- Speaker #0
On est victime au sein du secteur de nombreux préjugés où les métiers peuvent encore être caractérisés de petits boulots ou de voies de garage. Et ça, c'est juste insoutenable et insupportable quand on entend ce genre de choses. Et ça, c'est vraiment un de nos combats au sein de la Fédération. Le crédit d'impôt n'est pas une niche fiscale, mais une niche sociale. Sans ce crédit d'impôt, on aura nécessairement de la destruction d'emplois et un retour au travail non déclaré.
- Speaker #1
qui sont ceux qui font la loi. Je m'appelle Pierre, fondateur de la plateforme de veille institutionnelle Légit Watch,
- Speaker #0
et je rencontre celles et ceux qui font les coulisses de notre vie politique.
- Speaker #1
Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Mehdi Tibourtine. Mehdi, tu es directeur général adjoint de la Fédération des entreprises de service à la personne, la FESP, que tu as rejoint il y a plus de dix ans. Juriste de formation, spécialiste en droit social, tu as rapidement élargi ton rôle pour prendre en charge les affaires publiques et institutionnelles, devenant l'un des principaux porte-voix. d'un secteur qui compte 4500 entreprises et 170 000 salariés. Salut Mehdi !
- Speaker #0
Salut Pierre ! Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Ça va et toi ?
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Est-ce que tu veux ajouter quelque chose à cette courte description ?
- Speaker #0
Bah écoute, non, c'était assez clair sur le résumé de mon parcours. J'imagine qu'on aura l'occasion de le développer et de préciser aussi également les nombreux sujets d'intérêt, enjeux autour du secteur des services à la personne.
- Speaker #1
Exactement. Alors pour commencer sur ton parcours Mehdi, t'es joueuse de formation comme je viens de le dire et donc... Tu as basculé vers les affaires publiques, comment ça s'est passé ?
- Speaker #0
Alors ça s'est passé assez tôt en réalité, notamment suite à mon arrivée au sein de la fédération des entreprises de service à la personne, donc fédération que j'ai intégrée en tant que juriste. Ensuite après j'ai assez vite gravi les échelons pour être responsable du service juridique. Donc là mon rôle était vraiment de répondre aux adhérents de la fédération, quels qu'ils soient, donc avec des adhérents de tailles très variées, ça aussi on pourra peut-être y... Il y a des TPE qui sont membres de la fédération, comme des PME ou des groupes leaders. C'est vraiment très hétérogène et c'est ce qui fait la richesse de la fédération. C'est que tu as des grands acteurs, les acteurs nationaux du secteur, des PME et une masse importante de TPE. Et donc avec des questions qui peuvent être vraiment très variées et très riches aussi en fonction de la taille de la structure, de sa composition, de sa structuration. Donc moi, mon rôle était vraiment de pouvoir leur apporter des réponses assez précises à leurs questions juridiques. En tant que fédération nationale, avec un rôle de négociation au sein de la branche, il y avait aussi un enjeu de préparation des réunions paritaires avec les organisations syndicales.
- Speaker #1
C'est quoi les réunions paritaires ?
- Speaker #0
Alors, les réunions paritaires sont des réunions qui se tiennent dans les branches professionnelles, entre les organisations professionnelles patronales représentatives et les organisations syndicales, et qui vise à négocier... tous les sujets sociaux que l'on va retrouver dans une convention collective notamment, les sujets qui entraient aussi à la formation professionnelle. Et donc ces sujets se discutent autour d'une table avec les syndicats et les organisations patronales, comme je le disais, et qui permettent d'aboutir justement à la signature d'accords qui auront vocation à s'appliquer à tous les salariés du secteur. Donc là aussi, sur ce sujet-là, j'avais vocation vraiment à préparer ces discussions. à accompagner les négociateurs qui sont des élus de la fédération, donc des chefs d'entreprise, pour leur prise de position, pour les négociations aussi avec les syndicats. Et ensuite, si accord il y avait, le rôle était également de décrypter cet accord auprès de nos membres. Et également dans son rôle de syndicat, la fédération qui est adhérente au MEDEF charge aussi également de porter la voix des entreprises de service à la personne au sein du MEDEF, Donc il regroupe un... un certain nombre de professions, pas que les services à la personne au sein du MEDEF. Et donc là, il y avait un enjeu de porter les sujets sociaux des adhérents auprès des instances du MEDEF et essayer de défendre les enjeux et besoins des membres.
- Speaker #1
Alors comment on passe de juriste à lobbyiste ? Tu dis que tu as appris le lobbying sur le tas. Comment ça s'est passé ?
- Speaker #0
Exactement. Alors déjà, on l'apprend très tôt dans une fédération, comme je le disais. Parce qu'il y a une partie d'accompagnement des membres, en réponse à leurs questions, négociations interprofessionnelles ou négociations de branches, comme je l'évoquais juste avant, mais aussi également décrypter des textes législatifs et préparer aussi des éléments de réponse qui vont être portés par les services concernés et la direction générale.
- Speaker #1
Vous faisiez déjà en tant que juriste.
- Speaker #0
Exactement, je décryptais déjà les textes de loi, j'apportais ma modeste expertise, en tout cas ils m'ont et mon œil sur les textes de loi pour sensibiliser et alerter sur les enjeux, et aussi également pouvoir écrire des amendements lorsqu'il le fallait. Et pourquoi je disais que très tôt, j'étais mis dans le bain, c'est que les problématiques des adhérents, en réalité, il y a les problématiques sociales qu'ils peuvent avoir avec leurs membres, mais il y a aussi également les problématiques locales qu'ils peuvent rencontrer avec les départements, avec les préfectures. ou qu'ils peuvent rencontrer sur des sujets sectoriels. Et donc très tôt, il était important de pouvoir traduire des problématiques locales en enjeux nationaux. Et donc c'est un peu l'intermédiaire, si tu veux, entre l'adhérent qui t'appelle, qui dit « ben voilà, j'ai tel blocage ou dans mon activité, je ne peux pas faire ça » . et ensuite également les acteurs en interne qui allaient porter les enjeux des membres et des propositions auprès des parlementaires, des ministères ou tout autre élu. Donc il a fallu très tôt avoir cette mécanique d'esprit de traduire des problématiques de membres en problématiques sectorielles, si tu veux.
