- Speaker #0
Le lobbying pour nous c'est une médiation, c'est une traduction entre les mondes, c'est la construction de ces ponts entre ces univers. Nous derrière cette école on souhaite redonner l'esprit critique, l'amour du débat et cette confiance en la politique. On peut aussi comprendre les nouvelles générations et leurs aspirations qui façonnent un petit peu les métiers de demain.
- Speaker #1
Qui sont ceux qui font la loi ? Je m'appelle Pierre, fondateur de la plateforme de veille institutionnelle LegiWatch, et je rencontre celles et ceux qui font les coulisses de notre vie politique. Former les futurs acteurs de la décision publique, c'est le pari d'Andréa Ancriavi, cofondatrice d'Egora, l'école d'affaires publiques qui veut former une nouvelle génération de professionnels de l'influence. Salut Andréa !
- Speaker #0
Ça va Pierre ?
- Speaker #1
Ça va et toi ?
- Speaker #0
Oui très bien, merci de me recevoir.
- Speaker #1
Avec plaisir, du coup Andréa tu as un parcours qui est très intéressant, tu as eu un déclic entrepreneurial si on peut l'appeler ainsi, donc tu viens du monde du conseil, pas du tout du monde politique, qu'est-ce qui t'a donné envie de fonder une école d'affaires publiques ?
- Speaker #0
Alors en conseil j'ai travaillé pour des grands groupes, des hôpitaux, des banques. J'étais en conseil en organisation dans un grand cabinet de conseil. Et j'ai aussi travaillé en PME pendant cinq ans à la direction des opérations. Et je me suis rendue compte, en travaillant pour ces entreprises de toute taille, à quel point les entreprises sont désarmées face au monde politique. Ils n'ont pas les codes. Il y a une traduction qui doit être opérée. Quand j'ai rencontré Grégory, et qu'il m'a raconté un petit peu son... Son expérience en affaires publiques, donc Grégory qui est mon associé aujourd'hui sur l'école EGORA, j'ai bien compris encore une fois qu'on n'arrivait pas à se comprendre. On ne se comprenait pas, c'était deux langages différents. Et on s'est dit à ce moment-là, si entre nous il y a un besoin de traduire, alors combien d'autres personnes du monde privé et public sont concernées par ce besoin de traduction, par ce besoin de création de pont entre ces deux mondes ? Et c'est à ce moment-là que le projet EGORA est né.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui t'a séduit dans le monde des affaires publiques ? Est-ce que tu avais juste envie de créer une société ou est-ce que c'est vraiment le projet qui t'a emmené ?
- Speaker #0
Alors déjà, l'éducation, ça m'a toujours passionnée. C'est vraiment un domaine passion. Ça me permet vraiment de réconcilier sens et travail. Ce qui m'a fascinée dans le monde des affaires publiques, c'est que c'est un univers à la croisée du sens, du pouvoir et du collectif. On peut à la fois être connecté au monde politique, à l'actualité, aux relations internationales, en même temps essayer d'avoir du sens dans ce qu'on fait, en portant des intérêts, une cause qui nous est chère, et en même temps avoir le souci de l'intérêt général. Et je trouve que ce n'est pas donné à tout le monde aujourd'hui de pouvoir concilier tout ça. C'est même le but ultime quand on veut réussir dans son travail, c'est de pouvoir, je pense en tout cas, concilier les trois. C'est une chance pour moi, les affaires publiques, pour les nouvelles générations.
- Speaker #1
Alors c'est quoi la raison d'être d'Egora ? Est-ce que vous avez un slogan ou quelque chose qui résume votre vision ?
- Speaker #0
Avec Grégory, on s'est donné une mission très claire, c'est de créer la première école qui est 100% dédiée au métier des affaires publiques. Première école parce qu'aujourd'hui, les écoles existantes, elles sont très traditionnelles et pas assez professionnalisantes, pas assez axées sur le terrain. Dans les écoles traditionnelles actuelles, on aborde souvent les affaires publiques plus tard, en master spécialisé, dans des cours dédiés, dans des options. À Égora, on apprend les affaires publiques dès la première année, avec des cours de lobbying, de gestion de crise et les métiers en lien avec les affaires publiques. On a cette vision débouchée dès la première année. Et 100% dédiée au métier des affaires publiques, parce qu'on a vraiment ce prisme professionnalisant qui permet de former des esprits pluridisciplinaires hybrides qui savent lier le fond, la forme, les hard skills, les soft skills, l'humain et les sujets techniques. Donc les affaires publiques étant pluridisciplinaires, on a dans notre programme pédagogique un programme pluridisciplinaire et axé sur tous ces aspects-là. Et c'est ça notre singularité, ça nécessite beaucoup de travail au niveau de l'ingénierie, mais c'est ça notre force.
