Speaker #0D'un côté, on a un jeune autiste qui a ses compétences, ses préférences, son degré de motivation, qui a aussi sa réalité physique, ses surcharges sensorielles et cognitives, ses complexités pour les relations interpersonnelles et la hiérarchie, pour les codes sociaux, qui peut avoir un entourage plus ou moins porteur et soutenant, et qui a son vécu. Alors voilà un bon gros tableau bien général et généraliste d'un jeune autiste qui est en âge de travailler. Et puis de l'autre côté, le monde pro. qui promet salaire, autonomie et intégration sociale. Et pourtant, trop souvent, on y rencontre des attentes mal adaptées envers notre jeune autiste, la forme relationnelle qui prévaudrait sur le fond, des exigences type horaire, salle de travail, difficilement compatibles avec la fatigabilité et la sensorialité d'une personne autiste, et puis des normes qui semblent à géométrie variable et bien peu lisibles pour un cerveau autiste. Alors en tant que parent ou proche, comment soutenir notre jeune dans sa vie professionnelle ? Bonjour, je suis Maya. J'ai été chef d'entreprise pendant 21 ans, concernée par l'autisme sans déficience intellectuelle, voire avec HPI, dans toute ma famille. Ça fait 4 ans que je prépare une transition professionnelle axée en santé mentale pour l'accompagnement des familles et des jeunes. Aujourd'hui, je suis l'une des 18 pères aidantes familiales professionnelles en activité. Et je me régale à échanger avec vous et à continuer à transmettre à travers ces podcasts et à travers mes ateliers une sorte de décodage d'un monde pour l'autre. si on peut réduire l'anxiété et la violence des situations. Cet épisode, c'est le dernier de la longue série sur le travail. Sur YouTube, vous les avez en playlist, organisées dans la playlist travail, pour vous faciliter la recherche si vous voulez revenir sur un épisode ou l'autre. Et n'hésitez pas à me contacter si vous souhaitez retrouver une info ou revenir sur un point, ça sera avec grand plaisir. Allégo, c'est parti pour l'emploi et les jeunes autistes. Aujourd'hui, on parle de cinq sujets. Acquérir des compétences et avancer, rebondir après un échec professionnel. La gestion de la fatigabilité et du stress, on va en parler très brièvement parce que j'ai fait un long épisode là-dessus sur la fatigabilité autistique. Quatrième chapitre, les postures parentales pour aider notre jeune. Et puis le dernier, des outils concrets pour la recherche et le maintien dans l'emploi. Alors apprendre, acquérir des compétences et avancer. Les meilleurs apprentissages sont ceux qui sont faits par l'expérience, ce fameux essai-erreur aussi. On essaye, ça ne marche pas une fois, deux fois, on ajuste un peu, ça marche un petit peu mieux. On peut les encourager, nos jeunes, à faire des stages, des entretiens, des activités, car petit à petit, ils vont se confronter aux choses et même en cas d'échec, ils vont souvent pouvoir surmonter des choses et avancer, et nous surprendre. Ou pas, parce que parfois les difficultés, les comorbidités associées, les traumatismes ou simplement l'expérience et le moment font que c'est trop pour eux et que certaines choses ne seront réellement pas faisables. À ce moment-là, il est peut-être utile d'avoir une RQTH et de demander les aménagements nécessaires. Certains de nos jeunes vont passer par des périodes creuses, par des dépressions, par un arrêt, par l'impossibilité de travailler, par des changements de voie ou par une période de travail en établissement protégé, en ESAT. Et c'est ok. plein d'explications scientifiques à ça, que la plupart d'entre vous connaissent déjà. Le cerveau autistique fonctionne différemment. On va parler de plusieurs choses pour contextualiser un petit peu une chose très importante dans ce cerveau-là et qui impacte beaucoup les relations et le travail, le besoin de prévoir les choses en amont, dans les moindres détails. Ce qui signifie que le moindre imprévu dans le cours de dessin, par exemple, du style une salle changée ou du matériel pas exactement comme imaginé, ça peut ficher en l'air le scénario qu'avait prévu ce cerveau. Ce qui signifie aussi dans un emploi que le moindre imprévu type réunion changée ou charge de travail modifiée, là aussi fiche en l'air la prédiction. Une autre chose qui rend le monde du travail plus compliqué pour les personnes