Speaker #0Combattre l'anxiété ou la comprendre ? Une méta-analyse de 2019 estime qu'il y a 42% de prévalence à vie pour le trouble anxieux chez les adultes autistes, ce qui signifie que 42% des adultes autistes ont un trouble anxieux. Une autre méta-analyse publiée en 2024 trouve une prévalence globale d'environ 30% pour les troubles ou symptômes anxieux. chez les enfants et adolescents autistes. Avec 19% quand on utilise, j'allais dire seulement, mais 19% ça fait déjà 1 sur 5, quand on utilise des outils diagnostiques. Et 33% quand on utilise l'autocestionnaire. Et puis une troisième méta-analyse, plus ancienne, trouvait 39,6% de troubles anxieux chez les jeunes autistes. Bonjour, je suis Maya. Ouyael d'un civil, concerné par l'autisme et les troubles du neurodéveloppement dans toute ma famille, ma vie associative et professionnelle. Je suis une père aidante familiale en santé mentale, qui travaille également en guidance parentale et en psychoéducation. Ces chroniques sont nées fin 2023, à force d'échanger avec mon amie et voisine Sandra sur nos réalités familiales. Échanger pour essayer de traduire le monde pour les autistes, et réciproquement. On s'était dit que c'était tellement important d'en parler. de nommer ce qu'on vit, dans l'objectif, si on peut, d'en baver un petit peu moins pour tout le monde. On a pensé bouquin, on riait beaucoup, alors on a pensé sketch, et puis au final, ça s'est pas fait. Le bouquin, c'est en cours, et chacune a repris ses urgences familiales et pro, et puis en 2024, c'est sorti ici, en podcast. Alors aujourd'hui, vous l'avez compris, on va parler d'anxiété. D'après l'UNIGE, l'Université de Genève, L'anxiété arrive le plus souvent chez les enfants, en parlant d'autisme, chez les enfants plus grands et chez les ados, en particulier ceux qui ont un bon niveau de fonctionnement. Dans le champ de l'autisme, cette anxiété apparaît comme, au final, une réponse logique à un environnement perçu comme imprévisible, envahissant, menaçant. Parce que le fonctionnement même d'un cerveau autiste fait que les données arrivent brutes, sans filtre, sans être... classée quelque part, changeante, imprévisible, c'est violent, c'est lourd, c'est anxiogène. Et il faut une énergie impressionnante pour gérer tout ça. Un peu comme si vous arrivez dans un pays sans connaître ni la langue, vous ne comprenez pas ce qu'on vous dit, vous ne savez pas comment exprimer vos besoins, ni les codes sociaux, du style se mettre à 15 cm ou à 2 m d'une personne pour lui parler. Est-ce que c'est perçu comme poli ou impoli en fonction de la culture ? Et puis, il y a l'expérience sensorielle qui est différente. Dans ce pays, par exemple, les gens hurlent au lieu de parler. Je ne parle ni de l'Allemagne ni de l'Italie. Et l'expression est accompagnée de gestes forts. On se bouscule tout le temps, c'est normal pour eux. Un petit peu l'Italie quand même. Pour vous, c'est une agression. Vous êtes propulsé là, vous devez vous nourrir, vous avez un contrat qui stipule que si vous ne travaillez pas, vous n'aurez droit à rien. Vous ne serez pas soigné, pas nourri. Et vous n'aurez pas droit non plus... à un toit, et vous ne serez pas respecté. Voilà. C'est à peu près ça que vit une personne autiste quand elle ne bénéficie d'aucun aménagement, ni de prise en compte, ni d'explication de son fonctionnement. L'autisme, ce n'est pas une maladie. C'est un fonctionnement différent. Et dans une société adaptée, ça ne serait pas un handicap. L'anxiété, quant à elle, elle peut se manifester par des comportements agressifs, des comportements de retrait. d'évitement de situations, voire du mutisme, des TOC, troubles obsessionnels compulsifs, des comportements répétitifs, la rigidité mentale et la nécessité de routines implacables, et puis physiquement aussi des troubles gastro-intestinaux, des troubles du sommeil, des crises de panique, de l'automutilation, des stéréotypies. Ces manifestations, elles ne sont pas en soi des signes d'autisme, ou elles ne sont pas en soi. dues à l'autisme, elles sont liées à l'anxiété, qui vient d'un fonctionnement autistique non pris en compte ou mal pris en compte. Je fais à ce stade juste une petite parenthèse pour ne pas oublier