- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans le premier épisode de l'année pour Phase B. L'épisode que vous allez voir a été tourné à Montpellier dans les bureaux de Occitanie Films avec le directeur Karim Ghiati. Alors Occitanie Films c'est une agence qui s'occupe des courts-métrages, des films et des séries développés et tournés en Occitanie. On va revenir dans cet épisode sur ce que ça veut dire. Mais Karim Ghiati il a aussi été programmateur en Corse d'une cinémathèque et on a vu ensemble comment est-ce qu'il choisissait les films qu'il programmait et comment est-ce qu'il essayait de faire pour ramener un maximum de public dans les salles. Et puis aussi, je profite de cette introduction pour vous annoncer que le podcast a enfin ses propres pages sur les réseaux sociaux Instagram et TikTok qui s'affichent juste ici, que je vous invite à aller suivre. Je vous invite aussi à vous abonner si vous regardez le podcast sur YouTube ou à aller le suivre sur les plateformes audio Apple Podcasts, Spotify, Deezer, etc. Et je vous laisse avec l'épisode. Karim Ghiati, bonjour.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Merci de m'acquérir dans ces bureaux. Donc tu es au commande de Occitanie Films depuis un certain moment, mais même avant ça tu as eu un parcours dans le cinéma qui mérite grandement le détour. Pour commencer notre discussion est-ce que tu peux me raconter comment ta passion pour le cinéma est apparue ?
- Speaker #1
Alors j'ai l'impression que c'est depuis toujours. Depuis toujours j'ai plaisir depuis enfant à voir des films. Moi j'ai grandi dans un petit village de la Yerpéi niçois qui s'appelle Rockebillière donc il n'y avait pas de cinéma. mais en revanche à Antibes, à Nice. Donc moi j'ai fait mes études à Nice, puis à Paris. Et vraiment très tôt, j'ai eu plaisir à voir des films sur le petit écran, à la Cinémathèque de Nice aussi. Donc voilà, la passion vient de ça et aussi du fait du plaisir et du désir de rencontrer les personnes qui font les films. Donc j'ai eu envie très tôt, à moins de 20 ans, de rencontrer tous les comédiens, vieux cinéastes dont j'apprécie beaucoup les films. Donc je pense que c'est vraiment né très tôt, de vouloir voir des films, vouloir en montrer, vouloir rencontrer ceux qui les fabriquent.
- Speaker #0
Tu as fait des études de cinéma à Paris, si je ne me trompe pas. Comment se sont déroulées ces années ? Comment tu l'as vécu et c'était plutôt théorique ou pratique ?
- Speaker #1
Alors moi c'était théorique, j'ai fait des études d'histoire et d'histoire du cinéma à Nice, à la fac de Nice et ensuite effectivement à Paris. Donc ce que je racontais sur le fait de rencontrer les personnes, c'était vraiment de faire des mémoires des sujets d'étude sur des personnes que j'avais plaisir à rencontrer. notamment des gens âgés avec toujours ce souci de conserver une mémoire et de faire en sorte que des parcours soient connus. Donc le temps d'une recherche pour un mémoire de Master 1, de Master 2, d'autres diplômes universitaires, d'aller rencontrer je pense un acteur comme Julien Berthaud, un acteur de théâtre et de cinéma, comme Jean Dasté qui était l'acteur fétiche de Jean Vigo, comme Fred Orin, producteur des films de Jacques Lattier notamment. producteurs, réalisatrices, comédiennes, qui sont tous décédés depuis. Quand je les ai vus ils avaient 80 ans. Et vraiment l'idée de vouloir conserver leur mémoire pour ensuite le partager via des articles ou des interventions que j'ai eu plaisir à faire et que je continue ponctuellement aussi.
- Speaker #0
Est-ce qu'entre le début et pendant les études ton envie de cinéma a changé ? Que ce soit dans la forme ou dans le fond ? plus ou moins envie en faisant des études de cinéma de travailler dans ce milieu. Et est-ce que la manière de le faire ça a changé ?
- Speaker #1
Non, moi j'ai une chance. J'ai plein de copains et je vois autour de moi des personnes qui hésitent sur quoi faire, qui hésitent entre plusieurs passions, intérêts. Donc moi j'ai eu cette chance. J'ai toujours voulu ce que je suis en train de faire, c'est à dire voir des films, lire des scénarios, aller sur les tournages, montrer les films, les accompagner, faire des discussions, des débats pour que les artistes, pour ceux qui font des films pour que leurs travaux, leurs créations soient vues par le plus grand nombre. Moi-même, je n'ai jamais voulu réaliser de films, je n'en ai pas fait. J'ai fait beaucoup d'entretiens comme on est en train de faire en ce moment. J'ai beaucoup d'archives sur mes petites cassettes auprès de... Il faudrait qu'un jour j'en fasse quelque chose peut-être, auprès de comédiens, de réalisatrices de différentes générations. Mais sinon, je n'ai jamais fait de films, ni de fiction, ni de documentaires, même m'écrit de scénarios. Mais en revanche, je suis très proche de ceux qui en font, qui écrivent et qui en fabriquent et j'ai toujours considéré que mon travail c'est de les aider à en faire, de faciliter des rencontres, de provoquer aussi des projets, et surtout faire en sorte qu'ils se tournent beaucoup, et en Occitanie ils se tournent beaucoup de films, et faire en sorte que ces films nombreux soient vus aussi par le plus grand nombre dans les salles de cinéma ou festivals.
- Speaker #0
Est-ce que tu avais une idée précise du métier que tu voulais faire ?
- Speaker #1
Alors je ne savais pas que c'était un métier, mais moi j'ai souvenir qu'en 4e il fallait écrire, ou en 3e écrire le métier qu'on voulait faire. Et moi j'avais écrit voir des films et en montrer. Je ne savais pas vraiment que c'était un métier. A 18 ans, 19 ans ce qui a compté vraiment c'est aussi de partir à Paris mais en tout cas quand j'étais à Antibes et à Nice en programmant des films, en les accompagnant. Je le faisais pour le plaisir, bénévolement, à l'Université de Nice, à la Cinémathèque ponctuellement, autour, voilà. Mais effectivement, en arrivant à Paris à 24 ans, là j'ai commencé à faire beaucoup de programmation dans le quartier latin, au Reflet Médicis notamment, à l'Épée de Bois, au Trois-Luxembourg, dans plusieurs cinémas, pour le plaisir parce que j'écrivais dans une revue qui s'appelait 1895, qui est la revue des historiens du cinéma, association dont j'étais trésorier moi. Et en fait... À un moment, oui, parce que ça fonctionnait bien. J'ai été rémunéré pour le faire. Donc j'étais ravi. Très heureux de voir des filles animées et en plus être payées pour le faire. Et ensuite, des charges de cours à l'université. Et ensuite, mon poste à la Cinémathèque de Corse à Porto Vecchio en 2002. Donc voilà. En fait, ce métier-là, je n'avais pas identifié que je pouvais l'éguercer pendant... Ça fait plus de 30 ans que je le fais maintenant d'en voir... d'en montrer, d'en analyser, d'en accompagner, de faire des débats avec les réalisateurs, de lire des scénarios en amont, aller sur les tournages et ensuite montrer les films dans les salles de cinéma.
- Speaker #0
Avant de passer à ton parcours en Corse entre 2002 et 2009, est-ce que lorsque tu étais à Paris, il y a eu une rencontre qui a accéléré, on va dire, ton entrée dans le milieu du cinéma ?
