- Stéphanie
Parfois je n'arrive pas à mettre deux mots et puis l'important pour moi c'est de vivre la relation. Et là coup de fou d'amicale entre elles deux. Toutes les trois j'ai l'impression qu'il peut se passer n'importe quoi et à un moment donné de toute façon on va se retrouver. Donc en effet ça a bien mis six, sept, huit mois avant qu'on reprenne un peu notre amitié comme avant.
- Elodie
Bienvenue dans le podcast Gang de Copines. Ici, la sororité n'est pas un slogan. C'est une expérience vécue, riche, complexe, parfois bouleversante. Tu vas entendre mes discussions, profondes ou légères, avec des femmes qui partagent leur histoire, leur expertise et leur combat. Tu vas entendre des histoires vraies, sans filtre, de femmes qui tissent des liens, traversent des tempêtes et s'élèvent. On célèbre à la fois la force et la fragilité des amitiés féminines. On ose parler de ce qui gêne. de ce qui répare. Gangue de copines, c'est l'espace où la sororité s'assume, se questionne et se vit pleinement. Bonjour Stéphanie ! Bonjour Élodie ! Alors Stéphanie, tu es diététicienne spécialisée en accompagnement émotionnel et quand on s'est rencontré, c'est cette facette de ton métier qui m'a interpellée parce que moi j'ai en tête qu'une diététicienne, ça aide à mieux manger et à perdre du poids mais j'imagine que c'est peut-être un cliché.
- Stéphanie
Alors non, ce n'est pas un cliché, puisque c'est ce que j'ai pratiqué pendant 30 ans en tant que diététicienne, que ce soit en alcoologie ou en prévention santé. Mais comme je me suis formée sur l'écoute à la relation d'aide, ça m'a montré en effet que les émotions bloquées jouaient sur l'alimentation, notre rapport à la nourriture. Et aujourd'hui, c'est ça surtout qui m'intéresse de développer. Avec une spécificité, j'accompagne aussi les personnes qui ont été abusées sexuellement. puisqu'en fait, ma pratique a fait que j'ai souvent eu ce genre de témoignages en allant creuser. Donc, le trouble alimentaire est un symptôme qu'on retrouve beaucoup chez les personnes abusées.
- Elodie
Est-ce que tu reçois plus d'hommes ou de femmes ?
- Stéphanie
Plus de femmes.
- Elodie
Plus de femmes, et est-ce que tu sais pourquoi ?
- Stéphanie
Par contre, non. Non ?
- Elodie
Tu n'as pas creusé ?
- Stéphanie
Je n'ai pas creusé, tout à fait.
- Elodie
Ok. Pour rentrer dans le vif du sujet, quelle est ta définition à toi de la sororité ?
- Stéphanie
La sororité, je t'avoue que je l'ai plus ressentie. Les mots vont vibrer dans mon corps ou pas. C'est pour ça que je vais te parler comme ça. Je l'ai vraiment plus vécue dans les groupes de paroles puisque j'ai été moi-même abusée. J'ai été amnésique pendant des années. Et c'est en 2008 que la mémoire m'est revenue. Et dans les groupes de paroles, on se retrouvait entre personnes qui avaient vécu cette expérience. Là, j'ai vraiment senti une sororité. Il y a quelque chose... Donc moi, il est plus associé à ça, ce mot. Alors j'entends qu'en effet, la sororité est souvent liée à la sororité entre femmes. Mais le mot sororité, pour moi, résonne à ce niveau-là.
- Elodie
Où il n'y avait pas que des femmes, du coup.
- Stéphanie
Et il n'y avait que des femmes.
- Elodie
S'il n'y avait que des femmes. Là, il n'y avait que des femmes. Parce que ce sentiment se ressentit à ce moment de groupe de parole.
- Stéphanie
Voilà.
- Elodie
D'accord.
- Stéphanie
Dans le sens où... Pour moi, cette sororité, c'est comme s'il y avait quelque chose, on n'a pas besoin de mettre de mots, on se comprend. Je pense que c'est en ça...
- Elodie
Par rapport à un vécu commun ?
- Stéphanie
Oui, tout à fait.
- Elodie
D'accord. C'est des personnes que tu vois toujours ? Est-ce qu'après les groupes de paroles, ces personnes, tu les vois encore ?
- Stéphanie
Alors, deux de ces personnes sont devenues des amies.
