- Speaker #0
Il faut arrêter de voir l'engagement par le prisme du politique. L'engagement, c'est aussi donner du temps à une association. L'engagement, c'est pas forcément prendre sa carte au PS, chez LR ou quoi que ce soit. C'est un peu un luxe de vouloir prendre la mobilité la plus écolo, parce qu'aujourd'hui, le prix suit pas forcément. Il faut qu'on encourage les gens à passer à l'électrique, tout simplement, et qu'on encourage aussi les constructeurs européens à prendre la main là-dessus.
- Speaker #1
Qui sont ceux qui font la loi ? Je m'appelle Pierre, fondateur de la plateforme de veille institutionnelle LegiWatch et je rencontre celles et ceux qui font les coulisses de notre vie politique. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Juliette Langlard, chargée de l'Alliance des mobilités et de la micromobilité chez Mobiliance. Juliette est également co-fondatrice de Démocratia, qui est une initiative visant à revitaliser la participation des jeunes dans la vie démocratique. Salut Juliette !
- Speaker #0
Salut, merci beaucoup pour l'invitation.
- Speaker #1
Avec plaisir, est-ce que tu veux compléter ton parcours ?
- Speaker #0
Tu as déjà très très bien résumé mon parcours, mais pour compléter peut-être, puisqu'aujourd'hui on est là pour parler d'affaires publiques, moi j'ai un parcours assez classique on va dire en termes d'affaires publiques, c'est-à-dire j'ai eu mon bac, j'ai voulu rentrer à Sciences Po, j'ai pas réussi tout de suite, donc je suis allée en prépa à Hippocagne, puis je suis rentrée à Sciences Po Bordeaux en double diplôme franco-espagnol, et j'ai fait un master tout simplement en affaires publiques et représentation des intérêts, le master APRI qui est apparemment le premier master d'affaires publiques en France d'après le directeur, mais je sais pas si c'est vrai. Ensuite, à travers mes stages, je me suis plutôt spécialisée dans le domaine de la mobilité en faisant un stage à la SNCF et à la RATP. En même temps, en parallèle de mes études, je me suis engagée associativement et notamment avec Démocratia.
- Speaker #1
Qu'est-ce que c'est Démocratia alors ?
- Speaker #0
C'est un projet qui malheureusement n'existe plus comme avant, mais qui continue à persister à Assas. Je remercie d'ailleurs les gens d'Assas qui continuent à faire vivre ce beau projet. Mais Démocratia, c'est un projet qui avait pour but à la base... de vraiment encourager les jeunes à s'engager et à s'intéresser à la politique. Nous, on avait un principe, c'est qu'aujourd'hui, la politique, ça intéresse tout le monde, même les jeunes, mais on ne leur donne pas forcément toutes les cartes en main pour qu'ils puissent s'en emparer. Et donc, on s'est dit, ce qu'on va faire, c'est qu'on va vulgariser tout simplement la politique. Et en informant les jeunes, ils auront au moins les cartes en main pour aller voter et pour potentiellement s'engager dans un parti. Donc, ce qu'on a fait, c'est très simple. On a divisé, on va dire, tous les thèmes, toutes les thématiques qui étaient importantes au moment des présidentielles en, je ne sais plus, je crois qu'on avait 25 ou 30 thèmes. Et on a analysé le programme des candidats au regard de ces thèmes et on faisait des espèces de fiches récap sur Insta que les jeunes pouvaient consulter pour comprendre quelle était la position, je ne sais pas, d'Éric Zemmour sur l'euthanasie, de Fabien Roussel sur le cannabis. Évidemment, j'ai pris les plus extrêmes, mais il y avait... tout le spectre et tous les candidats.
- Speaker #1
C'est toi qui faisais ça, qui décomposait du coup tous les...
- Speaker #0
Alors on avait une grande équipe. Donc moi j'ai cofondé ce projet avec mon camarade Anthony Bouvier. Mais on avait une équipe de rédacteurs, on avait une équipe de monteurs, des gens qui faisaient aussi les visus. C'était vraiment une petite usine et on travaillait tous ensemble à faire évoluer. Et on faisait aussi des articles plus simplement de décryptage sur l'actu, sur des grands faits politiques, des choses un peu plus didactiques. Aujourd'hui, l'association a surtout une visée au niveau de rencontres et de participation, au sein d'Assas notamment, où il y a rencontre des grandes personnes politiques. Moi, quand j'étais encore dans le bureau de l'Asso, on avait notamment rencontré Robert Badinter. Robert Badinter, c'était une expérience assez magique. Manuel Valls, faire des petites rencontres comme ça avec des personnes hyper inspirantes, c'était vraiment super. C'est ce qui m'a vraiment donné envie de m'engager dans aussi la politique, de travailler, de... et d'avoir un lien avec ce monde, parce que c'est vraiment passionnant.