autistes, la sensorialité. Pour faire simple, le cerveau autiste y prend tout, ensemble, sans discriminer, sans filtre. alors le bruit que le collègue fait avec le stylo sur sa feuille, il va avoir la même intensité que celui de la ventilation et la voix de l'interlocuteur. Un contact physique imprévu, même en saluant une petite main sur le coude ou sur l'épaule, a la même intensité qu'une agression pour certains. Un changement de météo imprévu lors d'une activité ou d'un déplacement peut provoquer une surcharge sensorielle. Prévoir les choses, les lieux, les discussions, qui sera présent, le tour de parole, ce qui sera dit, ça permet au cerveau autiste de fonctionner. Se protéger pour réduire ce qu'il perçoit comme agression sensorielle, c'est indispensable pour garder un peu d'énergie pour le cognitif. Et le cognitif justement, là aussi, il ne fonctionne pas comme les autres cerveaux. Les détails sont traités avec autant, voire plus d'importance que le global. Ce qui fait notamment des personnes autistes au travail d'excellents contrôleurs des impôts ou contrôleurs de gestion. Mais ce qui est pour eux parfaitement épuisant. Parce que sans discriminer les tâches, les opérations ou les informations qui seraient plus importantes ou prioritaires que les autres, tout est pris au même niveau et ça demande une énergie considérable. Ce sens du détail, il a une autre caractéristique qu'on trouve chez de nombreux autistes, ce besoin impérieux de signaler les fautes, pointer ce qui ne va pas. Souvent c'est bien mal perçu et soyons honnêtes c'est régulièrement formulé maladroitement par la personne autiste. Mais ce besoin là de pointer, de signaler les fautes, il n'est pas fait pour enquiquiner les autres. Le cerveau autiste il a bien du mal à passer à autre chose tant que ce détail entre guillemets n'est pas corrigé ou à sa place. Ça devient impératif pour lui. Alors en entreprise il y a des stratégies autant pour les collègues, la hiérarchie, que pour la personne autiste elle-même pour gérer ça sans souffrir. ou faire souffrir les autres. Mais si déjà, en amont, on comprend, de part et d'autre, que c'est le fruit d'un fonctionnement et ce n'est pas fait pour enquiquiner, eh bien, ça permet d'apaiser les relations au travail. Et tout ça, ça nous amène à cette fameuse fatigabilité cognitive, sensorielle, physique et émotionnelle, qui fait partie intégrante, hélas, de la vie des autistes. Et dans un environnement non adapté, soyons clairs, leur pourrit la vie. Alors oui, apprendre. Acquérir des compétences et avancer ? Oui, tout en sachant, en prenant en compte que parfois, il faut ce qui ressemble à 3, 4, 5 faux départs, qui sont en réalité des coups d'essai, de l'entraînement, de l'habituation, de la connaissance de soi et du milieu. Et oui, il leur faut souvent plus de coups d'essai avant qu'un départ soit celui qui permette un bout de chemin professionnel. Et si dans ces coups d'essai, ils n'ont pas la pression parentale ou de la pression de l'entourage pour... réussir, faire comme les autres, s'ils savent qu'ils ont réellement le droit de tester, de tenter un truc, de revenir, de repartir, alors l'anxiété et l'anxiété de performance vont baisser, l'auto-estime remonter, la confiance en eux, en leurs proches, leur donne une sécurité qui va permettre ces essais-erreurs et ces pas qui font avancer. Deuxième chapitre, rebondir après un échec professionnel. Parce que ça aussi, c'est pas mal d'y penser en tant que proche aidant. Et c'est pas manquer de confiance en notre jeune ou en soi, si vous écoutez ce podcast pour vous, que de penser à l'après. Ça n'a rien à voir avec la pensée magique qui dirait « pense positive » . « Pense positive » plutôt. Envoie des intentions positives, ça y est. Crois en toi et tout ira bien. Et confiance. Bon, je caricature un peu, mais... beaucoup. Mais cette pensée magique, si vous me suivez, vous avez compris que c'est pas mon truc. Et je peux d'autant plus vous l'affirmer que j'y ai goûté. J'ai passé de nombreuses années dans le développement personnel, assez pour comprendre que ce sont des injonctions qui, quand on est concerné en santé mentale ou en santé somatique, par une difficulté ou par des difficultés, ces injonctions sont profondément inégalitaires, culpabilisantes, et peuvent faire énormément de mal. Si vous voulez en