- Renaud
C'est un des côtés de mon métier qui me plaît vraiment, c'est la transmission. Dans nos métiers, plus on va toucher la matière, plus on va la comprendre. Des fois, il fallait prendre un petit peu de temps à faire les choses bien pour vendre mieux aussi. Parce qu'un CAP, comme je disais, n'importe qui peut l'avoir. Faire vraiment comme tout le monde fait maintenant, voire faire le moins d'heures possible, à regarder 100% et tout, je ne suis pas pour. J'ai travaillé un peu comme un déglingo.
- Voix OFF
Bienvenue dans Ferment Mind, le podcast qui pétrit la pensée et façonne les idées. Je suis Etienne Volck, boulanger passionné, et je vous invite à plonger avec moi dans l'univers de la boulangerie, où chaque épisode est une opportunité de faire fermenter nos esprits. Dans cette émission, je m'entoure d'invités passionnants qui partagent leurs expériences et leurs connaissances du métier. Ensemble, nous explorons les enjeux sociétaux, éducatifs et climatiques qui entourent notre profession, pour nourrir non seulement nos connaissances, mais aussi nos consciences. Préparez-vous à un voyage où la passion se marie à la réflexion profonde. Fermant Mind, là où la chaleur du four rejoint la chaleur des idées. Alors, juste avant de commencer cette émission, je voudrais vous informer que lors de l'enregistrement de celui-ci, nous avons eu plusieurs problèmes techniques. De caméra, de batterie, ce qui nous a obligé à tourner en plusieurs fois. Et vous pourrez le ressentir au niveau du son et au niveau du cadrage. Ce qui fait aussi que par moments, j'étais un petit peu déconcentré parce que j'avais peur que mes caméras me lâchent. Et je m'en excuse vraiment. Je suis désolé pour ça. On a fait au mieux. Et ne vous inquiétez pas, lors des prochaines émissions... ce sera d'une bien meilleure qualité. Merci à tous et je vous souhaite quand même une très bonne écoute et à bientôt.
- Etienne
Amis passionnés, bonjour et bienvenue sur Ferment Mind. Et aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous accueillir en compagnie de Renaud Andreux. Renaud, bonjour.
- Renaud
Salut.
- Etienne
Content parce qu'aujourd'hui, on va parler de tout un tas de sujets super intéressants. Toi, tu es pâtissier et aujourd'hui, on ne va pas parler bien évidemment de pâtisserie, mais aussi de boulangerie. On va parler de création. Comment élaborer des nouvelles recettes, des nouveaux produits. Mais aussi, on va parler bien évidemment d'ingrédients, de produits prêts à l'emploi, de toutes sortes de choses. On va parler de ton parcours, bien évidemment, parce qu'il y a beaucoup de choses à dire. Tu as quand même un bon parcours déjà. Et puis, on va parler de transmission, d'apprentissage et toutes ces choses-là. Mais pour commencer, je voudrais qu'on commence tranquillement par une rubrique d'introduction qui s'appelle Bien ou mal Alors, tu verras, c'est très facile. Tu vas avoir plusieurs questions. Et tu ne peux répondre que par bien ou par mal. Ok. Est-ce que ça te convient ? Ok. Ok. Alors, bien ou mal d'être boulanger et pâtissier ?
- Renaud
Bien.
- Etienne
Bien ou mal de proposer en démonstration à des professionnels des produits très élaborés avec beaucoup d'ingrédients différents ?
- Renaud
Bien.
- Etienne
Bien. Bien ou mal de choisir des ingrédients en fonction de leur prix ?
- Renaud
Bien.
- Etienne
Ok. Bien ou mal de chercher la rentabilité lors de l'élaboration de nouveaux produits ?
- Renaud
Bien.
- Etienne
Bien ou mal de s'inspirer des réseaux sociaux pour des créations ?
- Renaud
Bien.
- Etienne
Ok. Eh bien, c'était la dernière. Voilà. Donc, on reviendra. Donc, tu verras, à chaque rubrique, j'ai des questions bien ou mal en guise d'introduction. Ok. Donc, du coup, on aura l'occasion de revenir sur chacune des questions si tu le veux pendant cette première rubrique. Justement,en parlant de première rubrique, on va penser à la toute première rubrique, la rubrique casser la croûte. Et quoi de mieux pour casser la croûte que goûter quelque chose que tu as fait. Donc là, tu nous as fait une magnifique... Je te laisse présenter ton gâteau de voyage.
