- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Franchise le Cap, mon podcast qui met en avant les meilleurs réseaux de franchise. Aujourd'hui c'est une édition spéciale parce que je ne vais pas interviewer un franchiseur mais un avocat qui est l'un des meilleurs avocats du monde de la franchise. Et la thématique ça va être sur comment devenir franchisé et éventuellement les pièges à éviter, tout ce qu'il faut regarder au niveau contractuel, choisir les meilleurs statuts, bref on va vous donner plein de conseils. Mais avant de démarrer, n'oubliez pas de vous abonner à la chaîne pour avoir accès... aux futurs épisodes. Et sachez qu'à tout moment, si vous avez besoin de rentrer en contact avec justement l'avocat que je vais interviewer ou si vous voulez plus loin avec le monde de la franchise, vous avez tout ce qu'il faut en lien dans la description sous cette vidéo ou ce format audio si vous écoutez le podcast. Donc aujourd'hui, j'ai la chance d'accueillir François-Xavier Awatar. Comment ça va François-Xavier ?
- Speaker #1
Ça va hyper bien Geoffrey, merci de m'avoir invité.
- Speaker #0
Bah écoute, avec grand plaisir, je suis très heureux de t'avoir sur ce plateau. T'es bien installé, on peut démarrer ?
- Speaker #1
Hyper bien installé.
- Speaker #0
Eh ben nickel. Avant de démarrer et avant de décortiquer un petit peu le monde de la franchise d'un point de vue juridique, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Eh bien, bien sûr. François-Xavier Ouattar, je suis avocat depuis plus de 15 ans dans le milieu de la franchise. Et je défends des franchiseurs aussi français qu'européens qu'internationaux. On les aide à se créer, à se structurer, à se développer, et puis à s'exporter dans le monde entier ou à importer des concepts internationaux en France ou en Europe.
- Speaker #0
Génial. Et je fais juste une petite parenthèse parce que c'est très récent. Tu viens d'avoir un prix. Un sacré prix dans le monde de la franchise d'ailleurs.
- Speaker #1
Alors oui, on a reçu un prix sympathique. On a été élu meilleur avocat franchise internationale de l'année 2025. Prix que nous avons reçu à Las Vegas lors du sommet annuel de l'association internationale de la franchise qui réunit plus de 5-6 000 personnes dans le monde entier. Et on l'a reçu il y a une semaine, donc on est hyper content. Et au passage, je remercie... tous mes clients et toute mon équipe sans qui on ne serait jamais arrivé ici.
- Speaker #0
Fantastique. Je ne savais pas avant de booker cette émission justement avec toi, mais là, on ne peut pas avoir le meilleur avocat du moment pour parler de franchise. Donc aujourd'hui, si tu le veux bien, j'aimerais qu'on parle à tous les gens qui vont nous regarder qui ont envie d'entreprendre en franchise, sont dans la démarche de peut-être trouver leur franchiseur idéal de cœur, etc. Et on va essayer de les aider à y voir plus clair sur cet univers-là, les pièges éventuels à éviter. Et puis, comment les aider à se structurer de la manière moyenne au niveau juridique, choix de statut, analyse de bail, etc. Ok pour toi ?
- Speaker #1
Parfait.
- Speaker #0
Super. Déjà, de ton œil d'avocat spécialiste, selon toi, pourquoi le monde de la franchise est aussi intéressant et de plus en plus populaire ? On le voit en croissance aux yeux des gens qui veulent entreprendre.
- Speaker #1
C'est extrêmement intéressant parce qu'on voit que la population de franchisés rajeunit. Autrefois, on était plutôt sur une moyenne 35-40, 42. Aujourd'hui, on commence à avoir des candidats vraiment qu'ont entre 25 et 35, sans oublier bien sûr les autres. On est au carrefour entre « je veux être salarié » et la protection de le challenge de l'entrepreneuriat. On est à ce carrefour, à cette frontière. La franchise, c'est exactement là où elle se situe. Elle se situe parce que ce que l'on veut, c'est ne plus être salarié. On veut être son propre patron, on veut être un commerçant. indépendant. Mais on veut un cadre. On veut un cadre parce que ça rassure et parce que ça permet surtout d'aller plus vite. Et tout seul, on va très vite. Ensemble, on va beaucoup plus loin. C'est le système de la franchise et le système de la franchise, c'est un accord. C'est un partenariat gagnant-gagnant où quelqu'un, un franchiseur, va me donner un avantage concurrentiel sur le marché grâce à toute l'expérience qu'il aura acquise avec un cadre dans lequel je vais pouvoir jouer.
- Speaker #0
Ok. Je partage ton avis. On constate qu'il y a de plus en plus d'entrepreneurs, de jeunes entrepreneurs qui vont vers la franchise. Et ça, j'en suis ravi. Qui sortent un petit peu des trucs exotiques. Le Bitcoin, etc. Il y a des gens, je pense, qui ont compris aussi. Il y a des jeunes qui ont compris que ces solutions n'étaient pas forcément la meilleure des solutions pour devenir indépendant. Et donc, ils s'orientent vers la franchise. Et là où je vais partager aussi un avis avec toi, c'est que c'est un monde formidable, mais pas que. Je pense qu'il y a aussi des pièges à éviter. Il y a beaucoup de réseaux. D'ailleurs, il y a une étude qui est sortie, là, tu l'as vue. 2035 réseaux, je crois, sur le monde de la franchise. Marché de 94 milliards d'euros. Donc un marché qui est colossal. Mais du coup, les gens qui nous regardent sont perdus et ne savent pas exactement qui choisir, comment démarrer. Déjà au niveau juridique, quelqu'un qui va s'intéresser à une franchise, qui va vouloir avancer avec un franchiseur, qu'est-ce qu'on doit déjà lui fournir comme document et à quoi il faut être finalement vigilant ?
- Speaker #1
Alors, si on parle uniquement de la documentation contractuelle, au-delà du feeling humain, qui est en fait la base de toute relation, une fois qu'on a ce feeling humain, qu'on a une appétence pour l'activité du franchiseur, moi je suis toujours surpris des candidats qui ne savent pas déjà dans quel secteur ils veulent aller. Quelqu'un qui vous dit « je veux une franchise » . Ça, ça ne peut pas le faire. Je veux une franchise, entre être auxiliaire de vie, courtier en travaux, restaurateur, il y a un monde d'écart. Une fois que vous avez trouvé la bonne franchise et la bonne personne, quelle documentation vous allez avoir entre les mains ? La première documentation, c'est ce que l'on appelle le document d'information précontractuelle. Alors comme ça, ça fait un peu peur. Il faut savoir que les franchiseurs, ce que je regrette, c'est que parfois ils négligent ce fameux document d'information précontractuelle qu'on va abréger DIP. Ils le négligent parce qu'en fait c'est une somme d'addition d'informations extrêmement importantes qui vont permettre à un candidat de s'engager en connaissance de cause. Le but c'est de dire je m'engage, je sais pourquoi je m'engage, je sais comment je m'engage, je sais quelles sont les limites. Qu'on va m'imposer entre guillemets, la marque, l'assistance au savoir-faire, on va en reparler beaucoup ensemble je suppose. Et ce document parfois il n'est pas bien marketé, donc il ne donne pas envie d'être lu. Un document, un beau DIP, il a de la couleur, il a de la photo, il a du storytelling. Ça c'est un document parfait. Ensuite, qu'est-ce qu'il contient ? Il contient pléthore d'informations sur lesquelles je vous encourage tous à être très vigilants. Côté franchiseur, je vous encourage déjà à n'en oublier aucun et même d'en rajouter encore plus qu'il n'en faudrait. Il faut mieux quelqu'un qui soit abreuvé d'informations. Par contre, quand il s'engage, il sait exactement dans quoi il s'engage. Il n'y a rien de pire qu'un franchisé, un candidat, un candidat devenu franchisé, qui s'engage en disant « Ah ben non, mais finalement, un an ou deux plus tard, ça, je ne savais pas. » Si j'avais su... En fait, ce n'est pas avec vous que j'aurais signé. Et là, c'est là que vont naître les précontentieux et les contentieux. Dans ce document d'information précontractuelle, vous aurez la genèse, à qui je parle, quel est mon franchiseur, quels sont les fondateurs, quelle est l'histoire de la franchise. C'est très intéressant de la connaître. Et puis ensuite, vous aurez les comptes, au moins les deux derniers comptes annuels. Je vous invite à vraiment en prendre connaissance. Quelles sont les charges ? Quels sont les chiffres ? Comment ont-ils évolué ? Aidez-vous de professionnels, si vous n'êtes pas des professionnels du chiffre, vraiment. Des experts comptables, des financiers, des banquiers. Bref, des personnes qui vraiment connaissent les chiffres. Sauf si vraiment vous êtes familier. Ne faites pas... L'IA est formidable. L'IA, c'est extraordinaire. Mais vous pouvez faire confiance à l'IA à la condition que vous-même vous ayez bien prompté. Et ça, c'est très difficile quand on analyse des chiffres. Et rien de mieux que le contact humain. Ensuite, vous allez avoir accès à l'état du réseau. Je vais dans un réseau, il y a 150 franchisés, très bien, où est-ce qu'ils sont ? Sur la carte de France. Peut-être même en Europe, peut-être même dans le monde. Où est-ce qu'ils sont ? Est-ce que certains sont sortis du réseau ? Et s'il y en a qui sortent du réseau, c'est pas grave. On sait aujourd'hui qu'un franchisé, c'est en moyenne deux contrats. Un contrat de franchise, c'est entre 5 et 10 ans, la moyenne étant entre 5 et 7.
