- Speaker #0
Une maman de 5 enfants, une étudiante en psycho, une formatrice à l'approche parentale et indinène, mélangez tout ça dans un gros chaudron et vous obtenez « Hand in hand parenting » avec Sophie. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast. Aujourd'hui, je te propose un épisode un peu spécial puisque je ne suis pas seule, mais entourée de deux invités et que dans cet épisode, on va te parler un peu plus de ce qui se cache derrière le « Hand in hand » de... Hand in Hand avec Sophie. Hand in Hand, c'est aujourd'hui une communauté internationale qui regroupe près de 200 formateurs et des dizaines de milliers de parents dans le monde. Le but, c'est offrir des outils d'écoute concrets qui permettent aux parents, aux proches aidants et aux professionnels de répondre au mieux aux besoins des enfants et de faire face à des situations ou des comportements parfois compliqués. C'est une approche qui existe depuis 35 ans et qui a été fondée par Patty Woodflower. une institutrice californienne de Palo Alto et qui, depuis quelques dizaines d'années, propose énormément de contenu à tous les parents du monde qui se fondent sur l'approche parentale indienne. Et c'est une approche qui se fonde sur la théorie de l'attachement et est informée par les traumas. Une chose importante à savoir, c'est que cette approche a été développée un peu par tâtonnement à partir d'un angle assez inédit et qu'on retrouve peu dans le monde de la parentalité. à savoir l'écoute entre adultes. Et oui, à Indianan, on est convaincus que c'est quasi mission impossible de prendre soin correctement des besoins émotionnels de nos enfants si nous-mêmes, on ne reçoit pas régulièrement une vraie écoute de nos besoins émotionnels. Actuellement, cette approche parentale fait l'objet d'un certain nombre d'études, en partenariat notamment avec l'Université de Washington, dans le but de confirmer son statut de pratique probante et fondée sur des preuves. Et il y a une deuxième particularité à l'approche parentale indienne. C'est la façon dont nous avons de l'enseigner. Je dis nous car je suis aujourd'hui accompagnée de Carole et de Chloé, qui toutes les deux sont également formatrices à l'approche parentale indienne depuis de nombreuses années. Toutes les trois donc, en tant que formateurs indiennes, nous partageons quand nous enseignons l'approche, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'anecdotes. Car au-delà de la théorie, qui est importante, On a remarqué que dans le feu de l'action pour les parents, il est plus facile de se rappeler et d'être inspiré par une histoire entendue que par un cadre théorique. Alors les anecdotes, on en raconte beaucoup. Et ce matin d'ailleurs, c'est d'anecdotes dont on va te parler et qu'on aimerait donc te raconter. Des anecdotes pour te dire comment nous, personnellement, on a découvert cette approche, comment on l'utilise et elle nous aide au quotidien. Des anecdotes pour te dire comment la communauté indienne nous aide et nous soutient au quotidien. Car oui, Il y a une entraide et un soutien extraordinaire offert aux formateurs annuels. Et enfin, des anecdotes pour te partager la façon dont on travaille au quotidien dans nos communautés en France afin de soutenir les parents qui nous découvrent et qui ont besoin de soutien. Mais d'abord, quelques présentations. Chloé et Carole, bonjour. Bonjour Sophie. Et merci d'être là pour ce rendez-vous matinal. Je précise qu'il est 8h30, c'est des poussières. Alors Carole, est-ce que tu veux te présenter en quelques mots ?
- Speaker #1
Oui, je veux bien. Donc, comme tu l'as dit, j'ai été formée à l'approche Henning Hen, je crois que c'était en 2011. Je suis enseignante, j'ai enseigné la musique, j'ai aussi été éducatrice de jeunes enfants et j'ai moi-même quatre enfants. Donc voilà, j'ai baigné pendant presque 30 ans dans la petite enfance et un peu aussi les ados et puis évidemment mes propres ados. Et donc, mon petit dernier, non, ma petite dernière avait… un an quand je me suis formée à l'approche Hand in Hand et voilà. Ça a vraiment tout changé pour ma famille.
- Speaker #0
Génial. Merci Carole. Alors Chloé également, est-ce que tu as envie de te présenter en quelques mots et dire qui tu es ?
- Speaker #1
Oui, bonjour. Donc moi je suis Chloé Saint-Guilhem, je suis psychologue de formation initiale et j'ai découvert l'approche Hand in Hand quand j'intervenais dans des crèches avant d'avoir mes propres enfants. Aujourd'hui, ils ont 13 ans et donc cette approche, quand je l'ai découverte, elle a vraiment résonné avec ce à quoi j'aspirais en termes d'accompagnement des enfants. Et donc, c'est une approche qui a toujours fait partie de ma vie de famille, de ma vie de maman et que je continue de transmettre avec la plus grande joie. Et la plus grande passion.
- Speaker #0
Et du coup, en fait, toi... Chloé, et toi aussi Carole, en fait, même dans votre vie professionnelle, j'imagine que vous utilisez énormément l'approche, que ce soit toi, Chloé, à travers les accompagnements que tu proposes en tant que psychologue, et toi, Carole, j'imagine que dans toute ta carrière de pédagogue, tu as énormément utilisé aussi les outils dans ton quotidien avec les enfants.
- Speaker #1
Oui, oui, c'est ça, et ça a été vraiment aussi, pour moi, un grand terrain d'apprentissage et de découverte de ce qui était possible avec l'approche. Et quels étaient ces outils presque magiques, je dois dire. Ça demande effectivement de la part de l'adulte une certaine, comment dirais-je, il faut être prêt à découvrir de nouveaux aspects de soi, mais effectivement c'est assez incroyable ce qu'on peut obtenir. J'entends par là que les émotionnellement accompagnés, ils deviennent vraiment très coopérants, très sensibles, très aimants. et peuvent vraiment montrer le meilleur d'eux-mêmes. Et ça, dans une classe, évidemment, c'est magnifique.
