Speaker #0Tu sais, il y a vraiment très très peu de personnes qui me connaissent, sans filtre, peut-être 3 ou 4, grand max, dont vous faites partie. Parce qu'au boulot je m'adapte, devant tes professeurs je compose, à la chorale je peux montrer une partie de moi, mais pas toute, suivant qui est le médecin, faut faire gaffe aussi, devant les voisins, quelque part je me protège, pour éviter qu'on me pose des questions auxquelles j'ai pas envie de répondre, des espèces de... de trucs un peu intrusifs, ou alors de devoir, entre guillemets, justifier mon mode de vie, mes choix dans l'éducation que je vous donne. Et lui me répond, moi c'est pareil maman, au collège j'en pouvais plus. Je ne peux pas du tout être moi-même, sans filtre, parce que sinon je m'attire plein de soucis. Alors je dois tout le temps penser à ce que je peux dire ou pas, la façon dont je dois regarder les gens, ce que je dois faire, comment je dois répondre, c'est crevant, c'est use. Mais je lui demande, il y a des personnes avec... « Mais qui ? Tu peux être sans filtre, toi-même ? » Et il me répond « Ben avec toi, maman. Avec toi, je ne calcule pas. » Et encore. Bonjour, je suis Maya, la voix de ce podcast, entourée d'autistes avec HPI dans toute ma famille. Employeur de personnes avec troubles du neurodéveloppement, mais de plus en plus longtemps, parce que je transmets tout ça et je m'oriente vers la compagnie humorale et la société mentale. Ce podcast, au départ, il est mis des échanges rares, mais si drôles, quand on savait rire de nous avec une autre maman d'enfant différent. Ça nous faisait tellement de bien de partager nos réalités, on s'est dit qu'il fallait aller plus loin. Alors, on n'a pas réussi à le faire ensemble. Je m'y suis mise toute seule. Et en parallèle, j'ai intégré une formation de père et d'enfant familial professionnel, entre autres. Dans ce podcast, on essaye de traduire un monde pour l'autre, pour diminuer la violence et la situation. Et si on y arrive, rire. aussi de nous-mêmes. Ceci est le second volet d'une série de quatre sur autisme sans déficience intellectuelle et travail. Vous pouvez les écouter dans l'ordre que vous voulez. Le premier concernait le fait d'être indépendant. Aujourd'hui, on va continuer à parler un petit peu de ça, mais surtout, on va parler sans filtre. Et puis, le premier samedi du mois de juillet, on parlera du salariat et de l'entrée dans le monde du travail. Et le troisième, samedi du mois de juillet, on parlera des collègues. Et la hiérarchie, vaste sujet aussi, non ? Et pour le mois d'août, on verra. Je travaille en parallèle sur la sexualité, le harcèlement, la notion de douleur chez les autistes, ou tout autre sujet qui va me prendre d'un coup et qui sortira dès que j'arrive à connecter suffisamment de neurones pour faire quelque chose de potable. Allez, c'est parti pour le mode sans filtre. On va aborder donc les filtres pour commencer. Ensuite, on va parler un petit peu des codes avec un modèle. de personnalité, sur un temps un peu humoristique, on va aborder le revenu universel, la perte de sens et brièvement les abus. Brièvement parce que ça va être abordé dans un autre, beaucoup plus longuement, dans un épisode sur le harcèlement. Alors, les filtres. Donc en intro et par cet échange, je voulais aborder un truc épuisant dans le monde du travail, le fait de devoir mettre des filtres tout le temps. Pour certains autistes, c'est le mode par défaut. Ils sont toujours en suradaptation, en mode camouflage. Ils passent très bien, mais ça ne se passe pas très bien pour eux. Parce qu'ils sont épuisés de devoir tout le temps s'adapter, jouer un rôle. Et ça altère leur estime d'eux, leur santé mentale et physique. D'autres ont dû apprendre à composer, à mettre des filtres, à mettre la forme. Parce que sinon, ça partait au clash régulièrement. Et ça, ce n'est pas évident non plus. Alors, moi... j'ai pas de solution de magique, hélas. Mais ça me semble important d'être conscient du niveau de fatigue et d'investissement que ça représente. Et d'avoir des personnes ou des moments avec qui on peut être soi-même, sans filtre, sans devoir composer, calculer. Pour certains, ça va être dans la chorale ou par la musique, l'art. Pour d'autres, ce moment où ils peuvent être eux-mêmes, ça va être via les jeux vidéo. Certains vont se lâcher dans le sport. Quand on a la chance d'avoir un ou plusieurs amis ou proches avec qui on peut soit partager les mêmes délires, soit parler simplement et authentiquement, sans filtre, sans crainte d'être jugé ou d'être mal compris, c'est vraiment précieux. Et en principe, dans un groupe de parole ou chez son psychologue, c'est un lieu où on devrait pouvoir parler à peu près sans filtre. Et puisqu'on est sans filtre, je profite ici pour une aparté. Vous le savez ou pas, j'écris tout sans IA. Sur mon site mayael.org, je vous en dis un peu plus. Pourquoi je ne passe pas par l'IA ? Mais entre autres raisons, je préfère la maladresse d'un propos humain que la structure et l'habileté d'un propos travaillé par l'IA. Bon, c'est dit rapidement, il y a d'autres raisons. Je reconnais tout à fait qu'elle est très performante et très utile, et je passerai nettement moins d'heures sur mes chroniques en utilisant l'IA. Mais bon, voilà, je suis comme ça. Je préfère passer 7 à 10 heures par épisode, mais l'écrire avec la maladresse de mes doigts, les bizarreries des liens que je fais dans ma tête, avec les biais que j'ai, avec mon histoire, avec mes blessures, avec mes combats, plutôt que de faire un truc plus