Speaker #1Il y a quelque chose qui me fascine et qui me touche profondément dans ce que j'appelle le paradoxe du syndrome de l'imposteur, c'est que ce sont souvent les personnes les plus compétentes, les plus impliquées, les plus conscientes qui en souffrent le plus. Et ce qui est particulier avec ce syndrome, c'est que le savoir ne l'efface pas. On peut très bien connaître le mot, comprendre le mécanisme, avoir travaillé dessus et continuer à vivre avec ce frein qui peut paraître discret, mais pourtant qui est toujours là, au fond, à nous répéter. C'est pas encore le moment, c'est pas pour toi, attends d'être vraiment prête. Et aujourd'hui, j'ai envie qu'on aille chercher ce que ça représente. vraiment. Non pas à la surface, mais à la racine. Le syndrome de l'imposteur, dans les livres, c'est défini comme la peur d'être démasqué. Croire qu'on a réussi par chance, qu'on ne mérite pas vraiment ce qu'on a, que les autres vont finir par s'en rendre compte. Mais dans la vraie vie, c'est quelque chose de beaucoup plus subtil. Ça ressemble plutôt à minimiser ses propres résultats, dans une conversation par exemple. Presque par réflexe, on se rabaisse soi-même. Ça ressemble à, par exemple, ne pas démarrer un projet parce qu'il n'est pas encore tout à fait prêt. Ça ressemble aussi à prendre la parole dans un groupe et se demander juste après pourquoi on a dit ça. Comme si on n'avait pas le droit d'avoir un avis aussi fort. Comme si on n'avait pas le droit d'exister, comme si on n'avait pas le droit de s'exposer. Ça ressemble à savoir profondément qu'on est capable et ne pas y croire quand même. Et ce qui est épuisant là-dedans, que j'ai remarqué, c'est que plus on avance, plus les enjeux grandissent et plus la voix se fait entendre. Et la première chose que j'ai comprise, c'est que d'essayer de se convaincre, ça ne marche pas forcément. Pendant longtemps, ma réponse au syndrome de l'imposteur a été très cognitive, très dans le mental, que ce soit pour moi, mais aussi pour mes clientes, pour être totalement transparente, que ce soit de lister des réussites, se rappeler de nos compétences, se répéter des affirmations. Et je ne dis pas que ça ne sert à rien et que ça ne marche pas, ça peut aider à passer un cap. Mais temporaire. Parce que le lendemain, très souvent la voix est de nouveau là. Parce que cette voix, elle ne joue pas avec l'épreuve, elle joue avec la légitimité. Et la légitimité, ça ne se démontre pas. Ça se ressent. Ou pas. C'est deux niveaux complètement différents. L'un est dans la tête et l'autre dans le corps. La deuxième chose que j'ai observée, c'est que comprendre d'où ça vient, ça ne suffit pas forcément à le « guérir » . Et c'est probablement là que beaucoup de personnes se retrouvent bloquées. Elles ont fait le chemin intellectuel, elles savent que ce blocage vient de l'enfance, d'un message reçu très tôt sur leurs valeurs, sur leur légitimité, sur leur droit à prendre leur place. Ces personnes ont peut-être même identifié le moment précis où c'est arrivé, et pourtant, ça continue. Et c'est vraiment un schéma dans lequel moi-même je suis très longtemps restée enfermée, c'est que je savais tout. intellectuellement et pour autant les choses ne bougeaient pas. Ce que je vois c'est que clairement la compréhension intellectuelle, mentale et la guérison sont deux processus distincts. La tête, elle peut avoir fait sa part et je pense que c'est important de comprendre certaines choses, mais pas forcément. Il y a certaines choses qui doivent vraiment se ressentir, se vivre à travers le corps. Et si la tête a compris mais que le corps lui n'a pas encore reçu l'information, Les choses ne vont pas forcément changer, elles ne vont pas forcément se débloquer parce que le corps fonctionnera encore selon d'anciennes règles. Des règles qui sont ancrées dans le corps, qui sont gravées bien avant qu'on ait les mots pour comprendre avec la tête. Grosso modo, t'as beau avoir lu, compris, travaillé sur toi, et pourtant, il peut y avoir un nœud qui reste là, parce qu'il se défait pas avec la tête. Une troisième chose que j'ai remarqué également, et je dirais que c'est celle qui change tout, c'est que les blocages n'appartiennent pas toujours à la personne qui la porte. Et ça tu l'auras deviné, mais c'est quelque chose que je vois très régulièrement dans mon travail avec les constellations familiales. Rester en retrait, ne pas prendre trop de place. ne pas dépasser ce que les autres dans la famille ont pu accomplir. Ce ne sont pas toujours des choix conscients, ce sont parfois des loyautés invisibles, silencieuses. Ça peut être une fidélité inconsciente à un parent par exemple qui n'a pas pu s'épanouir, à un ancêtre qui a dû se taire, à une histoire familiale qui n'a pas encore été digérée. Et tant que cette loyauté n'a pas été vue, vraiment vue, et rendue à son propriétaire, elle continue d'agir en sourdine comme un frein invisible. Je pense que je vais faire un épisode de podcast pour approfondir davantage ce sujet. Quoi qu'il en soit, si tu as la sensation qu'il y a un blocage, un nœud qui reste malgré tout le travail que tu as fait sur toi, sache que ce n'est pas toi le problème. Ça montre simplement qu'il y a quelque chose à aller regarder de plus près, de plus profond, et peut-être rendre des choses qui ne t'appartiennent pas vraiment. Et ça, ça se fait, mais pas avec la tête. Comme je te dis, j'ai longtemps moi aussi été très dans le mental. Le coaching de vie d'ailleurs c'est quelque chose de très intellectuel. Et encore une fois je ne dis pas que ça n'aide pas. Ça fait partie du chemin mais à un moment donné il faut passer de l'autre côté. Et s'autoriser à ressentir vraiment avec le corps. C'est vrai qu'il y a beaucoup de mes clientes qui sont comme moi, qui sont déconnectées de leur corps. Donc c'est difficile d'aller vers cette étape là. Et c'est pour ça que c'est très important de pouvoir être accompagnée. Moi personnellement, je n'ai pas réussi à le faire seul et les constellations familiales, ça a été un outil qui m'a aidé. Il y a eu d'autres outils également. Alors si aujourd'hui, toi aussi, tu sens que tu es exactement dans cette zone, que le chemin intellectuel est fait et qu'il manque quelque chose de plus profond, sache que les constellations familiales sont peut-être l'étape d'après. Si tu te sens appelé à ce qu'on travaille ensemble, à aller explorer un petit peu cet univers-là, ton histoire familiale, tu peux me contacter par email ou sur Instagram ou même réserver ta séance directement via le lien que tu trouveras en description de cet épisode. Et je rappelle juste que si tu es quelqu'un de très terre-à-terre, dans le mental, très intellectuel, tout ça n'est pas un frein à la constellation familiale. Il n'y a rien à réussir, il n'y a pas de talent à avoir, il y a juste à se laisser guider, être ouverte. Et les choses se font très naturellement avec beaucoup de douceur.