-ce que tu réfléchis, ou c'est trop tôt, à comment tu vas faire... évoluer, peut-être développer un peu objets inanimés ? Est-ce que, par exemple... Alors, j'ai bien compris, il n'y a pas de site marchand. Génial. C'est très clair et ça fait vraiment sens. Mais je ne sais pas, est-ce que tu réfléchis... Est-ce que, par exemple, tu peux être aussi styliste, mais tu vois proposer des... Je ne sais pas, moi, des particuliers de faire... de sélectionner pour eux des pièces. Est-ce que tu parlais un peu de hors les murs tout à l'heure ? Est-ce que tu as des idées un peu plus comme ça, même peut-être à l'étranger ? C'est quoi un peu les étapes suivantes ? Est-ce que tu y réfléchis ?
- Speaker #0
Oui, oui. En fait, je pense que de toute façon, quand tu crées une boîte, tu es en perpétuelle réflexion, en perpétuelle constatation. Parfois, justement, ce n'est pas simple parce qu'il n'y a pas vraiment de constat sûr. Et en effet, j'ai démarré juste au moment où il y a plein de problèmes géopolitiques partout. Donc en effet, tout le monde sert un peu les fesses. Et on sent qu'on est vraiment, comment dire, dans la merci un peu de tout ça. Je l'ai vu très honnêtement, très vite, avec justement le premier conflit en Ukraine, etc. Tout de suite, plus personne pendant un mois. Moi, je ne vends pas des pièces. Ce n'est pas une boutique. Mais oui. Je vais vendre deux pièces dans le mois, mais c'est des pièces qui font que c'est quand même une certaine somme. Mais je vends peu de pièces, forcément. Et donc, en effet, période de nouveaux conflits égale, il ne se passe plus rien. Je ne suis pas la seule, évidemment. Mais du coup, c'est très compliqué. Et comme il y en a de plus en plus, il y a des conflits. Alors malheureusement, les gens semblent s'habituer un petit peu parce qu'au bout d'un moment, ils se remettent à consommer. tant mieux pour nous et tous les gens qui travaillent là-dedans mais oui c'est pas simple et du coup pardon je me suis éloignée de ta question c'était quelles sont un peu tes pistes de développement donc en effet tu réfléchis forcément j'ai réfléchi tout le temps je souhaite faire plus de choses hors les murs, moi j'aime bien mon concept peut-être qu'un jour j'aurai une galerie qui sera pas un appartement et qui sera une galerie white cube c'est possible mais
- Speaker #1
Tu te l'autorises, en tout cas. En fait,
- Speaker #0
toute éventualité est possible. Aujourd'hui, c'est comme ça. Ça peut changer, ça peut changer comme ça. Mais tout est possible dans ma tête. Et en effet, pour moi, je pense que le plus important, dans les temps qui viennent, c'est de continuer à faire ce que j'ai déjà fait, à savoir de faire une exposition hors les murs, comme j'ai fait à la Paris-Isan Week l'année dernière, en septembre, où j'ai pu faire, en effet, une exposition d'un seul artiste, donc montrer aussi que je n'avais pas besoin de m'appuyer par un canapé, un canapé à une chaise, etc. Je pouvais faire une exposition White Cube, moi aussi, donc avec juste un artiste. Et un solo show, pas forcément une exposition collective. Voilà, solo show, exactement. Et en l'occurrence, je l'avais fait avec un artiste qui s'appelle Prince of Sun, qui est très peu connu, on va dire, en tout cas depuis il commence un petit peu à se faire connaître. Et donc, du coup, j'aimais bien ça. La possibilité de montrer, justement, l'éventail de savoir-faire que je pouvais avoir. Donc, je peux aussi faire ça. En effet, faire du stylisme et de la curation, globalement, je peux le faire aussi pour des particuliers. Je peux le faire, évidemment, pour des projets d'hôtellerie et restauration. C'est ce que je fais déjà avec un... Un architecte en particulier, avec différents, mais en tout cas avec un avec qui je collabore ces derniers temps régulièrement sur ses propres projets. Mais ça,
- Speaker #1
c'est en ton nom ?
- Speaker #0
C'est quand même la galerie Objet Inanimé.