lisse, mais à mon sens plus insipide, via l'IA. Et en fait, c'est comme dans la vie, j'ai toujours été plus attirée par la maladresse et la timidité d'un propos ou d'une personne honnête et gentille, qui peut se tromper, qui peut se casser la figure pour essayer de se relever, plutôt que par l'assurance et le charisme d'une personne sûre d'elle. Et si à ce stade, vous me prenez en pitié pour les heures de boulot, non pardon, si vous avez envie de soutenir mon travail, très volontiers, bien entendu. Mais ça sera plus tard, à partir d'octobre, quand je serai, si tout va bien, diplômée. Vous pourrez me recommander à votre entourage si il cherche un accompagnement complémentaire à son suivi médical ou psychologique. Moi je me forme en paire aidance familiale, donc je suis orientée sur le soutien des familles, d'enfants ou de proches avec TND. Et encore plus tard, si vous voulez écorner des pages ou stabilobosser des passages qui vous paraissent importants, vous pourrez commander le livre de ce podcast qui n'est pas encore fait. Et comme je suis une quiche en marketing, je vous annonce des trucs pas encore prêts. Zéro levier d'action pour le moment. Bon, voilà, j'ai placé ma pub sans filtre, c'est beaucoup trop tôt, mais c'est comme ça. Allez, je continue sur les codes. À présent, on va s'amuser un peu avec une méthode pour décoder notre environnement et on passera ensuite au témoignage sans filtre de Mégane qui nous raconte comment c'est pour elle, autiste, de travailler à son compte. Je vais vous parler d'un modèle en psycho que vous connaissez peut-être déjà, c'est le disque pour dominance, influence, stabilité, conformité. Alors ce modèle, comme la plupart des modèles, il peut donner des pistes, mais il est bien entendu caricatural et non fiable. Je pourrais placer ici la célèbre phrase « tous les modèles sont faux mais certains sont utiles » , citation attribuée au statisticien George Box, souvent utilisé pour souligner que les modèles économiques sont des simplifications de la réalité. ne représentent pas une vérité absolue, mais peuvent néanmoins être utiles pour la compréhension et l'action. Disons qu'en psycho, on dirait plutôt que c'est une description grossière. Quatre types, c'est vraiment hyper cliché. Si vous voulez un modèle de test de personnalité plus fin et plus reconnu, c'est le modèle océan. Mais là, aujourd'hui, ce modèle disque, donc cette caricature simpliste, ça va nous donner quelques clés de lecture des outils qui peuvent être utiles. avant d'aller plus loin et en se rappelant que ce ne sont que des outils. Donc en gros, le D, c'est le dominant, le rouge, celui qui aboie, qui impose, qui ne cherche pas le compromis mais qui cherche le rapport de force. Avec lui, ça ne sert à rien d'être poli et courtois. Si en entrant dans vos bouches, il vous dit combien vous voulez, il faut répondre votre chiffre haut, clairement, il va vous dire hors de question et là, vous vous levez de votre chaise en disant je sais ce que je vaux sur le marché. je connais mes compétences, si vous n'êtes pas capable d'aligner ce qu'il faut pour quelqu'un de mon niveau, c'est inutile qu'on perde notre temps tous les deux. Tout ça avec courtoisie et sourire, même si intérieurement vous n'en pensez pas moins, ou que vous tremblez intérieurement. Si le rouge c'est votre client et pas votre recruteur, alors préparez-vous, il refusera votre offre, il s'en dira insulté, il vous dira n'importe quoi, il vous demandera une énorme remise, sinon il quitte la table des négo. Mon correcteur, il avait mis la table des égaux. J'aime bien cet absurde-là. Avec le rouge, c'est quitte ou double. Préparez-vous à l'affrontement. Sachez à l'avance ce que vous pouvez céder ou pas. Et partez de vous-même quand il refuse. S'il a besoin de vous, c'est lui qui pliera. Si vous êtes un autiste, sans filtre, plutôt cache, parfait. Allez-y franchement, amusez-vous. Il n'y a pas besoin de mettre les filtres avec le rouge, il va adorer ça. Et c'est possible que vous vous entendiez très bien. Si vous êtes plutôt habitué à masquer. à vous adapter, à donner ce qu'on attend de vous. Faites attention, le rouge, il peut vous vider, il peut vous épuiser, voire il peut vous faire du mal. Je vous recommanderais de vous préparer ou d'éviter la confrontation. Le « i » du disque, c'est le jaune. Encore que selon les sources, les couleurs attribuées peuvent changer. Moi, j'aime bien cette association couleur, donc je prends celle-ci, le jaune, il adore parler de lui. Il adore se raconter. Pour signer un contrat, c'est une heure de son propre storytelling. Le jaune, il est nettement plus facile à gérer pour les personnes qui sont habituées à se suradapter. à masquer, à donner le change, parce qu'il n'y a pas beaucoup d'efforts à faire avec lui. Sinon, lui donner ce qu'il aime, le valider en fait, lui donner de la valorisation. « Waouh, c'est vachement bien ! Quel parcours, dis donc ! Beau boulot que vous avez fait ! » Alors, il faut que ce soit honnête, ne surjouez pas, il ne s'agit pas d'être hypocrite. Mais n'hésitez pas à valoriser ce qu'il fait, à valoriser ce qu'il vous dit, à lui dire, si vous l'admirez, à lui dire que c'est le cas. Si vous êtes en mode plutôt cash et sans filtre, ça va être plus compliqué pour vous de vous adapter au personnage. Parce que ça risque de vous démanger, de lui dire ça va là, t'as pas bientôt fini de te raconter, tu t'écoutes parler depuis un moment. Mais disons que si vous travaillez à votre compte et que vous avez besoin de signer ce contrat avec