- Elodie
D'accord. En effet. D'accord. Donc, ce sont devenues des amies. En dehors de ce premier cercle-là, on va dire, comment tu décrirais ton cercle amical actuel ?
- Stéphanie
Alors, j'ai deux grandes amies, Sabine et Véronique, qui sont vraiment pour moi le noyau en fait.
- Elodie
C'est celle dont on va parler juste après.
- Stéphanie
Après, ça n'enlève en rien l'importance des autres amitiés. Parce que parfois, on peut avoir l'idée que le cercle comme ça, le noyau est plus important que les autres. Et je me rends compte que non. Le noyau apporte quelque chose. Mais les autres amitiés apportent aussi, et pour moi c'est aussi important. Donc parfois, je ne sais pas d'ailleurs quel mot mettre dans ma relation à certaines femmes, ou est-ce que c'est une amitié, une copine ? Parfois je n'arrive pas à mettre deux mots. Et puis l'important pour moi c'est de vivre la relation.
- Elodie
On va parler de Sabine, que tu connais donc depuis 20 ans.
- Stéphanie
Tout à fait.
- Elodie
Comment elle est entrée dans ta vie ?
- Stéphanie
Par la porte... Professionnelle, puisque moi j'étais diététicienne et je m'intéressais beaucoup à la naturopathie à l'époque. Je trouvais ça très intéressant comme autre profession. Et donc c'est d'abord que j'ai souhaité la rencontrer, tout simplement. Donc c'est une amie d'une amie qui m'a parlé d'elle. Donc on s'est rencontré et puis il y a eu un coup de foudre amical en fait, assez vite.
- Elodie
Ce coup de foudre amical, comment il s'est concrétisé ? Qu'est-ce que vous avez fait au début de votre relation, tu te souviens ?
- Stéphanie
Alors au début, on a surtout, Sabine à l'époque faisait beaucoup de stages. Elle a invité des professionnels du développement personnel et puis... Il y avait des stages qui se faisaient dans la région lilloise. C'est elle qui, je dirais, s'occupait de tout l'administratif, trouver l'administratif, louer une salle, faire la publicité, etc. Et tout ce qu'elle proposait, je trouvais ça génial. Et puis donc, j'ai pratiquement fait tous les stages qu'elle proposait. Et comme ce sont des stages où on voit quand même dans l'intime, très rapidement, on s'est découvertes aussi assez rapidement. On a partagé des choses intimes assez rapidement.
- Elodie
D'accord, c'est ça qui a créé. qui a créé le socle de votre amitié.
- Stéphanie
Voilà, ça a été les ateliers. Après, on a fait des voyages en groupe de femmes, là aussi, justement. Donc, c'est avec les autres, d'abord en groupe, en fait, où cette amitié s'est développée petit à petit.
- Elodie
Alors, tu m'avais expliqué que vous avez 13 ans d'écart et que pourtant, vous vous retrouvez souvent sur les mêmes étapes de vie, presque en même temps. Comment tu t'expliques ça ?
- Stéphanie
C'est assez... Je n'ai pas d'explication non plus sur ça. Puisque souvent, en effet, je suis surprise de lui partager quelque chose. Et puis, elle me dit, mais moi, c'est pareil. Donc, assez régulièrement. Et c'est vrai que ça, c'est chouette quand on passe surtout des moments pas faciles. Et quand on a quelqu'un qui peut comprendre, entendre, accueillir, c'est cadeau de la vie, ça, pour moi. Mais alors, pourquoi ? Je ne sais pas. Par contre, je suis fière. Et qu'on traverse comme ça de manière régulière des expériences communes.
- Elodie
Donc tu viens de dire qu'elle était un soutien dans les moments difficiles. Est-ce qu'il y a d'autres choses que vous partagez ?
- Stéphanie
On partage aussi bien les moments difficiles qu'au contraire les moments de joie. On est partis plusieurs fois en vacances ensemble. Voilà, découvrir, on adore découvrir en plus toutes les deux les endroits de la France. Donc voilà, on a aussi des goûts communs sur la nature, sur aller faire des marches, etc. Donc on se retrouve là-dessus, on a beaucoup partagé de moments comme ça aussi. Se retrouver autour d'un café, sur une terrasse. Voilà, j'adore ces moments-là aussi.
- Elodie
Et à un moment dans votre relation amicale, il y a une troisième personne. qui s'est invitée, on va dire, qui est Véronique. Comment elle est arrivée dans votre histoire ?