- Speaker #1
Est-ce que ça a été du coup une transition qui s'est faite pas à pas ? Tu étais un peu un juriste qui faisait du lobbying sans le dire. Ou alors, est-ce que c'était vraiment un autre poste, une autre fiche de poste ?
- Speaker #0
Oui, c'était vraiment plutôt une autre fiche de poste, mais avec justement cette élasticité d'esprit qui s'est construite au fur et à mesure, des mois et années, et qui a permis, une fois qu'après j'ai officiellement mis les pieds dans le monde des affaires publiques, d'avoir ce bagage-là précédent. C'est-à-dire que je comprends exactement quelles sont les problématiques, j'arrive à les retranscrire en problématiques politiques. Et ensuite, après, les affaires publiques, c'est vraiment quelle stratégie déployer pour faire en sorte de défendre cette problématique ou de pousser cette proposition.
- Speaker #1
Alors, on va parler justement de la stratégie et des grandes batailles de la FESP. On va commencer par l'avance immédiate du crédit d'impôt sur laquelle tu as beaucoup travaillé. Il a fallu sept ans pour la mettre en place. Comment t'expliques cette longueur administrative, cette longue bataille ?
- Speaker #0
Alors, si tu veux, et pour bien préciser les choses, les services à la personne sont construits... aujourd'hui autour d'un crédit d'impôt. Donc ce crédit d'impôt de 50% permet à tous les consommateurs de services à la personne de bénéficier de ce crédit d'impôt qui leur permet de réduire de 50% le coût de la prestation. C'est un dispositif qui est essentiel pour lutter contre le travail non déclaré et pour promouvoir les métiers et les rendre accessibles auprès des ménages. Et ça marche bien parce qu'on a aujourd'hui 1,4 million... de salariés dans le secteur, on a plus de 4,5 millions de ménages qui ont recours à des activités de service à la personne. Et donc le travail premier de la fédération, et ça c'est un travail qui est répété chaque année, c'est de sanctuariser le fait que le crédit d'impôt n'est pas une niche fiscale mais une niche sociale. Et que sans ce crédit d'impôt, on aura nécessairement de la destruction d'emplois et un retour au travail non déclaré. Donc ça c'est vraiment une de nos grandes... mission qui est à chaque fois de rappeler tous les bienfaits de ce crédit d'impôt et surtout de la nécessité des services à la personne dans la société. C'est vrai que c'est un périmètre qui est assez large, qui va de la petite enfance jusqu'à la dépendance, mais en passant par toutes les activités du quotidien, ménage, repassage, soutien scolaire, travaux de jardinage, et des activités qui sont essentielles en fait pour le quotidien des Français, parce qu'ils leur permettent de concilier leur vie personnelle, leur vie professionnelle, et surtout, contrairement aux idées qui pourraient être reçues sur le sujet, ces services, quels qu'ils soient, le soutien scolaire, les travaux de jardinage, le ménage, sont consommés par l'ensemble des ménages. C'est-à-dire que tu as des CSP moins, des classes intermédiaires, des CSP plus qui consomment des activités de service à la personne. Et donc, c'est à ce titre-là qu'on s'est intéressé très tôt, dès 2015, sur les causes et les moyens qui permettraient de développer encore plus les services à la personne dans la société. On s'est posé une question, on s'est dit, quel est le concurrent principal des services à la personne aujourd'hui ? Ce n'est pas le secteur associatif, le secteur du particulier employeur ou le secteur de l'entreprise entre eux, ce que vous pourrez penser instinctivement. Non, c'est le travail non déclaré. Pourquoi ? Parce qu'il a deux atouts. Le premier, il ne coûte pas cher à l'instant T, en tout cas. Et le second, il est assez simple en termes de démarche, vu qu'il n'y en a pas. Mais il y a aussi tous les travers qui vont avec. Pas de protection pour le salarié et pour le consommateur, des risques juridiques. Et des risques... Pas de cotisation pour l'État. Exactement, pas de cotisation pour l'État. Et donc, tout ce qui est associé. Donc, à ce titre-là, en réfléchissant, on s'est dit, les services à la personne, via ce crédit d'impôt, en réalité, ils coûtent moins cher que le travail non déclaré. Sauf que les personnes doivent attendre 12 à 18 mois pour percevoir leur crédit d'impôt. Parce qu'avant, ce crédit d'impôt n'était pas instantané. Donc, il fallait attendre l'année N plus 1 pour percevoir ce crédit d'impôt. Et c'est bien trop long. c'est bien trop long parce que c'est vrai que tu as des familles qui, si elles n'ont pas leur crédit d'impôt de manière instantanée, vont être freinées dans leur consommation. Soit vont se dire complètement « moi, je ne peux pas consommer parce que là, ça me demande trop de trésorerie à sortir » , soit vont limiter leur consommation. Et donc, on s'est dit, pour contrer le travail non déclaré, il faut absolument pousser une mesure qui permettrait à l'instant T de toucher son crédit d'impôt de manière immédiate. Sur le papier, on s'est tous dit « tiens, génial » , sauf qu'en réalité, lorsqu'on a commencé à faire état de ce sujet, Même aux autres organisations professionnelles du secteur, personne n'y croyait. Et tout le monde s'est dit, ça va être une complexité sans nom, ça ne va pas marper, ça va demander trop de paperasse, c'est peine perdue, donc on ne soutient pas la démarche. Personne n'a soutenu la démarche de la fédération à l'époque.
- Speaker #1
C'était au niveau parlementaire ? Non,
- Speaker #0
ça c'était au niveau déjà interprofessionnel.
- Speaker #1
Les adhérents ?
- Speaker #0
Non, pas les adhérents, les autres fédérations du secteur. Je pense à des fédérations associatives, je pense à d'autres fédérations patronales aussi de la branche qui n'y croyaient pas. Même en interne, Il faut le dire, le projet dont je te parle, il a été porté vraiment par des administrateurs de la fédération, qui sont une vingtaine au sein de la fédération, mais qui représentent, à travers leur positionnement, les 4 500 adhérents. Même cette position, elle n'était pas forcément partagée par tous les adhérents, parce que... C'est un peu humain, j'allais dire. Dès qu'on se dit, tiens, il y a une mesure qui permettrait de simplifier ma vie, mais en même temps qui va créer une complexité importante, je préfère rester sur ma complexité actuelle plutôt que de pousser pour essayer de simplifier la vie et mon quotidien dans deux ou trois ans. Cette mesure ayant été validée en interne au sein de la Fédération, il fallait ensuite la porter auprès des pouvoirs publics.
