Speaker #0On sort de certains échanges absolument épuisés, ou déboussolés, ou en colère. Et puis, il y a d'autres échanges qui nous font du bien, qui nous donnent de l'énergie. Et purée, je ne comprends rien aux interactions avec les humains. Bon, je vous laisse, je vais retourner auprès de mon chien et de mes Ausha. Allez, on va quand même essayer de décoder un petit peu tout ça pour y voir plus clair. Bonjour, je suis Maya, ou Yaël dans le civil, concernée par l'autisme et les TND dans toute ma famille, ma vie associative et professionnelle. Je suis une père aidante familiale en santé mentale, qui travaille également en guidance parentale et en psychoéducation. Aujourd'hui, on parle jeux sociaux et relations, et on va essayer de décoder une partie de ce qui peut s'y jouer. Et si cette écoute réveille des choses, ou vous interroge, vous pouvez en parler avec votre psy, dans un groupe de parole, dans votre association, dans votre gemme. Et je vous parlerai aussi d'autres conférences et programmes disponibles, si ça peut être outillant pour vous. Il existe des preuves solides qui démontrent que les humains ont un besoin fondamental d'appartenance, de lien et de reconnaissance sociale. La littérature en psychologie, en neurosciences, en santé, montrent que l'exclusion, l'invisibilisation et le manque de lien social sont associés à une souffrance qui est mesurable. Tandis que la reconnaissance, la connexion sociale sont liées à un meilleur fonctionnement psychique et, dans certains contextes, physique. Ce que montrent les études, c'est que le cerveau réagit à l'exclusion sociale d'une manière proche de la douleur physique, avec activation des régions impliquées dans la détresse et la régulation de la menace. Elle montre aussi par des travaux sur l'anticipation du rejet, qui indiquent que le simple fait de s'attendre à être exclu peut déclencher un état d'hypervigilance et de stress. Il y a une théorie, la Social Baseline Theory, qui dit que le cerveau humain compte spontanément sur la proximité d'autrui pour réduire la charge mentale, pour réguler son stress, pour réduire la perception du danger. Et quand ce soutien manque, l'effort psychologique augmente. Il y a aussi des synthèses sur le belonging. défini comme un besoin humain fondamental de connexion profonde, qui conclut qu'un sentiment d'appartenance est associé à des meilleurs liens sociaux, à un meilleur ajustement psychologique et à de meilleurs résultats dans plusieurs domaines de vie. Et enfin, la théorie de l'autodétermination décrit le besoin de lien, de connexion, comme l'un des trois besoins psychologiques de base, aux côtés de l'autonomie et de la compétence. Lien, autonomie, compétence. La reconnaissance, quand on parle du fait de réagir à l'excusant social et d'avoir besoin de reconnaissance, la reconnaissance ne se réduit pas à des compliments. Elle inclut vraiment le fait d'être vu, d'être pris en compte, d'être validé. Il y a aussi des études sur la gratitude et le soutien social qui montrent que des interactions positives et le fait de se sentir soutenu, ça peut réduire la réactivité à la menace. Ça peut aussi être associé à des meilleurs facteurs. et indicateurs de bien-être, voire à plusieurs marqueurs biologiques dans des contextes précis. Donc, en résumé de cette introduction, on pourrait dire que les humains ont un besoin fondamental d'appartenance et de reconnaissance sociale. Être vu, être reconnu et inclus, c'est associé à une meilleure régulation émotionnelle et un meilleur bien-être. Et enfin, que le rejet et l'invisibilisation activent des réponses de stress qui sont mesurables. Ok, alors est-ce que les autistes sont dans la panade ? Est-ce que les autistes très sociaux, qui sont parfois un petit peu rêches, ont des liens qui sont de qualité et qui sont nourrissants, et qui répondent aux besoins qu'on vient d'évoquer ? Est-ce que les autistes qui sont très adaptés, qui ont des chouettes relations, des relations profondes, vous verrez qu'on appelle ce niveau-là intime, on en parle, on détaille ça tout à l'heure, donc est-ce que ces autistes-là, ils s'épuisent à se suradapter ? mais qui ont des relations très très chouettes, est-ce qu'ils sont en bonne santé ? Et enfin, pour caricaturer un petit peu, est-ce que ceux qui sont isolés, en mal de lien et d'appartenance, ils sont bien ? Au final, quel que soit le profil de l'autiste, la question des relations, du lien, de l'échange, de la reconnaissance, de la validation, de l'accueil inconditionnel, c'est souvent très important. Alors là, on a plusieurs solutions. certains renoncent et s'isolent parce que c'est trop dur ou ça fait trop mal. certains vivent tout ça comme très stressant ou trop énergivore et donc vont être en lien mais simplement de façon un petit peu restreinte avec ceux qui leur ressemblent, vont éviter ceux qui sont trop différents parce que c'est énergivore et source de beaucoup de stress. Certains participent à des groupes d'habileté sociale pour essayer d'élargir leur champ et pouvoir comprendre comment fonctionnent les non-autistes et donc élargir leur lien et être en lien avec plus de personnes. Il y a aussi des personnes qui s'outillent avec l'assertivité pour parvenir à connaître leur état personnel, leurs besoins, comprendre ce qui se passe en eux et aussi poser une limite, faire une demande, dire de quoi on a besoin, ce qui nous va, ce qui est ok, ce qui n'est pas ok, sans que l'autre se sente agressé, ce qui est facilitant dans les relations quand on a acquis une petite habileté en assertivité. Alors aujourd'hui, on va survoler