- Speaker #0
J'imagine que ça change complètement la dynamique de la classe. Et toi, Chloé, est-ce que c'est aussi quelque chose que tu utilises ? Dans ton métier de psychologue aussi, cette approche, la façon dont tu es peut-être influencée par ce que tu as appris, les outils en eux-mêmes ?
- Speaker #1
Oui, et en me posant cette question, tu me replonges vraiment 15 ans en arrière, Quand j'ai...
- Speaker #0
J'ai découvert ces idées et que je me suis dit, ah mais voilà quelque chose d'essentiel que je pourrais apporter au sein des crèches. Et c'était cette compréhension complètement révolutionnaire pour moi, qu'il y avait une alternative entre laisser un enfant pleurer seul, chose que depuis, enfin voilà, c'est des choses qui se sont faites il y a certaines générations. et contre lesquels on se retourne aujourd'hui, et à contrario, tout faire à tout prix pour qu'un enfant cesse de pleurer. Et le fait que oui, à un moment donné, c'est quelque chose d'humainement spontané et guérisseur de pouvoir verser quelques larmes ou vraiment avoir besoin de pleurer et qu'on puisse écouter un enfant accueillir ça. Je me suis dit, mais c'est vraiment une alternative, entre guillemets, ordinaire.
- Speaker #1
Et c'est vrai que je pense que c'est vraiment une qualité essentielle que j'ai apprise grâce à Hand in Hand, c'est l'écoute. Et donc, évidemment que même dans mon travail en tant que psychologue, cette qualité d'écoute, cette puissance de l'écoute, c'est quelque chose qui m'est encore très utile aujourd'hui.
- Speaker #0
effectivement et c'est quelque chose dont j'aimerais beaucoup parler cette écoute donc dans l'approche un inane un peu comme je disais en intro il y a cette idée absolument fondamentale que moi je vois peu dans d'autres approches parentales et qui est cette idée que pour écouter pour être capable de répondre aux besoins de l'enfant il faut que nous adultes on soit écoutés et ça c'est quelque chose je pense qui est très fort et qu'on ressent beaucoup dans notre quotidien de formatrice il faut savoir que un inane aujourd'hui c'est un réseau de formatrices qui sont extrêmement, extrêmement soudés et qui sont extrêmement épaulés au quotidien. Qu'est-ce que j'entends par là ? C'est que, comme on considère qu'être capable de, comme je disais, répondre aux besoins de l'enfant, être capable d'animer une communauté de parents, etc., ça demande en soi beaucoup d'énergie, beaucoup d'écoute, ça veut dire beaucoup de travail émotionnel qu'on reçoit, nous. Il faut aussi que, de notre côté, on soit relativement en mesure de faire ce travail et il faut que, nous aussi, on reçoive beaucoup d'écoute. Comment tu décrirais, Carole, la façon dont, un in-in, en tant que formatrice, on est soutenu pour faire ce travail au quotidien, d'année en année ?
- Speaker #1
Alors oui, on est soutenu de toutes sortes de façons, mais c'est vrai que la première, c'est qu'on a des groupes, on va dire, de soutien, c'est-à-dire qu'on a des personnes qu'on connaît, des contacts, des groupes. On peut demander des temps d'écoute. Évidemment, on est aussi encouragé à avoir nos propres partenaires réguliers pour échanger des temps d'écoute. J'utilise ce terme parce que ce n'est pas très clair de quoi je parle.
- Speaker #0
Veux-tu m'expliquer en quelques mots peut-être ?
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. C'est simplement le principe qu'on est deux. Chacun va écouter l'autre pour un temps précis qu'on a défini ensemble. Et l'idée, c'est pendant que j'écoute l'autre, je suis totalement disponible. Je le trouve génial. Je suis pleinement avec la personne en essayant d'écarter tous les jugements, tous les conseils. J'interviens très… peu, si ce n'est pour aider la personne à continuer sur son chemin de pensée, mais ça permet vraiment à celui qui est écouté d'aller au fond de cette émotion et généralement de trouver de nouveaux élans, de nouvelles réponses, de nouvelles idées. Si je peux peut-être juste illustrer ça, quand on est dans une situation avec même un de nos enfants à la maison où vraiment on ne sait plus quoi faire. Récemment, moi j'avais un enfant qui avait un peu des difficultés à l'école et en fait, ça nous angoisse, ça nous stresse parce qu'on ne sait pas trop, parce qu'on aimerait le mieux pour nos enfants, évidemment. Et là, le partenaire peut vraiment... peut vraiment amener dans ce temps d'écoute, on peut se rendre compte, prendre de la distance et vraiment après aborder son enfant avec beaucoup plus de calme et beaucoup plus de sérénité. Et moi, je peux le voir encore. Donc dans ce cas-là, j'ai eu un temps d'écoute, je suis retournée vers mon fils et tout à coup, la situation s'est dénouée. C'est lui qui m'a demandé de l'aide. Alors qu'avant, il y avait une sorte de fermeture, évidemment, de sa part. Et ça, c'est magique. C'est-à-dire que le fait... fait d'échanger, de fait de pouvoir vider son stress, ses angoisses, ça nous rend disponibles à la situation et les enfants le sentent tout de suite. Ou la personne en face va le sentir qu'elle a de la disponibilité. Voilà.