de toujours vérifier le somatique, vérifier le corps. Tout n'est pas que lié à l'anxiété, j'en parle aujourd'hui comme ça puisque c'est l'épisode sur l'anxiété, mais il faut toujours, toujours, toujours, quand on est proche, proche de quelqu'un d'autiste, quand on est... soignant, quand on est accompagnant, il faut toujours penser aussi au corps et vérifier au niveau du corps si tout va bien et là-dessus je vous renvoie à l'épisode douleur et autisme Cette anxiété, pour revenir à elle, peut provenir de situations sociales stressantes et des difficultés à comprendre l'environnement ou ce qu'on attend de nous. La crainte de ne pas bien faire, de ne pas faire correctement dans la situation donnée. Le stress lié au changement, aux pertes de routine. La fatigue nerveuse liée à tout ce travail d'adaptation constante, mais liée aussi au manque de sommeil, aux surcharges sensorielles. aux surcharges intellectuelles. Et puis l'anxiété, c'est aussi rejouer en boucle des scénarios, imaginer le pire et avoir des douleurs physiques ou ressentir les effets, par exemple d'une crise cardiaque et aller aux urgences pour vérifier si c'est une attaque de panique ou une crise cardiaque. Alors l'anxiété, plus précisément, c'est quoi ? Je ne suis pas sûre d'arriver à vous le définir. L'anxiété n'a pas... Une seule cause. Elle résulte en général d'un mélange à la fois de facteurs physiques, biologiques, de facteurs psychologiques et puis aussi de l'environnement. C'est-à-dire les gens avec qui on a grandi, comment ça s'est passé dans l'école où on est allé, qui partagent notre quotidien. Dans l'autisme, cette anxiété, elle est, comme on l'a dit tout à l'heure, souvent liée à la surcharge sensorielle, à l'imprévisibilité, aux difficultés de compréhension des codes sociaux. à la peur du changement et parfois à une vulnérabilité intrinsèque, biologique, au stress. Le mot anxiété, c'est aussi un magnifique fourre-tout, comme dit ma collègue Anne. Et ici, on ne va pas chercher à la combattre, mais plutôt à la comprendre, et c'était l'introduction de cette chronique. J'aime bien l'image pour l'anxiété d'un nuage informe. Vivre anxieux, Sans surprise, c'est anxiogène. On pourrait imaginer ça comme le fait de marcher avec un brouillard épais, foncé, indéfini, constamment autour de soi, des pieds à la tête. C'est désagréable, c'est froid, ça nous empêche de voir, ça nous empêche d'anticiper les choses, d'être en lien avec les autres. Et puis l'entourage nous dit, mais c'est bon, on chasse ce nuage, alors on essaye. Et puis on brasse de l'air, au final, ça ne marche pas comme ça. Alors ce nuage, on va essayer de lui donner une forme. Parce qu'identifier de quoi il est composé, c'est aussi finalement avoir des outils et des clés. Parce que si en fait dans ce nuage, on arrive à identifier et voir plus clair, on pourrait voir cette chronique et puis aussi tous les livres, les choses que vous lisez, que vous écoutez sur l'anxiété, on peut voir ça comme des espèces de lunettes, de filtres à brouillard qui nous permettent de voir mieux ce qu'il y a dans ce brouillard. Et par exemple, on va voir qu'il y a une tasse sale. Alors cette tasse sale, au lieu de la laisser comme ça, un peu vaseuse dans ce brouillard, on peut décider de la poser. On peut décider qu'on va la laver. Qu'on va la laver à la main ou à la vaisselle. Et qu'on va la laver à présent ou plus tard. Et puis dans ce brouillard, peut-être qu'on va se rendre compte qu'il y a une pierre. Alors on peut décider de la lancer loin, cette pierre. Ou bien de la poser. Et pour la poser, ça va peut-être être pour décorer quelque chose ou ça va être juste devant la maison en attendant parce que plus tard, elle pourra nous servir pour une construction. On va se rendre compte aussi qu'il y a une espèce de petit fantôme, un vieux souvenir là qui traîne. Puis on peut décider que non, mais en fait, un fantôme n'existe pas. Donc c'est bon, je n'ai pas vraiment besoin de faire gaffe à toi. Ou finalement, peut-être qu'on va dire, mais il est mignon en fait. On dirait Casper le fantôme, il est tout mignon. Bon, écoute, tu peux m'accompagner, mais tu ne me fais pas peur. Ça me fait un peu de compagnie comme ça, c'est rigolo. Alors, au