les enjeux des relations et certains jeux auxquels on joue, parfois. en nous laissant entraîner d'ailleurs malgré nous. Parfois, on y plonge directement nous-mêmes. Et l'objectif, c'est d'identifier les besoins et comment on cherche à y répondre pour nous outiller sur des choses qui nous font du bien et tant qu'à faire des choses qui font bien aux autres et éviter les choses qui font de bien à personne. Donc on va parler aujourd'hui, en termes de besoins, on va nommer ça sous forme de caresses et de coups de pied. qui sont quatre types de reconnaissance. Ensuite, on va parler de l'économie des caresses, comment elles se distribuent, ces caresses et ces coups de pied. On va ensuite parler de six niveaux d'interaction, avec le détail sur les jeux psychologiques, le niveau de l'intimité, voilà. Et on arrivera à la conclusion. Alors, les caresses et les... Coup de pied, ce sont les quatre types de reconnaissance. Quand je dis, pendant toute cette chronique, quand je parlerai de caresses et de coups de pied, je parle de choses imagées. Les caresses, si on voulait caricaturer, la caresse, ça serait les mots doux, les mots gentils, et puis les coups de pied, les vacheries, qu'on peut dire, pour simplifier. Donc ça différencie quatre niveaux de reconnaissance, qu'on va donner ou qu'on va recevoir. Sachant qu'il y a un cinquième niveau, le cinquième niveau c'est ignorer l'autre, ne plus reconnaître son existence. L'ignorance, l'indifférence, c'est vachement plus dur en fait que les coups de pied. Et souvent on préfère recevoir des coups de pied, des critiques, des gens qui râlent, des gens qui rouspètent ou qui nous engueulent plutôt que d'être ignoré. Donc les quatre niveaux de caresse et de coups de pied c'est positif conditionnel, positif inconditionnel. Positif c'est la caresse. Négatif conditionnel. négatif inconditionnel. Le positif conditionnel, je te valorise pour un comportement précis, pour quelque chose que tu as fait. J'aime beaucoup ce projet, le résumé que tu as fait c'est super, beau graphisme, merci beaucoup d'avoir mis ton linge au salle, c'est super, tu as pensé à acheter des tomates, ton plat est délicieux, j'aime la façon dont tu es habillé. Le négatif conditionnel, si on voulait prendre Le pendant avec à peu près les mêmes exemples. Le négatif conditionnel, j'apprécie pas ce plat. Ce paragraphe-là, je pense qu'il n'est pas assez défini. J'aime pas ces chaussures-là, c'est factuel, ça porte sur des choses précises. Ça peut aussi être des feedbacks, ce qu'on appelle de la critique constructive. Ce n'est pas une attaque envers la personne, envers ce qu'elle est. C'est quelque chose de factuel. Le positif inconditionnel, je t'aime, je t'apprécie. « T'es génial, tu es chouette, j'apprécie d'être avec toi, je me sens tellement bien en ta présence. » On parle de la personne et pas de ce qu'elle fait, mais de ce qu'elle est. Le négatif inconditionnel, vous l'aurez compris, ça touche là aussi à l'identité. « T'es trop comme ci, t'es pas assez comme ça, de toute façon t'es qu'un bon à rien, tu vas jamais y arriver, on peut jamais te faire confiance, t'es trop nul. » Il faut signaler aussi que pour quelqu'un qui recevrait Il y a des gens qui reçoivent les caresses, le positif, qui ne le reçoivent que de façon conditionnelle. Quand on est enfant, si on reçoit des paroles valorisantes uniquement quand on a parfaitement rangé sa chambre, mangé sans en mettre à côté et eu des excellentes notes, donc ça c'est du positif conditionnel, c'est bien, c'est très très bien d'en recevoir, mais il faut aussi de l'inconditionnel. Si on reçoit que du positif conditionnel et le négatif, il est régulièrement, voire toujours inconditionnel, De toute façon, tu n'y arriveras jamais. Tu n'es qu'un bon à rien. Tu es comme ci, tu es comme ça. On ne peut pas compter sur toi, etc. Ça donne une construction interne où on se dit, je ne peux pas être aimé pour ce que je suis, puisque je ne suis pas aimé. valoriser, aimer, je ne reçois des caresses, je n'ai droit ou lien à l'appartenance que sous condition d'être suffisamment bien dans tel ou tel domaine ou de faire assez pour l'autre. Monsieur Malka, psychologue, nous explique sur le concept de caresses et de coups de pied. Il va plus loin en détaillant ce concept d'économie des caresses qui vient de Claude Steiner. Les caresses circulent d'une certaine façon dans la famille et dans nos sociétés. Et là, je trouve que c'est super intéressant en tant qu'autiste de comprendre ça. Donc cette économie des caresses, ce sont cinq règles tacites qui limitent la circulation de la reconnaissance et du lien dans nos sociétés, nos familles, nos groupes, associations, entreprises. Et donc ces règles, qui sont donc tacites, qui ne servent à rien. Elles interdisent de donner, de demander, d'accepter, de refuser des caresses, ainsi que de s'en donner à soi-même. On va les détailler. Ne donne pas de caresses, même si tu en as envie. Là, j'ai tout de suite en tête, personnellement, l'exemple de Tati Claudine, rugueuse et désagréable, qui lance un « ils savent bien que nos enfants, qu'on les aime, avec tout ce qu'on fait pour eux » . Eh ben non, pas forcément, Tati Claudine. Parfois, c'est bien de le dire et de leur montrer. Ça peut se faire avec des caresses conditionnelles. J'aime beaucoup ton dessin, merci d'avoir fait ça. Et avec des caresses inconditionnelles. T'es vraiment une belle personne. Et puis parfois aussi avec des coups de pied conditionnels. Je n'aime pas la façon dont tu as géré ce projet. Et sur tel point, je ne suis pas d'accord avec ta façon d'aborder les