- Speaker #0
Donc super intéressant ça, on voit les sorties, mais ça fait partie de la vie d'un réseau.
- Speaker #1
C'est normal. Un réseau qui n'a connu aucune sortie. Ça pourrait même être suspect. Je n'en connais aucun. Là où il n'y a aucune sortie, c'est les jeunes réseaux. Normal. Si vous avez un jeune réseau qui a déjà 10 sorties, c'est suspect. Un réseau qui est là depuis au moins 7 ans, donc un contrat de franchise assez classique, c'est normal d'avoir des premières sorties.
- Speaker #0
Est-ce que, je te coupe, mais justement c'est un point intéressant, quand il y a des sorties dans le réseau qui sont dans le DIP, je rappelle que le DIP c'est un document obligatoire.
- Speaker #1
Obligatoire.
- Speaker #0
Voilà, et qui est là pour vous protéger justement, pour vous engager. Est-ce que c'est mentionné ? Ça doit être mentionné obligatoirement. Pourquoi la personne a quitté le réseau ?
- Speaker #1
Oui, ça doit être mentionné. Alors, évidemment, ce n'est pas sexy. Ce n'est pas vendeur. Donc, ça va être marqué par exemple, résiliation au terme du contrat ou non-renouvellement ou résiliation amiable ou résiliation judiciaire ou résiliation liée à une procédure collective. Donc, redressement, liquidation. Tout ce qui va être résiliation au terme du contrat, et donc sans renouvellement, soit le franchiseur ne voulait plus du franchisé, peu importe la raison, soit le franchisé ne voulait plus du franchiseur et peu importe la raison. Mais c'est la vie normale d'un réseau. Là où il faut s'intéresser un petit peu plus, c'est en cas de résiliation judiciaire. Déjà, qui a résilié ? Qui a attaqué ? Et pourquoi ? Et comment ? Et là, il faut poser des questions. Poser des questions au franchiseur. Un franchiseur qui est sûr de son concept, il va vous répondre. Un franchiseur qui n'est pas sûr de son concept, il va tourner autour du pot. En revanche, et je veux tuer un mythe. Ce n'est pas parce qu'un franchiseur a vu le contrat de franchise résilier judiciairement par un tribunal que c'est un mauvais franchiseur. Un franchiseur qui ne connaît pas de contentieux, je n'en connais pas.
- Speaker #0
C'est super intéressant.
- Speaker #1
Et donc il faut vraiment se dire, et je vous le dis pas parce que je suis avocat de franchiseur, c'est vraiment parce qu'on le sait, un réseau qui a 100-150 franchisés, s'il n'a pas connu 4-5 procès... C'est rarissime. Et n'oubliez pas qu'il y a un aléa judiciaire, un aléa de juge. Et encore une fois, tous les contrats... sont les mêmes, mais les relations franchiseurs-franchisés sont différentes. Donc on peut avoir une relation franchiseur-franchisé qui soit excellente sur 99 points de vente et une qui soit catastrophique par des relations d'hommes et de femmes.
- Speaker #0
Donc finalement, c'est super intéressant ce que tu dis, donc finalement, moi je me mets à la place d'un candidat, moi c'est comme ça que je le vois, il va rejoindre un réseau de franchise qui a 50, 100 franchisés, il voit qu'il y a eu des conditions judiciaires, tu l'invites fortement à poser les questions cash, pourquoi ? et... le franchisseur qui répond en toute transparence avec honnêteté et authenticité, c'est un feu vert finalement. Foncé. Si on sent que ça tourne autour du pot, oui, mais ou non. Là, par contre, un warning, je ne dis pas que c'est voilà, mais...
- Speaker #1
Un exemple. On a eu un premier contentieux dans un milieu de l'ameublement. Gros contentieux avec un franchisé qui était un gros du réseau et les relations sont crispées entre fondateurs. Fondateurs en plus, quand les fondateurs sont encore dans le réseau, les tensions peuvent vite monter. Et le franchisé de ma fenêtre ne faisait plus le job, il ne respectait plus le concept. Donc il s'est mis à émettre 1000 griefs, il y a eu un contentieux. que nous avons perdu au tribunal de commerce. Donc pendant le temps de l'appel, devant la cour d'appel qui dure 2-3 ans, dans le DIP, il a fallu mettre résiliation judiciaire, sans mettre au tort du franchiseur, puisque c'était le cas. Mais quand on posait la question, le franchiseur ne se cachait pas. Il disait, on a été résilié au tort de moi, au tort du franchiseur. Mais j'explique le contentieux pour mille et une raisons. En cour d'appel, on a gagné. Et là, 100% au tort du franchiseur.
- Speaker #0
franchisés.
- Speaker #1
Et là, par des magistrats professionnels qui ont vraiment jugé les points mathématiques qui, vraiment, donnaient tort aux franchisés. Donc, on a remis dans le DIP la vérité. Mais quand on pose la question aux franchiseurs, le franchiseur ne ment pas. Il dit, j'ai perdu en première instance, j'ai gagné en appel, voilà pourquoi. Et ça, c'est intéressant, c'est la transparence. La relation franchiseur-franchiseur est basée sur la transparence. Pour moi, le seul point qui doit vraiment inquiéter. C'est lorsque vous voyez dans le DIP, donc dans cette liste du réseau actuel et passé, beaucoup de résiliation ou de fin de contrat lié à des procédures collectives. Si vous envoyez 2, je ne vais pas dire 2, 3, 4, parce que 2, 3, 4, ça ne veut rien dire. Si vous envoyez 4, 5%, c'est normal. C'est la vie des réseaux. Vous voyez un réseau où il y a 30% du réseau qui a fait faillite. ou qui a un redressement judiciaire, alerte rouge.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Alerte rouge. Parce que ça veut donc dire qu'ils n'arrivent pas à subvenir au paiement de leur fournisseur et de payer leur créancier, notamment le franchiseur, avec le business model que lui a transféré le franchiseur. Là, attention. On connaît des réseaux, puissants ou moins puissants, qui connaissent de vraies déconfitures.
- Speaker #0
Donc, il vaut mieux éviter d'y aller dans cette phase-là. Il faut poser la question.
- Speaker #1
Pourquoi ? Sur 30% d'un réseau, même s'il y a de la transparence pour telle et telle raison, eh bien ensuite, je vais vous dire, si vraiment ce réseau vous tient à cœur, parce que vous adorez la marque, il y a un deuxième step. Allez interroger les franchisés.
- Speaker #0
Incontournable, ça je suis d'accord.
