Speaker #0Aujourd'hui, c'est un épisode bonus, pas une chronique, non, simplement la lecture d'un témoignage qui, à mon avis, met complètement en perspective ma chronique de samedi dernier sur la fatigue des personnes TSA. Je vais vous lire, avec son autorisation, ce texte de Wang Mo. Vous pourrez le retrouver sur son blog avec plein d'autres textes de sa plume, poétiques, réalistes, parfois douloureuses, toujours touchantes. Je vous mets le lien vers son blog dans la description. Et si vous vous retrouvez dans ces mots... Vous pouvez commenter sur Youtube par exemple ou nous contacter Wang Mo ou moi Maya sur nos pages Facebook. Le titre, « Se restaurer du restaurant » ou « La vitale restauration restauratrice » . Restauration rime avec prison, 4 témoignages, 1 même vécu, 4 perspectives, ma version, mon mari, ma fille et mon fils, 4 vécus différents. On commence par la version de l'auteur. Hier soir, invitation au restaurant. Après avoir réfléchi à tous les moyens possibles pour décliner cette invitation, je choisis finalement de l'accepter, ceci afin de témoigner de mon soutien, de mon amitié sincère à une personne importante pour moi, devenue veuve récemment, et également par respect envers la mémoire de son époux, qui était un ami de la famille, mais aussi parce que son deuil est vraiment récent, et qu'elle n'a pas actuellement l'énergie mentale suffisante pour que je lui détaille les raisons d'un refus potentiel. Et enfin parce que, je ne sais pas mentir, avant le restaurant, première étape. J'engrange le maximum d'informations sur les invités, qui, combien, où, etc. Je vais jusqu'à me rendre au restaurant, trois jours avant, pour y boire un café et voir les lieux, anticiper au mieux. Une des choses qui m'a permis d'accepter l'invitation, c'est le fait qu'il était prévu que nous ne soyons que quatre, avec mon ami et sa fille. Donc j'ai dit oui. Mais ensuite, elle m'a dit que nous serons au final 12, le double de ce qui était prévu. J'avais déjà donné une réponse positive. Du coup, je ne pouvais plus annuler. D'autant que le restaurant était réservé. Heureusement, je connais tous les invités puisqu'on s'est régulièrement rencontrés, annuellement, lors de l'anniversaire de la fille de mon amie. Donc on va dire que ce sont presque les meilleures conditions qui se profilent pour moi. Premièrement, je connais les personnes. Et deuxièmement, j'ai pris le temps de me familiariser avec le restaurant. Qui est horrible, le restaurant. Enfin non, il est super le restaurant. Mais bruyant, bruyant, c'est une horreur. Situé sur une route, une grande artère de centre-ville, avec embouteillage aux différentes heures de pointe, un bruit insoutenable, et ceci rien que le temps d'un café. Et trop chaud aussi, pas le café, mais la salle sans climatisation. Mais une restauratrice absolument délicieuse d'une chantillesse devenue rare dans ce monde parfois si dur. Suite de l'étape intermédiaire avant le restaurant, étape obligatoire, j'anticipe, Je calcule ma semaine entière avant le jour J, enfin le jour de l'invitation. J'élague, je taille, j'enlève tout ce que je peux pour économiser mes petites cuillères ou mes haricots pas magiques comme dans Astrid et Raphaël, la série TV. Bref, pour économiser au maximum ma minuscule dose d'énergie. Cette minuscule dose d'énergie hebdomadaire et quotidienne, je fais des réserves de silence, de solitude. J'engrange des connaissances avec mon yes, mon intérêt spécifique. J'essaye de faire le plein de vide, de calme, intériorité, méditation, pause sensorielle, etc. Une lutte de haut niveau. J'ai dû me battre avec les imprévus impondérables, imprédictibles et inévitables. du quotidien familial à gérer. Ça, c'était avant le restaurant. Maintenant, pendant, au