- Speaker #1
Super, si je ne me trompe pas, c'est une école post-bac en 5 ans, c'est ça ?
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et donc vous avez été créée maintenant il y a 2 ans, on me dit que ça fait 3 ans.
- Speaker #0
On a ouvert nos portes l'année dernière et nous on travaille avec Grégory sur le projet depuis 3 ans.
- Speaker #1
Et du coup, qu'est-ce que vous avez déjà appris ? Est-ce qu'il y a des choses, des bonnes pratiques que vous avez déjà repérées ou au contraire des erreurs que tu aurais pu éviter ? Comment tu as appréhendé ce monde-là en fait ?
- Speaker #0
On a appréhendé ce monde-là en travaillant sur le besoin, pas sur les modèles académiques existants. On est vraiment partie du besoin. On a interviewé des lobbyistes, des communicants, des directeurs d'affaires publiques, des chargés d'image et de réputation, des collaborateurs parlementaires, des députés, des directeurs de fédérations, de syndicats. En fait, on a déjà pris le temps de construire les limites. de ce monde qui est très vaste. D'ailleurs, quand je parle aux étudiants, quand je m'adresse aux familles, le mot affaire publique est très mystérieux. Certains pensent que c'est du 100% politique, d'autres pensent que c'est que le lobbying. Et très peu d'ailleurs ont conscience qu'il y a toute cette notion de gestion crise, d'image, de réputation, qui est un curseur qui peut se déplacer très loin vers la communication stratégique. Donc nous, on est parti du postulat qu'on ne savait rien. C'est une chose qui nous a beaucoup servi puisqu'on a, de façon très empirique, de façon très scientifique, construit les contours de ce monde-là. On a pu avoir des retours qui sont extrêmement précieux, qui nous ont permis de comprendre les modules à enseigner en fonction des années, mais aussi les modalités pédagogiques. Tu m'as demandé s'il y avait une erreur à ne pas reproduire ou quelque chose qu'on a fait différemment par la suite. Je dirais que ce qu'on aurait pu comprendre dès le départ, c'est ça l'entrepreneuriat, c'est qu'on a testé tester et retester. C'est de considérer, par exemple, que les étudiants savaient en quoi consistent les affaires publiques. On s'est très vite rendu compte que les affaires publiques, c'est un mot-valise et qu'il peut être interprété différemment selon les personnes, selon les étudiants. Donc ça, effectivement, très vite, on s'en est rendu compte et très vite, on a posé à plat ce que je te disais, effectivement, avec cette méthode empirique. On a aussi compris que, et ça aussi, c'est un... Une hypothèse qui était peut-être erronée, biaisée dès le départ, c'est qu'on pensait au début que les étudiants qui veulent faire des sciences politiques ou des relations internationales sont la cible de la formation en affaires publiques. On s'est rendu compte qu'il y avait énormément d'étudiants passionnés par l'actualité, qui ne savent pas ce qu'ils veulent faire, et qui veulent continuer d'être, poursuivre cette stimulation intellectuelle qu'ils ont pu avoir en cours d'histoire, de géopolitique au lycée, et qui peuvent être. intéressés par les affaires publiques. En fait, en creusant le monde de l'orientation, qui se passe avec Parcoursup, des décisions de filières, des étudiants, du profil des étudiants, des attentes, en fait, on s'est à la fois concentrés sur les attentes des recruteurs, mais aussi sur les attentes des étudiants. Et en voyant ces nombreux étudiants qui veulent avoir un métier qui a du sens ou qui veulent être concernés par... avoir un métier où ils se sentent concernés par l'intérêt général, On se rend compte que les affaires publiques peuvent vraiment les intéresser. Ce n'est pas ceux juste qui veulent faire des sciences politiques. C'est des étudiants qui sont intéressés par le monde dans lequel ils vivent, qui ne veulent pas forcément faire médecine, ingénieur ou prépa commerce ou école de commerce. Il y en a énormément entre tout ça qui peuvent se diriger vers les affaires publiques. C'est un petit peu les indécis, les étudiants qui ne se positionnent pas encore dans des filières, qui n'ont pas forcément choisi. Et ceux-là peuvent être intéressés parce qu'ils ont ces appétences.
