Speaker #0Coucou, comment ça va ? Tu prends quoi aujourd'hui ? Un café ? Un thé ? Installe-toi. Tu connais ce moment ? Tu prends ton téléphone, tu ouvres Instagram, TikTok, Pinterest ou encore YouTube juste pour regarder un petit quelque chose. Une vidéo te fait sourire, la suivante elle t'intrigue, une autre te donne envie de refaire une recette ou de découvrir un endroit, de noter une idée, une vidéo puis une autre. puis une autre, jusqu'au moment où tu regardes l'heure. Ah oui, quand même ! Tu refermes l'application, tu as vu beaucoup de choses, certaines t'ont plu. Et pourtant, il te reste cette drôle sensation, avoir passé du temps à te divertir, et avoir l'impression de l'avoir perdu en même temps. Parce qu'il y a une différence entre passer un bon moment et simplement passer du temps. Aujourd'hui, j'ai envie qu'on comprenne d'où vient cette impression pas pour te dire de supprimer des applications promis mais pour regarder ce qui se passe vraiment quand on ouvre ses applications et j'ai trois pistes à te partager et je crois que tu vas te reconnaître dans au moins l'une d'elles bienvenue dans le podcast femme rayonnante Le plaisir de regarder n'est pas un problème. Avant tout, je veux te dire une chose. Moi aussi, j'aime regarder des contenus sur les réseaux sociaux et j'aime également beaucoup certaines vidéos entièrement générées par l'intelligence. artificielle. Celle notamment qui nous replonge dans l'histoire. Celle-ci, elle me fascine. J'aime pouvoir visualiser si je pouvais être à cette époque, eh bien, quel environnement J'aurais autour de moi les bruits notamment aussi qui en fait font prendre forme à une autre époque des lieux, des ambiances, des personnages qu'on ne connaît qu'à travers des livres ou des photographies. Il y a aussi ces petites vidéos tendres ou drôles sur la vie de couple ou les créations artistiques, les images, le mouvement et la musique qui fonctionnent si bien ensemble qu'on se laisse emporter. Je trouve ça beau ou drôle ou émouvant aussi. Et je ne cherche pas à savoir qui se cache derrière. Je regarde, j'apprécie et ça me suffit. Le divertissement n'est pas un problème à résoudre. On a le droit de regarder quelque chose simplement parce que ça nous plaît. Alors cet épisode ne sera pas un réquisitoire contre les écrans, ni contre les vidéos générées par IA. La question, elle est ailleurs. Elle est dans la différence entre regarder une vidéo parce qu'on en a envie, un contenu, et continuer parce que la suivante est déjà là. Ce fameux scroll, n'est-ce pas ? Première piste, il n'y a jamais de fin. Nos applications ne nous proposent presque jamais de moments naturels pour nous arrêter. Une vidéo se termine et une autre commence. On descend un peu le doigt et voilà du nouveau contenu. Avant, il fallait choisir ce qu'on voulait regarder. À une époque où les réseaux sociaux n'existaient pas, par exemple. Oui, je suis. de celles qui ont connu dans leur génération la bascule entre l'avant réseau sociaux, la création de ceci et aujourd'hui la consommation que nous avons et l'exposition, la visibilité, enfin bref mais en tout cas j'ai connu un monde à l'époque sans réseau sociaux Donc je disais, avant il fallait choisir ce qu'on voulait regarder. Et aujourd'hui, les propositions arrivent sans interruption. On fait toujours des choix bien sûr, mais à l'intérieur d'un espace conçu pour que tout soit fluide. Des chercheurs ont testé quelque chose de tout simple. Ajouter une petite interruption dans le défilement des contenus. Les personnes devaient faire une action avant de voir la publication suivante. Le résultat, elles retenaient mieux ce qu'elles avaient vu. Et elles trouvaient l'expérience en même temps plus frustrante. Le résultat, je le trouve juste génial parce qu'il nous apprend quand même beaucoup. Ce qui rend une application agréable n'est pas ce qui nous aide à savoir ce qu'on regarde et ce qui nous oblige à... à nous arrêter, nous agace. Ça nous demande une force. Un petit peu comme quand les enfants regardent un dessin animé, ils sont clairement sous ondes alpha. Nous, on consomme du contenu en mode sous ondes alpha, assez régulièrement, et couper ce flux de contenu, couper un dessin animé à un enfant, ça crée un moment de frustration. Si tu as des enfants, tu le sais comme moi, parfois c'est... Pas si simple que ça d'éteindre un dessin animé. Donc ici, la première des raisons de cette impression d'avoir perdu du temps, ce temps-là, en fait, on ne le choisit pas vraiment. On a choisi d'aller regarder une première vidéo, un premier contenu, et puis en fait, les 40 suivantes... Eh bien, elles se sont simplement présentées à nous, et notre cerveau, lui, il adore. Et ce qu'on n'a pas choisi, on a du mal aussi à s'en souvenir, comme