restaurant, le jour J, l'étape fatale. Une demi-heure de balade citadine avec quelques invités pour arriver au restaurant. Blague sur le fait qu'il est 18h. 18h à 7h là, moi, je soupe à la maison aux heures suisses et canadiennes. Puis, entre 19h30 et 20h30, selon le nombre d'interactions sociales de la journée passée, je me prépare avec mes rituels du soir. Et à 20h30, je suis au lit, dans le noir et le silence, dans ma routine vespérale, pour me préparer à dormir. Blague donc sur le fait que je fais quelque chose d'exceptionnel, dans le sens d'une grosse exception à mon train-train habituel et journalier, plaisanté sur le fait que je ne sors jamais à cette heure-ci. Ok. heureux celui qui sait rire de lui-même il n'a pas fini de s'amuser dit joseph foliette l'idée est surtout de mentionner le fait que cette amie a de la valeur puisque pour elle je fais vraiment une grosse entorse à mes habitudes mais là où c'est plus drôle c'est lorsque cette amie précieuse dit qu'il faut me sortir de force plus souvent et régulièrement Évidemment, je le comprends sérieusement, au premier degré, sans humour, égale panique. Voilà l'une des raisons de ce poste. Expliquer, décortiquer, encore et toujours, à quel point cela me coûte, cette sortie. Et dire que non, il ne convient pas de me forcer à sortir plus souvent dans ces conditions. Alors, après ce gros coup de stress initial, arrive le débarquement au restaurant. Une personne supplémentaire, elle a une parfaite inconnue, mais ce n'était pas prévu. Nous serons donc 13. Il y a un écran, qui était éteint lors de mon café d'anticipation. Cet écran, aujourd'hui, il est allumé, avec des danses folkloriques costumées, tradition que j'aime en principe, mais ici, le son est à son volume bien trop fort. Je n'ai pas anticipé le menu, je croyais que ce serait le même menu commun pour tout le monde. Il faut choisir, décider, et du menu, et de la place où on s'assied. Et de ce que l'on boit, acte, alcool ou pas, cocktail ou pas, quand je réponds « oh » , en montrant la carafe, on fait les gros yeux. Ceci alors que mes fonctions exécutives sont déjà en difficulté. Du fait d'essayer de gérer les nouvelles infos, une inconnue en plus, c'était pas prévu, la surcharge et la saturation sensorielle avec la TV, cumuler aux nouveautés informationnelles, l'environnement, la situation, les menus, au secours, j'ai déjà envie de partir en courant. Mais je ne veux pas blesser mon ami et ses amis. Mon départ fuyant ne serait pas compris. Alors je m'arme de mon grand sourire banane. Je masque, camoufle et cache. Je fais usage de stratégie et superfuge pour m'asseoir le plus proche de la sortie, le plus à l'écart de la table, tout en étant avec les autres, de façon à ce que ça soit invisible, le fait que j'ai besoin de distance avec les gens. Là, je viens d'utiliser... toutes mes petites cuillères énergétiques, les seules 12 cuillères qu'une personne autiste possède par jour en quantité d'énergie. Chaque action coûtant un certain nombre de cuillères avant la panne d'essence, le meltdown, l'explosion ou le shutdown, repli autistique. Et on n'a même pas commencé. Il faut encore choisir son menu. Je pose mon doigt sur la première ligne. Je suis devenue incapable de penser. Mon tour arrive. Je lis ce qui est écrit sous mon doigt. On me dit qu'il n'y a pas ce menu. Aujourd'hui, c'était pourtant noté dans la carte. que faire la sommeillère me propose le menu suivant je ne sais même pas ce que c'est mais je dis oui j'avais réussi à avoir mon mari paravent traducteur social à côté de moi or voilà qu'un changement de place s'impose tous mes efforts sont réduits à néant par instinct de survie j'arrive tout juste à renégocier ma place la plus proche de la sortie