- Speaker #1
Ça fait penser à Alexis Bataille-Renbert que j'ai reçu ici, qui était infirmier et qui maintenant fait des affaires publiques. Et je pense que c'est un profil très précieux parce que justement, il connaît vraiment le terrain et ce n'est pas un profil classique. Et tu parlais là d'intérêt général, c'est assez intéressant parce que vous formez potentiellement des lobbyistes. Comment est-ce que vous placez l'éthique ? Est-ce que pour vous, il y a des causes qui ne doivent pas être défendues ou est-ce que tout... doit avoir droit à une défense. Comment tu te positionnes là-dessus ?
- Speaker #0
Oui, c'est un point qu'il fallait très vite arbitrer. Avec Grégory, on s'est promis de ne pas former au lobbying cynique. Le lobbying cynique, c'est le lobbying qui consiste à imposer une décision. Nous, on a une vision du lobbying transparent, pluraliste, qui vise à éclairer, qui vise à faire de la pédagogie entre les parties. Le lobbying pour nous c'est une médiation, c'est une traduction entre les mondes, c'est la construction de ces ponts entre ces univers. C'est une action citoyenne pour nous de pouvoir construire ces ponts entre ces métiers. Mais encore faut-il qu'on puisse choisir les causes qu'on défend, les sujets qu'on porte. Et c'est ce qu'on enseigne dans nos cours. On a d'ailleurs des cours de déontologie, des cours d'éthique, des cours liés à la transparence. Comment faire du lobbying sans être accusé de corruption, très clairement. Comment faire du lobbying en étant en accord avec ces valeurs ? Comment choisir les missions pour lesquelles on travaille ? Qu'est-ce que la HATVP ? Qu'est-ce que le RGPD ? Qu'est-ce que la loi Saint-Pin de... ? Voilà, on aborde vraiment tous ces sujets-là. tout au long du cursus, surtout en Master 2, avec des modules dédiés, avec des évaluations par rapport à ça. Et pour nous, le lobbying, c'est un acte de pédagogie, de construction, d'éclairage entre les parties. Tant qu'il est transparent et pluridisciplinaire, et tant que les acteurs peuvent choisir les missions et qu'ils peuvent dire non à certaines missions, pour nous, c'est comme les avocats, finalement. On peut chaque accuser a le droit à un avocat, mais chaque avocat, à titre personnel, peut refuser ou pas tel ou tel dossier. Donc on construit les choses de la même façon.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses qu'il faut qu'on aille plus loin dans la transparence ?
- Speaker #0
Je pense que plus on ira loin, plus on pourra valoriser cette filière professionnelle. Alors évidemment, ça peut induire beaucoup de contraintes. Il faut que cette transparence n'empêche pas les acteurs de travailler. Il faut qu'elle soit basée sur le bon sens, tout simplement, sur la faisabilité opérationnelle de tous ces process, ces points de contrôle qui peuvent être intégrés. Je pense qu'à partir du moment où ça serait, par exemple, des anciens lobbyistes ou des lobbyistes qui co-construisent, Ces processus de transparence, on aurait ainsi des points de contrôle qui relèvent du bon sens et qui n'empêchent pas le travail qu'il y a derrière.
- Speaker #1
Les étudiants ne comprennent pas forcément de prime abord ce que sont les affaires publiques. Est-ce que, quand vous leur expliquez, vous remarquez qu'il y a un fantasme autour de ça ?
- Speaker #0
Le fantasme, il est surtout sur le monde 100% politique. Travailler pour des élus, chef de cabinet, collaborateur parlementaire, travailler pour un ambassadeur. en ONG, être chargé de plaidoyer. Voilà, c'est ce qui permet, ces missions-là permettent aux étudiants de concilier sens et carrière. En tout cas, à leur niveau, à 18 ans, c'est plutôt comme ça qu'ils se projettent. Nous, quand on leur explique ce qu'est le lobbying, effectivement, quand on a des appétences pour la stratégie, pour la médiation, pour le lien, le relationnel client aussi, parce qu'on a un rapport client-prestataire avec les missions de lobbying, on a effectivement ce débouché qui est possible. Et souvent, les étudiants qui hésitaient entre des filières très différentes peuvent être amenés à faire du lobbying pour pouvoir avoir cette formation hybride et travailler sur l'aspect pluridisciplinaire.