- Speaker #0
Et je crois qu'il y a vraiment cette idée qui, moi, m'est très chère par Linen, c'est le fait qu'il y a cette conviction que si on arrive à avoir la tête un petit peu nettoyée de toutes nos tensions émotionnelles, On est à même individuellement à trouver la solution qui fonctionnera pour nous, pour notre famille. Et moi, franchement, c'est un truc qui m'a beaucoup, beaucoup marqué et qui continue de marquer depuis toutes ces années. C'est la façon dont le soutien qu'on reçoit de la part de l'organisation dans nos activités de formateur, ce n'est pas un soutien qui va être en mode « fais A, puis B, puis C, etc. » C'est de se dire « moi, je vais te donner un dîner, nous donne le soutien qu'il faut et après, la décision, c'est nous qui la prenons. » Je pense que c'est important de le dire. Moi, je n'ai jamais entendu quelqu'un, un élève, me dire « Ah, ton fils ne dort pas. Eh bien, regarde, tu peux suivre ce plan en quatre étapes. Voilà ce que tu fais. » Non, ce ne sera pas le point. Il y a des grands principes fondateurs. C'est ça qu'on enseigne dans les formations, dans les classes qu'on propose. Mais derrière, la façon dont les choses vont concrètement se mettre en place, c'est vraiment chaque parent qui va définir ce qui fonctionne pour lui et ce qui fonctionne pour son enfant. C'est une approche où on accepte d'être dans le tâtonnement, accepte de parfois on va se planter et c'est ok. Il y a une très jolie newsletter qui est partie la semaine dernière que Chloé avait écrite, dans laquelle elle expliquait justement la façon dont c'est ok en tant que parent parfois de faire des erreurs et d'être capable du coup derrière de revenir vers son enfant et de lui dire « Désolée, en fait là je n'ai pas fait ce que j'aurais aimé faire, je sais que ça n'a pas marché, je suis désolée. » Et d'être capable de faire ça, ça offre une grande liberté en se disant « Je vais tenter et puis j'espère que ça va marcher. » Je ne sais pas si tu as des anecdotes pareilles sur ce sujet, Carole, que moi, je trouve très chouette de se dire qu'en tant que parent, en tant que formateur, on essaye, et même auprès des enfants, quand on travaille auprès des enfants, on essaye de faire notre mieux, mais que dans la prochaine lignée, il y a toujours cette idée de se dire que parfois, on peut se planter, mais qu'il est possible de revenir en arrière et à tout moment de réparer cette relation avec notre enfant.
- Speaker #1
Ah oui, oui, je pense que c'est essentiel. Parce que c'est effectivement, dans la vie, il y a toutes sortes de choses qui se passent. Et des fois, on est aussi pris par ce qui se passe. Si on va réagir de façon spontanée, on va retomber dans des vieux schémas. Enfin, on est tous, on n'est pas surhumains. Mais c'est vrai que cette conscience que le lien peut toujours être créé, qu'on peut toujours retrouver des portes. Et bon, s'excuser, oui, bien sûr, ça fait partie de l'humilité qu'on doit avoir en tant que parent. De se dire oui. Je fais de mon mieux, mais de toute façon, je vais faire des erreurs, c'est évident. Et ce qui est marrant, c'est que moi, j'ai des enfants plus âgés maintenant, et quand je partage des fois, enfin je partage, j'écoute une de mes filles aînées, et j'essaie d'écouter le mieux possible, d'être le plus soutenante possible, mais des fois, je vais faire une remarque, et elle va me dire « Ah non, ça, ça ne m'aide pas du tout » . C'est-à-dire qu'elle est tout à fait consciente de ce qui a bloqué son décharge, ou comment on l'appelle ça. Et voilà, donc oui, c'est ça. Mais voilà, je fais ce que je peux. Après, à un moment donné, je fais peut-être une...
- Speaker #0
Et ça, je pense que c'est une des grandes leçons qu'on apprend, je trouve, quand on travaille avec un Inen, c'est cette idée de se dire qu'en fait, il arrive souvent que la meilleure façon d'écouter, c'est de se taire.
- Speaker #1
Quand même, à Inen, on apprend à écouter, mais pas que avec les oreilles. C'est-à-dire que quand on écoute un enfant, par exemple, si on fait un temps particulier, donc ça, c'est un des outils de l'approche Indien. On va se mettre à disposition pour jouer avec un enfant, mais c'est lui qui va guider le jeu. On est vraiment à l'écoute, mais avec tous nos sens. C'est-à-dire qu'on va être à l'écoute de ce qu'il peut dire, mais on va être à l'écoute de ce qu'il est en train de faire, on va l'observer. Et on va aussi être à l'écoute des émotions qu'il est en train de vivre, qu'est-ce qu'il partage dans son jeu, qu'est-ce qu'il y a en dessous, qu'est-ce qu'il nous montre en fait. Donc je pense que c'est vraiment une écoute très globale qu'on apprend à avoir et qui est formidable.