lieu d'un nuage informe et inquiétant, on va identifier de quoi il est composé. On va peut-être voir aussi qu'il y a une espèce de petit écureuil tout mignon, mais qui est un petit peu blessé ou qui est un petit peu affamé. Qu'est-ce qu'on va faire ? On va s'approcher tout doucement. On va lui apporter des noisettes, on va essayer de le mettre en sécurité, parce qu'on va voir que finalement... Sans les lunettes, c'est plutôt hyper gênant, c'est effrayant, mais quand on voit mieux, on se dit, cet écureuil, il a besoin d'aide en fait. Et une fois qu'on l'a mis en sécurité, qu'il a pu manger, qu'il a pu retrouver un petit équilibre, de lui-même, il va partir. Et notre nuage, il sera beaucoup moins grand. Avant de rentrer dans le détail, d'une façon générale, l'anxiété, c'est quoi ? D'une façon générale, c'est un truc super utile qui fait que... Quand on approche du bord d'une falaise, on a peur de tomber et on se recule. Qu'on évite de traverser au rouge en pleine ville à heure de pointe. qui fait aussi qu'on a tendance à craindre les champignons tout rouges ou les vipères, et que si maman est de mauvaise humeur, on est un peu plus anxieux de lui montrer notre bulletin de notes, en général à juste titre, si on n'a rien fait pendant le trimestre, malgré les recommandations de maman. Ceci n'est pas du tout un message personnel. Non, vraiment, pas du tout. L'anxiété, c'est un... J'ai peur que si jamais mes enfants écoutent cet épisode-là, ils s'inquiètent. Non, pas du tout, tout va bien. L'anxiété, c'est un mécanisme de survie, un mécanisme protecteur qui fait que nos jeunes aïeuls, suffisamment anxieux pour se barrer quand il y avait quelque chose qui faisait bouger les hautes herbes, ne se sont pas fait manger par un prédateur et ont eu le temps d'avoir une descendance, c'est-à-dire nous. Donc l'anxiété n'est pas à jeter, elle a une utilité. L'absence de peur, l'absence d'anxiété, ne rien craindre ni personne, ce n'est pas forcément symptôme de bonne santé mentale. Et c'est dangereux d'ailleurs. Donc voilà, ceci étant posé, on n'est pas fait pour être anxieux tout le temps. Et c'est évidemment loin d'être génial pour le corps et le mental, les anxieux parmi nous en savent quelque chose. Donc l'anxiété c'est un stress, ce sont des peurs qui visent à nous protéger, mais quand c'est trop intense ou trop longtemps, c'est pas cool. L'anxiété, on peut la voir aussi comme une réponse, une forme d'alarme, de signal d'alarme qui est censée nous avertir d'un danger. Sauf que cette alarme est mal réglée et qu'elle est trop fréquemment active. Et elle s'active pour des situations qui ne devraient pas activer l'alarme. Alors on finit soit par ne plus vivre chez soi, éviter, ou alors on s'habitue. Et puis on s'habitue à ce que l'alarme nous casse les oreilles dès qu'une mouche vole. On s'habitue à vivre dans un état de stress continu. Évidemment ça empêche de... bien se reposer, ça empêche d'être en relation avec les autres, ça peut même faire fuir les gens. Tout est perçu comme menaçant. Le retard d'un proche, un bruit, une tâche, une date de péremption sur un yaourt, une routine non respectée, un changement de place, une nouvelle personne dans la classe ou à la maison, un imprévu, une sensation nouvelle sur la peau, un nouveau textile, la réaction du chien, pas comme d'habitude, le chat qui rentre un peu plus tard, un voyant sur la voiture, tout devient menace. et nous met en état d'alarme. Mais cette anxiété, ce moufourtou, entre guillemets, finalement, elle peut se décliner sous différentes formes. Et c'est pas mal de nommer les choses, de définir les choses, parce que ça va orienter le traitement. Et en psychoéducation, c'est toujours bien de comprendre ce qu'on vit. Alors dans la partie suivante, je vais vous détailler certaines choses plus spécifiques qu'on met dans l'anxiété de façon générale. Je rappelle, vous le savez, que je ne suis pas médecin ni psychologue. Et surtout que si cet écoute vous interpelle ou vous trouble, c'est vraiment précieux de pouvoir en parler avec son médecin ou son psychologue. Vous pouvez aussi avoir un père aidant ou une association spécialisée. Par rapport à l'anxiété aussi, je vous mettrai, comme d'habitude, plein