- Renaud
Et je pense que dans nos métiers, on travaille déjà plus que la moyenne. Si le métier évolue, que les recettes et les textures évoluent aussi, c'est parce qu'à un moment donné, on se partage des recettes, on les améliore, on revient en arrière si des fois on reste trop loin. Mais dans tous les cas, ça évolue. Alors c'est vrai que le Covid a quand même amélioré les choses. Custativement, il y a quand même certains mix qui se font maintenant qui sont quand même mieux que ce que peuvent faire certains artisans.
- Voix OFF
Bienvenue ! dans Ferment Mind, le podcast qui pétrit la pensée et façonne les idées. Je suis Etienne Volck, boulanger passionné, et je vous invite à plonger avec moi dans l'univers de la boulangerie, où chaque épisode est une opportunité de faire fermenter nos esprits. Dans cette émission, je m'entoure d'invités passionnants qui partagent leurs expériences et leurs connaissances du métier. Ensemble, nous explorons les enjeux sociétaux, éducatifs et climatiques qui entourent notre profession, pour nourrir non seulement nos connaissances, mais aussi nos consciences. Préparez-vous à un voyage où la passion se marie à la réflexion profonde. Fermant Mind, là où la chaleur du four rejoint la chaleur des idées. Alors, juste avant de commencer cette émission, je voudrais vous informer que lors de l'enregistrement de celui-ci, nous avons eu plusieurs problèmes techniques de caméra, de batterie, ce qui nous a obligés à tourner en plusieurs fois. Et vous pourrez le ressentir au niveau du son et au niveau du cadrage. Ce qui fait aussi que par moments, j'étais un petit peu déconcentré parce que j'avais peur que mes caméras me lâchent. Et je m'en excuse. Vraiment, je suis désolé pour ça, on a fait au mieux. Et ne vous inquiétez pas, lors des prochaines émissions, ce sera d'une bien meilleure qualité. Merci à tous et je vous souhaite quand même une très bonne écoute et à bientôt. Vous êtes en train d'écouter la deuxième partie de cet épisode de Ferment Mind avec Renaud Andreux. Je vous conseille fortement de commencer par la première partie si vous ne voulez pas être perdu. Bonne écoute à tous.
- Etienne
Dans cette deuxième rubrique, la levée du mystère, on va commencer comme pour la première rubrique. Je vais te poser quelques questions. Tu pourras répondre que par bien ou par mal. Alors, bien ou mal, les artisans qui commencent à fermer de plus en plus les week-ends ?
- Renaud
Bien.
- Etienne
Bien ou mal, les conditions de travail en général dans notre profession ?
- Renaud
Mal.
- Etienne
Bien ou mal, d'utiliser de plus en plus de produits prêts à l'emploi ?
- Renaud
Mal.
- Etienne
Bien ou mal... de la façon dont est utilisé les réseaux sociaux dans notre secteur.
- Renaud
Bien.
- Etienne
Bien ou mal, de préférer travailler sur les visuels plutôt que les goûts des produits.
- Renaud
Oui.
- Etienne
Voilà, c'était la dernière question. On a largement le temps de revenir sur ces questions si tu le veux. Justement, bien ou mal, tu as répondu mal au niveau des conditions de travail. Moi, j'aimerais bien qu'on puisse venir avec toi sur les horaires qu'on a dans notre travail qui sont assez... assez spécifique quand même, tout le monde le dit un peu, boulanger, pâtissier, c'est voilà. Donc les horaires, nos conditions de travail, ça nous donne un train de vie quand même assez atypique par rapport aux autres, un décalage même par moment. Toi, qu'est-ce que tu en penses et comment tu vois aujourd'hui notre métier ?
- Renaud
Alors c'est vrai que le Covid a quand même amélioré les choses, donc on est obligé d'en parler. Vas-y, vas-y. Ça a quand même amélioré les choses. Du fait du Covid, certaines personnes se sont rendues compte qu'ils pouvaient avoir une vie en dehors du travail, ce qui n'est pas faux parce qu'avant c'était 100% travail, on n'avait pas le temps parce que, comme tu as dit, on est toujours en décalage. Donc ça a eu un plus, le fait que les gens se rendent compte qu'ils pouvaient faire d'autres choses. Et ça a obligé certains patrons à revoir un peu leur façon de travailler, donc à fermer les week-ends, donner deux jours de repos à leurs employés, ce qui n'était pas forcément le cas parce que moi j'ai toujours travaillé six jours sur sept. voir 7 jours sur 7 par moment. Donc je trouve que là dessus, ça a eu du bien. Après, le plus dur, c'est pour faire réfléchir la clientèle, parce que bien souvent, quand on ferme un dimanche ou même quand on ferme tout court, déjà les clients, il y en aura toujours qui vont dire mais c'est pas normal et tout. Bien généralement, je pense que c'est ceux qui ne travaillent pas le week-end ou qui en font moins qui viennent pratiquer.
