- Speaker #0
Flamme des années 80. Le podcast qui allume la femme. Avant de plonger dans l'épisode, j'avais envie de te dire que si ce podcast résonne pour toi, si mon énergie te parle et que tu ressens l'envie d'aller plus loin, je peux t'accompagner en coaching, en individuel ou en groupe, pour t'aider à révéler ta flamme et prendre ta place. Je suis coach certifié RNCP et je crée des espaces bienveillants, sécurisants et transformateurs. Je propose aussi une retraite, donc la prochaine aura lieu du 10 au 14 octobre 2026, près d'Aix-en-Provence, autour des constellations familiales et de la libération émotionnelle, avec Emma Nicolas de la chronique L'âme des flammes. Tu peux retrouver toutes ces infos sur mon site sarahginac.com, le lien est dans la description. Et maintenant, je te laisse avec l'épisode de la semaine. Bonjour, alors je suis très heureuse aujourd'hui de vous retrouver en cette première semaine de rentrée, en fait, ça y est. Les vacances sont terminées pour beaucoup d'entre nous. Et en fait, c'est une émission un peu spéciale que je vous propose aujourd'hui parce que, comme vous savez, dans Flamme des années 80, je parle de tout, de ce que je traverse, de mes questionnements, des choses qui m'inspirent, que j'ai envie de découvrir, mais aussi des personnes qui m'inspirent et que je rencontre au fil du temps. Voilà. Donc, Cécilia est avec nous. On l'avait déjà invitée il y a quelques temps, mais là, j'avais envie de la réinviter pour cette rentrée. Donc, bonjour Cécilia.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Bonjour. Pourquoi est-ce que vous m'avez invitée dans cette émission ? Donc en fait, Cecilia c'est mon amie, c'est mon amie que j'adore, et j'ai passé beaucoup de temps avec elle cet été, et je me suis dit qu'on devrait tous avoir une Cecilia dans sa vie, alors aujourd'hui j'avais envie de vous la partager un petit peu, je la récupère après, ne vous inquiétez pas. Et donc, parce que voilà, pourquoi est-ce que je vous l'invite pour la rentrée ? Parce que souvent la rentrée c'est le moment où on a envie de changer, de repartir, d'avoir de nouveaux objectifs. Et parfois, on ne choisit pas forcément ce qui nous arrive ou les changements qu'on est en train de vivre. Et on doit s'adapter et se réinventer. Et je pense que Cécilia, pour moi, c'est la personne. C'est un peu un teasing incroyable que je suis en train de faire. Qui a vraiment réussi à se réinventer de la plus belle des manières. Et quand on est avec Cécilia, on voit la joie, la beauté, la lumière. Non, je vous jure que c'est vrai. Je vous mettrai des photos de Cécilia pour que vous alliez voir. Donc voilà, c'est pour ça. Alors, Cécilia, est-ce que tu veux te présenter un peu plus ?
- Speaker #1
Vas-y, présente-moi.
- Speaker #0
Donc, c'est ce que je vous disais. Donc, Cécilia, en fait, elle a vécu d'une manière, on va dire, extrêmement brutale, le fait qu'il y a quelques années, elle a eu un grave accident de scooter qui a bouleversé sa vie, son corps. Et aujourd'hui, donc, elle est paralysée et amputée d'une jambe. Et pourtant, quand on la voit, c'est exactement la joie de vivre et c'est tout ce qu'on aimerait nous être, entre guillemets, au quotidien. Voilà. Mais bon, Cécilia, ce n'est pas que ça, c'est une art. artiste, c'est une créatrice, c'est quelqu'un d'assez extraordinaire. Et donc voilà, j'avais un petit peu envie de vous la présenter. Qu'est-ce que tu peux nous dire de toi ?
- Speaker #1
C'est difficile de rebondir là-dessus. Merci pour cette belle présentation, ça me touche beaucoup. Que dire de moi ? J'ai 45 ans, je suis photographe réalisatrice. Et effectivement, à l'âge de 40 ans, j'ai été gravement blessée, même si on peut dire ça comme ça, gravement accidentée par un chauffard alors que j'étais en scooter. Et donc, j'ai eu plusieurs blessures mortelles et je m'en suis sentie par je ne sais quel miracle, même si je sais à peu près pourquoi. J'ai quelqu'un qui m'a sauvée, qui a fait deux gestes pour me sauver et qui m'a fait deux garrots. en groupe, mais bon, il n'y a pas que lui, il y a les médecins et après, on ne sait pas pourquoi j'ai survécu, mais je suis toujours là, bien coriace. Et donc, depuis 5 ans maintenant, je vis avec ce handicap et ma vie, comme tu disais, a complètement été chamboulée puisque, comme on s'en doute, photographe, réalisatrice, faire fauteuil, c'est compliqué. Surtout qu'en plus, tu étais allée voyager dans le monde entier,
- Speaker #0
tu partais avec ton sac à dos, avec tes appareils photos, enfin, tu vois, c'était vraiment une aventurière.
- Speaker #1
Alors oui, là, c'est totalement incompatible avec la vie de fauteuil. C'est-à-dire que vraiment pour mes reportages et pour mon travail, j'étais JRI également, donc journaliste, reporter d'image, pour des boîtes de prod. Donc, je travaillais à la fois à mon compte, pour des gens, en photo, en vidéo. Et je réalisais ou simplement je filmais. Et donc, j'étais envoyée aux quatre coins de la France, aux quatre coins du monde. Je voyageais avec mon backpack et mon appareil photo autour du coup. j'allais à l'étranger, seule. pendant plusieurs semaines parcourir un pays. Donc effectivement, là aujourd'hui, en fauteuil, c'est plus possible, parce que déjà, comme je suis paraplégique à partir du nombril, je n'ai plus mes abdos pratiquement, donc mon appareil photo pèse une tonne, là où avant il était lourd, certes, mais voilà, il était plus facile à porter. Et je ne peux pas mettre un poids trop lourd sur mes épaules, parce que sinon je suis entraînée par la... en arrière et puis de toute façon, au-delà du sac à dos, le backpack et autres appareils photo à transporter, il y a aussi l'accessibilité. Là, les allées, les pays comme l'Afrique ou l'Amérique du Sud, l'Asie, c'est compliqué d'accès seul en tout cas. Je ne dis pas que c'est impossible mais en tout cas, il faut quelqu'un pour porter, pour aider à se lever, à traverser les rues esquintées, les marches, etc.
- Speaker #0
Alors moi qui te côtoie quand même assez quotidiennement, on n'a pas besoin d'aller en Amérique du Sud ou en Afrique du Sud ou n'importe où dans le monde pour que ce ne soit pas forcément facile d'accès.
- Speaker #1
Alors effectivement, ça commence en bas de chez moi. Oui, l'accessibilité, de toute façon, ce n'est pas qu'à l'étranger. D'ailleurs, il y a certains pays qui sont bien plus accessibles, comme les États-Unis ou les pays anglo-saxons. Ils sont bien plus en avance. Je crois que là au Japon aussi. Mais c'est vrai que la France, c'est assez catastrophique de ce point de vue-là.