- Speaker #1
Alors oui, et en fait j'ai l'impression que c'était vrai tout le temps, c'était vrai à Antibes aussi, à Antibes c'était Julien Berthaud. qui a été professeur au conservatoire d'Antibes et qui a été à la Comédie française entre 36 et 58, qui a joué dans des films de Buñuel, dans des films de Truffaut, de Tavernier, de Grémillon, dans une quarantaine de films. Il est surtout un acteur de théâtre, donc ça c'est Julien Berthaud à Nice. Et ensuite à Paris, oui en fait c'est toujours des histoires de rencontres bien sûr quoi. Et les rencontres ce n'est pas vraiment du hasard, c'est juste être... C'est toujours être présent dans les salles et festivals. Donc pour moi spontanément sans plus y réfléchir, Pour moi la rencontre qui m'a beaucoup touché et qui me porte encore aujourd'hui, moi je suis très fan des films de Jean Vigo, donc qui a réalisé quatre films et qui est mort en 34 à l'âge de 29 ans et qui a réalisé notamment La Talente et Zéro de Conduite. Et j'ai bien connu sa fille, Luz Vigo. Et Luz Vigo a été journaliste, critique, animatrice, elle avait une salle de cinéma également. d'Antibes à Paris, très vite je l'ai rencontrée, on a échangé sur Jean Dastet, j'ai fait mon mémoire dessus. Et très vite en fait elle m'a beaucoup... c'est pas tellement qu'elle m'a aidée, c'est plus qu'elle m'a accueillie, elle était extrêmement gentille et généreuse avec moi. C'est elle qui m'a proposé de rentrer au Prix Jean Vigo. Et au Prix Jean Vigo, donc j'ai rencontré plein de monde hyper impressionnant parce que j'étais très intimidé, j'étais le plus jeune au milieu de Jacques Armabon, au milieu de Danès Varda qui en était la présidente, de réalisateurs comme Laurent Perrin, Jacques Champreux, etc. Puis l'équipe Gérard Vaujoie et Yann Vaujoie. Enfin toute équipe et chaque année il y avait une personne nouvelle qui arrivait. Mais donc là j'étais pendant plusieurs années effectivement à Lusvigo. Par Lusvigo j'ai rencontré Agnès Varda qui était présidente du jury. Et on s'est côtoyé, je l'ai vu pendant deux mois, mars-avril, pendant des années, à l'épée de bois où on visionnait les films. Donc voilà, mais après à Paris en fait j'organisais tellement de débats, en moyenne une ou deux par semaine, j'ai rencontré tous ceux que je pouvais voir côtoyer quoi donc les acteurs de Robert Bresson, de Jacques Becker... voilà mais après j'en suis ni content enfin j'en suis pas fier c'est juste que mon plaisir c'était d'organiser le maximum de rencontres pour valoriser et dire à ces personnes combien on admire leur parcours.
- Speaker #0
Donc tu le disais juste avant en 2002 t'arrives et t'es programmateur d'une cinémathèque en Corse comment t'en es arrivé déjà à être programmateur.
- Speaker #1
Oui, alors effectivement on était à Paris avec Corinne, mon épouse et puis il y a eu la création de la Cinémathèque. Moi je connaissais bien le président de la Cinémathèque de Corse Jean-Pierre Matéi parce que dans la revue 1895 et à Paris je m'agitais pas mal via les articles dans la revue, les programmations, les cours à la fac etc. Et il y a eu la création de ce poste de directeur artistique de la Cinémathèque et en fait pour plusieurs personnes on a échangé à plusieurs j'ai rencontré jean-pierre matéi et je n'avais jamais mis les pieds en corse alors j'habitais en tib c'était en face mais je n'étais jamais allé et j'ai démarré en janvier 2002 et donc là j'étais vraiment extrêmement heureux parce que le il y avait un gros enjeu quand il y avait ce bâtiment il fallait qu'ils vivent à l'équipe tourne l'association la corse et le cinéma existait depuis des années déjà il ya un gros travail qui avait été fait et il fallait donner une nouvelle impulsion et jeu et pendant des années je me suis dans le bâtiment à Porto Vecchio, mais aussi en nouant des partenariats avec plusieurs structures, festivals, soit à Bastia, à Corté, à l'université, à Ajaccio, à Sartène, enfin voilà. Et donc chaque semaine ou presque, j'étais quelque part en Corse, au plus près des réalisateurs toujours, au plus près des tournages. et c'est comme ça qu'à l'époque des réalisateurs comme Julien Colonna, Thierry Peretti, Frédéric Farucci, Pascal Tagnati avaient démarré uniquement leur premier court-métrage donc maintenant ils sont tous passés au long métrage et puis aussi moi je me suis complètement j'étais en immersion totale dans la culture sur place que ce soit par les écrivains, que ce soit par la musique également donc à la Cinémathèque en fait j'ai essayé avec plein de soutien d'amis, d'associations, de dynamiser le lieu, de faire venir aussi des personnalités marquantes, créer des archives au site ou travailler aussi d'exposition que menait l'association. Donc moi ça a été vraiment des années qui ont été hyper riches et mes meilleurs amis sont toujours en Corse et je suis toujours en lien avec plusieurs des réalisateurs bien sûr, enfin avec pas mal d'habitants hors secteur du cinéma. C'est vrai que la grande découverte pour moi, c'était la richesse de la vie culturelle corse. J'arrivais de Paris et j'ai découvert en janvier-février 2002 un livre de Marco Blancarelli et un livre de Jérôme Ferrari. Je suis allé à la librairie et j'ai dit : « Voilà, j'arrive de Paris, j'aimerais connaître un peu mieux » . La libraire m'avait conseillé quatre ou cinq livres, dont celui de Jérôme Ferrari et Marco Blancarelli qui s'appelle « Prisonnier » . J'ai adoré ces livres, c'était vraiment des chocs littéraires de les découvrir. Et deux ou trois mois après, on me dit que ces deux, Jérôme et Marco, sont profs au lycée. Moi, je ne savais pas qu'ils vivaient ici. Donc je les ai rencontrés, je les ai invités à la Cinémathèque. Et Marco Bancarilli a une écriture extrêmement cinématographique. Mon livre préféré, c'est Orphelin de Dieu, qui est un western qui se passe en Corse au XIXe siècle. Il y a une écriture très ample, très cinématographique, très découpée. Aujourd'hui encore, j'ai plaisir à lire tous les ouvrages de ses écrivains et quelques autres aussi.
- Speaker #0
À la Cinémathèque en Corse, il y a combien de personnes qui travaillent ?
- Speaker #1
Je pense que c'est une dizaine. Une dizaine à la fois au patrimoine, à l'éducation à l'image, une dizaine.
- Speaker #0
Quand on programme, pour toi, tu le vois comment ? C'est plutôt choisir des films ou c'est aussi créer une relation avec la salle, avec le territoire, le public ?