- Speaker #0
Je pense que c'est une écoute qui est assez unique, c'est-à-dire que dans le quotidien, ou dans la façon dont en général on a été élevé, ce n'est pas une écoute qu'on a l'habitude soit de donner, soit de recevoir. Et c'est Chloé, Chloé en parlait très bien tout à l'heure, quand elle disait qu'elle, elle avait le sentiment que c'était un peu une troisième voie quelque part. Et je pense qu'elle a raison parce que, en fait, moi, c'est très, très rare que quand je forme des parents ou quand on offre une conférence ou autre, d'avoir des parents qui me disent, mais pourquoi ça arrive, qui me disent, en fait, oui, mais ça t'écoute, Sophie, moi, je l'ai déjà eu, en fait, de la part de mes parents. Moi, je pense que c'est vraiment assez inhabituel et c'est vraiment une façon d'être écoutée, une façon d'écouter qui est... Quelque chose à inventer parce qu'on est encore dans des générations où nos parents ne nous ont pas forcément donné cette écoute. Et du coup, on est en train de forger, je pense, une nouvelle façon d'appréhender la relation avec nos enfants. Et moi, mon rêve, c'est évidemment que derrière, les enfants perpétuent ça aussi de leur côté. Je le vois, moi j'ai cinq enfants, alors ça c'est peut-être quelque chose que tu vois aussi Carole. Moi, je vois la façon dont les plus vieux, les aînés, écoutent les plus jeunes. C'est très, très mignon de voir la façon dont... Il y a un petit qui va avoir, mon plus jeune, qui va avoir une petite crise parce que les choses ne se passent pas comme il veut, et d'écouter. La Vincent, donc, les grands offrent, donc, un moment de rester écouté à ce petit. Alors, rester écouté, on peut en parler en deux secondes. C'est cet outil qui permet, en fait, d'écouter, d'être présent dans les moments un peu compliqués, les moments un peu de colère. C'est une écoute qui est, encore une fois, comme tu le disais, Carole, dans laquelle on n'est pas juste à écouter avec nos oreilles, mais il y a beaucoup de choses qui montrent cette écoute et ça fait un bien fou. pour aider la régulation des enfants. Et j'aime beaucoup, beaucoup, c'est hyper touchant de voir mes grands écouter les petits de la même façon que moi je les ai écoutés, ces grands, quand ils étaient petits. Il y a une espèce de transmission qui se fait et que je trouve très belle. Et je pense que c'est un des points importants. Notre but, en tant qu'organisation, c'est de diffuser au maximum cette façon d'écouter qui est, pour beaucoup de familles, je pense, encore aujourd'hui, pas forcément très naturelle. Alors, je ne sais pas si toi, Chloé, tu as des... des exemples, des anecdotes de la façon dont, au sein de ta famille ou avec les familles que tu accompagnes, tu sens et tu vois que cette écoute se transmet et que ça porte des fruits derrière.
- Speaker #1
Oui, moi, je voulais juste dire par rapport à tes enfants. Moi, j'ai une fille qui est rentrée du lycée et qui m'a dit « Oh, maman, il s'est passé ça et elle est partie en courant, en pleurant. » Alors, tu sais, j'ai été avec elle et je l'ai juste écoutée et je me suis dit « Waouh ! » Voilà, c'est quelque chose, effectivement, qu'ils ont après pour eux comme bagage aussi. Ils savent ce que ça veut dire. Je vais revenir sur Sophie, sur le soutien que nous apporte Hand in Hand aussi en tant qu'instructrice, parce que je pense que c'est important de savoir qu'on a aussi un lieu où on échange beaucoup sur ce qu'on peut rencontrer. Nous, en tant que formatrice, quand on a des questionnements, des difficultés, et que c'est une communauté tellement riche en expériences et en professionnels de toutes sortes, il y a beaucoup de... de psychologues, beaucoup de gens qui travaillent avec les traumas, beaucoup de thérapeutes aussi, des pédiatres. Et donc, c'est vrai que c'est une ressource incroyable qu'on a à portée de main quand on rencontre une difficulté. Et aussi, on a encore des rencontres où on travaille des sujets vraiment en profondeur. Je crois qu'il y a deux ans, on a vraiment travaillé sur tout ce qui est, on va dire, les neuro-attiquis. Et c'est vrai que c'est des sujets qui sont recherchés, mais vraiment en profondeur, et qu'on a beaucoup de temps d'écoute aussi autour du sujet.
- Speaker #0
Il y a quelque chose que j'aime beaucoup. Avec notre communauté, on a une sorte de groupe de forum. Et tous les matins, quand tu regardes, tu peux être sûre d'avoir une anecdote qui a été raconcée par une formatrice qui partage un moment particulier. Il y en a une qui est, je ne sais pas si tu l'as vu, Carole, qui n'a pas très longtemps. C'est une maman qui expliquait comment... elle avait réussi à proposer un moment de temps particulier avec son ado de 16 ans. Et ce n'est pas évident. Des temps particuliers avec des tout-petits, comme tu expliquais tout à l'heure, Carole, c'est plus facile. Mais avec des ados, il faut quand même... Voilà, c'est une période qui est un petit peu charnière, un peu particulière. Les relations entre parents et ados peuvent parfois être un petit peu compliquées. Et j'ai été extrêmement inspirée par cette anecdote de cette maman qui avait compris qu'en fait, quand elle offre un temps particulier, il ne faut pas arriver avec un but en tête de se dire... Ok, je lui offre un temps particulier parce que derrière, je vais obtenir, en l'occurrence, je pense qu'elle voulait que son fils se mette à réviser autre. Et en fait, elle a réalisé que le fait qu'elle laisse tomber son objectif, qui était un objectif très, voilà, elle s'y a grippé un peu comme un rocher. elle laisse tomber cet objectif et qu'elle se dit juste, en fait là, je vais juste être avec mon fils. Et être avec lui pendant 25 minutes, ça avait tout changé dans la relation. L'enfant l'avait évidemment senti, et derrière, son attitude avait complètement switché. Donc il y a des choses comme ça, moi, ça m'inspire énormément. Alors l'idée en fait, avec toute cette anecdote, c'est important de le dire aussi, on a publié un livre en français, qui est la version française du livre de l'approche, qui s'appelle Lyssen. En français, ça s'appelle Je t'écoute et ça change tout, publié aux éditions Marabout. Il faut savoir que dans ce livre, nous, évidemment, on aime beaucoup raconter des anecdotes. Et il y a, je ne sais pas combien, plus d'une centaine d'anecdotes comme ça qu'on relaie, qui nous viennent de parents, de formateurs. Mais il faut savoir que le but de ces anecdotes, ce n'est pas de faire des copier-coller. Je pense que c'est très important. Mais c'est plutôt d'illustrer l'approche de façon à ce qu'après, derrière, ça inspire pour derrière changer des choses. Et je sais pas toi Carole, mais en fait, moi je vois tellement des situations où... je suis à table avec mes enfants et là me vient en tête, imaginons qu'il y a un truc qui ne se passe pas bien, un enfant qui hurle, qui me dit c'est dégueulasse maman, je ne veux pas manger, enfin bref, ce genre de phrases toujours très sympathiques. Et en fait, maintenant, ça amuse la façon dont me viennent en tête des scènes que j'ai lues, que j'ai entendues dans des temps d'écoute ou des anecdotes que j'ai pu voir sur des articles sur le site indien. Et où en fait, ça m'inspire, je me dis en fait, dans quoi je pourrais piocher, tu vois ? C'est comme si j'avais en tête une espèce de bibliothèque en me disant, ok, qu'est-ce que je peux piocher ? Merci. inspiration là-dedans et qui pourrait marcher dans cette scène-là. Je ne sais pas si tu as cette impression aussi, Carole ?
