- Speaker #0
Si t'es pas bon à l'école, on t'envoie un apprentissage. Mais combien de jeunes se laissent influencer soit par leurs parents parce que non, tu vas pas faire ça, c'est trop dur, ou par les profs. Partage, oui, je pense que c'est super. On peut être compétiteur, mais pour autant travailler avec les autres. Et même s'ils t'en fera pas ton métier finalement, ça te servira dans ton métier futur, parce qu'il y a toujours des choses à apprendre dans d'autres métiers qui peuvent nous servir derrière. Donc ça montre bien aussi que l'apprentissage, c'est une vraie valeur ajoutée.
- Speaker #1
Bienvenue dans Ferment Mind, le podcast qui pétrit la pensée et façonne les idées. Je suis Etienne Volk, boulanger passionné, et je vous invite à plonger avec moi dans l'univers de la boulangerie, où chaque épisode est une opportunité de faire fermenter nos esprits. Dans cette émission, je m'entoure d'invités passionnants qui partagent leurs expériences et leurs connaissances du métier. Ensemble, nous explorons les enjeux sociétaux, éducatifs et climatiques qui entourent notre profession, pour nourrir non seulement nos connaissances, mais aussi nos consciences. Préparez-vous à un voyage où la passion se marie à la réflexion profonde. Fermant Mind, là où la chaleur du four rejoint la chaleur des idées. Alors, juste avant de commencer cette émission, je voudrais vous informer que lors de l'enregistrement de celui-ci, nous avons eu plusieurs problèmes techniques de caméra, de batterie, ce qui nous a obligés à tourner en plusieurs fois et vous pourrez le ressentir au niveau du son. et au niveau du cadrage. Ce qui fait aussi que par moments, j'étais un petit peu déconcentré parce que j'avais peur que mes caméras me lâchent. Et je m'en excuse vraiment. Je suis désolé pour ça. On a fait au mieux. Et ne vous inquiétez pas, lors des prochaines émissions, ce sera d'une bien meilleure qualité. Merci à tous. Et je vous souhaite quand même une très bonne écoute. Et à bientôt. Vous êtes actuellement en train d'écouter la troisième et ultime partie de cet épisode de Fairmont Mind. Comme d'habitude, pour un souci d'ordre chronologique et de compréhension, je vous conseille très fortement de commencer par la première partie. Voilà, j'espère que cet épisode va vous plaire. Très bonne écoute à tous.
- Speaker #2
Donc dans cette rubrique, l'esprit de partage, je vais revenir avec quelques petites questions bien ou mal. Donc, tout le monde, tu es prêt pour ces questions ? Alors, bien ou mal, la culture des concours en boulangerie, pâtisserie ?
- Speaker #0
Bien.
- Speaker #2
Bien ou mal, l'effet de la compétitivité sur la mentalité des personnes.
- Speaker #0
Bien.
- Speaker #2
Bien ou mal, d'avoir une éthique et des valeurs fortes en boulangerie-pâtisserie.
- Speaker #0
Bien.
- Speaker #2
Bien ou mal, d'encourager les jeunes à suivre des formations qui ne correspondent pas à leur passion initiale, mais qui leur offrent des meilleures opportunités et perspectives de vie.
- Speaker #0
Bien.
- Speaker #2
OK. Bien ou mal, la vision du grand public sur l'apprentissage en 2024.
- Speaker #0
Tu peux répéter la question ?
- Speaker #2
Bien ou mal, la vision du grand public et des gens en général sur l'apprentissage en 2024 ? Mal. Ok. Et, dernière question, bien ou mal d'être très passionné ?
- Speaker #0
Bien.
- Speaker #2
Ok, merci beaucoup. On va revenir sur les questions un peu intéressantes. Il y a une question auxquelles je ne pensais pas que tu aurais répondu bien, mais c'est plutôt intéressant. Justement, on parlait d'esprit...
- Speaker #0
On rentre en 2, 20.
- Speaker #2
C'est toujours un truc, c'est le but de ces questions-là. Le monde n'est pas du tout blanc ou noir, c'est toujours gris. Chaque question que je t'ai posée peut avoir un bien et un mal. C'est tout à fait le principe. Je voudrais revenir sur l'esprit de compétition. Est-ce que tu trouves qu'en boulangerie, comme pas forcément d'ailleurs, on est en pâtisserie ou même dans d'autres domaines, que la compétitivité et l'esprit de compétition... est quelque chose d'important et qu'on devrait continuer de promouvoir ou que la compétitivité a des défauts qu'il faudrait peut-être calmer sur les gens ?