- Renaud
Alors j'ai fait un cake, bon c'est assez simple, on dirait pas comme ça mais ça reste assez simple. C'est un cake noix de coco. Donc quand je dis noix de coco, c'est vraiment noix de coco. J'utilise une noix de coco fraîche pour faire ma coco râpée autour. L'eau de coco, je ne la perds pas, je l'intègre dans mon cake. Donc j'ai un sucre de coco également à l'intérieur. Donc c'est vraiment basé très très coco. Et après j'ai une pâte de fruits abricot et passion mixée avec laquelle je fourre mon cake. Et que je mets en finition également. Ok,
- Etienne
ça a l'air super bon déjà. C'est super beau visuellement. Puis on aura l'occasion de déguster ça au cours de l'émission ou à la fin. Donc merci déjà de m'avoir amené ça. Et puis si jamais vous voulez la recette... je pense qu'on pourra la partager en description, si jamais ça vous intéresse. Et donc, j'aimerais bien que pour commencer, tu puisses nous parler un petit peu de toi, de ton parcours professionnel, que tu puisses te présenter pour les auditeurs.
- Renaud
Alors moi, j'ai un parcours un peu atypique. J'ai déjà fait 8 ans de boulangerie, en comptant l'apprentissage. Donc 8 ans de boulangerie, apprentissage plus quelques postes comme responsable. Ensuite je m'ennuyais un petit peu même si on fait jamais vraiment le tour du métier je m'ennuyais quand même un petit peu donc je suis reparti en chocolaterie quelques temps Le truc c'est que ça me plaisait moyen au niveau du rythme parce qu'il y avait vraiment une cassure entre la boulangerie et la chocolaterie qui est un métier beaucoup plus routinier on va dire. La boulangerie ou la chocolaterie ? Du coup sur le moment ça ne me plaisait pas trop donc j'ai continué quelques temps en boulangerie. Et ensuite j'ai un de mes anciens patrons avec qui je suis resté en contact qui est devenu meilleur ouvrier de France boulanger entre temps qui m'a rappelé parce que sa responsable en pâtisserie était partie. Et du coup, il m'a proposé le poste alors que j'étais boulanger et j'y connaissais rien. J'ai juste eu un CAP pâtissier que j'avais eu en candidat libre, mais n'importe qui peut l'avoir. Donc, c'était bidon en fait.
- Etienne
Pour toi, le CAP est à un niveau très...
- Renaud
Beaucoup trop faible.
- Etienne
Beaucoup trop faible.
- Renaud
C'est celui qui a juste un CAP, soit il n'a pas envie d'aller beaucoup plus loin. Voilà, c'est un choix, mais je pense que ça mérite de pousser plus loin parce qu'un CAP... Comme je disais, n'importe qui peut l'avoir sans vraiment travailler.
- Etienne
Non mais je peux comprendre, c'est vrai qu'en boulangerie, je suis plutôt d'accord aussi.
- Renaud
Donc c'est pour ça, il m'a proposé le poste comme responsable en pâtisserie. Donc c'était un vrai défi, mais bon, j'aime les défis, donc je me suis lancé. Donc c'est comme ça que j'ai commencé en pâtisserie. Et à l'époque, c'est vrai que c'est les apprentis qui m'ont appris à faire des gâteaux pendant que moi, je leur apprenais. gérer une prod, une organisation et tout ça parce qu'en tant que chef boulanger avant, je savais déjà le faire, c'est deux métiers différents mais deux organisations. Une organisation,
- Etienne
le principe d'organisation. Voilà,
- Renaud
tout ça c'est facile. Et ensuite, j'ai continué mon petit parcours, je suis redescendu du côté d'Avignon quelques temps, après je suis parti à Val d'Isère pendant deux ans chez un maillot de France pâtissier.
- Etienne
Beaucoup bougé donc quand même un peu.
- Renaud
Pas mal ouais, moi j'ai fait une dizaine d'entreprises.
- Etienne
Ouais un coeur ouais.