- Speaker #0
Et c'est pour ça aussi que je t'ai invitée, c'est pour aussi remettre les choses en perspective. Parce qu'en fait, quand on peut tout faire, moi j'appelle ça la théorie du nez bouché, qui est un peu nulle, mais ça va parler à tout le monde. Quand on a le nez bouché et qu'on ne peut plus respirer normalement, on se rend compte de la capacité qu'on a tous les jours de respirer. Alors qu'en fait, quand on a le nez bouché et qu'on ne peut plus le faire, ça commence à être compliqué. Parce qu'on se dit, ah là là, mon Dieu, la vie, c'est très dur et tout. Donc, Cécilia, quotidiennement, quand elle se lève, quand elle met vraiment beaucoup de temps à se préparer, j'en parle beaucoup dans mes coachings, parce que pour moi, c'est une vraie source d'inspiration. Le matin, quand je me dis, je ne sais pas, ça ne va pas, je pense à Cécilia et je me dis, attends, qu'est-ce que Cécilia est en train de faire en ce moment ? Donc, c'est vrai que c'est aussi une bonne piqûre de rappel, Cécilia, pour se dire, en fait, alors, tu n'es pas la seule, évidemment, sur la planète à être en fauteuil, mais c'est vrai que... Nous, comme on peut fonctionner normalement, marcher et tout, on ne se rend pas compte de la chance qu'on a de pouvoir accéder à tout. Et ne serait-ce que d'aller, j'en sais rien, au café d'à côté, si un mec s'est mal garé, tout devient hyper compliqué. Ne serait-ce que l'ascenseur quand il est en panne.
- Speaker #1
Tout est compliqué, ça c'est vrai. Je suis restée depuis le début de l'année, une quinzaine de jours bloquée chez moi. Et encore, ça ne sert à rien, j'ai plein d'amis qui restent trois semaines d'affilée bloqués et plus.
- Speaker #0
Parce que l'ascenseur ne fonctionne pas.
- Speaker #1
Parce que l'ascenseur ne fonctionne pas, mais effectivement, c'est au quotidien, on ne se rend pas compte. Alors là, c'est l'accessibilité, c'est-à-dire que c'est le côté émergé de l'iceberg. Donc oui, un vélo garé en plein milieu d'être un trottoir, un trottoir trop étroit, ou avec des cagnes ou des crottes de chien, ou une voiture garée sur un passage piéton pile-poil là où il y a le bateau pour que je puisse descendre, etc. C'est l'accessibilité au quotidien que les gens peuvent s'apercevoir. Mais après, le handicap implique énormément de choses qu'on ne voit pas et généralement dont on ne parle pas, entre nous six, mais pas avec les valides. Et comme tu dis, moi, je me suis rendue compte de l'incroyable machine qu'était le corps humain, qui est complètement fou. Parce que, bon, un exemple tout simple, mais moi aujourd'hui, je n'ai plus les mêmes, les mêmes, comment je ferais appeler ça, donc sensations, bien évidemment. Mais par exemple, si j'ai envie de faire pipi, je ne l'ai plus. Moi, c'était... ce phénomène-là. Et donc, il faut que je calcule, il faut que je mette, alors maintenant, je ne le mets plus, mais je mettais un réveil les trois heures pour penser à me sonder parce qu'en fait, notre corps humain est tellement bien fait que lorsqu'il faut qu'on se sonde entre guillemets naturellement, eh bien, on nous envoie un message et on va aux toilettes. Moi, je n'ai plus ce message-là, donc il faut tout anticiper, tout réfléchir, tout programmer, etc. Et c'est là où on s'aperçoit que le corps humain est quand même assez extraordinaire.
- Speaker #0
Et toi, en fait, le fait d'être ton ami et de te voir au quotidien avec la joie de vivre et le bonheur que tu dégages en soirée avec Cécilia. On est avec Cécilia, il y a toute la soirée qui va venir nous parler. C'est à dire, c'est un magnétique. Et c'est vrai que je pense qu'il y a aussi beaucoup de gratitude parce que quand on parle justement de Réustin, des fois quand on se dit quand on n'a pas de problème de santé, quand on est bien, on se dit il faut que je fasse ma gratitude. Ah bah en fait il m'arrive rien de bien en ce moment. Et en fait, bah non mais Merci. juste de pouvoir aller aux toilettes, de marcher, de pouvoir respirer, de pouvoir... Enfin, tout ça, c'est vraiment aussi... C'est pour ça aussi que j'avais envie de faire cette émission avec toi, pour montrer aussi que cette gratitude, comment toi tu fais justement à la trouver tous les matins ? Et c'est quoi en fait ce déclic qu'il y a eu à un moment donné dans ta vie ?
- Speaker #1
Alors, moi, la petite différence, c'est que je pense que j'ai toujours été comme ça. L'accident, le handicap ne m'a pas changée. J'ai toujours été très reconnaissante d'être en vie, d'avoir la chance d'avoir cette vie. J'ai adoré ma vie. Je me donnais les moyens aussi, mais on peut se dire que j'étais bien née dans une famille, on va dire, somptueuse, modeste et classique. Mais je suis quand même née à Nice, où il fait beau, en France, où même s'il y a des petits soucis, globalement, on n'a quand même pas à se plaindre, etc. Je me suis donné les moyens pour faire le métier de mes rêves, je voyageais. Enfin bon, j'étais en bonne santé, donc je n'avais pas de soucis. donc j'étais déjà très... reconnaissante pour ce qu'on m'avait offert à ma naissance, on va dire. Et l'accident, après, je ne sais pas, est-ce que ça m'a... Non, ça ne m'a pas changé. Après, effectivement, pour moi, aujourd'hui, une bonne journée, c'est une journée où je ne me suis pas tombée, où je ne me suis pas fait mal aux épaules en juste roulant, en allant chercher quelque chose à la pharmacie, où je n'ai pas eu une fichure de nerfs ou quelque chose comme ça. C'est des choses beaucoup plus basiques. Là où, effectivement, nous, on va dire occidentaux, on est tout le temps à la recherche de sensations ou de choses peut-être incroyables. Et on oublie peut-être un peu le fondamental. C'est-à-dire que juste vivre normalement sans avoir trop de galères. Mais bon, après, c'est la perspective que chacun a. Et je ne pourrais pas donner de conseils spécialement parce qu'en fait, c'est tellement inné, je pense. Quand j'ai eu l'accident, j'étais tellement heureuse d'être en vie. Les médecins avaient dit à mes parents que c'était incroyable que je sois en vie et que si je me réveillais de mon coma, je devais être un légume. Donc j'ai toute ma tête, j'ai encore mes bras, donc je peux faire encore beaucoup de choses. Alors c'est vrai que c'est compliqué. Comme tu disais, le matin, j'en ai une heure et demie, deux heures à me préparer. Je ne peux pas raccourcir. Donc il faut de la motivation. Et après la préparation, je reste fatiguée parce que c'est compliqué. Mais donc il faut de la motivation. Mais à la fois, la vie est belle quand même. Donc, il n'y a pas de raison. On peut tout faire, en fait, même si on a un handicap. Et au contraire, je pense que c'est là où on s'aperçoit qu'on a de la chance. Donc, encore plus, peut-être.