savoir plus là-dessus, je vous renvoie à mon épisode vraiment dédié au sujet. Le titre c'est Injonction au bonheur. Et puis vous avez un podcast qui parle de ça dans plein d'aspects différents, c'est Méta de choc. Alors, je reviens à mon propos. Penser à comment rebondir après l'échec, ça n'a rien à voir avec un échec annoncé ou prévu. C'est au contraire baisser en amont l'anxiété, prévoir un plan B, prévoir un plan C, s'accorder le droit à l'erreur. au tâtonnement et ça fait du bien. Comment on fait ça ? prévoir le coup d'après, les plans B, on peut prendre en compte la fatigue, la fatigabilité, prendre en compte les besoins, ceux qui avaient été ignorés ou sous-estimés et qui ont été révélés par cette expérience professionnelle. Ça, ça permet d'apprendre de l'expérience qui vient d'être vécue et de limiter un prochain échec. Une autre chose, connaître son diagnostic pendant l'enfance ou à l'adolescence, ça peut aider parce que ça signifie avoir des clés sur soi. et comprendre ses propres besoins. Donc apprendre plus tôt, plus jeune, à se respecter, à prévoir des périodes de sas, des périodes où on va avoir besoin de se poser, de décompenser, de se reposer après quelque chose d'intense, y compris des joies intenses d'ailleurs. Tout ça pour ne pas accumuler trop de fatigue avant d'arriver à l'effondrement ou à la dépression. Une autre chose, en tant que proche aidant, mais aussi en tant que... de personnes concernées, c'est de normaliser les parcours non linéaires. Normaliser le fait de chercher, de tâtonner, de revenir sur ses pas, d'essayer un truc, le lâcher et revenir ou tenter autre chose. Certains autistes font des études, suivent des études, trouvent un emploi et ont une carrière très stable et ça arrive et c'est super. Et pour d'autres, et c'est super si ça leur va bien, disons, et pour d'autres, ça ne va pas être le cas. Et les deux sont ok. Ça dépend vraiment des personnes mais arrêtons de se comparer. et de poser des injonctions ou des normes. Un autre point, ce sont les GEM, les groupes d'entraide mutuelle, ça c'est en France. Ils peuvent être d'un grand soutien, ça permet de parler avec ses pairs, de développer des activités qui font du bien en principe, d'avoir un rôle social, d'acquérir une certaine forme d'expérience, à la fois sociale mais aussi en milieu type associatif. Et même si cette expérience n'est pas rémunérée, c'est aussi Une occasion d'apprendre, d'expérimenter des choses et ça va là aussi permettre de limiter la pression sociale, limiter aussi si on peut la pression familiale. On a parfois un beau-parent qui nous dit « oui mais alors quand est-ce que tu vas gagner ta vie ? » Bon, une autre chose c'est faire des activités valorisantes. Pour travailler l'estime de soi c'est super important. Et puis la dernière, ces périodes non linéaires, c'est... que certains considèrent comme des ruptures de parcours, ça peut être l'occasion de passer son permis ou bien de faire un stage, de faire une expérience, d'être au pair dans un pays étranger, de se consacrer à un sujet d'études ou de passion. Ça peut être l'occasion de faire quelque chose dans l'humanitaire ou localement, un petit job alimentaire à temps partiel, proche de chez soi, pour tester doucement la vie professionnelle sans rajouter trop de contraintes et en gardant du temps pour soi, pour se reposer. pratiquer des activités qui font du bien et tester un peu ces nouveaux équilibres, pas passer d'une vie étudiante ou d'une vie à la maison à directement un rythme et une vie professionnelle à 100%, une vie hors de ses routines et de ses habitudes. Alors, j'ai quand même envie de dire, en conclusion de ce chapitre, rebondir après un échec, attention. J'ai fait une petite mise en garde tout au début avec cette histoire de... vigilance sur les injonctions au développement personnel, être la meilleure version de soi-même, etc. qui sont sacrément culpabilisantes, totalement improductives pour les personnes autistes, avec TDAH, avec troubles anxieux, avec phobie d'impulsion, dépression, qui vivent avec des idées noires ou tout simplement les personnes qui vivent des situations difficiles. Tout ça, ça demande un accompagnement professionnel. Et je ne sais pas si vous le saviez, mais même chez les professionnels, il y a des psychiatres qui sont sacrément réalistes. et qui vont vous dire