- Speaker #1
Je trouve que le travail de programmation, c'est toujours ce mélange-là. C'est-à-dire trouver... Choisir le film pour avoir un angle un peu éditorial, mais de provoquer une rencontre avec les publics. C'est-à-dire qu'en fait on peut faire des programmations qui sont en dehors du désir du public et d'avancer seul. Et puis s'il y a peu de personnes, se dire que ce n'est pas notre faute, que c'est à cause des réseaux sociaux, de Netflix, du Covid, des DVD, des VHS. Je remonte volontairement parce que j'ai toujours entendu toutes les excuses qui justifieraient que les salles ne soient pas pleines. Et je sais que ce n'est pas facile pour les salles. Moi, je passe mon temps en Rhône-Occitanie, il y a 216 cinémas. Je suis allé dans près de 150 d'entre elles. Je connais beaucoup d'équipes et ce n'est pas facile vraiment la médiation, le lien au public. Mais je pense qu'il faut avoir cette exigence-là, c'est-à-dire d'essayer de faire en sorte... Ce que j'essaie de faire à Porto Vecchio ou dans d'autres programmations ailleurs, c'est effectivement de ne pas seulement me faire plaisir et de programmer les films de Jean Grémillon, Jacques Becker, Lou Beach... de Preston Sturges ou d'autres films que j'aime beaucoup, ou d'autres pays. Mais c'est surtout essayer de faire en sorte qu'il y ait une rencontre avec une exigence et un souhait de toucher un large public. Pour ça, je me suis beaucoup appuyé sur des visages connus, grand public, qui sont des artistes passionnants. Je crois beaucoup au rapport très incarné au cinéma. Et effectivement, faire une soirée avec Bernard Giraudot, pour la Corse, avec Laura Morinthe, avec Agnès Jauhy, avec Frédéric Pierrot... avec Costa Gavras, avec Barbé Schroeder, avec Patrice Chérault, etc. Je sais qu'on va toucher un large public et l'objectif c'est à la fois ce soir-là on touche le public et la séance suivante, la semaine suivante, le mois suivant, donc souvent je pensais les bandes annonces aussi, d'essayer de faire en sorte qu'une programmation qui ne soit pas accompagnée soit aussi suivie. Avec toujours l'exigence du jeune public, moi j'ai plaisir à ce que dans une salle il y ait des lycéens, des étudiants, donc le meilleur moyen c'est de les intégrer à la programmation leur proposer de passer leur court métrage, de présenter le film qu'on présente à plusieurs etc. Qu'il y ait aussi eu un partenariat pour fabriquer une affiche avec l'option artistique. Enfin trouver toutes les manières de mélanger ce plaisir qu'on a dans un cinéma de regarder un écran et d'échanger derrière soit sous forme de ciné-club avec moi en l'occurrence ou à notre personne soit en présence d'un invité qui a fabriqué le film.
- Speaker #0
- Est-ce que tu te souviens du premier
- Speaker #1
premier film que tu as choisi de programmer à porto vecchio oui alors ce devait être en février donc moi je suis arrivé en décembre donc la première programmation devait sortir en février j'avais invité jean becker à venir le réalisateur Jean Becker qui est venu présenter un film de son père, Jacques Becker, que j'aime beaucoup. Et je pense que le film qu'il avait présenté de son père, ça devait être Rendez-vous de Juillet, je pense, ou Rue d'Estrapa, peut-être Rendez-vous de Juillet. Mais après, dans la programmation, ce que j'ai aimé aussi c'est de me rendre compte par exemple qu'à Porto Vecchio il y a beaucoup de Marocains qui vivent, moi je suis d'origine marocaine, de Meknes, et notamment des gens qui avaient construit le bâtiment. qui ne savaient pas vraiment ce qu'il y avait à l'intérieur. Et assez vite, dès le mois de juin-juillet, j'ai commencé à programmer un film marocain par mois. Et ces séances étaient toutes en pleine. Ça c'était vraiment une grande satisfaction de voir un public a priori pas cinéphile et qui avait plaisir à venir grâce à des associations, avec une communication bien ciblée. Voilà donc il y a eu à la fois... Moi j'essaye toujours d'avoir une approche très cinéphile avec entre guillemets le panthéon du cinéma, mais aussi de la nouveauté. Et surtout ma satisfaction, ce n'est pas seulement de montrer des films figés, anciens, c'est de provoquer des rencontres avec ce qui se passe aujourd'hui. Donc c'est banal, je n'ai rien inventé, mais proposer à un jeune réalisateur qui a tourné un court-métrage de passer son court-métrage et qu'il choisisse lui un film du patrimoine derrière, on fait les passerelles. Et il faut, de mon point de vue, il faut que cette... Cette histoire, ce passé nourrissent la création et l'avenir du cinéma. Il faut qu'on soit dans cette machine permanente qui tourne depuis 1895 et faire en sorte que ceux qui ont ce désir, qui ont ce talent, qu'ils les réalisent idéalement dans des bonnes conditions et que leurs films, encore une fois, touchent un large public pour des impacts à la fois économiques, artistiques et culturels vis-à-vis des publics.
- Speaker #0
Il y avait beaucoup de tournages en Corse ? De films, de courts-métrages ou de lents ?
- Speaker #1
Oui, oui. Oui, oui, oui. Et toujours aujourd'hui, toujours. Nous on faisait... il devait y avoir 5-6 ou même plus. En documentaire il y en avait beaucoup parce que la chaîne locale coproduisait beaucoup de films via Stella. Donc je pense que chaque mois il devait y avoir deux avant-premières de films. A la fois soit une séance de court métrage ou bien un documentaire et puis tous les 2-3 mois un film télé ou un film de cinéma. Aujourd'hui, il y a encore plus de séries qui se tournent. Moi, je suis parti en 2009 de Corse. Là, on est en 2025, donc ça fait 16 ans que j'en suis parti. Mais je suis toujours de très près de ce qui se passe. Et donc, ça tourne. Et puis au niveau des documentaires, des films télé, des séries, c'est très actif. Il y a aussi beaucoup de professionnels sur place. Et puis d'artistes qui ont des univers personnels. J'ai cité les réalisateurs qui étaient à Cannes ou à Venise l'an dernier. Il y a des nouveaux films qui arrivent encore. Puis il y a aussi des musiciens qui composent pour le cinéma. Pierre Gambini, un artiste que j'aime beaucoup, qui est devenu un très bon copain aussi, et qui a composé les films de Pierre Savadori, des musiques de films de séries télé aussi. Voilà, Mafiosa notamment, c'est lui qui a composé la musique de Mafiosa.
- Speaker #0
Pour finir sur ton rôle de programmateur, est-ce que tu dirais que quand on programme, on essaye plutôt de s'adapter au goût du public ou élargir justement cette envie de cinéma ?
- Speaker #1
Mais c'est bien, merci de le présenter comme ça, parce qu'on peut croire que la programmation, c'est avoir des espèces de fulgurances artistiques et de choisir ce qu'on veut et se faire plaisir. Moi j'ai l'impression que c'est un mouvement entre les deux, c'est-à-dire force de proposition et écoute, alors non pas seulement des désirs, je ne demanderais pas à quelqu'un de dire quel film tu aurais envie de voir, mais en revanche d'essayer d'identifier ses attentes Alors quand je dis "c'est", ce n'est pas une personne, c'est d'essayer de voir un peu dans un public quelles seraient les attentes, qu'est-ce qui ferait qu'un soir on sort de chez soi pour aller s'enfermer dans une salle pour voir un film. Ce qui n'est pas évident, tout nous pousse à rester chez soi et je sais ça très bien, moi j'ai le plaisir de regarder une série sur le petit écran. Donc voilà, en fait je trouve que c'est un double mouvement : proposer et aussi écouter pour essayer de provoquer la rencontre. mais après les événements sont faits pour ça c'est à dire que quand on organise une rencontre précédé d'une lecture du scénario suivi d'une discussion et d'un petit moment convivial autour d'un verre etc je pense qu'il faut aussi tout faire pour événementialiser des séances et donc effectivement en Corse ou encore une fois ailleurs quand on fait une exposition, quand on invite une personnalité emblématique du cinéma également on peut réussir moi quand il y avait l'option cinéma à Porto Vecchio par exemple ou à Bastia On travaillait beaucoup avec eux. Moi, je les ai intégrés beaucoup dans la programmation pour qu'ils présentent des films aussi eux-mêmes. Alors parfois, il y a eu des salles pleines, parfois ça n'a pas été simple, comme partout ailleurs. Il n'y a pas eu que des grands succès. Mais malgré tout, ce qui était vraiment encourageant, c'était encore une fois ces salles avec un public mélangé qui venait découvrir des films tournés en Corse, des films du patrimoine ou des films du Maghreb notamment.
