- Speaker #0
Fracture, bonjour, ça dépendra de l'heure dans laquelle vous allez découvrir ce nouvel épisode du podcast Fracture. Fracture, je rappelle à la base d'une formation de créatrice de cinéma qui a été réalisée dans le cadre de l'Institut français d'Alger et c'est aussi et avant tout une revue algérienne de cinéma qui s'est transformée en un podcast. Nous allons entamer le septième épisode. Ça passe vite et je suis toujours content, vraiment content de retrouver mes collègues. Mais bien sûr aussi, il faut préciser Samy à la technique que je remercie et toute l'équipe de l'Institut français d'Alger. Bonjour Sadek, bonjour Nariman, bonjour Lina.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Comment allez-vous tous les trois ?
- Speaker #1
Ça va.
- Speaker #0
Nous allons parler d'un film qui s'appelle Tin Henan, la dernière nomade, mais avant cela, avec bien évidemment l'autorisation, je sais que ce mot est un peu prononcé de mes collègues, je voulais juste ouvrir une petite parenthèse, nous sommes le 5 mars, nous enregistrons le 5 mars et le 4 mars nous avons appris avec beaucoup de stupeur et de tristesse, je dis nous et j'espère que je pense que vous partagerez ce nous, à savoir la disparition d'un cinéaste. point virgule, cinéaste algérien virgule, il s'appelait Anis Djiad, il avait je crois 52, 51, 52 ans il était dans 74, donc deux ans avant moi c'est une certaine génération, en tout cas il y a quelque chose qu'on voit, qu'on devine, je suis un peu ému parce que c'était aussi d'abord avant tout un ami c'était un cinéaste intéressant important et bien évidemment nous lui dédions ce septième épisode je l'embrasse très fort Mais bien sûr, je pense aussi à sa famille et à ses proches. Et tes films existent encore, donc c'est ça le plus important. Je referme cette parenthèse. Tin Hinan, La dernière nomade, c'est l'épisode 7. C'est un documentaire réalisé par Leila Arteze Benhaj, un documentaire franco-algérien. Et dans ce film, dans Tin Hinan, Leila, la cinéaste, le film s'organise autour d'un déplacement à travers le Sahara algérien. C'est une traversée qui constitue le fil conducteur du récit. et qui structure les différentes rencontres qui jalonnent le film. Leïla, donc la réalisatrice, entreprend ce voyage à la recherche de Tin Hinan, qui est une figure ancestrale associée à l'origine du peuple Touareg. Elle va traverser le Sahara accompagnée de sa maman. Et puis au cours de ce parcours, elle croise deux personnes, Fatimata et sa fille Leïla. Une enfant qui a à peu près 5-6 ans, je crois. Et qui vivent donc ces deux personnages encore selon un mode de vie nomade qui serait aujourd'hui menacé. Et à ce moment-là, le film prend alors la forme d'un récit, à la fois personnel, familial, qui pourrait peut-être interroger la transmission. Les relations entre mères et filles, mais aussi les traditions d'un univers culturel confronté aux transformations de la modernité. On la voit, la cinéaste à l'écran, accompagnée de sa mère. C'est une présence qui installe une dimension personnelle, peut-être, mais qui crée aussi un dialogue entre plusieurs générations de femmes. Et cette dynamique se prolonge avec la rencontre d'une femme vivant dans le désert et de sa fille, Fatima Tain et Leïla. dont les gestes du quotidien deviennent progressivement un élément central du récit. Et pour aller très très vite, je dirais que le film va adopter un rythme assez posé, avec des plans qui prennent le temps de s'installer, qui suivent le déroulement des activités observées. Certaines séquences vont aborder des représentations spirituelles locales, filmées dans une logique d'observation. Et puis il y a un travail sonore qui occupe une place importante avec la coexistence de plusieurs langues. et la présence donc des ambiances du désert. Tout ce que je dis est de l'ordre du factuel. Je ne dis pas si le film a fonctionné ou pas, au moins. C'est juste de l'ordre du factuel. Et l'ensemble pourrait composer un documentaire qui articule déplacement, mémoire, transmission autour d'un territoire et de figures féminines. On a posé le décor. Maintenant, il s'agit d'entendre nos critiques de cinéma. Lina, ce film, est-ce qu'il t'a bouleversée ?
