Speaker #1Coucou, j'espère que tu vas bien. Aujourd'hui, je voulais qu'on parle d'un piège dans lequel on est nombreux à tomber quand on commence à faire consciemment un travail sur soi. Ça va probablement te parler. C'est cette idée qu'il faut à tout prix se débarrasser d'une blessure, d'un comportement. d'un schéma parce qu'évidemment quand on découvre le dev perso ben on prend conscience de plein de schémas de comportement de façon de faire etc et c'est comme si tant que tant que tout ça était là tant que c'est pas encore réglé ben la vie elle s'arrête elle peut pas vraiment commencer entre guillemets alors qu'est ce qu'on fait on continue à lire des livres on écoute des podcasts On fait plein de thérapies, des formations, des... stages, des méditations, bref, on fait tout ce qu'on trouve comme outil possible et inimaginable. Et attention, tout ça, c'est pas mauvais, au contraire, c'est très bien de pouvoir se développer et observer ces schémas. Mais le gros piège, c'est qu'on s'enferme dans un truc, et sans même s'en rendre compte, toute notre vie commence à tourner autour de cette chose à guérir. On ne voit plus que ça. La blessure, ça devient le centre. Le comportement, ça devient notre identité. Le problème devient notre boussole. Et justement, il se passe quelque chose de très subtil que j'observe, mais de très piégeant justement. C'est qu'on finalement ne vit plus. On passe notre temps à s'observer, à s'analyser, à scruter, à se juger. On se demande, est-ce que finalement cette blessure, elle est toujours là ? Est-ce que ça va mieux ? Est-ce qu'en ayant fait cette thérapie, j'ai avancé, j'ai pas avancé ? Est-ce que je réagis comme avant ? pourquoi ça revient, etc. On s'auto-sabote au final dans ce def perso. Et plus on regarde, bien sûr, plus on met notre nez dedans, plus on est focus sur ça, plus on voit cette chose. Plus ça prend de la place. Et plus on voit, plus ça prend de la place, plus ça grandit finalement. Parce que ce sur quoi on met notre attention tout simplement grandit. C'est pas plus compliqué que ça. À force de vouloir éliminer à tout prix une blessure, un comportement, etc., on finit par... vivre à travers cette blessure, à travers ce comportement. Et j'ai vraiment des clientes qui savent absolument tout. Elles peuvent expliquer leur mécanisme mieux que n'importe quel thérapeute. Elles connaissent l'origine, l'histoire, le pourquoi, le comment. Mais elles sont quand même épuisées, à bout d'énergie, parce que justement, leur énergie est constamment aspirée parce qu'elles veulent faire disparaître. Elles sont vraiment focus sur ce qu'elles ne veulent pas. Alors, si toi aussi ça te parle, J'ai envie de te poser la question. Et si le vrai problème, ce n'était pas que ce soit encore là, mais que toute ta vie soit organisée autour du fait que ça ne devrait plus être là ? Parce que oui, certaines blessures sont douloureuses, certains comportements sont limitants. Je ne suis pas là pour minimiser ça ou pour te dire que ce n'est pas important. Mais vouloir à tout prix éradiquer tout ça, comme si c'était une erreur à corriger, justement, ça peut devenir une autre forme de violence envers soi-même. C'est comme si intérieurement, on se disait « je ne peux pas être bien tant que cette part de moi existe. Je ne peux pas être aimable, je ne peux pas m'accepter tant que j'ai cette blessure, tant que j'ai ce comportement. » Et là, finalement, on est coincé dans un cercle vicieux. On s'auto-sabote en pensant de cette manière. Ce n'est pas de l'amour de soi, c'est tout le contraire. Et la vie finalement, ce qu'il faut comprendre encore une fois, je le répète beaucoup dans ces derniers épisodes, mais elle ne nous attend pas. Elle se vit pendant que certaines choses sont encore imparfaites. Elle se vit pendant tout ce processus finalement qu'on met en place pour aller de mieux en mieux. La vie, elle continue même quand les peurs sont encore là, même quand certaines blessures sont encore ouvertes. Même avec certains de nos comportements, la vie, elle continue. Donc il y a vraiment un truc fondamental que le développement personnel oublie parfois de nous dire. C'est que la transformation ne vient pas toujours de ce qu'on regarde, de ce qu'on observe. Elle vient souvent plutôt de ce qu'on cesse de fixer, ce qu'on accepte. Quand on lâche prise, quand on accepte les choses, c'est là qu'on guérit. C'est là qu'on peut passer à autre chose et continuer notre vie. Et quand je dis lâcher prise, c'est vraiment regarder les choses avec un autre regard, élargir le champ, remettre de la valeur. de la vie autour de ce qu'on vit. Et justement, quand on arrête de faire de la guérison un projet à plein temps, c'est là qu'on peut vraiment vivre plus librement. J'ai vu des femmes se transformer, non pas parce qu'elles avaient réglé ou guéri leurs blessures, mais parce qu'elles avaient recommencé à vivre malgré les blessures. Elles ont recommencé à créer, à aimer, à rire. à s'autoriser du plaisir, à s'autoriser des choses qu'elles ne s'autorisaient pas jusque-là. Et la blessure, tout à coup, ce n'était plus le centre de leur vie, ce n'était plus ce qui les empêchait de vivre. C'était juste une blessure, point. Un objet parmi tant d'autres. Ce n'est pas quelque chose qu'elle a nié, ce n'est pas quelque chose qu'elle a combattu, mais c'est quelque chose qu'elle a décentré. Elle a pu conscientiser, observer ce qu'il en est, mais sans rester enfermée là-dedans. Et c'est vraiment à ce moment-là que quelque chose bouge. Parce que la guérison, ce n'est pas toujours un acte volontaire, c'est souvent plutôt un effet secondaire de la vie. C'est quand tu t'autorises à vivre, quand tu continues à poursuivre ta vie, tout d'un coup, tu vois que la blessure, elle ne t'impacte plus. Alors, encore une fois, il ne s'agit pas de faire comme si rien n'existait, et puis d'être dans le déni, ça, ça n'aide pas non plus. Il ne s'agit pas non plus de fuir. mais de se demander tout simplement, honnêtement, est-ce que je suis en train de m'accompagner dans ce processus avec bienveillance, avec tolérance, ou est-ce que je suis en train de me surveiller et puis de me juger, de m'enfermer dans quelque chose d'autre ? Et surtout, pose-toi la question, est-ce que cette quête de death perso, est-ce qu'elle te rend plus vivante ou est-ce qu'elle t'enferme encore plus qu'avant ? Ce que je veux que tu retiennes aujourd'hui, c'est que la vraie libération, finalement, c'est pas... de guérir le plus vite possible, ce n'est pas une course, mais c'est plutôt de s'autoriser à vivre maintenant, même avec ce qui n'est pas encore totalement réglé. Et tu verras très vite que la paix intérieure que tu recherches, c'est là qu'elle se trouve, dans cette acceptation de qui tu es, dans cette tolérance, cet amour inconditionnel envers toi-même. J'espère que cet épisode t'aura apporté de la valeur. Je te fais plein de gros bisous et je te dis à la semaine prochaine pour un tout nouvel épisode du podcast Grandiose.