- Speaker #1
Si je rentre chez Gouarin en tant qu'étudiant, à quoi je peux m'attendre en termes de cours ? C'est quoi les cours clés pour devenir un bon influenceur de la politique ?
- Speaker #0
Tu rentres en première année ?
- Speaker #1
Je rentre en première année.
- Speaker #0
Tu sors du bac ?
- Speaker #1
Je sors du bac.
- Speaker #0
Alors ce qui est génial, Grégory et moi on a vraiment créé l'école qu'on aurait aimé faire. On a pris le meilleur des formations existantes. La formation en communication, en sciences politiques, en école de commerce, la formation en théâtre aussi, puisqu'on donne des cours d'éloquence passionnants issus des méthodologies du théâtre. Donc ce que tu vas retrouver dans ce programme, c'est quelque chose de cousu humain, avec des cours académiques traditionnels, sciences politiques, histoire de la... politique française du XIXe, histoire des relations internationales. Tu vas avoir du droit public aussi très important. Chacun de ces cours sera très axé sur le monde contemporain, sur la pratique. On va vraiment tourner chaque notion vers quelle perspective ça donne sur le monde d'aujourd'hui, quels cas concrets on voit dans l'actualité qui permet d'être mieux compris grâce à ces notions. Donc ça, c'est très important. Et puis après, on a des cours assez innovants qu'on va aborder dès la première année. On va avoir de l'initiation au protocole, comment s'adresser à un député, à un ambassadeur.
- Speaker #1
Il y a une façon de faire. Oui,
- Speaker #0
tout à fait, à l'écrit, à l'oral. Il y a juste des coutumes qu'il faut avoir en tête pour ne pas faire de faux pas. C'est vraiment les fameux codes dont on a parlé tout à l'heure quand je mentionnais mes premiers échanges avec Grégory. On va avoir de l'analyse des médias, décryptage des médias, compréhension de ces guerres d'influence qu'on peut trouver sur les réseaux sociaux, comment on peut être orienté ou manipulé carrément via les médias. L'objectif, c'est de leur apprendre la distance critique. C'est très important. Nous, derrière cette école, on souhaite redonner l'esprit critique, l'amour du débat et cette confiance aussi en la politique. Parce qu'on redonne à cet univers sa noblesse originelle avec le débat, la distance critique, la bienveillance et l'absence de préjugés. Et tu vas avoir des cours très, très, très, très singuliers comme gestion de crise, leadership. Stratégie de lobbying dès la première année et des simulations comme des simulations de campagne présidentielle, simulation de débats parlementaires, simulation de commissions d'enquête. simulation de crise aussi, ils sont sur plusieurs jours.
- Speaker #1
Est-ce que tu as cité ton cours préféré pour l'instant ou pas encore ?
- Speaker #0
Pas encore, le meilleur pour la fin en ce qui me concerne, c'est l'éloquence. Tous les élèves ont au moins 20 heures de cours d'éloquence, ça c'est unique. Ça n'arrive dans aucune école d'avoir de l'éloquence en module obligatoire dès la première année, avec autant d'heures.
- Speaker #1
C'est comme du théâtre ou c'est l'éloquence ?
- Speaker #0
Il y a beaucoup de théâtre dans nos cours, mais c'est pas que du théâtre, c'est aussi travailler la rhétorique et la roratoire. Le fond et la forme, comment convaincre. et comment embarquer, capter l'auditoire. Voilà, c'est toutes les dynamiques qu'il faut avoir en tête pour être percutant et impacter son public.
- Speaker #1
Andrea, quelle est ton ambition pour Egora ? Là, actuellement, c'est combien d'étudiants par promo ?
- Speaker #0
Là, on est sur une cinquantaine d'étudiants.
- Speaker #1
En tout ?
- Speaker #0
Voilà, avec des classes entre 15 et 20 élèves.
- Speaker #1
Ok. Et quelle est ton ambition ? Est-ce que tu veux garder ce cadre un peu intimiste avec un suivi très précis des élèves ou est-ce que vous voulez construire une école immense avec Avec des milliers d'hectares peut-être ?