- Speaker #1
Oui, oui, certainement. C'est sûr que c'est très, très... Ce qui est très beau dans toutes ces anecdotes, c'est qu'on voit qu'il n'y a pas une façon de faire et que c'est très encourageant. Parce que des fois, c'est vraiment plus une attitude intérieure, finalement, qui va débloquer des situations. C'est-à-dire, si on peut passer de l'énervement au rire, si on peut passer de... Voilà, généralement, il s'agit de faire un pas en... un peu un pas en arrière et de regarder la situation un peu de plus haut. On est tellement pris par des pressions sociétales de réussite, de bien se tenir, toutes ces injonctions. On a peut-être tous peur aussi en tant que parent de faire faux, de rater quelque chose. Là maintenant, s'il se lève de table, il va se lever toute sa vie. J'en sais rien, mais on est tellement... Des fois, on respire, on se rappelle quel est l'essentiel. Je veux dire, qu'est-ce qui est vraiment le... cœur de notre relation avec nos enfants, l'amour qu'on a pour eux. Et ça nous permet quand même d'agir peut-être avec plus de...
- Speaker #0
Comment dirais-je ça ?
- Speaker #1
En fait, c'est comme si on allait retrouver aussi notre calme intérieur. C'est comme si à nous aussi, ça nous apportait vraiment quelque chose d'essentiel qu'on oublie dans la vie de tous les jours. Ça a cette exigence aussi pour nous, mais c'est aussi ce cadeau pour nous. C'est-à-dire qu'on va Merci. pouvoir aussi s'offrir plus de répit, on va dire. Je me fais comprendre. Oui, je pense que c'est assez clair. Et je pense qu'il y a cette idée d'oser aussi, tu vois,
- Speaker #0
d'oser faire quelque chose qui ne serait pas forcément dans la ligne droite de ce que nous, on a reçu ou dans la ligne droite de ce que la société nous pousse à faire. Et on ose faire un pas de côté, on ose faire différemment. Et en fait, ça débloque des choses incroyables. Je ne sais pas si toi, Chloé, tu as des exemples comme ça, de choses que tu as pu changer dans ta relation avec tes enfants, que tu as osé faire différemment, ou tu as vu ces changements arriver dans les crèches que tu accompagnes ou dans les familles que tu accompagnes, de changements comme ça qui ont été salvateurs et de parents qui ont osé, ou des professionnels qui ont osé faire un petit peu différent de ce que finalement la société nous impose de faire. Alors ce n'est pas Chloé qui va nous répondre, puisqu'elle vient de se déconnecter malheureusement. Mais Carole, est-ce que toi, tu as des exemples comme ça ? Moi, je pense que tu en as.
- Speaker #1
J'en ai un à l'école. C'est très marrant quand les enfants, ils découvrent que les gros mots, ça a un pouvoir sur les adultes. Et donc, j'en avais un, il était coincé sur « je ne sais plus ce que c'était » , mais bon, c'était vraiment… Et donc, il le balançait comme ça aux adultes. Et les adultes avaient quand même toujours des réactions d'énervement, d'arrête, de… Et quand je suis arrivée, que j'ai pris le contre-pied et que j'ai commencé à dire aussi des gros mots… Alors attention, je ne veux pas élargir ce vocabulaire. Je lui ai juste renvoyé ce qu'il disait, mais je le chantais un peu sur tous les tons. Mais il a été tellement scotché. Il a été tellement surpris. Moi, je rigolais en plus. Ça ne me faisait rien, ce qu'il était en train de dire. Et le mot a perdu tout son pouvoir. Et puis, notre relation s'est renforcée parce qu'on a rigolé, en fait.
- Speaker #0
le lien a été plus fort et lui il a arrêté en tout cas avec moi il n'a plus jamais eu de gros mot il n'y avait plus besoin il n'y avait plus besoin de dire ce gros mot finalement je ne sais pas ce qu'il voulait signaler mais effectivement il n'y avait plus besoin ça paraît un peu comme ça un peu idéal mais c'est vrai que c'est de retournement là on voit bien le retournement de situation
- Speaker #1
On prend le contre-pied, on ne se laisse pas entraîner par... On sait que l'enfant, il est en fait en recherche de quelque chose, il n'est pas en vouloir nous énerver.