que, en fait, dans ces injonctions, y compris dans un cadre professionnel, médical, qui suivent les recommandations de l'OMS, de la Haute Autorité de Santé et tout ça, les pratiques EBM, Evidence Based Medicine, eh bien, ils vont vous dire que toutes ces choses, qui sont faites pourtant avec des excellents outils comme la TCC, la psychoéducation, travailler sur l'autodétermination, l'empowerment, le rétablissement. Mais ce que disent certains psychiatres, c'est qu'à la fois ces outils visent à rééduquer les pensées des patients et ça peut être très bien, mais pour certains, c'est parfois juste du bricolage pour qu'il soit suffisamment fonctionnel pour intégrer le marché du travail. Alors passons maintenant au rythme fatigabilité et puis la gestion du stress. Ça va aller très vite parce que j'en ai déjà souvent parlé. je ne vais pas vous refaire un chapitre entier là-dessus, mais c'est super important de sensibiliser notre enfant, notre jeune à la gestion de son propre rythme, au fait de ne pas essayer de faire comme ou autant que les autres, de l'éduquer à l'acceptation de son propre rythme et de l'éduquer, de l'orienter pour qu'il puisse se préserver si possible, en particulier si c'est une personne qui est habituée à beaucoup s'adapter ou à beaucoup masquer. Prendre ça en compte Lors de choix d'un emploi, du nombre d'heures, des modalités de travail, c'est vraiment important. Comment soutenir et accompagner un jeune pour ses démarches, choisir une carrière, trouver un stage, etc. Dans ce chapitre, je vais vous faire une liste de pistes évoquées en association, en atelier, en conférence. Il y a peut-être des choses qui ne sont plus tout à fait à jour et puis il y en a évidemment, ça change tout le temps, ça évolue et ça tend mieux, il y a des nouvelles choses qui existent. Prenez ce qui vous va bien, complétez, commentez, faites comme vous voulez. Si vous êtes en voiture ou que vous avez les mains dans la farine parce que vous êtes en train de cuisiner, ne vous préoccupez pas, ou parce que vous êtes boulanger d'ailleurs, ne vous préoccupez pas de tout stopper pour lister. Parce que d'abord, vous retrouverez ces infos dans les chapitres. Ensuite, vous pouvez sur Apple Podcasts par exemple, faire un copier-coller du texte. C'est une nouvelle fonctionnalité, sauf erreur, de l'app qui est très pratique. Et enfin, vous pouvez aussi m'envoyer un mail ou un message et je vous les transmets, ces informations, par écrit si vous voulez. Vous avez mon numéro de portable professionnel et un formulaire de contact sur mon site www.mayael.org. Et puis même cette info, ne vous inquiétez pas, vous la retrouverez en description de l'épisode. Alors c'est parti pour les pistes. Et la posture parentale ou en tant que proche qu'on peut avoir pour accompagner. un jeune dans ses démarches. Après, je vous donnerai une liste concrète de sites et de ressources. Là, on venait plus sur le côté posture. D'abord, normaliser tous les jeunes, autistes ou pas, atypiques ou pas, neurodivergents ou pas, rencontrent des difficultés à trouver un stage, à gérer des démarches administratives, à devenir autonome, à gérer une inscription, trouver un emploi. C'est important de recontextualiser et puis de normaliser que, hélas, c'est vraiment le lot de beaucoup, beaucoup de jeunes, peut-être pas tous, mais de vraiment de très nombreux jeunes, neurodivergents ou pas, de rencontrer, d'être confrontés à ces difficultés-là. Ensuite, autre chose, avoir conscience que certains de nos jeunes peuvent s'effondrer à un moment inattendu, au moment où l'école ou alors l'emploi de leurs rêves est atteignable. Pourquoi ? Parce que ça a été tout. tellement dur, ils ont tellement galéré que quand le rêve devient accessible, que c'est rendu possible, ça met une pression de fou. L'anxiété de performance est à son comble et ça peut absolument paralyser. Et ça, c'est super important de vraiment en avoir conscience. Ils ne sont pas en train de se saborder, ils ne sont pas en train de refuser d'avancer, ils ne sont pas en train de saboter leurs projets ou leurs envies. C'est un truc qui se passe au niveau de l'anxiété, ce n'est pas volontaire. Et là, notre jeune, il a besoin d'aide. de la part d'un professionnel et d'être vraiment soutenu de la part de ses proches. Et puis attention, comme toujours, au niveau