- Speaker #1
Justement, alors quand on préparait cet entretien, tu m'as dit que tu avais toujours été attirée par la politique, que tu avais été déléguée dans toutes tes classes. Comment on t'explique ça ? Est-ce que tu as baigné dedans avec tes parents ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #0
Alors mes parents apprécient la politique, mais comme tous les Français, ils s'y intéressent, sans pour être autant particulièrement engagés. Ils n'ont pas leur carte dans un parti, mais comme une majorité des Français. mais moi je sais pas pourquoi c'est venu assez naturellement alors déjà je pense par la passion du débat j'adore argumenter, j'adore ouvrir ma bouche quand on ne me le demande pas par contre ça c'est vraiment mes parents qui me l'ont donné parce qu'ils m'ont toujours dit si tu as quelque chose à dire et à défendre, tu peux le faire même si on n'est pas d'accord mais il faut que tu expliques pourquoi donc toujours être dans cette discipline de l'argumentation et pour moi c'est très lié aux politiques en fait il y a quand même une question de si tu as tes idées c'est bien mais il faut les porter haut et fort et surtout les expliquer ... Et je sais pas où il y a ce truc d'essayer de faire vivre les concitoyens de la meilleure façon possible, un peu être porté par le bien commun. Alors, bien sûr, c'est un vœu pieux. Je suis pas sûre qu'aujourd'hui, tous les politiques soient conduits par cette volonté du bien commun. Mais j'ai toujours voulu être proche de ce monde-là et voir comment ça se passait aussi de l'intérieur.
- Speaker #1
Alors justement, pour parler de l'intérieur... Ailleurs, tu travailles actuellement chez Mobiliance. C'est une fédération, si je ne me trompe pas ?
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Déjà, qu'est-ce que c'est une fédération ? Comment vous représentez des intérêts ?
- Speaker #0
Alors, c'est une fédération. Nous, on est aussi sous la forme d'un syndicat patronal, comme le plus connu, le MEDEF. Et en fait, une fédération, ça va être une association qui va regrouper tous les acteurs d'une branche. Et donc, les entreprises vont adhérer à la fédération pour représenter leurs intérêts au niveau global. C'est-à-dire que, par exemple, moi, je représente le domaine du covoiturage. Chaque entreprise du covoiturage... à son propre service d'affaires publiques. Par contre, c'est pour représenter les intérêts de leur entreprise. Mais pour représenter les intérêts de la filière, ils trouvent aujourd'hui une place au sein de Mobiliance pour pouvoir se réunir entre eux, parler des sujets qui les touchent. Ça peut être des sujets comme le PLF, qu'est-ce qui va se passer dans le PLF qui pourrait atteindre le covoiturage. Ça peut être des éléments un peu précis de politique. Ils se retrouvent au sein de la fédération pour avoir cet espace pour discuter. Et nous, après, on va porter leur voix. auprès des institutionnels et de manière plus générale, de manière médiatique. Moi, je les connais bien, mais au sein de Mobiliance, on représente vraiment tous les métiers des services de l'automobile et de la mobilité. A l'origine, Mobiliance, ça a été créé en 1902. A l'époque, ça s'appelait le CNPA et c'était vraiment plutôt tourné vers les concessionnaires. Mais depuis quelques années, ça s'est vraiment agrandi. Et le but, c'est d'accompagner ces entreprises, bien sûr sur un axe affaires publiques, mais pas que. On les accompagne aussi de manière juridique, sur les relations sociales. C'est vraiment une galaxie, on va dire, Mobiliance, autour de ces professionnels des services d'automobile. Il y a un service dédié aux affaires publiques. Et après, il y a les chargés de métier comme moi qui vont être un peu plus spécialisés sur leur branche à chaque fois.
- Speaker #1
Est-ce que les entreprises qui ont du coup un pôle affaires publiques en interne et qui passent aussi par vous, essayent de vous influencer via leur pôle affaires publiques ?
- Speaker #0
Moi, je travaille avec les directeurs affaires publiques la plupart du temps, oui. Influencer, chacun défend sa position, bien évidemment. Mais le but, c'est vraiment d'avoir une démarche construite et des réflexions qui sont communes à tous. Parce qu'en fait, le principe d'une fédération, c'est de aussi dire, regardez tous les gens qu'on représente, quand on s'adresse à un acteur institutionnel, par exemple, et donc, regardez l'impact. Ce qu'on vous dit, ce n'est pas que nous qui l'avons décidé, c'est les 15 entreprises derrière, les, je ne sais pas, je dis un chiffre au hasard, mais les 1500 carrossiers de France qui pensent ça, quoi.
