Speaker #1Coucou et bienvenue dans ce tout nouvel épisode où j'avais envie de te parler de quelque chose dont on ne parle pas assez parce que je pense que c'est un sujet peut-être un peu tabou et pourtant je l'ai moi-même expérimenté. C'est cette peur de devenir maman. Et là, je ne parle pas de la peur de l'accouchement ou des angoisses pratiques du comment on va gérer. Je parle vraiment de cette peur qui est beaucoup plus profonde et qui nous amène à nous poser justement cette question existentielle de savoir si oui ou non, on veut vraiment avoir un enfant. Parce que justement, au fond, il y a cette peur de ne pas être à la hauteur. La peur de perdre qui on est. Et surtout, la peur que j'entends le plus souvent chez les femmes conscientes qui font un travail sur elles, c'est la peur de transmettre ses... propres blessures à son enfant. Et sincèrement, j'ai moi-même eu cette peur pendant longtemps. Je vais être honnête avec toi, cette peur, elle m'a pas quittée du jour au lendemain quand j'ai su que j'étais enceinte. Elle a évolué, elle s'est transformée, mais elle était quand même là. Aujourd'hui, mon bébé a trois mois et tout ce qu'il m'apprend déjà dépasse ce que j'aurais pu anticiper. Alors j'avais envie de faire justement cet épisode depuis ce moment précis de ma vie pour toutes celles qui se reconnaissent dans ce tiraillement qui veulent être maman, mais qui ont très peur en même temps, et je crois que cette peur mérite d'être vue autrement. Une chose que je peux te dire tout de suite, c'est que les femmes qui ont peur de transmettre leurs blessures à leurs enfants sont des femmes conscientes, des femmes qui réfléchissent, qui ressentent, qui prennent leurs responsabilités au sérieux. Et cette conscience-là, elle change déjà tout. Chaque maman, bien sûr, fait avec ce qu'elle a, avec ses outils, avec son niveau de conscience, au moment où elle vit les choses. Je dis pas qu'il y a de bonnes ou de mauvaises façons d'être maman, il y a juste ce qu'on est capable de voir et de faire à l'endroit où on en est. Et toi, si tu m'écoutes aujourd'hui, c'est probablement que tu te poses des questions, et ça, c'est déjà énorme. Cette peur de transmettre vient de la croyance que parce qu'on a été blessé, on va forcément blesser. Que les schémas reçus vont forcément se répéter malgré soi. Alors oui, on va transmettre des choses, c'est... inévitable et c'est même sain parce que chaque individu a son propre chemin, ses propres apprentissages à faire et les blessures font intégralement partie de la vie de chacun mais ce qui se transmet de façon lourde, ce sont les blessures non vues, non travaillées celles qu'on n'a jamais osé regarder pas celles qu'on regarde en face et s'il y a bien quelque chose que j'ai compris, c'est que la conscience certes, elle ne protège pas de tout mais elle change radicalement ce qu'on transmet Merci. Et il y a une chose que j'aime rappeler quand ce sujet vient sur la table, c'est que nos parents n'avaient pas tout ce qu'on a aujourd'hui. Et je ne dis pas ça pour les juger, bien au contraire, je le dis pour mettre les choses en perspective. Parce qu'il y a 30, 40, 50 ans, on ne parlait pas de blessures d'enfance, dans les conversations du quotidien, on ne parlait pas de constellation familiale, de thérapie, de def perso. Tout ce vocabulaire qui nous permet aujourd'hui de nommer ce qu'on vit, d'identifier d'où viennent nos schémas, de comprendre nos réactions. En fait, ça n'existait pas de la même façon. C'était pas vraiment accessible, c'était même pas dans l'air du temps. Et nos parents, tout simplement, ont fait avec ce qu'ils avaient, avec leurs propres blessures non vues, avec les injonctions de leur époque, avec le silence qui entourait toutes les émotions qu'ils pouvaient vivre et les traumatismes. Ils ont fait de leur mieux, vraiment, je le pense, mais ils n'avaient pas les outils. Et ça n'excuse en rien certains comportements, évidemment. Mais je trouve que ça permet de comprendre certaines choses et d'avoir un peu plus de compassion et aussi de se rendre compte qu'aujourd'hui, c'est différent, c'est complètement différent. Nous, on a toutes ces informations, tous ces outils, on a accès à des décennies de recherches en psychologie, en neurosciences, en transmission transgénérationnelle. On a des thérapeutes, des coachs, des podcasts, des livres. On a vraiment des espaces pour parler de tout ça. Et surtout, on a cette conscience, ce regard sur soi qui change tout. Alors certes, ce n'est pas donné à tout le monde, mais en tout cas, toi qui m'écoutes, c'est que tu as tout ça à disposition et tu as toutes les ressources en toi pour ne pas reproduire la même