cette entreprise-là, et donc ce négociateur-là, qui est plutôt comme ça, connaître cette clé de lecture, ça va vous aider. à prendre votre mal en patience et à pouvoir vous adapter. Le S, c'est le vert. Alors lui, il a à cœur l'harmonie, l'équilibre. Il va hésiter à signer s'il pense que ça peut être mal perçu par les équipes, mal vécu. S'il a peur qu'implémenter votre offre ou votre produit peut déstabiliser les process en place. Alors le vert, on l'accompagne, on le rassure. Si on veut travailler avec lui, on se prépare à être disponible et on lui dit. on s'engage à être disponible, à répondre à ces questions, à l'accompagner, à être facilitateur auprès des équipes. S'il a besoin d'une réunion de présentation par exemple, ou si vous pouvez accepter de présenter aux équipes votre projet, vous pouvez aussi donner votre mail pour que les collaborateurs puissent vous contacter directement. Et puis il y a le C, le bleu. Le bleu, il veut des données, des chiffres, des graphiques. Il veut la composition intégrale du produit, les certificats des sources. Votre gentillesse, il s'en fiche. Le rapport de force, il ne le voit même pas. Il veut aller au fond des choses, il veut comprendre l'intégralité du processus, les tenants, les aboutissants. Et il veut décider en connaissance de cause, en ayant absolument toutes les données. Si vous lui dites « Non, vous inquiétez pas, tout est sous contrôle, je maîtrise. » Rassurez-vous, oui, oui, ces données-là, elles sont claires, mais sans lui donner, il ne s'ignora pas. Par contre, si vous lui donnez les réponses à ces questions techniques et précises, là... Il va étudier au fond des choses, des trucs. Et si ça lui plaît, il signera et il sera un super client. Le C, il ne faut pas la lui faire à l'envers. D'une façon générale, il me semble qu'il faut éviter. Mais le C, c'est irrécupérable. Un mensonge, des données masquées, des petites lignes qu'on voudrait qu'il ne lise pas. Vous êtes sûr de le perdre. À ce stade, vous vous dites probablement que le C, le bleu, c'est l'autiste. Alors deux choses. La première, encore une fois, c'est super caricatural et... évidemment beaucoup trop grossier pour être réaliste, évidemment c'est beaucoup plus fin. Une personne n'est pas juste une couleur ou un type parmi les quatre, il y a un petit peu de tout dans chacun, ça peut ressortir plus ou moins selon les contextes, la culture, la situation. Voilà. La deuxième chose, oui, le C, il fait tout de même nettement penser aux besoins de comprendre des autistes, à leur focus sur les détails. à leur capacité à voir des choses, à faire des liens que les non-autistes ne feraient pas nécessairement, ou mettraient plus de temps à faire. Et vous vous dites certainement que vous, en tant que professionnel indépendant, non seulement vous n'allez pas mentir à votre client, mais aussi que peut-être certains prospects avec qui vous n'avez pas signé, c'est peut-être parce que vous les avez noyés sous des infos techniques ou des détails qui étaient importants pour vous, mais pas pour eux. Parce que le jaune, il veut être admiré et valorisé, le rouge, il veut sentir qu'il a le contrôle. qu'il a le pouvoir, qu'il a obtenu ce qu'il veut. Le vert, il a besoin de paix et de confiance. Aucun des trois n'avait besoin ou ne voulait autant de détails précis. L'idée en vous présentant, encore une fois, sous forme plutôt humoristique, enfin j'espère, cet outil, c'est à la fois de vous donner des grossières clés de décollage, d'un environnement pro et commercial, mais aussi à l'inverse, qu'on se rende compte à quel point on a pu se faire avoir par ce vendeur, par ce commercial pour changer les vitres à la maison. Par ces « timies » qui voulaient obtenir quelque chose de nous, par ce manager ou ce collègue. Et ça nous permet aussi de comprendre pourquoi avec certains, il n'y a pas moyen, ça ne passe pas. Dans mon cas, j'ai certains de mes partenaires professionnels avec qui c'est juste l'enfer et je pars rapidement. D'autres avec qui on travaille depuis 20 ans ensemble, en confiant si efficacement. Typiquement, le partenaire qui ne répond pas à mes questions précises et techniques, qui me répond en me donnant ses chiffres de satisfaction, l'ensemble des clients. satisfait les pourcentages et qui me rappelle à quel point son entreprise est valorisée, avec moi ça ne passe pas. En fait, je m'en fiche complètement. Son taux de satisfaction globale, je m'en moque. Moi, je veux des réponses à la problématique que je rencontre dans mon entreprise actuellement avec lui comme partenaire. Je paie une prestation, elle n'est pas réalisée, je veux qu'on règle ça. Qui me rappelle les succès de sa boîte s'il le veut ? En attendant, j'attends des données et des réponses pour solutionner le problème qu'on rencontre. Donc typiquement, quand j'ai un jaune en face de moi qui me rappelle combien il est génial, sans chercher à mettre en place des processus techniques pour améliorer notre façon de travailler, je ne vais pas être patiente longtemps. En revanche, quelqu'un qui ne me ment pas, qui répond à mes questions, qui cherche à avancer, ça va matcher. Et je vais être très patiente avec les erreurs, parce qu'on en fait tous, et moi la première. Et du moment qu'on est conscient, qu'on cherche à mettre en place ce qu'il faut pour ne pas les reproduire, qu'on les assume, qu'on s'excuse, qu'on cherche à avancer, c'est OK pour moi. Parlons maintenant du revenu universel. Et avant ça, je voudrais rappeler que dans ce podcast, dans ces chroniques, je vous partage