- Speaker #0
Bonjour, bonsoir, cela dépendra de l'heure à laquelle vous allez découvrir ce quatrième épisode de Fractures. Fractures est revue algérienne de critique de cinéma qui s'est transformée en podcast. Et pour ce quatrième épisode, la joie bien évidemment de retrouver mes consœurs et mon confrère, c'est-à-dire Naïmène, Lina. Sadek. Comment allez-vous ?
- Speaker #1
Ça va très bien et toi ?
- Speaker #0
Ça va. Et vous deux, les deux autres ? On fait simplement qu'on ne s'est pas vus. Dans le précédent épisode, nous quittions Oran pour Paris. Cette fois-ci, nous restons à Oran, même période. Nous sommes en 1994, quelque chose comme ça. Et nous allons parler d'un film qui s'appelle Hasni, Je vise encore. Un film réalisé par le regretté Djamel Kalfaoui. Décidément, il y a beaucoup de regrettés dans ce film. Nous allons en parler pendant une vingtaine de minutes. Juste dire deux ou trois petits mots autour du cinéaste Djamal Kelfawi, qui était un documentariste qui a beaucoup travaillé sur la personne de Cheb Hesni. D'ailleurs, le film le dit, il explique qu'il est né à Paris en 1961. Djamal Kelfawi, c'est un acteur de la vie locale important, un bandit. Dans le 93, il a créé le festival Yad La Banlieue dans l'air et il fut une figure du mouvement interculturel pour l'égalité des années 80. Il a réalisé pas mal de reportages dont Algérie, mémoire du rail qui a été diffusé sur Arte en 2003. Et le 22 mai 2009, il est décédé dans des circonstances troubles à la Rouate en Algérie. Il était en train de travailler je crois sur un complément de tournage autour de, je pense, la personne de Hasni, mais il faudrait confirmer. Voilà. Et le film rend hommage pratiquement à ce chanteur Cheb Hasni. Et pour la particularité, c'est que c'est l'unique et dernière interview filmée de ce chanteur quelques mois avant l'assassinat de Hasni. Donc Sadek, parle-moi un peu de ce film.
- Speaker #2
C'est un film qui, comme t'as évoqué Samir, qui retrace, on va dire, une période de la vie de Hasni. mais je vais commencer d'une... D'une autre manière, je trouvais que la narration de ce film ressemble un peu à Amadeus, le film de Milos Forman sorti en 1984, malgré que ce dernier est un film biopique, fiction, et le film sur Hasni est un documentaire. Mais les deux se rejoignent justement dans le fait que les personnages après lesquels on nomme les deux films sont des personnages secondaires. Je vais expliquer. Dans Amadeus, on suit Mozart et tout ce qui l'entoure, mais à travers les yeux d'Antonio Salieri, son rival éternel à Mozart. Et dans le documentaire de Hasni, c'est vrai qu'on a des images de lui interviewé et tout. Mais contrairement à ce qu'on peut croire, contrairement à ce qu'on peut croire justement de titre. Le storyline ne se base pas principalement sur lui, sur Hasni. On a des interviews, on a des interventions des gens qui connaissent justement Hasni. Et moi, je trouvais ça fascinant. Je ne sais pas ce que vous en pensez de ce parallèle-là avec Amadeus. Parce que Hasni, je pense que ça... Ça travaille, ça va dans le bien du personnage parce que ça n'affaiblit pas le personnage de Hasni, au contraire, ça lui apporte cette dimension, j'ai pas envie de dire mythique ou légendaire, mais ça reste un élément qui rajoute de la force au personnage et la personnalité surtout. parce qu'on le voit un peu de loin, un peu de près à travers la mise en scène, à travers les gens qui racontent justement Hasni, des gens, pas uniquement les gens qui l'ont connu, mais des gens qui appréciaient la Hasni, la personne, et des gens qui appréciaient la... la personne modeste que Hasni était.
- Speaker #0
Tu veux dire donc que le film, le point de vue dans Amadeus, Forman suit le point de vue de Saliri. Donc finalement, l'histoire nous est racontée par Saliri. Et donc, dans le film de Je vise encore, l'histoire ne nous est pas racontée par Hasni en lui-même, parce que ce qu'il dit ne va pas créer le rythme du film. Mais ce serait plutôt comment Hasni... a été ou est regardé par les autres, dont surtout le cinéaste.
- Speaker #2
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Lina, Nariman ?