- Speaker #1
Et là, justement, les adhérents, qu'est-ce qu'ils défendent en ce moment ? Est-ce qu'il y a une politique qui est soutenue ?
- Speaker #0
Comme on disait en introduction, j'ai deux métiers, donc l'alliance des mobilités et la micromobilité. Sur l'alliance des mobilités, c'est très vaste. Alors si je te faisais la liste de tout ce qu'on défend, on en aurait pour cinq heures et demie. Et sur la micromobilité, ça par contre, effectivement, donc la micromobilité, pour vulgariser, c'est globalement 90% de trottinettes électriques et après des gyrorous, des hoverboards, mais qui sont quand même moins présents. Sur ce point-là... on va défendre, par exemple, déjà mettre fin tout simplement aux trottinettes bashing. Là, on fait un article, il est sorti dans le Parisien, les trottinettes, la mobilité de prédilection des tueurs. Enfin, des choses comme ça. Alors déjà, nous, on essaye un peu de se battre contre ces clichés et de dire, non, la trottinette, c'est aussi un moyen de transport qui est utilisé par plein de gens pour aller au travail, qui leur permet de répondre à des besoins d'intermodalité. Donc voilà, ça, c'est déjà tout simplement... J'aime pas ce mot, mais voilà, essayer d'avoir une influence sur aussi la définition et comment aujourd'hui sont vus et perçus les trottinettes, qui est clairement fausse et amplifiée, je trouve, par les médias. Et après, il va y avoir des sujets plus inhérents, par exemple, à la concurrence déloyale, avec aujourd'hui des trottinettes qui vont être importées de manière illégale et qui vont en fait ne pas répondre aux exigences qu'impose normalement la loi française sur les trottinettes. Et donc, ça aussi, c'est une problématique. Et puis après, avec l'Alliance, oui, comme je le disais, ça va autant du covoiturage à l'autopartage, au vélo en libre-service, à l'électrification ou à la question de la data dans les véhicules connectés. Mais par exemple, sur l'électrification, on va avoir aussi ce travail de lutter contre les clichés, les mauvaises idées. La voiture électrique, pour faire 500 km, tu dois t'arrêter 8 fois. Non, ce n'est pas vrai. Donc notre but, c'est un peu de montrer aussi que ce sont des technologies qui fonctionnent. Ce sont des solutions qui fonctionnent et qui répondent à des besoins aujourd'hui de mobilité décarbonée. Voilà, c'est vraiment important pour nous d'être dans ce sens-là.
- Speaker #1
Et toi, du coup, ton quotidien, il ressemble à quoi concrètement ? Est-ce que justement, le matin, tu arrives, tu te dis, OK, il faut que je change la perception qu'ont les gens de la trottinette ou de la voiture électrique. Je vais appeler tout le monde. Comment ça se passe ?
- Speaker #0
J'aimerais que ça soit aussi simple, mais il y a quand même un gros travail de concertation avec mes adhérents par les groupes de travail. Souvent, ça marche comme ça, comme il y a plusieurs aspects. On se réunit par groupe de travail, donc par les gens qui sont intéressés sur ces thématiques précises. De là, on rédige souvent des notes ou on établit des stratégies. Puis ensuite, c'est des choses qu'on va porter directement au niveau des institutions parce qu'en fait, on érige une position commune. Et ensuite, par contre, oui, il y a un peu ce truc de t'appelles tout le monde. Bien sûr, c'est un peu imagé, mais quand même de toquer à plusieurs portes en disant et on a plein d'infos à vous donner. Qu'est-ce que vous en pensez ? Oui, on a vu que vous aviez dit ça. Permettez-nous de vous dire que ce n'est pas vraiment ça. Ou vous faites une consultation sur ça et pensez à nous. On a des choses à vous dire et à vous prouver.
- Speaker #1
OK, donc tu te réunis avec tes adhérents. Vous avez une note de synthèse, vous êtes plus ou moins d'accord. et donc là, est-ce qu'il y a des parlementaires ? que vous connaissez, qui sont vos parlementaires de prédilection ? Ou est-ce que vous y allez comme un commercial ferait du cold calling ? Comment ça se passe ?
- Speaker #0
Alors nous, on a quand même un travail pas mal lié à l'administration. C'est un peu l'autre partie du lobbying en fait, qui est un peu moins glamour. Enfin, ça l'est pas en réalité, mais on a l'impression que ça l'est moins en tout cas. Parce qu'on va pas à l'Elysée, etc. On va plutôt à la Tour Sécoya. C'est le siège de la DGITM. Mais c'est aussi très intéressant d'aller dans les différentes DG pour exposer les problèmes, parce qu'au final, eux aussi peuvent avoir un impact et peuvent faire changer les choses sur des problématiques très précises, surtout sur les problématiques techniques. Après, il y a beaucoup de travail aussi avec les cabinets ministériels, nous notamment transport bien évidemment, mais pas que. Ça, c'est un travail que l'on fait au niveau de l'Alliance et de la micromobilité, mais Mobiliance le fait de manière plus générale et plus intense encore, avec son pôle des affaires publiques. Et après, des parlementaires, récemment, il y a une question écrite qui est sortie d'un parlementaire sur la trottinette. Je lui ai répondu en disant, je sais que vous avez posé telle question. Moi, j'ai des éléments de réponse à vous apporter. Avant que le ministère de l'Intérieur vous réponde, on peut se rencontrer. Et puis oui, il y a quand même un petit travail au niveau des parlementaires.