choses. On va éviter, t'as dit Claudine, les coups de pied inconditionnels du type « T'es qu'un vaurien, cet enfant est manipulatrice, tu n'y arriveras jamais. Il ne fera jamais rien de sa vie, c'est un paresseux. » Ça, c'était la première règle de coup. Claude Steiner sur l'économie des caresses. La seconde, ne demande pas même si tu en as besoin, ça serait mendier et gêner les autres. Et pourtant, à travers notamment l'assertivité, c'est tellement précieux de savoir demander sans exiger et tout en respectant l'autre. Et puis, si on ne dit pas simplement ce qu'on aime ou pas, ce dont on a besoin ou pas, comment les autres peuvent-ils le deviner ? La troisième règle, n'accepte pas les caresses. Et pourquoi pas ? Parce que je ne mériterais pas cette reconnaissance, cette mise en valeur de mon travail, cette appréciation de mes compétences, cet attachement qu'on me porte. Je ne mériterais rien de tout ça. Il faudrait faire bien plus d'efforts. Fais un effort. Et donner moi-même beaucoup plus pour avoir le droit de recevoir. Si tel est votre cas, pourquoi pas prendre un rendez-vous en thérapie. Je connais de très chouettes psychologues qui pourront vous accompagner sur ce chemin. Et franchement, ça vaut le coup, parce qu'on a le droit d'accepter les caresses, l'affection qu'on nous porte et le bien qu'on pense de nous. Mais ce n'est pas toujours facile. On a parfois besoin d'être aidé sur ce chemin-là. Allez, je continue. Quatrième règle, tacite et nullissime de l'économie des caresses, ne refuse pas les caresses dont tu ne veux pas. Donc, si je le formule en positif, accepte les caresses qui te gênent, que tu ne veux pas. Et pourquoi pas ? Enfin, je vais formuler en positif. Et pourquoi donc ? Pourquoi est-ce que je devrais accepter quelque chose qui me gêne ? Qui me gêne pas au sens parce que je ne me sens pas digne, mais qui me gêne au sens de malaisant. Par exemple, quelqu'un qui me fait une blague salace, un commentaire salace, quand mon boss me dit que j'ai un joli cul, est-ce que je suis censée le prendre comme un compliment ? Quand telle personne me manifeste de l'intérêt d'une façon qui me gêne, est-ce que je devrais accepter pour ne pas froisser ou vexer ou que la personne se sente mal ou la mettre mal devant toute l'équipe ? Eh bien non, ça me gêne, je n'ai pas envie qu'on me parle comme ça. Eh bien, je peux le dire. Et la dernière règle, ne te donne pas de reconnaissance à toi-même. Ça serait de l'orgueil. Ça serait se penser supérieur aux autres si on se valorise soi-même, si on se dit, ben ouais. Ecoute Yael, t'as bien bossé aujourd'hui, bravo. Donc, se penser minable et indigne, ça serait de l'humilité si on veut caricaturer. Et avoir de l'estime de soi, ça serait mal. Là aussi, ça peut valoir le coup qu'on prenne un ticket pour aller chez le psychologue, travailler ça et faire la paix avec soi-même. Si c'est le moment, bien sûr, il ne faut jamais forcer ce genre de choses. Notre corps et notre être, c'est quand même notre plus fidèle compagnon. On a toute la vie à passer avec, donc c'est quand même... pas mal si on peut être en paix avec. Ces cinq règles tacites, qu'est-ce qu'elles font ? Elles appauvrissent nos relations, elles les complexifient et elles nous rendent plus dépendants et aussi plus faciles à diriger et à manipuler parce qu'on est en manque de caresse, de reconnaissance, de lien. Passons maintenant aux six niveaux d'interaction. Donc, ce sont des niveaux d'interaction de six types de... Jeux sociaux, je ne veux pas dire ce mot parce que le jeu psychologique c'est un des niveaux justement. Ce sont vraiment six niveaux d'interaction et dans chacun de ces façons d'interagir avec les autres, il va y avoir un type de caresse ou de coup de pied différent. Ces six niveaux, on va parler du retrait, du rituel, du small talk, et oui, il fallait qu'on en parle quand même, de l'activité, du jeu psychologique. Le jeu psychologique, on y bascule depuis le small talk. ou l'activité, et ce n'est pas très sain. Et puis de l'intimité, le sixième. L'intimité, c'est un niveau de relation, de lien, qui est rare, qui est un niveau très qualitatif, en fait, de relation à l'autre. Ça ne signifie pas du tout, on ne parle pas ici de sexualité, on parle de connexion, de lien émotionnel. Alors, détaillons un petit peu. Je vais passer assez vite sur les deux premiers, et je vais m'étendre un petit peu plus sur les quatre suivants. Le retrait. Niveau 1, c'est l'absence de transaction relationnelle malgré une présence physique. Je suis chez moi, mais je suis isolée, je suis dans ma bulle, ou alors je suis carrément en retraite dans un monastère. On est relationnellement absent. Ce n'est pas du tout la punition silencieuse, parce que ça c'est une manipulation pour vous obliger à vous faire quelque chose. Donc là, simplement, je suis en retraite, je suis dans ma bulle, je suis dans mes intérêts restreints, voilà. Le niveau 2, c'est le niveau rituel. Bonjour, bonsoir, ça va ? Ça va. Bonjour, je voudrais une baguette s'il vous plaît. Merci, au revoir, bonne journée. Peu ou pas de caresses. Mais ça montre une reconnaissance mutuelle. Les rituels, c'est ce qui constitue quand même notre société. Et sans ces rituels-là, bonjour, bonsoir, merci, s'il vous plaît. Je voudrais, je vous remercie, non, rien d'autre, etc. Sans ces rituels-là, les rapports humains se grippent. Le small talk. Alors, je n'ai pas besoin de vous expliquer ce que c'est, je crois. Conversation superficielle sur des sujets convenus. Météo, sport, enfants. Le small talk, là où ça devient intéressant, je trouve, c'est que, en