- Speaker #1
Alors, moi je suis très confuse, parce que tu as dit quelque chose, Samer, et je me refais tout le film dans ma tête, et c'est un point que je voulais déjà soulever, qui est une confusion pour ce film. Tu disais que c'est le cinéaste qui a interviewé Hesney, c'est ce que tu dis. Moi, je pensais que c'était des images d'archives. Et je trouve qu'il y a une grande confusion dans ce film. Quelles sont les images qui ont été faites et quelles sont les images d'archives qui ont été utilisées dans le film ? C'est-à-dire que je n'arrivais pas, déjà au début, je n'arrivais pas à faire la différenciation entre les images d'archives qui ont été utilisées parce qu'il me semble... À la fin du générique, on mentionne l'archive de l'ENTV, plusieurs archives, etc. Mais ce n'est pas mentionné dans le film. Et du coup, moi, j'avais compris que les images du film qui ont été faites par le réalisateur, c'était les interventions des autres personnes, les interviews des autres personnes. Je pensais que l'interview, la dernière interview de Hissini, c'était des images d'archives. Donc, tu m'apprends quelque chose.
- Speaker #0
Mais il le dit au début du film. D'ailleurs, le film, c'est impressionnant parce que le film s'ouvre. Sur quand il, je crois si je me trompe pas, quand il arrive en Algérie, il apprend l'enlèvement de...
- Speaker #1
La mort de Matoub.
- Speaker #0
La mort ou l'enlèvement ? L'enlèvement de Matoub. C'est l'enlèvement de Matoub parce qu'il dit ensuite que toute la Kabylie riposte en disant si vous touchez un cheveu de Matoub ça va être... Et le film... Et dans la même phrase, il dit « et quand je pars, quand je repartirai d'Alger, j'apprendrai la mort de Hasni et ça me fait quelque chose pour plein de raisons et surtout parce que j'ai travaillé avec lui pendant deux mois, deux, trois mois. » Donc, il le dit, c'est sa voix qui lui pose des questions chez ce coiffeur et il a du mal, il lui répond, il dit deux, trois mots très simples et tout. Et donc, voilà.
- Speaker #1
Ça confirme juste que je suis restée, du coup, de côté. Je ne suis pas rentrée en plein dedans du film, vu que ça m'a échappée. Franchement, là, je l'apprends. Mais alors, juste pour revenir, du coup, pour parler du film, je vise encore, Hesni, je vise encore d'emblée. je n'ai pas vu le film comme un objet cinématographique je vais m'expliquer alors pour moi il y avait déjà une utilisation assez comme je le disais juste avant pour moi il y avait une utilisation assez massive d'images d'archives il y avait cette confusion et que les interventions tu le disais Sadak Hassni est raconté, il se raconte pas, il est raconté par d'autres personnes. Et moi, justement, j'ai trouvé qu'il y avait un discours unanimement positif et qu'il n'y avait pas de nuances. On ne racontait pas Hesni autant qu'humain, qu'artiste, qu'on ne voyait pas les... On n'avait pas vraiment de figure complexe, on avait vraiment une icône intouchable. On avait des discours humains et généreux, très talentueux, ils bossent à juste titre, on ne va pas lui retirer ça.
- Speaker #2
On ne le voit pas de loin, on ne le voit pas de près, c'est pour cela.
- Speaker #1
Non, c'est-à-dire que moi je n'ai pas réussi vraiment à trouver une figure réelle parce que le discours est unanimement... positif. C'est vraiment un icône intouchable. C'est presque une figure de saint.
- Speaker #0
Il est montré comme un mythe mais pas forcément comme un être humain.
- Speaker #1
Exactement. Et moi, j'ai trouvé que l'hommage empêchait vraiment la réflexion, empêchait l'analyse et on devait juste adhérer à cette opinion unanimement positive. Je ne dis pas que c'est faux, c'est à juste titre, mais que ça, moi, en tant que spectatrice, m'empêche d'avoir une réflexion sur le travail de Hizni, ce que ça a impliqué, dans le contexte où ça a été fait. Je trouve qu'il y a beaucoup d'éléments que je n'ai pas vus, moi, et qui m'empêchaient d'aller plus loin. Voilà, c'est pour ça.
- Speaker #0
Lina.
- Speaker #3
Alors déjà, Samir, j'aimerais te remercier. Sans toi, je n'aurais jamais vu ce film, tout simplement. Donc, merci Samir.