- Renaud
Donc, deux ans à Val d'Isère, chez un meilleur au Vé de France pâtissier. Donc là, j'ai vraiment appris à maîtriser les bases, parce que ça reste fondamental dans nos métiers. Donc là, j'ai vraiment appris à bien maîtriser les bases, parce que même s'il était meilleur au Vé de France, ça restait des gâteaux, on va dire, basiques Mais par contre, ce n'est pas pour autant que ce n'était pas bien. Le basique peut être très joli visuellement, être très bien fini, très carré, s'il est bien exécuté. Donc, j'ai appris vraiment tout ça là-bas. Ensuite, j'ai fait une ouverture de boutique. Je suis rentré dans les Vosges parce que je suis Vosgien de base. Je suis rentré pour faire une ouverture de boutique. J'ai fait quatre ans comme chef de production dans une petite boutique assez sympa où j'ai eu pas mal d'apprentis ou de stagiaires à former. C'est un des côtés de mon métier qui me plaît vraiment, c'est la transmission.
- Etienne
Côté compartage.
- Renaud
J'avais très à cœur de partager ce que je savais. d'échanger aussi parce que n'importe qui peut avoir des idées.
- Etienne
Tout à fait.
- Renaud
Et après mes quatre ans-là, en parallèle, j'avais commencé mon diplôme de... enfin, mon broy de maîtrise.
- Etienne
Mon broy de maîtrise,
- Renaud
oui. Donc j'ai commencé là-bas, mais comme je n'avais pas assez de temps pour la pratique, tout le module pro, j'ai décidé de quitter l'entreprise parce que je ne m'y retrouvais plus au bout de quelques années. Donc j'ai pris un poste de démonstrateur dans une grosse boîte. où là je bouge pas mal et ça me laissait un peu de temps la première année justement pour pouvoir finir mon broy de maîtrise que j'ai eu plutôt avec un buffet plutôt bien correspondait qui était plutôt le grand but ça c'était cool et
- Etienne
voilà j'ai été embauché à la suite donc là je suis démonstrateur je bouge je rencontre des gens et voilà donc ouais c'est c'est une belle évolution puis surtout pas du tout tu n'avais pas du tout prévu en fait bah
- Renaud
Ce qui est bien dans mon parcours, c'est qu'on peut montrer aussi que ça n'a jamais de finalité. Et puis, il n'y a pas qu'un métier non plus dans la pâtisserie ou la boulangerie. On peut faire d'autres choses. On n'est pas obligé de faire plus de la boutique. Il y en a qui vont se diriger vers les palaces, d'autres qui vont faire en restauration, même en boulangerie. Il y a des boulangers dans les restaurants maintenant. Donc, ça montre qu'il y a plein de domaines autour de notre univers.
- Etienne
C'est vrai qu'en fait, la boulangerie, la pâtisserie, c'est vachement vaste. Et comme tu le dis, il y a plein de domaines. Il y a plein de... On peut travailler dans beaucoup de choses très différentes et variées, mais on n'est pas vraiment amené vers ça en sortant d'école.
- Renaud
C'est plus ce qu'on apprend au départ.
- Etienne
On ne l'apprend pas et les gens ne nous amènent pas vers ça.
- Renaud
Nous, on nous amène dans la voie toute tracée, comme tout le monde connaît, boulanger ou pâtissier dans une boutique. Mais au final, c'est beaucoup plus vaste. Je suis un peu mort de faire juste des gâteaux tous les jours, sans jamais changer, parce que c'est toujours les mêmes produits dans la même boutique toute l'année. Il peut très bien faire d'autres choses, il ne faut pas se limiter à une seule boutique.
- Etienne
Je suis d'accord. Puis, du coup, vous voyez que tu as dit que tu avais bougé dans 10 boutiques différentes, tu n'es jamais forcément au même endroit. Qu'est-ce que ça t'a apporté de bouger comme ça un peu partout ? Est-ce que tu vois des avantages et des inconvénients ?
- Renaud
L'avantage, c'est qu'on apprend à se débrouiller, puisqu'une fois qu'on est seul, loin de sa famille, quand il y a des problèmes, on n'a pas le choix de se démerder pour les résoudre tout seul. À un moment donné, tu n'as plus le choix, tu sais ce que c'est. Ça peut arriver, des fois tu as des coups de blouse, mais pour autant, il faut se remettre en selle. Quand tu es passionné, on va dire que ton boulot, ça t'aide aussi à tenir quand tu as des moments de coups de blouse, parce que tu as la tête à fond dans le boulot. Ce qui est bien, c'est d'être autant à fond dans le boulot. Je ne dis pas qu'il faut le faire tout le temps, parce que j'ai travaillé un peu comme un déglingo, si on veut dire comme ça. Un peu trop, mais l'avantage, c'est que j'ai beaucoup appris, parce que dans nos métiers, plus on va toucher la matière, plus on va la comprendre, et plus derrière, on pourra évoluer et devenir bon. Donc, il ne faut pas travailler autant que ce que j'ai pu faire, parce que j'ai peut-être travaillé trop, et à un moment donné, ça m'a fatigué.