- Speaker #2
Bouleversée, c'est un grand mot, Samir. Écoute... Je vais être directe et je suis d'humeur assez cash. Je ne vais pas mentir, c'est un film qui n'a pas forcément fonctionné en moi. Et pour être crue, je me suis ennuyée, si je puis dire ainsi, les choses. Mais bon, je ne vais quand même pas m'arrêter à cela. Pourquoi je me suis ennuyée ? Disons que, selon moi, il y avait trop de silence. Et ce n'était pas le genre de silence habité qui nous interroge, qui nous hypnotise. C'était pour moi des images totalement figées qui se répétaient. Et encore, ça se prépare du thé, ça lave le linge. C'était tout le temps les mêmes images qui revenaient encore et encore. C'était long et franchement, au bout d'un moment, je n'en pouvais plus. Il y a une façon... de montrer le désert. Certes, le désert, c'est beau, c'est magique, mais il ne suffit pas de poser la caméra pour que ça ait du sens ou que ça marche forcément. J'ai ressenti comme une sorte de paresse, juste de compter sur la beauté des paysages et attendre une certaine magie qui va apparaître à l'écran. Donc déjà, ça, c'est le premier point qui... que je souhaitais aborder. Pour juste ajouter un point, pour compléter cette idée, par rapport à l'esthétique du film, disant que c'était une esthétique de contemplation, tu l'as dit durant le synopsis, mais toi tu l'as très bien vendu, mais je n'ai pas eu l'impression de voir le même film lorsque tu en as parlé. C'était barbant au bout d'un moment. Sinon... Pour rejoindre cette idée, j'attendais qu'il se passe un truc. Il y avait une espèce d'absence de tension, presque. Parce qu'effectivement, durant les 30 dernières minutes, il se passe quelque chose et c'est là où ça devient intéressant. Et je parlais évidemment de la scène de la possession, la partie où ça parlait des jeans, etc. C'était la Aminata, il me semble, la jeune fille de 15 ans. Là, ça devenait intéressant, j'ai eu quelques frissons, mais... La réalisatrice, j'ai l'impression qu'elle fait le choix de presque balayer cet instant qui est selon moi très très important. Ok, elle le montre. On assiste un peu à plusieurs moments où la fille se fait, pas exorciser, mais bon, on voit un moment où elle prend une espèce de potion, où elle commence à éternuer pour que le jean sorte. Enfin bref, c'était très impressionnant comme scène. Mais je n'ai pas forcément adhéré Ausha de la réalisatrice de juste montrer quelques images et de ne pas en parler plus. Le contexte, on sait que dans certaines parties du Sahara, notamment dans des régions comme Djanet, il y a des histoires pareilles, des histoires de djinns, de personnes possédées. Mais il y a toute une histoire derrière et j'aurais aimé qu'elle pose le contexte. qu'elle crée un peu plus de liens avec ses spectateurs. Et justement, en parlant de liens, la voix off, cette voix off, je trouvais ça un peu problématique dans le sens où j'ai l'impression qu'elle ne nous parle pas à nous, mais à elle-même et à sa maman. Et à un moment, je me dis, j'ai l'impression que c'est juste une espèce de conversation privée et que nous, on est un peu de trop. Je ne me suis pas sentie forcément concernée par ce discours poétique, certes assez joli, mais bon, au bout d'un moment, pareil, ça tourne en rang. Donc voilà, grosso modo... Elle n'arrive pas,
- Speaker #0
en fait, à cerner l'intention de ce film. Qu'est-ce qui le fait ?
- Speaker #2
Exactement, je ne sais pas ce qu'elle veut faire avec ce film. Je ne comprends pas. Pareil. Mais en gros, il y a... Un personnage, enfin une personne que je trouve hyper intéressante, vous l'imaginez, c'est Rahman. La jeune fille qui, parce que porte des jeans et des t-shirts et qui fait du judo, elle est considérée comme rebelle et moderne. Ok, oui, mais non, c'est un peu trop facile ça aussi.