- Speaker #0
Et les jours où ça ne va pas trop pour... Je pense que tous les jours, après-midi, ils vont penser à toi le matin. Tous les matins, tu vas avoir plein de pensées. Ah oui, OK, d'accord. Mais qu'est-ce que quand les jours où ça ne va pas trop, tu as des petits tips ? Qu'est-ce que tu fais pour te redonner la motivation quand même ? Oui,
- Speaker #1
parce que... J'ai le fourrir tout le temps, je suis de bonne humeur et je suis heureuse de vivre, mais il y a des jours où ça ne va pas et c'est normal, comme tout le monde. Et puis je trouve que c'est dur et j'ai beaucoup de douleurs, c'est compliqué. Et puis tout devient compliqué quand on est en fauteuil. Et moi, mon petit remède, quand je suis sortie de centre de rééducation, c'est là où je me suis pris la claque. Après neuf mois de centre de rééducation, c'est quand on sort dans la vraie vie, entre guillemets, donc on ne retrouve pas sa vie. que j'avais mis 40 ans à construire, qu'effectivement, je mets deux heures le matin, que dès que je me réveille, j'ai d'énormes douleurs. Donc, on se dit, mais comment je vais vivre avec tout ça ? Et moi, mon petit tip, c'est la musique. Donc, je m'inonde de musique aléatoire. Alors, parfois, il y a des musiques un peu tristes et ça me plante et je pleure quand même. Mais j'accueille mes sentiments. Si je ne vais pas bien, je les accueille déjà. Je n'essaie pas de masquer les jours où je ne vais pas bien. Il y a des jours où ça ne va pas. ou c'est plus dur parce qu'on est plus fragile, on est plus sensible et on a de mauvaises nouvelles ou alors on a accumulé trop de petits problèmes d'accessibilité ou de soucis liés au handicap, etc. Ou tout simplement, je ne sais pas, quelqu'un qui m'appelle pour faire un boulot mais en fait je ne peux plus le faire et donc ça me prend le cœur et donc la journée est un peu plus triste qu'une autre. Et en fait, déjà, je l'accueille. Donc, le sentiment, je ne vais pas bien, ce n'est pas grave. Demain, ça ira mieux ou peut-être dans une heure. Et je m'aide quand même avec beaucoup de musique. Et là, je mets de la musique dès le matin et tout au long de la journée.
- Speaker #0
Et tu danses aussi.
- Speaker #1
Ah oui, je danse. Oui, ça, typiquement, moi, j'avais toujours aimé danser. Et c'était un crève-cœur. Je pensais que je n'allais plus pouvoir danser. Alors, danser sous toutes ses formes. Ma mère était prof de danse, donc j'ai fait toute ma jeunesse de la danse. Et après, j'ai dansé... Que ce soit du jazz classique claquette, mais après en soirée également. Et en fait, depuis trois ans, j'ai incrusté un cours de valide en danse contemporaine.
- Speaker #0
Donc, ils ont vu arriver Cécilia en fauteuil. La prof, elle a fait une tête ?
- Speaker #1
Avant, c'était une courante. Ah d'accord. La prof m'a dit, je suis tombée sur une terre et je pense que je n'aurais pas pu mieux tomber parce qu'elle m'a accueillie alors qu'elle ne connaissait rien au handicap et qu'elle n'était pas du tout spécialisée. Et moi, je ne savais pas comment on allait avancer toutes les deux. Elles non plus. Et en fait, comme quoi, quand on accueille les choses et que chacun aimait du sien, en fait, on s'éclate aujourd'hui. Mes copines de danse aussi, j'ai l'impression qu'elles ont changé leur regard sur le handicap. Et je me sens totalement danseuse avec elles, complètement inclue, vraiment totalement. Donc voilà, quand on veut et quand... On se donne un peu les moyens, on peut totalement faire de l'inclusion. Et la danse, c'est merveilleux. C'est-à-dire que c'est vrai que... Après, je pense que... Chacun le voit aussi, chacun a ses attractions. Moi, c'est l'art sous toutes ses formes. C'est vrai que si je vais voir une exposition de peinture, ou un film, ou écouter de la musique, ou de la danse, un ballet, ou une pièce de théâtre, moi je suis en trance, on va dire. Mais ça, c'était avant mon accident, et je continue à clôturer ça. C'est-à-dire que l'art sous toutes ses formes, moi ça me transporte, ça me fait oublier mon handicap. mes douleurs, le temps de danser ou le temps d'un spectacle. Par exemple, je me rappelle quand j'étais en centre de rééducation, avec mes parents, on voulait aller voir une exposition à Louis Vuitton. J'étais du côté de Garches à l'époque. Et en fait, ça n'allait pas. On avait galéré à trouver une place pour se garer. Mon père n'avait pas pu venir avec nous. J'étais tombée à l'arrivée de la fondation Louis Vuitton. Donc, je n'étais pas très bien. Il y avait beaucoup de monde. Les gens me regardaient bizarrement. Je n'étais pas en grande forme ce jour-là. Et en fait, je suis arrivée devant un tableau de Picasso, portrait d'Hombreuse Vollard, que j'adore. Et tout de suite, j'ai tout oublié. J'en avais les larmes aux yeux, mais de bonheur. Et tous les problèmes que j'avais eus depuis le matin se sont volés. Donc voilà, je pense qu'il faut chacun trouver son petit réconfort. Moi, c'est l'art. Je ne sais pas pour d'autres. Alors, je sais que beaucoup... de personnes en situation de handicap se penchent vers le sport. Moi, je n'ai pas à mettre cette injonction-là. C'est sûr que c'est important de faire du sport. Moi, j'adore ça aussi, je fais beaucoup de sport. Mais ce n'est pas non plus une obligation pour aller mieux. Ça fait partie, mais il faut s'entretenir. Mais ça peut être la lecture, ça peut être son petit jardin à soi, ses petits clésias. Mais en tout cas, c'est faire clésias.
- Speaker #0
Par contre, ce qui est génial, parce que je pense que tout le monde l'a noté, sauf toi, ce qui est génial, c'est que Cécilia... handicap ne l'arrête pas elle voit un cours de danse qui lui plaît pour les gens valides elle l'appelle parce qu'elle a envie de le faire et ça c'est une super leçon alors moi je suis un peu comme ça aussi donc toutes les deux c'est vrai que c'est pour ça qu'on s'entend bien mais on ose demander en fait c'est à dire qu'à un moment donné si on a envie de faire quelque chose ben on y va et au pire bah elle t'aurait dit non mais en fait le fait d'essayer et ça ouvre des portes parce que ça permet en fait à cette prof de danse par exemple si on prend cet exemple là De maintenant pouvoir justement faire danser des personnes en fauteuil, ça peut ouvrir aussi d'autres voies en fait.