- Speaker #1
Dans ce cas-là, est-ce qu'il répond, les parlementaires ?
- Speaker #0
Lui, il ne m'a pas répondu.
- Speaker #1
Ah, c'est dommage.
- Speaker #0
Il faudrait que je le relance, ça me fait penser d'ailleurs. Mais sur le travail avec les parlementaires, effectivement, on travaille aussi avec eux. mais je dirais que c'est quand même moins fort que l'administration Et avec eux, ce qu'on va faire, c'est souvent ils nous convoquent pour aussi tout simplement des auditions, voir un peu quelle est la position de la filière sur le sujet. Par exemple, dernièrement, on a pas mal travaillé avec un parlementaire et on lui a soumis des idées. Et on va dire qu'on a plutôt été bien écoutés. Donc ça, c'est vraiment valorisant déjà parce que ça montre que ce qu'on propose et ce qu'on porte, ça a du sens aussi. Parce que nous, évidemment, on a la tête dans le guidon, on est convaincus. Mais il faut que ça ait de la résonance aussi auprès des gens. auprès des professionnels, auprès des gens avec qui on travaille, mais aussi auprès des politiques et qui se disent pas, bah là, c'est une lubie parce que ça va défendre votre secteur, mais en fait, ça n'aura aucun impact sur la vie des Français. Et ça, c'est pas intéressant.
- Speaker #1
Justement, alors, déjà, rien que pour mettre d'accord les adhérents entre eux, comment est-ce que tu fais ? Est-ce que, quelque part, c'est l'adhérent qui paye le plus qui a raison ? Comment ça fonctionne ?
- Speaker #0
Parfois, j'ai envie d'utiliser la force, comme on dit, mais non, non, le but, c'est vraiment d'avoir un consensus. Il n'y a pas de celui le plus gros.
- Speaker #1
C'est l'unanimité ou c'est la majorité ?
- Speaker #0
c'est l'unanimité et donc parfois il y a des choses où il va y avoir 4 adhérents d'accord et un pas d'accord bah ça vire même si l'adhérent pas d'accord est minuscule dans le sens où je sais pas moi j'ai créé ma boîte de mobilité on est 5 salariés j'ai jamais eu cette situation avec vraiment un tout petit adhérent mais globalement le but c'est vraiment d'avoir un consensus parce que ce serait dommage c'est le but d'une fédération de représenter la branche après globalement on arrive toujours à trouver des terrains d'entente et les gens sont plutôt de bonnes constitution, c'est-à-dire qu'ils vont dire « Bon, on n'est pas d'accord, mais si on tourne ça comme ça, ça ira déjà mieux. » Mais parfois, c'est vrai qu'il y a des grands débats Et surtout, quand ça part sur des sujets techniques, il faut s'accrocher.
- Speaker #1
Et toi, du coup, est-ce que tu es experte des mobilités ?
- Speaker #0
J'essaye de rester humble. Non, je ne dirais pas que je suis experte de la mobilité. Par contre, oui, j'ai une expertise que j'ai développée au fil de mes expériences. Bien sûr, il y a eu mes premiers stages à la SNCF et à la RATP où j'ai eu la chance d'être entourée de personnes qui étaient particulièrement érudites et qui m'ont vraiment transmis à la fois leur passion, mais aussi leur savoir. Et aujourd'hui, c'est vrai que sur la mobilité routière, notamment individuelle, j'ai quand même quelques billes. Mais je suis surtout là pour mon expertise affaires publiques plus que transport. Évidemment, j'ai engrangé de la connaissance sur les mobilités, mais on n'attend pas de moi que je sois une experte de mobilité, que je sache faire un plan de mobilité ou des choses comme ça. Par contre, oui, il y a besoin. Et même pour moi, c'est beaucoup plus agréable de rentrer dans une réunion en ayant des connaissances et en sachant à peu près de quoi on va parler.
- Speaker #1
J'ai reçu un invité qui m'a dit que c'était très important de se spécialiser pour avoir une vraie valeur ajoutée en affaires publiques. Est-ce que toi, tu te vois continuer dans les mobilités ou est-ce que tu as des ambitions qui sont différentes ? Je ne sais pas, 5-10 ans, peut-être des ambitions politiques ?