fait, dans ces échanges, on peut recevoir des caresses conditionnelles. C'est-à-dire qu'on va valoriser parfois des choses précises. Ça permet de passer le temps, surtout pour les neurotypiques. Et puis ça permet aussi de jauger l'autre pour tout le monde, pour décider si on a envie d'aller plus loin dans l'échange. C'est un mécanisme, le small talk, une espèce de premier niveau de relation, parce que le retrait et le rituel, ce n'est pas vraiment des relations. Le rituel, encore, c'est discutable. On va dire deuxième niveau de relation. C'est un mécanisme qui agit comme une espèce de radar social. Vraiment pour essayer d'observer, pour dire bon ben là c'est pas mal, je peux être en lien avec telle personne, là ça ne m'intéresse pas. C'est un peu comme une phase de test mutuel. Et en fait à travers la manière dont l'autre va rebondir sur ses sujets neutres, on va évaluer inconsciemment ou consciemment d'ailleurs ses valeurs, son appartenance sociale, ses affinités potentielles, ses centres d'intérêt, son atypicité, à quel point il ne ressemble pas. C'est d'ailleurs souvent à ce stade que se joue la suite de la relation. Parce que si les échanges restent superficiels, ou montrent que vraiment ça ne va pas le faire, on a des visions politiques très différentes, on a une façon de voir le monde ou de voir les autres, bon, ça ne matche pas du tout. La relation restera à ce stade, entre guillemets, de politesse, comme avec le coiffeur ou le voisin d'ailleurs. A l'inverse, si ce type de... caresse légère, pour reprendre le concept de tout à l'heure, ça permet de détecter une résonance commune, une curiosité qui peut être partagée, voire une relation qui permet des interactions sécures, intéressantes. Ce small talk peut servir de tremplin pour autoriser un passage à un autre niveau. Par contre, évidemment, si ça dure trop longtemps, ce small talk... En particulier pour l'autiste, c'est absolument épuisant, donc c'est toujours à doser. Malka, lui, décrit les différents scénarios, vous les connaissez, qui reviennent souvent. Les voitures, on parle du moteur, de la marque, de la performance. La cuisine, les régimes, les intolérances alimentaires. Le sport, la politique, l'habillement, le coût de la vie. L'association des parents d'élèves, pour ceux qui sont parents. Le GEM, le groupement d'entraide mutuelle pour les autistes. Parler d'une connaissance commune et de ce qu'il devient. Le classique, qu'est-ce que vous faites dans la vie ? Ça fait partie du small talk. Et puis l'autre classique, vous avez vu la dernière nouvelle, c'est terrible. Et en fait, si la personne, ça vient aussi de Malka, je trouve ça très intéressant, il explique que si la personne me connaît mieux après cet échange, et moi aussi je connais mieux la personne, alors ça montre qu'on est quand même dans une chouette relation, qu'on est en lien, en principe. Quand c'est mutuel, s'il y en a un des deux qui connaît mieux l'autre, ça peut être un drapeau rouge. Par contre, si c'était juste un échange de banalité, alors c'était juste vraiment du small talk. C'est un passe-temps pour certains et c'est une contrainte épuisante pour d'autres. Vous vous reconnaissez ? Et parfois, il y a quelqu'un, au hasard un autiste, qui ne sait pas jouer le jeu et qui ne sait pas rester superficiel et rester sur le thème, sans profondeur. Et la personne va chercher à creuser, va chercher à approfondir justement ou à répondre vraiment en pensant que ce sont des vraies questions. Malka nous parle de quatre réactions les plus courantes quand l'autiste, par exemple, ne joue pas le jeu, entre guillemets, du small talk. Les quatre réactions, c'est le rappel à l'ordre, le recouvrement, la bascule de niveau et la bascule en jeu psychologique. Alors, le rappel à l'ordre, c'est une caresse négative conditionnelle. C'est pour ramener la personne dans le rang. On minimise, on recadre. « Bah, t'es toujours là pour exagérer, toi ! » Et hop, on revient sur le jeu du small talk. Et puis, ne parle pas de choses plus approfondies. Reste sur ce niveau-là. On est en small talk. C'est un passe-temps. Ne cherche pas à aller ailleurs. On recadre, on minimise. Le recouvrement, là, c'est quelqu'un simplement qui va relancer le sujet initial du small talk. Bon, donc, bref, on disait ça. Hop, on recouvre la parole de celui qui a essayé de ne pas jouer le jeu et d'aller à un autre niveau. On le zappe et on continue. La bascule de niveau. Ça, c'est quand quelqu'un, vous par exemple, répondez sur le fond et passe du small talk à l'activité. Ça, ça va être le numéro 4 dont on va parler juste après. Par exemple, avec une phrase, c'est pas déconnant ce que tu dis, attends, ça me fait penser à ça. Et là, vous détaillez et tout, et l'échange change de niveau. On passe vraiment à un niveau un peu plus profond. C'est souvent un niveau qu'on appelle l'activité, qui est lié au travail. aussi un niveau de relation qu'on a dans la famille, qu'on peut avoir dans une vie associative. C'est plus creusé, c'est pas juste en surface. Et ce qu'il caractérise, c'est qu'ensemble, on va vers un but concret. C'est pas juste pour passer du temps ou échanger des banalités. On a quand même... On parle d'un sujet, on a besoin de mener un projet à bien, on a besoin de parler de choses en famille. définir des choses, reparler de quelque chose qui s'est passé, quelque chose à venir, etc. Donc là, ce niveau-là s'appelle l'activité. Et puis, dans les quatre réactions les plus courantes, quand quelqu'un ne joue pas le jeu du small talk et tente d'approfondir un petit peu, eh bien, la quatrième réaction, c'est