- Speaker #1
Mais totalement. D'ailleurs, la danse, elles me le disent. J'ai une coaching de danse. Et ma prof notamment, à chaque fois qu'elle me voit danser, donc déjà j'ai pas mal évolué bien évidemment. Parce que moi quand je suis arrivée, j'étais toute cassée. Ça faisait pas longtemps que j'étais sortie de centre. Ça faisait pas longtemps que j'avais eu mon accident. Mon corps était complètement raide, rigide et en douleur horrible. Même si j'ai encore beaucoup de douleur, mais donc j'ai évolué. C'est vrai qu'elles me disent souvent « Ah, tu m'inspires, j'aimerais bien faire quelque chose avec toi » . Ça leur donne même des idées pour créer quelque chose, comme quoi ça peut ouvrir les horizons. Après, effectivement, le problème souvent qu'on peut rencontrer, valide ou non valide, c'est qu'on a toujours peur que ça ne marche pas, que ça ne se fasse pas, ou alors qu'on ne soit pas à notre place, etc. Moi, je suis comme toi, je pars du principe où, en fait, on essaye. Et si on me refuse, ce n'est pas grave, on me refuse et j'essaierai autre chose. Et je vais le faire, il n'y a pas de raison. Mais j'essaie, voilà. Et c'est vrai que ça, je pense, beaucoup de personnes handicapées, en tout cas, à juste titre, je peux comprendre. Parce que déjà, quand tu es valide, ça demande beaucoup de motivation d'aller chercher les choses, de les faire. Alors, quand tu es en situation de handicap et encore plus en s'autoroulant, Enfin bon. Encore plus, je ne sais pas, mais en tout cas, en situation de handicap général, on va dire, ça demande encore plus d'efforts. Et je comprends que certains soient découragés avant même d'essayer. Mais c'est dommage parce que du coup, on passe à côté de beaucoup de choses qui sont assez incroyables. Moi, c'est vrai que je ne m'arrête pas depuis, parce que c'est ma nature et que je me faisais avant l'accident. Mais je n'arrête pas de faire des tonnes de choses. Dimanche, je vais faire du VFTT, donc c'est du fauteuil tout terrain. C'est à la montagne comme du VTT. Et j'ai plein d'autres exemples comme ça. Et en fait, tout peut être adapté, tout peut se faire. Ça demande plus de temps, plus de patience et plus de motivation peut-être. Parce que tout est un peu plus compliqué, mais tout est faisable. Pratiquement tout.
- Speaker #0
Oui, et puis surtout, Cécilia change les choses. Parce que souvent, parce que moi, c'est mon amie. Donc, par exemple, je vais vous donner cette petite anecdote de cet été. On est allé au concert de Moziman, qu'on embrasse s'il nous écoute d'ailleurs. Et donc, Cécilia... À un concert, quand on est en fauteuil, on ne voit pas grand-chose. On est d'accord.
- Speaker #1
Si, on voit des fesses et des blocs.
- Speaker #0
Voilà. Donc, Cécilia, comme vous l'avez compris, a envie de voir un petit peu. Donc, on a demandé, parce qu'on était... Bon, bref, moi, je ne peux pas la porter, ce n'est pas possible, mais on a besoin d'être quatre personnes pour porter un fauteuil. Donc, on a quand même demandé à des gens qui la portent. Donc, Cécilia, moi, mon cœur s'arrête parce que je la vois monter dans les airs. Et Mosiman a quand même dit, mademoiselle, venez sur le côté. Mais ça, c'est génial. Mais ce qu'il y a, c'est que surtout, il y avait trois ou quatre fauteuils. dont un jeune homme qui était en fauteuil et qui était vraiment... Enfin, le pauvre, il était derrière une enceinte. En fait, il voyait rien, quoi. Mais c'est ça, ça n'en est pas rendu compte. Mais en fait, tous les gens en fauteuil ont eu l'accès privilégié à côté du concert et ont pu voir quelque chose, quoi. Donc en fait, je trouve ça extraordinaire quand toi, tu te dépasses et quand tu fais en sorte que, OK, moi, j'ai envie de voir ou moi, j'ai pas envie d'être parquée au VIP hyper loin, j'ai envie de vivre le concert. En fait, tous les gens, après, en profitent. Et puis, c'est des leçons de vie aussi pour, je pense, tous les gens qui étaient là, de te voir. On a fini sur scène quand même avec Multiman.
- Speaker #1
En fait, c'est ça. C'est-à-dire que... Mais après, je pense que, que ce soit handicap ou pas handicap, c'est ça dans la vie. Moi, j'ai toujours fait un peu ce genre de choses. Disons que je provoque un peu la chance, si je peux dire ça. Je ne sais pas si c'est vraiment le terme, mais en tout cas, je ne vais pas... Si on me propose de me soulever ou c'est même moi qui demande, ben oui, j'y vais. C'est comme s'il y a un endroit qui n'est pas accessible. C'est vrai qu'au premier abord, on pourrait se décourager. Mais non, on va demander à quelqu'un de nous porter pour y aller. Parce que sinon, on ne fait rien. Quand tu es en fauteuil, sinon, tu ne fais pratiquement rien. Et là, c'est vrai que d'avoir été porté, Mosiman m'a vu. Il m'a dit, attends, tu viens derrière. Et de fil en aiguille, on était à côté de la scène. Et à la toute fin, on était sur la scène. Donc, il est même venu nous voir. Et ce genre de choses, ça ne serait jamais arrivé. Si j'étais partie du principe où je me disais, ah l'espace PMR, bon là il n'y en avait même pas tu me diras, mais souvent les espaces PMR ils sont sur les côtés, à côté des toilettes, très loin, on ne voit rien, on est parqué un peu comme des bêtes, moi je n'aime pas trop ça. Alors je sais qu'on est obligé de le faire, il y a des gens ça les aide aussi à voir quelque chose, moi j'aime bien être comme tout le monde, je n'ai pas envie d'être parqué. Alors c'est vrai que je vois des fesses et des dos, mais tant pis, je préfère voir des fesses et des dos. que d'être dans un coin avec tous les fauteuils et manquer la soirée, on va dire. Mais c'est vrai que d'être dedans et d'oser demander à des gens de m'aider ou de faire des choses, ça a été dur d'ailleurs, parce que je dis ça, mais j'ai encore beaucoup de mal à demander de l'aide. J'aime bien faire ça, mais quand il est question de rigoler ou de faire quelque chose, ça, ça me gêne un peu moins. Et ça amène, en fait, c'est l'effet boule de neige. Tu fais quelque chose. Et en fait, quelqu'un te voit et du coup, te propose quelque chose et ainsi de suite.
- Speaker #0
Mais ça s'adapte à tout, en fait. C'est-à-dire que ça s'adapte à toi en photo avec le handicap, parce que c'est d'une façon extrêmement forte, parce que c'est soit ça et soit si tu commences un peu à réfléchir, tu ne te lèves même plus le matin parce que ça devient trop compliqué. Alors moi,
- Speaker #1
je ne me lève plus le matin. Non, mais tu m'as compris.
- Speaker #0
Tu t'assoies quand même. Mais ce que je veux dire, c'est que voilà, c'est ça. Sinon, on peut... On peut se dire en fauteuil, bah non, je vais pas aller au concert, ça va être chiant, je vais rien voir, puis je vais pas être bien, puis je vais être parquée. Donc en fait, au fur et à mesure, c'est comme quand on n'est pas très bien, tu vois, parce que ça, même quand on est là, bah non, en fait, au final, on va pas aller se faire violence pour faire ci, pour faire ça. Alors des fois, c'est important, mais c'est aussi important de, bah tant pis, je vais aller demander, et puis peut-être, moi ça m'est arrivé dans mes coachings, par exemple, tu vois. S'il y a des gens que des fois, ils osent pas demander, mais si quelqu'un me demande, par exemple, ah bah j'ai pas du tout d'argent, mais j'aimerais bien faire ça et le troquer, bah je l'ai déjà fait, en fait. Mais je le fais aux gens qui me demandent. Mais il n'y a pas beaucoup de monde qui me demande. Tu vas se le dire ?