d'anxiété. Certaines personnes gèrent leur niveau d'anxiété en imaginant le pire scénario et comment réagir en imaginant tous les scénarios, les degrés. Et en termes de prévisibilité, ça les aide à réduire leur anxiété. Très important aussi, qu'est-ce qui est l'objectif principal ? Il me semble et... c'est d'ailleurs l'approche majoritaire des équipes de soins avec lesquelles je travaille, il me semble qu'on va chercher à viser d'abord le rétablissement, plus tard l'embauche et le maintien. Mais surtout, ça se fait en écoutant le jeune. Son rétablissement se passe par l'éloignement peut-être temporaire de tout stress ou impératif d'emploi pour certains, ou pour d'autres, par le fait de prendre confiance à travers des expériences progressives d'emploi. Ça, ça se travaille en écoutant le jeune. Autre chose, tenir compte des réalités, son profil d'employabilité, son profil sensoriel, l'endroit où il vit, l'accessibilité des transports en commun, et est-ce qu'il peut les prendre ces transports en commun ? Est-ce qu'il conduit ou pas ? S'il conduit, est-ce qu'il a une voiture ou pas ? Son entourage, est-ce qu'il est soutenant sur le plan logistique, soutenant sur le plan émotionnel, sur le plan économique ? Sans aucun jugement ni appréciation des priorités des familles, il s'agit d'aborder sincèrement toutes ces choses. C'est très important pour définir les ressources, la faisabilité du projet, la réalité du jeune et de son environnement. Et puis, on peut proposer notre aide et le jeune dispose. On l'accompagne s'il le veut, sur ce qu'il souhaite, dans les modalités qu'il demande. Et pour le reste, on le laisse faire seul en lui indiquant qu'on est là pour l'aider s'il a besoin. Avec une acceptation pleine et entière du fait qu'il peut se tromper. et que ça fait partie de l'apprentissage. Donnons-leur ce droit à l'erreur authentique, et donnons-leur ce droit d'expérimenter, qu'ils peuvent tester des choses. Au niveau de l'orientation, on peut, là aussi s'il est d'accord, lui proposer des métiers, lui proposer des stages, des études, lui arriver avec différents types de propositions, tout en étant dans une posture nous-mêmes d'acceptation de ses refus, et on va le prévenir. Écoute, je vais te proposer plein de choses, et puis tu vas me dire non, et ça sera normal. Tu vas me dire non à plein de choses, et ça sera normal, et puis peut-être que parmi mes propositions, il y a l'une ou l'autre qui vont t'intéresser, et tu vas revenir dessus, et tu as le droit de me dire non. normaliser le fait qu'on leur propose, accepter et normaliser le fait qu'ils vont nous dire non. Et parfois, les bonnes idées sortent d'échanges comme ça avec nos jeunes. Et à ce stade de l'épisode, il me faut remercier Olivier pour cette excellente suggestion, Sophie et puis l'association Les PBZ ainsi qu'AsphiJob qui ont apporté ces deux personnes et ces deux associations une partie des pistes que je vous transmets ici. C'est intéressant aussi de leur expliquer deux biais, le biais d'optimisme et le biais de pessimisme. Et de décoder ou d'expliquer certaines choses via ces biais. Par exemple, rater son train. Pourquoi est-ce qu'on a raté notre train ? Parce qu'on avait un biais d'optimisme sur le temps pour y aller. On pense qu'on ne va pas décrocher cet emploi, c'est un biais de pessimisme. Et ça, ça permet aussi de prendre de la distance, ça permet aux jeunes de ne pas être... complètement critique face à son être en disant je suis trop nul c'est parce que je suis pas, je suis trop nul pour décrocher un emploi, je suis tellement désorganisé je suis pas fichu de réussir à m'organiser pour prendre mon train des fois c'est simplement notre cerveau qui nous joue des tours et comprendre ça ça leur donne et ça nous donne en fait c'est utile pour tout le monde, ça donne du pouvoir sur les pensées et puis ça permet de prendre de la distance sur les comportements et en fait on peut jouer avec ça en caricaturant On peut jouer aussi à accuser le biais plutôt que la personne. Une autre chose encore, c'est prendre en compte, j'en ai parlé un petit peu tout à l'heure, la réalité de la famille. En allant plus loin, c'est aussi la réalité, la possibilité ou pas de la famille pour laisser du temps aux jeunes pour faire tout ça. Ou s'il y a une réalité socio-économique, un environnement qui est pressant. et où il n'y