- Speaker #0
Bah ça c'est propre à chacun. Moi je l'ai, personnellement. J'adore la compétition, j'ai toujours eu, j'ai toujours fait beaucoup de sport, enfin moi maintenant ça se voit. Mais avant de commencer à vraiment beaucoup travailler, je faisais énormément de sport. Bon j'ai jamais excellé dans aucun domaine sinon je serais peut-être pas parti à ce sorti si j'avais été bon dans le sport. Vu l'argent que ça brasse, c'est sûr qu'à un moment donné, le choix aura peut-être évolué là-dessus. Je suis trop passionné pour ça, donc dans tous les cas, je suis là. Mais je pense que ça a du bon, parce que moi, j'ai l'esprit de compétition. Et je sais que quand je vois quelqu'un qui est meilleur que moi, ça me pousse à me dépasser pour essayer de faire encore mieux.
- Speaker #2
Mais tu as le bon esprit de compétition, quelque part.
- Speaker #0
Certaines personnes, ça peut être néfaste. Moi, je sais que rien que quand j'ai passé mon broyé de maîtrise l'année dernière... Le poste devant moi, c'est quelqu'un que j'apprécie et qui est vraiment très bonne dans notre métier. Et en fait, elle a fini majeure de promo. Moi, je suis juste derrière, pas de beaucoup, mais elle finit majeure de promo. Je suis déçu de ne pas être premier parce que... Parce que voilà, je voulais faire mieux qu'elle, mais elle mérite sa place parce qu'elle a vraiment bien bossé. Et moi, quand on était dans le truc, dans tous les cas, on s'est soutenus. C'est de la compétitivité, mais à titre plus personnel, on va dire, parce que quand on est dans le truc, à un moment donné, on est là, on fait le même truc, même si c'est des buffets différents à la fin. On a le même sujet et on a les mêmes contraintes. Donc on peut être... compétiteurs mais pour autant travailler avec les autres ça nous pousse à nous aider.
- Speaker #2
C'est vrai que c'est quand même assez positif dans ce sens là parce que toujours essayer d'aller vers l'excellence et vers toujours meilleur que ce qu'on peut être.
- Speaker #0
Si c'est la compétitivité pour être meilleur que quelqu'un juste pour se mettre en avant et se montrer, c'est négatif.
- Speaker #2
La compétitivité a plusieurs formes et plusieurs aspects tu vois cette compétitivité dont on parlait est bénéfique mais tu as la compétitivité salariales par exemple dans des entreprises entre plusieurs employés à pousser à la compétitivité pour que l'un soit meilleur que l'autre et qu'ils se mettent des bâtons dans les roues. Là, on va tout de suite partir sur des compétitivités qui ne sont pas forcément intéressantes. Et par exemple, je voudrais revenir sur la compétitivité. On parle des concours. Moi, je voudrais savoir ce que toi, tu penses des concours qu'on peut avoir en boulangerie, en pâtisserie, ou c'est des concours un peu plus régionaux, ou la concours du meilleur croissant, de la meilleure baguette. Est-ce que tu penses qu'ils sont légitimes ou que c'est un peu du bullshit ?
- Speaker #0
Le type de concours, ceux-là en particulier, je ne suis pas forcément pour. Parce qu'il y en a beaucoup qui vont faire un produit juste pour le concours. Je pense que les concours sont un peu pipés. De toute façon, tout le monde se connaît. Ce n'est jamais vraiment à l'aveugle qu'on présente notre produit. Tout le monde nous connaît.
- Speaker #2
C'est un peu le fournisseur qui sponsorise.
- Speaker #0
Il suffit de connaître tout le monde et de bien placer, je pense, pour gagner le concours. Je ne dis pas que c'est pareil dans tous les cas, parce que j'en ai déjà gagné, qui sont excellents. Mais dans la plupart des cas, ceux qui gagnent ou qui sont sur le devant, c'est bien. Ils ont une belle image dans la boutique, ça leur fait de la pub, ça leur fait de l'argent aussi, parce qu'ils attirent du monde. Mais au final, le produit qui est présenté le jour du concours n'est pas forcément celui qui est présenté en boutique. Après, il faut relativiser, parce que... Il y a des gens qui vont aller critiquer un produit dans une boutique, à un moment donné ils n'y seront allés qu'une fois. La boulangerie, la pâtisserie, c'est pareil, on ne peut pas être bon tous les jours. Tous les jours,
- Speaker #2
tout le monde.