la bascule en jeu psychologique. Et ça, c'est pas glop. C'est isoler la personne, l'étiqueter. Là, c'est la caresse négative qui peut être... inconditionnel. « Ah, mais je ne sais vraiment pas de quoi tu parles. De toute façon, là, c'est de ta faute si on passe un mauvais moment. Pourquoi est-ce que tu abordes ça ? Tu es vraiment trop nul. Tu en kikines tout le monde. » Voilà. Et ça aussi, le jeu psychologique, je vous en parle après. Alors, reprenons. On a dit qu'il y avait six niveaux d'interaction qui nous permettent d'échanger, de donner des caresses conditionnelles, inconditionnelles, des coups de pieds conditionnels, inconditionnels. et ces caresses, ces coups de pied, ce sont des façons d'être en lien et l'être humain a besoin d'être en lien. Donc ces six niveaux d'interaction, c'est le retrait, on en a parlé. Le rituel, bonjour, bonsoir, merci, au revoir, s'il vous plaît, deux baguettes, au revoir madame, très bonne journée, rituel. On en a parlé, le small talk, on vient d'en parler. Et il nous reste à évoquer l'activité, le jeu psychologique et l'intimité. Et donc l'activité... ou le jeu psychologique, enfin les deux, ce sont des niveaux, l'intimité aussi, dans lesquels on peut basculer. assez rapidement ou en passant par des plus longues périodes de small talk. Ça dépend vraiment du contexte, de la personne qu'on a en face. Il n'y a pas de règle absolue pour ça. L'activité, je vous l'ai dit tout à l'heure, c'est souvent lié au travail ou à la famille. On est orienté ensemble vers un but concret, un projet commun, des travaux à la maison, des décisions à prendre en famille. Au niveau des caresses, on est souvent sur des caresses conditionnelles, donc liées au résultat. « Ah, c'est super que tu aies répondu là-dessus. J'aime beaucoup la façon dont tu as peint ça. Ah, c'est trop cool que tu aies pu faire les travaux ici, tu les as super bien faits. Génial, merci. » Si le travail avance bien, on va recevoir des caresses factuelles. Si le travail ou le projet fonctionne mal, on va recevoir des coups de pied, aussi en principe factuels. Et par exemple, les gens qui sont bons dans leur job, ils reçoivent beaucoup de caresses de reconnaissance, donc des caresses liées à leur job. Et ça fait du bien. Mais s'ils perdent leur emploi ou quand ils perdent en retraite, ça s'écroule. Les gens qui n'ont pas de travail ou d'activité dans lesquelles ils sont reconnus, valorisés, reçoivent souvent très peu de reconnaissance, de caresses liées à leurs actes et sont souvent en déficit. Mais ça peut être compensé, bonne nouvelle, par d'autres aspects de la vie. On arrive au niveau 5, le jeu psychologique. Ici, on parle de séquences répétitives inconscientes qui se terminent toujours par des coups de pied. On peut appeler ça la façon dont ça se termine. Les jeux psychologiques, aussi, ça se termine toujours par une émotion négative ou une caresse empoisonnée. Les jeux psychologiques, il y a trois degrés de gravité. Moi, je vais les appeler le carton jaune, le carton orange et le carton rouge. Ici, il faut rappeler que pour jouer à un jeu psychologique, il faut toujours être au minimum deux. Et c'est forcément... Un jeu, c'est pas la vraie vie. Le partage authentique. Alors, le carton jaune, c'est qui a la plus grosse souffrance. Le carton orange, la pièce de théâtre itinérante. Et le carton rouge, pauvre chou, tu comprends, c'est pas de sa faute. Le carton jaune, qui a la plus grosse souffrance, oh là là, moi j'ai vécu ça. Oh, m'en parle pas, moi j'ai vécu ça. Mais moi c'est pire. Moi j'ai vécu ça. Oh, moi j'ai plus souffert que toi. Non, mais moi j'ai eu plus grave que toi. Vous êtes à la machine à café, votre collègue vous raconte ça. Vous avez trois réactions possibles. Un, vous avez repéré le truc et vous connaissez des pistes pour l'aider, donc vous lui dites, raté, vous n'avez pas joué son jeu. Il voulait jouer, il se sent agressé ou incompris parce que vous, vous êtes allé sur le factuel, sur les pistes, alors que lui, il jouait à ce jeu pourri de... Ah bah non, non, c'est qui a la plus grosse souffrance ? Deux, vous voulez jouer... La bonne réponse, entre guillemets, qui serait « Oh là là, attends, moi c'est pire, il m'est arrivé ça, mais en plus grave, et lui, il rend chéri. » Là, c'est parfait, vous avez joué, enfin c'est parfait entre guillemets, vous êtes rentré dans son jeu, et ça va continuer. Trois, si vous voulez être assertif, ne pas jouer, ou éviter de vous épuiser à essayer de comprendre si lui, il joue ou pas, vous pouvez lui dire « Quelle histoire ! » ou « Merci pour ce partage » , ça c'est le démarrage. « Tu as donc vécu ça, si je comprends bien ? » reformulation, validation. Tu me dis ça parce que tu veux savoir ce que j'en pense ? Ou parce que tu cherches des pistes ? Ou juste pour le partage ? Question assertive, histoire de savoir ce qui l'attend et de cadrer un petit peu les choses. Le carton orange, la pièce de théâtre itinérante. Votre cousin a systématiquement les mêmes galères de boulot. A chaque fois qu'il trouve un job, ça part en cacahuètes. Son manager est toujours manipulateur, son patron est toujours un sale profiteur qui n'entend rien et qui couvre son N-1. La même histoire, quelques variantes, votre cousin n'apprend rien, ne teste pas d'autres postures, les acteurs changent, la situation et les ressorts du scénario restent les mêmes. Il vous demande du temps pour vous raconter la pièce actuelle, dont vous connaissez parfaitement la mécanique et les ressorts, puisque c'est toujours la même histoire. Vous ne voulez pas lui donner plus de votre