- Speaker #0
Et ensuite donc en 2010 tu deviens le directeur d'Occitanie Films, aujourd'hui devenu l'agence unique, ma première question c'était qu'est-ce qui change entre les deux ? Tu m'as répondu un petit peu tout à l'heure.
- Speaker #1
Oui oui, non ce qui change c'est qu'effectivement nous il y avait trois structures en région, une structure consacrée aux films dans laquelle je travaille, une structure consacrée aux livres une structure consacrée au spectacle vivant. Et aujourd'hui, sous l'impulsion de la région et de l'État, de la DRAC, l'Université de la Culture, il y a eu l'idée de créer, de regrouper ces trois structures pour créer cette agence unique, cette agence Occitanie Culture. Et donc l'idée c'est qu'il y a une approche sectorielle bien sûr, il y aura toujours des actions liées aux films, aux livres, au spectacle vivant, mais aussi de plus en plus d'actions transversales, donc sur des questions d'adaptation, sur des questions de jeux devant la caméra, de filmer le spectacle vivant. Et puis après, un travail aussi au service des professionnels et de la filière ici en région pour faire un travail d'observatoire, de veille, d'essayer d'impulser des rencontres qui fassent que la culture soit toujours dynamique et qu'elle touche toujours les publics.
- Speaker #0
Donc Occitanie Films, son rôle, c'est quoi dans le paysage cinématographique ? D'abord en région, ici, et ensuite à l'échelle nationale.
- Speaker #1
Alors nous, c'est vraiment de favoriser et dynamiser... le secteur du cinéma en région. Donc ça passe à la fois par des tournages, donc les attirer, les accompagner ici sur le territoire en lien avec plusieurs partenaires, les deux métropoles Montpellier et Toulouse, les structures d'accueil des tournages comme qu'il y a dans le Gers Ciné 32, dans le Lot Jeindoux, dans l'Aveyron, Aveyron Cinéma, dans les Pyrénées-Orientales, MIR Tournage, et il y en a d'autres, je pense à la ville de Sète aussi, d'Aguemort. Et donc nous notre travail c'est d'attirer des tournages en région, donc faire en sorte que de les attirer, de les accompagner. Et pour les attirer il s'agit de valoriser à la fois des décors, des personnes, des professionnels, donc des techniciens, des comédiens, mais aussi des prestataires et en s'appuyant aussi sur la politique de la région du fonds d'aide. C'est-à-dire qu'il y a un soutien financier de la région en lien avec le CNC pour que des sociétés de production tournent ici. Et ça marche depuis quelques années. Là j'ai revu des bilans de 2015. Aujourd'hui il y a à peu près 80 films qui se tournent par an. dont une quarantaine de fictions. Parmi ces 40 fictions, il y a à peu près 25 films pour le petit écran, dont les 4 quotidiennes, et une quinzaine pour le cinéma. Il y a à peu près 40 documentaires aussi. Ce sont à la fois des films qui sont produits à Paris, qui se tournent ici, mais aussi, ce qui nous importe aussi beaucoup, ce sont les films qui grandissent ici, qui sont portés par des producteurs, des productrices du territoire. Il y en a à Toulouse, à Montpellier bien sûr, à Nîmes, Perpignan et ailleurs. Il y a à peu près une centaine de sociétés de production ici en région. qui font à la fois de l'animation, du documentaire, un peu de fiction mais beaucoup de documentaires. Donc nous notre travail c'est d'essayer de dynamiser ce secteur en valorisant les films, en soutenant l'emploi et en montrant la création dans toute sa diversité, à la fois en direction des scolaires et aussi du grand public grâce au cinéma et au festival.
- Speaker #0
Le but c'est d'attirer et d'accompagner les films déjà. Pour attirer les films, comment ça se passe ? On appelle les boîtes de production, on leur dit si vous avez un tournage, venez ici ?
- Speaker #1
Alors on essaye pour les sociétés de production, effectivement pour les tournages, ce qu'on essaye de faire c'est de... d'abord on en connaît beaucoup, parce que beaucoup ont tourné ici donc on connaît leur nouveau projet, donc on échange avec elles. Mais sinon après il y a des lieux où on peut s'encontrer plus facilement. Donc c'est à la fois des salons du tournage comme il y a à Paris le Production Forum fin janvier début février. Ensuite il y a des festivals, le festival La Rochelle par exemple de télé, le festival de séries à Lille, le Sérymania, le festival Cannes bien sûr. Et donc là on y est en présent. En ayant des rendez-vous, on n'a pas forcément de stand, mais en tout cas à Production Forum, oui, tout le monde est réuni, mais ailleurs on a des rendez-vous avec des producteurs et productrices et on échange avec eux sur leurs projets. Donc effectivement, nous notre travail c'est que la personne qui va nous dire, la productrice qui va nous dire, j'ai un projet de film à Toulouse. Donc elle sait que ce sera à Toulouse, donc il y a le lien avec le bureau d'étournage de Toulouse, nous on échange sur des décors possibles, sur des professionnels possibles, lui dire pour info... Sur place, il y a tous les métiers possibles. Pour eux, à la fois, il y a une dimension qui n'est pas du tout romantique, une dimension financière. C'est moins cher effectivement pour des questions de déplacement, mais aussi des questions d'expertise. Moi, je suis persuadé qu'une équipe composée de professionnels qui vivent à l'endroit où le film est tourné, ce seront des gens qui sont aussi réactifs, qui connaissent les réseaux, qui peuvent répondre aux attentes de la production et qui peuvent aussi résoudre des problèmes quand il y en a. Et parfois, il y en a sur des tournages. au fil des années, de plus en plus d'expériences, de compétences dans tous les métiers, que ce soit au repérage, au casting, à la régie, au son, etc. Donc ça c'est le cas de figure. qu'elle veut tourner ici. Ensuite, on a d'autres échanges où la personne nous dit : "J'ai un projet, un six fois une heure, j'hésite entre Toulon, entre La Rochelle, j'aimerais un port, un bord de mer, etc.". Nous, on va lui dire : "Effetivement, c'est des lieux très beaux, mais pour info, il y a des ports qui pourraient demain, Port-la-Nouvelle, Sète, des bords de mer, la Côte Vermeille, Bagnouz, Collioure, etc. et votre film si on connaît un peu l'histoire, pourrait aussi se tourner là. Donc l'idée ce n'est pas de la concurrence avec les collègues, c'est juste de lui donner l'envie et qu'elle sache que le décor y est, qu'il peut y avoir peut-être un soutien financier, ce n'est pas automatique, il y a un fonds d'aide, il y a beaucoup plus de projets que de projets retenus. Il y a des professionnels, il y a des prestataires, il y a des studios. Voilà donc notre travail c'est vraiment de donner l'envie, d'accompagner ceux qui veulent, de donner l'envie de ceux qui hésitent Et ensuite quand le film est en préparation, de les accompagner au mieux parce qu'on sait que ces films, si se passe bien, les personnes qui les portent deviendront malgré elles des ambassadrices. C'est-à-dire que si ça se passe bien et ça se passe globalement toujours très bien, ça se sait, ça se dit, parfois les gens reviennent, les gens le disent autour d'eux, à des sociétés de distribution, de production ou des chaînes télé pour le petit écran ou des plateformes aussi. Donc ça c'est notre travail au quotidien mais ça c'est une partie du pôle cinéma. L'autre partie, c'est encore une fois mettre en place des rencontres professionnelles. Et une fois le film terminé, faire en sorte de le montrer dans des cinémas. Il y en a 216 en Occitanie, il y a 95 festivals qu'on a recensés. Et mettre en place aussi des actions en direction des enseignants et des scolaires. Alors parfois, on peut croire que la salle de cinéma, elle arrive en bout de chaîne. On se dit, il y a la préparation, il y a l'écriture, il y a la production, il y a la réalisation, il y a le tournage. Ensuite il y a le montage, la post-production et ensuite la distribution et enfin la salle de cinéma. Et en fait, administrativement et financièrement c'est le contraire. Financièrement, le cinéma effectivement passe des films quand ils sont terminés mais on oublie souvent que lorsqu'on va au cinéma et qu'on paye notre place, il y a une taxe qui va vers le CNC et cette taxe-là permet de produire et de soutenir financièrement les films qui se tourneront dans un an, dans deux ans. Donc en fait la salle de cinéma peut être perçue comme étant la dernière étape de fabrication d'un film, mais si on inverse un tout petit peu la chronologie et qu'on prend conscience que quand on va au cinéma ça permet de soutenir la création, on peut considérer qu'elle salle de cinéma est aussi au début de la création. Donc c'est aussi pour ça qu'on a besoin, et qu'on déclenche nous avec nos petits bras et plein d'autres structures, réseaux de salles etc., on a besoin que ces films fonctionnent parce qu'un succès en salle c'est du plaisir pour le public mais c'est aussi une manière de soutenir économiquement cette création. Et ici en France, on sait qu'elle est extrêmement diversifiée. C'est l'une des plus riches au monde et on le sait. Donc moi et nous notre rôle, à l'endroit où je suis modestement, c'est d'essayer de faire en sorte encore que ceux qui sont à l'étape du court-métrage et qui ont le désir de passer au long, de les encourager, de les soutenir, de trouver des espaces où ces films peuvent être montrés et où on peut discuter de leur long métrage à venir.