principalement des opinions. qui sont à prendre en tant que telles, qui sont forgées sur ma personnalité, sur mes expériences, sur les rencontres que j'ai faites, les lectures qui m'ont orienté, les choses que j'ai étudiées, les sujets que j'ai creusés, mais ça n'a pas valeur scientifique et ça n'est pas une parole d'autorité. D'autres personnes vous tiendront un autre discours et c'est normal. Vous diront que la société est comme elle est, qu'il faut prendre part par rapport au monde du travail, puisque c'est le thème d'aujourd'hui, qu'il faut prendre part à la société. Le travail, ce n'est pas une option. à condition d'être rétabli. Alors du coup, qu'est-ce que c'est que le rétablissement ? Eh bien, en santé du corps, somatique, le rétablissement c'est la guérison. Mais en santé mentale, une des définitions du rétablissement, c'est pas la guérison, c'est retrouver un sens à sa vie, retrouver de l'envie, des projets, avoir un peu de contrôle sur sa vie, avoir les moyens de réaliser certaines de ses envies et de ses projets, tout en gérant... les défis liés à sa condition, à sa propre réalité physique et psychique. Alors pourquoi le monde du travail est si dur pour certains ? A mon avis, entre autres, parce que majoritairement il est basé, dans notre société, sur une relation de pouvoir, dans lequel, comme dans la justice, c'est au plus faible de se faire entendre. Celui qui est plus à l'aise dans son job et qui n'a pas de handicap sensoriel, social, émotionnel, somatique, est de facto en position de force, l'autre non. Et dans notre société, c'est à celui qui n'est pas en position de force de se faire entendre. Parce que la plupart du temps, cet univers-là ne va pas se pencher sur lui et lui demander si tout va bien, et comment faire pour que ça aille mieux. C'est un peu comme si, au Monopoly, certains partent avec 500 billets d'avance, tandis que d'autres partent avec 3 tours de retard et 20 billets, voire rien du tout, en poche. Et puis les seconds, qui sont déjà vachement pénalisés au départ, il passe régulièrement par la... Case-prison du Monopoly. Alors forcément, tout le monde n'a pas les mêmes cartes en main. Le problème, c'est que la partie à jouer, dans ce cas-là, elle est imposée. Et celui qui est parti moins avantagé que les autres, il arrive plus tard, il n'a pas accès à grand-chose. Et il est freiné. Dans certains univers du travail, il me semble que c'est ça qui se produit. Avec la difficulté supplémentaire que, comme dans le système judiciaire, c'est à la victime de faire l'effort de parler. de se faire entendre, de trouver les bons mots à dire à la bonne personne, de la bonne façon, sous peine de ne pas être écoutée, de ne pas être crue ou d'être mal comprise, voire d'être soi-même accusée, alors qu'elle a tous ses efforts à faire, alors qu'elle est déjà victime et au bord du gouffre. Là, concrètement, je vois deux pistes pour contourner cet univers du monde du travail, s'il ne vous est pas favorable, ou pour faire reconnaître vos droits. La première piste, c'est travailler pour vous, être votre propre patron. Ça ne convient pas à tout le monde et ce n'est pas la panacée, ce n'est pas un monde idéal, mais pour certains, c'est une solution. Et la seconde piste, que vous soyez à votre compte ou non, pour être entendu et sortir d'une situation d'abus de pouvoir, de la part d'un collègue, d'un patron, d'un client ou d'un fournisseur, c'est le témoin. Et on en parle juste après les témoignages de Mégane.
Speaker #1Bonjour, je m'appelle Mégane, j'ai 29 ans, j'ai eu un diagnostic du trouble du spectre autistique en septembre 2024, donc il y a un peu moins d'un an. Je suis auto-entrepreneur depuis 6 ans, j'ai fondé mon entreprise en juillet 2019, je me suis mise à mon compte tout de suite après avoir terminé mes études, donc mon master. Au sein de mon entreprise, je propose des séances de médiation animale et du coaching pour les profils neuro-atypiques. Et j'ai un chien, un Golden River de 6 ans qui s'appelle Oz et qui... fait aussi partie de mes partenaires canins qui m'accompagnent en médiation animale. Concernant les avantages et les inconvénients que je vois en tant qu'entrepreneur, en tout cas pour mon cas personnel, c'est le premier avantage, je vais commencer par les avantages, c'est que l'avantage de l'entrepreneuriat, c'est qu'on peut avoir des horaires et un environnement de travail qui va être aménagé en fonction de nos propres besoins. cas on peut se permettre de le faire pour soi-même. Donc ça permet de gérer la fatigue et de gérer ce qui peut justement nous en créer dans notre environnement de travail. Un autre avantage, c'est qu'on peut travailler au sein de nos intérêts spécifiques. J'ai découvert mon diagnostic, j'ai eu mon diagnostic après avoir créé mon entreprise, donc au bout de cinq ans d'entrepreneuriat. Et j'ai la chance d'avoir fait un travail, donc d'avoir créé une entreprise qui correspond à mes intérêts spécifiques, puisque je travaille dans le milieu des animaux et dans le milieu du comportement humain, qui font partie en tout cas de certains de mes intérêts spécifiques. Donc je pense que si on est un TSA et qu'on travaille dans nos intérêts spécifiques, c'est vraiment d'autant plus bénéfique. pour nous. L'avantage aussi de l'entrepreneuriat, c'est qu'on est à son compte et donc on peut prendre ses propres décisions, on est son propre patron. Il n'y a personne qui va nous dire quoi faire et donc on peut choisir de s'arrêter quand on le veut, on peut choisir ses clients, on peut choisir les