de ressources en commentaire, pas en commentaire, en description. C'est vous les commentaires et merci. Et puis dans les descriptions aussi, il y aura parmi les ressources des lectures, des écoutes, des outils. Alors dans le détail, différentes formes d'anxiété. On va parler du trouble obsessionnel compulsif, le TOC, de l'attaque de panique, du trouble panique, de l'agoraphobie. On va parler aussi de la phobie sociale, de l'obsession agressive et de l'anxiété généralisée. Le TOC, trouble obsessionnel compulsif, bon, des obsessions, on en a tous, mais chez certains, elles sont plus fortes à cause de l'anxiété. Ça va être des images, des pensées, des pulsions obsessionnelles, persistantes, intrusives, inadaptées, qui nous provoquent de l'inquiétude ou de la détresse. Ce sont des choses qu'on n'arrive pas à ignorer ou à contrôler, parce qu'on peut avoir des pensées persistantes, intrusives, bizarres, inadaptées. Mais si on arrive à les ignorer ou à les contrôler, ce n'est pas la même chose. Et il peut y avoir avec ou à la place de ces pensées obsessionnelles, des comportements compulsifs. Ces comportements peuvent être mentaux ou physiques. Mental, par exemple, comme le fait de devoir compter jusqu'à 5 avant de faire une action. Physique, le fait de devoir faire une action, enfiler impérativement ses vêtements dans un certain sens, rentrer dans la voiture. dans un certain ordre et faire les choses dans un certain ordre. Se laver les mains, désinfecter la poignée, voilà. Ces comportements qui sont qualifiés d'excessifs, de répétitifs, qu'on se sent poussé à accomplir. Donc ces obsessions et ou compulsions sont soulagées temporairement, soit par l'évitement, soit par le fait d'y céder, de les faire compter jusqu'à cinq, se désinfecter, rentrer dans la voiture dans ce sens-là et faire tous les gestes dans le même ordre. L'ennui, c'est que ça va produire, après de l'anticipation anxieuse sur le fait que ça revienne, et qui ne pourra être soulagée, c'est l'impression que ça donne, que par, à nouveau, l'évitement ou la compulsion. Ça paraît donc sans fin. En réalité, il y a des choses qui existent pour ça. L'anxiété se soigne, peut se traiter. C'est important d'en parler avec son médecin, avec le psychologue aussi. Mais ça peut aider déjà d'identifier. C'est déjà super intéressant, là encore c'est de la psychoéducation, d'identifier quel type d'anxiété on a et ce qu'on vit. Alors l'attaque de panique, c'est complètement autre chose qu'un TOC. Vous allez voir que c'est lié au trouble panique. L'attaque de panique, c'est une période brève d'extrême détresse, d'extrême anxiété ou de peur qui commence brutalement, qui est accompagnée de symptômes physiques et ou émotionnels. Il peut y avoir les deux ou l'un ou l'autre. Une crise de panique, ça peut entraîner des symptômes comme une douleur thoracique, une sensation de suffocation. Un étourdissement, des nausées, un essoufflement. Certaines attaques de panique se produisent en réponse à une situation spécifique. Il y a eu un déclencheur et il y a d'autres crises qui surviennent a priori sans raison. Personnellement, ça m'arrive. Et ça m'arrive, j'ai identifié dans deux situations avec des déclencheurs. Ça ne m'est pas arrivé sans déclencheur, mais ça peut tout à fait exister sans. Chez moi, les déclencheurs, c'est... le stress avant un déplacement ou un appel avec un nom lié à une période très difficile de ma vie. Ce sont des attaques de panique avec symptômes physiques qui sont tellement impactants que ça me conduit aux urgences. Il commence à bien me connaître les urgences et j'arrive avec le sourire en disant, je ne sais pas si c'est une crise cardiaque ou une attaque de panique, j'ai la chance d'avoir... Là où je vis, il y a des médecins qui sont super et qui m'ont dit « mais c'est notre rôle, vous avez raison de venir, et puis on vous examine et on vous dira » . Donc c'est hyper rassurant et ça m'aide énormément. Et une fois que je sais que physiquement, les symptômes ne montrent aucun problème physique, ça m'aide. Mais j'ai besoin de ça, sinon c'est vraiment très très très impactant et ça m'empêche complètement de fonctionner. Et l'intérêt de connaître les symptômes et comment on réagit, c'est