- Speaker #3
C'était très complexe pour moi, je l'ai vue deux fois et à chaque fois, j'essaye de m'incruster dedans, mais le film me fait sortir à chaque fois. Chaque fois que je me dis, ah tiens, je trouve le fil conducteur des événements, je trouve, c'est ça l'intrigue, peut-être c'est ça là où on va. Très bien, je le donne une deuxième, troisième, quatrième chance. En plus, c'est un film d'une heure dix-sept. Oh mon Dieu. Pour un film d'une heure dix-sept. Et à chaque fois, tu te perds, tu te perds. Et je te rejoins dans ton regard, Lina. Je pense que la réalisatrice ne savait pas. pas quoi dire ni je pense aussi que durant le tournage, elle n'avait pas cette intention de raconter les mêmes événements qu'elle allait mettre dans le film. D'ailleurs, on voit deux ou bien trois manières de filmer. Au début, on est sur la route, elle filme, je pense, avec son téléphone, l'essentiel de la qualité n'était pas... Elle n'était pas aussi bonne que les autres. Au milieu du film, après elle suit Rahman et après on trouve Fatimata. Et là on trouve vraiment de l'esthétique dans le film. On trouve que la réalisatrice, d'ailleurs elle le disait vers la fin du film, elle trouvait Satine Hinan. Donc au début... Elle était à la recherche de Tini Hinnan, cette reine amazigh qui était dans le sud algérien. En 6e siècle ?
- Speaker #1
Tout le monde ne s'accorde pas sur l'époque. Il y en a qui disent 4e, il y en a qui disent 6e.
- Speaker #3
Oui, l'essentiel. La réalisatrice, elle était justement à la recherche de Tin Hinan. Mais je pense qu'elle l'a un peu forcée. Elle ne savait pas là où aller. Elle ne le trouvait pas forcément, mais elle le forçait dans son narratif, dans le film. Elle trouvait justement Fatimata comme une figure de résistance. Parce que la nature dans le désert, c'est cruel en plus. La pauvreté, même la société, les gens qui l'entourent, ils traitent Fatimata de... Je ne sais pas, qu'elle a un peu une maladie... Elle a une maladie mentale, je ne sais pas quoi. Donc tout ça, la réalisatrice, elle cherchait ça dans Fatimata, alors que Fatimata... C'est une simple Algérienne. Elle a toujours la vie bédouine. Elle était hésitante à un moment donné dans sa vie. Est-ce qu'elle reste dans le désert ou bien elle rejoint son mari au village ? Alors qu'au village, d'après le film, je n'en trouvais pas une grande différence. Je reviens sur le point de l'esthétique. Personnellement, je trouvais que c'est beau. La composition, même l'étalonnage, il était bien. Mais le reste du film, je ne comprends pas.
- Speaker #0
Il y a donc de belles images. Comme disait l'autre, il y a de belles images, mais peut-être qu'il n'y a pas assez de plans. Si je devais de manière assez... gratuite.
- Speaker #3
Ça ne nous aide pas d'aller au-delà du plan, au-bien de l'image.
- Speaker #0
J'ai l'impression que je sens qu'en fait, et puis ensuite Nariman, peut-être que tu vas nous donner la réponse, il y a un gros point d'interrogation qui fait que pourquoi ce film ? Pourquoi ce film existe ?