activités qu'on va réaliser. Donc ça a l'air une assez grande liberté à ce niveau-là. Pour ce qui est des inconvénients, je dirais que la plus grosse difficulté quand on a un TSA et qu'on est entrepreneur, c'est la fatigabilité. Puisque l'autisme fait qu'on a une sensorialité qui est différente de la norme. Pour ma part, j'ai une hypersensibilité au niveau des cinq sens, également au niveau des émotions. Donc la lumière va m'agresser, les sons aussi vont m'agresser, d'autant plus les sons qui sont aigus, les odeurs également. Donc au sein de mon travail, c'est quelque chose d'assez compliqué. Également les interactions sociales. Alors en effet, je fais un travail qui est en lien avec les autres et dans lequel j'ai des interactions sociales. Il y a un côté du coup qui peut paraître assez étrange. pour une personne TSA de travailler dans ce milieu-là. Mais il faut savoir que pour ma part, les interactions sociales, c'est aussi bien quelque chose qui me fatigue que quelque chose qui me donne de l'énergie. Ça dépend quel type d'interaction sociale et ça dépend quels sont les aménagements qui ont été faits autour de ces interactions sociales. Si je dois parler avec un groupe de 20 personnes qui vont poser des questions tout en même temps et où il y aura un brouhaha un petit peu ambiant, ça va être quelque chose qui va beaucoup me fatiguer. Par contre, si je suis en interaction individuelle avec une personne et que je parle d'un sujet qui m'intéresse, ou en tout cas que je me sens utile vis-à-vis de cette personne, ça va être quelque chose qui va me recharger. Donc on va dire que les interactions sociales, dans mon cas, dans ce cas-là, c'est un inconvénient quand il y a beaucoup de personnes face à moi, mais ça peut aussi être quelque chose de positif. Mais voilà. Pour rester dans le côté inconvénient, ça peut en être un. Les déplacements également, puisque moi je travaille en itinérance, donc je me déplace avec mes chiens dans différents établissements de santé. Donc j'ai pas mal de trajets en voiture. Et les trajets en voiture, c'est assez énergivore pour moi, puisque le fait que j'ai un sens du détail assez prononcé et que mon cerveau ne filtre pas forcément les informations. fait que quand je conduis, tout est important dans ce que j'observe selon mon cerveau et donc j'ai du mal à me concentrer uniquement sur la route. Alors je ne suis pas une personne dangereuse, je précise, mais ça fait que mon cerveau traite beaucoup d'informations en même temps et donc ça me fatigue plus qu'une personne neurotypique qui n'aurait pas de TSA. Dans les autres inconvénients liés à l'entrepreneuriat, en tout cas dans mon cas, il y a également la gestion du temps et de l'organisation. On peut avoir, quand on a un TSA, on peut avoir notamment ce qu'on appelle l'hyper focus. C'est-à-dire qu'à certains moments, un sujet va tellement nous intéresser qu'on ne va pas pouvoir ressentir un peu le temps qui passe. Et donc parfois, on peut passer 2, 3, 4, 5 heures d'affilée sur un même sujet. en oubliant d'aller aux toilettes, en oubliant d'aller boire de l'eau, en oubliant juste de se lever de sa chaise. Ce qui fait que ça peut être compliqué, puisque une fois que ce moment d'hyperfocus est terminé, en général, on tombe dans une grande fatigue. Et ça peut aussi faire en sorte qu'on oublie de faire d'autres choses qui étaient prévues dans notre journée, parce qu'on a passé trop de temps sur cette activité-là. Donc ça, ça peut être assez compliqué à gérer quand on est entrepreneur. Et enfin, en autre inconvénient, en tout cas en restant de manière exhaustive, parce que je pense qu'il y aurait d'autres avantages et inconvénients à donner, mais pour être exhaustive, je dirais qu'il y a également l'anxiété. L'anxiété, c'est vraiment quelque chose qui fait part quand même de mon TSA et qui est en général une comorbidité assez fréquente pour les personnes qui ont un TSA. Et donc, il faut arriver à gérer cette anxiété sans qu'elle nous paralyse parce que quand on est à notre compte, il faut quand même faire tourner l'entreprise et il y a beaucoup de responsabilités. Donc, l'anxiété peut être mise à rude épreuve. Donc, j'irais que c'est un autre inconvénient possible. Alors, selon moi, lorsqu'on parle du TSA et de l'entrepreneuriat, c'est... important de parler également des aménagements à mettre en place, puisque en tout cas, dans mon cas, je considère que pour perdurer une activité entrepreneuriale lorsqu'on a un TSA, il faut pouvoir mettre en place des aménagements qui correspondent à qui on est et à ce dont on a besoin pour faire en sorte que l'entrepreneuriat reste toujours quelque chose de positif et ne devienne pas quelque chose qu'on s'inflige. Donc, j'aimerais pouvoir aborder trois points, trois grandes idées dans lesquelles j'ai mis en place des aménagements au sein de mon entreprise. Donc, la gestion de la fatigue, la gestion du temps et de l'organisation et enfin la gestion de l'anxiété. Donc, c'est les trois points que je vais développer ici. Par rapport à la gestion de la fatigue, j'ai mis en place des journées et des horaires de travail qui sont aménagés, c'est-à-dire que je ne travaille pas après 19h. Je travaille du lundi au vendredi, j'essaie de me garder les week-ends de pause. J'essaie de faire en sorte d'avoir mes 9 heures de sommeil pour pouvoir recharger l'intégralité de mes batteries avant d'attaquer une nouvelle journée. Et au sein également de mes journées, je mets en place quelque chose qui s'inspire de la méthode Pomodoro ou du passing, c'est-à-dire