- Stéphanie
Alors là, la même chose, c'est une ex-collègue en fait, puisqu'elle était infirmière et moi diététicienne en alcoologie. Et puis on s'est retrouvés à un anniversaire d'une collègue justement, et on ne s'est pas quitté de la soirée, on n'a été que toutes les deux dans notre bulle avec Véronique, et on a parlé et parlé toute la soirée. Et là-dessus, je l'invite à mon anniversaire en fait. Avec Sabine et d'autres personnes, j'avais demandé qu'on aille, plutôt que d'avoir un cadeau, qu'on aille au resto, que chacun pèse son assiette, tout simplement. Le fait est qu'il n'y a que elles deux qui sont venues. C'était un jour où il y avait beaucoup de neige, du verglas, etc. Et ça a été les deux seules courageuses qui sont venues. Et là, coup de fou d'amicale entre elles deux. Donc inattendu. C'est-à-dire qu'elles deux ont matché assez vite et c'est parti de là, en fait. l'amitié à trois.
- Elodie
Et aujourd'hui, qu'est-ce qui vous relie toutes les trois ?
- Stéphanie
Je pense que c'est aussi les expériences que nous avons vécues toutes les trois. Je crois que le temps et les épreuves, en fait, viennent solidifier ou pas l'amitié. Et des épreuves, nous en avons eu, parce que plus d'une fois, ce trio aurait pu exploser. On n'a pas été épargnés. Et puis, le fait est que non, quoi. À chaque fois, il y a eu... Alors après, on est vraiment toutes les trois, où on a fait chacune un travail sur soi, où on prend responsabilité aussi de ce qu'on ressent, de ce qu'on sait aussi faire. On a chacune appris à faire le tri entre ce qui appartient à l'autre et ce qui nous appartient. Et donc, c'est ce qui s'est passé, avec des événements pas toujours évidents. Et en fait, il y a vraiment... Alors, parfois, j'ai du mal à employer ces mots-là, mais je me sens comme si j'étais connectée sur un autre plan, même avec elles deux. Alors après, à quel plan, j'en sais rien, mais il y a quelque chose, je trouve, qui nous lie. toutes les trois, j'ai l'impression qu'il peut se passer n'importe quoi, il y a un moment donné, de toute façon, on va se retrouver. Et, bah, vivre, voilà, donc j'ai découvert ce genre d'amitié-là. Je savais pas que ça existait. C'est la vie qui me fait découvrir que... Oui, ce genre d'amitié existe aussi.
- Elodie
Et tu viens de le dire, votre amitié a parfois été mise à rude épreuve. Il y a notamment eu un épisode pendant des vacances dans le Morbihan. Est-ce que tu veux bien nous en parler ?
- Stéphanie
Oui, tout à fait. Les parents de Véronique ont une maison dans le Morbihan. Donc, elles nous invitaient, Sabine et moi, pendant 15 jours en vacances là-bas. Et puis, une fois arrivée là-bas, en fait, donc avec la joie de nous accueillir, de passer 15 jours ensemble, etc. Sauf que dans les lieux, pour une raison, voilà, on n'a pas forcément toutes les raisons, mais Sabine comme moi, dès la première nuit, impossible de dormir, hyper mal. Moi, j'avais l'impression que je sortais de mon corps, j'avais l'impression d'être coupée en deux. Il n'y a que cette fois-là où j'ai fait cette expérience-là, mais je n'avais pas du tout envie, je n'ai pas envie de revivre ce genre de choses, c'était très particulier. Et Sabine, ça a été pire que moi, puisqu'elle a la... pas dormi de la nuit, mais vraiment, je ne l'avais jamais vu dans cet état-là. Donc au petit matin, forcément, on était élevés très tôt, toutes les deux. On s'en parle et puis Sabine qui dit, moi, je ne peux pas rester dans cette maison. Alors qu'on avait déjà été dans cette maison les trois années d'avant, en fait. Mais cette année-là, voilà ce qu'on vit. Et Sabine, elle dit, moi, je m'en vais. Elle dit, Stéphanie, tu peux rester, mais moi, je prends le train et je repars. On venait juste d'arriver. Et là-dessus, moi, je sens que je vais faire pareil. Je dis, Sabine, je pense que tu ne vas pas partir en train. Puisque moi, j'étais venue en voiture. On va faire la route ensemble. Moi, je repars aussi. Je ne peux pas rester non plus dans ces