- Speaker #0
Mais je vois le nombre de fois où, en fait, dans le quotidien, si tu oses faire un petit peu différemment, moi, j'ai été extrêmement inspirée par toutes ces fois où, en fait, dans des moments où... Alors, évidemment, si la colère est trop installée, parfois c'est trop tard et le rire ne fonctionnera pas. Mais dans des moments où tu sens que ton enfant, il a encore une... un tout petit espace et qu'en fait tu vas faire un peu le clown tu vas proposer ce qu'on appelle dans la prof l'outil de jeu et écoute ou quelque part une situation un peu de tension d'un coup tu vas faire quelque chose qui n'a aucun sens et ça va changer toute la dynamique familiale moi je me rappelle, je l'ai fait tellement souvent, les départs à l'école le matin où il faut partir, les enfants sont pas prêts, ne veulent pas y aller etc et où en fait, moi je m'énervais à un moment donné, un matin je savais qu'il fallait que je fasse les choses différemment donc je m'étais un petit peu préparée Merci. à me dire, OK, là, il faut que je fasse le clown, parce que je pense que ça peut marcher si j'instille un peu d'humour à ce moment-là. Et en fait, je prends toutes mes affaires, je prends mes clés, je prends mon sac, et là, j'ouvre la porte et je dis, bon, les enfants, maintenant, on y va. Sauf qu'en fait, j'ai ouvert la porte des toilettes. Je me suis engriffrée dans les toilettes avec mon sac, avec mon portable, avec mon truc. Et je ressens et je fais, bah, vous m'avez pas dit que ça, c'était pas la bonne porte. Et ça suffit. Et ça suffit à baisser d'un niveau. Alors évidemment, les autres matins, les enfants se plantaient, eux tous, de porte aussi pour aller à l'école. Donc, c'est devenu une espèce de jeûner. Mais ça a complètement changé la dynamique familiale. Et moi, c'est quelque chose que j'aime beaucoup, c'est ce changement de regard sur les choses, où en fait, finalement, tu vois, il y a des parents qui peuvent se dire « Oui, mais c'est un petit peu n'importe quoi ce que vous faites. » Ben oui, mais en fait, imagine que ton enfant a une petite angoisse le matin pour aller à l'école. Qu'est-ce que ça coûte ? Qu'est-ce que ça coûte d'instiller un petit peu de légèreté, un petit peu d'humour ? Hop, cette angoisse s'envole, on remet un peu de lien et les choses sont beaucoup plus fluides, quoi, quelque part.
- Speaker #1
Oui, oui, c'est sûr. Et puis, dans ton exemple aussi, c'est un adulte qui se trompe. C'est vraiment drôle, parce qu'ils sont tellement face à des adultes qui ont l'air de tout savoir que ça, c'est une clé. C'est important aussi, oui.
- Speaker #0
Alors, il y a un élément que moi, qui me plaît beaucoup à l'UNEN, c'est le fait que, alors on travaille beaucoup, on travaille beaucoup à nourrir cette connexion avec son enfant, mais en fait, ça ne s'arrête pas là. Comme tu disais tout à l'heure, Carole, on a la chance de pouvoir bénéficier d'un certain nombre de formations en tant que formatrice. Donc, il y a un ou deux ans, tu le mentionnais, on avait abordé le sujet très, très, très intéressant des neuroatypies, et qui, je pense, nous concernent tous de près ou de loin. Pendant cette formation, c'était un mélange de concepts théoriques, mais aussi très pratico-pratiques. Et puis, on a vraiment, et moi j'ai eu cette impression quand j'ai été formée en tant qu'instructrice, cours de ce programme qui dure quasiment un an, c'est qu'en fait, on comprend. que de fil en aiguille, changer la relation avec son enfant, en fait, ça a des ramifications très, très larges. Et même au niveau sociétal, il y a vraiment... Moi, quelque chose qui m'a marquée il y a quelques années à Ninen, le petit message qu'il y avait sous le logo de Ninen, c'était « changer une famille, changer le monde » . Et j'étais là « attends, ils sont vachement ambitieux quand même dans cette organisation » . Sauf qu'en fait, tu comprends très vite que c'est le cas. C'est-à-dire que la façon dont tu vas changer le regard que tu poses sur ton enfant, la façon dont tu vas nourrir cette connexion au quotidien, elle a des ramifications énormes sur la façon dont tu peux changer les choses dans la société. Je ne sais pas si, Carole, ça te parle, si toi, tu le vois dans ton quotidien de formatrice, de maman, d'enseignante ?
- Speaker #1
Oui, je pense que c'est l'effet du petit caillou que tu jettes dans la flaque d'eau et il y a toutes les petites vaguelettes qui se... C'est sûr. Moi, j'avais le souvenir de changer le monde d'une famille à la fois. fois, oui, parce que si tes enfants après vont répondre ça, et quand je suis à l'école, moi j'ai beaucoup essayé de partager, j'ai partagé les outils avec les parents, et même si on va dire que on ne fait pas tout 100% bien et on n'applique pas tout et tout, mais quand même, ce changement fondamental de penser que l'enfant est bon et qu'on n'a pas à le dresser, on n'a pas à l'éduquer, mais au contraire, on doit l'aider à... être libre de toute tension pour qu'il puisse exprimer cette bonté, ça c'est révolutionnaire comme idée, je pense.
- Speaker #0
Je suis d'accord, je suis complètement d'accord. Il y a vraiment un point, j'ai eu un partenariat d'écoute la semaine dernière, j'ai eu ma partenaire d'écoute qui m'a dit qu'elle me confiait que pendant toute son enfance, on lui avait dit « si tu veux, tu peux » . Et cette phrase, en fait, elle est mortelle. Elle est mortelle. Donc, c'est une amie qui est neuroatypique. Et donc, du coup, c'est horrible de dire c'est un enfant qui est neuroatypique. Parce que le « si tu veux, si tu peux » , ben ouais, mais si l'environnement s'accorde à toi. Et je pense que, moi, ça m'a beaucoup ouvert les yeux sur le fait qu'on doit nourrir cette connexion avec son enfant. Et à travers les temps d'écoute que nous, on reçoit en tant qu'adultes, en fait, on est là pour faire en sorte que l'environnement s'ajuste aux besoins de l'enfant aussi. Et c'est cette force incroyable, en fait, je trouve, que donne un in-hand et cette communauté, c'est de se dire, en fait, derrière, c'est pas juste moi et mon enfant, c'est comment moi, je peux changer les choses autour de moi, à l'échelle de ma famille, à l'échelle de ma communauté, à l'échelle plus large si j'en ai la possibilité à travers mon travail ou autre, et comment je peux changer les choses pour que l'environnement, il soit propice au développement de mon enfant et de ma famille. Et ça, j'ai trouvé ça magnifique, c'est une articulation qu'est-ce que je fote, quoi. Tu vois, on n'est plus dans le bouquin de parentalité qui dit juste... Si tu fais ci, alors ton enfant va se tenir sagement à table. C'est plus ça du tout. On essaie un truc qui est beaucoup plus global. Et moi, je pense que c'est une des plus belles réalisations que j'ai eues avec un inane, c'est qu'en fait, le travail qu'on fait au quotidien dans nos familles, le travail qu'on fait le matin pour se lever, faire en sorte que les choses soient prêtes pour notre enfant, le câlin qu'on fait à notre ado de 16 ans quand il rentre de cours et tout ça, en fait, ça change le monde. Voilà, j'en suis absolument convaincue.