- Etienne
C'est vrai que souvent, moi j'ai ce souvenir là, dès que je pose des vacances, c'est quoi ? prenait encore des vacances, ça leur propose à peine 5 semaines.
- Renaud
Et je pense que dans nos métiers, on travaille déjà plus que la moyenne. Donc c'est vrai que je trouve que c'est les gens en dehors qui ne comprennent pas que nous aussi, on a le droit d'avoir une vie. C'est ça le plus dur.
- Etienne
Comme tu dis, en plus, le Covid, les gens se sont rendus compte aussi. Beaucoup de patrons qui commencent à faire des petits burn-out ou des choses comme ça, qui disent je ne peux plus continuer comme ça puisque déjà que tu as, en plus en France aujourd'hui, Déjà on a des conditions de travail qui sont pas évidentes, on travaille tout le temps, on a quand même des certaines conditions de travail qui sont au niveau du porte de charge velours, au niveau physique ça va de mieux en mieux mais quand même il y a encore des choses à peut-être à faire.
- Renaud
Après je pense que c'est pour ça que les toutes petites boutiques vraiment de quartier comme on a pu les connaître vont être amenés à disparaître. On aura plus l'habitude de voir des boutiques, soit des grandes franchises, soit des mecs qui auront déjà plusieurs boutiques bien installées, où là ils investissent vraiment dans du matériel. Bon le matériel ça a du bon parce que ça peut soulager un petit peu le personnel sur certaines tâches qui peuvent être répétitives et vraiment usantes à la longue parce que des boulangers pâtissiers, j'en connais qui sont partis à la retraite mais bon la retraite...
- Etienne
Ils n'ont pas vécu longtemps.
- Renaud
Voilà c'est ça, ils n'ont pas profité longtemps donc... Ça amène du plus. Le côté négatif, c'est que forcément, on a besoin d'un peu moins de personnel en général parce qu'il y a certains matériels qui nous permettent justement de travailler un petit peu moins, donc d'embaucher une personne en moins parfois. Mais si on peut travailler un peu moins ou avoir un boulot qui est un peu plus confortable, je suis assez pour quand même parce que ça reste un rythme de vie qui est quand même dur. Pas forcément que pour nous. Oui, c'est ce que j'allais dire. on s'en rend même pas compte, on est passionné, on est à fond, mais c'est aussi dur pour l'entourage, finalement, donc il faut y penser aussi.
- Etienne
Et justement, parce qu'au début de cette émission, tu disais quand même un petit peu que les gens aussi, il fallait qu'ils arrêtent de toujours vouloir simplifier, de ne pas vouloir travailler la nuit. Est-ce que tu penses qu'au niveau des jeunes, peut-être, il y a une fainéantise qui se met aussi, et qu'ils n'ont plus envie de trop de contraintes, et qu'à un moment donné, ils sont là en mode, non, mais... Moi je veux mon petit... mon petit... le travail avec tes heures de bureau
- Renaud
Là c'est vraiment un phénomène sociétal
- Etienne
C'est le télétravail aussi ?