- Speaker #1
Dès l'ouverture du film, grâce à la voix-off de la cinéaste, comme tu l'as très bien dit Lina, qui ne s'adresse pas à nous, mais qui s'adresse à sa mère. qui est présente lors de ce voyage. Si je n'avais pas vu la mère dans ce film, sincèrement, j'aurais cru que sa mère est décédée. Le ton de la voix était mélancolique, presque triste, je ne sais pas. Et on apprend que l'initiative de ce voyage vient d'une photographie. Photographie floue de la grand-mère de la mère de la cinéaste, donc son arrière-grand-mère qui était Twerg. Photographie qu'on ne voit pas. Donc déjà, d'emblée, la cinéaste nous raconte un petit peu ce désir de faire ce voyage, pourquoi elle le fait, mais ne nous montre pas ce qu'elle raconte. Donc déjà, il y a une dissonance entre ce qui est dit et ce qui est montré. Pour moi, ce film, c'est une sorte de carte postale, déjà, en termes d'esthétique. C'est vrai, le désert est beau et il suffit de très peu pour le voir. Je ne comprenais pas quel était le besoin acharné de montrer tant de plans de ce désert. Sachant que, d'après le titre... On va voir normalement la figure de la Tin Hinen. Petit à petit, on la retrouve cette figure. Mais là encore, je reviens au titre qui est la dernière nomade. Je m'attendais à justement voir cette nomade qui est censée ne pas être une personne sédentaire comme les Fatimata. J'aimerais juste vous proposer une référence qui nous montre... ces nomades concrètement, qui est un reportage pour le coup de RTBF qui a été fait par François Mazur. Et dans ce reportage, il y a une quête de ces Tuaregs, de ces nomades, parce qu'ils sont difficiles à retrouver. Alors que Fatimata, elle ne bouge pas de là où elle est. Certes, elle est isolée au milieu du désert. Certes, elle a un quotidien qui est très rudimentaire. Mais ce n'est pas forcément la figure de la nomade. Mais passons, c'est pas grave. Au-delà de tout ça, je trouve que ce qui rejoint un peu l'idée de on ne voit pas, on ne comprend pas les intentions de la cinéaste, mais par le fait du hasard, il y a certains plans que moi j'ai trouvés assez intéressants. et qui ne raconte pas ce qu'on a l'impression que la cinéaste veut nous raconter, c'est-à-dire la disparition d'un monde, la disparition d'un mode de vie. Moi, ce que j'ai vu, par exemple, dans les scènes où Fatimata, elle rentre au village auprès de son mari et de sa fille Aminata, on a plusieurs plans, je crois deux ou trois plans. On voit Fatimata dans le cadre. dans un extrême et son mari dans un autre extrême. Chacun affairé à une tâche. Mais ils ne sont pas ensemble. Chacun a une extrémité. Il y a une autre scène où on a une voix en hors-champ qui est celle du mari qui réprimande Fatimata pourquoi elle n'a pas fait le déjeuner. Et Fatimata lui rétorque que s'il continuait à l'embêter, elle va retourner au désert. Là au moins, elle avait la paix.
- Speaker #2
J'ai adoré ce moment.
- Speaker #1
Et je me dis qu'au final, on ne voit pas, c'est pas la disparition d'un mode de vie, mais c'est juste une femme qui fuit une sorte de mode de vie qui est régi par une forme de patriarcat. Du coup, on a une femme qui tient à sa liberté, à sa dépendance, elle fait ce qu'elle veut, comme elle le chante au milieu du désert. C'est ça que j'ai vu. Mais est-ce que la cinéaste, elle voulait nous montrer ça ? Je ne sais pas. Et c'est là où je me demande quel était l'objectif au final de ce film, quel était le besoin. Au départ, on part à la recherche d'une figure ancestrale, de la figure de Tin Hinan, parce que je le rappelle que la cinéaste, c'est dans cette photo qu'on ne voit pas, où elle y voit la figure de Tin Hinan. dans la personne de son arrière-grand-mère. Et du coup, c'est un peu une quête identitaire, on va dire. Elle veut revenir sur les traces de ses ancêtres. Mais par la suite, elle change du tout au tout. Et on voit, c'est une histoire de famille, de relation entre mère-fils, ce qui était effectivement assez intéressant à voir. Mais j'ai l'impression que tout est le fruit du hasard. Que la rencontre avec Rahma est une rencontre fortuite, que beaucoup de choses sont le fait du hasard, qu'il n'y avait pas concrètement une intention, une écriture, une volonté de raconter quelque chose de précis et ça a donné une sorte de film un peu intimiste qui ne dialogue pas forcément avec nous, qui est plus un entre-soi entre la réalisatrice et sa mère. en fait elle nous raconte son voyage tout simplement j'ai eu l'impression de voir un vlog à plusieurs moments où elle est en mode selfie elle nous raconte ce qu'elle fait elle nous montre les paysages du désert elle nous montre de manière assez caricaturale j'ai envie de dire les coutumes un peu des tuerég les femmes qui chantent les... les bijoutiers qui fabriquent les bijoux Touareg, etc. J'ai eu l'impression de voir une personne qui fait un vlog sur son voyage.
