Speaker #0Vous êtes le proche d'un jeune adulte avec autisme sans déficience intellectuelle ? Ou vous êtes vous-même ce jeune et vous vous demandez comment trouver et garder un emploi ? Aujourd'hui, on va en parler en abordant le parcours, souvent typique et pas du tout linéaire ni prévisible, de nos jeunes. Comment les soutenir ? Qu'est-ce qu'on peut faire ou justement pas ? Bonjour, je suis Mayael, père aidante familiale professionnelle. Concernée par l'autisme dans toutes les sphères de ma vie personnelle, associative et professionnelle, Ces chroniques sont faites pour décoder le fonctionnement autistique pour les non-autistes et réciproquement, dans le but, si on peut, de réduire la violence des vécus et des situations. Et si cette chronique vous fait du bien, vous pouvez la soutenir par une évaluation positive, par exemple, ou en vous abonnant. Un grand merci par avance. Alors cet épisode, c'est l'avant-dernier de cette série sur le travail. Dans cette série, on a déjà parlé des collègues et des difficultés avec eux. Avec la hiérarchie aussi. On s'est demandé si révéler sa différence, c'était un risque ou un bénéfice. On a eu des témoins qui nous ont parlé d'être à leur compte. Est-ce que c'est la solution ou pas quand on est autiste ? On a évoqué le fait d'être autiste et patron. On a parlé sans filtre. On s'est demandé s'il y avait des codes sociaux. On a parlé des abus et essayé de définir des critères d'une culture d'entreprise toxique. On a évoqué le besoin de sens dans notre travail. On a défini la stigmatisation. Et on s'est même demandé s'y travailler. C'était indispensable. Sur Youtube, vous pouvez retrouver tous ces épisodes dans la playlist nommée Autisme et Travail. Et si vous cherchez un sujet particulier, vous devriez le trouver dans les chapitres des épisodes. Et sinon, demandez-moi, dès que je trouve un moment, je regarde et je vous dis où c'est. Alors aujourd'hui, épisode spécial pour les jeunes et l'entrée dans le monde du travail. Parce que ça aborde aussi la posture parentale qu'on a avec nos jeunes. Mais vous verrez que plein de choses peuvent s'appliquer à tout le monde. Quel que soit votre âge, vous êtes les bienvenus pour écouter et réagir. Aujourd'hui, on va parler de trois thèmes. L'autonomie, quand est-ce qu'ils sont prêts à quitter le nid, à voler dans leurs propres ailes ? Vous aurez peut-être des surprises. Le type d'accompagnement ou de soutien des proches et de la famille. Est-ce que les proches en font trop ou pas assez ? Comment se positionner ? Et le fameux entretien d'embauche. Allez, c'est parti ! Nos jeunes, leur autonomie, quand sont-ils prêts ? Faut-il les pousser ? L'autisme vient rarement seul, mais en général accompagné de ce qu'on appelle des comorbidités. Sur le plan du mental, ça peut être un TDAH, une dépression, un trouble anxieux, des phobies, des TOC, des troubles alimentaires, du stress post-traumatique complexe, entre autres. Sur le plan physique, les personnes autistes, y compris nos ados, souffrent souvent d'insomnie, de troubles gastriques, d'intolérance, de douleurs chroniques. Et là aussi, ce n'est qu'un survol. En plus, et très régulièrement, nos jeunes ont souffert de harcèlement scolaire, d'humiliation. Certains profils plus extériorisés ont eu des craquages vertement stigmatisés. D'autres profils plus intériorisés ont eu des craquages internes, bien moins visibles, mais pas moins douloureux. Alors le sentiment de décalage que certains ont depuis des années a fortement altéré leur confiance en eux. Certains et certaines en nourrissent une honte. Et tout ça, on en a rarement conscience. Une autre particularité chez nos zones autistes, c'est le tout ou rien. Leur cerveau fonctionne souvent en oui ou non, blanc ou noir. Alors avec toutes les difficultés associées à l'autisme, un parcours de vie souvent déjà bien marqué par le rejet, la honte, la solitude, les efforts épuisants pour se suradapter et essayer de correspondre à ce que ce système attend d'eux, la confiance en eux altérée, l'épuisement physique et mental. Et ce fonctionnement en tout ou rien, vous avez compris où je veux en venir. Il est très rare que nos jeunes autistes aient un parcours linéaire. Collège, lycée, bac, études ou alternance, puis appartement ou