double. En ce qui me concerne, ça me permet d'avoir à présent et ce qui n'était pas le cas avant, un minimum de recul en me disant « ok, c'est probablement pas grave » . Ça me permet de sourire et puis de pouvoir conduire jusqu'aux urgences. Et en même temps, ça permet aux équipes médicales justement, qui sont super, de vérifier si tout va bien, de faire les examens. Voilà pour l'attaque de panique. Le trouble panique, lui, il s'installe quand on a peur, notamment, de faire des attaques de panique. Ou bien quand on change de comportement pour éviter des situations qui pourraient déclencher une crise. Dans mon cas, si je mettais en place une stratégie pour éviter absolument tout déplacement, parce que je sais que ça peut me générer une attaque de panique. Alors, reprends. Petite recommandation pour l'entourage, le classique « arrête de flipper pour rien » ou « tu te fais vraiment du souci pour rien, arrête de t'inquiéter » , ça n'a jamais fonctionné. Et le fait de jeter dans la piscine une personne phobique de l'eau, non plus. Quand on a un trouble panique, ça peut conduire à avoir peur de mourir ou de devenir fou. Donc voilà, t'es inquiet ? Arrête ? Non, ça ne marche pas. Attaque de panique et trouble panique, ça s'identifie concrètement par au moins 4 symptômes physiques ou émotionnels parmi les symptômes suivants. Je vous l'ai dit tout à l'heure, la douleur ou gêne thoracique, sensation de suffocation, vertige, déséquilibre ou évanouissement, peur de mourir, peur de devenir fou ou de perdre le contrôle. Sentiment d'irréalité, d'étrangeté ou de détachement par rapport à son environnement. des bouffées vasomotrices ou des frissons, nausées, douleurs d'estomac, diarrhées, sensations d'engourdissement ou de picotement, palpitations ou accélération du rythme cardiaque, essoufflement, sensation d'étouffement, sueur, tremblement. Et ce trouble panique, il peut notamment conduire à l'agoraphobie ou à la phobie sociale, qui sont là aussi deux choses différentes. Le trouble panique, il peut aussi être confondu, là aussi, notamment, je n'ai pas trouvé d'autres mots pour remplacer le notamment, qui est très utile dans ce cas-là. Donc ça peut être confondu, entre autres, avec des auras migraineuses. L'aura migraineuse, c'est un ensemble de troubles physiques, parfois visuels, parfois sensitifs, qui parfois perturbent le langage, qui peut rendre le mouvement impossible. C'est un ensemble de tous ces troubles. qui peuvent précéder ou suivre une migraine, mais qui peuvent aussi avoir lieu sans migraine. Et donc, ça peut être difficile de relier ça à une migraine. On en parlera prochainement, en principe, avec une collègue. C'est vraiment super intéressant comme information à avoir parce que ça peut être confondu avec différentes choses. Et c'est aussi une réalité qui peut arriver à plein de gens, et notamment des autistes. Je reviens sur l'agoraphobie. En résumé, l'agoraphobie, vous l'avez compris, c'est la peur de ne pas pouvoir s'échapper d'une foule ou d'un lieu. C'est différent de la phobie sociale parce que la phobie sociale, c'est la peur du jugement des autres, le regard des autres, ce qu'ils vont penser. Alors, comme beaucoup de symptômes d'anxiété, l'agoraphobie, elle n'est pas issue de nulle part. Elle peut être issue d'expériences vécues qui ont mené à la conclusion que tel lieu ou telle situation est potentiellement dangereux. Elle peut aussi être... la compréhension de mécanismes, comme le fait que s'il fallait s'échapper par une seule petite porte d'un lieu bondé en urgence, ça ne fonctionnerait pas. Il y a certaines personnes qui perçoivent mieux et plus vite le risque potentiel et statistique. Et puis cette peur, elle peut aussi être liée à des choses lues ou vues, des choses réelles ou romancées. Quoi qu'il en soit, le cerveau n'invente pas cette peur. Alors, vouloir forcer une personne à venir en soirée bondée ou dans un stade en traitant d'irrationnel cette peur, c'est tout à fait contre-productif là aussi. À présent, la phobie sociale, donc la peur du jugement des autres. La phobie sociale et anxiété sociale, c'est souvent utilisé de façon interchangeable dans les termes. Mais ce qui différencie l'anxiété sociale de la