- Speaker #0
C'est très étrange parce que l'épisode 5, qui était consacré au film Riverboom, alors que Riverboom n'a pas été fait récemment, encore que le montage a été fait plus ou moins récemment, mais il a été tourné début du XXIe siècle si je ne me trompe pas. On avait évoqué cette configuration filmique du vlog avant l'heure. Mais moi, ce que je retiens finalement de cette conversation, c'est qu'il y a quand même des séquences qui sortent du lot. Et en gros, si j'ai bien compris, en t'écoutant Lina, en t'écoutant Nariman, ce que j'ai bien compris, c'est que vous remarquez comme ça chacune une séquence. Et vous vous dites, mais là, pour le coup, c'est assez prétentieux ce que je vais dire. Mais est-ce que la cinéaste a remarqué la force de cette séquence ou de ces séquences qui pouvaient peut-être dessiner une trajectoire ? J'ai l'impression que...
- Speaker #3
Oui, oui, en fait, moi, je pense que le film ou bien la réalisatrice posait parfois des questions qui ne sont pas adéquates avec le propos du film lui-même. Par exemple, quand elle est partie accompagner sa mère à l'aéroport, en revenant, elle posait une question qui, à mon sens, intrus par rapport à ce qu'on venait de voir ou bien les scènes précédentes. Elle s'interpellait, ou bien elle se demandait, est-ce que Fatimata va rester dans le village ou bien elle reviendra au désert ? Cela m'a fait... un peu détaché du film. Pourquoi ? Parce que je disais avant, je galérais pour m'incrister dans le film. Et cette question-là, on ne la posait pas au début. Le film ne disait pas ça, n'était pas sûr sur est-ce que Fatimata, elle va rester ou bien si c'était dès le début on aurait qu'à prendre le propos. Mais tu commences le film d'une heure dix-sept avec, comme le disait bien Naliman, un vlog. On voit la route de désert, on voit d'autres personnages. Après, vers la fin du film, il restait un quart d'heure, dix minutes, tu poses une autre question sur un personnage, ou bien le personnage principal dans lequel tu voyais la figure de Tin Hinan. Ça, je ne le trouvais pas. Je rejoins aussi mes amis dans le fait que la réalisatrice, elle ne savait pas quoi dire ou bien quoi faire avec le film.
- Speaker #2
Mais Rahman, on voit qu'elle a une espèce d'énergie, qu'elle a une colère en elle. Il y a peut-être un ou deux plans où elle est filmée de très près. Elle porte son casque, elle écoute la musique et elle marche seule. Et on ressent cette espèce de colère, cette espèce d'énergie, de rêve. Et je pense que, d'ailleurs, on la voit à certains moments prendre la parole pour parler avec Aminata ou d'autres personnes, mais notamment avec Aminata où elle parle justement de l'absence de la mère, parce que Rahma, pour contextualiser, elle a été abandonnée par sa maman biologique. Et Aminata, elle, elle a ses parents et elle se plaignait en lui disant que je ne me sens pas aimée par mon père, ma mère, etc. Et Rahma, elle commençait à pleurer et à lui dire, en gros, que non, t'as de la chance, etc. Tu peux pas dire ça, moi j'ai été orpheline, etc. Bref, c'est pas ça le problème, mais en gros, j'aurais aimé quand même, je me permets de le dire, que Rahma ait plus de temps d'écran, qu'elle parle face cam. qu'on lui pose certaines questions sur ses rêves je sais pas,
- Speaker #0
ça aurait été intéressant de conclure sur cette figure là il y a des critiques de cinéma par exemple par François Bégodeau avec qui je discute souvent qui vient de cette école là à savoir j'aurais aimé, j'aurais aimé, j'aurais aimé donc on peut l'accepter mais en t'écoutant j'ai vraiment envie de te dire s'il te plaît prends une caméra tu vas avec sa deck en voiture parce qu'il adore rouler et tu prends Nariman pour Voilà. qui va s'occuper du son j'en suis persuadé et je suis persuadé qu'on va voir un autre film est-ce qu'il sera beau ou pas j'en sais rien il y a un point qui m'a un peu je pense qui m'a gêné qui m'a marqué dans le film c'est que la
- Speaker #3
réalisatrice en trouvait sa narration omniprésente au début de film au point où je me suis dit pourquoi il y a des images, on peut voir pourquoi elle nous raconte ce qu'on voit et ça ce qui m'a un peu renforcé l'idée qu'elle ne savait pas qu'elle n'avait pas ça en tête qu'elle allait uniquement filmer Fatimata après les autres rushs qu'elle a pris elle a pris conscience qu'ils peuvent être à son sens utiles dans le film parce que une fois qu'on commence, qu'on retrouve combien, de la première fois on voit Fatimata à l'écran, la narration, elle sera, je pense, mesurée. Il n'y a pas trop de paroles. Elle donne le temps et l'espace au plan qui nous parle. Après, c'est relatif, est-ce qu'il parle autant ou non ? Mais bon, ça, c'est ce que je pensais.
