- Casimir
Les organismes sont comme dans leur prime, ils sont comme wouhou, ils sont prêts à faire la guerre.
- Etienne
On rappelle que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, donc faites ça avec modération s'il vous plaît. Pour pouvoir voir justement, c'est tout ce que tu me dis, c'est pas du bullshit.
- Casimir
Ben tu sais, il y a tout le temps un 50% de bullshit, il faut vendre la personne.
- Etienne
C'est ça,
- Casimir
c'est vraiment ça. La magie de la caméra, c'est justement... Tu sais, ça paraît pas sur la caméra en ce moment, mais j'ai 10 kilos de plus. Pi la tu boie une bière. Ouais, exactement. En plus,
- Etienne
on va rallier la chaîne, tous les maillons ensemble, pour aller faire communiquer, pour que nous avons une meilleure compréhension globale de notre secteur.
- Casimir
Trouver des boulangers qualifiés, c'est très dur en ce moment au Québec.
- Voix OFF
Bienvenue dans Ferment Mind, le podcast qui pétrit la pensée et façonne les idées. Je suis Etienne Volck, boulanger passionné, et je vous invite à plonger avec moi dans l'univers de la boulangerie, où chaque épisode est une opportunité de faire fermenter nos esprits. Dans cette émission, je m'entoure d'invités passionnants qui partagent leurs expériences et leurs connaissances du métier. Ensemble, nous explorons les enjeux sociétaux, éducatifs et climatiques qui entourent notre profession, pour nourrir non seulement nos connaissances, mais aussi nos consciences. Préparez-vous à un voyage où la passion se marie à la réflexion profonde. fermante main là où la chaleur du four rejoint la chaleur des idées
- Etienne
Amis passionnés, bonjour et bienvenue dans le premier épisode de Fairmont Mind. Aujourd'hui, je ne suis pas seul, je suis en compagnie de Casimir Vélo. Casimir, bonjour.
- Casimir
Bonjour, ça va bien ?
- Etienne
Ça va très bien, et toi ? Je suis très heureux de t'accueillir ici, en plus dans le Bistro des Balcons, qui a accepté de nous accueillir gentiment, donc je les remercie. Si jamais vous êtes dans Charlevoix ou vous passez par Baie-Saint-Paul, n'hésitez pas à venir ici pour aller boire une bière. Il y a souvent des événements, c'est un endroit très sympathique. Vous venez de ma part et ils vous accueilleront chaleureusement. Casimir, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour les auditeurs ?
- Casimir
Oui, avec plaisir. Mon nom est Casimir Belleau. Je suis chef boulanger et administrateur d'une coopérative au centre-ville d'Alma qui s'appelle Merci La Mie. C'est une coopérative boulangère bio certifiée biologique par Québec vrai.
- Etienne
Ok, merci beaucoup. De toute façon, on aura l'occasion de revenir sur ton parcours et sur toi au cours de l'émission parce qu'aujourd'hui, on va parler de beaucoup de sujets. On va parler de boulangerie, bien entendu. On va parler de pain biologique, on va parler de levain, de valorisation des acteurs locaux parce que c'est quelque chose qui te tient à cœur, je le sais. Même moi, ça me tient beaucoup à cœur. On va parler d'artisanat, bien évidemment de ton parcours et de ta formation en France. Mais pour commencer, je te propose une petite rubrique d'introduction. Ça va être très simple, tu vas voir. Ça va être un petit questionnaire. Ça s'appelle bien ou mal. Quel est le principe ? C'est très simple. Je te pose des questions, tu peux répondre que par bien ou par mal.
- Casimir
Parfait.
- Etienne
Est-ce que tu es prêt ?
- Casimir
100% prêt.
- Etienne
Ok. Bien ou mal, privilégier les prix attractifs aux produits qualitatifs ?
- Casimir
Euh, bien.
- Etienne
Bien ou mal, travailler avec des acteurs locaux même si cela signifie payer plus cher pour les matières premières ?
- Casimir
Définissement, bien.
- Etienne
Bien ou mal, manger du pain tous les jours ?
- Casimir
Euh, bien.
- Etienne
Bien ou mal, ajouter des améliorants pour optimiser le processus de production.