conditions. Oui, mais ça, il faut l'annoncer après. À quelqu'un qui vous invite. Voilà. On était en joie de se retrouver, de passer un temps de vacances ensemble. Il y a beaucoup de projections dans des temps de vacances aussi. C'est souvent des moments qu'on attend. Et donc... Donc voilà, on a pris le temps. Ça n'a pas été facile de lui annoncer. Puis à un moment donné, ça, c'était le matin. Donc à midi, à la fin du repas, je dis, Sabine, il faut qu'on te dise à Véronique, c'est pas possible, on ne va pas la laisser se traîner. Et là, ça a été un vrai choc pour Véronique. Le sentiment d'être rejetée. Enfin voilà, ça lui a fait vivre vraiment des choses, mais des blessures aussi qui lui appartiennent et qui ont été très douloureuses pour elle. Puisqu'il a fallu, pendant plusieurs mois d'ailleurs, elle a posé les choses. Elle a dit, les filles, là, je pense en... on va moins se voir pendant plusieurs mois et on a compris donc nous on a aussi accueilli en disant mais Véro on comprend complètement que tu puisses le vivre comme ça donc en effet ça a bien mis 6, 7, 8 mois avant que on reprenne un peu notre amitié comme avant et ça s'est repris mais il a fallu du temps et on a accepté que voilà on puisse moins se voir pendant tout un temps et puis à un moment donné ça a repris
- Elodie
Est-ce que votre relation elle a changé ?
- Stéphanie
Depuis ? Alors, pour moi, elle a été, vu que Véronique, je la connaissais depuis moins longtemps, pour moi, ça a été plus profond, ma relation avec Véronique. J'ai eu l'impression que ça s'est approfondi.
- Elodie
D'accord.
- Stéphanie
Suite à cet événement, oui. Il y a eu quelque chose de plus fort.
- Elodie
Ah oui, ça ne vous a pas éloigné, au contraire, ça a renforcé votre relation.
- Stéphanie
Physiquement, ça nous a éloigné pendant un temps.
- Elodie
Oui.
- Stéphanie
Mais quand on s'est retrouvés, moi j'ai vraiment ressenti quelque chose de beaucoup plus profond.
- Elodie
D'accord.
- Stéphanie
De beaucoup plus fort. Oui, tout à fait.
- Elodie
Qu'est-ce qui a été le plus difficile dans ce moment-là, à dire ou à entendre ?
- Stéphanie
Déjà, on a l'impression qu'on fait mal à l'autre, même si on ne fait pas mal. N'empêche qu'il y a un peu ce temps-là, en se disant mince, il y a un peu de culpabilité à devoir dire. Et en même temps, c'était... En tout cas, moi, je ne pouvais pas faire autrement que de partir. Après, on se voit moins souvent. Ça faisait des années où on se voit régulièrement, la joie de se retrouver. Donc ça a changé complètement la donne. Mais voilà, ça a été... Alors, je pense que dans cette situation-là, ça a été plus pour Véronique que c'était le plus dur.
- Elodie
D'accord.
- Stéphanie
Il y a eu d'autres situations où ça a été pour moi le plus dur. Mais après, voilà.
- Elodie
T'as envie d'en parler ?
- Stéphanie
Ou peut-être, pour faire simple, ça a été la première année où on est partis ensemble, ce qui m'a fait... Et c'est là où j'ai pu voir que j'arrivais pas encore à me positionner ou à exprimer, moi, ce qui est bon pour moi quand on est en groupe. Et j'ai beaucoup suivi Sabine et Véronique pour des choses aussi bêtes que qu'est-ce qu'on mange à midi, qu'est-ce qu'on fait comme activité, etc. Des choses qui sont bêtes, mais quand on ne se respecte pas, quand on dit oui, alors il y a une part de nous qui dit non. Et bien, il y a un moment donné, c'est la cocotte qui explose. Et j'ai découvert, voilà, ça m'a fait vivre. Donc moi, par contre, j'ai eu la cocotte, en effet, qui a failli exploser. J'avais conscience que ça m'appartenait. J'avais ma responsabilité dans ça. Donc voilà, ça a été aux vacances d'après. Là, j'avais pris la décision, cette fois-ci, je vais m'écouter. Je vais mettre mes limites. Et ce qui change les choses aussi, parce que les limites que je posais, j'ai bien vu que ce n'était pas facile pour Véronique que je les pose. Ça venait la toucher, elle aussi. Donc voilà, c'est en ça où vraiment, ça nous a fait travailler les unes sur les autres.