colloque, boulot, soirée étudiante ou sortie avec les collègues. C'est évidemment pas impossible, mais beaucoup de nos jeunes passent, dès l'adolescence, par des phases de burn-out, dépression, troubles anxieux, ou même des réglages plus ou moins compliqués à un nouveau traitement médicamenteux. Donc ce chemin-là, collège, lycée, bac, études, appartement, etc. C'est très rare que ce soit accessible pour eux de façon linéaire. Où est-ce que je veux en venir ? Eh bien, leur autonomie ne s'acquiert pas au même rythme que les autres. Et si en plus, on est dans un système familial qui est porté par des valeurs plutôt traditionnelles « tu auras ton bac mon fils » , « regarde tes cousins, ils font de belles études eux » . Hélas, on va renforcer chez nos jeunes cette honte et mésestime d'eux-mêmes, ce sentiment d'incompétence et la douleur interne. ce qui ne va en rien les mobiliser, les aider à trouver les ressources, la capacité d'agir, de se déterminer eux-mêmes et de faire un pas après l'autre. Alors les conduire à l'autonomie, oui, doucement, à le rythme. Qui peut être lent ? Qui sera plus lent que les autres ? Très probablement. Qui aura des ruptures de parcours ? Qui aura des pauses ? Qui aura besoin d'ajustement ? Le but c'est quoi ? Est-ce que c'est qu'ils fassent comme tout le monde ? Ou qu'ils puissent être des adultes fonctionnels ? A mon sens, évidemment le second. Et si possible, il faut vraiment prendre le temps, leur donner le temps. pour accompagner nos grands enfants, pour appréhender leur vie professionnelle. Et oui, ça peut aller à l'encontre de nos représentations, de nos valeurs familiales, de l'éducation qu'on a reçue. Si en tant que parent, on a besoin de comprendre ce qui se passe, d'être guidé pour accompagner nos enfants, et bien justement, la guidance parentale par exemple, la paire aidance familiale, ainsi que des éducateurs, des psychologues peuvent nous y aider en tant que parent. Parce qu'il ne s'agit pas du tout de perdre confiance en nos compétences parentales, bien au contraire, il s'agit de trouver notre posture, d'éviter de se sentir impuissant, incompétent, nul, mais plutôt vraiment de poser simplement nos propres peurs en tant que parents, non pas en les disant à nos jeunes, mais en pouvant en parler en toute authenticité et liberté à un autre parent ou professionnel qui pourra nous aider à les comprendre et qui pourra nous aider à adapter notre posture. pour être un appui pour notre jeune. Ce qui m'amène au deuxième chapitre de cette chronique, notre implication en tant que parent jusqu'où ? Selon l'éducation qu'on a reçue, encore une fois, et si je voulais caricaturer, je dirais qu'on pourrait parler des parents baba cool, relax max, flower power, à ton rythme, il ne faut pas se stresser, fais ce qui te plaît, ça viendra quand ce sera le moment. Et puis l'autre excès, Ça serait la tradition familiale rigide, le cadre, tout suivra la lettre, pas de pause, à 16 ans tu sauras quelles études tu vas faire, tu iras au bout, tu Ausha un beau travail comme papa. Le parent, baba cool, si je voulais continuer dans la caricature, il pourrait laisser faire. Et si ça se fait pas, on dirait que c'est de la faute aux planètes, pas encore aligné. Le parent strict, quant à lui, il l'alternerait entre injonction pour son enfant, vas-y, faut que tu te bouges, faut que tu fasses, où t'en es, pourquoi ça s'est pas encore fait, allez, faut faire ça. Ou décrochage intempestif du téléphone pour faire lui-même suivre les dossiers et tenter d'obtenir l'entretien d'embauche à la place de son jeune. Il n'y a évidemment pas de solution magique et comme il faut de tout pour faire un monde, chaque famille va avoir son propre style parental et il n'y a pas de jugement là-dedans. Mais finalement, c'est peut-être pas ça le plus important. Bon, il faut quand même que je vous dise que majoritairement, ça ne passe pas du tout au niveau professionnel quand c'est maman qui téléphone pour prendre rendez-vous avec l'employeur ou pour excuser son jeune. Petite aparté. Mais au-delà de ça, un truc m'intéresse particulièrement. Notre jeune, comment il vit ça ? Comment est-ce qu'il vit notre confiance totale, mode débrouille-toi Tanguy, ou notre contrôle absolu, laisse, c'est moi qui gère, c'est