- Etienne
Oui,
- Renaud
tu n'en as pas eu. J'étais peut-être moins productif, on va dire. J'apprenais peut-être moins à un moment donné où j'ai franchi un cap. Mais de faire vraiment comme tout le monde fait maintenant, vouloir faire le moins d'heures possible, regarder 100% et tout, je ne suis pas pour. Parce qu'à un moment donné, ce n'est pas ça que tu as non plus qu'on apprend. Il ne faut pas y mettre dans le dur au début.
- Etienne
Je suis plutôt d'accord. De toute façon, on y reviendra un peu plus tard. Mais justement, tu me parlais de tes matières premières, c'est en les touchant, qu'on les comprend, qu'on arrive à les travailler. Toi justement, comment tu trouves quand tu pars dans de la création, l'élaboration de nouveaux produits, etc. Comment tu trouves tes ingrédients, comment tu les choisis ? Tu as une idée déjà de base, vers moi je veux partir vers telle saveur, tel goût, ou tu te laisses vraiment porter ?
- Renaud
Maintenant j'ai un poste qui est assez particulier, donc en tant que démonstrateur, il faut que je m'adapte aux contraintes de mes clients. Donc ça peut aller du petit artisan du coin, jusqu'à avoir un multi boutique ou carrément de la GMS. Donc j'ai vraiment des contraintes qui sont différentes, qui sont propres à chaque boutique, la GMS. Ils veulent quand même des choses qui soient jolies, qui ressemblent un petit peu à ce qu'on fait maintenant en artisanat parce que ça attire quand même l'oeil. Mais par contre, ils n'ont pas la même contrainte de budget où là, il faut des trucs hyper rationnels, vite.
- Etienne
La GMS, tu peux revenir sur ce que c'est ? Les gens qui ne sauraient pas.
- Renaud
Oui, c'est toutes les grandes chaînes, tout ce qui est supermarché et tout ça. Donc maintenant, j'en fais un petit peu. Donc, c'est des contraintes différentes. Ils n'ont pas forcément du personnel qualifié. Ils ont quelques boulangers et pâtissiers maintenant. Ils vont gérer parce qu'ils connaissent quand même le boulot. Mais après, ce sera beaucoup des petites mains. Donc, il faut quand même des choses qui soient rapides, efficaces et faciles à faire. Donc, c'est des contraintes différentes. Et après, un gros artisan où là, il veut s'amuser un petit peu, faire un peu plus de qualité, où là, il ne va pas forcément tirer sur tous les prix, là, je peux peut-être déjà chercher des produits un peu plus nobles, m'amuser avec des AOP ou ce genre de choses.
- Etienne
Mais tu pars d'abord sur l'idée de quelqu'un qui te demande, moi, je voudrais une telle ou telle sorte de pâtisserie.
- Renaud
Alors ça, c'est vraiment mon métier. Après, j'ai aussi des périodes où je fais des shootings justement pour mon entreprise, où là, de temps en temps, il faudra que je mette en avant des produits parce qu'on est aussi fabricant en plus de distributeur. Donc j'ai des contraintes par rapport aux produits qu'on fabrique. Mais après, je m'amuse aussi moi de mon côté avec mes idées à construire des gâteaux. Après, il va y avoir des gâteaux où je vais savoir tout de suite, j'ai tout de suite un déclic, je sais où je vais partir. ce que j'ai envie de faire, les goûts que je veux y mettre et tout, et naturellement ça vient. Et parfois, avec certaines contraintes, où j'aurai un peu plus de mal, j'ai beau chercher, je ne trouverai pas tout de suite, il va falloir refaire, refaire, refaire, jusqu'à ce que j'ai un truc qui me correspond. Donc ça dépend vraiment du gâteau que j'ai envie de faire, des contraintes que j'ai, donc ça ne vient pas toujours naturellement, mais c'est vrai qu'à force de goûter, de connaître les produits, c'est déjà un peu plus facile pour les gâteaux. Oui,
- Etienne
de trouver des associations et tout ça. Et justement pour revenir à cette deuxième question péromale que je t'avais posée, celle où je te disais justement de proposer en démonstration des produits très variés, très élaborés avec beaucoup d'ingrédients différents, c'était pour revenir par exemple sur le fait que beaucoup en artisanat, avoir beaucoup d'ingrédients différents et élaborés, c'est compliqué à rentrer dans les coûts et dans la rentabilité d'un artisan. Toi t'en penses quoi de ce qu'ils font ? Parce qu'aujourd'hui on parlait de la sade, on parlait des réseaux sociaux. Il y a de plus en plus de produits qui sont montrés qui sont vraiment...