- Speaker #0
Si on juge que tu ne prends pas de toile foie, pour moi la valeur critique elle est inégalitaire. Si c'est au quotidien et que tu y vas tous les jours pendant deux mois et que là tu vois que c'est toujours médiocre, dans ce cas là tu as un peu plus de légitimité puisque tu sais que le mec n'a pas fait pareil. Moi, juger juste un instant T, c'est pas possible.
- Speaker #2
Je suis d'accord. Après, moi, le seul truc qui me... Tu vois, par exemple, je pense que ce genre de concours, il devrait être fait un peu à l'aveugle, où il choisit une journée et tout le monde vient... Le mec, il vient dans la boulangerie, il t'achète une baguette, si c'est pour la meilleure baguette, et il part, tu sais même pas qu'il est venu, et il juge sur ton pain. Je pense que même s'il peut avoir des problèmes ou des failles, parce que si aujourd'hui, t'as fait une baguette moins bien que l'autre, c'est sûr que rien ne peut être parfait. Mais faire le produit, moi, j'ai le souvenir de... de moment où tu fais des concours du meilleur pâté lorrain et tu dois amener le pâté lorrain mais donc nous l'entreprise où j'étais on a des valeurs assez fortes et donc on dit bah non on va faire le pâté qu'on fait tous les jours on le fait bien beau mais on fait le pâté de tous les jours la même recette qu'on peut retrouver en magasin on joue le jeu quoi mais on se retrouve avec des gens qui font des pâtés lorrains d'exception et déjà soit ils ont passé un moment 35 minutes sur le réage du pâté lorrain Soit ils ont mariné ça au champagne avec du foie gras, des ingrédients que tu trouveras jamais dans leur boutique. Et puis oui, forcément, ils sont meilleurs que nous en termes de goût et de visuel parce qu'ils n'ont pas forcément joué le jeu du si le client veut venir chercher le pâté Lorrain qui a été le meilleur pâté, il n'y aura jamais rien
- Speaker #0
Après, c'est un double tranchant parce que tu es le meilleur, mais si derrière les clients viennent, tu n'es pas capable de présenter le même produit et que tu as un truc moyen. Oui,
- Speaker #2
et puis le carmin vient après. ça peut faire aussi une image négative donc ça n'a pas le genre de concours en particulier je suis pas forcément ça nous ramène à l'éthique et les valeurs dans l'artisanat dont on a déjà bien parlé précédemment mais toi quels sont pour toi les valeurs fondamentales qui veut que tu as ou que tu penses avoir pour être passionné et qui qu'il faudrait en boulangerie ou en pâtisserie ou en général voire le partage c'est le plus important je pense partage transmission passion
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #2
je comprends. Je suis sur les mêmes lignes. Et tu trouves que... Tu trouves pas qu'on est dans une société aujourd'hui, en dehors de notre travail, de notre passion, où les gens sont plus cette... En plus, c'est un principe important de partage, de valeur forte, tu vois.
- Speaker #0
Le partage, oui, je pense que ça se perd.
- Speaker #2
Parce que moi, je trouve qu'en général, que ce soit dans les amitiés ou dans tout, les gens, ils ont... T'as l'impression qu'avoir des valeurs, que ce soit de partage ou d'autres valeurs, tu vois, c'est devenu... Après... C'est pas la mode,
- Speaker #0
quoi. J'ai pas énormément voyagé à l'étranger, j'ai beaucoup bougé en France, mais... très peu à l'étranger. Donc je ne sais pas si c'est vraiment une mentalité qui est très, très française, puisque de ce que j'entends des gens qui voyagent, il y a dans d'autres pays des gens qui sont beaucoup plus simples que nous. Oui, tout à fait. Qui ont encore ces valeurs. Oui, oui, c'est ça dépend de la société, mais je pense que nous, Français, on est vraiment très comme ça, à devenir un peu cons. Je crois jouer sur les mots, mais c'est ça.