- Speaker #1
Donc ça déjà, la faire valider en interne, ça a mis du temps. C'est ça que tu...
- Speaker #0
Non, ça, ça a été assez simple parce que ça a été très bien amené et tous les acteurs, enfin tous les adhérents ont compris aussi les enjeux. Ce qui était plus compliqué, c'était de bien faire comprendre que oui, ça allait nécessiter du travail, que oui, peut-être qu'au démarrage, il y allait avoir une surcharge administrative, mais que ça allait changer considérablement la vie tant des chefs d'entreprise que des familles qui utilisent et ont recours au service à la personne. Donc une fois que ça, ça avait bien été appréhendé. le plus dur est à venir, il fallait le porter auprès des pouvoirs publics. Donc le porter auprès des pouvoirs publics, c'était le porter auprès des ministères, donc déjà les convaincre du sujet, le porter auprès des parlementaires, députés, sénateurs, pour bien leur faire comprendre que derrière cette mesure, il y avait de la création d'emplois en jeu, il y avait du développement de structures et donc il y avait des enjeux économiques pour le pays et il y avait des enjeux aussi sociétaux, notamment parce qu'on allait cibler un grand nombre de familles. En plus de ça, on enrayait le travail non déclaré. Et donc, c'était, et l'histoire nous a donné raison, une mesure vraiment qui, en tout point, a été louable pour l'État.
- Speaker #1
Comment tu fais pour toquer au ministère ? Tu leur envoies un mail massif ? Ou alors tu personnalises un mail pour chacun ? Ou tu vas devant l'Assemblée et le Sénat et tu essaies de les interpeller ? Comment ça se passe ?
- Speaker #0
Alors, sur ce sujet-là, en tout cas, c'est vrai que, de par le poids de la fédération, cette dernière est très bien identifiée par les pouvoirs publics, notamment par les ministères.
- Speaker #1
D'accord. C'est-à-dire que là,
- Speaker #0
sur ce sujet, il y avait plusieurs ministères. Il y avait le ministère de l'économie et des finances, bien sûr, parce que ça touchait à une mesure fiscale, le ministère du travail, parce qu'il y avait des sujets emploi, et le ministère des solidarités, sur tous les sujets qui ont trait à la petite enfance et à l'aide à domicile. Et après, bien sûr, on a composé beaucoup avec Matignon et avec l'Élysée, parce que c'était important aussi d'être certain qu'ils partageaient les positionnements et la même vision. autour de ce dispositif. Donc là, il y a eu un gros travail déjà pour sensibiliser à la cause ces acteurs-là. Également, pour sensibiliser à la cause les parlementaires, et bien leur faire comprendre que dans leur territoire, ça allait générer, comme je le disais tout à l'heure, vraiment un regain d'économie et d'emploi dans les territoires. Et ensuite, une fois que la mesure a vu le jour, parce qu'elle a fait l'objet d'un texte de loi, qu'elle a été adoptée, parce que le travail avait été fait auprès des parlementaires, et donc juste pour répondre aussi à ta question, à savoir de comment on touche tous les parlementaires, On touche les parlementaires en direct en leur envoyant bien sûr un mail avec la bonne note qui va bien, qui précise bien tous les enjeux et sujets, mais aussi à travers nos membres. Parce que c'est vrai que la fédération est composée, comme tu le disais, de 4 500 entreprises adhérentes qui sont implantées sur l'ensemble des territoires. Vraiment l'ensemble des territoires, à savoir les grandes métropoles, les territoires ruraux, les territoires ultramarins, les quartiers prioritaires de la ville. Et donc, il était important aussi que nos adhérents touchent en complément des actions. porté par la fédération en direct auprès des élus, touche également leurs parlementaires en leur envoyant une demande de rendez-vous pour préciser ensuite après les enjeux autour de ce sujet.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant. Est-ce que toi, vous vous dites, ok, nous en tant que secteur, on se met d'accord sur le fait que cette proposition de loi, elle peut vraiment nous aider. Et donc, moi, je vais faire tout ce que je peux de mon côté en tant que médi, mais aussi, on se met en ordre de bataille, tout le monde va envoyer des mails.
- Speaker #0
Bien sûr. Bien sûr, tout à fait. En fait, si tu veux, le rôle des permanents au niveau de la fédération, c'est vraiment de coordonner aussi toutes les actions et décisions prises par les élus de la fédération et plus largement par ses membres. Donc là, sur un tel sujet, et bien sûr, porter la voix et porter le sujet auprès des ministères, on en a parlé, mais auprès des parlementaires, c'était, oui, les toucher en direct au nom de la fédération, mais également les toucher... localement, via nos adhérents, et ça a autant de poids aussi également auprès des élus que la structure X vienne voir son élu en lui disant « ben voilà, moi je suis dans ta circonscription, j'emploie 100, 200, 300 salariés, si demain il y avait telle mesure, je pourrais en employer 500. J'arrive aujourd'hui à toucher 100 familles, demain je pourrais en toucher 200. » Donc ça, ça a vraiment un poids considérable, parce que l'élu, il y a un moment donné, il est sensible aussi, censé être sensible à tous les sujets qui les sont présentées, mais encore plus sur ceux qui portent des enjeux dans sa circonscription. Donc ça, c'était vraiment essentiel. Et d'ailleurs, sur tous les sujets, c'est essentiel aussi de cibler les élus en direct. Et donc, fort d'après de ces actions, comme je te le disais, ça aboutit à une mesure législative. Et là, il y a eu un gros travail par la suite à mener, parce que le sujet a vu le jour sous forme expérimentale dans un premier temps, ce qui est normal sur un tel...
- Speaker #1
Ça s'est passé dans un département en particulier ?