- Speaker #1
C'est possible dans ton objet social pour revenir sur un truc très terre-à-terre.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en effet, pour l'instant, en effet, là, c'est-à-dire qu'il, quand je dis il, c'est au pluriel, c'est avec son équipe, il me montre par exemple, soit ils me parlent d'une pièce qu'ils ont repérée, qu'ils imaginent à tel endroit soit ils me montrent le projet en m'expliquant le projet et j'ai les plans, les 3D avec un emplacement avec à peu près la dimension maximale, le volume que pourrait avoir la pièce et là je propose donc pour l'instant en tout cas avec ce cabinet, en l'occurrence c'est pas que avec ce cabinet, il y a plein de gens mais là c'est Plusieurs fois, ça s'est produit plusieurs fois avec lui, ce cabinet, et sur plusieurs projets. En effet, il me laisse proposer aussi des choses, mais ça reste des pièces de la galerie Objet Inanimé. Moi, j'essaie de mettre en avant, évidemment, les artistes que je défends, que je promeux. C'est dans l'intérêt de tous. Maintenant, très honnêtement, évidemment que je connais bien plus d'artistes que des gens avec qui je travaille. Donc, si on me demande, en tant que Julie Pellas, curatrice...
- Speaker #1
je peux aller beaucoup plus loin que juste la vingtaine d'artistes avec qui je travaille et donc là on est d'accord que tu perçois en plus des honoraires si je le fais en dehors de la galerie bien sûr et
- Speaker #0
tu touches complètement si c'est que la galerie c'est la galerie qui prend sa commission sur les pièces des artistes qui sont vendues Et les archis prennent aussi des commissions. Je sais,
- Speaker #1
je connais bien tout ça. Comme tu le sais bien, voilà. Non, c'était juste un truc.
- Speaker #0
En effet, tout ça, c'est quelque chose d'assez... C'est bien qu'on ait l'occasion d'en parler, parce qu'en effet, c'est vrai qu'à partir du moment où tu te présentes comme galeriste, les gens ne m'imaginent plus que comme galeriste. Moi, mon métier quand même d'origine, c'est d'être styliste. Donc, c'est d'être styliste, de faire une sorte de mise en scène, de scéno. Je ne peux pas dire que je suis scénographe non plus. Puis là, chez moi, c'est des choses que je fais qui ressemblent vraiment à un habitat. Le but n'est pas de faire une installation incroyable avec des bâches en plastique, etc. Ce que je pourrais m'amuser à faire, que j'ai déjà fait dans des shootings aussi, de mode auparavant. Mais là, l'idée, c'est de vivre dedans et de montrer ça sous cette forme-là. Donc, je n'essaie pas de faire un truc dingue. Je veux que ce soit dingue, mais abordable pour accrocher au mur et que les gens s'y projettent. C'est ça l'idée. Évidemment que je peux faire ça et ça me plaît beaucoup d'ailleurs, de pouvoir travailler sur des projets.
- Speaker #1
Mais tu vois ça, on ne le sent pas dans ta communication. Dans mon storytelling,
- Speaker #0
oui. Peut-être qu'il faut que j'en parle plus en effet.
- Speaker #1
Ben ouais.
- Speaker #0
Tu me diras, je n'ai pas toujours le temps de le faire, donc il faut trouver le bon créneau, parce qu'en effet, je ne chôme pas. Ça, c'est assez drôle, parce que j'ai plein de copains qui ne sont pas du tout de ce milieu-là, mais de l'ancien milieu de la mode, et qui me disent « mais qu'est-ce que tu fais ? Tu travailles beaucoup, qu'est-ce que tu fais en fait ? » Et je me dis « mais c'est fou qu'ils ne se rendent pas compte à quel point ça demande de travail, justement de... » Je fais à la fois la com, la curation, parfois le manutentionnel. Je me fais un peu aider aussi de temps en temps. Mais la logistique, c'est quand même un gros morceau quand tu vends des grosses pièces qui partent de l'étranger avec les douanes. Tu es souvent quand même en stress donc ce n'est pas livré. Donc oui, tu as des responsabilités. Quand les pièces que tu vends ont une certaine valeur, oui. Tant que ce n'est pas reçu, tu trembles. Exactement.
- Speaker #1
La commercialisation aussi. La commercialisation. Je rencontre tous les artistes.