- Speaker #0
Et pour revenir sur l'attraction des tournages, est-ce que ça arrive que tu aies connaissance d'un projet qu'on ne sait pas où est-ce que ça va se tourner en France ou alors ils ont peut-être un lieu quelque part ailleurs en France et t'essayes de faire venir le tournage en Occitanie ?
- Speaker #1
Oui absolument, oui. Et ça c'est vraiment le quotidien de mes collègues ici, Marin Rosenstiel, Maxime Beaufait, Elsa Joulin et Caroline Delpoux pour les citer. C'est leur quotidien quoi. Voilà, ils sont quatre à travailler là-dessus. Encore une fois avec plein de partenaires on n'est pas seuls là-dessus. Mais nous notre travail c'est vraiment ça quoi, c'est-à-dire ceux qui veulent tourner ici on les accompagne, et ceux qui hésitent et qui ne savent pas où ils veulent tourner parce qu'ils cherchent un lycée, parce qu'ils cherchent une usine désaffectée, parce qu'ils cherchent un monastère, un pont, un village et pas très loin une usine. Et puis voilà quand on sait les trois quatre lieux importants, on essaye de leur dire qu'effectivement ils peuvent les trouver. Il y a les professionnels. On pousse très vite, moi un des métiers que je préfère dans le cinéma c'est le métier de repéreur. Donc c'est ceux qui vont chercher les décors dans le moindre détail. Dans un film il y a plein de décors. Il y a le décor qu'on revoit beaucoup, le stade, le lycée je disais tout à l'heure, une administration, un hôpital etc. Mais autour il y a des commerces, il y a des appartements et ça c'est jamais au hasard bien sûr. Et ça les repéreurs nous on pousse s'ils peuvent très vite financièrement prendre en charge... ce travail-là de repérage parce que c'est lui ou elle qui va faire en sorte que de donner ce désir de tourner ici dans tous les détails. Ça, c'est vraiment quand le film est en production. Donc moi, mes collègues, leur quotidien, c'est valoriser les professionnels, valoriser les décors et être en lien avec les producteurs et les réalisateurs pour leur donner des... le désir de tourner ici.
- Speaker #0
Est-ce que quand un tournage commence en Occitanie, c'est généralement forcément l'entièreté du film qui est tourné dans la région ou ça peut être juste un morceau ?
- Speaker #1
Alors ça arrive souvent qu'il y ait des tournages partagés entre cette région et d'autres lieux : Nouvelle Aquitaine, Marseille, région PACA ou ailleurs en France ou à l'étranger. Donc ça arrive oui ça peut arriver y compris pour un court métrage voilà. Après, si le film est soutenu financièrement par la région, il y a des critères. Il y a une manière de faire en sorte que le film tourne beaucoup. Parce qu'en fait, il doit dépenser plus que ce qu'il reçoit. Donc pour dépenser plus, il faut qu'il tourne beaucoup. Donc ça aussi, c'est une manière de soutenir la création, soutenir l'emploi parce que nous, on pousse bien sûr à ce que les professionnels d'ici qui vivent ici soient recrutés, composent l'équipe artistique et technique, que ce soit les techniciens et les comédiens. Donc là, nous notre travail effectivement c'est aussi de faire en sorte que celui qui veut tourner que 10 jours ici, trouver les solutions, trouver les décors pour qu'il tourne peut-être plus voire entièrement son film ici. Et quand on trouve les solutions, on en est ravi.
- Speaker #0
Est-ce que pour les aides financières c'est Occitanie Films qui s'en occupe ?
- Speaker #1
Non pas du tout ? On accompagne les projets, parfois on apporte des petits compléments au comité. Donc le comité il faut visualiser, c'est 7-8 personnes autour d'une table qui ont lu les 15-20-30 projets et qui vont retenir quelques-uns à raison de une, deux ou trois commissions par an en fonction du genre long métrage, court métrage, fiction, documentaire, animation. Et nous on y est, parfois encore une fois on accompagne et on apporte des compléments mais ce sont ces experts qui apportent un avis consultatif pour la région et que les élus... ensuite donne cet avis favorable et que le projet reçoit ce soutien financier de la région en lien avec ECNC.
- Speaker #0
Est-ce que, dans l'accompagnement d'un film par Occitanie Films, vous intervenez dans le côté artistique sur l'écriture du scénario ? Ça peut être possible ou pas, du coup ?
- Speaker #1
Alors, on donne notre avis, on échange s'il y a l'espace, et on aime bien le faire parce qu'en fait, on parle la même langue. Mes collègues, certains ont fait de la production, ce qui n'est pas mon cas. Mais quand je lis un scénario, j'ai plaisir aussi à la fois à me projeter sur les lieux, sur l'équipe technique, mais aussi sur son intrigue, sur son personnage principal, sur les thèmes. Et naturellement, je suis toujours dans une logique très empathique. J'accompagne, je n'ouvre pas une caisse à outils en disant « Oui, je trouve que tu devrais peut-être changer ta voix off, ton personnage, ton acteur, etc. » plaisir à parler de contenu aussi. Et ça, c'est précieux. Les sociétés de production apprécient, les scénaristes et réalisateurs apprécient de constater qu'on n'est pas juste à envoyer des photos ou envoyer des CV, mais aussi on a une approche cinéphilique adaptée aussi au projet. C'est-à-dire que le long métrage d'André Téchiné, on ne va pas avoir la même approche que la série quotidienne, mais moi je pense que chaque film a son public et que... Les séries quotidiennes ici, ainsi Grand Soleil, Demeunes appartient, Ici tout commence par exemple, les nouveaux jours malheureusement qui vont s'arrêter. Mais on a aussi ce rapport différent au public, mais un échange qu'on a aussi avec les scénaristes, avec l'équipe technique. Donc oui, on ne suggère pas de modification, on ne nous attend pas là, mais s'il y a l'espace pour échanger, on ne se cantonne pas non plus à une approche uniquement logistique.