- Renaud
Ouais c'est ça C'est compliqué pour notre profession et pour attirer des jeunes aujourd'hui quand tu vois tout en plus de télétravail des gens qui travaillent chez eux Après je pense que c'est surtout aux anciens ou aux parents d'éduquer parce que si déjà les parents éduquent mal les enfants et dire bah non faut pas travailler autant et tout ça peut pas marcher à un moment donné Pour leur donner aussi le goût du travail, parce que mine de rien le travail c'est important. C'est ce qui fait aussi qu'on peut se payer des vacances, parce qu'on travaille, on a un salaire. C'est vrai que si on dépend toujours des autres pour pouvoir se payer des vacances, c'est pas forcément mieux, et à la longue c'est pas une situation qui est forcément pérenne. Donc il vaut mieux les pousser à travailler, pas autant que ce qu'on a fait, les conditions sont plus les mêmes non plus. Faut arrêter de dire que c'est un métier hyper compliqué maintenant, c'est sûr qu'il y a toujours des boutiques qui sont comme ça. Il faut bien sélectionner la boutique. Il y a quand même des endroits qui sont assez formidables où on rencontre des gens qui sont bien et où on travaille plus que la moyenne quand même, mais où c'est quand même cool de bosser, où on a un salaire qui est confortable, où on apprend correctement, où on peut avoir une vie à côté. Donc, il faut bien choisir l'endroit, en fait.
- Etienne
Oui, c'est sûr. Bien choisir l'endroit. Et puis, comme tu le dis, ça va me permettre d'amener sur un autre sujet. bien changer un endroit parce que en plus des conditions de travail qui ne sont pas toujours évidentes avec des patrons qui bah tu sais les employés il faut que ça bosse parce que moi j'ai appris comme ça quand j'étais en apprenti dans les années 80 tu vois 60 en plus de ça tu as de plus en plus de un espèce de des produits prêts à l'emploi tu vois qui viennent et qui apporte bah tu sais là au niveau des valeurs au niveau du travail tu sais ça maintenant tu as aussi ce côté bah en plus les conditions sont pas ouf et en plus tu vas travailler dans une entreprise où Tu vois, la crème pâte, t'as un sachet, t'as tout à chaque fois qui est fait, ou des produits prêts à l'emploi, ou même des produits que t'achètes directement en carton.
- Renaud
Après, ça, je suis pas forcément pour.
- Etienne
Après, je pense que c'est peut-être un équilibre aussi, mais là...
- Renaud
Je ne me rends pas compte non plus, parce qu'il y a certaines boutiques, il y a des endroits qui vont être vraiment en galère de personnel, ou ce genre de choses, parce que mine de rien, trouver du personnel, c'est déjà compliqué, sans même chercher du bon personnel, juste trouver du personnel. même des petites mains aujourd'hui c'est compliqué parce qu'il y en a beaucoup qui ne veulent plus travailler donc à un moment donné les entreprises elles n'ont pas le choix non plus ça leur fait gagner du temps ils peuvent gagner un peu au niveau du personnel ils peuvent gagner quelques employés en plus parce que c'est sûr que là ils feront de peser et c'est fait il y a quand même certains mix qui se font maintenant qui sont quand même mieux que ce que peuvent faire certains artisans
- Etienne
qui ne sont pas trop donc en fait je suis pas forcément pour je suis pas contre les gens qui le font non plus parce que dans chaque situation il y a des situations qui sont complètement compréhensibles parce qu'en fait on est peut-être aussi rentré dans un petit cercle vicieux où les gens ne veulent plus travailler à cause des conditions de travail même si les conditions de travail les horaires et toutes ces choses ou même la façon de former s'améliore avec le temps parce qu'aujourd'hui elle est quand même vachement correcte donc La plupart, je pense, si tu trouves des bonnes entreprises, tu tries un peu. Mais bon, le temps de changer cette image-là, en fait, il est plus long que le temps de changer les choses en tant que telles. Et du coup, c'est un peu le serpent qui se mord la queue. Donc, du coup, ils ne trouvent pas de gens à qui former. Donc, ils prennent du mix ou du produit prêt-à-emploi. Bon, c'est un peu dommage. Puis là, on revient aussi sur les problèmes de valeur et de savoir-faire. Comment tu vas former un jeune ? Tu disais, le GCAP, il est donné aujourd'hui. Mais comment tu formes un jeune qui est en CAP si tu lui montres une crème pâte ? avec un sachet voilà on fait comme ça je pense que quand
- Renaud
tu veux être un bon formateur même si tu as des contraintes par rapport à ta musique ou des fois tu n'as pas le choix d'utiliser ce genre de produit et comme je répète, il y en a certains qui ne font pas forcément mieux que certains mix alors qu'ils le font eux-mêmes donc il y a des professionnels qui sont très bons qui n'ont pas besoin de ce genre de produit et il y en aura toujours qui seront mauvais qui ne sauront jamais faire les choses bien et qui ont besoin aussi et qui arriveront à faire des choses mieux avec ça que si eux le faisaient eux-mêmes Après, quelqu'un qui n'a pas le choix d'en utiliser pour une contrainte ou une autre, une galère de personnel, même s'il a des apprentis à former, il se doit aussi de leur montrer les bases. Donc c'est sûr que quand il fait de la grosse prod, il va utiliser ses sachets parce que gain de temps, gain d'argent aussi probablement, sinon ça n'existerait pas. Par contre, s'il veut le former, il doit quand même se prévoir des sessions où il en fait avec son apprenti pour le former, et bien lui apprendre. ne serait-ce qu'une crème pâte cire ou une pâte à choux, il doit quand même prendre le temps de le former. Sinon, s'il ne le fait pas, dans ce cas, ça ne sert à rien qu'il prenne un apprenti. Parce que, quand tu prends un apprenti, tu t'engages à le former et à lui apprendre des connaissances, à le pousser plus loin pour que lui évolue dans le métier. Ce n'est pas pour qu'il soit juste une petite main et derrière qu'il fasse juste un travail. Pour lui transmettre une passion, l'envie de faire le boulot correctement, surtout.