- Speaker #0
On fait connaissance. On se parle de pièces. Moi, comme on le disait tout à l'heure, j'aime bien soit trouver une pièce, soit faire ça ensemble. Ce n'est pas moi qui réalise la pièce. Évidemment, c'est eux qui réalisent la pièce. Mais le travail d'un galerie, c'est aussi ça. En fait, ça ressemble vraiment au travail que je faisais avant. C'est-à-dire que moi-même, je mettais en image des séries de mode. Avec ma propre créativité, je prenais des pièces créées par des designers de mode. Je les mettais en scène selon ma créativité. Là, il y a quelque chose d'un peu similaire, c'est-à-dire que je les mets aussi en scène, en image en tout cas, et après dans mon intérieur, selon ma propre créativité. Et ça va au-delà sur certaines pièces ou avec certains artistes, où, comme je disais tout à l'heure, pour cette pièce, en l'occurrence, de Caroline Marchetti, ce qui n'est pas toujours le cas, je lui ai insufflé le décor dans lequel je voulais qu'elle puisse intégrer cette plante. Après, c'était son interprétation. Mais moi, je lui dis, j'ai envie d'une pièce qui fasse très estivale, qui ait l'air vraiment de courber les Chines sous la chaleur. Je ne m'attendais pas à ce qu'on ait un été aussi chaud dès le début. J'aime bien ça. Je l'ai fait depuis le début avec plusieurs artistes, plein d'occasions.
- Speaker #1
C'est très chouette. Pour résumer... tu es styliste,
- Speaker #0
curatrice ou galeriste oui exactement et pas artiste mais qui a plein d'idées à suggérer en tout cas j'essaye je sais que mon père faisait ça aussi je ne veux pas nous comparer tout le temps j'ai le souvenir en fait c'est juste de savoir repérer des gens avoir un peu de nez sur des gens qui sont plus ou moins talentueux et euh Déjà, il n'y a pas d'histoire d'ego là-dessus. C'est-à-dire que des fois, je prends, comme je te disais, une pièce qui est déjà parfaite. Je l'adore, je l'adore. Je suis hyper spontanée, en fait. Je l'adore. Si j'ai envie de quelque chose de façon spontanée, j'en parle. Si ça leur plaît, on fait un truc comme ça. Et du coup, c'est une pièce unique qui ne sera faite que pour la galerie. Ça vient de quelque chose que j'aurais suggéré. Mais après, c'est eux qui réalisent. Donc, ce n'est pas... Moi, je ne signe pas les pièces, mais je sais très bien que c'est fait avec ma demande. C'est ça qui est intéressant aussi.
- Speaker #1
On a abordé beaucoup de sujets, j'adore. Et j'aime bien, pour clôturer, terminer sur un mot, un seul. C'est difficile. Tu viens de parler de Shiva. Je le ressens bien, je vois très bien. Quel est le mot que tu aimerais ? Ah bah,
- Speaker #0
le Momo ! Le Momo étant le prénom de mon chat, je le rappelle.
- Speaker #1
J'adore !
- Speaker #0
Il a dû sentir que c'était le début de la fin.
- Speaker #1
Exactement. Est-ce qu'il y a un mot là qui te vient, sur lequel tu aimerais terminer ?
- Speaker #0
Je ne sais pas pourquoi, il y a un mot qui m'est venu, le mot que je préfère en anglais, tout le monde va se dire, bizarre comme idée, c'est le mot... « Perhaps » .
- Speaker #1
J'adore.
- Speaker #0
Je trouve ça hyper beau.
- Speaker #1
J'adore.
- Speaker #0
Et du coup, ça laisse un peu... Justement, chacun voit ce qu'il veut y voir et ça laisse tout l'avenir se créer tout seul par ce qui va se passer, la croyance en les bonnes choses qui vont se passer si elles doivent se passer. Il n'y a pas de hasard.
- Speaker #1
C'est très joli. C'est beau de terminer sur un « peut-être » comme ça. J'aime beaucoup. Et puis, il y a un suspens.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
tu vois, et c'est vrai qu'à l'oreille, il est très joli. Ce n'est pas maybe. Alors, je pense que perhaps,
- Speaker #0
en plus avec un bon accent. Voilà,
- Speaker #1
bien British, voilà. C'est très joli.
- Speaker #0
Ça a toujours été mon mot préféré en anglais, juste pour sa sonorité. Et j'aime bien, en effet, ce suspens complètement, puisqu'on ne sait pas où on sera demain. Merci beaucoup, Julie, pour cette très jolie discussion. Merci, Lily.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bouffe. Si vous avez envie de prolonger la discussion, n'hésitez pas à me contacter par e-mail lbm at lilybonnet.com sur LinkedIn ou sur Instagram. Et si, comme moi, vous trouvez que ce podcast mérite d'être encore plus écouté, alors pensez à le partager sur les réseaux ou à l'envoyer aux personnes qu'il pourrait intéresser. Et aussi, abonnez-vous Écrivez des commentaires, spread the love, mettez des étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. J'en profite pour remercier Philippe Drevet pour la composition de la musique originale de ce podcast et pour la réalisation de chaque épisode. On se retrouve le 15 du mois prochain et d'ici là, n'oubliez pas que everything happens for a reason.