- Speaker #0
C'est une très bonne question et effectivement, cette question s'est posée au début du projet avec Grégory. Nous, clairement, on a choisi la qualité pédagogique, la qualité de l'accompagnement des étudiants, mais aussi des intervenants, parce qu'il y a une expérience étudiant, mais aussi une expérience intervenant qui est très importante. Nos intervenants sont passionnés par ce qu'ils font à Égora et ce qu'ils aiment, c'est ce suivi. personnalisé avec la direction, mais aussi cette proximité avec les étudiants, qu'ils connaissent très bien, qu'ils voient progresser, qu'ils peuvent conseiller au niveau également de la recherche de stages. Et nous, à notre niveau, que ce soit l'accompagnement des stages, pour les stages ou le suivi pédagogique, ce qu'on aime, c'est ça, c'est ce suivi de proximité. On est vraiment animés, nous, par notre passion. Et les affaires publiques, c'est un métier d'humain, de lien humain. Au niveau de l'école, c'est ce qu'on aime, c'est ce lien humain avec les étudiants, les familles et les intervenants.
- Speaker #1
Génial, si ça te convient, Andrea, on va passer à la séquence vrai-faux.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je vais t'énoncer plusieurs affirmations. Tu peux y répondre par vrai ou faux et développer si tu le souhaites. La première phrase, c'est les affaires publiques sont réservées à ceux qui ont fait Sciences Po.
- Speaker #0
Alors, contre toute attente, on sait de quoi on parle. Avec Grégory, on a entrepris et on s'est rendu compte qu'on apprend à influencer comme on apprend à entreprendre. par la pratique et pas par le pédigré. Et c'est ce qu'on dit aux étudiants qui souhaitent nous rejoindre, qui peuvent se demander s'ils sont à la hauteur ou qui peuvent un petit peu sacraliser ce monde-là ou qui a été souvent perçu comme élitiste. Nous, on les rassure et on leur dit que tout est une question pratique, de méthode et de motivation. Et la motivation, on l'atteste évidemment durant notre processus de candidature.
- Speaker #1
La deuxième phrase, c'est le lobbying peut-être un outil démocratique s'il sert l'intérêt général ?
- Speaker #0
Tout à fait. Quand il est évidemment transparent, pluraliste, c'est une forme de participation citoyenne indirecte.
- Speaker #1
Et enfin, la troisième phrase, l'intelligence artificielle va transformer les affaires publiques plus vite que les politiques ne l'imaginent.
- Speaker #0
Oui, ça c'est tout à fait vrai. Toute compétence technique peut être remplacée par l'IA. Ça on le sait, on le lit. un petit peu partout, on l'entend partout. Moi, je suis très optimiste. Je pense que c'est positif. Ça va nous forcer à nous renouveler, à donner de la valeur à ce qu'on propose, à avoir l'esprit critique, à proposer une vraie valeur ajoutée. Quand on fait du lobbying, quand on est collaborateur parlementaire, quand on est chef de cabinet, il va falloir se forcer à être réactif, à être plus documenté que l'IA et donc à proposer des choses qui sont cohérentes, justes et qui relèvent aussi du bon sens. C'est une transition qu'il faut gérer. On donne des cours d'IA et d'affaires publiques, on apprend à pronter, on leur fait découvrir tous les outils d'IA et on leur apprend à formuler un besoin de façon correcte et surtout à analyser avec beaucoup d'esprit critique les éléments fournis par les IA. Et surtout, l'objectif pédagogique le plus important, c'est comment faire la différence, comment apporter de la valeur à la personne ou à l'organisation dans laquelle on travaille. C'est une gymnastique intellectuelle qui est très enrichissante. Ça nous force à réfléchir et avoir cette vision besoin client, besoin manager. Qu'est-ce qu'on attend de nous ? Comment je peux répondre à ce besoin ? Je ne suis pas juste quelqu'un qui synthétise, qui collecte la donnée. Je suis quelqu'un qui répond à un objectif. Ça nous apprend à être efficace. Je trouve que c'est bien. C'est difficile, mais c'est très formateur.
- Speaker #1
génial j'ai l'impression que esprit critique c'est le mot que tu as le plus répété aujourd'hui. C'est très intéressant.
- Speaker #0
Oui, on est enseveli par la donnée aujourd'hui, par les informations, par les outils, par les opinions, les préjugés, souvent avec beaucoup de... que ce soit sur les réseaux sociaux, on est dans un monde qui est fracturé, qui se radicalise de tous les côtés. Et je pense que c'est primordial aujourd'hui, et c'est notre mission aussi à EGORA, ça c'est vraiment notre vision, notre aspiration. Le sens qu'on recherche à notre niveau, puisqu'on parle de sens aussi, c'est de former les nouvelles générations à l'esprit critique, à l'amour du débat, éclairé. Voilà, ça serait une vraie source de satisfaction pour Grégory et moi de voir des étudiants qui développent ça petit à petit avec nous.