- Speaker #0
Alors il y a eu deux départements qui étaient visés, le département du Nord et le département de Paris. Mais c'est surtout qu'il a fallu travailler avec toutes les administrations qui étaient concernées.
- Speaker #1
Et ce n'est pas le même système, évidemment.
- Speaker #0
Exactement, ce n'est pas la même logique, ce n'est pas le même système. Là, on est vraiment sur des réflexions très techniques, donc avec des réunions très longues et assez redondantes, mais qui étaient extrêmement importantes parce qu'il fallait s'assurer que... Le dispositif marche bien et qu'il y ait bien une interopérabilité entre tous les services, à la fois de Bercy, à la fois du travail, des affaires sociales et de toutes les administrations concernées.
- Speaker #1
Même au niveau de la fraude, il peut y avoir beaucoup de questions sur s'il y a une petite faille. Exactement. Le staff peut être vite débité.
- Speaker #0
Tout à fait. Il est essentiel justement d'envisager toutes les hypothèses en amont, ce qui nous a permis de lancer le dispositif en 2022 qui connaît aujourd'hui le succès. qui est le sien, à savoir depuis 2022, plus de 25% d'emplois au niveau du secteur des services à la personne, autant de familles qui ont recours ou qui ont augmenté leur consommation en services à la personne et surtout une plus grande accessibilité des services auprès des familles modestes.
- Speaker #1
Donc c'est un secteur qui est en croissance suite à la création de l'avance immédiate. Et en plus de ça, j'ai lu que vous êtes défendu, en tout cas que votre voix est portée par... par beaucoup de parlementaires qui sont de tout type de bord, donc RN, gauche, j'ai pu voir ça sur notre plateforme LegiWatch ce matin. Et du coup, ma question c'est, est-ce que vous avez une ligne rouge ou pas du tout, vous vous adressez à tout le monde, comment ça se passe ?
- Speaker #0
C'est une question extrêmement pertinente. La fédération est apolitique, elle ne défend pas un parti ou une couleur politique, et donc de fait, elle se doit de composer avec l'ensemble des représentants élus au niveau national. Et donc, à ce titre-là... lorsqu'il y a des mesures à défendre, elle défend les mesures auprès de l'ensemble des parlementaires, quelle que soit leur couleur politique.
- Speaker #1
C'est vos adhérents qui choisissent à qui vous pouvez vous adresser ? Comment ça se passe ?
- Speaker #0
Ce sont les adhérents à travers les membres du bureau et du conseil d'administration. C'est plutôt une ligne politique qui peut être décidée par ses administrateurs. Et donc là, comme je l'ai dit, la ligne qui est défendue est de dire qu'en tant que fédération politique... On se doit de composer avec l'ensemble des élus, quelle que soit leur couleur politique, d'autant que ces élus sont également ceux qui vont être visés par nos adhérents dans leur circonscription.
- Speaker #1
Alors comment on devient administrateur ? Si moi je suis votre plus gros adhérent, est-ce que là j'ai le droit d'avoir le plus de sièges en tant qu'administrateur et donc prendre la décision ? Comment ça se passe ?
- Speaker #0
Alors en fait c'est extrêmement démocratique, c'est-à-dire que tous les quatre ans on a des élections, Donc chaque membre de la fédération... peut candidater pour être administrateur. Ensuite, l'ensemble des adhérents votent des administrateurs et ces administrateurs sont élus pendant une certaine durée. Comment sont prises les décisions au sein du conseil d'administration ? On pourrait penser aussi instinctivement de se dire « bah oui, tiens, c'est le plus gros, donc s'il décide que c'est blanc, ça va être blanc ou s'il décide que c'est noir, ça va être noir » . Faites pas du tout. C'est-à-dire qu'on a 25 administrateurs au sein du conseil d'administration de la fédération et toutes les décisions doivent être prises lorsqu'elles ne sont pas à l'unanimité, à la majorité. Ce qui fait qu'on a toujours des enjeux et des positions qui sont arrêtées, qui sont des positions consensuelles. Ce qui est important de par ce mode de prise de décision, c'est de s'assurer de l'adhésion de l'ensemble des membres aux positions qui sont portées. Ce qui fait que ça crée nécessairement un débat, ce qui est extrêmement sain, et ce qui permet aussi également de s'assurer que les positions soient partagées par... l'ensemble des membres ou par la grande majorité des membres, mais que même ceux qui ne partagent pas les positions puissent débattre et comprendre pourquoi les décisions arrêtées pourraient être contraires à ce qu'ils souhaiteraient porter. Et ce qui est extrêmement important aussi au niveau de cette mode de prise de décision, c'est que quelle que soit la taille des acteurs administrateurs, ils ont la même voix au chapitre.
- Speaker #1
Voilà, c'est ce que j'allais te demander. Si moi, j'ai une TPE de service à la personne, si j'arrive à être, je ne sais pas comment on est élu d'ailleurs, si j'arrive à être élu en tant qu'administrateur, j'ai la même portée qu'un Wikaza ou autre ?
- Speaker #0
Tout à fait. Tu auras la même portée qu'un Chivar, un domicile clean, un centre de service, qui sont des réseaux importants. dans le secteur et tu pourras échanger avec eux des sujets au sein du conseil d'administration.
- Speaker #1
Je suis élu par les autres adhérents ?
- Speaker #0
Exactement, tu es élu par tous les adhérents de la fédération.
- Speaker #1
C'est les délégués quoi ?
- Speaker #0
Ce sont leurs élus, c'est un peu leur parlementaire. Et donc à ce titre-là, chaque membre a une voix au sein du conseil d'administration et ce qui permet d'avoir des décisions vraiment très démocratiques et éviter d'être dans un système où les plus gros décident pour l'ensemble du secteur. Après, bien souvent, toutes les décisions prises sont partagées pleinement par l'ensemble des membres.
- Speaker #1
Ça arrive que tu aies besoin d'arbitrer ou finalement pas tant ?
- Speaker #0
Alors, les permanents n'arbitrent jamais. C'est-à-dire que ce n'est pas aux permanents d'arbitrer. On a des élus. Après, les permanents peuvent conseiller, apporter une vision stratégique, politique sur certains sujets. Mais in fine, quoi qu'il arrive, la décision appartient et revient aux élus.