- Speaker #1
Incontournable. Allez les interroger. Le vrai franchiseur, il va vous mettre dans des unités pilote, des séjours de formation chez un franchisé, etc. Allez interroger ceux qui vont mal, mais n'oubliez jamais d'aller interroger ceux qui vont bien. En fait, si je fais un parallèle, on va dans un hôtel, on va dans un restaurant, il nous n'a pas plu, on va mettre une note TripAdvisor, etc. On l'a adoré, mais on ne met rien. Alors qu'en fait, il faut interroger les deux.
- Speaker #0
Mais bien sûr. Moi, je dis souvent quand vous interrogez les franchisés, en plus, allez sur des zones géographiques complètement différentes, dans le nord, dans le sud, dans l'ouest, etc. Voir un peu et en contacter pour moi trois minimums. Mais en tout cas, super. Et au niveau du DIP, encore... Pas des pièges à éviter, mais tu vois, moi, par exemple, j'aimerais avoir ton avis là-dessus, qu'est-ce que tu penses d'un franchiseur qui ne met pas, justement, dans son contrat, de zone d'exclusivité, par exemple ? Ton regard d'avocat là-dessus.
- Speaker #1
Alors d'abord, un regard d'avocat purement avocat, l'exclusivité territoriale n'est pas une condition de la franchise. Déjà.
- Speaker #0
On est d'accord.
- Speaker #1
Ça veut dire que juridiquement, si un franchiseur vous dit « il n'y a pas d'exclusivité territoriale chez moi » , vous ne pouvez pas lui reprocher. Alors après, libre à vous d'y aller ou de ne pas y aller. Mais si vous y allez... En connaissance de cause qu'il n'y en a pas, vous ne pourrez jamais lui reprocher. Jamais. La seule chose que vous pourriez reprocher, néanmoins, c'est qu'il faut quand même, et ça il faut l'avoir en tête, c'est qu'un franchiseur qui n'accorde pas d'exclusivité territoriale juridiquement, en fait, il en accorde toujours une de fait. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a aucun intérêt pour un franchiseur de voir ses franchisés se cannibaliser. Vous prenez un restaurant. de burgers, de sushis, quel est son intérêt, si vous n'avez pas d'excusé territorial, quel est son intérêt d'en mettre un en face de vous ?
- Speaker #0
On l'a vu ça dans certaines marques, moi je n'en cite aucune, c'est vraiment ma volonté, mais on a vu des marques où le franchisé ouvrait sa franchise et il se retrouvait en face, je caricature mais pas loin, avec un autre franchisé qui se montait. Donc il y a des fois, on ne le comprend pas alors, quel est l'intérêt ? Mais du coup, il y en a quand même qui l'ont fait, qui l'eut fait. Est-ce que ça se fait encore ? Je ne sais pas trop.
- Speaker #1
Alors deux regards, deux regards à porter là-dessus. Le premier regard, c'est le regard positif. Le regard positif, c'est que dans certaines villes, prenons Paris, prenons Lyon, prenons Bordeaux, d'une rue à l'autre, ce n'est plus le même quartier. Juste d'une rue à l'autre. Ce qui va venir un petit peu biaiser, ce que je vais dire en toute honnêteté, c'est la livraison. où là, effectivement, il y a du cannibalisme parce que c'est un algorithme qui va travailler sur les Uber et les Deliveroo et autres, où là, celui qui va passer en premier sera celui qui a les meilleures notes, etc. Si on enlève la livraison, en revanche, et qu'on est sur un concept un peu moins livraison en termes de business model, D'une rue à l'autre, vous pouvez avoir deux marchés différents, deux populations différentes. Dans ces grandes villes, j'entends, dans ces grandes villes. En revanche, si vous avez un franchiseur qui vous met un restaurant en face de vous, ou proche de vous, alors même qu'en réalité, il n'y a pas de marché... Là, il y a un sujet, mais c'est un sujet franchiseur.
- Speaker #0
Et sans vous prévenir. Et sans vous prévenir, bien sûr.
- Speaker #1
C'est pour ça que lorsque vous n'avez pas d'exclusivité territoriale, à minima, dans le contrat de franchise, à mon sens, pour être dans l'équilibre contractuel, que je recherche en tant qu'avocat de franchiseur aussi, c'est d'avoir un peu des droits de priorité. Droit de priorité, j'ouvre à telle rue, il y a la possibilité d'ouvrir 400 mètres à côté. On pourrait y voir un cannibalisme, mais peut-être que ce n'est pas le cas, mais peut-être que c'est le cas. Dans ce cas-là, la vraie transparence, le vrai équilibre, c'est qu'en priorité, on devrait vous le proposer.
- Speaker #0
Et ça, ça peut se contractualiser. Bien sûr. Droit de priorité,
- Speaker #1
droit de densité, on peut appeler ça aussi. Et là, c'est vous qui l'avez en priorité. Attention quand même, le franchiseur, c'est de bonne guerre. et c'est un équilibre contractuel, il va quand même exiger de vous, pour vous le proposer en priorité, que vous soyez un franchisé modèle. C'est-à-dire, un, que vous payez vos redevances, deux, que vous soyez un ambassadeur de la franchise. Mais si vous cumulez la bonne casquette et les bonnes qualités, dans ce cas-là, vous craignez rien, il a tout intérêt à vous donner ce deuxième magasin, cette deuxième ouverture de restaurant, peu importe comment on l'appelle, en tout cas ce point de vente, parce qu'il sait que vous respectez le concept, il sait que ça marche. à quoi ça sert d'aller tester un candidat qu'on ne connaît pas versus un qu'on connaît bien et qui est un ambassadeur.
- Speaker #0
Génial. Donc top. Pour en finir sur le DIP, alors délai légal 21 jours. D'accord.
- Speaker #1
À partir du 21e jour. C'est 20 jours le délai. C'est 20 jours. 20 jours révolus. Pour finir sur le DIP, alors malheureusement, on pourrait tourner une émission entière sur le DIP. Donc je vais faire vite sur la masse de documents. On a parlé de cela. Ensuite, on va pouvoir lier ce qu'on appelle un état de marché général et un état de marché local. L'état de marché, on prend le secteur de la pizza par exemple, comment se porte le marché de la pizza ? en France. On parle franco-français aujourd'hui. Comment il se passe ? Comment est le développement ? Comment sont mes concurrents ? Faites attention sur ce point-là à ce qu'il soit actualisé. Un état de marché général il y a 10 ans, c'est pas celui d'aujourd'hui. Il y a 10-15 ans, le marché de la pizzeria était trusté par des mastodontes de la pizzeria. Aujourd'hui, on a énormément de challengers. Circuit court, bio, local, etc. Donc, l'état de marché a beaucoup évolué d'un point de vue général. Ensuite, l'état de marché local, attention, je donne vraiment le tips, ce n'est pas une étude de marché. Un état de marché, c'est vous vous implantez, prenons une ville comme Rennes, sur le marché de Rennes, où sont mes concurrents de la pizza. Ce n'est pas une étude de marché, une étude d'impact. Combien de voitures vont passer devant mon restaurant ? Combien de piétons passent ? Quel est le revenu moyen des ménages de mon quartier ? Ça, c'est une étude de marché. Ça, c'est au candidat de le faire. Et il existe pléthore d'outils pour le faire soi-même. et il existe aussi des professionnels qui ne font que ça.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Que ça. Et là, je vous invite malheureusement, l'argent c'est l'argent, on est bien d'accord, mais je vous invite surtout à ne pas être à quelques milliers d'euros. prêts, autant franchiseurs que franchisés au début. Parce que les quelques milliers d'euros que vous allez dépenser là, en fait, c'est une assurance. C'est une assurance vie que vous achetez. Si vous faites une étude de marché, que vous êtes un amoureux de l'enseigne que vous allez voir, mais qu'en fait l'étude de marché vous indique que vous n'allez jamais décoller, vous allez peut-être dépenser et ce n'est pas chez moi, mais on parle très librement, 2-3 000 euros, ça aura peut-être sauvé votre vie. Ou au contraire, ça aura peut-être conforté l'idée que c'est cet emplacement et pas un autre.