moi qui appelle. Un juste milieu qui me plaît beaucoup, c'est celui-ci. Il s'agit de proposer et le jeune dispose. Notre accompagnement en tant que parents pourrait être celui-ci, leur proposer de nous dire ce qu'ils souhaitent qu'on fasse pour les aider quand ils le veulent, quand ils en ont besoin. Rien que le fait qu'ils sachent qu'on peut les aider s'ils le demandent, sans les juger, sans les critiquer, sans leur faire de reproches, c'est très soutenant. Un jeune qui sent des appuis familiaux, qui se sent soutenu, ça va être facilitateur. Il va pouvoir demander à son parent de faire tel coup de fil. Un autre va demander à son parent d'aller quelques jours avant dans le quartier, de l'accompagner dans le quartier de rendez-vous pour repérer les lieux et se situer. Et puis encore un autre, il pourra demander de l'accompagner en voiture et d'attendre pendant l'entretien d'embauche pour ne pas avoir en plus les transports en commun à gérer avec tout le stress que ça lui génère à lui. On peut proposer en tant que parent avec par exemple cette phrase, écoute dans tes démarches si tu as besoin ou si tu as envie que je fasse quelque chose, besoin ou envie, il te suffit de me le dire, je te laisse faire, moi je n'interviens plus, mais sache que tu peux compter sur moi, tu me dis de quoi tu as besoin ou de quoi tu as envie. Certains jeunes vont demander s'ils peuvent ne pas s'occuper des tâches ménagères à la maison pendant les deux prochaines semaines qui vont être intenses simplement parce qu'ils vont avoir besoin de se dédier. à leurs appels, à leurs recherches d'emploi, d'entretien, etc. Ou alors, ils vont demander si c'est possible de manger plutôt telle ou telle chose pour ne pas avoir le stress des repas ou le stress sensoriel en plus à gérer. Leurs demandes peuvent nous surprendre, peuvent nous paraître pas vraiment aidantes. Mais à partir du moment où on leur dit, dis-moi de quoi tu as besoin et je ferai en fonction de ce que tu me dis, eh bien, fou, je vous laisse le jeu. Et ça peut être très instructif pour nous. De savoir sur quoi on peut les aider, souvent ce sont des choses qu'on n'imaginait pas du tout en tant que proche aidant ou en tant que parent. J'en profite ici pour redire, si vous voulez en savoir plus sur cette question de l'autonomie. J'ai fait un épisode complètement dédié à ça, vous pouvez le réécouter, je vous le mets en description comme d'habitude. Il parle des acquisitions de nos enfants, du rythme et pourquoi les jeunes autistes acquièrent à tout âge. Les différentes étapes de l'autonomie à un autre rythme que ce qui est en général attendu. Alors, vous êtes peut-être vous-même autiste ou avec un autre trouble du neurodéveloppement type TDAH ou des troubles dys, et puis vous vous dites, mais moi mes parents ne m'ont pas aidé, je n'ai pas eu tous ces appuis-là et j'y suis bien arrivé. Et ça a été formateur pour moi, ça m'a endurci, ça m'a formé, j'ai appris plein de choses, il ne faut pas non plus tout faire à leur place. Alors j'ai envie de rappeler deux choses. La première, à quel prix ? Oui, on y est arrivé. À quel prix ? Avec quoi est-ce qu'on vit aujourd'hui ? Dans quel état on est ? Nous qui y sommes arrivés, sans cette aide-là de nos parents. Deux, le monde de nos enfants et de nos jeunes est-il le même que le monde dans lequel nous avons évolué il y a 20, 30 ans, 40 ans ? Indubitablement, non. Nos jeunes sont confrontés à des défis complètement inédits dans l'histoire de l'humanité. Leur réalité n'a absolument rien à voir avec la nôtre. Et petit bonus, à notre époque, on n'avait pas les connaissances qu'on a aujourd'hui sur la santé mentale. Alors nous, nos parents, nos enseignants, les médecins, ont tous fait du mieux qu'ils pouvaient avec les connaissances de l'époque, mais nous, aujourd'hui, on sait. Alors penser que laisser nos jeunes traverser des difficultés qu'on imagine similaires aux nôtres, ça serait une bonne chose, personnellement, je ne suis absolument pas d'accord. Je reprends mon propos, comment les aider ? Eh bien, en leur disant qu'on est à leur disposition s'ils en ont besoin. Et en faisant uniquement ce qu'ils nous demandent, même si ça peut nous surprendre. Ça demande donc une posture d'écoute et de disponibilité. Et puis ça demande