- Etienne
Après, est-ce que tu trouves que, même si on aura l'occasion de revenir, parce que j'ai préparé une thématique là-dessus, mais tu parlais de donner l'envie, on se doit de faire ça en étant patron, bien formé, des valeurs et de l'éthique que tu as dans ton travail et puis la passion que tu as. Est-ce que tu trouves que les gens ont toujours... c'est de plus en plus compliqué de trouver des gens passionnés, ou il y a quand même la grande majorité des boulangers, pâtissiers ou même des chefs d'entreprise qui sont... passionnés qui ont ces valeurs là ?
- Renaud
Je pense la passion c'est sûr que tu tombes sur quelqu'un qui est vraiment pas motivé, c'est sûr c'est compliqué parce que dans tous les cas à un moment donné dans sa carrière il se dira je vais faire autre chose et il arrêtera. Par contre tu as toujours des gens où quand tu es jeune ça reste des éponges et si toi tu leur amènes la passion, tu leur transmets ils y arriveront, c'est obligatoire. Après la passion ça fluctue, il y a toujours des périodes. ou tu seras plus motivé que d'autres. Ça, c'est... Tout le monde est pareil. Tu peux pas être à fond tout le temps. Ça, c'est impossible. Donc, il y a toujours des périodes où tu auras des petits coups de blues, c'est normal. Et après, ça doit te remettre en selle.
- Etienne
Ouais, c'est sûr. C'est aussi expliquer que la vie, elle est pas simple. Tu peux être passionné, que des fois, tu le dis bien, on a tous eu des coups de blues, je pense.
- Renaud
Après,
- Etienne
à chaque coup de blues, se dire Ok, c'est fait, c'est pas vrai, peut-être pas vraiment ma passion, il faut que je change.
- Renaud
Quand tu formes bien les gens, puis que tu sais t'entourer, même une fois que tu les as formés, si toi tu as un coup de blues, ils sauront aussi t'aider et te remettre en selle parce que tu les as motivés. Pour que tout le monde dans une équipe soit démotivé au même moment, il faut déjà y aller. Donc, tu auras toujours quelqu'un autour de toi pour t'aider à te motiver aussi.
- Etienne
C'est vrai. Et justement, en parlant de motivation et de formation, tu nous as dit tout à l'heure que que tu avais été formé et que tu avais appris avec un mof, plusieurs dans ta carrière.
- Renaud
Ouais.
- Etienne
Donc c'est quand même quelque chose qui est assez cool et pas toujours commun. J'aimerais bien revenir là-dessus. Travailler avec un mof et être formé par un mof, comment on le vit ? Est-ce que tu as des bénéfices, tu as des avantages, des inconvénients à ça ? Comment toi, tu as vécu ce moment-là ?