chose. Alors, est-ce que ça veut dire qu'on va tout faire parfaitement ? Non. De toute façon, l'objectif n'est pas la perfection. L'objectif, c'est de... de poser cette intention tout simplement de faire mieux, de faire autrement, de ne pas répéter en pilote automatique. Et ça, je pense que c'est largement faisable et c'est vraiment précieux pour nos enfants, nos futurs enfants. On n'a pas besoin d'être des mamans parfaites, on a besoin d'être une maman présente et consciente. Et ça, j'en suis sûre que tu l'es déjà ou tu le seras. C'est une certitude, sinon tu ne serais pas là à prendre le temps de m'écouter. Alors je ne sais pas si mon discours va te rassurer, si tu te retrouves justement dans cette posture-là, mais personnellement il y a une question que je me posais quand la peur était trop forte, quand je ne savais plus vraiment si j'avais envie ou si c'était vraiment la peur qui parlait, ben en fait je me projetais à 90 ans. Et je me demandais, est-ce que je regretterais de ne pas avoir vécu cette expérience de maternité si justement je ne deviens pas maman ? Et la réponse pour moi... était un grand oui. Clairement, profondément, oui. Bon, déjà, il faut savoir que j'aime tellement les enfants, depuis toujours. Et ça a toujours été une évidence pour moi qu'un jour, je voudrais être maman. Simplement qu'au fil de mon chemin de vie, j'ai vraiment développé cette conscience et j'ai pris conscience à quel point on est responsable finalement de ce qu'on transmet, ce qu'on ne transmet pas. Et c'est pour ça que toutes ces questions sont venues à moi et que j'ai pris beaucoup de temps avant de prendre cette décision de devenir maman. Et le fait justement de me projeter aussi quand je serai âgée, ça va vraiment aider à démêler ce qui venait de la peur et ce qui venait de moi vraiment. Parce que tu peux le constater, mais la peur parfois elle nous ment, elle grossit les risques et la question justement des 90 ans permet de passer au-dessus d'elle, en tout cas un instant, pour toucher ce qu'on veut vraiment. au fond de nous. Aujourd'hui, comme je te disais, mon bébé a trois mois et je vais te dire quelque chose que je n'aurais pas pu anticiper. Il m'enseigne des trucs que des années de développement personnel n'avaient pas suffi à m'apprendre vraiment profondément. Il me renvoie à moi-même avec une telle précision, une intensité que je n'avais jamais vraiment vécue jusqu'à maintenant. Chaque fois que je perds patience, chaque fois que je me sens dépassée, que je me sens fatiguée chaque fois que quelque chose de vieux remonte, c'est une piqûre de rappel. Une piqûre de rappel directe, sans filtre, mais avec tellement d'amour. Alors certes, la maternité, ce n'est pas un chemin de développement personnel comme les autres. C'est peut-être, et je dirais même que c'est en tout cas pour moi le plus exigeant, mais c'est aussi dans mon expérience le plus transformateur. Et c'est que le début. Parce que l'amour qu'on ressent pour cet enfant, pour ce petit être, cette force-là, Elle donne envie de faire de son mieux. Et pas par obligation, pas parce qu'il faut, parce que je dois, mais vraiment par envie profonde et sincère. L'amour, c'est l'énergie la plus puissante que je connaisse. Et la maternité, c'est l'une des formes les plus intenses qui nous le prouve. Ça chamboule, ça bouscule et ça réveille des parties de soi qu'on ne savait pas endormir. C'est ça aussi devenir maman. Alors je ne suis pas là pour te dire que tu dois devenir maman, ce n'est pas mon rôle et ce n'est pas le sujet non plus. Il y a des femmes qui choisissent de ne pas l'être et ce choix est tout aussi valide, tout aussi puissant. Ce que j'ai envie de te laisser, c'est vraiment ça, c'est que si tu ressens cet appel mais que la peur prend plus de place que ton envie, eh bien pose-toi juste cette question. Quand tu imagines ta vie à 90 ans, est-ce que tu vois le regret de ne pas avoir essayé ? Ou est-ce que tu vois la paix d'avoir fait le choix qui te ressemble vraiment ? Les deux réponses sont valides, légitimes. Mais écoute celle qui vient du ventre, celle qui vient du cœur, pas celle qui vient de la peur. Je te remercie d'avoir écouté cet épisode, c'est un sujet qui me tenait vraiment à cœur. Et je suis contente d'avoir pu... de le partager depuis l'endroit où j'en suis aujourd'hui. Je ferai probablement un prochain épisode sur ce que mon bébé m'apprend concrètement, toutes ses piqûres de rappel, et crois-moi, il y a de la matière. Si cet épisode a résonné, n'hésite pas à le partager à une femme de ton entourage qui en a peut-être besoin. Et moi, je te dis à la semaine prochaine pour un tout nouvel épisode du podcast Grandiose.