- Elodie
Mais je trouve ça hyper beau et profond que vous réussissiez à exprimer toutes ces choses. Je ne sais pas si vous vous en parlez. Est-ce que les limites, tu lui... Est-ce que vous vous en parlez en ces termes que toi, tu poses tes limites ? Est-ce qu'elle t'en parle à... Est-ce qu'elle, elle te dit, moi, ça vient me chambouler sur ce terrain-là ? Est-ce que vous vous en parlez en ces termes-là ou pas forcément ?
- Stéphanie
Pas forcément. Il y a certaines choses qu'on va poser.
- Elodie
Oui.
- Stéphanie
Là, je n'ai pas souvenir qu'on l'ait posé aussi clairement.
- Elodie
D'accord.
- Stéphanie
Oui.
- Elodie
Mais en tout cas, vous réussissez à vous dire les choses.
- Stéphanie
Tout à fait.
- Elodie
Et à fonctionner ensemble.
- Stéphanie
En tout cas, à dire et à faire le... Quand on est touché, à se prendre du temps pour refaire le point sur qu'est-ce qui m'appartient, qu'est-ce qui appartient à l'autre. Et du coup, qu'est-ce que je réajuste pour moi aussi.
- Elodie
Ok.
- Stéphanie
Parce que j'ai bien vu, même si elle ne m'en a pas parlé, qu'elle, elle s'est réajustée aussi en face sur certaines choses. Et c'est là où je pense que plus on s'autorise dans cette liberté-là soi, plus on donne l'exemple à l'autre, et on autorise l'autre à être dans cette liberté aussi de se respecter.
- Elodie
Oui.
- Stéphanie
Justement.
- Elodie
Je veux revenir sur la phase où il y a eu de la distance entre vous. Comment tu t'as vécu ce moment-là ? Alors que tu sais qu'il y a une amitié qui est hyper forte, mais que le lien peut-être va être abîmé. Comment tu vis ça ?
- Stéphanie
Étonnamment, je ne me suis pas trop posé la question. Je pense que... Oui, je ne me suis pas trop posé la question. Je revoyais en plus Sabine régulièrement, forcément. On s'en parlait. Et on était plus dans le présent. C'est-à-dire que de temps en temps, on avait une nouvelle de Véronique. Et puis, on accueillait ce qui venait. Il n'y avait pas... pas eu de peur d'eux, par contre.
- Elodie
D'accord. Il n'a pas eu de peur d'abîmer ce lien.
- Stéphanie
Non. Vous voyez, je ne m'étais pas posée la question. C'est vrai que ça s'est fait presque tout seul, en fait.
- Elodie
Oui, il y a eu une phase où vous êtes séparés et puis c'est tout.
- Stéphanie
Elle a posé qu'elle avait besoin de temps. On lui laisse ce temps. Tu vois, ça s'est vraiment passé comme ça, plus tôt.
- Elodie
D'accord. Comment c'est revenu, du coup ? Comment ça a recirculé entre vous ?
- Stéphanie
Alors, je ne saurais plus te dire. Je pense que je ne me souviens plus vraiment. De mémoire, Sabine propose souvent une méditation par mois où on fait à quelques îles en fait. Et je pense qu'on s'est retrouvés dans ce cadre-là. Et puis après, on s'est retrouvés juste à trois, avec un pique-nique, avec une sortie, etc. Je pense que ça s'est refait comme ça de mémoire.
- Elodie
D'accord. Donc tu disais que la relation que tu avais maintenant avec Véronique, tu trouvais que le lien était plus profond. Qu'est-ce que vous faites toutes les trois ensemble ? Est-ce qu'il y a d'autres vacances de prévues par exemple ? Est-ce qu'il y a des...
- Stéphanie
Alors non.
- Elodie
Non ?
- Stéphanie
Alors non et en même temps je pense que Véronique a pu faire le point elle-même sur ses besoins à elle quand elle invite des personnes en vacances. Mais en fait je pense que nous n'avons pas le même rythme, on n'a pas forcément les mêmes besoins. Et pour... pour que Véronique puisse passer de bonnes vacances, je ne suis peut-être pas la bonne personne avec qui elle a besoin de partir.
- Elodie
D'accord.
- Stéphanie
Pour moi, c'est OK.
- Elodie
Oui.