- Speaker #1
Super clair. il y a un autre dossier qui est l'aide à domicile et le bien vieillir. Est-ce que tu veux en parler ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. C'est un sujet qui est majeur au sein de la Fédération, qui l'a toujours été depuis très longtemps, qui a donné lieu à de nombreux combats. Juste pour dresser peut-être un peu le périmètre aujourd'hui au niveau du secteur, on a 2,4 millions de personnes qui sont en situation de perte d'autonomie. On sait que ce chiffre va évoluer de 50% dans les prochaines années.
- Speaker #1
Plus 50% dans les prochaines années ? Exactement.
- Speaker #0
Donc ça va faire beaucoup de personnes dépendantes. On sait qu'aujourd'hui, on est sur un système qui est vraiment à bout de souffle, c'est-à-dire qu'il y a des acteurs qui ont un modèle économique très fragile. Là, je pense à l'ensemble des acteurs du secteur du bienveillir, je pense aux entreprises, aux associations, aux CCAS, et avec des enjeux très forts sur le recrutement de nouveaux professionnels et donc de fait, attirer des professionnels dans le secteur, les former, les sensibiliser sur le sens de ces très beaux métiers, mais également des logiques de financement. C'est un peu le nerf de la guerre dans le secteur, c'est qu'on a une politique d'autonomie aujourd'hui qui ne répond pas aux enjeux et besoins des acteurs, notamment en termes de tarification des structures ou de solvabilisation des besoins des personnes dépendantes. Et donc ça, c'est un enjeu qui est majeur au niveau de la fédération, à savoir celui de pouvoir bénéficier de politiques publiques adaptées aux enjeux et besoins à la fois des personnes dépendantes, mais aussi également des... Une petite anecdote sur le sujet, parce que c'est un point que l'on porte depuis très longtemps. En 2015, ça a été un de mes premiers combats au sein de la Fédération, il y a eu une loi qui visait à adapter la société au vieillissement, et qui dans sa seconde lecture au Sénat a prévu des mentions visant à empêcher les entreprises de se développer dans ce secteur. C'est-à-dire qu'elles plafonnaient leur volume d'heures. pour les années à venir. Ça, c'était juste une mesure terrible pour le secteur entrepreneurial, parce que ça veut dire que si jamais tu réalisais, par exemple, 150 000 heures cette année, tu ne pourrais jamais dépasser les 150 000 heures dans les années à venir. Et donc, ne pas te développer, ne pas recruter plus de salariés, ce qui n'avait aucun sens quand on sait les besoins. Et ça, ça avait donné lieu à une mobilisation extrêmement forte de la fédération. On avait réussi aussi à mener une grande coalition avec l'ensemble des acteurs... des patronaux du secteur.
- Speaker #1
Comment est-ce que tu crées une coalition ? Comment est-ce que tu fédères autour de toi à ce moment-là ?
- Speaker #0
Lorsque les enjeux sont extrêmement importants, comme ils l'étaient là, en réalité, tu arrives tout de suite à bien faire comprendre les enjeux auprès des autres organisations patronales qui représentent des acteurs de l'aide à domicile. Et là, les acteurs ont tout de suite bien compris qu'il était essentiel de faire cause commune et de porter une voix forte. et donc unis sur un tel sujet. Et donc, comment ça se construit ? Ça se construit à travers des mesures partagées, des notes co-signées, des communiqués de presse et des actions aussi locales. Par exemple, sur ce sujet-là, c'est intéressant parce que tout à l'heure, tu me parlais de comment vous ciblez les parlementaires, est-ce que vous allez parfois devant l'Assemblée ? Et donc là, on a eu un travail classique, si je puis dire, de sensibilisation, donc à travers l'envoi d'une note co-signée, à travers des actions très fortes localement aussi, où les acteurs de toutes les fédérations se réunissaient à plusieurs pour aller voir leurs élus, donc les élus se retrouvaient face à 10, 15 chefs d'entreprise qui venaient vraiment tirer la sonnette d'alarme. Et nous, on organisait aussi, c'est assez historique, inédit, des actions assez coup de poing, si je puis dire, alors coup de poing sans violence, naturellement, mais devant l'Assemblée nationale, où on avait édité un journal qui s'appelait « Privé de grandir » , qu'on remettait à tous les parlementaires, lors de leur entrée, tu sais, devant l'Assemblée nationale, pour leur dire « Voilà, si vous votez cette loi, vous allez détruire des centaines d'entreprises, des milliers d'emplois et des milliers de familles aussi qui derrière ne pourront pas avoir un accompagnement pour leurs parents. Et c'est même... Ça avait marché et c'est même allé plus loin. C'est qu'on s'est tous enchaînés. Et ça, c'est anecdotique. Enchaînés devant le ministère du Travail avec des glacières pour dire qu'en fait, on allait geler des milliers d'emplois dans le secteur. Et donc forcément, ça a fait du bruit. On avait été reçu, c'était Myriam El Khomri à l'époque, la ministre du Travail, qui a été tenue de nous recevoir. Et l'ensemble des représentants des pouvoirs publics avaient bien compris, suite à toutes ces actions, le non-sens de la mesure qui était portée au regard des enjeux du vieillissement. Donc ça, ça a été un combat très fort qui avait été porté en 2015, qui a permis aux entreprises de continuer à perdurer et qui nécessite aujourd'hui Merci. le fait qu'on est à se battre sur des enjeux d'attractivité, de formation, de professionnalisation, de tarification aussi. Et donc là, sur des combats assez récents, on a réussi à faire passer une mesure qui nous était chère, à savoir le fait que tous les professionnels puissent bénéficier d'une carte professionnelle. Alors, ça ne paraît rien,