- Renaud
Question difficile. Il faut savoir que tous les MOF ne sont pas tous les mêmes. Normalement, il y a la charte des MOF. Une fois que tu as le titre, tu as une espèce de série d'une dizaine de règles à respecter où là, tu es obligé de réfléchir pour améliorer tout le temps ton métier, être toujours dans la recherche, être dans l'amélioration. Tu es toujours obligé d'être visible et d'être bien. Tu ne peux pas te permettre de ne pas être bon. Et ça demande une certaine rigueur, une certaine exigence. Mais par contre, dans les règles aussi, il y a tout ce qui est transmission, partage, tout ça, qui est très important. Le truc, c'est que les anciens meufs, vraiment d'il y a très longtemps, bon, je ne dis pas qu'ils sont tous comme ça les anciens, mais moi, de mon expérience, les anciens étaient plus comme ça, à garder leurs recettes pour eux. Non, c'est mes recettes, tu ne les prends pas et tout. Alors qu'une recette, ça reste une recette. Même si je vous partage la même recette du cake là qui est sur la table, c'est pas dit que vous le referez à l'identique. Il y a toujours des contraintes.
- Etienne
On s'est traqué bien aussi.
- Renaud
C'est vraiment un savoir-faire, il y a toujours des contraintes techniques. Et il y a des petites astuces des fois qui ne sont pas marquées dans les recettes parce qu'on ne pense pas forcément à tout marquer non plus. Donc ça reste une recette, c'est donner à tout le monde, moi je m'en fous, on peut donner des recettes, c'est pas important. Ce qui est important c'est le savoir-être surtout.
- Etienne
En fait c'est important de donner des recettes parce qu'il faut partager son savoir.
- Renaud
En fait le métier il n'aurait jamais évolué si à un moment donné tout le monde gardait ses recettes pour soi. Si le métier évolue, que les recettes et les textures évoluent aussi, c'est parce qu'à un moment donné on se partage les recettes, on les améliore. on revient en arrière si des fois on va trop loin mais dans tous les cas ça évolue donc c'est important mais donc de mon expérience ouais un des anciens mofs chez qui j'ai bossé ça restait une super expérience parce que j'ai vraiment appris les bases et tout c'était cool j'avais un très bon chef là-bas à l'époque et par contre les deux derniers mofs avec qui j'ai travaillé donc un qui était mof boulanger qui est une personne très cool très simple Et justement, à fond dans le partage, lui, le titre de meuf, il l'a parce qu'il est très bon, mais il l'a passé, c'est pas pour forcément se mettre encore plus en avant derrière, c'est juste pour se prouver à lui-même qu'il pouvait le faire. Donc déjà ça, c'est beau parce qu'il n'est pas ultra visible du grand public, alors que c'est une personne formidable. Et il y a une autre personne avec qui je travaille régulièrement maintenant, qui est meuf pâtissier, où lui est beaucoup plus visible, forcément, parce que déjà il est démonstrateur. il bouge à l'international donc du coup ça lui amène forcément de la visibilité et c'est pareil il est très exigeant par rapport à son col mais par contre ça reste quelqu'un qui est hyper simple avec qui on se marre bien quand même qui est assez drôle et qui est toujours dans le partage la transmission et surtout dans le dépassement de soi parce qu'il a toujours des nouvelles idées et il m'amène aussi moi à me dépasser parce que même si je fais un truc qui est bon il va me dire c'est bon mais qu'est-ce que tu peux faire de plus ? Donc euh...
- Etienne
C'est là, on revient sur la chose que tu as à ta porte, c'est que ça te permet aussi d'essayer de t'élever toujours un cran en-dessus de ce que tu es capable de faire.
- Renaud
Je sais que je me débrouille, mais je peux me débrouiller encore mieux.
- Etienne
Donc, on est tous capables, mais d'avoir quelqu'un qui te le rappelle un petit peu et qui te le dit, c'est important parce qu'on n'a pas tous la détermination de se le dire soi-même tout le temps, puis on n'est pas capables aussi tout le temps de se le...
- Renaud
Comme je disais, la passion ça fluctue, donc dans les moments où... t'es un peu en baisse de régime on va dire, c'est important d'avoir quelqu'un comme ça derrière soi pour justement nous guider et puis voilà.
- Etienne
Bah ouais, bah du coup donc t'en tires quand même plutôt positivement. De toute façon ça peut... C'est des meufs quelque part, la plupart, les jeunes c'est des passionnés plus plus quoi.