temps, vous avez besoin de respirer, d'avoir un petit peu de temps pour vous, et puis de toute façon vous avez compris que vous êtes inutile dans la situation et impuissant parce que ça fait cinq ans. qui vous raconte les mêmes choses. Trois réactions possibles dans ce jeu. Vous avez repéré le truc. Vous lui dites frontalement, sans vérifier s'il est intéressé par vos infos ou par votre esprit d'analyse sur les scénarios qu'il rejoue, vous lui dites donc frontalement que de toute façon, tu ne cherches pas de solution, tu es dans ton jeu, il se sent agressé. Deux, vous acceptez de jouer. Donc, vous donnez la bonne réponse qui serait... « Oh là là, comme je comprends ! Mais comme ça doit être dur ! » Lui, il rend chéri, il vous a pourri votre soirée, il est encore pendant trois heures chez vous. Et la troisième, une troisième possibilité, vous connaissez, c'est toujours un petit peu caricatural, la vie est évidemment toujours beaucoup plus nuancée que ça. Ça permet d'organiser un petit peu les idées et les choses. Donc troisième, ça serait si vous voulez être assertif, vous pouvez lui dire par exemple, si vous ne voulez pas écouter pour la douzième fois cette histoire, j'ai l'impression que tu as envie d'en parler. Reconnaissance. Actuellement, ce n'est pas le bon moment pour moi. Et je ne pense pas pouvoir t'aider sur ce sujet. Affirmation de soi, reconnaissance de votre réalité, qui compte autant que celle de l'autre. Peut-être est-ce que tu pourrais prendre rendez-vous avec un professionnel ? Je reste disponible pour toi, pour, là il faut être précis, factuel, et ne proposer ça que si c'est vrai et pas envahissant pour vous. Et sur ce sujet précisément... Vous pouvez continuer en disant sur ce sujet précisément, je vais te demander de ne plus solliciter. Là, vous avez posé une limite claire et assertive. On en arrive au carton rouge. Pauvre chou, tu comprends, ce n'est pas sa faute. Cet enfant fait des doigts d'honneur et frappe ses camarades dans la cour. Il est odieux avec les autres, ce n'est pas de sa faute, il est autiste. C'est du vécu. Cet homme terrorise la famille, est violent, agresseur. Ce n'est pas de sa faute, il a une maladie. qu'il fait beaucoup souffrir. C'est du vécu aussi. Cette femme manque de respect à tous ses collègues et sème la terreur dans le service. C'est pas de sa faute, elle a un TDAH. Là aussi, c'est du vécu. Vous l'avez compris, dans ce jeu, on trouve toujours une explication au comportement d'une personne qui dépasse les limites, ne respecte pas les règles communes, exige et obtient plus que les autres, voire agresse. Cette personne a vécu des choses difficiles ou est porteur d'un trouble, d'une maladie. C'est pour ça. Tout est lu à travers ce filtre et se devient prétexte Merci. pour ne pas lui en tenir rigueur et continuer à subir ses manques de respect, ses abus, ses agressions. Voir lui venir en aide et répondre à toutes ses attentes, voire les anticiper. Trois réactions possibles. Vous avez repéré le truc ? Vous lui dites. Il ou elle s'en moque parce que la situation lui donne quelques avantages et n'a pas du tout l'intention de changer son comportement. Deux, vous rentrez dans le jeu. Vous jouez le même jeu. En général, sans s'en rendre compte, vous pliez, vous vous adaptez, vous ne confrontez pas, vous laissez la personne dépasser vos limites parce que son trouble, sa maladie ou sa souffrance lui donne quelque part la légitimité de vous marcher dessus, vous vous êtes empathique, vous comprenez son niveau de souffrance, son niveau de difficulté et donc vous passez après. Et trois, vous voulez être assertif. Vous allez devoir prendre en compte votre réalité, vos besoins. C'est tout un chemin et ça vaut la peine d'être soutenu dans ce parcours. On en arrive donc au sixième niveau d'interaction. Le premier, c'était le retrait. On a parlé du rituel, du small talk, de l'activité, du jeu psychologique. Et parlons maintenant de l'intimité. Donc ça, c'est le niveau de relation où on ne masque pas. On n'est pas dans la recherche de reconnaissance. On n'est pas dans la recherche de performance, on n'est pas dans la recherche de domination sur l'autre. On n'est pas dans l'attente de la validation, ni dans l'attente qu'il réponde à tous nos besoins. Malka nous dit que l'intimité, dans le sens où Eric Berne l'explique, ce n'est pas la sexualité. Vous pouvez parfaitement avoir une vie sexuelle sans aucune intimité, et vous pouvez parfaitement avoir de l'intimité avec quelqu'un sans aucun rapport sexuel. Les deux choses ne sont pas nécessairement liées, elles ne sont pas nécessairement antinomiques, c'est aussi possible d'avoir les deux ensemble. Mais on parle aussi de ne pas confondre l'intimité avec la familiarité. La familiarité, ça serait, ça fait 20 ans que je vis avec quelqu'un, oui, on est familier, on se connaît bien, etc. Mais on peut tout à fait avoir zéro intimité au sens émotionnel et relationnel. du terme, tout en étant très très familier. Dans l'intimité, on est comme on est, on accueille l'autre comme on est. L'intimité relationnelle, c'est rare, parce que ça, on se montre vraiment comme on est, donc ça implique de montrer une certaine vulnérabilité, et ça implique, ça nécessite qu'en face la personne soit dans le même état émotionnel, le même état d'esprit, porte des valeurs de respect. Il faut être très très respectueux. l'un avec l'autre, sinon il va y avoir très vite déséquilibre et abus dans la relation. Une personne autiste qui a depuis tout petit... qui a camouflé ses bizarreries, entre guillemets, ou qui a appris à s'adapter aux autres pour