- Speaker #2
Donc quand tu pars à l'étranger, moi, tu vois, j'ai eu. Là, je suis revenu pour les vacances, mais au Québec, il y a plein de choses qui sont vues et pensées différemment, beaucoup plus simples. Après, c'est pareil partout, il y a des problématiques différentes. Mais c'est vrai que sur certaines choses, tu as l'impression qu'on se prend peut-être un peu trop la tête, ou on a une vision un peu trop pipée en France, je pense. J'aimerais bien qu'on parle d'un sujet qui est autant important pour toi que pour moi, je pense. Un peu plus en détail au niveau des jeunes et de la formation. Parce que je sais que c'est important pour toi. et ça l'est pour moi. Comment tu trouves qu'aujourd'hui on motive et on promouve notre domaine ? Tu trouves qu'on le fait bien ? Ou est-ce que tu trouves que les jeunes ont de moins en moins de passion, on a de plus en plus de mal ? Qu'est-ce que tu en penses toi, de ton parcours et du savoir que tu as, de la formation que tu as pu faire sur des jeunes ?
- Speaker #0
Moi, quand j'étais encore au collège, il faut savoir que déjà je veux faire boulanger, pâtissier depuis l'âge de 6 ou 7 ans. Ça a toujours été ce que je voulais faire. Mais quand j'étais au collège particulièrement, si t'es pas bon à l'école, on t'envoie un apprentissage. Si t'es bon, ce qui était mon cas, on veut t'envoyer en seconde générale. Je pense que ça évolue un tout petit peu.
- Speaker #2
Ça a pas évolué, moi je suis allé.
- Speaker #0
Après tant que ça, j'aimerais déjà aller de temps en temps dans des collèges pour parler à des jeunes, pour déjà éveiller un petit peu la curiosité, déjà leur donner de la passion. même s'ils ne veulent pas faire ce métier en particulier. Je peux déjà leur parler de mon métier, si eux, ils ont d'autres passions, les pousser à aller eux vers leur passion. Il n'y en a rien qui veut faire charpentier ou autre chose. Mais ça peut les pousser à faire ça. Parce qu'il y en a certains qui vont être très bons à l'école. On ne va pas leur laisser l'idée de faire ce qu'ils ont envie de faire. Après, ce n'est pas tout le monde qui a la même force de caractère. Moi, à 15 ans, je savais ce que je voulais faire, j'étais déterminé. C'était hors de question pour moi de faire autre chose. mais combien de jeunes se laissent influencer soit par leurs parents parce que bah non tu vas pas faire ça c'est trop dur ou par les profs ou du coup il y en a plein qui perdent du temps mais inutile de faire des choses pour y revenir plus tard quand là ils ont vraiment envie de faire ce qu'ils veulent donc je
- Speaker #2
leur laisse le choix donc ouais c'est pour ça que je te demandais ce que tu pensais que de la vision globale qu'avaient les gens sur l'apprentissage en 2024 parce que moi je vois quand j'étais jeune c'était comme tu dis c'était bon bah t'as pas envie d'arrêter l'école, tu vas en apprentissage. Ou l'apprentissage est vu comme la filière, en fait, là où tu mets les gens qui sont pas doués ou qui sont pas forcément intelligents, si donné que l'intelligence c'est juste d'être bon à l'école.
- Speaker #0
J'aimerais que ça évolue toujours dans le bon sens là-dessus, mais je pense qu'on en est toujours plus ou moins au même point, parce que j'ai souvent eu des stagiaires, par exemple des stages de 3e, et en fait, dès qu'ils bossaient... un poil plus, ne serait-ce qu'un quart d'heure de plus que ce qu'ils devaient faire. Il y avait déjà les parents, même avant qu'ils aient fini, c'est pas normal, pourquoi ils travaillent autant ? ou ce genre de choses. Donc rien que par rapport à ça, on voit que ça n'a pas du tout évolué, c'est toujours vu comme des métiers difficiles, c'est sûr, mais dans lesquels on veut pousser que les gens qui ne sont pas forcément… parce qu'ils n'ont rien envie.
- Speaker #2
Et puis les gens ont tendance à... Moi je me souviens, c'était non, non, mais va pas là-dedans, va au lycée général, la boulangerie. Même le pire, c'est que je pense qu'ils le font pas consciemment, mais même tes parents, moi je me souviens de mes parents qui disaient mais non, mais va pas en boulangerie. En boulangerie, mais tu sais quoi, mais t'as que des désavantages, quoi.