de faire des intermittences entre des moments de travail et des moments de pause. fois je vais travailler pendant 45 minutes, une heure, voire deux heures et ensuite je vais faire une pause de 10, 15, 20 minutes qui va me permettre de ressourcer et de recharger mes batteries et donc ça me permet de ne pas attendre la fin de la journée où je suis vraiment en général à plat pour recharger l'intégralité de mes batteries. Ça me permet comme ça d'avoir toujours un petit peu d'énergie au fur et à mesure de la journée. Et honnêtement, j'ai aussi remarqué que j'étais plus efficace dans mes périodes de travail lorsque je faisais ces intermittences avec les pauses. Donc ça demande évidemment d'avoir identifié en amont quelles sont les pauses qui nous font du bien, qui nous rechargent, puisque en tant que personne TSA, on est toutes différentes et donc une pause qui peut l'être pour moi n'est pas forcément une pause pour une autre personne TSA. Donc... à voir pour chacun. J'ai aussi mis en place des aménagements sensoriels. J'ai un casque à réducteur de bruit qui me permet de m'isoler au niveau du son lorsque je suis plus fatiguée et que je suis plus sensible au niveau du son. J'ai des bouchons d'oreilles aussi avec lesquels je travaille.
Speaker #0au sein de mon entreprise, notamment lorsque je pars en séance de médiation animale et que je suis face à six personnes qui vont parler en même temps, l'avantage des bouchons d'oreilles va faire que ça va filtrer un peu plus les conversations. Je vais pouvoir davantage me concentrer sur une ou deux conversations. Et étant donné que je travaille avec les personnes âgées et qu'il faut parfois que je parle du coup plus fort, Mon hypersensorialité au niveau de l'ouïe fait que je m'entends en écho et le fait d'avoir les bouchons d'oreilles ça réduit en fait cet écho que j'entends. Donc ça me permet de moins fatiguer mon cerveau. J'ai aussi des lunettes de soleil, dès qu'il y a un peu trop de lumière ça me permet de pallier à mon hypersensibilité au niveau visuel. Voilà, plusieurs aménagements sensoriels que j'ai mis en place pour réduire la fatigue. Également, j'utilise une application qui s'appelle Dailyo, D-A-Y-L.io, qui permet d'identifier... En fait, c'est une sorte de journal intime sur une application où chaque jour, on doit noter notre humeur et quelles ont été les activités en lien avec notre humeur. Et ça permet à terme de pouvoir identifier les activités qui fatiguent, les activités qui ressourcent. Donc ça m'a beaucoup aidée pour essayer de comprendre ce qui faisait que parfois j'étais vraiment à plat quand je me réveillais le matin. Parce que la journée de la veille a été difficile et qu'il y a eu beaucoup de choses qui se sont passées. Et donc ça me permet d'identifier ce qui me fatigue davantage. Donc ça, c'est quelques petites choses que j'ai mises en place pour la gestion de la fatigue en tant qu'entrepreneur. Ensuite, pour passer à une autre sphère, donc la gestion du temps et de l'organisation. Alors, du fait que parfois je tombe en hyper focus parce que je travaille dans des intérêts spécifiques et que parfois pendant 3-4 heures d'affilée, je vais être concentrée sur un sujet. Ça me posait des problèmes pour terminer les activités que j'avais à faire dans ma journée. Du coup, j'ai acheté un petit timer qui me permet de voir de manière visuelle le temps qui va me rester pour une activité. Et donc, ça me permet de ne pas aller au-delà du temps que je me suis fixé pour cette activité. J'ai aussi un agenda digital avec des couleurs pour l'organisation. On peut aussi utiliser un outil qui s'appelle Trello, qui marche plutôt bien. Et donc ça me permet de catégoriser avec des couleurs les différentes activités que j'ai à faire et donc c'est plus facile pour moi de me retrouver visuellement. Je fais également une to-do list que je fais tous les soirs pour le lendemain, afin que dès que je me réveille le matin, je sache exactement ce que j'ai à faire et dans quel ordre j'ai à le faire. Alors évidemment, ce n'est pas militaire non plus et je n'ai pas d'obligation de suivre à la lettre. Mais ça me permet d'éviter de perdre de l'énergie dès le matin à me dire qu'est-ce que je vais faire dans ma journée. Et je suis plus efficace comme ça. Donc voilà, en tant qu'entrepreneur, je trouve que c'est quelque chose d'assez utile. Surtout quand on n'a personne qui nous dit quoi faire, il faut aussi qu'on puisse trouver nos propres stratégies pour avancer efficacement. J'utilise aussi la méthode urgent-important pour décortiquer un peu les objectifs et les choses que j'ai à faire dans ma journée. Donc j'essaie de placer en premier ce qui est urgent et important et ensuite de voir ce qui est... qu'est-ce qui est non urgent mais important, qu'est-ce qui est non urgent et non important, etc. Ce qui me permet aussi de ne pas me mettre un énorme objectif, je ne sais pas, comme par exemple créer mon site internet, mais de le découper en plus petits objectifs pour me permettre d'avoir l'impression d'avancer davantage. Et j'ai aussi mis en place dans mon bureau un rangement plutôt structuré où chaque chose est à sa place et ça me permet de ne pas perdre de l'énergie ni du temps à chercher où sont les différents documents. Tout est classé dans des classeurs, dans des pochettes, ce qui me permet de ne pas perdre du temps à chercher. Et puis enfin, pour poursuivre sur les aménagements que j'ai pu mettre en place en tant que personne TSA et entrepreneur, pour la partie gestion de l'anxiété, notamment, je parlais