d'un bon moment. La deuxième piste, eh bien, c'est quand l'abondance devient du bruit. Il y a quelques semaines, je te parlais de création avec l'intelligence artificielle du côté de celle qui écrit. Aujourd'hui, je me place... forcément de l'autre côté de l'écran, du côté de celle qui regarde. Et de ce côté-là, j'observe quelque chose de plus en plus souvent. Sur LinkedIn, sur Pinterest, YouTube, une forme de répétition. Des contenus qui se ressemblent, des formulations très proches, les mêmes structures, les mêmes arguments, parfois les mêmes promesses. Et dans l'univers de l'IA, je vois régulièrement des vidéos d'experts qui finissent par avoir un air de famille, un air de déjà-vu. Les mêmes démonstrations, les mêmes angles. Ces personnes ont sûrement des choses à apporter. Mais en tant que spectatrice de ce contenu, il y a cette pensée qui passe. Je n'ai pas déjà vu ça ! Et c'est là que je commence clairement à saturer. Nous n'avons jamais eu autant de choses à regarder. Tout le monde peut produire davantage, plus vite, plus facilement. Mais nos journées, elles... elles n'ont pas grandi, elles font toujours 24 heures. Et notre capacité d'attention non plus. Il y a donc une différence entre multiplier les contenus disponibles sur les différentes plateformes et multiplier notre capacité d'attention. capacité à leur accorder de l'attention. Alors les contenus, eh bien eux, ils défilent. On en aime certains et on en oublie beaucoup. Et petit à petit, eh bien cette abondance se met à ressembler à du bruit. Ce qui m'interpelle, ce n'est pas qu'une image ait été fabriquée par une intelligence artificielle. C'est de me retrouver devant tellement de propositions que je ne sais plus très bien ce que j'étais venue chercher. Tu ouvres une application, puis tu découvres... une chose précise et quelques minutes plus tard, tu regardes une vidéo qui n'a aucun rapport avec ton attention de départ. Voilà la deuxième raison. On ne perd pas seulement du temps, on perd le fil de ce que l'on recherchait. La troisième piste, ce que l'on regarde change notre regard sur nous-mêmes. Les réseaux ne nous montrent pas seulement des choses à regarder, ils nous montrent aussi ce que font les autres, les idées, leurs projets, leurs réussites, leur manière de communiquer. Et parfois, sans même s'en rendre compte, on commence à se comparer. Et je connais cette sensation. En tant qu'entrepreneur et créatrice de contenu, il m'arrive de regarder ce que font les autres personnes et aussi de douter de ma manière de faire. Mes contenus sont-ils assez intéressants ? Est-ce que je devrais travailler autrement ? Et ce doute peut arriver au moment même où je crée. Je pars avec une idée, une envie, une direction, puis, à force d'avoir vu, d'autres approches, d'autres formats, et bien cette direction devient floue. J'ai beaucoup de possibilités en tête et moins de certitudes sur celles que je veux suivre. C'est déjà arrivé que la comparaison me pousse, par exemple, à mettre mes publications en pause. Et il m'a fallu du temps pour retrouver ma propre créativité. Nous n'avons pas attendu l'IA pour nous comparer, mais quand les contenus se multiplient, les références se multiplient aussi, et les raisons de remettre en question nos propres choix également. Les recherches sur les réseaux sociaux associent d'ailleurs la comparaison à un bien-être moins bon. Regardez le travail des autres. Peut-être très inspirant, bien sûr, mais il y a une différence entre être inspiré par quelque chose et commencer à penser que sa propre façon de faire ne vaut plus grand-chose. Et cette influence ne s'arrête pas quand on referme l'application. On quitte les réseaux, on continue de penser aux images qu'on a vues, au ressenti, au résultat des autres, à ce qu'on aurait dû faire différemment. En tout cas, à ce qu'on pense. Voilà la troisième raison. Le temps passé sur les réseaux ne s'arrête pas quand l'écran s'éteint. Il laisse des traces dans nos pensées. Et c'est souvent ça, plus que les quelques minutes, qui nous donne l'impression d'avoir perdu quelque chose. Faut-il vraiment passer moins de temps sur les réseaux sociaux ? Quand on parle de saturation numérique, la réponse arrive très vite. Supprimer les applications, couper les notifications, se fixer des limites, faire une détox digitale... Je comprends pourquoi ces solutions séduisent. Mais moins de temps ne veut pas automatiquement dire... une meilleure expérience. Des chercheurs ont analysé 32 expériences où des personnes réduisaient ou arrêtaient les réseaux pendant un temps. En moyenne, leur bien-être s'améliorait. Un peu. Et pas de la même façon pour tout le monde. Limiter peut aider, mais ce n'est pas non plus une solution magique. Parce que les réseaux sont aussi des lieux de découverte, d'apprentissage, de conversation, parfois de vraies rencontres. On peut y rire, on peut y apprendre, on suit un projet d'une personne qui peut nous tenir à cœur. Alors, plutôt que le chronomètre, je te propose une autre mesure. Comment tu te sens après ? Pas comment tu devrais te sentir, pas ce que quelqu'un pense de tes habitudes. Reviens à toi. Tu as ri, tu as découvert quelque chose, tu t'es vraiment détendu, ou tu as refermé. met ton téléphone avec la sensation d'avoir enchaîné beaucoup de contenu sans en profiter. 