- Speaker #0
Alors ça, c'est super intéressant comme fait parce que je pense que les gens sont assez divisés. Mais moi, je suis plutôt d'accord avec l'idée de la spécialisation. C'est bête, mais le fait d'avoir un profil orienté transport... ça m'a permis de trouver un travail hyper rapidement enfin moi j'ai pas eu de latence entre la fin de mes études et mon premier emploi et je pense en partie que c'est dû au fait que j'étais spécialisée directement sur la question des mobilités donc ça je suis tout à fait d'accord j'adore ce domaine vraiment je suis hyper intéressée et je pense que j'ai encore plein de choses à voir donc oui je me vois continuer après est-ce que je continuerai toute ma vie même dans les affaires publiques ça je suis pas sûre ça c'est comme tout j'aimerais bien devenir prof d'histoire je me dis pourquoi pas ça changera J'ai toujours voulu être prof et je me dis que peut-être que c'est une voie que je prendrai à un autre moment dans ma vie. Mais en tout cas, dans les dix ans à venir, je me vois vraiment continuer à travailler sur le sujet des mobilités dans tous les cas. Après, si je ne reste pas chez Mobiliance, je ne sais pas de quoi l'avenir est fait. Ça peut prendre aussi la forme d'être conseiller transport pour un élu ou pour un groupe politique. Ça peut prendre vraiment plein de formes, mais c'est sûr que je veux que ça garde un lien entre transport et affaires. public. Sauf l'avion. Je veux pas défendre l'avion. Tu veux pas défendre l'avion ? Plutôt les mobilités décarbonées.
- Speaker #1
Là, chez Mobillion, il y a l'automobile...
- Speaker #0
C'est les mobilités routières. Donc il y a l'automobile en priorité. Mais il y a aussi le vélo, les trottinettes électriques et la micromobilité, les micro véhicules électriques, les bandes de recharge...
- Speaker #1
C'est quoi des micro véhicules électriques ?
- Speaker #0
C'est autrement dit micro-cars. C'est genre les Citroën Ami, un peu les poliaos. Si mon collègue m'entend dire ça, il va me tuer. Voilà, ça, c'est plutôt des mobilités qui m'intéressent. Comment, aujourd'hui, on peut encourager une mobilité plus verte et encourager les gens à se déplacer de manière la plus décarbonée possible ? C'est vrai que moi, c'est un sujet qui me tient à cœur.
- Speaker #1
En termes de mobilité, justement, pour faire le lien avec la preuve d'histoire que tu pourrais être, est-ce que tu penses qu'on est du bon côté de l'histoire ? Est-ce que tu penses qu'on a une chance d'arriver à décarboner autant qu'on voudrait ?
- Speaker #0
Alors déjà, il faut savoir que la mobilité, c'est quand même le premier poste ou le deuxième... à s'appréhender avec le bâtiment et le logement, des missions de carbone. Donc, il va falloir vraiment s'activer. Moi, j'ai l'impression d'être du bon côté de l'histoire. Après, je ne sais pas si tout le monde l'est. Je pense qu'il faut quand même qu'on se... J'ai failli dire un gros mot, mais qu'on s'active un petit peu sur la mobilité électrique. Parce que, comme je le disais tout à l'heure, aujourd'hui, on entend des aberrations. Ce que je pense, c'est des aberrations. Je voudrais froisser personne. Que soi-disant, l'électrique, ça ne fait pas du tout le travail, etc. C'est faux, c'est totalement faux. Et il faut qu'on encourage les gens à passer à l'électrique tout simplement et qu'on encourage aussi les constructeurs européens à prendre la main là-dessus. Parce qu'aujourd'hui, malheureusement, on a aussi l'impression qu'on se fait manger par... Alors que la France est quand même un pays de l'automobile, Peugeot, Renault, Citroën. On a l'impression que la France se fait un peu manger par la concurrence chinoise. Et puis bon, les Tesla, mais j'allais dire, les Tesla, c'est plus trop à la mode en ce moment. On se demande pourquoi. Je pense qu'il faut qu'on s'active. Mais il y a quand même des efforts qui sont faits. Je pense que... Il y a des bonnes choses qui ont été faites. Par exemple, mettre fin à certaines lignes d'aviation. Moi, je pense qu'il faudra aller plus loin. Je vais peut-être irriter certaines personnes, mais pour moi, les vols intérieurs, aujourd'hui, c'est compliqué. Mais en revanche, je suis d'accord, il faudra baisser. Il faudra trouver un moyen de faire baisser les prix des trains. Parce que les gens aussi, il ne faut pas oublier, les gens, ils n'ont pas forcément d'argent. Donc, ils vont se pencher vers la mobilité la moins chère avant de penser à la moins écolo. C'est un peu un luxe de vouloir prendre la mobilité la plus écolo, parce qu'aujourd'hui, le prix ne suit pas forcément. donc ça c'est aussi des combats que j'aimerais mener plus tard. en continuant à encourager les gens à prendre le train et peut-être à révolutionner l'aviation en tout cas, mais faire en sorte que la consommation d'aviation comme elle existe aujourd'hui baisse.