- Renaud
Le trop est l'ennemi du bien. Donc des fois de vouloir mettre trop, on finit par ne plus sentir ce qu'on voulait y mettre au départ. Donc il ne faut pas non plus exagérer. On peut mettre du produit. Par exemple, on peut avoir une liste d'ingrédients un peu plus importante si on met différents sucres, par exemple, pour essayer de dessucrer un petit peu. On ne va pas forcément mettre que du sac à rose. On peut remplacer par d'autres matières premières en partie. Donc forcément, la liste d'ingrédients dans la recette va s'allonger. Mais pour autant, ce n'est pas un gâteau qui va coûter excessivement cher. Et gustativement, il sera meilleur. qu'il y ait beaucoup de produits ça ne me gêne pas forcément, ça dépend comment ils sont amenés. Si c'est le maître juste pour le maître et vouloir ou en faire ça sert à rien, mais si ça a vraiment une valeur ajoutée ou une fonction comme je disais pour des sucrés par exemple comme c'est la tendance, pourquoi pas. Donc il n'y a pas... j'étais un peu mitigé sur la question, pour en mettre c'est pas bien, ne pas assez en mettre. Et vouloir rester dans ses basiques, je trouve que c'est pas bien non plus parce que maintenant...
- Etienne
Oui, et puis il faut savoir sortir de ses entiers battus et sortir de son confort aussi pour trouver des nouvelles textures, des nouveaux...
- Renaud
Et même nos métiers évoluent tellement et tellement rapidement surtout par rapport au réseau, on voit très bien n'importe quoi maintenant, qu'on est obligé un peu de se mettre à la page. Donc à un moment donné, il faut aussi qu'on teste nous des associations pour évoluer et puis pouvoir rester dans ce qu'on sait faire.
- Etienne
Surtout que comme tu en parles, on aura l'occasion d'y revenir, mais sur les réseaux sociaux, on voit quand même de plus en plus tout et vraiment tout et n'importe quoi, comme tu l'as dit. Parce que autant il y a une période et puis il y a des gens qui sont super intéressants, qui peuvent t'inspirer, mais il y a des fois, c'est un peu dans l'excès, dans les modes, les tendances qui viennent, qui repartent, ultra volatiles du tout. Parce que tu as les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, mais tu as aussi maintenant TikTok, tu vois. Moi je l'utilise pas et je connais pas très bien mais j'ai bien vu que dès qu'une tendance se mettait sur TikTok, bam, tout le monde allait tester tel produit ou demander tel produit.
- Renaud
D'ailleurs ça a du bon parce que y a des produits comme la viennoiserie, y a un moment donné où plus personne n'en faisait, ils achetaient et voilà, c'était pas très bon, c'était pas très beau non plus. L'avantage des réseaux c'est que certains ont commencé à s'y remettre, à remettre ça en avant, à faire vraiment de la belle viennoiserie et du coup bah... Les gens ont compris que ça pouvait se vendre, qu'il fallait prendre un petit peu de temps à faire les choses bien pour vendre mieux aussi. Parce que c'est pas faire pour faire. Donc je trouve que juste par rapport à l'exemple de la viennoiserie, ça a bien évolué. Après c'est sûr qu'il y a des tendances, c'est plus des effets de mode.
- Etienne
Tu penses quoi du flat croissant là ?
- Renaud
Le flat croissant...
- Etienne
Je sais plus comment il est appelé.