aussi d'accepter les errances et les erreurs, les nôtres et celles de nos jeunes. Parce qu'il y en aura. Tout ne va pas fonctionner. Savoir qu'on va les soutenir comme ils le demandent, même si nous on pense, et parfois à juste titre, que c'est... pas une bonne idée ce qu'ils sont en train de nous demander. Donc savoir qu'on va les soutenir comme ils nous demandent et ne pas leur en faire le reproche quand ce n'était pas une bonne idée, ça demande une certaine posture. Éviter les phrases du type « tu vois que c'était une mauvaise idée donc la prochaine fois, écoute-moi » ou « si je t'avais aidé plus tôt pour faire ça, ça aurait marché » . Et non, laissons-les faire leurs expériences. Du moment que leur vie n'est pas en danger, laissons-les apprendre par essais-erreurs, laissons-les expérimenter. Laissons-les tomber ou s'écorcher le genou et apprendre à remonter sur le vélo en testant eux-mêmes l'intensité à mettre lorsqu'il faut freiner. Soyons là quand ils tombent, sans les stigmatiser, sans leur mettre la pression. Je répète, j'aime beaucoup cette formule, mais on apprend par essais-erreurs. Eux aussi apprennent par essais-erreurs. On est là pour soutenir, pour soigner, pour aider à se remettre en selle. On peut leur dire aussi qu'on peut se renseigner sur l'entreprise, sur le recruteur. Sur l'ouverture d'esprit de l'entreprise, on peut les aider pour les trajets, soutenir la logistique, proposer notre disponibilité et notre soutien logistique. Pour certains, ça va les libérer d'un certain nombre d'anxiétés et ça va leur permettre de beaucoup plus se dédier sur le fond, sur ce qui va être important et qu'on ne peut pas faire à leur place. Se présenter, travailler, leur entretien d'embauche. Et on en arrive donc à cet entretien d'embauche justement. Voici quelques possibilités auxquelles on ne pense pas toujours et qui peuvent faciliter pour notre jeune cette étape. La première, il peut, ou vous pouvez s'il vous demande de le faire, prévenir le recruteur du possible malaise à répondre à certains types de questions. Par exemple, si elles sont trop imagées, imprévues, trop personnelles, trop ouvertes. Une autre chose, ça pourrait être d'expliquer, si c'est le cas, que c'est plus facile pour le jeune de parler de ses connaissances sur le sujet concerné, sur son savoir-faire, que de parler de lui directement. Ou de prévenir qu'il peut avoir besoin de temps pour répondre à la question. Ou qu'il peut même ne pas être en capacité d'y répondre tout de suite. Ce qui ne signifie pas qu'il manque de personnalité, ce qui ne signifie pas non plus qu'il est bête, ce qui ne signifie pas qu'il n'a pas de compétences ou de connaissances, mais simplement que la question était imprévue ou non préparée pour lui. On peut aussi aider notre jeune à faire des auto-évaluations, se préparer. Je vous mets dans les ressources en description de cet épisode des fiches conseils qui sont issues du site Aspi Conseil de l'excellent Jean-Philippe Piat. Ce site, c'est une mine d'or. Vous y trouverez gratuitement un tas d'échelles et d'évaluations que pourra faire votre jeune ou que vous pourrez lui proposer. Il peut aussi faire ses évaluations avec un éducateur, avec son psy, avec un père aidant. Et puis, pour se préparer à l'entretien d'embauche et aux questions, Là aussi, il y a une très belle ressource chez Aspijob. Je vous mets pareil la fiche. C'est une fiche qui montre un peu les questions dans un contexte d'autisme, qui présente les questions de l'entretien d'embauche et comment l'autiste pourrait y répondre. Sans oublier non plus que s'entraîner seul dans sa chambre ou devant son miroir ou devant un proche, voir dans un GEM, un groupement d'entraide mutuelle ou un groupe d'habileté sociale. ou avec, là aussi, son éducateur, son pérédant, son psy. C'est très instructif et c'est formateur. Ça marche aussi, cet entraînement, ces répétitions, quelque part, ça marche aussi pour les présentations, les soutenances. Et juste entre nous, avant la soutenance de mon mémoire, et juste entre nous, avant la soutenance de mon mémoire, je me suis entraînée en parlant seule dans une pièce pendant des heures. J'avais mon plan écrit, je savais ce que je voulais dire, mais le formuler à voix haute, c'était vraiment un autre