- Speaker #1
Tu vois, t'auras pas de week-end,
- Speaker #2
t'auras pas de jour férié, t'auras pas de site, tu vas te lever tôt. Je me dis, calmez-vous, je vous ai dit que j'ai toujours voulu faire ça, laissez-moi aller vers ça. Là-dessus,
- Speaker #0
j'ai eu de la chance parce que mes parents, ils m'ont toujours soutenu là-dessus. Et ils m'ont toujours encouragé à le faire. Ils savent que je veux faire ça depuis que je suis gosse, donc là-dessus j'ai jamais eu de soucis.
- Speaker #2
Je dis pas que les miens... Les miens en fait au début, ils pensaient que c'était un choix, que je voyais pas forcément à quel point c'était compliqué alors que je l'avais vu, tu vois. Mais une fois qu'ils ont vu que je m'épanouissais là-dedans, ils ont dit mais fonce là-dedans, n'arrête pas. Ils se sont rendus compte de la passion que j'avais et de l'importance que j'attachais à la boulangerie. Donc du coup ils ont compris et ils m'ont jamais dit non, fais pas ça, arrête. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui c'est compliqué pour... pour beaucoup de jeunes parce que... En fait, dès que tu as une passion, peu importe, tu n'es pas poussé vers ça. C'est pour ça que je t'avais mis une question bien ou mal. D'ailleurs, je ne sais pas si tu as répondu par bien parce que tu n'avais pas bien compris ou parce que tu avais compris. Parce que c'était la question justement d'encourager les jeunes à suivre des formations qui ne correspondent pas à leur passion initiale, mais qui leur offrera de meilleures perspectives d'emploi ou d'avenir. Aujourd'hui, on a tendance à faire ça. à dire ok c'est une passion mais c'est pas payant ou tu auras pas beaucoup de travail ou si donc va faire un vrai travail entre guillemets ça dépend dans quel contexte je trouve ça bien parce que ça peut ouvrir d'autres possibilités d'autres passions ou se découvrir des passions en faisant d'autres choses moi
- Speaker #0
il y a un système que j'aime beaucoup c'est le système allemand où là je crois que je sais pas si c'est dès le collège ou juste après comme nous on fait l'apprentissage où eux ils ont des écoles ils touchent à différents métiers pendant quelques années, ils vont vraiment tourner, voir différents métiers. Et après, ils pourront se tourner vers le métier qui leur ont plu, vraiment. Pour quelqu'un qui a déjà toujours su ce qu'il voulait faire, qui a toujours envie, il faut l'encourager à y aller. Mais pour quelqu'un pour qui c'est plus vague ou qui ne sait pas trop quoi faire, je trouve que ce genre de système est quand même plutôt pas mal, puisque tu as le temps de tester plein de choses. Et pour autant, ça reste un peu de l'apprentissage. Tu apprends différentes compétences de toute façon dans différents métiers. Et même si tu n'en feras pas ton métier finalement, ça te servira dans ton métier futur parce qu'il y a toujours des choses à apprendre dans d'autres métiers qui peuvent nous servir derrière. Donc je trouve que ça peut être pas mal.
- Speaker #2
Après, le système allemand, il est génial. Mais le problème, c'est que la vision de l'apprentissage est complètement différente parce que là-bas, l'apprentissage est promu comme la filière d'excellence. De toute façon, tu es obligé pour faire n'importe quel métier en Allemagne. Même médecin, tous les métiers tu passes par l'apprentissage. C'est peut-être ça qu'on devrait aussi en France réinculquer. Parce que la meilleure solution pour savoir si quelque chose te plaît, c'est de l'essayer. Donc forcément que ça change tout. Et justement, quand tu as enfin trouvé quelqu'un qui est passionné, il arrive à la formation, toi qu'est-ce qui te plaît dans la formation ? Le fait d'accompagner un jeune, qu'est-ce que tu trouves compliqué ? Quelles problématiques il y a ? Et qu'est-ce qui te plaît le plus dans le fait de former quelqu'un ? Quelqu'un de zéro ?