- Casimir
Mal.
- Etienne
Bien ou mal, chercher des moyens de rendre le pain plus digeste et nutritif même si ça prend plus de temps.
- Casimir
Bien.
- Etienne
Bien ou mal, donner des secrets de fabrication et partager ses connaissances.
- Casimir
Bien.
- Etienne
Bien ou mal, faire des études à l'étranger plutôt que dans ton propre pays.
- Casimir
Bien.
- Etienne
Bien ou mal, comparer les pays entre eux, notamment la culture française et québécoise.
- Casimir
Bien.
- Etienne
Bien ou mal, l'évolution du pain blanc vers des pains plus typés avec des farines plus complètes.
- Casimir
Bien.
- Etienne
Bien ou mal, l'impact des influenceurs de la démocratisation des réseaux sociaux sur les tendances en boulangerie.
- Casimir
Bien.
- Etienne
Et la dernière, bien ou mal, produire trop pour ne pas manquer des ventes.
- Casimir
Mal.
- Etienne
Merci beaucoup pour ces réponses très intéressantes. On aura l'occasion d'y revenir si tu veux, devant l'émission.
- Casimir
Avec plaisir.
- Etienne
Et donc pour commencer cette première rubrique, je pense qu'il serait peut-être temps de casser la croûte. Donc bienvenue dans la première rubrique, casser la croûte. Et quoi de mieux que pour casser la croûte que d'avoir cette magnifique tablée. Alors comme en plus on va parler de local, on va parler vraiment des acteurs de la région, je t'ai fait une table vraiment locale avec des fromages. de la fromagerie de Charlevoix qui sont vraiment délicieuses. Donc tu as le fleurmier, l'hercule.
- Casimir
Je dois dire aussi que la table est vraiment magnifique. Ça me reçoit bien.
- Etienne
Je suis plutôt content aussi. Surtout que ça me fait vraiment plaisir. Et là, tu as en plus des magnifiques produits. Donc tu as des produits des viandes de Charlevoix, des viandes biologiques de Charlevoix. Donc tu as de la... Voilà, comme tu peux voir, tu as du saucisson. Et puis toi aussi, un petit truc au milieu. Je ne sais pas si tu as pu le remarquer. Pâté Laurent, un produit spécifique de ma région en France qui me tient beaucoup à cœur, que tu peux retrouver dans toutes les boulangeries de Lorraine, dans les Vosges. C'est vraiment le produit typique dans la boulangerie et qui est vraiment délicieux.
- Casimir
L'odeur est assez incroyable. Tu es en mesure de me dire que tu as fait ça ce matin avant le podcast. Oui,
- Etienne
c'est ça. C'est presque ça. Je les ai fait à base de pâte feuilletée. Et puis d'une viande marinée, donc tu as du porc et du veau mariné avec des épices, etc. Et puis en plus, comme je sais que tu aimes beaucoup... Voilà, pour s'abreuver de tout ça, on a la meilleure des boissons pour un orain, mais pour les gens du Grand Est, le piquant bière.
- Casimir
Moi, tu mets bien... Déjà, la tablée était parfaite quand tu sors en plus une bouteille de piquant.
- Etienne
Ça fait, comme je te dis, ça va faire deux ans que je n'en ai pas bu. C'est vraiment quelque chose de... Donc, quand j'ai su qu'un Québécois comme toi qui aime le piquant, j'étais obligé de trouver un moyen d'en avoir. Donc voilà, là, je pense qu'on sera vraiment bien pour pouvoir commencer cette...
- Casimir
casse. Oui, exactement, c'est assez merveilleux.
- Etienne
Donc n'hésite pas à grignoter si l'envie t'en vient.
- Casimir
Avec plaisir.
- Etienne
Et puis du coup, tant qu'on y est, pour commencer, le premier sujet, ce serait, comme tu peux le voir, on a des produits locaux ici. Toi, comment tu vois ça, justement, le fait de travailler avec des acteurs bio, locaux, de valoriser les produits du terroir, c'est quelque chose qui te touche, qui t'impacte vraiment ?