- Speaker #1
Oui ! Sophie, en t'écoutant, je me demande si c'était quand même intéressant encore de dire que chez Anne Inrend, on n'est pas du tout dans une position laxiste, on va dire. Je ne sais pas comment l'exprimer autrement. Et quand on parlait d'une troisième voie, c'est qu'effectivement, on a des attentes, en fait. On ne laisse pas nos enfants faire ce qu'ils veulent, quand ils veulent, tout le temps. Moi, par exemple, pour moi, c'est important qu'on partage un repas famille à la table. Eh bien oui, j'avais la... tente que tout le monde soit assis à table en même temps et mange ensemble, tu vois. Et donc, on va, effectivement, on va interposer, comme on dit, des limites par moment, mais la différence, c'est qu'on va toujours être dans l'accompagnement émotionnel des enfants. C'est-à-dire que si un enfant n'arrive pas à faire ce qu'on lui demande à ce moment-là, on va être dans l'attention qu'on lui porte à écouter combien c'est difficile pour lui. Et je pense que c'est important de le dire, parce que ça change beaucoup de choses et ça... Ça permet aux parents de vraiment avoir des outils concrets pour ce genre de situation. Parce que souvent, on est ou dans « je m'énerve et je gronde et j'essaye d'imposer ma loi, je deviens très autoritaire » , ou alors on est dans « j'y arrive pas, tant pis, ça va se faire un jour » .
- Speaker #0
Je suis d'accord avec toi, c'est ce que disait un peu Chloé tout à l'heure. J'aimais beaucoup son exemple quand elle disait « l'écoute des pleurs, c'est un exemple extraordinaire, je trouve, parce que tu peux avoir la tendance de dire « en fait, surtout, il ne pleurera pas » . interdit de pleurer chez moi. Donc ça, c'est... Je fais en sorte que le soir, s'il pleure pour s'endormir, je le laisse pleurer et puis il y comprendra au bout d'un moment qu'il n'y a personne qui viendra. Et puis, tu as l'opposé qui est de dire je ne veux surtout pas qu'il y ait une seule larme qui franchisse la barrière de ses yeux. Tu sais, tu as des contes comme ça avec la petite princesse où les parents ne veulent surtout pas qu'il pleure, mais ça n'aide pas l'enfant non plus. C'est quelque chose qui est compliqué pour l'enfant. Et c'est vrai qu'à un inane, moi, j'ai vraiment cette image de la troisième voix de non, en fait, effectivement, le soir, c'est cool de pouvoir s'endormir sans pleurs. Mais il faut s'endormir et c'est important de dormir. Et il y a vraiment ce cadre qui aide de dire, je vais t'écouter. Et puis, je sais que c'est dur de dormir. Je suis avec toi, je t'accompagne. Mais à terme, l'objectif, c'est que tu y arrives quand même. Et ça va te faire grandir. Et moi, ça va me faire aussi grandir en tant qu'adulte aussi quand je t'accompagne. Et ça, je pense que c'est important. C'est tellement important, on ne l'a pas mentionné. On en a parlé des différents outils de l'approche. Il y a un outil quand même qu'on dédie aux limites. Donc, c'est interposer une limite à cet outil. Il est essentiel. Et généralement, en formation, on y passe beaucoup de temps parce que c'est un outil qu'on parle des limites. Je pense qu'en France, on a une vision des limites qui est autoritaire. Et forcément, une limite, on hausse la voix. Forcément, on prend une voix de méchant et un visage de méchant. Mais en fait, pas forcément. Pas forcément, ça peut se passer aussi autrement. Et il y a un concept que j'aime beaucoup à Nien. Moi, ça m'a changé la vie. C'est le concept de limite aimante. C'est loving limit en anglais. Alors ça, je pense, pour des parents, ça ne va pas. Les deux mots ne valent pas. pas aller ensemble, tu vois. Et moi, quand je me suis rendue compte que les deux pouvaient fonctionner, waouh ! Mais ça ouvre une liberté énorme, en fait. Parce que ça veut dire que je vais pouvoir, en tant que parent, mettre en place des choses dans ma famille, mais sans passer pour le méchant de service. C'est fou quand ils pensent. Mais la vie est plus belle, en fait, quand tu as ça en tête. Donc, ça veut dire, c'est pas qu'il n'y a plus de règles dans ma famille, il y a des règles. Mais en fait, la façon dont je vais mettre en place ces règles, eh bien, en fait, ça va se faire avec... beaucoup plus de jeu, de douceur, d'humour que ce que j'aurais fait en gros sans le soutien de cette approche quelque part.