mais je n'ai plus la sécurité du bavardage de mon mari les chaises musicales l'ont placée tout à l'autre bout Impossible de penser à respirer, se détendre, la cohérence cardiaque, respiration de pleine conscience et tutti quanti. Je n'ai que la pleine conscience d'être submergée. Pourtant, même l'invité imprévu, et tous les autres d'ailleurs, ne sont que des gens vraiment bien, intelligents, intéressants, vraiment gentils, vraiment agréables. Mais moi, je me sens vraiment mal. On vient à peine de commander. Je suis déjà en mode survie. Je ne peux pas faire abstraction des conversations à ma gauche, mélangées dans mes oreilles à celles de ma droite, tout en écoutant ma voisine en face, avec en supplément le bruit des moteurs allumés des voitures d'un côté et les danses à la télévision dans une belle langue étrangère de l'autre côté. Tout a le même niveau d'intensité. Dans ma tête, c'est douloureux, j'ai mal. Mes yeux se tournent inlassablement vers la sortie. Je regarde, de ciel, les nuages. Je vois et j'entends les martinets. Je voudrais être sur leur dos. dans le ciel comme poussette, si petite qu'elle vivait dans une coquille de noix et voyageait en volant sur le dos d'une érandelle. Restauration, dans cette situation, ça rime pour moi avec prison. Mais je suis obligée de contraindre mon regard, car on me parle. Je me dois de regarder mon interlocuteur dans les yeux. Et je dois aussi rebondir de temps à autre dans la conversation, obligatoire pour ne pas paraître bizarre et trouver de temps en temps quelque chose à dire pour avoir l'air comme tout le monde, c'est-à-dire pas. anormal. Lorsqu'enfin les plats arrivent, je savoure quelques minutes de répit. Plus personne ne parle, seule la TV et les voitures continuent leur concert assourdissant. Et les tendres piaillements des martinets se prolongent. Mais les paroles blabla multiconversationnelles et multidirectionnelles cessent quelques instants. Le temps de savourer les mets, tout en faisant attention à ma maladresse dyspraxique avec mon verre. À un moment, le doute commence à m'assaillir concernant les codes que je maîtrise peu. Il ne faut pas croiser les verres lors du Chin Chin Santé. Ah, immense ! Est-ce que j'ai failli à une convention sociale capitale ? Je crois que j'ai croisé mon verre. Est-ce que c'est grave ? Quoi, t'on dit ceci ? Et pourquoi est-ce que j'ai répondu ça ? Est-ce correct ? Eh patati, eh patata, toute la soirée, ça n'arrête pas dans ma tête, je pense. Dis ceci, mais ne dis pas cela, ne ris pas trop fort, c'est trop étrange. Mais au contraire, tous rigolent là, alors tu dois rire avec eux. Non, sois plus discrète, sois plus vavarde, cesse de couper la parole, etc. Les injonctions et circoloncussions intérieures me tortuent. La vigilance m'épuise à calculer que dire ou ne pas dire. Lorsque le choix du dessert arrive, je préfère m'en priver, même si j'en avais envie, plutôt que de consommer l'énergie que je n'ai plus à faire un choix trop coûteux énergétiquement et trop lourd pour mes fonctions exécutives déjà trop sursollicitées. Peu à peu, je suis là, sans plus y être, comme une sorte de coquille vide. Mais souriante, écoutante, j'essaye de ne pas être prise en flagrant délit de fuite. Je fais acte de présence, par ma seule volonté. Et par amitié, je prends sur moi. Pourtant, les conversations ne sont pas inintéressantes. J'y apprends quelque chose. Mais je n'en peux plus. Je suis vidé du jeu social. Même si celui-ci reste dans un groupe aimable et authentique. Comme d'habitude, la fin n'en finit pas de finir. L'histoire sans fin. In fine. J'essaye de m'éclipser en catimini à plusieurs reprises. Mais je suis repérée. On ne part pas sans dire au revoir. Avec des bisous en prime. Parfois