éviter d'être rejeté, pour avoir le droit d'exister, pour pouvoir être en lien, pourra mettre beaucoup de temps à accéder à cette intimité. Il va falloir beaucoup de patience, de respect, de délicatesse de l'autre personne pour qu'ensemble, elles puissent expérimenter que le dévoilement n'est pas dangereux, qu'on peut montrer nos réalités sans qu'elles soient retenues contre nous, quel que soit notre fonctionnement, quelles que soient nos réactions, Telle réaction, tel besoin, ce n'est pas un problème pour l'autre. Ça prend du temps, de la patience, beaucoup de confiance. Et puis, il y a aussi des personnes autistes qui pensent être dans le « juste » et le « vrai » parce que, justement, elles sont très authentiques. Elles disent ce qu'elles pensent, elles disent de quoi elles ont besoin. Quand elles ne sont pas d'accord, elles le disent. Sur le fait d'être vrai, est-ce que ça ne correspond pas plus à la vérité de la personne à un moment donné, cette vérité n'étant pas nécessairement universelle et celle de l'autre ? Et concernant l'authenticité, alors peut-être bien que parfois ce côté cash corresponde aussi à un mode de fonctionnement qui a été nécessaire très tôt pour survivre. Il y a certains autistes, et pas autistes d'ailleurs, qui sont sur-irréadaptés. Certains sont partis dans un mode féerique ou alternatif. D'autres vivent depuis très jeunes des dépressions, une perte d'estime de soi avec l'impression de jamais arriver à monter dans le train en marche. Et puis certains... ont mis en place des mécaniques assez frontales pour poser leurs limites et exister. Et ça a apporté ses fruits. Ça a été utile pour eux. Est-ce que ce n'est pas justement ce qu'on appelle être cash et authentique ? Alors ça, est-ce que c'est de l'intimité ? Eh bien non, parce que l'intimité suppose réciprocité, accueil et respect de l'autre et de ses réalités. Et l'intimité, qu'on ait ou non un TND, c'est rare, c'est précieux. Et ça vaut le coup. Alors avant de conclure, il faut que je vous parle de cinq... contenu. Oui, ça fait beaucoup, je sais. La période est très chargée. Alors, suite à quelques demandes, je mets en place un groupe de paroles pour conjoints d'autistes. Donc, si vous êtes autiste vous-même et conjoint d'autiste, c'est bon. Si vous êtes autiste avec un conjoint non autiste, non. Là, on sera dans la posture de conjoint. La participation est libre. Ça sera le vendredi 19 juin de 20h à 21h15. en visio. Je vous mets le lien d'inscription pour réserver votre place si ça vous intéresse. Et ça sera un groupe d'échange et de partage entre personnes qui sont en couple avec un ou une autiste. Autre chose, le 23 juin, donc quelques jours après, de 12h à 14h, je vous propose une conférence en ligne. Dérives, abus, faut-il être con pour se faire avoir en couple, en famille, lors des soins ou du bien-être, en spiritualité, en entreprise. C'est une conférence qui ira plus loin que la conférence que j'ai faite au REC à Toulouse au mois d'avril sur le même sujet. Dans cette conférence en ligne que je propose à 12 euros pour le live et ou le replay, on va décrire les mécaniques qui sont communes dans tous ces endroits-là que je viens de citer, comment identifier les choses et s'outiller pour soi. On verra aussi ce qui peut aider nos proches lorsqu'ils sont embarqués dans des affaires pareilles. Et si vous êtes intéressé ou curieux pour le programme d'assertivité, j'ai parlé plusieurs fois d'assertivité dans cet épisode, j'en ai parlé un peu plus longuement dans d'autres épisodes, donc j'ai mis en place avec une équipe pluridisciplinaire un programme de six semaines. Quand je dis six semaines, ce n'est pas six semaines à plein temps, ce sont six ateliers de deux heures en groupe fixe, des petits groupes de quatre à cinq personnes. Et l'horaire se fait en fonction des participants. Donc s'il y a des participants, pour l'instant, je n'ai pas eu trop de gens du soir et ça me va bien. Donc on fait ça soit en matinée, soit entre midi et deux, soit dans l'après-midi ou en fin d'après-midi, en fonction de ce qui va bien aux gens. Donc ce sont six fois deux heures d'atelier d'assertivité. On parle de repérer nos limites, nos besoins, nos non négociables, apprendre à dire non, à poser une limite, à faire une demande, à repérer les abus. Et puis ensuite, pour renforcer les compétences et tout ça. Après ces six fois deux heures d'atelier, il y a un suivi pendant trois mois avec une visio par mois. Et ensuite, il y a la possibilité d'intégrer un groupe de pairs pour continuer à pratiquer dans un groupe autogéré, pour continuer à apprendre, en fait, entre guillemets, cette nouvelle langue qu'est l'assertivité, qui permet d'acquérir ces trois compétences, poser une limite, dire non, faire une demande. On se respecte en soi. en étant respecté et en respectant l'autre. Et au début, c'est un petit peu de travail quand on n'est pas habitué à formuler les choses comme ça. Mais après, ça permet vraiment de moins masquer et de moins se suradapter, de ne pas être, quand on a quelqu'un qui nous pose une question, qu'est-ce que je dois dire ? Qu'est-ce qu'elle attend ? Quelle est la bonne réponse ? Mais simplement de pouvoir dire, OK, je vais te répondre plus tard ou là, ce n'est pas le bon moment pour moi. Et de pouvoir poser les choses en se respectant soi et en respectant l'autre. Évidemment, là, c'est un résumé. Bref, je vous mets le lien avec tous les autres liens, les études et compagnie. Comme ça, si vous voulez avoir plus d'infos, vous allez dessus, vous me contactez. Autre chose, ce lundi, ça dépend de quand vous