exercice. Je me chronométrais aussi, ce qui m'a permis de voir que j'avais prévu d'en dire beaucoup trop et qu'il allait me falloir choisir entre tout dire, probablement vite ou mal, et moins en dire, en y mettant les émotions qui me semblaient justes, en travaillant la posture, le ton de voix, pour que ce soit un petit peu intéressant pour le jury et pas déplatérer des choses juste sur le fond et sans travailler la forme. Bon, si vous me connaissez, vous savez que je crois aux vertus du théâtre. Et une soutenance, un entretien d'embauche, une présentation. Il y a une forme de théâtre, non pas dans le sens de jouer un rôle, mais dans le sens de travailler une posture qui va permettre à nos propos, ce qu'on porte, ce qu'on a en nous, ce qu'on souhaite dire, qui va permettre à nos propos d'être entendus, d'être reçus. Ce qui m'amène à un autre point tout naturellement, et qui me semble important aussi à souligner, c'est que souvent nos jeunes autistes ont du mal à se vendre, sans avoir l'impression de surjouer ou de mentir. Donc le fait de travailler en amont la mise en valeur de leurs compétences en fonction de l'emploi et de l'entreprise visée, ça va les aider. Et je rebondis là aussi sur le point précédent. Oui, notre jeune va devoir se présenter en fonction de ses compétences et de sa personnalité, mais aussi en fonction de l'entreprise qu'il vise. L'entreprise, mais aussi pourquoi pas le pays, la culture. En France, il semblerait que... que savoir se vendre, se mettre en avant, c'est un signe de confiance en soi et ça donne envie de recruter une personne qu'on va penser fiable, avec un bon leadership, qu'elle va être compétente. En Suisse, se mettre en avant peut vite être perçu comme de l'arrogance et la personne peut être identifiée comme collègue potentiellement pénible, alors que l'humilité serait perçue comme une qualité. Au Japon, si on se met en avant au lieu d'humblement mettre en avant les autres, minimiser notre propre impact pour valoriser le travail du groupe, ça risque de mal passer. Bien sûr, là encore, ce sont des clichés un peu grossiers, des généralités, mais ça me permet d'appuyer sur le fait que connaître le lieu, la culture, les gens avec qui on va échanger, c'est vraiment important. Allez, je continue sur les possibilités, les outils qu'on a pour préparer cet entretien d'embauche. Il peut aussi y avoir des job coachs, ainsi que des pères aidants. et des éducateurs qui accompagnent avant et pendant l'entretien. Pour le job coaching, j'en parlerai beaucoup plus dans le prochain épisode. Alors évidemment, ça va dépendre de ce que veut faire votre jeune, là aussi de la culture de l'entreprise et de son ouverture à cette formule-là. Mais c'est une possibilité. Et je ne peux pas finir sur ce thème de l'entretien d'embauche sans aborder trois points très importants. Les imprévus, les intérêts restreints et rassurer en amont. Les imprévus. Rappeler à nos jeunes ou se rappeler à soi-même quand c'est nous-mêmes qui passons un entretien, se rappeler qu'un entretien ne se déroule jamais exactement comme prévu ou imaginé. Il y aura des imprévus, ça fait partie du jeu. Et prévoir l'imprévu, ou savoir simplement qu'il peut y en avoir, c'est quelque chose qui peut réellement faire baisser le niveau d'anxiété. Les intérêts spécifiques, deuxième point. Si on sait que notre jeune, ou nous-mêmes, une fois lancé sur le sujet de prédilection, ne sait pas s'arrêter et interpréter les signaux de l'interlocuteur, on peut lui proposer, par exemple, de prévenir l'interlocuteur, ou que le jeune sache à l'avance de combien de temps... En moyenne, il peut demander combien de temps en moyenne il peut dédier à ce sujet, tout en prévenant qu'il va devoir regarder sa montre pour se cadrer lui-même. Ou qu'il dise à l'interlocuteur de le prévenir trois minutes à l'avance avant de passer à autre chose, par exemple. Pour gérer le temps et ne pas se laisser complètement embarquer, déborder sur un intérêt spécifique, très intéressant, mais qui ne permettra pas d'aborder tous les sujets et qui peut parfois donner une mauvaise image du jeune. Et le troisième point. point rassuré en amont. Il s'agit ici d'anticiper et de rassurer le jeune. Si tu ne sais pas répondre à une question, tu ne sais pas répondre