- Casimir
Énormément, parce qu'on a vu, on a été frappé par une pandémie en 2020 qui nous a fait réaliser qu'on ne produisait pas autant qu'il fallait sur notre territoire, même dans les cercueils. Parce qu'on a manqué de plein de choses dans les épiceries, on a manqué d'énormément de matières premières aussi. Puis c'est un retour un peu aux bases. Le cercle-cours, c'est vraiment ce qui est important, c'est meilleur pour l'environnement aussi. On réduit notre empreinte écologique en faisant ça, puis en plus de ça... On redistribue l'argent dans notre communauté, dans notre secteur. À la place d'avoir de l'argent qui s'en va dans un autre pays, avec un distributeur qui peut être européen ou d'autres endroits, on est vraiment recentré vers le Québec ou notre région qui est au Québec. Moi, j'utilise énormément les produits du lac Saint-Jean et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Je sais que ça encourage des familles. de la région, puis que ça fait un commerce qui est à circuit court, qui est là pour le développement de la région.
- Etienne
C'est vraiment quelque chose que tu le dis, qu'on a vu l'importance qui est revenue même pour les gens, pour les consommateurs, de trouver des produits et de vraiment faire vivre sa région, faire vivre sa ville. On a vu avec le Covid, etc. C'est vrai. C'est vraiment quelque chose de très intéressant. En plus, toi, tu es boulanger, donc tu fais du pain biologique sur le vin.
- Casimir
Euh...
- Etienne
Pourquoi avoir choisi de faire du pain bio sur le vent ? Euh... Comment... Quelle est l'utilité selon toi ?
- Casimir
Moi, c'est vraiment... J'ai décidé d'aller redorer un petit peu les images... l'image du pain dans la région que je suis au Québec. C'est une région qui est beaucoup habituée au pain blanc, volumineux, surpiétri, qui est pas nécessairement... Il y a... Le monde du pain est large. On n'est pas obligé de que aimer un pain pour que ce soit nutritif, etc. On peut goûter à tout, on peut apprécier tout, mais moi, je voulais vraiment offrir, rentrer un petit peu dans cette niche-là, qui est un pain qui est 100% levain, 100% faite de farine sur meule de pierre, et biologique, pour vraiment offrir à ceux qui le désirent un pain qui a une meilleure digestibilité, puis qu'en plus... plus nutritif pour l'être humain. C'est vraiment pour le retour un peu à l'ancienne du pain et vraiment pour la nutrition.
- Etienne
La nutrition, c'est ce qui est vraiment important, surtout aujourd'hui, quand on se rend compte de l'importance que peut avoir le pain dans notre alimentation. C'est vrai que ça a été un peu oublié pendant une époque, justement, tu parles de pain blanc, etc. C'est vrai qu'on a le droit d'aimer le pain blanc et on a le droit de continuer à en manger, ce n'est pas un problème, mais c'est vrai qu'on peut se rendre compte que le pain, c'est vraiment plus que ça, c'est bien plus important que simplement... du pain blanc. On peut vraiment apporter des nutriments, des vitamines, des acides aminés, des choses comme ça très importantes dans la nutrition, même du magnésium, qui va apporter vraiment un pilier sur l'alimentation des gens.
- Casimir
Selon moi, le pain blanc, il ne faut pas non plus... le prendre comme si c'était Satan ou un démon. Oui, tout à fait. Il faut le voir plus comme si c'était un bonbon. Le pain blanc qui va avoir des sucres ajoutés, des améliorants ou peu importe, on n'est pas obligé de le couper à 100 Il faut juste que quand on le consomme, il faut prendre conscience que c'est vraiment... C'est comme un... Un bonbon.
- Etienne
C'est comme prendre du coca, presque. Oui, exactement.
- Casimir
Exactement, tu as un petit peu ce même rapport-là, parce que l'indice glycémique d'un pain blanc est méga élevé. C'est vraiment, tu prends le pain, quand tu prends du pain blanc, le pain passe d'un aliment de base à un aliment qui est un petit peu superflu, mais que tu peux continuer à consommer.
- Etienne
Il n'y a pas de mal.
- Casimir
Non, exactement, ce n'est pas le démon. Mais par contre, il faut prendre conscience que ce n'est pas non plus le truc qui est le plus sain, le plus nutritif pour nous.