- Speaker #0
Avec mon craignon, ça dépend déjà de la boutique où tu te trouves. Parce que si tu bosses comme un chien, et puis que derrière tu vois qu'il subit autant que toi, et qu'il peut se dégoûter du métier, c'est compliqué. J'ai eu le cas, et c'est dur, parce que tu ne sais pas s'il va arrêter le métier. Par un moment, je pensais que le jeune-là allait arrêter. Bon, il s'est remis un petit coup de pied au cul, donc là il est sur la bonne voie. Mais à un moment donné... je pensais qu'il allait vraiment arrêter le métier, alors qu'il était quand même très très passionné. Donc là, c'était compliqué. Mais sinon, quand tu as quelqu'un de bien, tu as juste à lui transmettre ce que tu sais, ni plus ni moins, et dans tous les cas, il sera reconnaissant. Même si toi, à un moment donné, tu lui dis, c'est bon, tu n'as plus rien à apprendre de moi, je t'ai transmis ce que je savais, il n'oubliera quand même pas que tu l'as formé au départ, et derrière, il ne t'oublie pas, et il te le fait savoir quand toi, tu en as besoin, que tu as été là pour lui aussi, et ça, c'est cool.
- Speaker #2
Je suis plutôt d'accord, le fait de transmettre, je trouve ça vraiment génial. C'est pour ça aussi que j'ai fait le podcast. Quand tu parles avec quelqu'un qui a une passion, tu lui communiques. Quand tu communiques ta passion à un jeune ou à un moins jeune, tu as vraiment quelque chose qui se crée dans le dialogue avec quelqu'un qui est passionné. Quand il va te parler de son métier, tu vas lui apprendre quand c'est un jeune. Tu transmets tellement de choses par la passion et je trouve que c'est dommage que les gens le fassent. parce que ça se perd un peu je trouve, et que tu le fasses pas parce que c'est tellement grisant déjà pour nous de le faire, moi discuter avec toi ou discuter avec n'importe qui de mon boulot ou de ma passion, je le fais volontiers, et un jeune, c'est tellement grisant de le voir partir de zéro en plus des fois, et puis tout le long de son cursus, tu le vois s'améliorer, tu le vois grandir, développer sa propre passion par moments, sauf si ça ne lui plaît pas, après ça arrive aussi, c'est pas un mal, mais quand ça lui plaît et qu'il est passionné, tu le suis, tu vois qu'il grandit, qu'il vit un peu de ses propres ailes et toi tu te dis Ah putain, je suis content, j'ai réussi à aider quelqu'un à l'amener vers quelque chose. Et ça, c'est quelque chose de juste génial, quoi. Donc on a vraiment envie de faire...
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #2
parce que moi, la transmission, c'est un des trucs qui me passionne le plus dans mon étude.
- Speaker #0
Le reste de l'éducation, mais tu lui offres un chemin de vie.
- Speaker #2
Ouais, mais tu l'éduques s'il le veut, quoi. C'est ça. Il n'y a pas d'obligation derrière ou il n'y a pas de problématique dans tout ça. Et justement, comment tu vois les choses, toi, dans le futur, au niveau de l'apprentissage, au niveau des jeunes dans notre domaine ? Tu penses que ça va aller vers du bien ou c'est encore parti pour être compliqué ?
- Speaker #0
Non, je pense que l'apprentissage sera toujours là. Et puis, il y a certains métiers qui n'étaient pas forcément ouverts à l'apprentissage maintenant qu'ils le sont. C'est peut-être une connerie, mais je crois que tout ce qui est métier comptable ou ce genre de choses, quand ils passent des BTS maintenant, ils le font par la voie de l'apprentissage aussi. Donc, ça montre bien aussi que l'apprentissage, c'est une vraie valeur ajoutée et qu'on apprend quand même un métier en le pratiquant et pas juste en restant le nez derrière un bouquin, même si ça reste important. faut pas oublier que c'est en pratiquant et en faisant des erreurs.
- Speaker #2
Ouais, faire des erreurs, c'est comme... Enfin, en soi, c'est même pas juste des erreurs, parce que, comme tu dis, c'est en pratiquant qu'on apprend, des fois, on fait des, entre guillemets, des erreurs, mais on n'a pas le choix, quoi. C'est ce qui nous forme et ce qui nous amène vers le fait d'être meilleur chaque jour, quoi. Tu vois, puis aussi le fait de pas trop, je pense, trop se comparer aux autres, tu vois. Tu sais, avec les réseaux sociaux, tout ça, c'est compliqué aujourd'hui, parce que... T'as envie de faire quelque chose, t'as envie de faire un truc, tu vois les réseaux sociaux, des trucs de fous, et tu te dis, ouais, mais qui je suis par rapport à eux, ou qui je suis par rapport à... J'ai pas de talent par rapport à eux, ou j'ai pas de légitimité. C'est le pire mot, la légitimité, je crois. C'est un peu mieux. Accepter le fait que t'es légitime dans tout ce que... T'es légitime du moment que t'as envie de faire quelque chose.