- Speaker #0
Et ça fait citer le dossier bancaire, des meilleures conditions, etc. Bien sûr, oui, ça peut être rentabilisé quelque part.
- Speaker #1
ce n'est pas le travail du franchiseur que de le faire puisque là, c'est local, local. Ensuite, vous avez la liste des investissements. Si vous êtes dans telle franchise, ça va vous coûter X d'investissement immobilier, immobilier, franchise, etc. Ça, c'est hyper important pour monter le dossier bancaire. Ensuite, vous aurez le projet de contrat de franchise. Alors, on met aussi une annexe spécifique sur, on exergue les clauses essentielles du contrat. Résiliation, non-renouvellement, clause de non-concurrence, redevance, etc. Mais vous avez toujours... en annexe le projet de contrat de franchise. Comme ça, vous savez ce que vous allez signer. Ce qui est important, qu'est-ce qu'il n'y a pas dans ce DIP et qu'on peut y voir de temps en temps ?
- Speaker #0
C'est exactement ce que je vais te demander.
- Speaker #1
Alors, deux choses. La première, c'est y a-t-il ou non un prévisionnel ? Alors, la loi n'impose rien. La loi n'impose pas de mettre un prévisionnel dans le DIP. En revanche, si le franchiseur souhaite mettre un prévisionnel, libre à lui de le mettre. Néanmoins, ce prévisionnel... Et là, promis, je ne citerai pas beaucoup de lois, pas beaucoup de décisions de justice, mais je vais reprendre quand même les mots donnés par notre jurisprudence, donc nos décisions de justice. Il ne doit pas être fantaisiste, pas trop optimiste. Alors ça veut dire quoi ? Ça a beaucoup évolué. Ça a beaucoup évolué et si on se parle aujourd'hui en 2026, ça veut dire que s'il y a un décalage trop fort entre le chiffre d'affaires prévisionnel mis dans le DIP par le franchiseur et la réalité du chiffre d'affaires réalisé par le franchisé, il peut y avoir une responsabilité engagée du franchiseur. Mais il faut qu'il y ait quand même un décalage fort. 30, 35, 40%. Si vous êtes à 10 ou 20% en tant que franchisé, je ne vous dis pas qu'il ne faut pas attaquer. Il y a aussi une part de conjoncture. Il y a une part de gestion faite par le gérant. Il y a une part d'études de marché. Bref, il y a beaucoup trop de paramètres. Par contre, si on est à 50% d'écart, posez-vous la question. Est-ce que c'est ma faute ou est-ce que c'est... En partie, la faute ou une faute partagée. Voilà. Ça, c'est important. Alors, c'est vrai que nous, les avocats de franchiseurs, on aura toujours le même conseil. Pas de prévisionnel. Jamais de prévisionnel. Ça, c'est mon conseil. Et évidemment, si on a un avocat de franchiseur, on va vous dire toujours des prévisionnels. En fait, il y a tellement eu de décisions de justice sur ça que les franchiseurs ont trop peur. Ont trop peur de les mettre. Si des franchiseurs mettent un prévisionnel ou si des franchisés souhaitent des chiffres, j'encourage une transparence plutôt sur des chiffres médians. Parce que la médiane, elle veut tout dire. Il y en a 50% au-dessus et 50% en dessous. Ce qui est encore plus intéressant, ce sont des chiffres médians dans une zone plus ou moins équivalente à la zone que vous prospectez. Clairement, si vous avez des chiffres d'un franchisé à Paris ou à Lyon... Ce ne sera pas forcément les mêmes chiffres qu'une petite ville comme La Roche-sur-Yon ou La Rochelle. Et ce n'est pas péjoratif. Attention, au contraire, quelqu'un qui est à La Rochelle peut faire des chiffres bien meilleurs que quelqu'un qui est à Paris. La concurrence n'est pas la même. Donc vraiment, attention à ce que je dis, ce n'est pas du tout péjoratif ou quoi que ce soit. C'est simplement que le chiffre médian, pour moi, ne trompe pas. Alors qu'un prévisionnel où on va vous sortir les cinq meilleurs du réseau de franchise, ce n'est pas la réalité du réseau.
- Speaker #0
Et plus qu'il ne faut pas oublier, parce qu'on parle de loi, on parle de chiffres, etc. Mais il ne faut jamais oublier aussi que le chiffre est la résultante du travail du franchisé et que son chiffre d'affaires, on le crée aussi. Il ne faut pas s'attendre, j'ouvre, ça doit faire ça. Donc, il ne faut jamais oublier que le moteur principal de la performance, ce sera le franchisé quand il va ouvrir.
- Speaker #1
Ça restera toujours le franchisé. en fait Le franchiseur, dites-vous bien qu'il vous amène une marque aussi notoire qu'elle peut l'être. Mais attention, plus elle est notoire, plus ça coûte cher. Mais il vous apporte une marque. Il vous apporte des signes distinctifs, de la couleur, une charte graphique, un signe distinctif. Il vous apporte tout pour que le premier jour où vous ouvrez, vous êtes dans des chaussons. Vous connaissez où est l'approvisionnement. Vous savez d'où il vient. Vous savez combien ça coûte. Vous savez... savez quel est le mobilier, comment il faut le mettre, où il faut le mettre, digitalement parlant, vous aurez une com extraordinaire dès le début. Ensuite, c'est à vous de faire le travail. C'est à vous de faire vivre cette franchise. Et c'est vous qui ferez de cette franchise, finalement, un succès. Nous, ce que le... franchiseur va promettre, c'est « Moi, ça a marché. Je l'ai fait, moi. Ça a marché. Je l'ai dupliqué. Ça a marché. Je l'ai franchisé. Ça a marché. Donc, ça peut marcher pour vous. » C'est un cocktail. C'est un cocktail.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Voilà le DIP.
- Speaker #0
Voilà. Et pour finir sur cette partie de DIP contrat, est-ce que c'est possible, si je te demandais, pour quelqu'un qui va avancer avec une marque, qui va avoir ses éléments, s'il y a un point à regarder, qui fait que si ça ne va pas, Faut pas y aller. C'est quoi ? Est-ce que c'est possible déjà ? Mais si tu devais en regarder qu'un seul ?
- Speaker #1
C'est très difficile de répondre à cette question parce que vraiment toutes ces annexes sont importantes les unes des autres. Encore une fois, la liste du réseau, qui est partie, pourquoi, comment, l'état de marché, l'état de marché local, le projet de contrat de franchise, c'est vraiment un tout.
- Speaker #0
Le taux de fermeture peut-être ? Le taux de fermeture. Pour des procédures collectives ?
- Speaker #1
Pour des procédures collectives. Ça, c'est vrai que je serai très, très vigilant là-dessus. L'état de marché général et l'état de marché local, sincèrement, vous pourriez presque le faire vous-même, en réalité. La liste des investissements, avec un bon expert comptable, ça se fait. Je serai vigilant quand même. Ça peut paraître bête, mais à quel point le franchiseur a voulu rendre sexy ce DIP ? Quelqu'un, en fait, c'est bête ce que je vais dire, mais un DIP qu'on a négligé, je trouve ça dommage. Ce n'est pas un manque de respect, mais ça va trop vite. Le DIP, c'est un storytelling. Ça va donner envie. Alors attention, vous allez me dire, oui, mais peut-être que ça va donner trop envie et c'est franchise arnaque.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais te dire.
- Speaker #1
Eh bien, peut-être. Mais un beau DIP, ça inaugure déjà une bonne relation. Vraiment, c'est une marque de respect,
- Speaker #0
de considération. Je comprends. Ce que tu veux dire, c'est qu'un franchiseur qui se donne du mal, même dans ce document contractuel peu sexy à la base, c'est quelqu'un qui va être jusque boutiste et qui s'implique dans toute la chaîne de son réseau.