- Speaker #1
mais c'est important.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tous les professionnels du secteur de l'aide à domicile peuvent, si jamais ils ont un certain nombre d'années d'expérience dans le secteur ou un diplôme, bénéficier d'une carte professionnelle. Alors aujourd'hui, elle ne fait pas... acquérir à ses salariés des droits supplémentaires, bien qu'on y travaille, notamment sur la gratuité du stationnement, sur le fait d'être prioritaire lorsque la personne fait ses courses ou à la pharmacie, ce genre de choses. Mais ça confère quand même une certaine reconnaissance très nette en disant, ben voilà, j'ai une profession qui est réglementée, j'ai un certain nombre d'années d'expérience, j'ai un certain niveau de diplôme, je peux prétendre à cette carte-là, donc on reconnaît mon expertise. Et ça, c'était un enjeu qui était très fort pour nous, parce que c'est vrai qu'on est victime au sein du secteur, de nombreux préjugés, notamment sur l'image des métiers, où les métiers peuvent encore être caractérisés de petits boulots ou de voies de garage. Et ça, c'est juste insoutenable et insupportable quand on entend ce genre de choses. Et ça, c'est vraiment un de nos combats au sein de la Fédération. Il faut bien préciser que tout le monde ne peut pas être aide à domicile. Toi et moi, on pourrait l'être, mais en tout cas, en l'état sans qualification, sans formation spécifique, on ne peut pas l'être. Et donc, c'est important de valoriser cette filière. D'autant que les métiers ont un sens... qui est très important. Et donc, c'était essentiel de pouvoir l'encourager et de le traduire dans un premier temps avec cette carte professionnelle, mais avec d'autres actions complémentaires. Je pense notamment au fait de soutenir les salariés qui utilisent leurs véhicules personnels ou qui pourraient se voir mettre à disposition des véhicules professionnels pour leur déplacement, parce que ça, c'est un gros sujet aussi dans l'aide à domicile, le déplacement des professionnels. Donc, ça, c'est important aussi qu'on se serve du sujet, qu'on porte des enjeux de maltraitance. et plutôt de bientraitance, s'assurer justement qu'on n'ait pas de dérive et que les professionnels soient bien sensibilisés et formés à ces enjeux. Et après, il y a tout un camp aussi d'enjeux financiers. Donc à savoir qu'aujourd'hui, les personnes qui sont dépendantes ou en situation de handicap sont accompagnées à travers des allocations qui s'appellent l'APA et la PCH. Et ces allocations sont valorisées financièrement. Mais aujourd'hui, le montant de ces allocations et bien trop éloigné du coût des services. Et donc, si tu veux, il y a un peu cette injonction paradoxale de dire qu'il faut faire toujours plus pour les services, mieux former, mieux payer, mieux valoriser les métiers, mais en sachant que l'aide qui est versée aux personnes dépendantes ou aux personnes en situation de handicap, elle n'évolue pas. Ce qui fait que ça creuse un reste à charge. Et donc là, on essaie vraiment de se battre sur ces enjeux-là auprès des pouvoirs publics pour dire qu'il faut absolument qu'on ait une logique de financement. qui soit à hauteur des enjeux du secteur.
- Speaker #1
Je veux parler d'un dernier dossier, qui est la petite enfance et le casier judiciaire. Tu t'es battu pendant presque huit ans, si j'ai bien suivi cette histoire, pour obtenir un contrôle plus pertinent des casiers judiciaires. Est-ce que tu peux en parler ? Comment vous avez fait ?
- Speaker #0
Bien sûr. C'était un peu la croix et la bannière pour cette mesure qui paraît juste comme étant de bon sens et surtout indispensable dans le secteur. donc comme indiqué sur les 4000 le... 500 entreprises que nous représentons au sein de la Fédération représentent aussi un panel assez large d'acteurs de la petite enfance. Et donc sur ces acteurs de la petite enfance, on va retrouver des micro-crèches, des crèches et des structures de garde d'enfants à domicile. Et donc au même titre que pour l'aide à domicile, on est vraiment très moteur sur les enjeux de développement de structures pour permettre aux familles de bénéficier d'une offre d'accueil dans leur territoire, mais également aux enjeux de professionnalisation et de sécurisation. Des interventions, parce que c'est essentiel. Là, on a des intervenants, que ce soit à domicile ou en crèche, qui se retrouvent seuls avec les enfants ou avec d'autres collègues, mais avec des enfants qui sont des publics fragiles. Et donc, il est essentiel de s'assurer que les professionnels disposent bien des bonnes formations, soient bien sensibles sur les différents enjeux. Et surtout qu'en amont, on ait pu s'assurer qu'on ne fasse pas courir de risques aux familles en envoyant un professionnel qui pourrait avoir eu dans sa vie... précédente ou dans sa vie en cours des condamnations contraires à l'exercice de la profession de d'auxiliaire de agriculture ou d'un compagnon petit en france est ce que vous avez réussi alors cette loi était passée C'est en 2022.
- Speaker #1
D'accord. Et il n'y a pas eu de scandale avant ? Ça me paraît fou qu'il n'y ait pas eu de débordement.