- Etienne
En plus, il y a quand même des... Aujourd'hui même si tu continues à consommer du pain blanc, tu as quand même une variété de pains faits avec des farines plus complètes ou des farines de blé ancien, des choses comme ça, qui quand même font des bons compromis au niveau du goût. Il n'y a pas forcément... Quand on parle de pain au levain, on a souvent cette image un peu, ça va être un pain insidulé, ça va être vraiment beaucoup plus fort, c'est pour une niche de consommateurs. Mais en fait, c'est vraiment au boulanger de savoir comment travailler son produit pour pouvoir faire un pain qui va. tu vas pouvoir manger un pain au ventre qui ne va pas avoir une forte acidité et qui va se manger vraiment facilement.
- Casimir
Puis en tant qu'artisan aussi, on a ce pouvoir-là et ce devoir-là, qu'on est un artisan passionné surtout, c'est d'amener le client ou le consommateur à vraiment aimer notre produit en le faisant déguster. En trouvant un peu chaussure à son pied au client, puis avec ça, on l'amène vers une nutrition qui est plus balancée grâce au pain. Il y a l'utilisation de graines, il y a l'utilisation de certaines farines, de sardines, de blé aussi. Tu peux amener un client un peu n'importe où, dès que tu veux mettre le temps et tu y vas un petit peu à la fois. Il y a la théorie des PPP, les plus petits pas. Tu sors de ta zone de confort tranquillement, pas vite, tout le temps en faisant un petit pas en dehors de ta zone de confort. Puis l'artisan a ce pouvoir-là avec sa clientèle.
- Etienne
Comme on revient à notre discussion d'hier avec les pans. La cuisson du pain, c'est tranquillement pas vite. Rappelez aux gens que manger du pain pas trop cuit, c'est pas forcément ce qu'il y a de mieux. Sans vouloir en faire un cheval de bataille et dire, non, mangez du bien cuit, tranquillement, amenez les gens vers ça.
- Casimir
Puis quitte à pas faire 100 de sa production sur du bien cuit, encore une fois, on peut s'adapter aussi en tant qu'artisan. On a une passion, oui. On a un produit idéal qu'on veut, mais il y a aussi le point que... on veut aussi que les gens aiment quand même le produit qu'on sort et tout. Par exemple, j'aime ça, moi, avoir les trois types de cuisson dans mon présentoir. Il y a du bien cuit, du moins cuit, puis moi, j'aime bien l'appeler le médium saignant, parce que les clients, ça les fait rire, ils sont capables de se rattacher à ça. C'est très important pour aussi l'artisan de capter un petit peu ces énergies-là, puis voir qu'est-ce qu'on peut faire pour aussi que les clients soient capables de s'adapter et les aider dans ce mouvement-là. Tout à fait.
- Etienne
Tout à fait. Et puis en plus, c'est là qu'on va en revenir à un autre point, c'est que toi, les clients, tu travailles dans une boulangerie artisanale coopérative. Donc les clients sont quand même assez attachés à ça. Tu es un petit linker du village, tu as un axe important pour les gens. Est-ce que déjà, tu pourrais nous rappeler qu'est-ce que c'est pour ceux qui ne savent pas une boulangerie coopérative ? Et puis aussi une autre question, c'est pourquoi être en boulangerie artisanale coopérative ? Est-ce que tu avais une envie d'une échelle plus humaine ? retrouver ce côté avec la clientèle plus proche.
- Casimir
En fait, une coopérative, c'est un véhicule entrepreneurial. Tu as plusieurs façons d'y matriculer un commerce. La coopérative en fait partie. La coopérative, c'est sans but lucratif. Ton but, c'est vraiment d'amener une action dans une communauté ou dans une ville comme Alma. Pour avoir du bon pain, du pain bio, c'est vraiment le premier objectif, c'est ça. Puis en étant une coopérative, ça te permet d'être, tu as des avantages fiscaux qui te permettent justement d'encourager des acteurs locaux, même s'ils sont plus dispendieux, ça te permet d'aller chercher des subventions pour des équipements. C'est un véhicule pour le développement, que ça aide énormément pour que ce soit le développement durable ou bien le développement entrepreneurial. C'est un très beau véhicule pour ça. C'est assez merveilleux. C'est sûr, comme tout type d'entreprise, il y a les pour et les contre. Ce n'est pas un véhicule parfait comme tout type d'entreprise, mais c'est un véhicule qui est très bien pour encourager et se développer, en tant que personne, en tant qu'entreprise aussi.