- Speaker #0
Tout à l'heure tu me disais que les tournages ont lieu souvent dans des décors naturels en Occitanie. Il y a aussi des studios de tournage, ils se situent où principalement ces studios pour les fictions ?
- Speaker #1
Alors c'est lié au quotidien, donc à 7 si on reprend chronologiquement, le premier épisode était diffusé sur TF1 en juillet 2017, le 17 juillet 2017. Donc là il y a des studios dans lesquels il y a des décors de Demons appartient, donc les appartements, l'hôpital, le Spoon... Le café où tout le monde se retrouve, tous les jeunes notamment, et la population s'étoile, se retrouve toujours au Spoon, demain nous appartient. Et dans Un si grand soleil, c'est à Vendargue près de Montpellier, donc là aussi, des décors qui sont consacrés, dans lesquels on retrouve appartements, etc., tous ces lieux, des décors de la série. En février prochain, il va y avoir l'ouverture de nouveaux studios à Vendargue France Télévisions, qui seront ouverts aussi à la location, donc ça va être d'autres projets qui vont se tourner. Et je pense aussi à Colomiers, par exemple, près de Toulouse, où il y a Master Film. Et là, il y a un décor qui est vraiment unique en Europe, qui est une maquette d'avion et qui a tourné dans plusieurs films déjà, qui a été utilisée. Quand on échange et dans les locaux de Master Film au Grand 7, il peut y avoir... c'est le film de Malik Shiban "Ma part de Gaulois d'après le livre de Magie de Cherfie". Les scènes de lycées et d'appartements sont tournés dans les locaux de Master Film, dans les studios et ça fonctionne très bien. Voilà. Donc là aussi c'est entre les studios qui vont ouvrir de France Télévisions en février, ceux de Pic Studios près de Montpellier à Saint-Gilles du Fesque la dé suivante en 27, ceux qui existent déjà à Vendargues à 7 et à Colomiers, c'est aussi des arguments supplémentaires très importants pour faire savoir à une plateforme Netflix, Disney+, Amazon ou autres, les chaînes historiques, Arte, France Télévisions et des productions de cinéma que ce sont aussi des outils qui soulignent l'attractivité de ce territoire.
- Speaker #0
Justement tu parlais des plateformes de streaming, comment tu te positionnes et comment Occitanie Films se positionne par rapport à... à l'arrivée de plus en plus importante de ces plateformes ?
- Speaker #1
En fait nous les échanges qu'on a c'est toujours avec des sociétés de production. C'est-à-dire quand un film va être diffusé sur une plateforme comme Netflix, on échange. Alors parfois ça peut nous arriver d'échanger directement avec le responsable de la communication de Netflix, la personne qui est en charge des tournages sur les territoires, mais on échange surtout avec la société de production. Donc en fait nous ça ne change pas grand chose dans nos échanges au quotidien. Ce qui va être différent, ça va être la visibilité quand on échange avec, pour le film "Balle perdue" 1, 2 et 3. Les trois ont été tournés pas très loin de Montpellier, Cèdre, Frontignan etc. On a des échanges effectivement avec la communication de Netflix mais on échange surtout avec le producteur qu'on connaît bien, qui est du coin, le réalisateur, l'équipe, pour les mêmes questions que pour les autres. les lieux, les professionnels et ensuite des questions d'avant-première, de communication. Encore une fois pour montrer aussi des questions d'attractivité et de règlement du territoire à travers ces films, qui pour certains comme Balperdus sont vus par des dizaines de millions de personnes dans le monde.
- Speaker #0
Sur les projets qui sont soutenus par Occitanie Films, comment est-ce qu'ils sont choisis ? Est-ce qu'il y a une ligne éditoriale entre guillemets ou est-ce que c'est plutôt du cas par cas ?
- Speaker #1
Alors ça dépend du secteur. Sur la partie tournage, Nous on apporte le même service à tout le monde. Demain il y a une... Donc je précise, pour des projets professionnels avec des équipes qui sont payées. Donc pour nous il y a tout un champ qui malheureusement n'est pas dans notre quotidien et je le regrette souvent. Ce sont tous les films semi-amateurs, les films d'étudiants, tous les kinos, les 48 heures chrono où il y a beaucoup d'énergie, d'enthousiasme. Des films d'étudiants, des clips parfois qui nous sollicitent mais Malheureusement, on n'est pas assez outillé, assez équipé, y compris en ressources humaines, pour pouvoir y répondre. Donc nous, sur la partie tournage, il n'y a pas de « choix » , il n'y a pas de ligne éditoriale. C'est-à-dire que demain une société de production nous écrit en disant : « Je veux tourner un téléfilm à Montauban ou au Pic du Midi ou à Nîmes » . On va lui répondre dès lors que le film est mis en orbite. Si c'est vraiment à l'étape du scénario, j'ai un vague projet de film, Peut-être qu'on peut les mettre en rapport, leur dire que sur notre site il y a un annuaire de producteurs. Mais si le film est un peu mis en orbite, on apportera le même service, gratuit. Il y a vraiment une logique du service public. Et on a plein d'homologues ailleurs en France, dans d'autres régions, qui sont bien identifiés. C'est les commissions du film. En revanche, ça c'est sur la partie tournage. En revanche, sur la partie visibilité des films, travail avec des scolaires, auprès des salles de cinéma, du fait qu'il y ait 80 films par an environ, parfois plus. On ne peut pas apporter le même travail pour chacun des films. Donc à minima, on tient au courant de l'avant-première, des projections, de la diffusion télé sur la plateforme, dans les salles de cinéma. Et puis ensuite, là où on va donner un peu plus d'impulsion, quand on va travailler avec une exposition, quand on va faire des rencontres avec des scolaires, avec des associations, ça va dépendre à la fois du budget qu'on va avoir mais qu'on aura sollicité en construisant des dossiers avec des partenaires culturels, en construisant ensemble des projets. Et pour ensuite, je pense par exemple au film co-réalisé par Julie Gaillet et Mathieu Busson sur Olympe de Gouges, Olympe, une femme dans la révolution, film tourné dans le Gers à Toulouse et dans l'Aveyron, à Villefranche du Rouergue. On a déclenché, je pense, une trentaine de projections du film et là c'est à la fois parce que le film est très ancré dans le territoire, parce que la production a vraiment travaillé avec les lieux, avec les personnes. Une forte envie de Julie Gaillet de rencontrer les publics, Olympe de Gouges au programme du bac Le film, beaucoup plus qu'un complément à une approche théorique du sujet, et des publics très réactifs qui ont très envie de montrer le film, notamment à leurs élèves. Donc là on a fait plein de projections partout en région, et donc ça on ne peut pas effectivement le faire pour tous les films, mais c'est quand il y a une... Un sujet, une très bonne entente avec tout le monde, ceux qui réalisent, qui produisent, qui distribuent. Et puis aussi une envie des salles. Nous on n'a pas de salle du cinéma ou de festival, donc on ne fait que proposer aux salles. Et effectivement quand il y a ce type de réception, ça permet de déclencher un projet qui est beaucoup plus ambitieux.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un film ou une fiction que tu es particulièrement fier d'avoir accompagné ou d'être passé sur le tournage ? Tu as un souvenir marquant ?