- Speaker #1
Super intéressant. Si tu le veux bien, Juliette, on va passer à la séquence vrai-faux. Donc je vais te donner trois affirmations et tu diras vrai ou faux et tu peux développer si tu le souhaites. La première phrase, c'est « La micromobilité est une mode passagère, pas une solution durable. »
- Speaker #0
C'est faux. Aujourd'hui encore, je voyais les chiffres de l'usage de la trottinette après le Covid. En fait, c'est autant que le vélo électrique. Ça reste quand même largement supérieur à ce qu'on ne pouvait connaître avant. Je pense qu'aujourd'hui, les gens, ils ont envie de se déplacer. Mais d'ailleurs, ça marche aussi avec le vélo. Ils ont envie de se déplacer autrement et de profiter de l'air frais quand il y en a et de ne pas être bloqué dans leur voiture ou dans le métro. Et j'adore le métro. Mais je pense qu'au contraire, c'est quelque chose qui évoluera de manière assez durable.
- Speaker #1
Tu ne crois pas qu'il y aura un report, justement ? En tout cas, moi, je suis parisien. À Paris, il n'y a plus de trottinette.
- Speaker #0
Tu peux avoir ta propre trottinette.
- Speaker #1
Tu peux avoir ta propre trottinette. En tout cas, il y a une offre de vélo électrique qui est assez conséquente. J'ai l'impression qu'on ne manque pas, en tout cas, de manière de se déplacer en électrique, même s'il n'y a plus de trottinette.
- Speaker #0
Ah, ça, c'est sûr. Mais ce qui compte, après tout, c'est que les gens se déplacent aussi en vélo électrique. Mais la trottinette, en fait, c'est quand même un aspect très pratique. C'est déjà beaucoup plus simple si on a besoin de faire de l'intermodalité, de mettre sa trottinette dans le RER. Ça, ça a un aspect quand même hyper cool. Et puis, contrairement au vélo, bon, après, les vélos électriques, ce n'est pas forcément le cas, mais tu ne transpires pas. Enfin, il y a quand même pas mal d'avantages. Et puis, il y a aussi des vrais passionnés de trottinettes qui trouveront beaucoup plus d'arguments que moi pour les défendre. Mais non, je pense que la trottinette, c'est durable et ça pourrait même faire une petite concurrence au vélo.
- Speaker #1
La deuxième phrase, c'est « Les jeunes sont désintéressés de la politique et ne veulent pas s'engager. »
- Speaker #0
Ça, c'est mon grand combat. Bien sûr que non. Enfin, c'est évident. En fait, il y a deux choses. Les jeunes ne sont pas du tout désintéressés de la politique. Par contre, la politique ne leur parle plus parce qu'elle est partie du principe qu'ils étaient désintéressés. mais je pense qu'on a une génération de gens hyper engagés que ce soit sur des combats sociétaux la question de l'environnement, la question des droits humains la question des droits LGBT, la question des droits des femmes tout simplement donc déjà tout ça c'est politique, c'est quand même des sujets qui restent profondément politiques et en fait, il faut arrêter de voir l'engagement par le prisme du politique l'engagement c'est aussi donner du temps à une association, l'engagement c'est pas forcément prendre sa carte au PS, chez LR ou quoi que ce soit, c'est dire moi en tant que français, en tant que jeune, je vais m'engager pour une association et ce qu'on essayait notamment de faire avec Démocracia c'était vraiment de promouvoir aussi cet engagement que les jeunes pouvaient avoir le temps qu'ils étaient capables de donner à des bonnes actions ... ou à des actions tout court d'ailleurs, sans qu'elles soient forcément tournées vers l'autre, mais qui prennent le temps de construire des choses pour les jeunes, pour d'autres jeunes, pour autrui, ça c'est vraiment pour moi une preuve de l'engagement et du fait que non, les jeunes sont pas du tout à côté de la plaque en matière de politique.
- Speaker #1
Comment est-ce qu'on fait pour qu'ils aillent voter ? Parce que j'ai l'impression que les politiques se désintéressent des jeunes parce qu'ils sont pas « bankable » parce qu'ils vont pas voter. C'est quoi les leviers qu'on a ?