- Speaker #1
Et dès le début, on a eu beaucoup de DIP, on en a encore. C'est juste une addition de document Word. C'est noir et blanc. c'est affreux à lire mais c'est pas parce que c'est affreux à lire c'est que du coup les franchisés ne l'élisent pas et c'est ça qui est affreux parce qu'en fait un franchisé qui s'engage peut-être pour de mauvaises considérations c'est le contentieux assuré j'ai compris ce que tu voulais dire si
- Speaker #0
le franchiseur rend son DIP agréable à lire et qu'il donne envie de le lire c'est justement qu'il n'a rien à cacher c'est ça que tu veux faire passer comme message je veux faire passer ce message et un autre message ça malheureusement on n'en est encore qu'au début Merci.
- Speaker #1
Beaucoup de franchiseurs, et nous on encourage vraiment à aller dans la transparence, se limitent à ce qui est marqué dans le code de commerce. Le code de commerce vous liste un ensemble de documents. Mais c'est une liste qui est non exhaustive. Vous ne trouverez jamais dans un DIP le savoir-faire. Jamais. Tant que vous n'avez pas signé le contrat, le savoir-faire est protégé.
- Speaker #0
C'est normal.
- Speaker #1
Un manuel opérationnel, c'est normal. En revanche, si le franchiseur, par exemple, est très engagé en termes de RSE, très très engagé, le fait de le mettre dans le VIP n'est pas obligatoire. Mais ça vous montre l'ADN de la franchise. Ça vous le montre. Moi, j'encourage à faire ça. Parce que c'est de la transparence. Et ça donne envie d'y aller. Un franchiseur engagé donne envie d'y aller.
- Speaker #0
Ok. Merci beaucoup. On va passer à un autre point. Et on va passer plutôt sur le point des... Je voulais aborder avec toi le choix du statut juridique quand on crée sa société. Si tu avais deux ou trois conseils à donner là-dessus, parce qu'on va passer au bail commercial, mais tout le monde n'a pas un bail commercial quand on ouvre une franchise. On va le garder pour après. Un futur franchisé signe son DIP. Avant de signer son contrat de franchise, il va créer sa société, etc. Est-ce que tu as des conseils sur le choix du statut juridique ? Est-ce que ça dépend de la franchise ? Est-ce que ça dépend du secteur d'activité ? Quel est ton conseil, toi, là-dessus ?
- Speaker #1
Je ne suis pas un spécialiste du droit des sociétés, mais c'est une question qu'on nous pose régulièrement. Je commence à connaître deux ou trois petits-tons. Alors, à mon sens, ça ne dépend pas nécessairement du secteur d'activité ou du type de franchise ou de la renommée de l'enseigne. Ça, pas vraiment. Ça va plutôt dépendre du régime que vous souhaitez. Grosso modo, c'est SARL ou SAS. Est-ce que vous voulez un régime salarié, un régime libéral, être assimilé TNS, pas TNS, comment vous voulez être imposé ? Aujourd'hui... celle qui a la cote, c'est la SAS. Pourquoi ? Parce que la SAS, c'est un peu la liberté. La SAS, rien ne vous est imposé dans le code. Donc, vous faites bien ce que vous voulez avec vos statuts, il faut juste nommer un président. Pour faire, c'est très simple. Donc, le plus simple, c'est la SAS. C'est celle qui vous permet le plus de flexibilité pour l'avenir. Donc, d'instinct, je vous conseillerais une SAS ou une SAS unipersonnelle, si vous êtes seul associé. Ce que je vous conseillerais quand même pour voir l'avenir aussi en termes de transmission, en termes d'héritage, etc. Peut-être même en termes de développement, il faut y penser dès le début. Je vous conseillerais, c'est un petit conseil d'ami, de prévoir une holding. Et c'est cette holding qui va investir dans la SAS qui sera la société exploitante de votre franchise. Il ne faut pas se limiter, par exemple, demain vous ouvrez un restaurant de burgers, peut-être que vous allez ouvrir 3-4 autres restaurants, et là vous ouvrez autant de sociétés qu'il y a de restaurants, par exemple. Pourquoi ? Parce que si vous avez un restaurant qui ne marche pas, vous coupez la branche.
- Speaker #0
Oui, c'est ça que je voulais dire, parce que justement c'est une question, je coupe, mais soit tu préconises quand on ouvre plusieurs franchises, une société par franchise, plutôt que des établissements secondaires.
- Speaker #1
Oui, et oui, parce que si vous faites ça, s'il y en a un qui ne marche pas... vous coupez la branche, vous la mettez sous redressement ou liquidation judiciaire ça n'impacte pas économiquement les autres et on a plusieurs tranches d'IS en plus alors que si vous mettez tout sous la même branche il suffit qu'il y en ait une qui ait des difficultés pour qu'en fait elle entraîne avec elle les autres quel dommage ! alors que ça, ça se fait dès le début
- Speaker #0
Et il faut savoir que ça ne coûte pas si cher que ça à mettre en place. Alors qu'une fois que vous avez mis en place un système et que vous voulez ensuite, par exemple, vous dites à ma main, j'ai cinq restaurants sous la même société. J'aurais dû faire cinq sociétés, une société par restaurant. Et bien ensuite, il faut vendre des fonds de commerce à soi-même. Mais ça entraîne de l'impôt, ça entraîne de l'organisation juridique. Et là, pour le coup, malheureusement, je ne prêche pas pour ma paroisse, puisque en fait, ça serait plus rémunérateur pour un avocat que de faire ça. Mais ça serait un mauvais conseil. L'avocat qui vous conseille ça.
- Speaker #1
Puis elle le. C'est un débat qu'on a eu longtemps avec Tiffen et ma femme, parce qu'on a monté nos franchises de chacun de son côté à l'époque. Moi, j'étais plutôt profil feignant et je faisais des établissements secondaires parce que ça allait vite. Elle, elle faisait des sociétés à chaque fois et elle avait une carte bleue par structure. Et au final, il s'est avéré que plusieurs années ont passé et elle avait raison.
- Speaker #0
Comme toujours, écouter sa femme.
- Speaker #1
Exactement. Mais du coup, j'ai la confirmation par un avocat spécialisé et c'est vrai que c'est quand même mieux de monter. Maintenant, c'est ce que je conseille. Une société séparée avec une holding au-dessus. On est dans un montage exceptionnel. Et en plus, la France, qui n'est quand même pas réputée pour sa fiscalité généreuse, généreuse, ça dépend pour qui, plus pour l'État, ce montage, en fait, il est top. Parce qu'on a plusieurs tranches à 15%.
- Speaker #0
Il y a plusieurs tranches. Même si vous avez des enfants, vous pouvez les mettre dans la holding. Archi minoritaire. Mais en termes de transmission, derrière, il y a plein de sujets fiscaux sur lesquels on ne va pas rentrer aujourd'hui. Mais l'optimisation est la meilleure. En fait, il faut penser à ça tout de suite. dès le début. Il vaut mieux dépenser 3-4 000 de plus tout de suite que 10, 20, 30, 40, 50, 10 ans plus tard. Sincèrement.
- Speaker #1
T'as raison. Moi, je fais des transfos, etc. Ça m'a coûté plus cher à une finée à la fin. Mais en tout cas, super. C'est un bon tip parce que je sais que les gens apprécient beaucoup. Donc plutôt, voilà, SAS aujourd'hui et une société par structure, je résume, et une holding au-dessus. Là, on est sur un montage aux petits oignons.
- Speaker #0
Oui, et après, un petit conseil. Encore une fois, vraiment, c'est sincère, je ne prêche pas pour ma paroisse parce que je ne fais pas ça. C'est toujours un de mes associés qui va monter la société. Faites très attention à ce que vous trouvez en ligne. Attention, il y a des choses formidables en ligne, vraiment formidables. Mais le statut type, le montage type, malheureusement, il manque le petit bout de conseil humain derrière. Et c'est vrai que peut-être vous allez dépenser encore une fois peut-être 10, 20, 30% de plus chez un avocat. C'est vrai, c'est vrai. Mais selon les considérations de chacun, divorcé, pas divorcé, vous êtes marié sous le régime de la communauté, séparation de biens, un enfant, trois enfants... Trois enfants de trois mariages différents. Bref, ce n'est pas les mêmes montages. Et ça, malheureusement, les modèles type, moi, je me bats fort, y compris dans les contrats de franchise, sur les modèles type. Je déteste ça. Un bon contrat de franchise ne peut pas être un modèle type. C'est impossible. Et je dis toujours aux franchiseurs, challengez vos clauses.