- Speaker #1
Oui, et je pense qu'elles vont se mettre en place avec plus de justesse. C'est-à-dire que toi aussi, tu vas avoir une certaine souplesse. Ça ne veut pas dire qu'elles changent tout le temps, mais ça veut dire que tu vas t'adapter à la situation du moment. Parce que chaque moment dans notre vie est différent, en fait. Ça me paraît vraiment essentiel. Et c'est vrai que c'est un des très belles outils de l'approche, en fait. C'est cette compréhension. Par rapport à ce que tu disais avant, que ça pouvait changer le monde autour, moi, j'avais une anecdote aussi, pareil, du lycée, du nouveau, grand ado déjà. Ma fille qui rentre, qui commence à pester sur le lycée, toutes les injustices, tout ce que les profs ont dit, pas fait. Et moi, je me suis dit, mais ce lycée, c'est une catastrophe. Mais il faut que je leur ai écrit, il faut que j'y aille, il faut que je prenne rendez-vous. Enfin, j'étais là-dedans, intérieurement, je ne le disais pas. Voilà, vous voyez, des fois, quand on écoute, ce n'est pas facile de rester vraiment à l'écoute. On a quand même notre petit moulinet qui se met en route. Et en fait, au bout de, je ne sais plus, 15-20 minutes de ça, elle a fondu en larmes. Et elle m'a raconté qu'elle avait un souci avec une fille au lycée, blablabla. Et en fait, le fond du sujet, c'était ça. C'était, d'accord, ce n'était pas du tout le lycée. Et ça, vous voyez, jamais j'aurais... j'aurais été là-dedans, en fait. Je serais restée à la superficie de tout ça.
- Speaker #0
Moi, je l'ai vue. Moi, je l'ai vue, alors pour le coup, pas avec une ado, mais avec mon aîné qui avait peut-être 9-10 ans à l'époque. C'était amusant. C'était... Vraiment, elle n'arrivait pas à avancer sur un devoir de maths, un truc qu'elle devait faire en maths à la maison. Mais vraiment. Et c'est-à-dire, moi, je suis tombée dans le panneau et je commence à m'asseoir avec elle. Alors, elle n'a aucun problème en maths, mais je commence à m'asseoir avec elle et l'aider à faire l'exercice. Et c'était horrible. C'était catastrophique. Et à un moment donné, j'ai eu le bon goût d'arrêter de parler et de juste être à côté d'elle qui s'échignait sur son truc. Et je lui ai juste mis la main sur l'épaule à côté d'elle. Mais j'ai arrêté de parler. Et effectivement, elle a fondu en larmes. Le problème n'avait rien à voir avec les maths. Et en fait, elle avait à cette époque un gros complexe par rapport au fait qu'elle était la plus petite en taille dans sa classe. Et il y avait eu des moqueries, etc. à l'école. Et c'était ça qu'il fallait dire. Mais rien à voir avec les maths. Sauf que moi, avec mon cerveau d'eux, t'as un problème en maths ? Eh bien, on va prendre le problème par... Voilà. par le début et puis on va s'entraîner et puis on va réussir. Mais alors, ce n'était pas le point. Ce n'était absolument pas le point. Et ça, moi, je pense que c'est un des plus beaux apprentissages que je retire de tout cet enseignement à Nylène, c'est être en mesure de prendre un temps de recul, prendre un temps pour soi et de ne pas réagir à la minute même. Je reprends l'exemple du lycée et du collège. Moi, j'ai un lycée et un collège où je reçois en permanence des messages qui me font bondir à tous les points de vue. On a un rapport un petit peu épidermique avec cet établissement. Et j'ai appris, en fait, la vertu qu'il y a à d'abord aller déposer toutes mes frustrations auprès de mon partenaire d'écoute avant d'aller soit parler à mes enfants, même à mon mari ou à l'établissement. Et en fait, la teneur du message, la qualité du dialogue, etc., va être mille fois meilleure. C'est incroyable. Juste de prendre ce temps d'être entendue, le but, ce n'est pas de se fermer la bouche et de dire je ne dis rien, je garde tout pour moi. Certainement pas. Mais d'aller déposer ça auprès d'oreilles qui vont juste être capables d'écouter, qui ne vont pas donner de conseils et qui vont être en mesure de dire « Écoute Sophie, tu vas trouver un truc qui marche pour toi et ta famille. » Rien que ça, ça marche à tous les coups. C'est ça qui me fout. Je sais que c'est ça qui va se passer et la magie se renouvelle à chaque fois.
- Speaker #1
Oui, et quand toi après tu vas aller auprès du lycée, tu vas être tellement pas dans tes anciennes frustrations, traumas et tout ça, que tu vas savoir. parler de façon à ce que peut-être ça y est, il y a un impact positif. C'est-à-dire que tu vas changer l'environnement parce que tu arrives dans une posture très juste, très humble, très... Voilà. Tu n'es pas là en train de réagir, en fait. Tu n'es plus dans la réaction.
- Speaker #0
Et du coup, quand tu n'es pas dans la réaction, tu es capable d'écouter l'autre aussi. Tu es capable d'écouter le prof, tu es capable d'écouter le principal et tu es capable d'avoir une sorte de co-construction de « Ok, qu'est-ce qu'on fait alors ? » Et ça, c'est très très précieux. Bon, écoute, on a bien papoté, on a bien discuté. J'espère que cet épisode de podcast te donne envie de découvrir davantage l'association et tout ce qui se passe au niveau du travail de un Inen. Aujourd'hui, un Inen, on est très, très heureux de pouvoir proposer sur notre site Internet énormément de ressources gratuites. Donc, le site www.inenparenting.org. Si tu as envie, si tu te sens inspiré par le travail qu'on fait, il y a une page avec où tu peux faire des dons. à cette association. Ou sinon, tu peux également te rendre sur le site et télécharger énormément de ressources que ce soit pour toi, que ce soit pour des parents que tu connais qui pourraient être potentiellement intéressés par cette approche. Bref, nous, on trouve que c'est merveilleux. Je pense qu'on peut le dire, Carole, ça a un peu changé notre regard sur le monde, notre regard sur nos enfants. Ça nous a fait un bien faux et on serait ravis que toi aussi, tu puisses profiter de tout ça. Donc, n'hésite pas à aller voir le travail formidable de cette communauté. Et puis, Carole, merci beaucoup d'avoir participé à cet épisode si particulier. Et puis, on se retrouve pour un prochain épisode. À bientôt.
- Speaker #1
Au revoir.