- Speaker #1
Oui, on n'ose pas et c'est exactement pour ça que je t'ai dit. C'est-à-dire que ce n'est pas lié au handicap. Alors, c'est plus visible avec le handicap parce que c'est plus facile de rester... J'en connais des personnes handicapées qui ne bougent pas de chez eux parce que c'est compliqué. Parce qu'effectivement, c'est les claques qu'on se prend au quotidien. Mais ce n'est pas lié au handicap parce qu'en fait, n'importe quelle raison... peut nous pousser à ne pas faire les choses, à ne pas y aller. Alors moi, parfois, je me faisais violence. Et encore aujourd'hui, je me fais violence pour faire des activités ou des choses. Mais à chaque fois que je vais, je passe des bonnes soirées. Je rencontre des gens qui m'amènent dans des situations où, tu vois, par exemple, j'ai répondu, enfin, il y a le département qui propose pas mal d'activités pour les personnes en situation de handicap. Et il y a trois ans, il y a une journée en dix voiles qui le font. Bon, j'y suis allée, je ne savais pas trop ce que ça allait donner. Grâce à ça, j'ai rencontré quelqu'un qui m'avait proposé de faire du muni-ji. C'est une petite barque et d'apprendre à naviguer seule. Et donc, pendant un an, j'ai fait ça. Mais si j'avais entraîné des pieds, ce n'est pas la bonne expression, mais si j'avais un peu lésiné à y aller, jamais je n'aurais rencontré cette fille qui m'aurait proposé de faire cette expérience, qui était dingue. Et en fait, c'est ça pour tout, c'est-à-dire dans la vie. Moi, j'adore les rencontres et je trouve que les trois quarts des choses qu'on vit, même plus, ils sont liés aux rencontres qu'on fait. Et c'est vrai que moi, de toute ma vie, même pour le travail, ça a marché beaucoup comme ça. Je filmais sur quelqu'un et en fait, je rencontre quelqu'un d'autre qui me fait filmer autre chose, qui me donne un autre projet et puis je rencontre quelqu'un d'autre via ce projet, qui me propose un autre projet et ça fait, comme je te dis, boule de neige. et c'est pareil pour... pour tout ce qui est professionnel, mais tout ce qui est ludique, tout ce qui est... Enfin, la vie, en fait, je pense. Moi, c'est vraiment, quand je réfléchis à les expériences de foot que j'ai pu faire, c'était parce que je m'étais un petit peu bougée au début pour faire quelque chose. Et puis après, voilà, c'est ça.
- Speaker #0
C'est un peu sortir de sa zone de confort, quand même. Oui,
- Speaker #1
oui. Mais ça, pour moi, il y a toujours fait... C'est-à-dire qu'effectivement, c'est très facile. Ah ben, c'est sûr que moi, tu vois, parce que... Je vais revenir... Le matin, quand je me prépare, etc., c'est compliqué. Chez moi, c'est le mieux adapté. Et j'ai mon environnement, c'est le plus sûr, c'est le plus tranquille. Et parfois, sortir de chez moi, ça complique. Parce que dans les hôtels qui se disent soi-disant adaptés, ce n'est pas adapté. Il manque des choses qui peuvent même nous amener à nous mettre en danger. Et en fait, c'est sortir de sa zone de confort. Donc, c'est au quotidien. Mais si on ne le fait pas, qu'est-ce qu'on fait ? On reste chez soi et il ne se passe rien. Donc oui, il faut... Enfin, moi, c'est ma philosophie de vie. C'est de sortir de sa zone de confort. Et on s'aperçoit vite qu'en fait, finalement, même si ça demande des efforts, il y a quand même beaucoup plus de positifs qui en ressort.
- Speaker #0
Et tu rencontres combien de personnes par jour, j'ai envie de savoir ?
- Speaker #1
Trop. Tu ne me rappelles plus mes prénoms ? C'est une catastrophe, je vexais énormément de gens. Mais oui, beaucoup trop. Je ne sais pas, mais j'en rencontre beaucoup de personnes. C'est vraiment tout le temps. Mais c'est chouette, c'est comme ça. Moi, j'adore l'humain. Alors, même si je sais que parfois, l'humain n'est pas toujours beau, mais globalement, quand même, les gens sont intéressants, sont sympas et avenants.
- Speaker #0
Mais je pense qu'on a fait des émissions là-dessus, c'est aussi un truc de fréquence. Donc, Cecilia a une très grande fréquence vibratoire. Je vous le dis, elle est magnétique. Et c'est dingue parce que c'est à la portée de tout le monde, entre guillemets. C'est pas, on se dit pas, ah bah ça y est. Enfin, évidemment, elle est sublime. Mais elle est sublime aussi parce qu'elle rayonne et qu'elle est dans cette pulsion de vie de vouloir faire des choses. C'est pour ça vraiment que j'avais envie de t'inviter en cette rentrée où souvent on va se plaindre pour rien, en fait. Mais moi, la première. Je vais me plaindre pour rien, je vais être là, ah mon Dieu, mais là, ça c'est... Je vais recommencer, tout ça. Alors qu'en fait, tous les jours, il peut se passer quelque chose de différent si on est dans la bonne fréquence.
- Speaker #1
Oui, après, se plaindre... Bon, ça dépend à quel... Parce que se plaindre, c'est une main et c'est normal. Après, ça dépend si on peut se plaindre un petit peu et puis passer à autre chose. Je pense que là où ça commence à être problématique, c'est quand on se plaint qu'on ne voit plus que ça et qu'on n'arrive plus à en sortir. Là, parce que... Là, ça devient compliqué. Mais on a le droit de se plaindre quand même. Mais il ne faut pas s'endormir ici.
- Speaker #0
Non, mais accepter, comme tu disais très justement tout à l'heure, on a le droit de se plaindre, on a le droit d'avoir des jours où ça ne va pas trop. Mais justement, réussir à accepter ses émotions, pleurer quand on a envie de pleurer, rire quand on a envie de rire. En fait, si on pleure quand on a envie de pleurer ou quand on est en colère, quand on a envie d'être en colère, la joie, elle revient toujours. Et ça se cultive aussi, la joie.
- Speaker #1
Oui, oui, ça, c'est sûr. Déjà, je pense qu'il faut être doux avec soi-même. C'est bête, mais... On est dans une société où il faut toujours être productif, il faut toujours être le meilleur. Et tout est là pour nous stresser.
- Speaker #0
La semaine dernière, j'en ai fait une émission sur la productivité, donc c'est parfait que tu dises ça.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que notre société aujourd'hui nous demande de faire tout. Alors, les repas maison. Moi, je vois, j'ai des amis qui ont des enfants, mais elles n'en peuvent plus parce que... elles se mettent une pression à faire tout maison, à faire tout parfaitement. Mais alors, c'est superbe, c'est magnifique, c'est top. Mais à côté, elles travaillent. À côté, elles ont leur vie de couple. À côté, elles ont leur vie... Bon, c'est compliqué à gérer. Eh bien, ce n'est pas grave si tu n'es pas parfaite. Personne ne l'est, de toute façon. Et si, de temps en temps, ton enfant, il mange un petit pot déjà préparé, ce n'est pas très grave. Et si tu es doux... Et voilà, être doux avec soi-même. Mais arrêtez d'être trop durs. Et je dis ça, pourtant, moi, j'étais là... pire personne envers moi-même.