- Speaker #1
J'aimerais rajouter juste, je me suis rappelée d'un plan que je trouve assez évocateur. Pour répondre un peu à l'hypothèse que tu as posée, Samir, dans le sens où est-ce que la cinéaste a conscience de ses plans, c'est un moment où, pour la énième fois, la cinéaste filme les paysages du désert, la caméra recule et on voit Rahma qui filme exactement le même paysage avec son téléphone. Et la question que je pose, je me dis, est-ce que ce n'est pas comme du consommable, ce type de plan, est-ce que ce n'est pas du consommable, c'est-à-dire du contenu Instagram ? programmable. Et j'ai l'impression que la moitié du film, c'est un peu ça. C'est attirer l'œil avec des plans assez aguichants, beaux, effet carte postale.
- Speaker #3
S'appuyer sur l'esthétique, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, je ne sais même pas si on peut dire esthétique, parce que c'est un beau paysage. On n'a pas grand-chose à faire pour qu'il soit beau.
- Speaker #0
La question qu'on se pose à ce moment-là. À ce moment-là, c'est est-ce qu'elle regarde vraiment ce qu'elle filme ?
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #0
C'est ta question.
- Speaker #2
Juste pour conclure, ce que je veux dire, c'est que si profondeur il pouvait y avoir, elle n'a soit pas réussi à la saisir ou que c'était un choix qu'elle ne voulait... Quand tu as dit tout à l'heure qu'elle n'avait pas remarqué ses plans, je ne pense pas qu'elle n'ait pas remarqué. Peut-être que c'était juste son choix dès le départ. Elle voulait faire ce film ainsi. comme une lettre à sa maman et basta.
- Speaker #0
Mais est-ce qu'elle a mis suffisamment de teint pour qu'on reçoive cette lettre ? Tin Hinan, la dernière nomade, allez voir quand même ce film. C'est important, découvrez-le, il le faut. C'était l'épisode 7. Je rappelle que le film est signé Leila Artez Benhadj. Je remercie toujours et toujours Samy à la technique. Je remercie mes collègues Lina, Nariman, Sadek pour nous avoir offert leur regard. et nous aimerions bien avoir vos regards, c'est-à-dire que l'émission est diffusée sur les réseaux sociaux, le compte de l'Institut français d'Algérie par exemple sur Facebook ou sur les plateformes audio, je ne sais pas si on dit comme ça, Deezer, Spotify, etc. Et il est possible, sachez-le, du haut de mes 50 ans je suis toujours surpris, mais il est possible de lancer de base, de placer des commentaires. n'hésitez pas à nous commenter à nous donner des critiques négatives ou positives parce que la critique c'est d'abord un mot positif et on est prêt à vous payer un café si vous êtes en Algérie voire même à Alger c'est encore mieux mais vraiment n'hésitez pas, on a besoin de dialoguer avec vous, que vous dialoguiez avec nous c'est très important on se retrouve pour l'épisode 8 d'ici quelques jours, d'ici là regardez des films qu'ils soient beaux ou pas beaux et prenez soin de vous, merci à vous
- Speaker #2
Merci, ciao Merci.