- Speaker #0
Pour préciser la mesure, la mesure vise à pouvoir contrôler l'ensemble des antécédents judiciaires et la non-inscription à un fichier qui s'appelle le FIJAISV. Pardon pour l'acronyme, mais c'est le fichier des auteurs d'infractions sexuelles et de violences. Cette mesure permet ce contrôle exhaustif à la fois du bulletin numéro 2 du casier judiciaire qui fait état de toutes les condamnations et de la non-inscription des professionnels au FIJSV, là où avant on avait un contrôle uniquement du bulletin numéro 3. Le bulletin numéro 3 du casier judiciaire, c'est un bulletin que tu peux demander auprès de l'administration, mais qui va faire état uniquement des condamnations les plus graves. Donc les condamnations criminelles ou délictuelles ayant fait l'objet d'une condamnation importante. Mais elles ne font pas apparaître toutes les autres condamnations. entre guillemets, ayant entraîné des petites peines que tu aurais pu avoir et qui pourraient être contraires à l'exercice de la profession. Donc ça, c'est un point qu'on a porté très tôt, dès 2014. Alors là, on a vraiment ciblé très large, parlementaires, ministères. On a ciblé le défenseur des enfants. On est monté même jusqu'au ministère de la Justice sur ce sujet-là. Et tout le monde disait, mais bien sûr, c'est du bon sens, il faut absolument pousser la mesure. Mais si je puis dire, lorsqu'on est arrivé dans le dernier mètre... pour savoir qui allait avoir la charge de la mesure, toutes les administrations se renvoyaient un peu la balle en se disant, tiens, c'est compliqué pour moi de le gérer, moi je ne peux pas le faire, moi j'ai déjà le sport, moi j'ai déjà l'animation, etc. Et donc là, il a fallu vraiment la mobilisation d'un ministre qui était Adrien Taquet à cette époque, qui s'est saisi du sujet et qui l'a inscrit dans une loi et donc qui a généralisé le fait que toutes les interventions dans le cadre de la petite enfance auprès de mineurs devait nécessiter un contrôle exhaustif du bulletin numéro 2 et de la non-inscription au fiche ASV. C'est entré en vigueur. Alors, depuis 2024, il a fallu le temps que le dossier se crée, que les interfaces numériques se créent aussi également, pour les crèches, micro-crèches et les astantes maternelles. Et ça n'est toujours pas effectif pour la garde d'enfants à domicile. Donc ça, c'est un de nos gros combats aussi, parce que c'est vrai que la mesure, pour le moment, traîne encore. Et là, en plus, on est freiné par des enjeux administratifs. C'est vraiment de se dire, bah oui, quelle administration là pour le coup va avoir la charge de la garde d'enfants à domicile ? Et nous là où on tape un peu du poing sur la table, c'est-à-dire qu'au vu de l'enjeu, qui est quand même majeur, de ne pas envoyer quelqu'un qui aurait une condamnation auprès d'une famille pour s'occuper de ses enfants, il faut accélérer, il faut aller beaucoup plus vite. Donc il y a déjà aujourd'hui un contrôle qui est fait avec le bulletin numéro 3, c'est pas suffisant. Donc nous c'est pour ça qu'on a l'air qu'on pourrait aller plus loin, mais ça, ça a été vraiment un combat important. menée au sein de la fédération et qui permet vraiment de prévenir quand même le fait qu'on envoie à domicile ou en structure des personnes qui auraient pu avoir une condamnation contraire à l'exercice des professions auprès d'enfants.
- Speaker #1
Est-ce que là, tu n'irais pas justement devant le Parlement faire une action coup de poing ? Parce que médiatiquement, ça me paraît être un combat qui peut aller rapidement avoir beaucoup d'écho. C'est protéger les enfants et un consensus facile à obtenir.
- Speaker #0
Tout à fait. Alors là, la mesure ayant déjà été portée au niveau du Parlement, c'est vraiment un travail au niveau de l'administration. Alors, on est conscient que ce n'est pas un sujet qui est simple à gérer dans le sens où ça nécessite quand même du traitement de données sensible, une interopérabilité entre les différents services. Néanmoins, c'est vrai qu'on ne peut pas se permettre de perdre du temps là-dessus. Donc ça, on est quand même assez faire de l'anse auprès des administrations et des ministères concernés pour essayer de faire accélérer les choses.
- Speaker #1
Si vous faites une action coup de poing, j'en suis.
- Speaker #0
Écoute, c'est noté, je t'associerai.
- Speaker #1
Mehdi, on va passer à la séquence vrai-faux. Je vais te dire deux phrases. Tu me réponds par vrai ou faux et tu peux évidemment développer si tu le souhaites. La première phrase, c'est le lobbying des services à la personne est moins visible, donc moins efficace que celui des grands secteurs industriels.
- Speaker #0
Vrai-faux. Je te dirais vrai-faux pour plusieurs raisons. Certes, on a des acteurs qui n'ont pas forcément le même poids. que des acteurs industriels, à savoir des grands groupes internationaux avec des valorisations à des milliards d'euros. Néanmoins, comme je te le disais tout à l'heure, les services à la personne sont vraiment vitaux pour la société. Et donc, à ce titre-là, si tu veux, quel que soit le secteur d'activité, quel que soit l'enjeu social ou sociétal, les services à la personne ont toute leur place dans le débat. Et donc, à ce titre-là, les services à la personne sont quand même bien identifiés. Après, est-ce que les sujets sont traités au regard de l'importance, notamment sur la petite enfance ou sur l'aide à domicile ? Ça, il est certain qu'on a encore du travail sur le sujet. Mais en tout cas, ces enjeux-là sont assez bien identifiés, je dirais, par les parlementaires et les ministères.
- Speaker #1
Vous êtes combien à travailler à la Fédération pour porter ces sujets ?
- Speaker #0
On est une dizaine d'acteurs à travailler. Donc, c'est une petite équipe au vu des nombreux sujets. Des nombreuses actions qu'on met en œuvre, mais voilà, on a des personnes qui sont combatives, dévouées, et assez coûteuses aussi pour défendre et porter tous ces sujets.
- Speaker #1
Et la deuxième phrase, sans fédération comme la FESP, les métiers du quotidien n'auraient quasiment pas de voix dans le débat public.
- Speaker #0
Tout à fait, ça c'est vrai, et c'est en ce sens que une fédération telle que la FESP, d'autres aussi fédérations qui peuvent exister, sont majeures. pour la représentation au sein du débat public, pour structurer aussi des idées, pour unir les différentes actions et différentes voix qui pourraient être portées localement et pour pouvoir toucher justement les bons interlocuteurs. Parce que c'est vrai que quand on représente 4 500 entreprises, 170 000 salariés, on parle avec une certaine force et ça permet aussi d'ouvrir des portes un peu plus facilement. Donc c'est essentiel que de pouvoir permettre aux acteurs de se réunir. d'être accompagné, d'être défendu auprès des pouvoirs publics.
- Speaker #1
On va passer à la dernière séquence, Maisy, que j'ai nommée transmission et vision personnelle.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Tu as commencé le lobbying sur le tas, c'est ce que j'avais noté. Qu'est-ce que tu aurais aimé qu'on te dise avant de te lancer dans ce milieu ? Est-ce que tu aurais un conseil pour toi ou pour peut-être les étudiants en affaires publiques ?