- Etienne
C'est vrai qu'en plus, c'est quelque chose que j'ai été étonné quand je suis arrivé au Québec, parce qu'en France, on n'a pas trop ça. Les entreprises solidaires, coopératives, etc. Ici, on en retrouve vraiment partout. Des cafés solidaires, cafés coopératifs, des boulangers coopératifs. Vraiment, c'est quelque chose qui est entré dans la culture et comme une espèce d'entrée en start-up de nulle entreprise, etc. Je trouve ça super intéressant parce que ça fait vraiment travailler toutes les... Je trouve qu'il y a quand même beaucoup de, même si tu as expliqué, il y a des avantages fiscaux, etc. Mais ça fait quand même, ça apporte une espèce de bienveillance et puis une envie vraiment de, avec des belles valeurs je trouve à chaque fois quand les gens veulent faire quelque chose de coopératif, qui est avant tout pour valoriser leur région, leur endroit où ils sont. Et ça c'est quelque chose que, ça doit exister en France, mais que je n'ai pas beaucoup retrouvé, moins du moins, tu vois.
- Casimir
Il y en a quelques-unes bonnes boulangeries. des scoops, comme ils appellent, puis qui fonctionnent quand même bien. Mais c'est moins monnaie courante en Europe, admettons, qu'au Québec. Au Québec, on a vraiment construit un réseau de coop qui est assez incroyable, que ce soit par rapport aux fermes laitières pour prêter des équipements, pour se développer, pour prêter des silos. Le Québec a vraiment réussi à bien perdurer et à bien se développer. un peu grâce aux coopératives, surtout au niveau maraîcher, l'agriculture et tout. Puis on essaie le plus possible de faire ça au sec, la boulangerie, que, tu sais, on ait une pérennité de l'entreprise, puis qu'au final... Ça nous permet aussi d'aller chercher des meilleures conditions pour les employés. C'est vraiment un véhicule très intéressant. C'est comme une créature qui est vivante à elle-même, comme le levain un petit peu. C'est une créature que tu dois nourrir. Une coopérative, il faut que tu nourris d'ambition, il faut que tu nourrisses d'objectifs pour que les gens se sentent rattachés à ça. C'est... En y verrant, il est vraiment intéressant à être au cœur de ça, parce que c'est plein de belles énergies, c'est plein de belles personnes qui participent dans ce projet-là, puis qui ont toutes des forces et des faiblesses différentes qui sont très complémentaires. C'est vraiment un beau véhicule.
- Etienne
C'est sûr que ça permet en plus d'amener des... des idées vraiment intéressantes et nouvelles que tu n'aurais pas forcément pu avoir avec des entreprises directement. Ça amène des gens qui ont des produits ou des services qui sont super intéressants, qui sortent vraiment du lot. Et puis en boulangerie, ça peut amener aussi vraiment des gens qui t'apportent vraiment une plus-value sur un produit. Oui, vraiment. Vraiment une nouvelle façon de voir certaines choses. Et c'est vraiment assez intéressant et bluffant parce que tu vois vraiment des petits regroupements de pas beaucoup de personnes réussir à faire des produits d'une qualité. vraiment intéressante et puis va amener quelque chose de nouveau justement, dont le paysage va...
- Casimir
Oui, exactement. C'est vraiment, c'est super intéressant. Puis il y a ce... Moi, j'ai la chance vraiment d'être situé au cœur de la ville d'Alma, au lac Saint-Jean. Puis c'est... En ce moment, tu sais, la... c'est moins actif un petit peu le centre-ville. Puis là, il y a eu un nouveau projet de développement qui a été lancé, je dirais, trois semaines. Puis là, ça va vraiment être un centre-ville qui va être vivant, qui va avoir beaucoup de vie. Ça va être vraiment intéressant de voir l'évolution de tout ça. Puis c'est le fun parce qu'on est quelques acteurs dans ce centre-ville-là qui le fait vivre. Puis c'est le fun de faire partie de ça, de cette vie de centre-ville qui est... qui s'en allait un petit peu dans des directions tristes, mais qu'on voit quand même avec les différents acteurs du centre-ville qu'on est capable de le refaire vivre tranquillement, pas vite.