- Speaker #1
C'est un très bon résumé. Du coup, top pour le montage juridique. Maintenant, j'aimerais parler aussi avec toi d'un sujet que j'aime beaucoup, parce que je sais qu'il y a beaucoup de choses qu'on peut regarder dedans, avec énormément aussi d'optimisation. On peut aller gratter plusieurs milliers d'euros. C'est le bail commercial. Le bail commercial, ça comporte quand même une grande majorité des réseaux de franchise qui vont avoir un point de vente. Si tu devais donner 2, 3, 4 tips, des choses qu'il faut regarder dans un bail commercial, optimiser, négocier et des pièges qu'on peut trouver.
- Speaker #0
Alors c'est dur les questions que tu poses parce que ce sont des droits à eux-mêmes. Le droit des sociétés en est un, le droit des beaux commerciaux en est un autre. On n'est toujours pas des spécialistes du bail commercial. Alors les internautes, je les rassure, on est des spécialistes de la franchise quand même. On est spécialistes de quelque chose, promis. Mais le bail commercial, c'est vraiment un régime à part. Et là aussi, nous, on a un associé qui ne fait que ça, de la négociation de beaux commerciaux. côté franchiseur et qui aide aussi les franchisés. Mais néanmoins, quelques tips. Premier tip, c'est que ça se négocie toujours.
- Speaker #1
Ça, c'est clair.
- Speaker #0
Ça, c'est le premier tip. Il faut faire attention parce que c'est un vrai tip. Quand on commence en tant que candidat, on veut commencer parfois trop vite. Et on a tendance à ne pas vouloir négocier ou parfois se retrouver face à des mastodontes du local commercial, des baux, et on ne négocie pas. Parce qu'on pense que ce n'est pas possible. Ça, déjà, c'est le premier. Première chose, c'est faux. On négocie toujours. Première chose, les franchises de loyer.
- Speaker #1
Je te coupe, mais on est d'accord. Quand on arrive en plus avec une franchise, on a un pouvoir supplémentaire de négociation. Énorme. Face à un bailleur. Énorme. Énorme.
- Speaker #0
Énormissime. On a un pouvoir parce que déjà, le franchiseur, il va vous aider. Il va vous aider à négocier. Il va vous dire si le bail est correct, si le local est correct, si le local va être certainement attractif. Et sur le bail en lui-même, attention, il faut vraiment faire cet exercice que je vous propose. C'est de faire une colonne. En lisant le bail commercial, alors déjà lire le bail. Premier tips, lire le bail. Deuxième tips, à chaque fois qu'on lit le bail, c'est de faire deux colonnes. Qu'est-ce qui est à la charge du preneur, donc au franchisé ? Qu'est-ce qui est à la charge du bailleur ?
- Speaker #1
En général, il y a plus de trucs sur la première colonne.
- Speaker #0
Eh oui, beaucoup de choses, beaucoup trop. Il faut bien déjà se dire que la loi impose certaines charges à l'un ou à l'autre. Mais la loi, il n'y a pas grand-chose quand même dedans. Donc déjà, bien savoir quelles sont les grosses réparations, les petites réparations. Qui les prend en charge l'un ou l'autre ? Déjà, en miroir de ce que je viens de vous dire, votre assurance. Si demain, il y a un problème, elle prend quoi en charge votre assurance ? Parce que l'assurance peut prendre beaucoup de choses en charge en cas de réparation. Des grosses, des petites, une toiture, un mur, bref, etc. Et c'est là où il faut négocier en parallèle du bail une assurance et la meilleure assurance possible. Plus vous négociez de choses avec votre assurance, de prise en charge, plus elle coûte cher. Évidemment, comme toute assurance, ça coûte cher. Et finalement, pas si cher le jour où il arrive quelque chose. Sans prêcher pour leur paroisse, c'est vraiment juste un état de fait. Ensuite, côté bail commercial, bien entendu, au-delà de la franchise de loyer... intéressez-vous, mais vraiment, à combien ça coûte ? Les petits copains d'à côté, ils payent combien ? Au mètre carré. Et là, faites votre propre étude d'impact. Et c'est là où vous verrez si vous payez trop cher. Pas assez cher, ça n'arrive jamais. Trop cher ou pas trop cher ? Donc là, vraiment, deuxième tips, faites une étude de l'arrondissement. En revanche, je suis très surpris quand certains disent « Ah ben non, mais lui, il paye 100 euros du mètre carré de moins que moi. » Oui, mais l'autre, c'est qui ? L'autre, il est à 10 mètres de vous ou il est à 1 km ? Parce que ce n'est pas du tout le même marché, en réalité. Oui, tout à fait. Entre les centres commerciaux, pas les centres commerciaux, les gares, pas les gares, le centre-ville, pas le centre-ville.
- Speaker #1
On est vraiment le voisin, quoi. Ah oui,
- Speaker #0
vraiment le voisinage.
- Speaker #1
Et si en plus, on peut leur demander tant qu'à faire, comment ils font le chiffre d'affaires ? Ça donne une idée. Ça donne une idée.
- Speaker #0
Ça donne une idée, mais attention encore une fois, à mettre en parallèle avec le secteur d'activité. Restauration, un peu tout confondu, pourquoi pas ? Et encore, mais pourquoi pas ? Par contre, textile, restauration, grande distribution alimentaire, attention.
- Speaker #1
Ça n'a rien à voir. Pas les mêmes volumes,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Est-ce que sur un bail commercial, on peut négocier, pendant qu'on fait la phase de travaux, carrément de la gratuité de loyer, par exemple ?
- Speaker #0
C'est ce que j'ai appelé justement la franchise de loyer. Donc la gratuité de loyer, effectivement, ça se négocie très bien. Ça se négocie très bien selon l'état du local. Par exemple, vous avez une ancienne banque que vous transformez en restaurant. Évidemment, là, gratuité de loyer obligatoire. Il faut enlever les coffres forts. Enfin, je vous le dis parce que c'est un vrai cas où le bailleur ne voulait pas négocier. 40 000 euros pour retirer les coffres forts. Donc déjà, évidemment... Et finalement, on a négocié de mémoire 8 mois de franchise. Ah oui, jusqu'à 8 mois. 8 mois de franchise de loyer. Mais en réalité, n'espérez pas en revanche... je ne sais pas le dire autrement, mais vous faire de l'argent sur la franchise de loyer. Parce qu'en réalité, la franchise de loyer que vous obtenez, c'est pour faire des travaux.
- Speaker #1
Bien sûr, mais c'est vrai que si on ne le négocie pas, c'est des vases communicants. C'est de l'argent qu'on perd bêtement.
- Speaker #0
Il n'y a pas d'argent à gagner, par contre, c'est de l'argent à perdre.
- Speaker #1
Mais c'est vrai qu'on peut négocier, tu dis 8 mois de gratuité.
- Speaker #0
Par exemple.
- Speaker #1
Si le loyer est à 3000 euros, c'est quand même d'un coup, juste par une demande à mail, 24 000 euros de négocié.
- Speaker #0
Et 24 000 au début, c'est énorme. Il vaut mieux mettre 24 000 euros dans de la formation, 24 000 euros dans du référencement, 24 000 euros. dans de la com digital, 24... Il ne faut pas louper, vraiment, j'insiste, parce que ça peut paraître être des budgets peut-être farfelus, mais pas du tout, l'ouverture du magasin. Lorsqu'il y a magasin, parce qu'il y a beaucoup de franchises qui sont de la prestation de service qui n'ont pas de magasin, c'est de l'itinérance ou autre, mais pour ceux qui ont des points de vente physiques, ne loupez pas l'ouverture du magasin.
- Speaker #1
Ça, je suis 100% d'accord. Que ce soit en termes d'investissement financier comme d'énergie, moi, je le compare souvent au décalage d'une fusée, c'est-à-dire que la fusée... Vous allez consommer énormément de carburant au départ pour qu'elle décolle tout doucement comme ça. Et ce carburant, cette fumée qu'on voit, c'est votre plan en communication. C'est l'énergie que vous allez mettre au départ. Mais une fois que la fusée est dans l'atmosphère, après, vous pouvez avoir un point de vente qui tourne, qui roule, qui est basé sur son fichier client. Alors, il faut l'alimenter. Mais c'est beaucoup moins énergivore.