- Speaker #0
Bah, je... Je dirais déjà l'importance du réseau et de bien identifier aussi les différentes missions, les différents rôles, les différents interlocuteurs concernés par les différents sujets. Ça c'est majeur parce que c'est vrai qu'il est toujours essentiel lorsqu'on porte des sujets de pouvoir rassembler autour de ces sujets-là un maximum d'acteurs. C'est pour ça que c'est très important de bien identifier les sensibilités de chacun, les sensibilités aussi des parlementaires. Ça, c'est essentiel. C'est vrai que de cibler un parlementaire sensible à un sujet, ça permet que lui aussi diffuse l'idée auprès de son groupe, auprès des autres parlementaires. Donc ça, c'est vraiment important. Donc ça, c'est vraiment un conseil que je donnerais. Et surtout aussi, c'est de toujours penser à comment faire évoluer une loi ou une mesure qui pourrait apparaître comme étant figée et inamovible. Mais voilà, ne rien s'interdire et toujours penser aux intérêts qu'il y a derrière cette mesure pour pouvoir cibler au mieux les parlementaires et ministères concernés.
- Speaker #1
Alors justement, c'est une excellente transition vers mon autre question. Si tu avais une réforme à faire passer demain ou une modification de loi, est-ce que tu as quelque chose à proposer ? Ça pourrait être une simplification des normes, allègement administratif. Ça pourrait être aussi, tu parlais tout à l'heure du manque de financement pour l'aide à la vieillesse.
- Speaker #0
Tout à fait. Bah non mais s'il y avait on va dire... deux grands sujets. Il y a un sujet qui est déjà transversal à tous les secteurs, c'est la simplification. C'est vrai qu'aujourd'hui, on a un empilement des normes, on a un empilement des process aussi administratifs, quel que soit le sujet, que ce soit professionnel ou même à titre personnel, lorsqu'on doit réaliser des démarches qui mériteraient une simplification. Ça, c'est essentiel. Et l'autre mesure, ça serait vraiment une prise en compte des enjeux sociétaux et notamment les enjeux qui ont trait à la dépendance et à la petite enfance. Parce que c'est vrai que c'est des enjeux qui sont majeurs D'une part pour le financement de notre protection sociale, mais plus largement pour le bon fonctionnement de notre société. C'est-à-dire que si on n'a personne pour s'occuper des aînés ou si on n'a pas des systèmes incitatifs pour faire des enfants, ce n'est pas forcément la norme de faire des enfants, mais en tout cas d'encourager et de ne pas freiner les familles qui le souhaitent, c'est certain que la société ne fonctionnera pas comme elle doit fonctionner. Donc ça, c'est vraiment une prise en compte majeure de ces enjeux-là.
- Speaker #1
Alors, petite question complémentaire, pour ne pas que ta proposition de loi ou amendement soit irrecevable 40. Oui. Où est-ce qu'on trouve l'argent ? Je sais qu'il y a un gros sujet sur le budget. L'État se dit en crise. Est-ce que tu as des propositions pour financer ?
- Speaker #0
Alors déjà, pour pas qu'elle soit jugée irrecevable au titre de l'article 40, idéalement, il faut qu'elle soit portée par le gouvernement au moment de l'élaboration du projet de loi de définissement de la Sécurité sociale ou du projet de loi de finance en fonction des différents sujets. Donc là, c'est important de bien travailler en amont, justement, avec ces... ces ministères pour bien les sensibiliser sur le sujet et sur les besoins. Et ensuite, il y a un certain nombre d'économies qui peuvent être générées. Et sur ces sujets, très précisément, alors sur la petite enfance, il y a de l'argent au niveau de la Caisse nationale d'allocation familiale. C'est juste peut-être mieux ciblé le fléchage aujourd'hui des différentes aides. Et sur l'autonomie, c'est de bien faire comprendre une chose, c'est qu'aujourd'hui, on pense toujours... à la dernière étape qui est, ah tiens, on est sur de la fin de vie ou on a une personne qui est vraiment ultra dépendante, il faut s'en occuper. Et on aurait tout à gagner à penser à la prévention. C'est-à-dire que plus tôt on va intervenir auprès des familles, moins ça va coûter à l'État. Et plus longtemps, on va permettre à des personnes de mieux vieillir à domicile et donc en préservant les finances de l'État également.
- Speaker #1
Super clair, Mehdi, on arrive au bout de cet épisode. Est-ce qu'il y a quelque chose dont tu voulais parler que tu n'as pas encore eu le temps de développer ?
- Speaker #0
Écoute, on a quand même fait, on a retracé un beau panorama, j'allais dire, des sujets et des enjeux des services à la personne. Si je pourrais juste faire une ouverture sur les affaires publiques ou sur la participation en tant que telle, c'est peut-être, et ça, ça pourrait être aussi une autre mesure à apporter, qui est vraiment indépendante des enjeux des services à la personne, c'est la transparence du fonctionnement de la vie politique et... les modalités de participation. Ça, ça serait vraiment intéressant, à mon sens, que ça puisse être porté dès le plus jeune âge, dès l'école primaire. ou dès le collège auprès des plus jeunes. Alors je sais qu'il y a des cours d'éducation civique haute, mais pour bien faire comprendre le fonctionnement de l'élaboration des lois, de la participation aussi des citoyens, du rôle des parlementaires, et pousser aussi chacun à s'engager, quelle que soit la cause associative, politique ou tout autre, pour justement être acteur un petit peu de son environnement. Donc ça, je trouve que ce serait vraiment une belle mesure à mettre en avant, qui serait vraiment... de démocratiser le fonctionnement politique actuel et la manière de construire les lois et de s'impliquer au niveau de la société.
- Speaker #1
Parfait Mehdi, pour conclure, est-ce que tu aurais une recommandation culturelle, un livre, un film pour nos auditrices et auditeurs ?
- Speaker #0
En lien avec les affaires publiques ?
- Speaker #1
Quelque chose qui t'a inspiré, que tu as aimé récemment ?
- Speaker #0
Il y a un livre qui est assez passionnant aussi, sur la nécessité de préserver le fonctionnement démocratique et d'instituer aussi des règles majeures dans la constitution, qui est La ferme des animaux. de George Orwell. Ça, je recommande. Voilà, c'est un livre très court mais très intéressant.
- Speaker #1
Parfait. Merci beaucoup, Mehdi.
- Speaker #0
Je t'en prie. Merci à toi, Pierre.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté l'Ebessic. Je m'appelle Pierre. Je suis le cofondateur de l'Egywatch, la plateforme qui révolutionne mais facilite votre veille parlementaire.