- Renaud
Ouais c'est ça. C'est pas comme ça le nom ? Ouais. En fait il y a plusieurs tendances comme ça, genre le New York Roll. ça et puis le new york troll à la rigueur ça apporte quelque chose tu vois ouais mais ça ça a été une tendance aussi ça a monté là c'est redescendu et les gens ils n'avaient pas forcément gaffe à ce qu'ils mettaient à l'intérieur ok c'est toujours pareil on vient en même viennoiserie ça va pas au frigo et une ganache ou un crémeux ça va pas ça va ça va pas en vitrine alors à moins que ce soit du ultra frais qui est fait donc faut le faire minute devant les gens qui le montrent tout de suite mais tu peux pas te permettre de laisser en vitrine et je pense qu'il ya des gens ils mettaient tout et n'importe quoi dedans, donc c'est pas forcément bien non plus. A un moment donné, il faut réfléchir et tout. Je suis pas forcément poursuivre toutes les tendances. Il y a certaines tendances qui sont bien, d'autres... Je dis pas qu'il faut pas le faire, mais il faut le faire bien. Parce que forcément, c'est le business. Et si ça se vend avec ces tendances, il faut le faire. Parce qu'à un moment donné, tout se perd.
- Etienne
J'ai vu le croquis, j'avais t'en parlé, je sais plus comment il s'appelle. Le croquis, c'est vrai ?
- Renaud
C'est n'importe quoi. Par contre le flat croissant, c'est pas pour du tout parce que...
- Etienne
Non, puis en plus toute l'ADN d'une belle viennoiserie, tu cherches à travailler, à avoir un bel alvéolage, un beau croustillant, puis tu sais, un mélange de textures que tu éclates totalement en faisant un flat croissant.
- Renaud
Surtout que faire un beau croissant, déjà, ça demande du temps. T'as pas envie de te frapper. Ça demande vraiment beaucoup de temps parce qu'avant de faire un beau croissant, il faut tester plein de beurres différents, tester plein de farines pour trouver... Déjà les matières premières qui nous correspondent parce que selon la farine, la pâte ne va pas réagir pareil. Selon les beurres, ils n'auront pas forcément la même plasticité. On aura peut-être tendance à préférer un beurre plutôt qu'un autre. Donc déjà réussir à trouver ces matières premières pour faire la viennoiserie qu'on attend de nous, c'est déjà compliqué. Donc pourquoi prendre du temps à faire ça et prendre du temps à faire de la belle viennoiserie pour tout massacrer ? Je suis absolument contre ça. Donc les flats croissants marchent.
- Etienne
Ouais c'est ça, vraiment c'est une mode que j'ai vu et je me suis dit mais quoi ? J'ai pas compris en fait l'intérêt. Au final ça ressemble un peu comme un palmier en plus, parce qu'après il faut mettre beaucoup de sucre ou une espèce de ganache.
- Renaud
Il y a d'autres produits plus adaptés pour faire ça. Ouais, c'est ça.
- Etienne
Je pense qu'il faut arrêter d'essayer de tout mélanger en se disant ça va faire un truc bien si je prends ça, ça, ça, et que je ne suis pas toujours sûr et convaincu de la bonté du structure. Moi non plus. Mais justement, maintenant qu'on parle de tous ces sujets qui sont vachement intéressants, je voudrais qu'on passe tout de suite à cette deuxième rubrique, la rubrique La levée des mystères.
- Voix OFF
Vous êtes déjà à la fin de la première partie de cette émission avec Renaud. Je vous remercie d'avoir écouté jusque-là. et je vous dis à la semaine prochaine pour la suite. C'est déjà la fin de cet épisode de Ferment Mind. Je tiens à remercier chaleureusement notre invité d'avoir partagé son expertise et son expérience avec nous aujourd'hui. Un grand merci également à vous, chers auditeurs, pour votre écoute attentive. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager avec vos amis, votre famille et vos collègues. Votre avis compte énormément pour nous. Alors prenez un moment pour nous laisser un commentaire ou une note sur votre plateforme préférée comme Spotify, Apple Podcasts, Deezer ou YouTube. Un j'aime ou 5 étoiles, bien évidemment. N'oubliez pas, vos retours sont précieux. Partagez vos avis, vos réflexions et vos idées en commentaire. J'ai hâte de connaître votre point de vue sur les sujets que nous avons abordés au cours de cette émission. Restez connectés, car de nombreux autres épisodes passionnants sont à venir, avec toujours plus d'invités inspirants et de sujets captifs. Merci encore pour votre fidélité à Ferment Mind, le podcast qui pétrit les idées et nourrit les esprits. A très bientôt.