tout à l'heure des pauses que je faisais dans mes journées. Je fais des sortes de pauses sensorielles qui me permettent de me ressourcer à ce niveau-là et donc qui m'aident aussi dans la gestion de l'anxiété. Donc ce que je mets en place, notamment, c'est la méditation. Avec une application qui s'appelle Petit Bambou. Je fais également du yoga. J'en fais 10 minutes tous les matins. Pour permettre de réveiller un peu le corps. Et de sentir un peu le corps le matin. Avant d'attaquer sa journée. Je fais également du sport. J'aime beaucoup aussi me promener en nature. Dans la nature avec mon chien. Ce qui me permet aussi de... d'activer le corps et donc de moins rester dans ma tête. Et souvent, l'anxiété, c'est un petit peu la roue qui tourne dans la tête et qui parfois dramatise un peu les choses. Et juste parfois de se lever de sa chaise et d'aller marcher, ça permet de se décentrer de la tête et donc de revenir au corps. Et donc, en tout cas, moi, ça fonctionne pour diminuer l'anxiété et pour revenir en tout cas sur soi. et sur l'instant présent. Donc de manière plus générale, pour donner mon avis sur l'entrepreneuriat et le TSA, est-ce qu'une personne avec un TSA devrait être entrepreneur ? Alors je ne peux pas répondre pour tout le monde, en tout cas je dirais que selon moi c'est quand même une bonne piste, plutôt que le salariat. puisqu'il y a quand même une liberté au fait d'être entrepreneur qui est assez grande. Et quand la liberté fait partie de nos besoins fondamentaux, en tout cas, moi, c'est un des premiers besoins que j'ai dans ma vie, je pense que ça peut être très intéressant de se mettre à son compte. Par contre, je donnerais une nuance en mettant des points de vigilance pour justement que l'entrepreneur reste quelque chose de positif. et ne brûle pas petit peu par petit peu la personne TSA. Donc en point de vigilance, je dirais qu'il faut quand même être passionné par son sujet, choisir vraiment un milieu dans lequel on a l'impression de ne pas trop travailler puisque c'est dans nos intérêts spécifiques par exemple et parce qu'on fait beaucoup d'heures dans l'entrepreneuriat, alors on peut adepter. notre rythme de travail. Évidemment, c'est important d'aller à son propre rythme. Mais en général, les heures, surtout quand on commence, sont assez élevées. Donc autant être entrepreneur dans quelque chose qui nous passionne pour avoir moins l'impression de travailler et donc moins compter ses heures. Un autre point de vigilance, ce serait, selon moi, de bien se connaître. Pour moi, c'est hyper important en tant qu'entrepreneur, de faire du développement personnel, notamment pour connaître quelles sont ses forces, quelles sont ses limites, quels sont ses besoins, qu'est-ce qu'on sait faire, qu'est-ce qu'on ne sait pas faire, qu'est-ce qu'on a envie de déléguer aux autres parce que ça nous gonfle. Donc je pense qu'honnêtement, c'est valable même pour les entrepreneurs neurotypiques. Mais d'autant plus quand on a un TSA et qu'on a des particularités, notamment sensorielles, c'est important de vraiment savoir qui on est, savoir ce dont on a besoin et quels sont les aménagements qu'on devrait mettre en place pour pouvoir fonctionner de la meilleure des façons, puisque c'est quand même nous qui tenons la barque. Donc, il faut prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin des autres et pour pouvoir offrir nos services ou nos proches. produits. Également, un point de vigilance, j'en ai parlé un petit peu, mais je dirais les aménagements, c'est vraiment, selon moi, primordial d'en mettre en place pour pouvoir vivre une vie d'entrepreneur épanouie. Également, avoir du soutien autour de soi, puisque parfois on a, surtout si on est entrepreneur solo, comme moi, j'ai pas de salarié. J'ai uniquement mes chiens qui m'accompagnent. en tant que partenaire. Parfois, je fais des partenariats avec d'autres entreprises, mais je suis seule au sein de mon entreprise. Donc, c'est vrai que parfois, on peut avoir ce sentiment de solitude. Donc, c'est important aussi, rien que pour avoir un regard extérieur sur certaines décisions qu'on va prendre dans l'entreprise, d'avoir du soutien avec nos proches. Ça peut être des amis, de la famille. Ça peut être également des... de pair, donc il y a des groupes de paroles avec des personnes qui ont des TSA ou qui sont de manière générale neuroatypiques ce qui peut nous aider à nous sentir moins seuls et donc à parler avec des personnes qui ont une vision qui peut se rapprocher de la nôtre et qui peuvent comprendre ce qu'on vit donc le soutien c'est quelque chose de plutôt important, de bien s'entourer Et puis enfin, je dirais aussi de trouver son équilibre pro-perso, puisque quand on est entrepreneur, et en plus lorsqu'on est passionné par son travail, on a tendance à mélanger un peu trop le professionnel et le personnel, alors que c'est vraiment important de dissocier les deux, pour que l'un n'empiète pas dans l'autre. Donc c'est aussi propre à chacun, et ça dépend de chacune des personnes.