- Speaker #0
Ça, c'est un truc que le handicap a changé par rapport au rapport à ton corps ?
- Speaker #1
Oui, je pense que je me suis un peu lâchée la grappe. Je pense qu'il y a l'âge aussi, parce que j'ai eu l'accident à 40 ans, et 40 ans, c'est quand même un âge charnière. J'avais fait beaucoup de travail sur moi-même, de réflexion et autres. C'est vrai qu'avec l'âge, déjà, je pense qu'on apprend à se lâcher la grappe, à être un peu plus doux. et un peu plus assez acceptée. Mais pour tout, moi, j'étais ultra exigeante, perfectionniste, c'était jamais assez bien. Et ce que je faisais, j'étais jamais assez mince, ou assez... Alors, avec mon corps, avec la profession, avec tout, en fait, pas assez productive, alors que je travaillais comme une folle. Mais donc, j'ai appris à me lâcher un peu la grappe avec l'âge. Et je pense, oui, que le handicap, là, j'ai pas trop le choix. ça m'a fait bondir d'un coup là-dessus. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, par exemple, mon corps, je ne le vois plus comme un corps qui doit répondre à des injonctions à la beauté que cette société m'attraque depuis mon plus jeune âge. En fait, je vois juste que c'est un corps qui m'a permis de survivre à d'innombrables blessures complètement dingues et qui est encore en bonne santé et qui me permet de vivre encore des choses incroyables. Et donc, rien que cet exemple-là sur le corps, par exemple, je me suis dit, en fait, ça m'a fait changer la vision des objectifs, on va dire, de la vie. Et aujourd'hui, si je passe une journée sans être productive, ce n'est pas grave. Je me suis reposée, c'est peut-être parce que j'en avais besoin et je serai productive demain. Et en fait, il n'y a pas de raison qu'on se maltraite.
- Speaker #0
Et tu es en train d'écrire un livre ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
J'avais envie de donner le titre, mais je vais te laisser le faire toute seule.
- Speaker #1
Bon, c'est encore un titre provisant. Je ne sais pas si je vais le garder, mais oui, je pense. Mais il s'appelle Bon courage. Alors, Bon courage, pourquoi pas ? Parce que j'aime qu'on me dise Bon courage. Au contraire, je n'en veux plus. Le livre, c'est sur mon histoire. Je commence le livre à partir de mon rêve et de coma. Donc c'est comment, quand on a construit sa vie, on se retrouve, tout est bouleversé via le comportement d'une tierce personne qu'on ne connaît pas. Et donc c'est tout le rapport au corps, le rapport à la vie, au changement. Enfin bon, je parle de tout ça. Et bon courage, pourquoi ? Parce qu'en fait, depuis que je suis accidentée, plus personne ne me dit au revoir, on me dit tous bon courage. Tout le monde me dit bon courage au moment de partir. Alors bon, après mon kiné qui est portugais me dit que c'est très français de dire ça. Mais avant mon accident, on ne me disait pas bon courage ou très peu. Là, aujourd'hui, il n'y a plus personne qui me dit bonne journée. Tout le monde me dit bon courage. Et c'est assez insupportable à entendre parce que bon courage, mais je n'ai pas besoin de courage en fait.
- Speaker #0
Mais tu sais ce que ça veut dire courage ? C'est de mettre du cœur à l'ouvrage.
- Speaker #1
Oui, je sais. Mais justement, je n'ai pas... Si, on a plus besoin de courage dans ce cas, mais j'en ai pas besoin de plus que d'autres.
- Speaker #0
Mais peut-être que tu mets tellement de cœur dans tout ce que tu fais que les gens te disent de mettre... Enfin, tu vois, peut-être, je sais pas. En tout cas, moi, je suis comme toi, je déteste qu'on me dise bon courage. Ça m'énerve, en fait.
- Speaker #1
Ben, c'est sûr que je pense que la plupart des gens qui disent bon courage, ils savent pas l'étymologie, ils savent pas que ça veut dire mettre du cœur à l'ouvrage. C'est juste, ils voient que c'est dur. Ils ont l'impression que ta vie est dure. Donc, du coup, ils te disent bon courage. Mais moi, on m'a dit... Tu vois, depuis que je suis en fauteuil, c'est hallucinant le nombre de personnes qui me font des réflexions. Parce qu'en fait, ils ont leurs idées reçues. C'est-à-dire que tu disais, je suis solaire, je suis souriante. Ben voilà, typiquement, dans l'idée des gens, une personne en fauteuil, en situation de handicap, ne peut pas être souriante et heureuse de vivre. C'est incompatible pour eux. Donc moi, ils me voient sourire. Les gens, ils viennent vers moi et me disent... « Ah, vous êtes formidables ! » Mais ils ne me connaissent pas, ils ne savent pas qui je suis, ce que j'ai fait, pourquoi je serais formidable. C'est juste parce qu'ils me voient sourire alors que je suis en fauteuil roulant et amputée. Et donc, pour eux, c'est déjà extraordinaire de sourire en étant dans cette situation-là. Mais moi, j'ai envie de leur dire, il y a sûrement des gens qui sont valides, mais qui ont une vie, même sans moi, je l'affirme totalement, il y en a plein, malheureusement, qui ont une vie bien moins drôle et sympathique que la mienne, alors qu'ils sont valides. Et c'est... Le handicap, il envoie une image. Les gens ont peur du handicap. Et donc, du coup, ils se font tout un... Je ne dis pas, ce n'est pas facile. C'est dur. Je ne souhaite à personne d'être handicapé. Mais bon, voilà, quand ça arrive, ça arrive. Et on n'a pas le choix, finalement. Si j'avais le choix, je ne serais pas en fauteuil. Et il faut continuer à vivre. Et donc, les gens, quand ils te voient, ils pensent que c'est tellement catastrophique, qu'ils n'arrivent pas. pas, il y a une dichotomie devant leurs yeux, c'est-à-dire qu'ils n'arrivent pas à imaginer qu'on puisse sourire et profiter de la vie en étant en fauteuil.
- Speaker #0
C'est une forme de résilience pour moi, je pense que c'est ton mot. C'est la résilience. Si on se demande ce que c'est la résilience, on peut rencontrer Cécilia. Et c'est Cécilia en fait. Et c'est vrai qu'il y a une question souvent, parce que nous Cécilia, on s'est rencontrées après son accident, on ne se connaissait pas avant. Et du coup, il y a une question qui revient des fois où on parle toutes les deux en se disant, est-ce que... Si tu avais une baguette magique et que tu devais ne pas avoir l'accident, et donc du coup, ne pas avoir l'accident, ça voudrait dire ne pas avoir la vie que tu as ces cinq dernières années, est-ce que tu serais prête à l'avoir et ne pas, je ne parlais pas par rapport à moi évidemment, mais ne pas avoir parce qu'évidemment, tu as rencontré ce parcours-là. Tu vois, c'est la vraie question des fois que tu te poses aussi.