- Speaker #0
Ça, je l'ai vu surtout en arrivant en démonstration, parce que... Des fois, tu as des démos où tu animes tes stages, tu as des gens qui sont beaucoup plus vieux que toi, qui ont plus d'années d'expérience. Et se sentir légitime des fois avec ce genre de mec, il y en a qui sont très très bons, ce n'est pas toujours évident. Après, les mecs, en général, ceux-là, ils sont quand même cool, ils t'apprennent des choses en même temps, ils voient que tu fais de ton mieux, puis en général, ils apprennent quand même des trucs parce que personne ne peut tout savoir. Donc ça reste un échange. Ce n'est pas toi, tu es là, puis tu montes des trucs, et puis tu es le meilleur. ça reste un échange et tu apprends des clients comme les clients t'apprennent des trucs comme toi tu apprends des clients.
- Speaker #2
Oui fondamentalement de toute façon on peut pas être comme tu le dis on connaît pas tout et c'est l'échange qui nourrit les hommes enfin c'est comme ça qu'on fait des avancées dans tous les domaines quoi c'est par l'échange et la communication donc tout à fait et justement pour clôturer Pour clôturer l'émission, il y a quelque chose que je fais à chaque fois avec chacun de mes invités. Moi, mon podcast, je l'ai un peu axé sur trois piliers pour moi qui sont fondamentaux dans mon podcast, mais aussi dans ma vie en général, qui sont le savoir, la transmission et la bienveillance. Et je voudrais que tu en choisisses un des trois et que tu me dises pourquoi tu l'as choisi et pourquoi il est important pour toi dans la vie en général.
- Speaker #0
J'hésite entre transmission et bienveillance. Je dirais bienveillance. Bon, après...
- Speaker #2
C'est très complémentaire de toute façon.
- Speaker #0
Je suis peut-être plus dans mon boulot de tous les jours qu'au quotidien dans ma vie à côté. Mais non, la bienveillance, je trouve que c'est important parce que chacun va évoluer à son rythme. Le plus important, c'est de pousser les gens à faire de leur mieux. Ça ira pas toujours comme on veut, ça évoluera peut-être pas suffisamment vite comme on aimerait, mais en restant bienveillant, les gens ils se braquent pas et puis ils restent toujours à l'écoute. Donc je pense que c'est plus facile aussi derrière de transmettre quand on est bienveillant au départ.
- Speaker #2
Ok, bah merci beaucoup Renaud.
- Speaker #0
Je t'en prie.
- Speaker #1
C'est la fin de la troisième et dernière partie de notre émission. Merci d'avoir été avec nous jusqu'ici. Avant de nous quitter, je voulais faire une petite annonce spéciale. Nous avons préparé une vidéo bonus où nous déguistons le délicieux gâteau de voyage de Rodin. Cette vidéo exclusive est disponible uniquement sur notre chaîne YouTube. En plus, vous pourrez y retrouver la recette pour tenter de réaliser ce gâteau chez vous. N'hésitez pas à nous y rejoindre pour découvrir cette dégustation gourmande et partager ce moment avec nous. A très bientôt sur YouTube. C'est déjà la fin de cet épisode de Fermentible. Je tiens à remercier chaleureusement notre invité d'avoir partagé son expertise et son expérience avec nous aujourd'hui. Un grand merci également à vous. chers auditeurs, pour votre écoute attendue. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager avec vos amis, votre famille et vos collègues. Votre avis compte énormément pour nous. Alors prenez un moment pour nous laisser un commentaire ou une note sur votre plateforme préférée comme Spotify, Apple Podcasts, Deezer ou YouTube. Un j'aime ou 5 étoiles, bien évidemment. N'oubliez pas, vos retours sont précieux. Partagez vos avis, vos réflexions et vos idées en commentaire. J'ai hâte de connaître votre point de vue sur les sujets que nous avons abordés au cours de cette émission. Restez connectés, car de nombreux autres épisodes passionnants sont à venir, avec toujours plus d'invités inspirants et de sujets captifs. Merci encore pour votre fidélité à Fermont Mind. le podcast qui pétrit les idées et nourrit les esprits. À très bientôt.