- Speaker #0
Alors, il n'y en a pas énormément, mais pareil, ce qu'on défendait avec Démocracia, c'était déjà une éducation morale et civique plus renforcée, c'est-à-dire faire connaître aux jeunes un peu mieux le politique en faisant, par exemple, dans les classes, une fois par an, il y a le maire qui vient ou le député de la circo. Ça, c'était un premier axe, de aussi encourager les jeunes à s'engager dans des assos ou à porter des projets citoyens. C'est un moyen de voir aussi comment la politique peut avoir un impact sur ce que l'on fait. Et donc, si on comprend l'impact que peut avoir la politique, on aura tendance à aller voter plus facilement, à mes yeux. Si on est un petit peu malin, si on réfléchit un peu, c'est comme ça que ça se passe. Et déjà, je pense que rien qu'en faisant ça, on aura un peu avancé. Et puis après, oui, que les politiques se bougent et essayent de leur parler. Est-ce que d'après toi,
- Speaker #1
il faudrait rendre le vote obligatoire ?
- Speaker #0
Ah, grand sujet, ça. Je ne pense pas parce que le fait de... Femme. Il y a aussi des gens qui ne vont pas voter, qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales. C'est aussi un fait politique. C'est aussi une forme de participation politique. Après, c'est vrai que parfois, c'est un peu douteux. Ça rend un peu triste de savoir que les élus sont élus au final que par la moitié de la population. Moi, je trouve ça un peu dommage. Mais je préférerais qu'on arrive par des voies naturelles à remobiliser les gens et à les faire revenir aux urnes.
- Speaker #1
Et la dernière phrase, les entreprises de micro-mobilité ne peuvent pas influencer les politiques publiques.
- Speaker #0
Toutes les entreprises peuvent influencer les politiques publiques.
- Speaker #1
Est-ce que vous, vous sentez que là, en tout cas en tant que fédération, vous avez vraiment un poids, vous êtes écouté ?
- Speaker #0
Au sein de Mobiliance, c'est clair. Mobiliance, déjà c'est historique, ils ont mené des super grands combats et aussi de beaux combats pour leurs entreprises. Donc si moi je pars du principe que toutes les entreprises peuvent porter leur voix et peuvent être écoutées, Alors bien sûr, c'est plus simple quand on a un gros chiffre d'affaires et plein d'employés que quand on est une petite entreprise. Mais justement, quand on est une petite entreprise, on peut aussi se reposer sur des FEDE comme Mobiliance et comme l'Alliance des mobilités pour ensuite essayer d'aller un peu plus loin.
- Speaker #1
On va passer à ton parcours, à tes convictions, à ce que tu veux transmettre. Est-ce que tu as des conseils à donner à quelqu'un qui souhaite s'engager dans les affaires publiques ? Si tu pouvais te rencontrer, toi, à ta sortie d'études, qu'est-ce que tu te dirais ?
- Speaker #0
Déjà, comme on l'a dit tout à l'heure, se spécialiser, je pense que c'est... À mes yeux, c'est vraiment une bonne chose. Après, il faut trouver son domaine de prédilection, ce qui n'est pas du tout évident. Il faut trouver ce qui nous passionne. Moi, avant de choisir la mobilité, je suis passée partout. Au début, je voulais travailler dans la santé, je voulais travailler dans la technologie, dans la technologie dans la santé, dans les médias. J'ai eu plein d'idées différentes et au final, j'ai eu un peu un mentor aussi qui m'a permis de m'orienter sur les mobilités. Après, s'il y a vraiment un autre domaine qui vous fait envie, il ne faut pas hésiter. Moi, par exemple, j'aimais aussi bien la question des ONG et de l'éducation et j'ai fait un stage dans une ONG barcelonaise sur le sujet. Je me suis rendu compte que ça me plaisait moins que les transports et c'est comme ça que j'ai décidé de plutôt être sur le côté des transports. Ça, c'est mon premier point. Le deuxième point, c'est de rester curieux de tout, notamment dans les affaires politiques. Mais en fait, quand on se tient au courant, quand on se tient informé, parfois on peut entendre une bribe d'infos qui va en fait être importante pour notre travail. On va lire un article en voulant juste comme ça savoir et en fait, on va tomber sur une info. Exemple tout bête, mais ce matin, en écoutant France Culture. j'ai eu une idée pour le travail alors que c'était sur un sujet qui n'avait rien à voir avec les micro-mobilités mais ça parlait des influenceurs qui font des publicités mensongères il s'avère qu'il y a des gens qui font ça pour les trottinettes et en fait je me suis rendu compte qu'il y avait plein de choses à faire c'est vraiment rester curieux et alerte de manière générale sur ce qui se passe dans le monde politique et dans le monde donc t'es toujours alerte le matin c'est la radio ouais j'écoute la radio Toujours alerte, ce week-end par exemple, non je ne sais pas, il aurait pu exploser une bombe nucléaire, je ne l'aurais pas su.