- Renaud
C'est pas tellement qu'ils soient meufs parce que j'ai rencontré d'autres personnes qui ne le sont pas, qui ne le seront jamais, mais c'est pas dans leurs ambitions non plus. Oui tout à fait. mais qui ont le même état d'esprit donc je pense que le MOF c'est sûr c'est une consécration mais c'est plus personnel parce que c'est vraiment un boulot sur soi même si on peut pas y arriver tout seul je pense parce qu'il faut savoir bien s'entourer, on le fait d'abord pour soi avant de le faire pour les autres si on le fait pour soi je pense que c'est pas possible c'est vrai et justement t'en as parlé un petit peu avec
- Etienne
la visibilité qu'avaient les meufs un peu plus certains que d'autres sur les réseaux sociaux pour revenir un petit peu sur cet impact-là que les réseaux sociaux ils ont. Beaucoup de gens, on va dire les gens lambda, qui ne sont pas forcément du métier, ils regardent beaucoup les réseaux sociaux, ils vont toujours tomber forcément sur les comptes les plus connus et les plus reconnus, Amour et Guichon, des grands noms. Mais est-ce que justement cette surexposition sur les réseaux sociaux de produits de luxe, de grande... vraiment bien travailler bien et l'aura qui est super importante on est d'accord mais est ce que tu penses que ça amènerait aussi les gens à avoir une espèce de se dire ouais quand je vais chez mon pâtissier du coin j'en attends telle parce que je pense tu as déjà vécu peut-être des clients qui disent moi je veux un gâteau mais je veux un gâteau comme ça et te montre une photo tu sais d'un truc qu'ils ont vu sur instagram qui est juste irréalisable au niveau du prix au niveau du temps qu'est
- Renaud
ce qu'on pense de toi de ça justement bah c'est bien parce que nous ça nous oblige à nous dépasser parce que quand on voit ce qui se fait forcément on est obligé de se mettre à la page aussi donc ça peut être bien pour soi personnellement vis-à-vis de l'accidentel c'est compliqué parce que il s'imagine que d'un claquement de doigts le gâteau il est fait, il voit pas le temps qu'il y a derrière, donc ça c'est un gros gros point négatif parce qu'il voit des belles choses et il pense que c'est plus ou moins simple surtout qu'aujourd'hui,
- Etienne
tu sais t'as même beaucoup de gens, même Cédric Grolet qui font des reels sur le moment où ils le font de A à Z entre guillemets Et tu sais ça parait super, enfin quelque part ça parait simple tu vois, c'est très, puisque c'est très bien filmé, c'est très bien fait, ça parait super simple parce que bah en plus ils ont des bons, tu sais, des gestes, pour eux c'est simple, donc ça te transmet simple. Donc les gens s'attendent aussi que bah en soi c'est pas si compliqué que ça de faire...
- Renaud
Après pour eux c'est simple, mais faut pas oublier que derrière... Eux ils ont bossé autant que nous,
- Etienne
voire un peu plus.
- Renaud
Et s'ils en sont là, c'est pas pour rien, ils ont vraiment bossé. Et c'est sûr que quand ils font les gestes là, ça paraît simple, mais pour eux c'est des années et des années de travail.
- Etienne
Mais c'est ce que ne voit pas forcément ça.
- Renaud
Sur les vidéos, on voit pas le temps qui est passé.
- Etienne
Mais je pense que c'est ce que je veux dire. C'est le côté négatif.
- Renaud
Ouais.
- Etienne
Et tu penses qu'il est voué à partir un petit peu avec le temps ou toujours à être là ? C'est à nous de plus ou moins bien le gérer, en parler, communiquer avec le monde.
- Renaud
Les réseaux sociaux ne sont pas forcément amenés à disparaître, on en aura toujours maintenant, mais ils vont forcément évoluer, comme tout, ça évolue, la technologie, tout ça. Donc c'est sûr que la technologie, ça a du bon, ça sera à nous de nous adapter aussi en fonction d'elle pour toujours être plus performants, être toujours aussi visibles, parce que mine de rien, à notre époque, on a besoin de cette visibilité aussi pour avancer. pas forcément en tant qu'être humain, mais dans notre métier tous les jours, c'est quand même important pour attirer les clients aussi, donc on pourra s'adapter. C'est sûr qu'on n'est pas forcément formé là-dessus. Ça reste un vrai métier, tout ce qui est gestion des réseaux sociaux. Donc c'est vrai que c'est compliqué. Moi, ce n'est pas là où je suis le meilleur. Je sais faire des gâteaux, mais gérer mes réseaux, je ne suis pas bon à TikTok. Personnellement, je n'ai encore jamais utilisé. Ça marche beaucoup plus fort qu'Instagram ou Facebook maintenant, je pense. Mais pour autant, je n'y suis pas et je n'ai pas forcément envie de m'y mettre.