- Speaker #0
Il faut remercier surtout la programmation de l'Institut français, Abdel Nourouchi, en l'occurrence, Walid, Sahraoui,
- Speaker #3
toute l'équipe. En gros, je ne l'ai vu que très très récemment. Je suis un peu en retard, on va dire. Et j'ai été évidemment bouleversée par toute la dimension émotionnelle du documentaire, etc. Mais en fait, moi, comment j'ai perçu ce film, c'est plus comme un objet artistique, peut-être pas forcément cinématographique. Et comme, par exemple, on est comme dans la dramaturgie, à mi-chemin entre le conte ou la tragédie grecque. Je m'explique. Nous avons un Hesni, un héros tragique, entre guillemets, dans cette vaste cité qu'est l'Algérie, avec des opposants, des ennemis. Donc on a un jeune homme né avec un talent, avec une lumière en lui, contagieuse et par conséquent il représente une menace pour l'ordre établi ou qui souhaitait être établi à l'époque. Donc c'était toujours dans les années 90. Et donc il fallait mettre de côté côté cette menace et donc on l'assassine. En gros, effectivement, on en parlait tout à l'heure en équipe, on parlait du symbole qui est Hasni. Il y avait Sadaq et Nariman qui disaient que, pour eux, ils trouvaient qu'il est devenu vraiment ce mythe et ce symbole après la mort et non pas durant son vivant. Moi, je n'étais pas d'accord avec ça. Vous pouvez vous défendre. Je n'étais pas né dans ce cas.
- Speaker #1
Alors, je vais me défendre.
- Speaker #0
Alors, juste, j'ai envie de... J'ai envie de tendre l'inat jusqu'au bout. Je rappelle quand même une petite chose, c'est vrai que je veux être indiscret, mais en même temps, c'est que j'ai en face de moi trois personnes qui sont nées entre 92 et 98. Et c'est toujours intéressant aussi de voir des films qui racontent des histoires dont on n'a pas été forcément contemporain. Et finalement, le propre du cinéma, c'est d'arriver Merci. à nous faire croire que nous avons été contemporains à la fin du film. Et ça, ça peut être intéressant. Lina ?
- Speaker #3
C'est ça. Pour continuer sur l'idée de la tragédie grecque et la pièce théâtrale, entre guillemets, on a généralement, dans une représentation théâtrale, on a un narrateur. Et pour moi, le réalisateur, c'est notre narrateur. Avec... C'est ça. Il commence le film... On commence le film avec sa voix, avec sa douceur. Il y avait même un peu de poésie, je trouve, dans son discours. Et il avait ce temps propre au narrateur. J'avais, quand je me rappelle, quand j'étais très enfant, très enfant, quand j'étais enfant, j'avais une petite cassette à l'ancienne de La Belle au bois dormant. Et c'était pareil. J'ai fait le parallèle sur le coup. Donc voilà, ça c'était, enfin c'est pour la première interprétation. Sinon, je trouve un point très très très important, le montage. Je ne sais pas si vous vous êtes rendu compte, mais on saute constamment d'images de Hesni vivant. Ensuite, Hesni n'est plus. Donc on voit des témoignages, des personnes qui parlent de Hesni, de la période après sa mort. Je revois lui, là, il nous sourit, il nous parle, il chante. C'était constamment cela tout au long du film. J'ai trouvé ça un peu perturbant, mais super intéressant. Et j'ai essayé d'interpréter ça à ma manière. Je me suis dit que peut-être que le réalisateur, au-delà du fait que ce soit un hommage, qu'il souhaitait faire un hommage à Hasni, peut-être que c'était aussi autre chose, pourquoi pas de la résistance. On voit Boudiaf à un moment. Déjà tu me mets Boudiaf et Hesni avec du rail, je suis très heureuse et comblée. Boudiaf aussi était une figure de résistance qui parlait énormément des jeunes, on le voit dans le film aussi. Les deux parlent, on avait un passage, je crois que chez le coiffeur, il parlait précisément de la jeunesse, de l'importance du rail, que limite c'était vital. Après ça, après quelques minutes, on voit Boudiaf qui parle aussi des jeunes, de leur potentiel, qu'il fallait être là pour eux, les encourager, etc. Je trouve que ce n'est pas indéniable comme détail. Et peut-être que ce documentaire est plus qu'un hommage. Il porte en lui un message de résistance, de mémoire. Grâce à la mémoire, justement, on résiste à... Enfin, voilà. Je perds le mot, je suis très émue.