quatre, parfois deux. Et une fois, trois, comment savoir ? Et en plus, maintenant, on doit se faire des bisous, alors que c'était interdit pendant le Covid. Compliquées, ces règles changeantes. Mais enfin, Madame Lagaffe, c'est si beau gaffe. Gaston, Gaston, me dis-je à moi-même, en me mori gênant. Après, la soirée au restaurant. Impossible de trouver le sommeil. Je suis comme en état de choc. La soirée se redéroule dans ma tête, en boucle. Toutes les conversations repassent et tournent comme un vieux disque vinyle. En passant parfois sur la même phrase, encore et encore, pour essayer de comprendre ce qui s'est dit, ce que ceci et cela signifie, et pourquoi et comment, et... Comme si, au lieu d'une seule épreuve, je devais revivre deux fois et plus la même épreuve, et encore le surlendemain recommencer comme prometté et condamner à revivre continuellement la même torture, se faire manger le foie pour assimiler. Assimiler toute la surcharge d'informations, le changement de routine habituelle. les codes sociaux de communication et les convenances sociales jamais acquis, alors que j'ai un QI largement au-dessus de la moyenne, avec des capacités mnésiques importantes. Et pourtant, je peine tant à parler de banalité. Assimiler aussi le stress de ne pas jouer avec ses doigts, avec ses ongles ou de laisser les cheveux en public, la tension nerveuse de l'hyper-contrôle et de l'hyper-vigilance pour être dans une norme acceptable. Assimiler enfin le fait de ne jamais parler de ce que j'aime, moi, comme par exemple les arbres. parce que ça n'intéresse pas les autres et qu'il ne faut pas ennuyer les gens dans la conversation sinon ils vous fuiront, etc. Une fois l'épreuve marathonienne terminée, il faut pouvoir récupérer. Maintenant que je sais qu'il y a un faisceau d'indices concordants en faveur d'autisme chez moi, j'apprends tout doucement, petit à petit, à me respecter. Du coup, cette fois-ci, j'avais prévu la décompensation et la post-invitation. Je savais que je devais calculer au moins au minimum 24 heures complètement off, en mode totalement éteint pour pouvoir sortir ma tête de l'eau suite au tsunami social du restaurant. Et je savais aussi que je vais maintenant fonctionner pendant plus d'une semaine entière au ralenti parce que mes fonctions exécutives ont été exacerbées et mises à rude épreuve. Je deviens dès lors mutique, silencieuse pendant des heures et des heures après avoir parlé lors de l'événement social d'hier soir. Ce sont mes fonctions exécutives qui se mettent en veille, qui hibernent, car la socialisation demande un large panel d'utilisation des fonctions exécutives. Et pour toutes les activités incompressibles sur lesquelles je n'ai pas le choix, comme l'accompagnement des révisions du bac de ma grande-fille, eh bien un abus de caféine, plus, plus, plus, en dosage plus fort que d'habitude pour tenir. Le prix à payer pour un seul restaurant, une seule invitation, avec une giga... décompensation. C'était la mise en perspective de quatre personnes. Maintenant, voici la version du mari, sa fille et son fils. Les versions du même événement vécu ensemble à ce même restaurant. Le mari avant le restaurant. C'est une invitation pour rendre honneur à la mémoire d'un ami. C'est le premier anniversaire de son décès. L'objectif, c'est d'entourer son épouse. se retrouver pour témoigner de notre amitié. C'est le code social qui prime, donc en conséquence, il faut que je me comporte de façon particulière, d'une façon adaptée. Le code social me dit ce qu'il faut que je fasse, c'est pourquoi j'accepte leur code du souvenir, je souris, je m'intéresse à eux en les faisant parler. On y va aussi pour découvrir un autre pays, donc c'est intéressant culturellement. Je ne me fais pas