- Speaker #1
Oui, parce qu'il y en a bien sûr chaque année. Alors peut-être je dirais spontanément... alors à plusieurs titres. Ici à Montpellier, je pense au film de Jean Baptiste Durand "Chien de la casse" parce que Jean Baptiste Durand a été élève ici. On l'a connu quasiment étudiant à l'école des Beaux-Arts et on a accompagné tous ses courts métrages. Beaucoup de résidences, d'ateliers, de rencontres etc. beaucoup d'action sur son film quand il est sorti. Effectivement, quand le soir même, il a le César du meilleur premier film, on a un peu l'impression avec tous les copains, les structures, les salles de cinéma qu'on l'a vu grandir. Et après, je pense à quelqu'un comme Emma Benestan, qui est aussi à Montpellier, qui a fait son lycée au Lycée Jean Monnet à Montpellier et son deuxième long métrage, Animal, est sorti en salle. Et pareil, Emma, on l'a presque connue. Elle a fait Miss quand elle était partie de Montpellier du Lycée Jean Monnet. Donc oui c'est une satisfaction en fait Léa Feynère à Toulouse par exemple aussi qui a fait "Les Ogres" et "Sage-femme" qui est sorti tout récemment sur Arte et sur le grand écran aussi. Donc en fait la satisfaction je trouve, c'est de voir grandir des projets et d'en être plus que spectateur quoi. Et c'est vrai pour les longs métrages de fiction, c'est vrai pour les documentaires aussi, pour l'animation. Une société comme TAT par exemple qui est à Toulouse, qui est vraiment une locomotive impressionnante ici en région, qui produit un long métrage d'animation par an qui sort en salle et qui a minima est vu par 300 ou 500 ou 800 mille personnes en France et puis toujours par au moins 1 million, 1 million 5, 2 millions dans le monde. Là récemment les cinq derniers films ont été vus, ont dépassé les 10 millions de vues par spectateurs dans le monde entier.
- Speaker #0
Et puis il y a eu une série aussi.
- Speaker #1
Astérix. Sur Netflix, réalisée par Alain Chabat. Donc ça effectivement c'est des satisfactions et ce qui est agréable vraiment pour nous dans notre quotidien c'est d'être au plus près de ces projets. Donc que ce soit des longs métrages ou des documentaires produits ici par plusieurs sociétés de production et encore une fois des films d'animation La satisfaction, oui, c'est d'être au plus près des projets, de les voir grandir et toucher des publics. Ce n'est pas nous qui les avons réalisés, ce n'est pas nous qui les avons produits. On n'a pas tenu le stylo du scénariste, on n'était pas à la caméra au moment de la réalisation. Mais c'est vrai que d'avoir tellement échangé, discuté, être sur le tournage, fabriqué des outils... Oui, quand le film sort, encore une fois, on en est plus que spectateur.
- Speaker #0
Tu parlais de Jean-Baptiste Durand. Je trouve que c'est un cas intéressant parce que lui, c'est un réalisateur qui a vraiment grandi ici. pour la production de Chien de la Casse. Comment ça s'est passé ? C'est lui qui est venu vous proposer le projet ou vous êtes allé le chercher ?
- Speaker #1
Non, alors nous encore une fois on n'est pas dans une logique de production. C'est-à-dire que lui il a tourné des cométrages qu'on a accompagnés, un documentaire. C'est toujours ses désirs à lui accompagnés par en l'occurrence souvent une productrice, Annalise Bertrand de l'Installance Production. Mais nous à l'endroit où on est c'est... Alors il n'a pas besoin de nous pour les décors parce qu'il les connaissait quand même bien tourné là où il a grandi, mais en revanche pour l'équipe technique, ils l'ont connaissait aussi pas mal, mais les collègues ont pas mal échangé aussi. Mais également au moment de la fabrication du film ce qu'on a fait par exemple c'est qu'on a sollicité Camille Sonaï comme photographe pour faire une exposition pendant le tournage. Donc elle a photographié le tournage. On a aussi fait tourner un petit making of, on a eu un petit financement pour solliciter deux jeunes passionnés du cinéma de l'école Travelling pour filmer le making of et Un des deux a ensuite tourné tout son travail avec Raphaël Connard.
- Speaker #0
« I love Perron »
- Speaker #1
Voilà, le court et le long. Et le point départ c'est un making-of dans ce bureau là où on a échangé pour la première fois en lui disant : « Ce serait chouette que tu ailles sur le tournage faire un making-of 4x6 minutes qu'on peut voir aujourd'hui sur YouTube » . Il y a ces quatre épisodes. Donc en fait nous il n'y a pas ce type d'échanges où il vient nous voir pour qu'il tourne Il veut tourner, il a sa production, il a le budget, il a un distributeur et nous on a effectivement apporté des compléments pour participer, essayer de faire en sorte qu'il ait peut-être une encore plus grande visibilité. Et c'est le cas pour Chant de la Casse. Chant de la Casse par exemple, il est inscrit dans le dispositif lycéen au cinéma que coordonnent nos collègues du Cinéphilae, le réseau de salles et Itinérance d'Alais, ce festival. est vu par 30 000 lycéens aujourd'hui dans le cadre du dispositif où il voit trois films en salle, les lycéens inscrits, dont Sean Lacasse. Pour accompagner on a créé un site, fabriqué des petits modules, des analyses de séquences, échangés avec Jean-Baptiste et d'autres personnes de l'équipe. Et donc concrètement, alors pardon pour l'aspect un peu trivial, 30 000 personnes en plus ont vu le film, mais ce qui nous plaît aussi c'est que ce sont aussi 30 000 cœurs et 30 000 esprits qui peuvent être touchés par ce sens de la narration, par cette mise en scène, par ce quotidien de ces personnes autour de l'abribus, et puis surtout ce que raconte le film avec son enjeu dramatique aussi important et ses acteurs Raphaël Quenard, Anthony Bajon et les autres. Donc en fait nous c'est vraiment... Il y a la dimension accompagnement en amont et ensuite plus-value qu'on essaye de faire pour ces films, encore une fois pour toucher des nouveaux publics.
- Speaker #0
On parle parfois de cinéma parisien ou de cinéma de Paris. Est-ce que tu dirais qu'il existe une identité du cinéma occitan ?