- Stéphanie
Ça n'empêche pas le lien. C'est juste de faire le constat. On ne va pas se forcer. On fait le constat. On a chacune une personnalité qui est différente. Et dans le cadre de ces vacances, on ne s'y retrouve pas l'une et l'autre. On risque de trop être activé ou en décalage. Et à ce moment-là, ce n'est pas agréable.
- Elodie
Qu'est-ce que vous faites d'autre ensemble aujourd'hui ?
- Stéphanie
Aujourd'hui, ça va être des pique-niques ensemble. Ça peut être aller se prendre un café ensemble une après-midi. Ça peut être nos anniversaires forcément ensemble. Ça, c'est calé. Et puis, qu'est-ce que ça peut être d'autre ? Ça peut être aussi des coups de pied. de téléphone, ça peut être là comme ça. Spontanément, c'est plutôt... Tout d'un coup, il y a un élan, une envie de proposer quelque chose et puis on le propose aux deux autres, en fait. Et puis c'est OK, pas OK, et puis on est un peu dans ça.
- Elodie
D'accord, OK. Une dernière question. Qu'est-ce que ce trio t'a appris à toi sur l'amitié ou la sororité que tu ne savais pas avant ?
- Stéphanie
Alors d'abord qu'une amitié à trois c'est possible. Parce que j'ai entendu toute mon enfance ma mère me dire, parce que justement je vivais des trios mais pas du tout où j'étais à chaque fois exclue, justement quand j'étais petite. Et j'ai toujours entendu ma mère me dire, mais de toute façon à trois ça ne fonctionne pas. De toute façon à trois ça ne fonctionne pas. J'ai entendu ça toute mon enfance. Eh ben, maman force de te dire... que si ça existe, c'est possible. Et puis, c'est surtout un terreau où on peut s'expérimenter, on peut oser. Oser se dire, en fait. Et ça, on se l'est dit entre nous trois. C'est vraiment une amitié où, à un moment donné, on sort, ça a été posé. Et moi je l'ai posé un jour en disant, ben voilà, il y a des choses parfois, mettre mes limites, c'est compliqué pour moi avec des personnes étrangères, et puis je vais peut-être commencer à les mettre ici où je me sens en sécurité. Et puis parfois je dis, voilà, là je vous dis telle chose, c'est pas évident pour moi, et puis c'est ok, et puis elles l'accueillent en fait. Voilà,
- Elodie
ok. C'est trop chouette, c'est beau.
- Stéphanie
Oui, c'est beau. Alors,
- Elodie
où est-ce qu'on peut découvrir ton activité et suivre tes actualités ?
- Stéphanie
Alors, je suis surtout sur Instagram et Facebook. Donc, le compte Instagram, c'est Stéphanie Dumont 59.
- Elodie
Je mettrai le lien dans la description de l'épisode si tu n'es pas trop sûre.
- Stéphanie
Oui, voilà. C'est vrai que les réseaux, ce n'est pas mon fort.
- Elodie
Instagram et Facebook, Stéphanie Dumont.
- Stéphanie
Tout à fait.
- Elodie
Super,
- Stéphanie
très bien. Merci beaucoup Stéphanie. Merci Elodie.
- Elodie
C'était l'épisode 71 du podcast Gang de Copines. Merci de ton écoute. Alors comme d'hab, j'enregistre la conclusion de cet épisode juste après avoir fini le montage. Et donc le fait de le réécouter, ça m'a permis d'identifier quelque chose que j'avais pas entendu pendant l'enregistrement. En fait, j'ai entendu la solidité de leur amitié. Le fait de savoir se dire les choses dans le respect de l'autre, sans avoir peur, en sachant ce qui nous appartient et ce qui appartient à l'autre. Et pour moi, là vraiment, on a un niveau de sagesse ultime dans l'amitié. C'est d'avoir leur bulle de communication entre elles, où elles peuvent partager, expérimenter, même si c'est difficile, même si elles doivent s'éloigner. Elles l'acceptent et vraiment, je trouve ça hyper beau. Il y a aussi beaucoup de pudeur et de douceur dans les mots de Stéphanie. Merci pour ce témoignage qui est vraiment touchant et qui m'a appris des choses sur l'amitié. Toi qui écoutes, si tu pars bientôt en vacances avec des amis et que tu ressens quelques craintes, partage-leur cet épisode. Ça te permettra au moins d'engager la conversation sur ce sujet. On se retrouve dans un mois pour le prochain épisode. A bientôt !