- Speaker #0
Je vais le répéter, mais vraiment, je suis tout à fait d'accord avec ce que tu dis. Vous investissez dans une franchise. Attention, on investit de l'argent. Mais on va investir du temps humain fort. Si un candidat nous écoute et qu'il pense qu'il achète de l'argent avec de l'argent, ça c'est faux. C'est faux. Vous achetez un concept, si vous pensez qu'il suffit de mettre un directeur de magasin, trois salariés, et qu'en fait c'est juste un investissement comme vous investiriez en bourse, c'est faux. Y compris dans les plus grosses chaînes nationales. Alors, plus c'est gros, plus c'est facile. D'accord, bien sûr, bien sûr, plus c'est cher. Mais si vous êtes dans le magasin, au début, c'est du 7-7, 24-24. Vous êtes... Bien sûr, je grossis le trait. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il faut être là. Il faut être dedans. Et c'est une fois que vous aurez fait votre preuve d'être dedans, que là, vous pourrez un peu moins être dedans. Peut-être ouvrir d'autres franchises, être un multifranchisé, être dans de la gestion pure. Mais avant de faire de la gestion pure, il faut avoir tapé dedans.
- Speaker #1
C'est ça. Pour moi, c'est l'inverse du salariat. Ce que je suis, c'est plus et mieux on travaille, moins on travaille à terme. C'est-à-dire qu'on solide, on structure, on se développe. Le salariat, si je ne dis pas de bêtises, souvent, plus on travaille, plus on nous en met sur les épaules. Tu bosses bien, tiens, prends ce dossier aussi. Fais ça jusqu'à ce que ça craque. Et c'est vrai qu'il ne faut pas lésiner sur son énergie au départ, mais on le fait pour soi. Et si on se structure bien, on sait bien se développer, on peut quand même avoir une qualité de vie. Moi qui suis multifranchisé, je l'ai vu. assez exceptionnel et pouvoir piloter, il faut toujours s'impliquer, il faut toujours surveiller, mais c'est radicalement différent du départ.
- Speaker #0
Et puis, n'oublions pas une chose qui est, à mon sens, capitale. C'est que la différence entre un salarié, on ne va pas parler d'un salarié du multinational qui a beaucoup d'avantages. Un salarié lambda, il a son salaire tous les mois et puis quand il part à la retraite, il part à la retraite, il a sa retraite. Un franchisé, il investit. Il espère toucher un salaire, le plus important possible. Bien sûr, quand je parle de salaire, attention, je parle tout confondu, c'est un abus de langage. Salaire, dividende, avantage, etc. Mais surtout, il patrimonialise. Parce qu'un jour, il va revendre son point de vente. Il va revendre sa franchise. Et souvent, ce que veulent les franchiseurs, c'est pas perdre le point de vente. Parce qu'ils veulent garder l'attractivité de l'enseigne, la notoriété, le côté homogène, le maillage territorial. Donc le franchiseur, il va tout faire pour vous trouver un repreneur. Et vous allez lui vendre à X fois les bits d'A, X fois... Enfin bref, il y a des calculs savants et comptables là-dessus. Mais c'est là où vous avez créé votre propre retraite. Et si vous avez bien marché, je ne vais pas dire le mot jackpot, parce que jackpot, ça ne veut tout dire et rien dire, en pourcentage de votre chiffre d'affaires. Mais c'est pour ça que vous travaillez. Ce n'est pas que le côté quotidien mensuel. Ça, évidemment, tous les jours, on pense à ça. Mais un jour, vous allez revendre.
- Speaker #1
On crée de la valeur, effectivement. Et franchi, je suis d'accord. Bien tenu, bien géré. Ça se vend bien. ça se vend. assez facilement, parce que ça peut être le franchiseur, le franchisé d'à côté, l'investisseur qui voulait rejoindre cette franchise, si ça tombe bien, être intéressé, un de vos salariés. Et en fait, on a plein de gens potentiels. Et moi, je le vois souvent, c'est souvent, des franchises se vendent off-market. Il n'y a même pas d'annonce, en fait. Ça se fait interne au réseau, etc. Et c'est vrai que ça, c'est très important que tu le dis. On se constitue aussi une vraie valeur patrimoniale qui est construite en 5-7 ans, finalement.
- Speaker #0
Oui, et vraiment, la France, la franchise, il faut le dire, c'est le premier employeur de France. Ou les secteurs. On cumule tous les franchiseurs qui eux-mêmes ont défranchisé. Tout confondu, premier employeur de France. Le secteur de la franchise, la France, c'est un consommateur de franchise. On adore les enseignes. On adore ça. Mais on n'est pas saturé encore. Donc, il y a encore de la place à créer de la franchise, etc. Et il y a beaucoup de candidats à la franchise, qui exploitent une franchise, qui arrivent à revendre. Mais ça peut prendre encore un peu de temps. Mais on va tendre vers un marché, je ne vais pas dire saturé, j'aime pas ce mot, où on va avoir de plus en plus de franchiseurs qui eux-mêmes vendent leurs franchises et des candidats qui vendent à des candidats trouvés par le franchiseur. Vous prenez l'exemple du Canada. Le Canada est saturé de franchises. Quasiment tout le monde est en franchise. Donc aujourd'hui, leur problème, c'est d'arriver à trouver des repreneurs. Des repreneurs, des repreneurs, des repreneurs. Il y a de moins en moins de créations de franchises. Je parle de franchiseurs. Il y a de plus en plus de personnes qui reprennent des franchises. Et en France, on va tendre vers ça aussi.
- Speaker #1
Oui, tout à fait, je suis d'accord, effectivement. On va arriver un peu sur les mots de la fin, mais il y a un sujet que j'aime beaucoup, je voulais avoir ton point de vue là-dessus, parce que des fois je lis en commentaire de mes vidéos. Franchise, arnaque, le franchiseur s'en met plein les poches, le franchisé travaille pour le franchiseur, etc. Quel est ton point de vue là-dessus ? Qu'est-ce que tu en dis ?
- Speaker #0
Sincèrement, oui, je suis d'un côté de la barre, comme on dit chez les avocats. Je suis côté franchiseur. Mais je déteste, je déteste ce préjugé. Je le déteste pourquoi ? Parce que je défends des centaines de franchiseurs. Et ces franchiseurs, je les vois. Ils travaillent autant que les franchisés. Les mains dans le cambouis, tous les jours. Vraiment à avoir le réseau le meilleur possible, le plus homogène, la meilleure notoriété de marque. Ils s'équipent en termes de staff. Mais il y a des brebis galeuses. Évidemment. Et ce qu'on va appeler franchise arnaque, eh bien en fait, franchise arnaque, ce sont tous ces franchiseurs qui se sont créés trop tôt, trop vite. Une bonne franchise, elle ne se crée pas vite, elle se crée bien. Et c'est là où vraiment je veux en venir, c'est que... là où il y aura une arnaque c'est parce qu'en fait le franchisé n'a pas gagné sa vie et tomber en redressement ou pire en liquidation et a perdu l'apport financier qui est parfois la constitution d'une poche d'économie qui est toute sa vie et c'est là où on va dire je me suis fait arnaquer alors si on enlève le cas où le franchisé a fait une bonne gestion on peut rien lui reprocher et que finalement il est quand même tombé en liquidation redressement effectivement il ya certainement une part de faute du franchiseur peut-être énorme peut-être pas énorme mais il ya quelque chose Et souvent, dans tous les cas que nous nous retrouvons, ce sont des franchises où elles se sont créées sur une opportunité. Et ça, il n'y a rien de pire. C'est quelqu'un, je vais prendre un exemple, désolé je parle beaucoup de pizza, mais parlons d'un autre secteur, parlons de sushi. Il a estimé qu'il faisait les meilleurs sushis du monde. Et puis un jour, quelqu'un lui a dit, mais est-ce que vous ne franchisez pas votre concept ? Mais lui, il n'y a jamais pensé, le futur franchiseur. Il dit, ah bah ouais, super, vous allez être mon premier franchisé. Et comme il veut aller très vite, trop vite. il ne va penser à rien. Études de marché, notoriété de la marque, dépôt de la marque, savoir-faire, assistance, formation, communication. Il voit juste l'appât du gain de quelqu'un qui va lui payer 20 000 euros de droit d'entrée et de royalties. Il n'y a aucune consistance, il n'y a pas de matière puisqu'il n'a rien préparé. Je fuis ces franchiseurs qui viennent nous voir en disant qu'il faut que j'ouvre dans 15 jours. Il faut que j'ouvre dans 15 jours. Un franchisé, oui, le franchisé, il est chaud bouillant, il faut que j'ouvre. Là, moi, je fuis parce que je sais qu'il va... Je ne vais pas dire sûr, mais il y a trois chances sur quatre que cette franchise, dans deux ans, elle meurt.