- Speaker #1
Alors, c'est des sujets difficiles, je trouve, parce que... Je pouvais le dire pour la Corse, parce que là, il y a vraiment la sensation d'être dans un pays avec une identité qui était vraiment... La Méditerranée autour de l'île. Donc là effectivement, le lien à la langue, à la culture, etc., pour la Corse, il y a vraiment une approche qu'on reconnaît, parfois une approche commune des thématiques aussi fortes. Pour le territoire de l'Occitanie, en fait, ça me semble plus compliqué. C'est vrai aussi pour la Nouvelle-Aquitaine ou pour la région centre par exemple. Mais si je regarde un peu les autres régions, la région Bretagne et les Hauts-de-France, moi j'ai l'impression qu'il y a une identité forte. Ici alors, l'identité, ça va être plutôt sur des idéaux, c'est-à-dire que clairement le lien à l'histoire, je pense à l'histoire, à la guerre d'Espagne, la retirada, c'est-à-dire que là effectivement ce sont des points communs qu'on retrouve dans la production ici sur le territoire. Le lien à la langue, c'est-à-dire que ponctuellement effectivement l'Occitan, alors il n'y en a pas beaucoup, mais raison de plus pour rappeler ce qu'il y a eu, Quand il y a une série produite par Ander Andera, qui s'appelle Asserio, fabriquée ici 5 fois 30 minutes, même plus 5 fois 40 minutes, que je trouve vraiment formidable, hyper inventif, etc. La série s'inscrit complètement sur ce territoire, sur sa culture, son identité. Donc pour moi le lien à l'histoire, les décors, décors emblématiques, c'est-à-dire que le pont du Gard, la cité de Carcassonne, l'abbaye de Fontfroide... des lieux comme Rocamadour, Corte-sur-Ciel, le Pic du Midi, Albi, Rodez, Montauban... Voilà. Donc moi j'ai l'impression qu'il y a une Occitanie qui est visible et qu'on reconnaît par ses décors, et souvent des décors par la Méditerranée et puis par d'autres lieux remarquables. Il y a une Méditerranée qui est audible, c'est-à-dire que parfois effectivement par la langue mais aussi par la musique par exemple, je pense notamment à un long métrage produit par T.A.T., d'animation qui s'appelle Pile, sorti en 2021 de Julien Fournet, où le film est totalement inscrit ici. C'est-à-dire dans une culture occitane avec des couleurs, avec le groupe Vagarem qui participait aussi à la bande originale. Roc en brume, le village où vit Pile, est très inspiré par Cordes sur ciel avec les remparts de Carcassonne. Les toits ressemblent un peu à ceux de Rodez, les ruelles à celles de Montauban... On a vraiment l'impression, quand on voit le film, d'être d'une grande familiarité. Mais après, sur une approche un peu plus globale dans la sociologie, je pense que c'est aussi lié à l'histoire. Mais quand un long métrage produit à Paris qui se tourne ici, par moment, l'inscription dans les lieux est liée uniquement au décor. Et effectivement, il y a des films qui se tournent ici qui auraient pu se tourner ailleurs. Je pense par exemple à un documentaire produit par VO Productions qui est installé à Toulouse, un documentaire qui a été tourné dans le Gers, qui s'appelle « Ce souvenir des tournesols » . La thématique parle à la France entière, mais on est vraiment à Nogaro, on est vraiment dans le Gers. Et ensuite cette jeune lycéenne qui vient d'avoir le bac, qui hésite entre partir à Pau, à Toulouse, à Bordeaux, et surtout se demander est-ce qu'à poursuite elle va revenir, est-ce qu'elle va travailler là dans ce village ? Et on voit aussi la pratique de la musique populaire, des fanfares, des bandasses. Il y a à la fois des sujets tout à fait universels qui parlent à tous, mais il y a des ancrages très forts. Et je pense que c'est surtout le documentaire qui le permet.
- Speaker #0
Pour toi, le rôle d'Occitanie Films dans les prochaines années, ça va être quoi ? Vous travaillez avec combien de temps d'avance par rapport aux films qui sortent ? Parce qu'un film se produit en 1, 2, 3 ans. Donc vous avez déjà de la marge sur les prochaines années ?
- Speaker #1
Le lien au projet est la temporalité des films. Tout récemment il y a eu Classe moyenne qui est sortie en salle d'Anthony Cordier. Le film a été tourné il y a Un peu plus d'un an maintenant, le premier échange avec la société de production c'est il y a un an et demi, voire deux ans. Recherche de décors il y a un an et quelques mois. Donc effectivement il y a toujours ce décalage. Nous aujourd'hui les films sur lesquels nous travaillons, il y a un mois de ça a été tourné un film près de Montpellier de Kaouder Benhanya, la réalisatrice magnifique tunisienne produite par Tanit, Nadim Chehouia. Le film on le verra en salle dans un an, alors peut-être entre temps il sera à Cannes en mois de mai je lui souhaite. Et peut-être qu'on le verra à Cinémed voilà. Donc oui il y a toujours ce décalage d'un an voire plus sur les films pour lesquels on travaille. Et ensuite sur l'évolution du cinéma et nous notre place dans l'évolution du cinéma, moi j'ai l'impression que la priorité c'est vraiment sur des questions d'emploi, sur des questions d'emplois et d'économie, c'est-à-dire que même si ça tourne Même si il y a ces 80 films, même si il y a ces 3000 jours de tournage quasiment, ces 90 millions d'impact économique, la réalité aussi de beaucoup de professionnels, c'est qu'il y a des auteurs qui ont du mal à en vivre, et des comédiens qui courent derrière les cachets, qui ont l'angoisse de l'intermittence, des techniciens également. Donc ça, pour nous il s'agit aussi que les studios quand ils seront ouverts, qu'ils tournent très vite, parce que, alors après il ne s'agit pas de courir en permanence derrière la fiction, c'est qu'on constate que le public à plaisir et à besoin de fiction. Et moi je travaille dans un secteur, qui, je n'en fabrique pas moi-même, mais je participe, à la place qui est la mienne, dans la fabrication de cet imaginaire, dans la fabrication de cette représentation et de ces intrigues dramatiques qui font que, quand on est dans une salle de cinéma pendant 1h30, 2 heures, et qu'ensuite il y a une discussion, pendant ce temps là, il y a une bonne énergie qui circule. On partage de l'émotion, du savoir, de l'histoire, Et pendant ce temps-là, on ne fait pas la guerre. Voilà, pour moi je théorise toujours cette sensation-là, c'est que quand on sort d'une salle de cinéma, quel que soit le film, y compris... voilà, quel que soit le film, s'il y a eu un échange, s'il y a eu une réflexion sur des questions de cinéma, de mise en scène, de montage, d'interprétation, mais également sur le sujet du film, et que la parole a circulé de manière courtoise, fluide, ben en théorie, le lendemain, on a une bonne énergie. Voilà, donc moi je travaille vraiment dans cette... Donc pour ça il faut qu'ils s'entournent des films. Il faut qu'ils s'en montrent, parce que moi je suis toujours très contrarié quand on a travaillé sur un film ou un film qui se passe ailleurs dans le monde et qui est vu par 3000 personnes en salle. Il y en a des films qui ont très peu d'entrées. Donc là aussi il y a à nous de faire en sorte, quand on les connaît aussi, quand on les a vus grandir, de les soutenir pour qu'ils soient vus par un large public.
- Speaker #0
Toi tu te vois rester jusqu'à la fin de ta carrière à Occitanie Films tout le temps ?
- Speaker #1
Non, oui bien sûr. En tout cas ce que je fais aujourd'hui ressemble beaucoup à ce que je faisais en Corse et ce que je faisais avant à Paris. C'est-à-dire des liens aux films, aux scénarios, aux artistes, être au plus près d'eux et montrer les films. Donc ça je sais que je ferai toujours ça. Aujourd'hui la situation dans laquelle je suis et mon plaisir au quotidien c'est de tous ces enjeux par rapport à ceux qui produisent des films partout en région, que ce soit le local, le public, Pages et images, les figures libres, les prestataires, Sarah Band, le Cercle Rouge. Nous, on travaille pour des créateurs, on travaille pour des artistes, on travaille pour des entrepreneurs culturels, pour des techniciens, des comédiennes. Donc moi j'espère que j'aurai toujours la santé et l'énergie pour être au plus près de ces artistes, de voir leur travail et de pouvoir les féliciter à chaque fois, pour le petit et pour le grand écran. dans les salles de cinéma parce que c'est vrai qu'il y a aussi un gros enjeu. Par rapport aux fréquentations des salles, on a besoin que les films soient vus et pour ça il faut donner le désir et créer ces événements pour se retrouver dans des salles, parler des films et encore une fois cette machine perdure encore des décennies.
- Speaker #0
Merci Karim. Avec plaisir. C'est la fin de cet épisode de Phase B que vous pouvez retrouver en version vidéo sur Youtube et sur toutes les plateformes de podcast en audio. Il y a aussi des pages sur les réseaux sociaux d'Occitanie Films et de l'Agence Unique aujourd'hui avec ce petit changement administratif. Merci Karim d'avoir pris un peu de ton temps aujourd'hui pour répondre à mes questions. Et puis moi je vous dis au mois prochain pour un nouvel épisode de Phase B. A bientôt, au revoir.