- Etienne
La jeunesse qui arrive est un peu vraiment motivée. Ça apporte aussi une importance au fait que tu te sens utile à la communauté, à la ville, justement en apportant quelque chose, en voulant aider. Ça crée vraiment des liens entre les gens, je pense, beaucoup plus forts. Et puis après, ça crée même... une envie de faire perdurer sa région, son village, sa ville, etc.
- Casimir
Comme rencontrer des clients, voir les clients, c'est quelque chose qui est chouette. Oui, tout à fait. C'est quasiment un peu le... c'est avoir le titre du boulanger du village. Tout le monde connaît un peu ton visage, tu connais un peu qui tu es, quand tu passes dans les rues, tu te fais saluer. Tu as ce petit truc-là super intéressant, super chouette. C'est vraiment une vie... C'est une vie où tu es heureux si tu te prends en heureux. Puis là, tu parles avec des gens qui connaissent un petit peu ta vie. Tu demandes des nouvelles aux clients, eux, ils te demandent des nouvelles. Ça permet vraiment de te sentir en communauté. C'est chaleureux. On a perdu un peu ce... Ce côté communautaire-là, avec les épreuves qu'on a eues dans les dernières années, on est rendu beaucoup plus individualiste comme être humain.
- Etienne
Et même peut-être avant même ces épreuves-là, avec le fait de consommer beaucoup plus en supermarché, déshumaniser toute cette partie, le fait d'aller t'acheter tes aliments, tes matières, tout ça, en fait, t'as un petit peu participé petit à petit à... à décommunautariser un peu les gens et déshumaniser même le fait d'aller, on voit avec les supermarchés maintenant, déjà un supermarché de base, c'était pas là où tu parles le plus, mais en plus avec les caisses automatiques, tout ça, c'est vraiment, tu vas faire ton truc, tu repars, t'as vu personne, t'as parlé à personne.
- Casimir
Puis souvent, ça fait des différences avec certains groupes de personnes. Moi, je l'ai vu là il y a quelques temps. Moi, j'ai des collègues en or. Les gens avec qui je travaille en ce moment à la boulangerie, moi, je suis un visage parmi tant d'autres. Je porte, oui, une partie du projet, mais quand je ne suis pas là, j'ai une apprentie qui est incroyable, qui est chaleureuse tout le temps, puis j'ai quelqu'un à la caisse qui demande aux gens comment ils vont, qui ressent des fois quand les gens vont moins bien. Puis justement, dernièrement, il y a une dame qui allait... vraiment pas bien, puis que juste, tu sais, tu rentres à une place que les gens sont chaleureux, tu sais,
- Etienne
un sourire,
- Casimir
ça peut faire... Un sourire, puis demander, tu sais, si ça va, que tu peux me prendre, on invite pour le café, à prendre café dans la boulangerie, à parler un peu, ou juste comme être avec des gens, tu sais. L'être humain absorbe beaucoup des énergies positives et négatives. Quand il rentre dans un endroit avec de l'énergie positive, souvent l'être humain va être très réceptif à ça. On a ce pouvoir-là en étant une micro-entreprise aussi. Parce qu'il faut le dire, oui, on est une coopérative, mais avant tout aussi, on est une micro-entreprise. On est trois, quatre employés. Puis on rôle là-dessus, puis tout le monde connaît les clients, on y connaît. C'est très cool.