- Speaker #1
Parce qu'il a le mauvais état d'esprit dès le départ. On comprend qu'il a envie de saisir une opportunité, mais son discours sain serait, non, il est chaud, mais je vais temporiser. J'ai des candidats qui s'intéressent. Je structure et je lui dis,
- Speaker #0
attends six mois. Exactement. En fait, je structure. Déjà, il faut se méfier. d'une franchise qui se crée où le fondateur est encore à la manœuvre opérationnelle. Si c'est ça, ça ne sent pas bon. Pourquoi ? Parce que, est-ce que les clients viennent pour la marque ou pour celui qui l'a créée ? Pour son savoir-faire à lui. Il n'y a rien de pire, par exemple, que celui qui est pizzaiolo. Il a un restaurant qui cartonne. Pour être sûr qu'il cartonne en tant que franchise, il faut qu'il en crée un deuxième. Il faut qu'il crée un deuxième restaurant où il n'est pas. Et s'il n'est pas dans ce restaurant, mais que ça cartonne aussi, c'est qu'en fait les recettes sont bonnes, c'est que la marque est bonne, c'est que les signes distinctifs sont bons, c'est que le service est de qualité, c'est que la com est bonne et que donc le business marche sans lui. Et si c'est ça, là c'est scalable, tout de suite. Et là c'est franchisable. Et ça c'est les meilleures franchises. Et c'est tout ça qu'il faut préparer en amont. Et toutes ces franchises qui font les bonnes étapes, de dupliquer, de tester, d'échouer. Une bonne franchise, elle a échoué avant. Et une fois qu'il a eu ses échecs, et c'est justement parce qu'il a connu des échecs qu'il va pouvoir permettre à ses candidats de dire « J'ai fait ces erreurs. Je vais te dire comment ne pas les faire, ne pas les reproduire. » Il est là pour ça. Prévoir des organismes de formation, de l'assistance, etc. Une fois qu'il a fait tout ça. Et bien là, il est prêt à se franchiser. Et c'est là où il faut prendre ses franchises au bon moment. Et c'est vrai que ceux qui arrivent à trouver, je vous invite à aller au salon de la franchise de Paris, par exemple, où là, il y a tout. Et là, vous allez découvrir des franchises pas trop chères, parce qu'elles en sont au début. Et là, vous pouvez trouver des pépites, parce qu'ils ont tout bien fait.
- Speaker #1
Voilà. Il faut avoir le nez creux, effectivement, à l'expérience, pour justement déceler les futurs grands de demain, mais qui sont du coup à une attractivité au niveau du tarif, etc. Puis faire partie des franchisés fondateurs sur ces marques-là, ça peut être fantastique comme aventure humaine aussi.
- Speaker #0
L'aventure humaine, elle est incroyable. Parce que si vous nouez le lien avec les fondateurs, ce lien, il est indéfectible. C'est ça. Il est énorme. Et vraiment, discutez, Et si vous arrivez à trouver ce lien humain et vraiment, encore une fois, trouver la franchise jeune, parce qu'un peu moins chère peut-être, et cette franchise où on vous dit « Ah bah oui, j'ai déjà testé 4 marchés, 4 villes différentes. » Foncez. Parce que si ça a marché dans 4 villes différentes, sans le fondateur, c'est que c'est franchisable. C'est que la marque est forte et que c'est la consistance qui est derrière qui est forte.
- Speaker #1
Tout à fait. Merci beaucoup François-Xavier. On arrive à un moment de l'émission que j'aime beaucoup. C'est le moment carte blanche. Est-ce que tu aurais envie de partager avec les gens qui nous regardent et ceux qui sont encore en train de nous regarder, ceux qui sont vivement intéressés, soit un conseil qu'on n'aurait pas évoqué, une anecdote, un point de warning supplémentaire. Qu'est-ce que tu aurais envie de partager pendant ce moment-là qu'on n'a pas évoqué ? et qui pourraient faire un peu le mot de la fin.
- Speaker #0
Carte blanche, difficile. On peut donner le micro à un avocat en plus. Combien de temps j'ai ?
- Speaker #1
Justement, il faudrait te sortir. Carte blanche,
- Speaker #0
côté franchiseur. Prenez le temps. Ne grillez pas les étapes. Prenez le temps. Côté franchisé, lisez, documentez-vous et surtout, allez chercher les informations qui ne sont pas dans ce qu'on vous donne. Vraiment.
- Speaker #1
C'est-à-dire ?
- Speaker #0
Eh bien, intéressez-vous aux autres franchises, aux concurrents de celui que vous visez. Intéressez-vous à eux. Pourquoi est-ce qu'ils vont chez les autres et pas dans la franchise que vous visez ? Et pourquoi, à l'inverse, pourquoi ceux qui vont dans la franchise que vous vivez vont dans cette franchise et pas les autres ? Soyez en harmonie. Il faut que votre ADN... C'est comme si vous devriez avoir le même groupe sanguin que votre franchiseur. Et vous, vous allez ramener une touche de folie. une touche d'entrepreneur à cette franchise qui va faire que vous allez décoller. Et encore une fois, côté franchiseur, ne grillez pas les étapes. Faites les études de marché pour voir quel maillage territorial vous pouvez avoir. Soyez humble, humble et prenez du recul sur votre produit. Non, ce n'est pas le meilleur. Je vous le dis.
- Speaker #1
Ça ne sera jamais le meilleur, c'est comme ça qu'il faut le voir.
- Speaker #0
Par contre, si vous prenez ce recul et que vous arrivez à vous réinventer, à vous dire à chaque fois comment je me challenge, comment je me challenge, à chaque fois... Vous allez cartonner. Votre franchise, elle va décoller. Et côté franchisé, eh bien, dites-vous bien que vous n'êtes pas un salarié. Vous êtes un entrepreneur. Un entrepreneur qui va se faire assister. J'aime pas ce mot assister, mais accompagner pour avoir un démarrage canon. Et vraiment...
- Speaker #1
essayez vraiment de toujours prendre du recul sur ce qu'on fait ou ce qu'on vous donne merci beaucoup à françois xavier pour tous ces conseils ça a été très précieux pour les gens qui nous ont regardés c'est un réel plaisir bas de t'avoir avec nous pour pour cette émission en tout cas voilà si vous avez regardé l'émission jusque là si vous êtes vivement intéressé si vous voulez aller plus loin si vous avez envie d'avoir des conseils vous pouvez soit me contacter directement par les liens qui seront en dessous de cette description de la vidéo de ce podcast ou directement contacter François-Xavier et ses équipes. Je peux vous assurer que vous serez entre de très bonnes mains pour analyse de DIP, optimisation d'abats et commerciaux, etc. Et quand vous êtes bien accompagné, bien entouré, je peux vous assurer que vous aurez toujours un excellent retour sur investissement. Merci à vous de votre attention. N'oubliez pas de vous abonner à la chaîne pour être alerté du prochain épisode. Merci encore François-Xavier. Et puis, je te dis à très bientôt dans un nouvel épisode.
- Speaker #0
Merci Geoffrey.
- Speaker #1
Allez, bye, ciao. Merci.