- Speaker #2
Oui, je partage entièrement, amplement, l'avis de... de Lina, parce que chose que je trouve très intéressante dans le film et qui m'a justement renforcé cette idée que Hasni est un personnage secondaire dans ce film, c'est que le film met en avant Hasni comme une figure qui représente le rail, le rail qui retrace justement l'histoire de l'Algérie durant les années 90, et justement je trouvais que le film s'appuie sur trois couches. Ou bien trois lignes parallèles, vous choisissez la forme géométrique qui vous convient. Parce que ce que je voulais dire par ça, c'est qu'on passe d'une couche à l'autre. On a la première couche, on a Hasni, une figure, un chanteur, un personnage ou bien une personnalité. Après l'autre couche, c'est le rail. c'est comment on met le rail comme un élément de résistance dans cette période-là. Et la couche supérieure qui englobe tout ça, on parle justement de l'Algérie à travers la musique, mais aussi on parle de la musique dans cette période-là, en mettant toujours l'Algérie au corps de sujet et au centre.
- Speaker #0
Au cœur du sujet et au centre, exactement. Mais ce qui est intéressant aussi, et ensuite, Nérymène, tu prendras la parole, moi je trouve que c'est un film extrêmement maladroit. Dans tout. Dans son montage, dans sa mise en scène, voire même aussi dans la manière d'installer la voix. Je trouve que c'est aussi un film qui peut témoigner, pour le coup. de la maladresse du cinéaste à vouloir capter cette instantanéité du présent. Et c'est un film qui, selon moi, oxyde entre l'émotion et faire en sorte que cette émotion se transforme en un objet de cinéma. Et donc, c'est pour ça que je ne suis pas forcément dubitatif vis-à-vis de ce film parce que je me dis que c'est un film qui a dû... important pour lui, pour Jamel Kalfaoui, déjà, à long terme pour nous, parce que ça reste quoi qu'il arrive, il est devenu, ce film, un objet d'archive important, très important, bien évidemment, parce que ne serait-ce que de voir ce Hasni en dehors de ses champs, de le voir lui, de voir cette timidité dans cette manière de parler aussi en français ou en arabe, de cette maladresse dans cette manière de bouger aussi, je trouve que quand il marche un peu maladroit aussi, c'est très beau en même temps, c'est très beau. Et c'est pour ça que je n'y vois pas dans ce film un objet de cinéma dans son ensemble, mais le cinéma est aussi une manière de regarder et de dire que cette image a existé, cette image doit être protégée, et là où peut-être Re... J'y mets une limite, c'est qu'effectivement cette image doit être protégée, mais je pense que le cinéma, dans toute sa vraisemblance, doit aussi faire en sorte que l'image, en plus d'être protégée, doit être contredite. Je ne peux pas contredire cette image. Et donc c'est peut-être un peu complexe. Ça n'est pas une dégueulasserie, ça n'est pas violent, ça n'est pas problématique. Mais je crois que c'est un film qui a été fait dans l'urgence, qui a été capté dans l'urgence. Et que c'est très compliqué d'avoir suffisamment de distance pour réfléchir. On va se dire, bon, Hasni il est là, mais finalement Hasni c'est quoi, c'est qui ? Et donc d'ouvrir, Ce sont des films qui ont été réalisés dans l'urgence et c'était important de les faire aussi.
- Speaker #2
Aussi, juste pour me joindre à l'idée qu'évoquait Naliman tout à l'heure, on glorifie justement le personnage parce que dans ce film, on a le champ et le contre-champ. Pourtant, techniquement, il n'y avait pas ça, il n'y avait pas des dialogues. On ne voit que des interventions et des témoignages. Pourquoi j'ai dit champs et contre-champs ? C'est parce que le réalisateur essaie, ou bien c'est l'impression qu'il nous donne, il essaie de voir la vie de Hassani de plusieurs angles. Et à travers les gens qui ont la même perception des choses que lui, et les autres qui représentent la vie opposée. quoique ces gens-là n'ont pas eu leur temps dans le film. Ce qui rend le film unidimensionnel. Genre, comme je disais tout à l'heure, il glorifie ce personnage et qui le rend presque légendaire malgré sa modestie.
- Speaker #0
Lina ?
- Speaker #3
Alors moi, je ne peux m'empêcher à chaque fois que je vois un film de chercher l'interprète. l'intention du réalisateur. Donc il se trouve que je passe à côté parfois de la forme ou de la mise en scène. Mais pour faire court, je pense que le film est profondément politique étant donné le contexte de l'époque, etc. Donc ça ne pouvait pas être qu'un hommage à la personne qui était Hasni en tant que chanteur, etc. Mais ce que je voulais dire, parmi les interventions, il y avait le maire du fils. J'ai interrogé ces images-là, pourquoi il a voulu mettre ça, pourquoi il a interviewé. Je pense que c'était une manière de montrer que la violence pouvait être autre chose que prendre une arme et tirer sur quelqu'un. Une violence plus structurée, qui glace le sang par son discours totalement, voilà, limite, enfin, voilà, très organisée, très structurée. structuré. Et donc, il montre que cette violence-là est même plus dangereuse que la violence armée, étant donné qu'on peut influencer les masses, les sociétés par le discours. Et c'est ce qui a fini par gagner à l'époque. Donc, je pense que c'était très intéressant comme intervention.