Speaker #1Megan, je te remercie beaucoup pour ce témoignage très complet et parlant. Je vais mettre le lien du site de Megan et de son activité en description aussi pour ce podcast. Et j'ajoute un élément sur lequel elle et moi, on est d'accord. Attention, juste un point de vigilance sur le terme développement personnel. Parce qu'il y a beaucoup, vous le savez, de dérives de certains coachs. Il y a certains coachs qui sont très bons. Il y a des dérives aussi. Il peut y avoir des dérives sectaires, des dérives New Age. qui pousse en fait à l'hyper-responsabilisation de la personne, des injonctions, de la pression. Si vous n'y arrivez pas, c'est parce que vous n'avez pas payé la formation suivante, il faut payer encore plus. Vous avez absolument besoin de ce coach ou de cette thérapie-là ou de cette formation-là pour y arriver. C'est très enfermant. Ça se fait sous couvert de stages payants, des systèmes de formation sans fin, de tunnel de vente très très bien ciblé où on vous On vous aborde par votre besoin. Vous avez la nécessité de trouver quelque chose, de répondre à votre difficulté. Ensuite, on vous met des témoignages de personnes pour qui ça a été fantastique. Et après, on vous fait une offre. C'est 500 euros la formation. Mais là, pendant les 15 prochaines minutes, ça n'est que 49,99 euros. Mais c'est que les 15 prochaines minutes. Ça, ce sont des systèmes qui sont assez bien rodés, qui sont dénoncés. Vous êtes libre d'aller à votre rythme, de prendre le temps, de choisir. une bonne formation de choisir. Le coaching en Suisse, par exemple, c'est tout à fait valorisé. Ce n'est pas aussi dévalorisé qu'en France. Le terme coach, selon les pays, au Canada aussi, il y a des coachs d'autistes qui accompagnent pour les fonctions exécutives, pour le quotidien. Donc, je n'ai rien contre le terme coach. Parmi les formations que je fais, je fais moi-même aussi une formation en plus de coaching de vie rationnelle auprès d'un psychologue qui a travaillé 17 ans dans les dérives sectaires. et les abus. Donc, ce n'est pas le terme coach qui pose problème. Ce sont les méthodes d'hyper responsabilisation de la personne et de vente derrière où on vous force un peu la main. Il y a des techniques pour ne pas se faire avoir. C'est d'abord, dès qu'on vous aborde sur votre besoin, votre angoisse, votre anxiété, sur le monde qui ne va pas bien, pour ensuite vous mettre des témoignages et vous vendre un truc avec une super promo, mais dans l'heure qui suit, ou dans les 15 minutes qui suivent, c'est pas mon signe. Après, être accompagné, se connaître, connaître en fait sa cartographie interne, avoir un bon coach ou un psychologue, un éducateur, faire partie d'un groupe de travail, faire des stages, tout ça c'est super positif. Juste attention aux dérives où je pense que d'une façon ou d'une autre, on s'est tous fait avoir quelque part à un moment donné. Voilà, en description, je vous mets aussi un lien vers une page qui explique vraiment les signaux à regarder. pour savoir si la prestation proposée est OK ou si elle est risquée. Et puis, je vous mettrai le lien aussi du podcast Méta de Choc, qui dédie plusieurs épisodes à cette question. Sur le thème maintenant, rapidement, des abus. Rapidement, parce que j'en parlerai beaucoup plus en détail dans un épisode, voire deux, que je ferai sur le harcèlement. Mais en gros, subir une situation ou une relation, être dans une relation où on subit de la pression, un déséquilibre, c'est parfois très difficile à identifier quand on est tout seul. Et puis le harcèlement ou la pression, quand c'est subtil, plus c'est subtil en fait, moins c'est perceptible évidemment, et bien évidemment plus c'est difficile à déceler. C'est compliqué de comprendre ce qui nous arrive. Alors ici, une des clés pour décoder ça et comprendre ce qui nous arrive, c'est le témoin. En fait c'est une personne qui voit ce qui vous arrive, une personne qui entend la façon dont on vous parle, qui lit les messages qu'on vous envoie. et qui sera témoin, un témoin externe et qui pourra vous dire « Non mais attends, là, ce n'est pas possible, il y a abus, c'est trop. » Le témoin, en fait, c'est ce regard extérieur qui vous croit, qui vous montre un autre regard, qui vous dit que non, ce n'est pas vous qui ne faites pas assez d'efforts, ce n'est pas vous qui êtes trop sensible ou trop buté ou trop cash ou à l'inverse trop timide. Le témoin, il va avoir un regard externe ou une oreille externe. Ça peut être un collègue en entreprise, ça peut être un médiateur, ça peut être un conseiller syndical, ça peut être le médecin du travail. Mais ça peut aussi être un proche, et tant mieux pour les indépendants. Ça peut être également notre psychologue, un éducateur, un père aidant ou père praticien, un groupe de parole. Avant de conclure, abordons cette question de la perte de sens. Qu'est-ce qu'on fait quand on ne peut plus s'adonner à son intérêt spécifique, quand on ne peut pas travailler dans le domaine qu'on aime, qui nous plaît ? C'est une thématique qui peut toucher beaucoup d'autistes. Beaucoup de personnes en général, mais peut-être qui impactent encore plus les autistes. Pour certains, l'idée que la vie peut ne plus valoir le coup les a effleurés dans cette question de la perte de sens. Et c'est primordial pour ces personnes de trouver du sens à ce qu'ils font. Et d'ailleurs, dans la notion de rétablissement, on ne parle non pas du fait de ne plus avoir de problème, on l'a dit tout à l'heure, mais de trouver du sens à sa vie, des envies, de faire des choses qui nous plaisent. Et ça... C'est un facteur essentiel à prendre en compte dans nos décisions, dans ce qu'on fait pour avancer un pas après l'autre, à son rythme. Et ça me paraît vraiment important d'en parler. Idéalement, ne restez pas seul avec ces questionnements. Nous voilà arrivés à la fin de cet épisode. On a parlé des filtres et de combien ça peut être coûteux ou risqué de toujours devoir mettre des filtres avec les gens ou au contraire de ne pas savoir. en maître. On a parlé des codes,