- Speaker #1
Andréa, on arrive à la fin de cet épisode. Est-ce qu'il y a un sujet que tu voulais développer ici que tu n'as pas encore eu le temps d'exprimer ?
- Speaker #0
Moi, je trouve ça vraiment fantastique de pouvoir proposer une alternative d'excellence rigoureuse, professionnalisante dans les affaires publiques. qu'on puisse imaginer une école qui soit connectée au terrain, pour que tous les élèves qui sont passionnés par ces sujets et qui veulent se professionnaliser très vite puissent le faire. Je trouve qu'en France, on a vraiment besoin de formations qui sortent un petit peu des sentiers battus. On vit dans une époque où les nouvelles générations, elles ont de plus en plus de mal à s'orienter. On est un petit peu à l'ancienne en France, on fonctionne par euh par filière, par compétence, par connaissance. Et très vite, on se ferme la voie. Une fois qu'on commence dans une filière, et on se retrouve à 20 ans, 25 ans, à recommencer ou à se reconvertir. Je trouve ça génial de pouvoir se lancer dans une formation qui est à la fois généraliste, parce qu'on a vraiment des modules très différents, mais parce que le métier lui-même est hybride, est polyvalent. Donc on a la possibilité... de se former avec une stimulation intellectuelle qui est géniale, et en même temps, d'être connectée au réel, et de pouvoir voir concrètement où tout ça nous mène. Et je trouve que c'est ce qui manquait aujourd'hui dans le supérieur, parce qu'aujourd'hui, les jeunes, il faut aussi comprendre les nouvelles générations. Elles ne veulent plus choisir entre carrière et passion, théorie et pratique. Entre ne plus retrouver dans le supérieur les matières qu'on adorait au lycée, l'histoire, la science politique, sans savoir où s'amènent toutes ces matières passionnantes. Et donc voilà, je pense que c'est important aussi de comprendre les besoins des jeunes, des étudiants, parce que c'est leurs aspirations qui façonnent un petit peu les métiers de demain. Il y a le besoin des recruteurs, le besoin du marché du travail, mais il y a aussi ce que veulent les jeunes. C'est important que les recruteurs aussi... Sois attentif à ces deux dimensions.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Andrea. Pour conclure, est-ce que tu aurais une recommandation culturelle pour nos auditrices et auditeurs ? Oui.
- Speaker #0
Récemment, j'ai découvert et j'ai adoré la série La Fièvre. Tu la connais ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Il faut absolument que tu la connaisses. C'est le même réalisateur que Baron Noir. Il l'a réalisé, c'est sur Canal. Ça commence par une crise médiatique, une crise d'image. Une star du football, un footballeur très connu en France, qui donne un coup de tête à son entraîneur devant les caméras durant une remise de prix. Et on voit les répercussions médiatiques de ce scandale et on voit à quel point une crise d'image, une crise des médias peut déboucher sur une crise politique et sur une crise sociale et sociétale. On voit dans cette série le scénario catastrophe. Tout ce qu'on veut éviter quand on fait du lobbying, et comment ces connexions entre tous ces mondes, quand c'est sans transparence, sans pédagogie, sans souci de l'intérêt général, voilà ce qu'on obtient. Et donc c'est l'antithèse de ce pourquoi on fait cette formation, évidemment. Mais c'est bien parfois de voir les scénarios extrêmes et catastrophes pour comprendre les enjeux de tout ce qu'on fait. Et cette série, elle démontre à quel point on a besoin d'acteurs capables de comprendre et de canaliser la complexité qu'il y a dans. Ces univers, médias, des secteurs économiques, d'activité, opinions publiques et sphères politiques. Et ce sont ces médiateurs qui permettent de canaliser les choses et d'éviter qu'elles ne dégénèrent. Donc voilà, moi je suis fascinée par ce qui m'angoisse. Donc cette série est fascinante.
- Speaker #1
Merci beaucoup Andréa.
- Speaker #0
Merci à toi, merci Pierre.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté MECI, je m'appelle Pierre, je suis le co-fondateur de l'EG Watch. La plateforme qui révolutionne et facilite votre veille parlementaire.