de billes. Les codes sociaux servent à ça, ne pas se poser de questions. Je m'accorde à leurs codes sociaux pour obtenir ce qu'ils souhaitent. Pendant le restaurant, le jour J, pour s'installer, je me laisse faire. Il n'y a pas de plan de table, donc je choisis ma place. Je les fais parler sur leurs coutumes et traditions du pays d'origine du défunt. On rigole bien, il y a une très bonne ambiance. Et c'est ce qu'on voulait, rire, se détendre, évoquer celui qui n'est plus, mais sans être triste de son absence. Le rendre présent par sa culture et sa tradition. Moi, je me sens bien, je suis curieux de nature. Donc mon cerveau est en mode « youpi » car je me cultive. Je trouve de l'intérêt à faire du bien en étant là. Je n'apprécie pas la TV allumée, mais je comprends qu'ils mettent de la musique comme élément sonore de leur folklore culturel. Après la soirée au restaurant, aucun impact sur ma vie quotidienne ni sur mon énergie, en dehors du fait d'avoir appris des infos sur un autre pays, ça m'a détendue. La nourriture était bonne, je suis content, j'ai apprécié. Mon cerveau était tout à fait content après la soirée. Ça a fait grandir mon amitié pour cette amie de notre famille et pour sa fille. Mon mari, sa vision des choses au restaurant. À présent, le vécu de ma grande-fille. Avant le restaurant, comme toutes les rencontres avec des gens que je ne connais pas, j'étais stressée. Après, j'avais très envie de découvrir un restaurant d'Europe de l'Est avec des gens de cette culture. Pendant le repas au restaurant, arrivé là-bas, je sentais que maman était mal à l'aise. Et papa était déjà en train de parler avec les gens et que mon petit frère attendait les instructions. Je ne savais pas où me mettre ni m'asseoir, ce sont des codes que je n'avais pas, je ne voulais pas faire de travers. En effet, c'était un moment important. Le choix des plats aussi était compliqué, je n'en connaissais aucun. Et ces éléments combinés ne m'ont pas permis de me sentir assez en confiance pour me dérider, pour interagir avec les autres. Jusqu'au moment où la situation a évolué, nous avons lancé un jeu de cartes et là je me sentais bien. Car je savais que j'étais tout à fait capable de gérer ça. Et la musique ne m'a pas perturbée plus que ça. Après la soirée au restaurant, j'ai finalement passé un très bon moment qui nous a rapprochés et permis de comprendre un peu mieux ses amis. Au niveau énergie, j'étais fatiguée, mais ça n'a pas duré plus que de mesure. Ma fille s'envécut au restaurant. Dernière version, celle du fiston. Avant le resto, je me posais la question comment ça allait être avec d'autres gens d'Europe de l'Est, comment sont leurs habitudes. Pendant le restaurant, je me sentais bien, c'était joyeux et familial. Et après la soirée, j'étais détendue et heureuse d'avoir passé un bon moment. Mon fils, son témoignage du restaurant. Quatre personnes ensemble au restaurant. Une famille avec d'autres. Quatre vécus. Quatre visions. Quatre perceptions et quatre compréhensions des choses différentes. Quatre ressentis du même événement, pourtant partagés et expérimentés en même temps et en commun. Quelle divergence ! Voilà, c'était les mots de Wang Mo. Je te remercie Wang Mo de m'avoir laissé les lire. Et merci à vous d'être là et d'avoir écouté ce témoignage jusqu'au bout. J'espère qu'il vous a autant interpellé que moi. Et si vous voulez en lire plus, retrouvez Wang Mo sur son blog Choisis la vie dont le lien est en description. Aujourd'hui c'était un épisode bonus témoignage. On se retrouve samedi prochain avec la prochaine chronique sur le thème Peut-on travailler avec les personnes TSA ? Vaste question ou pas ? pour décoder un peu plus un monde pour l'autre et rendre nos mondes meilleurs.