- Etienne
C'est moi, j'ai le même problème que toi là-dessus. C'est que je n'ai pas le choix à cause du podcast, qu'il faut que je me mette sur les réseaux sociaux, qu'il faut que je partage, etc. Il faut que je fasse du contenu. Mais par exemple, TikTok, je n'aime pas du tout l'éthique et l'idée derrière TikTok. Donc déjà, ça ne m'incite pas à aller vers ça, alors que je sais que c'est ce qui fait fonctionner, c'est ce qui te ramène du monde, etc. Mais je suis... éthiquement contre tout ça et du coup ça m'aide pas vraiment développer là dessus est ce que c'est un problème que c'est pas mais aujourd'hui c'est tic toc demain ce sera autre chose non et tout à fait pour essayer de voir apprendre
- Renaud
le positif dans chaque chose parce qu'il ya toujours du bon qui a porté faut suivre le positif par contre tout ce qui est un peu trop on fait des trucs que juste pour faire mettre à la poubelle et tout Je suis pas pour, là on revient un petit peu en arrière, déjà sur la boulangerie où maintenant on fait un peu plus attention aux fermentations, on repart sur des levains, des choses qu'on avait un peu perdues, donc on a un petit retour en arrière là-dessus, je pense que ça c'est bien. Mais oui, après il faut prendre ce qu'il y a de bien sur les réseaux, il y a certaines tendances qui sont vraiment pas bien, comme on disait, si c'est les grosses viennoiseries XXL, ou si c'est pour en mettre la moitié à la poubelle et juste faire le buzz, je ne comprends pas forcément. Après, il y a d'autres tendances qui sont plutôt positives aussi.
- Etienne
Oui, tout à fait. Il ne faut pas avoir le mal partout non plus. J'ai tendance à des fois avoir un regard un peu négatif, parce que des fois, c'est en fait, quand tu es passionné, tu sais, moi, mon fil sur les réseaux sociaux, c'est souvent de la boulangerie, de la pâtisserie et tout. Tu vois des trucs, par moments, tu as envie de te dire, mais arrêtez, pourquoi ? Du coup, j'avais tendance à voir ça négativement, même si j'adore les réseaux sociaux. Pour ça, il y a plein d'idées qui me viennent et qui viennent grâce aux réseaux sociaux, des trucs auxquels tu n'aurais pas pensé et tout. Et ça, c'est bien.
- Renaud
C'est ça.
- Etienne
Mais justement, je pense qu'on pourrait démarrer cette troisième rubrique parce que là, on commence à parler un peu plus d'éthique, de valeur, ce qui nous plaît, ce qui ne nous plaît pas. Donc moi, je te propose de passer tout de suite à la rubrique numéro 3, la rubrique l'esprit de partage.
- Voix OFF
Vous arrivez déjà à la fin de cette deuxième partie d'émission avec Renaud André. Je vous remercie énormément d'avoir écouté jusque-là et vous dis à très bientôt pour cette dernière partie d'épisode de Ferment Mind. C'est déjà la fin de cet épisode de Ferment Mind. Je tiens à remercier chaleureusement notre invité d'avoir partagé son expertise et son expérience avec nous aujourd'hui. Un grand merci également à vous, chers auditeurs, pour votre écoute à tant dire. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager avec vos amis, votre famille et vos collègues. Votre avis compte énormément pour nous. Alors prenez un moment pour nous laisser un commentaire ou une note sur votre plateforme préférée comme Spotify, Apple Podcasts, Deezer ou YouTube. Un j'aime ou 5 étoiles, bien évidemment. N'oubliez pas, vos retours sont précieux. Partagez vos avis, vos réflexions et vos idées en commentaire. J'ai hâte de connaître votre point de vue sur les sujets que nous avons abordés au cours de cette émission. Restez connectés, car de nombreux autres épisodes passionnants sont à venir, avec toujours plus d'invités inspirants et de sujets captifs. Merci encore pour votre fidélité à Ferment Mind. le podcast qui pétrit les idées et nourrit les esprits. À très bientôt.