- Etienne
On revient aux sources de ce qu'était la boulangerie, même encore aujourd'hui en France, mais même beaucoup plus à l'époque, où vraiment la boulangerie, ce n'est pas simplement l'endroit où tu achètes ton pain, c'est vraiment le cœur de la ville ou du village, où tout le monde se retrouve, tout le monde peut discuter entre eux, tout le monde apprend les nouvelles, tout le monde veut savoir comment l'un tel va, l'autre va. C'est vraiment ça qui est intéressant, qui est beau en boulangerie, quand on travaille dans ce milieu-là, c'est que... En plus de faire des bons produits et d'essayer de nourrir les gens avec qui on vit, notre communauté, les nourrir bien, en plus on est comme garant aussi de savoir qu'ils vont bien, de donner des nouvelles. Vraiment c'est ça, c'est une vie de soeur vraiment chaleureuse qu'est la boulangerie, c'est un endroit très beau. J'ai rebu une gorgée de picoin au bout de deux ans.
- Casimir
Ça fait du bien. Oh oui. Pour vrai, je suis...
- Etienne
Vraiment, c'est...
- Casimir
Ça, c'est une de mes bonnes découvertes. La France... Pour vrai, c'est une histoire un peu en or. C'était vraiment, je te l'ai dit la dernière fois, ex-les-bains, je m'en vais travailler un peu pour quelques jours avec un ami, puis il m'invite chez lui. Puis l'hiver commence à arriver et tout, puis sa femme vient nous porter des verres. Puis là, je vois la coloration de la bière, je me dis, OK, c'est pas comme d'habitude. Puis là, ah ouais, c'est un gars du nord, c'est du picon bière, tu vas voir, c'est super. J'en boie une, c'est incroyable. On a eu une bonne soirée de beuverie le lendemain, on s'est réveillé bien rôti. Oui, oui, exactement. Mais tu vois, je suis tombé amoureux du picon.
- Etienne
C'est pour ça que quand j'ai su que t'aimais ça, vraiment, j'ai dit vraiment, il faut que je trouve parce qu'on rappelle que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, donc faites ça avec modération s'il vous plaît. Mais oui, vraiment, c'est vrai que le picon c'est quelque chose de…
- Casimir
J'ai été chanceux, comme aussi je t'avais dit, j'ai eu un ami qui revenait de la France dernièrement et qui m'en a amené une belle bouteille d'un litre. Ça faisait six mois que je n'en avais pas eu. J'étais comme incroyable,
- Etienne
mon frère il m'en a ramené une aussi, là Justement, quand il est venu me voir, c'est vrai que c'est... Ça rattache aussi à ta... Moi, surtout pour moi, tu vois, c'est des choses qui te rattachent un peu à ta culture et là d'où tu viens. Quand tu pars comme ça deux ans, des fois, ça fait du bien.
- Casimir
Ça atténue un peu le mal de ce pays.
- Etienne
Les pâtés lorrains, c'est exactement ça aussi, tu vois. D'en faire ici, d'en proposer aux gens, de faire goûter, ça m'a aidé aussi à ne pas trop avoir le mal du pays, parce que je retrouve un peu ce qui me plaît dans mon pays. D'ailleurs, si jamais tu veux goûter,hésite pas.
- Casimir
Parfait.
- Etienne
Merci pour tout ça. En tout cas, on va passer à la deuxième rubrique, si tu le veux bien.
- Voix OFF
Et voilà, c'est déjà la fin de cet épisode de Ferment Mind. Je tiens à remercier chaleureusement Casimir Belleau d'avoir partagé son expertise et son expérience avec nous aujourd'hui. Un grand merci également à vous, chers auditeurs, pour votre écoute attentive. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager avec vos amis, votre famille et vos collègues. Votre avis compte énormément pour nous. Alors prenez un moment pour nous laisser un commentaire ou une note sur votre plateforme préférée, comme Spotify, Apple Podcasts ou YouTube. Un j'aime ou 5 étoiles, bien évidemment. Et n'oubliez pas... vos retours sont précieux n'hésitez pas à partager votre avis, vos réflexions et vos idées en commentaire j'ai hâte de connaître votre point de vue sur l'artisanat le développement local et tout ce qui touche à notre passion commune pour la boulangerie restez connectés car de nombreux autres épisodes passionnants sont à venir avec toujours plus d'invités inspirants et de sujets captivants merci encore pour votre fidélité à Ferment Mind, le podcast qui pétrit les idées et nourrit les esprits Merci d'avoir écouté cet épisode, on se retrouve très vite, à la semaine prochaine pour la partie 2.