a pas le choix. Là, il va vraiment falloir qu'ils trouvent un emploi. Si on peut faire attention aux pressions sociales extérieures, normatives de l'environnement plus large, familial, qui pourraient imposer des choses, se permettre d'être très critiques par rapport à ce parcours qui ne serait pas linéaire. Après ton bac, tu feras des études, tu auras un emploi, il n'y a pas d'autre solution. En dehors de ce parcours, on fait comprendre parfois que le jeune n'aurait pas de valeur. Si on peut agir, nous, en tant que parents ou proches, comme une barrière envers cet environnement, cette famille plus élargie qui peut parfois ne pas être soutenante par ces injonctions-là, ça vaut le coup. Et puis aussi, et enfin, prendre en compte le côté tout ou rien des autistes. Si en plus, avec cet autisme, il y a un TDAH, un trouble du déficit de l'attention, avec ou sans hyperactivité, Souvent, ça renforce ce côté impulsif et sans nuance. Alors, on peut essayer de dédramatiser ces réactions. Expliquer aux jeunes que c'est une sorte de biais, là aussi, c'est une sorte de raccourci du cerveau qui fait penser que si on n'y arrive pas une fois, on n'y arrivera jamais. Que si on ne maîtrise pas toutes les sept compétences recommandées pour ce poste, qu'on n'en a que six, ça ne sert à rien de postuler. Que si on ne connaît pas parfaitement ce domaine, autant ne pas y aller. Ça, c'est un côté tout ou rien qui manque de nuance. Et dédramatiser ça, ça va les aider. Et on arrive aux outils, à la liste des outils concrets, des pistes, des ressources. Alors, l'IA. L'intelligence artificielle peut aider à rédiger des mails avec un ton plus professionnel, plus assertif. Ça peut aider aussi pour décomposer des tâches, pour s'organiser. Certains recommandent de passer par le jeu, y compris en jouant avec l'IA, en testant, en... en l'utilisant comme interlocuteur pour simuler un entretien, pour simuler un dialogue avec un collègue ou en réunion. On me signale que DeepSick est moins consommateur d'énergie. Gobelin, vous devez connaître, c'est idéal pour décomposer des tâches et formuler les choses, par exemple, pour trouver des pistes. Utiliser l'IA comme un outil tiers-médiateur, et en tant que parent, ça permet aussi de sortir du rôle parental, qui est rarement... accepté à cet âge, encore que chez les neurodivergents, je ne sais pas, à creuser. Enfin, ça peut être pratiqué dans certaines familles. Alors, personnellement, l'IA, ce n'est pas trop ma tasse de thé. Je revendique d'abord faire un site internet, de faire des chroniques, de faire des podcasts, tout ce que j'écris, tout ce que je travaille, mes ateliers, de faire tout ça sans IA. Mais ça, c'est un parti pris qui est personnel, que j'explique sur mon site internet. Voilà, j'explique pourquoi. mais c'est quand même Il faut reconnaître que ce sont des outils qui sont aidants, qui sont utilisés aussi par des éducateurs qui accompagnent les jeunes avec ces profils. Une autre chose, évidemment, là on est sur du basique, ça serait se faire accompagner pour la rédaction du CV. Un troisième point, le profil LinkedIn, notamment pour ceux qui cherchent un emploi dans l'informatique, dans la tech, en santé mentale, dans les grandes entreprises, dans certaines administrations, dans des grandes associations. LinkedIn, c'est un réseau qui est très utile pour ça. Vous êtes d'ailleurs quelques-uns à m'avoir demandé comment créer son profil et l'optimiser pour LinkedIn, pour se créer un réseau, pour se créer des opportunités de travail, trouver des contacts, avancer de ce côté-là. Je pense proposer une petite formation là-dessus avec quelques autres outils de communication. Si ça vous intéresse, signalez-vous et puis je vous tiendrai au courant. Dans les outils, évidemment, la préparation à... L'entretien, ça, on en a parlé un petit peu plus de l'entretien d'embauche dans un précédent épisode. Dans la préparation, on peut le faire sous forme de jeu de rôle et là, on peut aider notre jeune. Mais il peut aussi parler à l'IA. Certains s'entraînent comme ça, comme évoqué tout à l'heure. Parler devant son miroir, parler à son chat. Ça paraît, j'espère que ça vous fait sourire, mais testez, essayez de parler, de tenir une conversation, de tenir un entretien. ou de faire un coup de fil important, quelque chose à enjeu comme ça devant votre miroir