à une question ou deux ou trois. Et tu peux le dire, tu peux apprendre et tu peux être très bon. Tu n'as pas besoin de tout savoir lors de l'entretien d'embauche et tu n'as pas besoin de donner des réponses parfaites à toutes les questions. Et s'il y a une ou deux ou trois questions auxquelles tu n'as pas su répondre, c'est ok. Nos enfants ont parfois du mal à expliquer ce en quoi ils sont excellents. Et ils vont focaliser sur des détails ou des choses dans lesquelles ils considèrent être mauvais, puisqu'ils ne sont pas excellents. Vous savez, cette histoire du blanc ou noir, tout ou rien, oui ou non. Si je ne suis pas excellent, c'est que je suis mauvais. Pas forcément, c'est juste que cette question ou ces deux questions, tu ne les maîtrises pas aussi bien. Tu peux apprendre. Rappelez que ce n'est pas grave s'ils n'y arrivent pas un jour, parce qu'ils vont y arriver plus tard, après plusieurs essais. Et je glisse ici un très grand merci à Sophie pour ce précieux conseil qu'elle avait donné en visio dans notre association. En conclusion, on a parlé aujourd'hui de la temporalité de nos jeunes atypiques, qui n'est pas la même, et de combien c'est important en tant que parents et proches de le savoir, de l'accepter, de comprendre nos propres peurs et de travailler dessus pour être plus soutenant pour notre jeune. Et il y a aussi cette fameuse autodétermination. de notre jeune qui est très importante et elle passe par des essais, des erreurs, des faux départs, par l'acceptation de soi pour le jeune et par nos proches. Donc, par nous. On a parlé aussi de notre posture parentale et de cet outil simple qui est de leur dire si tu as besoin ou envie que je fasse quelque chose, dis-moi. On propose, ils disposent. Et enfin, on a parlé de plusieurs outils pour faciliter cet entretien d'embauche quand il est décroché. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Dans le prochain épisode sur cette série Autisme et Travail, on continue avec la reconnaissance de travailleurs handicapés et le fait de révéler ou non sa différence. On parlera aussi des difficultés sur ce chemin, de l'accès à l'emploi et du maintien de l'emploi et des échecs, ainsi que de la fatigabilité, de la gestion du stress. Et je vous l'ai dit, on parlera un petit peu plus du job coaching, qu'est-ce que c'est, comment en bénéficier. Merci d'avoir écouté jusque-là, merci pour vos mots, merci pour vos messages, vos commentaires. Ça m'encourage à continuer à m'investir dans ces chroniques. Ce podcast a été 11e position dans la catégorie sentimentale en Belgique, 49e en Suisse et 38e en France. Et on approche les 40 000 téléchargements, j'en suis enchantée. Merci pour votre soutien, pour votre écoute, pour vos retours. Ça me fait d'autant plus plaisir que tout est fait intégralement sans IA, avec mes neurones que j'essaye encore de connecter. C'est un choix de ma part, voilà. Ça représente, vous l'imaginez, un énorme travail que je fais avec beaucoup de joie. Vous pouvez vous abonner sur votre plateforme de podcast si vous voulez être averti de la sortie du prochain épisode et du suivant. Et je ne peux pas terminer sans vous dire encore deux choses. Si vous voulez en savoir plus sur mon travail, mes accompagnements, ainsi que les ateliers pour pratiquer le savoir dire non, poser ses limites, savoir demander de l'aide, rendez-vous sur mon site internet mayael.org M-A-Y-A-E-L-E Le lien est en descriptif, vous n'avez pas besoin de mémoriser, vous le retrouverez si besoin. Et puis si vous voulez rejoindre un groupe privé avec des auditeurs de ce podcast, en fait il y en a deux qui se sont montés autour de ce Discord. Un avec une soixantaine de personnes qui est beaucoup plus généraliste, on y parle vraiment de tout, dans un espace sécure, amical. Et l'autre est plus récent, il est dédié aux autistes qui sont à leur compte, ou qui projettent de se mettre à leur compte. N'hésitez pas à m'envoyer un message pour obtenir le lien si ça vous intéresse. L'adresse mail que vous retrouverez là aussi en description c'est... hello, h e 2 l o arrobas mayael.org donc m a y a e 2 l e.org et je vous enverrai le lien, donc si vous voulez nous rejoindre, c'est une jolie façon de créer ou de rester en lien avec des chouettes et atypiques personnes.