phobie sociale, c'est l'intensité. À quel point c'est bloquant ? Ça correspond donc à la peur que ça se voit. Je ne suis pas bien habillée et j'ai peur qu'on le voit. Je rougis ou je tremble et j'ai peur qu'on le voit. Je suis stupide ou je trouve que je n'ai pas de répondant et j'ai peur que ça se voit. Je vais avoir des réactions bizarres et ça va se voir. Je ne sais pas quoi faire de mes mains et ça va se voir. Je bafouille ou je maîtrise mal cette langue et ça va s'entendre. Comme le reste, cette phobie sociale ou cette anxiété sociale, elle ne sort pas de nulle part. Elles proviennent de situations douloureuses, d'humiliation, de jugement, de stigmatisation, d'invalidation. Ce sont des choses qui conduisent à redouter le regard des autres, parce qu'on a expérimenté qu'il fait mal, ce regard des autres. Alors là encore, les injonctions du style « Oh, fais comme moi, moi je m'en contrefous de ce que pensent les autres » , non seulement ça n'a aucune chance d'aider la personne, mais en plus, là où ça va être très très utile, pour renforcer sa honte et sa culpabilité de réagir ainsi. Et puis, encore deux choses à vous dire sur cette liste de types d'anxiété. L'obsession agressive, la peur de se faire mal ou de faire mal à autrui. Ça ressemble à la phobie d'impulsion, la peur d'en avoir envie de faire mal à quelqu'un d'autre, la peur de l'avoir déjà fait. Ça me paraît important ici de souligner qu'avoir envie de faire du mal ne signifie pas qu'on va le faire. Avoir peur de l'avoir fait ne signifie pas non plus qu'on l'a fait. Mais c'est quand même assez terrifiant de vivre avec ça et de ne pas savoir avec qui parler, avec qui en parler. Il y a un épisode de l'excellent podcast Dynk qui témoigne de la phobie d'impulsion. Et je termine par ce qu'on appelle l'anxiété généralisée. C'est quand on s'inquiète. pour les conséquences de quelque chose soit qui est arrivé ou pas encore, des conséquences d'une erreur, d'un conflit, au travail, des soucis d'argent. des inquiétudes pour la famille, la santé, des événements. On dit que l'anxiété est généralisée si les inquiétudes concernent plusieurs sujets, plusieurs soucis sur le même sujet, sont là presque tous les jours, durent depuis plus de six mois, qu'elles arrivent sans prévenir et qu'on n'arrive pas à les stopper. Et enfin, qu'elles impactent le quotidien. Au quotidien, qu'elles vont impacter le sommeil, l'alimentation, notre capacité de concentration. nos relations, nos agissements. Tout ce que je viens de vous lister, ça peut se traiter, ça se soigne. Un médecin pourra chercher avec vous la molécule qui vous convient. Côté thérapie cognitivo-comportamentale, les TCC, il y a des techniques qui aident énormément. Adressez-vous à un psychiatre pour la médication, à un psychologue, neuropsychologue ou psychiatre pour la thérapie, c'est important. on peut améliorer la qualité de vie. En conclusion, j'ai envie de dire que pour soi, comme pour les proches, comprendre que la crise de panique, le TOC, l'anxiété, ce n'est pas contrôlable, ce n'est pas intentionnel. Et comprendre ça, c'est déjà un premier pas, un grand pas. Le pas suivant, c'est de comprendre que la durée non plus n'est pas contrôlable. La durée et l'intensité ne sont pas contrôlables. Et ça, ça va nous amener. à ne pas juger la personne anxieuse, à avoir moins honte ou à se sentir moins faible quand il s'agit de nous, pour ensuite apprivoiser son anxiété, vivre avec et être outillé pour pouvoir se réguler, s'exposer tout doucement. Et surtout, si votre anxiété est dévorante, impactante, parlez-en à un professionnel ou à une association spécialisée. Vous trouverez sur le réseau Psycom beaucoup de ressources, sur le site du docteur Igor Thiriez des fiches pratiques explicatives avec des visuels pour expliquer les différentes formes d'anxiété. Vivre avec moins d'anxiété, c'est possible. Ça prend du temps, mais c'est possible. On est à la fin de cet épisode. Je vous remercie beaucoup pour votre écoute, votre soutien à ce podcast et à mon travail. Et je vous dis à dans 15 jours pour la suite. On creusera un peu plus les conséquences de l'anxiété et on parlera d'autres pistes. d'autres pistes de traitement et de soins et d'accompagnement.