écoutez ce podcast, donc le lundi 8 juin à 15h aura lieu le webinaire Les troubles psychiatriques. possiblement associés avec l'autisme. On ne va pas parler du TDAH, du trouble de stress post-traumatique complexe. On ne va pas parler non plus du trouble borderline parce que tout ça, ce sont des thèmes qui ont été déjà abordés dans d'autres webinaires. Je pourrais vous donner les liens si vous voulez. Mais là, on va parler de TOC, d'anxiété. un petit peu, et l'anxiété, on en reparlera aussi plus tard, de phobies, différents types de phobies, de dépression, de bipolarité, de schizophrénie, et puis aussi de manifestations qui pourraient évoquer schizophrénie, bipolarité, sans en être. C'est gratuit. Je mets ça en place avec l'association Les PBZ. Je ne vous donne pas le lien, parce qu'on est déjà à plus de 200 inscrits. Mais par contre, je vous mets le lien directement l'appareil dans la description pour accéder au replay qui sera exceptionnellement libre d'accès. Du coup, ce sera dans quelques jours parce que le webinaire, on le fait lundi. Ensuite, il me faut un petit peu de temps pour le traiter, le mettre en ligne. Donc, en fonction de mon planning, que j'arrive à faire ça entre un et quatre jours, ça dépend. La semaine prochaine est très chargée aussi donc je ne vous garantis pas que ce soit en ligne le mardi. Et enfin, je vous mets aussi le lien vers le webinaire Merci. du psychologue Cyril Malka sur le thème du jour, parce que si vous voulez aller plus loin sur le sujet, Cyril, c'est un psychologue avec qui j'ai le plaisir de travailler et de me former régulièrement, et que je remercie énormément pour son très sympathique accord de m'appuyer sur son travail pour ce podcast-là. Alors, en conclusion, dans cet épisode, on a parlé de besoin de reconnaissance, de lien, d'appartenance. Ensuite... On a dit que ces besoins-là, ils pouvaient être comblés par des caresses ou des coups de pied. On a parlé de l'économie des caresses. C'est Sainte-Crègle-Tacite. Ne donne pas de caresses. N'accepte pas les caresses. Accepte les caresses qui ne te font pas plaisir. Ne demande pas de caresses. Et puis, ne t'en donne pas à toi-même. Voilà, l'économie des caresses. Et puis, on a parlé des six niveaux d'interaction dans les relations. on peut recevoir ou donner des caresses ou des coups de pied conditionnels ou inconditionnels. Alors, le but de tout ça, premièrement, vous l'avez compris, c'est d'abord quelques clés de lecture sur ce qui se joue dans les rapports humains et pourquoi on constate régulièrement qu'on n'a pas les mêmes attentes, qu'on ne joue pas le même jeu ou encore, comme j'entends souvent, que certains jouent tandis que d'autres, non, eux, ne sont pas en train de jouer. Et d'ailleurs, si... vous avez des prises de conscience ou si vous n'êtes pas d'accord ou si ça vous apporte quelque chose j'adore vous lire je ne suis pas toujours très réactive pour vous répondre pour les commentaires et je m'en excuse en tout cas c'est toujours un plaisir d'échanger avec vous et n'hésitez pas à commenter et puis aussi à partager à faire tourner cet épisode dans vos groupes si vous avez des groupes ou des réseaux si vous pensez que ça peut être utile à d'autres personnes n'hésitez pas ça va sans dire mais ça va mieux le 10 ans Merci. Le truc intéressant aussi pour continuer, c'est que, déjà, identifier de quoi on a besoin. Est-ce qu'on a besoin plutôt de caresses conditionnelles, précises, factuelles, concrètes, liées à ce qu'on fait, à comment on le fait ? Est-ce qu'on est plutôt en manque ou on a besoin de caresses inconditionnelles liées à ce qu'on est ? Et puis, d'identifier aussi quel type de caresses on donne aux autres. Où est-ce qu'on leur donne des coups de pied ? Et si on leur donne des coups de pied, ce sont des coups de... coups de pied conditionnels, feedbacks, des concrets projets, des feedbacks concrets sur un projet, une action, ou alors des coups de pied inconditionnels type rejet de la personne ou critique de ce qu'elle est. Et trois, on peut aussi observer, si on joue à ces jeux psychologiques, soit en les initiant ou en s'y laissant entraîner. Les jeux psychologiques, c'était donc qui a la plus grosse souffrance, la même pièce de théâtre qui se rejoue ailleurs, et puis le pauvre chou, c'est pas de sa faute, il est comme ça, ou il a vécu ça, ou il a ça. À partir de là, on peut, si on a envie de lien, on peut tenter de briser cette fausse loi des caresses. qui disait donc que c'est interdit de donner, de demander, d'accepter ou de refuser des caresses, ainsi que de s'en donner à soi-même. Si on veut être sympa et faire un compliment, faisons-le. Si on a besoin d'être valorisé sur ce qu'on a fait, disons-le, demandons-le. Si on reçoit des remarques positives, acceptons-les. Si on subit des remarques empoisonnées, disons stop. Et disons-nous pourquoi pas, des choses gentilles, parce que ça fait aussi partie du respect de soi. Et ça ? Briser ces cinq fausses règles, ça fait évoluer la qualité des liens, des échanges, et ça nourrit ce besoin de reconnaissance, de lien, d'appartenance qui est intrinsèquement humain. Allez, c'est tout pour aujourd'hui. C'est un thème qui n'est pas facile en audio. C'est pour ça que je me suis beaucoup répétée. Pardon, j'espère que ce n'était pas trop barbant. J'ai hâte que le livre du podcast sorte pour avoir des visuels là-dessus, et puis pouvoir relire, trouver en chapitre. Ce sera quand même beaucoup plus pratique que l'audio sur des sujets. sur ce type de choses. Je vous dis à très bientôt pour, si tout va bien, la suite de l'épisode sur l'anxiété.