ou devant votre chat, il y a quand même quelque chose de pas complètement anodin, d'un petit peu intimidant, et c'est un super exercice. Se filmer, certains font ça, et puis le tester dans des groupes de parole aussi, c'est intéressant. Un autre outil, le job coaching. Le job coaching appliqué selon la méthode IPS, Individual Placement and Support. C'est une approche d'accompagnement à l'emploi pour les personnes en situation de handicap. C'est un accompagnement qui est personnalisé, individualisé et soutenu et qui accompagne vraiment, y compris jusqu'au maintien. Ça vise à faciliter l'accès, mais aussi le maintien dans l'emploi en milieu ordinaire. Pour en savoir plus, une recherche Google avec ces mots-clés, Job Coaching, méthode IPS, ça vous donnera plein d'infos. Le but, en gros, c'est que les personnes soient les objectifs. C'est la valorisation, la confiance en soi, la reconnaissance en accédant à un emploi en milieu ordinaire, gagner en autonomie financière, bien sûr. Et tout ça, ça contribue à faciliter les liens sociaux et puis l'intégration et l'estime de soi. Un autre outil, il y a des ateliers thérapeutiques et des services d'insertion que vous pouvez trouver via les centres. de réhabilitation. Vous cherchez sur Google Centre Ressources Réhabilitation, le tout au singulier, .org Centre Ressources Réhabilitation. Il n'y a pas de règle pour accéder à ces ateliers et à ces services d'insertion. Chaque centre de ressources réhabilitation va avoir sa propre offre. Donc, selon là où vous êtes, il faut contacter les établissements, voir ce qu'ils proposent. Et dans le public, vous pouvez aussi demander Merci. un rendez-vous avec un père aidant qui peut vous accompagner dans ces démarches, qui peut faire les coups de téléphone, qui peut prendre les renseignements, qui peut vous accompagner sur place aussi en atelier. Et en tant que famille, si l'établissement où est accompagné votre jeune dispose sur place d'un père aidant familial, là vous pouvez être accompagné en tant que famille par ce père aidant familial, de la même manière dans les démarches pour se renseigner sur ce qui est proposé, ce qui est possible. Notez que le père aidant et le père aidant familial. Certains sont également accessibles en libéral, c'est mon cas, mais ne seront pas remboursés par la Sécurité sociale ou l'assurance maladie en Suisse. Encore qu'en Suisse, ce point semble en discussion. Il semblerait que certaines assurances acceptent de le prendre en charge si c'est dérivé par le psychiatre, mais plus dans un autre contexte. Je ne pense pas dans ce contexte d'accompagnement vers l'emploi. Dans les autres outils, vous avez les SAMSA. SAMSA, vous avez Cap Emploi, vous avez un site aussi qui s'appelle cdr.emploiaccompagner.fr, je vous mettrai la référence en ressources, qui regroupe tous les organismes et associations d'accompagnement. très intéressant. Aspijob, évidemment, le site aspijob.org. Vous avez aussi un accompagnement pour l'orientation, le projet professionnel et l'insertion professionnelle, ainsi que les stages, dans le cadre de la LADAPT. Je ne sais pas, je ne me souviens plus si on prononce, si on doit déletrer, ou si on dit là l'ADAPT. Donc cet organisme a Merci. un service d'accompagnement pour les jeunes autistes à partir de 16 ans. Généralement, on y accède sur demande, présenté dans un dossier MDPH et sur notification et décision de la MDPH. Donc là, on est en France. Le site, c'est www.ladapt.net. Je vous mettrai aussi le lien en ressources. Donc, Association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées. En conclusion, aujourd'hui, on a surtout parlé de comment accompagner nos jeunes, mais du côté de l'entreprise. Eh bien, du côté de l'entreprise, il y a évidemment plein de choses à faire. Et ça, en ayant personnellement été du côté recruteur et employeur pendant plus de 20 ans, c'est aussi un truc que j'adore faire. Alors, si vous êtes employeur et que vous voulez des pistes pour recruter ou maintenir dans l'emploi des personnes neuroatypiques, n'hésitez pas à contacter des professionnels. On est quelques-uns à faire ça. Et je vous orienterai très volontiers, si je ne suis pas disponible, vers quelqu'un de plus proche de vous. Et même si je suis disponible, d'ailleurs, je vous orienterai aussi, je vous proposerai plein de choses. Je suis super