20 minutes de vidéos drôles peuvent devenir une belle parenthèse. 5 minutes à se comparer peuvent nous laisser bien plus en train de nous enchaîner. bien moins sereine qu'en arrivant sur la plateforme de contenu, Instagram par exemple. Le temps, à lui seul, ne raconte pas toute l'histoire. Il ne s'agit pas de devenir parfaitement discipliné, ni de rendre chaque moment de détente utile et rentable. Franchement, non merci. Il s'agit de retrouver un peu de conscience dans notre façon de consommer du contenu et de le regarder. Une petite expérience. Je ne vais pas te proposer une méthode en 7 étapes pour reprendre le contrôle de ton téléphone. On a clairement assez de méthodes dans nos vies. Juste une expérience en deux questions. La prochaine fois que tu ouvres un réseau social, avant de commencer à regarder, pose-toi cette question. Qu'est-ce que je viens chercher ici ? Une information ? Une idée ? Une conversation ? Ou juste un moment pour rire et ne penser à rien. C'est parfaitement valable. Tu n'as pas à justifier tes minutes de divertissement. Et deuxième question, quand tu refermes l'application, est-ce que tu as trouvé ce que tu aimais faire ? étais venu chercher ou est-ce que j'ai aimé ce moment c'est tout pas un tableau excel pas de minuterie si tu n'en as pas envie peut-être que tu découvriras que certains contenus te font un bien fou que certaines créatrices te nourrissent vraiment et peut-être que tu remarqueras aussi ces moments où tu continues sans savoir pourquoi Les trois pistes de tout à l'heure tiennent dans ces deux questions. La première te redonne le choix. La seconde te dit si le fil t'a mené quelque part ou seulement ailleurs. Ce que nous choisissons de regarder, et bien l'intelligence artificielle transforme notre façon de créer des images, des vidéos, des histoires. Elle ouvre des possibilités extraordinaires. Elle participe à un monde où les contenus se multiplient à une vitesse impressionnante. Je ne crois pas qu'il faille regarder ça avec peur, ni avec un enthousiasme aveugle. Parce qu'au milieu de toutes ces images, eh bien, il y a nous, notre curiosité, notre envie de rire, d'apprendre, de découvrir, et aussi nos doutes, nos comparaisons, notre fatigue. La vraie question n'est peut-être pas de regarder moins, c'est de retrouver le plaisir de choisir ce que l'on regarde. Un petit peu comme quand on était enfant et qu'on ouvrait le placard du meuble du salon. en choisissant notre dessin animé, notre cassette vidéo que l'on allait pouvoir absorber, je dirais, à la télévision. Ou en tout cas, ce moment où l'on choisissait réellement le contenu de ce que l'on regardait. Et tu te souviens sûrement de ton dessin animé préféré, tu sais, celui qui avait la bande vidéo abîmée. parce qu'il était au moins passé une centaine de fois dans le lecteur vidéo. La vraie question n'est peut-être pas de regarder moins, mais plutôt de retrouver le plaisir de choisir. ce que l'on regarde, d'aimer une vidéo parce qu'elle est belle, de rire devant une scène absurde et de pouvoir s'arrêter quand on en a envie. Sans regarder la suivante, puis encore la suivante et encore une petite dernière. Alors, la prochaine fois que tes doigts font défiler l'écran, souviens-toi de cette question. Est-ce que je regarde encore parce que j'en ai envie ou parce qu'il y a toujours quelque chose à regarder. Merci d'avoir partagé ce moment avec moi. Et si tu tentes l'expérience, je serai ravie d'échanger avec toi sur mes différents réseaux sociaux, mais notamment en messagerie sur Instagram. Je suis très curieuse d'avoir vos retours. et je te retrouve la semaine prochaine pour un épisode très spécial puisque j'aurai à mes côtés deux entrepreneurs merveilleuses avec qui nous avons échangé sur le modèle de l'entreprise au féminin, le fait de se conformer aussi à certaines cases, de cette sensation peut-être de manque de discipline, alors que pas du tout, mais je ne vais pas développer ici. On se retrouve dimanche prochain. Et puis d'ici là, apprendre à rayonner, à transmettre vos valeurs, vos énergies, à vous révéler, c'est montrer au monde ce que vous avez. de meilleurs à offrir. Je vous souhaite un très bon week-end, une très belle semaine à venir. Ciao !