- Speaker #1
Alors, moi, je ne me la pose pas parce que c'est impossible. Mais c'est vrai que si on me pose la question, qui t'as choisi hier ? Alors, je ne reviendrai pas avant l'accident. Mais par contre, je me referais marcher et repousser une jambe. Allez, à la rigueur, je garde l'amputation, mais au moins marcher. Mais en gardant les épreuves que j'ai vécues ces dernières années. Et épreuve et tout ce qui va avec. Donc, toutes les rencontres, que ce soit toi et toutes les autres personnes formidables que j'ai pu rencontrer. Et même toutes les vécures, enfin même si ça a été dur. C'est vrai que les gens vont croire que c'était idyllique. Non, ça a été très dur. Et un accident comme ça, c'était violent. Et aujourd'hui, j'ai énormément de douleurs et tout est dur au quotidien, bien évidemment. Mais malgré tout, dans toute épreuve, il y a des choses incroyables qui existent. Moi, j'ai rencontré des gens, mais que ce soit dès l'hôpital, des infirmières, des aides-soignantes, il y a eu des connexions avec ces personnes. Et puis, j'ai découvert un monde aussi, ces gens qui bossent dans des conditions qui sont quand même assez compliquées. pas rémunéré comme il se doit. Et voilà, donc j'ai découvert tout un monde, que je ne connaissais pas parce que je n'étais pas malade et j'avais eu la chance de ne pas contrôler ce monde-là. Et il n'y a pas que eux, j'ai rencontré des pompiers, c'est une association de pompiers qui emmène chaque année des personnes en situation de handicap faire le tour de la Corse en catamaran. Bon ben voilà, c'est des aventures complètement extraordinaires. Les gens que j'ai pu rencontrer tout au long de ces cinq années, puis même les amis que j'avais avant, ma famille, j'en parle pas parce que bien sûr elle a été extraordinaire, mais même mes amis qui sont... qui ont été incroyables avec moi, qui sont toujours là. Tout ça, en fait,
- Speaker #0
ça aide à accepter aussi.
- Speaker #1
Oui, ça aide. Et je n'aimerais pas l'effacer. C'est sûr que tu me dis « rewind » et on revient avant l'accident. Non, tu me fais marcher, mais je garde toutes les épreuves avec le côté positif qu'il y a eu.
- Speaker #0
Oui, parce qu'avec toutes les épreuves, c'est vrai qu'on est très bien fait, entre guillemets, le corps humain. C'est qu'on accepte souvent l'inacceptable. que ce soit, là, c'est inacceptable ce qui t'est arrivé par rapport à ce mec qui t'a renversé. C'est quelque chose qui n'est pas acceptable, mais qu'à un moment donné,
- Speaker #1
on accepte parce qu'on n'a pas le choix, en fait. En fait, c'est surtout, je ne sais pas si c'est en accepter ou inaccepter, en tout cas, ce qui est fou avec le corps humain et l'humain, c'est qu'on s'adapte. Voilà. Quoi qu'il arrive, c'est fou le pouvoir d'adaptation qu'un être humain peut avoir. Et alors... Encore une fois, ça demande des efforts. Ce n'est même pas des efforts, c'est que c'est difficile. Ce n'est pas évident. Mais voilà, je vois quand je réfléchis, je me remémore il y a quatre ans, quand je suis sortie de centre. Et aujourd'hui, c'est fou comme on évolue. En fait, on s'adapte, on évolue. Je ne dis pas qu'on oublie, mais les choses insurmontables deviennent un peu plus faciles à vivre, ou moins dures. je ne sais pas, je n'ai pas les termes, mais peut-être moins dur, et on arrive à faire de belles choses. Alors après, moi, je ne serais pas comme j'ai certains amis qui disent, moi, limite, ce n'est pas qu'ils sont contents d'avoir un accident, mais voilà, ils ne changeraient pas parce qu'ils se sont reconstruits, il n'y a pas de souci. Ça, je peux comprendre ce qu'ils veulent dire. Après, c'est quand même une épreuve ultra difficile, donc c'est compliqué au quotidien.
- Speaker #0
Surtout que toi, là, on prend ton exemple, après, on ne va pas en parler. on ne peut pas parler de tous les gens, mais toi, ta vie, tu te l'étais créée, c'était ta vie rêvée, tu as quitté une vie que tu aimais énormément, ne serait-ce que professionnellement et financièrement, puisque après, ça c'est le côté aussi, quand on la voit comme ça et quand on l'entend, mais après, tout ce côté-là, ce n'est pas le même aujourd'hui, parce que bon, évidemment tu écris, mais bon, ce que je veux dire, c'est que tu écris, tu dessines, enfin il y a plein de choses, parce que tu es créatrice, mais tout ce que tu faisais avant, c'est aussi un deuil qu'on doit transformer, et ce n'est pas forcément... quotidiennement, j'ai mis plein de questions en une. L'art, l'argent, tout ce changement.
- Speaker #1
C'est un changement radical. C'est vrai que quand j'ai eu l'accident, je m'étais donné les moyens de faire le métier de mes rêves, de partir voyager comme j'adorais ça. Je gagnais bien ma vie, etc. Et c'est vrai que quand il arrive un accident comme ça, c'est... Moi, toute ma vie a explosé en mille morceaux, que ce soit professionnelle puisque je ne peux plus travailler, je ne peux plus voyager comme je voyageais, j'avais un petit ami, il m'a abandonné. Donc, c'est vrai que tout a explosé totalement. Donc, il faut réapprendre à se reconstruire et repartir un peu de zéro. Et ça peut faire peur et ça peut être complètement... Mais bon, je n'avais pas le choix de toute façon. Et je pense que ce qui est important, c'est de se raccrocher aussi à certaines euh... valeurs et certaines choses essentielles. Moi, ça a été ma famille, mes amis et la vie que j'aime quand même parce que je suis une passionnée par la vie, ma passionnée de vie. Et c'est vrai que le fait d'être encore en vie, ça m'a portée en fait. Je me disais, moi, avec ce que j'ai traversé, je suis encore en vie. Bon, c'est que là, il faut que je me donne tous les moyens pour me reconstruire. Alors effectivement, aujourd'hui, je n'ai plus du tout la vie que je me suis construite. plus du tout du tout j'ai même déménagé j'étais à Paris je suis retournée vivre à Nice près de ma famille ça a été un changement radical vraiment mais je pense que je saurais même pas comment dire parce qu'en fait j'avais pas le choix donc c'est soit tu baisses les bras et en fait si je baisse les bras qu'est-ce qu'il se passe bah je sors pas de mon lit je fais plus rien et là vraiment ce mec que j'ai croisé quelques secondes il a bousillé toute ma vie. Alors que là, il a bousillé ma vie, bien évidemment. Tout ce que j'avais construit est le futur ancien moi. Je ne sais pas si c'est compréhensible. Mais bien sûr que les projets que j'avais, ils ont été explosés. Il était hors de question qu'il me bousille trop non plus, ma vie. Donc, en fait, il faut continuer à faire des choses, à créer. Enfin, moi, de mon point de vue, en tout cas, j'ai la