intéressée et enthousiaste à l'idée que les entreprises continuent. Il y en a qui ont déjà fait des super pas, qui ont beaucoup avancé là-dessus, et puis qu'on continue à former, à informer, à travailler tous ensemble. Parce que ce fameux fait un effort quand on le réduit. à l'autiste, il est voué à l'échec et profondément inique. Le système et la société doivent aussi profondément s'adapter au profil neurodivergent. Et faire cet effort-là pour une entreprise, en plus, c'est vertueux pour plein de raisons. Je me contenterai ici de vous en citer trois. La RSE, la plus-value et l'économie. La RSE, la responsabilité sociale et environnementale. des entreprises. Et ça, si vous êtes entrepreneur, vous savez que c'est valorisant, que ça paye dans tous les sens du terme. La plus-value, les profils atypiques, si on sait les aborder, si on sait les respecter, ils sont hyper intéressants et précieux dans plein de domaines. La plus-value, elle est réelle et souvent, elle est innovante en plus. Et enfin, l'économie, ça coûte bien moins cher de se former, à comprendre l'autre et à s'outiller pour travailler avec que de devoir le licencier ou de devoir rechercher et former une autre de personnes, de devoir gérer des conflits, des arrêts, des burn-out. Alors, une fois n'est pas coutume, je finis cet épisode en vous disant faites un effort. Les entreprises, faites l'effort de vous former à ces profils, c'est du win-win. Et je termine par une phrase que mon fils m'a dit il y a à peine une heure en parlant de son orientation, de ses projets. Il me disait « Don't love your job, but job your love » . Ce que je comprends par « Ne cherche pas à aimer ton travail, travaille » . dans ce que tu aimes. Et c'était magnifique parce qu'il me parlait d'un projet professionnel avec des étoiles dans les yeux, qui ne correspond pas forcément à des hautes études ou quelque chose qui fait briller, mais juste à quelque chose qui est en lui, qu'il aime beaucoup et qui le fait vibrer. Et ça, je trouve ça magnifique. Et voilà le moment du contenu caché. pour les patients ou les habitués qui sont restés jusque-là et qui savent. Alors, on m'a fait remarquer récemment que dans un autre épisode, en contenu caché aussi, je vous parlais de mon mémoire et je vous disais que je n'avais aucune idée que je l'avais rendu, que j'avais fait mes examens, ma soutenance, tout ça, et que je n'avais aucune idée de la note que j'aurais ainsi que sur le reste des examens de mon diplôme de père-aidance familiale professionnelle. Alors, fin du suspense et cadeau pour ceux qui sont restés jusqu'au bout, j'ai eu des très bonnes notes et je suis très contente. Et je commence le DU de psychoéducation la semaine prochaine, parce que j'ai très envie, malgré mon travail et mes accompagnements, j'ai très envie de continuer et j'ai besoin de continuer à me former. Et aussi vous dire que les ateliers pour poser ses limites et savoir dire non sont lancés. J'en anime deux par mois en moyenne. Là, il s'agit sous forme de jeux de rôle, de permettre de tester des modèles prédictifs, de tester des situations, de tester comment on pourrait réagir à... Dans telle interaction avec nos proches, dans telle interaction avec un soignant ou au travail, ça se passe super gentiment, ça se passe en petits groupes privés, on teste des outils. C'est comme un entraînement à un nouveau sport ou à une langue étrangère. Au début, ça semble bizarre, pas naturel, parfois un peu compliqué, mais je vous donne plein d'outils. J'explique, on joue, on pratique, on apprend. Et le fait de le faire sous forme de jeu de rôle, ça a trois impacts. Ça permet de réduire l'incertitude et l'anxiété. Ça permet aussi de renforcer notre confiance en nos capacités à dire non, à agir, non pas être tout le temps dans la réaction, mais être dans l'action, à poser nos limites, à nous respecter en étant respecté et en respectant l'autre. Et puis la troisième chose, c'est que ça permet d'outiller notre cerveau. Il a plus d'outils, comme une nouvelle langue, vraiment des mots qu'on apprend et après on est plus à l'aise parce qu'on a beaucoup plus de possibilités. à notre disposition. Tout ça en testant sur des exemples de la vie courante pour que ce soit utile à chaque participant. Voilà, c'est vraiment la fin. Merci d'avoir écouté, prenez soin de vous et puis à très bientôt.