- Speaker #1
Je vais déjà te répondre pour le symbole et je vais enchaîner là-dessus. Alors, ce que je disais, c'est que Euh... Pour moi, c'est vrai que, d'ailleurs c'est Samer qui l'a dit, avant sa mort, Hasni était un symbole de la jeunesse, effectivement. Mais qu'après sa mort, c'est devenu un symbole vraiment politisé. C'est au-delà de la jeunesse, c'est devenu un symbole de résistance, etc. Là où je te rejoins entièrement, Samer, c'est que moi j'ai eu l'impression... Vraiment, je l'ai senti. Je l'ai senti. Après, qui suis-je pour dire ça ? Mais je ne voyais pas le désir de faire du cinéma, du cinéaste, mais je voyais un désir, comme une nécessité de rendre hommage à Hsini. Il le dit, il est très ému. C'est une musique qui l'a accompagné. Et les circonstances dans lesquelles il a appris sa mort, ... Tout ça, il nous le raconte. Comme s'il avait ce besoin-là de parler de ce chanteur, de cet artiste, et de parler de ce que, pour lui, il représentait. C'est pour ça, peut-être, qu'il y a vraiment un discours assez très positif, où on construit une figure de sainteté, etc. Là où j'ai trouvé... J'ai regretté aussi, que ce ne soit pas plus approfondi, c'est que le seul geste de cinéma que j'ai trouvé, c'était dans une interview qui était celle avec une ancienne... de linguistique à l'université, où vraiment elle parlait, elle analysait l'impact de la musique de Hissini sur la jeunesse algérienne. Qu'est-ce qui a fait qu'il a eu autant de succès ? C'était en utilisant un langage populaire, c'est en parlant d'amour avec un langage que les jeunes peuvent comprendre. C'est comme ça qu'il a créé le lien avec la jeunesse algérienne et après avec tout ce qu'il représente, etc. Malheureusement, j'ai trouvé que cette piste n'était pas plus creusée que ça, que c'était balancé. Et moi, tout de suite, ça m'a captivée. J'avais envie qu'on me dise plus, faire une analyse socioculturelle, sociopolitique de l'artiste lui-même. Pas juste dire qu'il était génial et tout. Oui, c'est super, mais aller plus en profondeur. Malheureusement, ça n'était pas fait. Et c'est ce que j'ai regretté aussi. Je tiens à dire que je n'ai absolument pas détesté ce film. Au contraire, j'ai trouvé que même si je ne suis pas une adepte de l'artiste ni de sa musique, j'ai retrouvé toute cette nostalgie, toute cette révolte aussi. Je me suis dit quand même, Hissni, c'est un bonhomme, il est courageux et tout ça. Et franchement, j'ai adoré regarder ce, je ne sais pas comment le dire, ce produit. Pour moi, ce n'est pas du tout un échec audiovisuel, mais vraiment, c'est un documentaire qui ne passe pas à mes yeux par une écriture cinématographique. Voilà.
- Speaker #2
Mais ça reste intéressant.
- Speaker #3
Tu me fends le cœur, Merriman.
- Speaker #1
Exactement. Et tu l'as très bien dit, Samir, c'est un film extrêmement important pour la pros... Prostérité ?
- Speaker #3
Prostérité.
- Speaker #1
Voilà, c'est vraiment quelque chose qui est important pour les archives. Ça empêche aussi le fait qu'on récupère l'image de Hesnay et qu'on en fasse ce qu'on en veut aussi.
- Speaker #0
Tu me fends le cœur. J'essaie de jouer Rému dans Marius. C'était très mauvais. On a convoqué Marcel Pagnol avec ce film. Il faut le faire quand même. Quatrième épisode de Fractures, le podcast où on a parlé de Hasni. Je vise encore un film de 93-94 réalisé par Djamal Kelfaloui. Merci beaucoup Nariman, Lina, Sadek pour vos retours. Merci à Samy pour la technique. Merci beaucoup à l'Institut français. On se retrouve dans quelques semaines pour le cinquième épisode. N'hésitez pas, par je ne sais quel moyen, à nous balancer des commentaires qui soient négatifs ou positifs. On adore ça, on le lit avec beaucoup d'attention. Merci à vous trois.
- Speaker #1
Merci, au revoir. Soci