chance d'avoir l'art. Et c'est vrai que l'art, ça m'a toujours portée. Et je trouve que c'est très porteur, que ce soit en tant que spectateur ou en tant que créatrice. Par exemple, tu vois, quelque chose de tout bête, mais quand je dessine, je n'ai plus de douleur. Alors que j'ai des douleurs constamment du matin au soir. qui sont très violentes et très fortes, c'est un peu un état un peu méditatif. Et quand je dessine, je n'ai plus du tout de douleur. Alors, je ne sais pas si elles ont disparu ou si je n'y prête plus attention. Mais dès que j'arrête de dessiner, ça revient. Et c'est pareil quand je vais regarder une exposition. Donc, moi, j'ai réussi, entre guillemets, à trouver quand même mon petit réconfort, mon petit doudou, quoi. Mais ce qui me rend la vie un peu plus... supportable. Et je pense que c'est ça qu'il faut faire, en fait. Quand on a la vie qui explose comme ça, c'est essayer déjà de ne pas... Parce qu'en fait, c'est très facile de broyer du noir. On voit le côté négatif, on voit le verre à moitié vide. Et en fait, c'est un cercle vicieux. Et du coup, on ne voit plus que le côté négatif. Moi, je pourrais, si je veux. Ah bah, je ne peux pas sortir, je ne peux plus voyager, je ne peux plus travailler. J'ai plus d'argent. J'ai plus d'argent parce qu'effectivement, c'est pas la même chose. Plus d'argent, plus de petits amis, etc. Et en fait, je n'ai plus un corps qui ressemble à la normale, etc. Donc, je pourrais m'entraîner vers le bas très facilement. Mais je peux aussi faire l'inverse et me dire, wow, je suis quand même en vie. Bon, j'ai un super fauteuil qui m'amène quand même, qui me permet de bouger. J'ai pu passer le permis, donc j'ai une voiture, donc je peux encore plus bouger. J'ai des sports qui sont adaptés. J'ai ma famille qui est là, mes amis qui sont là, je peux encore faire beaucoup de choses. Il fait beau, il y a le soleil. J'ai la chance d'être près de la mer aussi, soleil et mer, donc je vais voir la mer quand ça ne va pas. Et puis quand je vois ça, je me dis, je ne vais pas me plaindre. J'ai encore beaucoup de choses à vivre et c'est incroyable. Je trouve que j'ai de la chance de pouvoir encore le vivre et le voir et avoir tous ces gens-là autour de moi, la mer, la montagne. cette vie qui est belle, malgré tout. Donc, en fait, c'est vrai que c'est un point de vue et on peut vite se laisser soit déborder, soit on remonte à la surface.
- Speaker #0
Et ça, c'est valable, je pense, quotidiennement pour tout le monde.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Après, je ne veux pas culpabiliser, faire culpabiliser les gens qui n'y arrivent pas parce qu'il y a des gens... Alors, soit c'est parce que c'est dans leur caractère, ils sont plutôt négatifs et tout. Et donc, là... J'aurais envie de dire oui. Regardez, après, il y a des gens qui sont foncièrement dépressifs ou qui ne vont pas. Et donc, m'entendre, ça va peut-être les faire, limite, encore plus culpabiliser parce qu'eux n'arrivent pas à avoir le côté positif. Donc, je ne veux pas mettre encore plus d'injonctions aux injonctions qu'on me met sans arrêt sur le dos. Mais parce que moi, j'ai eu la chance d'être comme ça. Tu vois, je n'ai jamais eu... En fait, j'ai pris un mois d'antidépresseurs forcés. Je ne savais même pas que je les prenais. Je les ai arrêtés direct. Donc, on pourrait dire... C'est vrai qu'il y a plein de gens qui en prennent alors qu'ils ont 100 fois moins de problèmes que moi. Mais il n'y a pas d'échelle de douleur ou d'échelle de...
- Speaker #0
Bien sûr, après, tout ce qui est santé mentale, c'est quelque chose du cas par cas. C'est une des vraies maladies quand on est en dépression. Quand on est en dépression, on ne peut pas se dire « Ah, va boire le verre à moitié plein et à moitié vide » .
- Speaker #1
C'est ça, parce que sinon, ça serait trop douloureux. Mais après, pour quelqu'un qui n'est pas en dépression ou malade ou quoi que ce soit, effectivement, peut-être être... J'écoute aussi beaucoup de podcasts de philosophie. Et la philosophie, comme son nom l'indique, permet de relativiser aussi pas mal sur la vie. Et j'écoute pas mal de podcasts sur le stoïcisme. Et notamment, tu vois, ils disent de noter ce pourquoi on a de la gratitude ou pourquoi on est content, etc. Voilà, des petites astuces. Je ne dis pas qu'il faut qu'on le fasse tous, mais en tout cas, trouver des petits moyens pour se faire plaisir au quotidien, pour voir les choses positives du quotidien. Par exemple, après une journée, quand on a tendance à broyer du noir, maintenant on regarde ce qui s'est passé. Alors c'est vrai que tu t'es fait insulter par le mec en voiture, tu n'as peut-être pas eu ta copine, tu as foutu un lapin, et je ne sais pas ce qui s'est passé, quelque chose de négatif. Mais à côté de ça, tu as fait un super repas à midi. ton autre ami qui t'a appelé, t'as passé un super moment au téléphone avec, t'as programmé un week-end dans deux jours pour partir je sais pas où, à la montagne. Et en fait, voilà, c'est ça. C'est-à-dire que c'est ce... On peut vraiment... C'est vraiment une manière de voir la vie.
- Speaker #0
Et puis, c'est un choix aussi quotidien de temps en temps, et de temps en temps, laisser couler, et puis surtout être connectée à ses émotions, et puis toujours accepter ce qui se passe, et le transformer, et faire en sorte que la vie, elle peut être magnifique. En tout cas, aux côtés de ce ciel, la vie est quand même assez chouette.
- Speaker #1
Tu vas recevoir plein de demandes d'amis. Oui, c'est ça. Je suis trop bouquée, je n'ai plus le temps. Non, je plaisante.
- Speaker #0
En tout cas, c'était un plaisir de vous recevoir, Cécilia, dans cette émission.
- Speaker #1
Un plaisir partagé.
- Speaker #0
Et la prochaine fois, on t'invitera pour que tu nous parles beaucoup de ce livre, parce que quand même, c'est un livre, à mon avis, que j'attends de lire avec impatience.
- Speaker #1
Il n'est pas prêt de sortir pour l'instant, je pense, mais je suis en train de terminer de l'écrire et il va falloir le relire. Et voilà, il peut penser à comment l'éditer, etc. Donc, il y a encore beaucoup de travail dessus.
- Speaker #0
Et si vous voulez suivre son Instagram avec toutes ses peintures, Tu peux donner ton Insta, du coup ?
- Speaker #1
Oui, c'est Cécilia Conant, photographie, avec un Y à la fin, sur Insta. Bon, en tout cas, moi, j'ai quand même passé la soirée avec Cécilia. Vous êtes tous jaloux. Et puis, je vous souhaite une belle rentrée. Je vous dis à la semaine prochaine et très vite, Cécilia, j'espère. À bientôt.
- Speaker #0
Flamme des années 80. Le podcast qui allume la femme.