- Speaker #1
C'est ça que je veux dire, si tu arrives à déconnecter, si tu arrives à vraiment...
- Speaker #0
Ce n'est pas toujours évident, mais j'essaye de temps en temps parce que sinon déjà on est à cran. J'adore mes adhérents mais je n'ai pas envie de rêver d'eux toutes les nuits. Donc le week-end, de manière générale oui, je me tiens informée de ce qui se passe dans le monde, mais ça c'est aussi parce que ça m'intéresse et parce que c'est un peu une habitude qu'on prend aussi à Sciences Po. La semaine, c'est vrai que j'ai mes petites choses que j'ai mises en place pour toujours avoir un peu une connexion avec ce qui se passe. La radio le matin. Pour le coup, moi j'écoute la matinale de France Culture, mais ça dépend des goûts de chacun. J'aime bien aussi avoir des petites newsletters dans ma boîte mail, parce que ça, j'arrive au travail le matin, je les lis. Et ça me permet d'avoir une vision. Et puis après, il y a les fameux tips des affaires publiques, contexte, politico. Ça, c'est un peu la classique. Donc voilà, je fais un peu ma petite veille tous les matins. Et j'ai aussi des Google Alerts sur, plus précisément, les noms de mes adhérents pour voir un peu ce qui se passe. Et LinkedIn et Twitter aussi, j'aime bien. Parce que je suis GNZ, donc...
- Speaker #1
On va arriver bientôt à la conclusion de cet épisode. Moi, j'ai une question. J'ai reçu ici un peu plus de 15 invités déjà. Et t'es seulement la troisième femme que je reçois.
- Speaker #0
Quelle honte.
- Speaker #1
C'est honteux. C'est pas un choix que j'ai fait.
- Speaker #0
Je me doute en fait, c'est bien le problème.
- Speaker #1
Est-ce que les affaires publiques ont un souci de parité ou est-ce que c'est juste les gens qui veulent venir s'exprimer qui sont principalement des mecs ?
- Speaker #0
Ah tu soulèves un point hyper intéressant avec le deuxième fait. Je pense que ça reste un milieu, c'est comme le monde politique. avec une légère majorité plus masculine mais franchement j'ai pas l'impression de collaborer avec plus d'hommes que de femmes, par exemple ma directrice Julie Sadaka-Entringer c'est une femme qui a toujours fait des affaires publiques la directrice des affaires publiques de chez Mobiliance Dorothée Dero-Julien, pareil c'est une femme qui a toujours fait des affaires publiques donc je pense que non ça s'équilibre assez par contre sur la légitimité, le fait de ne pas être mal à l'aise à l'idée de parler de se dire ce que je vais dire c'est important, c'est intéressant etc Je pense que c'est plus facile pour un homme que pour une femme, mais ça c'est lié à évidemment plein de sujets. Je pense qu'il ne faut pas trop me lancer sur le sujet du patriarcat et de manière générale des inégalités de genre. Je pense que oui, aujourd'hui, les hommes se sentent plus en confiance et vont moins se poser de questions, ils vont se sentir directement plus légitimes à l'idée de venir parler comme ça dans un podcast que des femmes. Et c'est malheureux parce que ça fait aussi moins de représentation féminine et je trouve ça dommage. il faut encourager les femmes à prendre la parole les filles prenez la parole c'est hyper important
- Speaker #1
Juliette on arrive au bout de cet épisode est-ce qu'il y a quelque chose que tu voulais dire ici que t'as pas encore eu le temps de développer ?
- Speaker #0
Engagez-vous ! Déjà essayez de prendre le train un maximum si vos moyens vous le permettent et de vous déplacer en ville avec les moyens de mobilité qui sont à votre disposition mais il faut se rappeler qu'à chaque trajet c'est à mobilité si vous faites moins d'un kilomètre vous avez pas besoin de prendre votre voiture Si vous faites moins de 5 km, si vous avez un vélo, ça fera largement l'affaire, voire 10 km. Voilà, je pense qu'on a tous une carte à jouer dans la décarbonation, en changeant déjà un petit peu nos habitudes de mobilité. Donc ça, c'est vraiment ce que j'encourage. Dans la mesure du possible, bien sûr. Pareil, les personnes à mobilité réduite, par exemple, elles ont plein d'autres problématiques qui sont attenantes à leur mobilité. Il faut aussi continuer à essayer de développer des solutions pour qu'elles aient elles aussi accès à une mobilité décarbonée. Il y a plein de gens qui font des choses super chouettes sur ça. Par exemple, il y a l'entreprise New Wave qui fait des véhicules électriques adaptés. Il y a Very Important Parking qui va montrer un peu où sont tous les endroits accessibles en ville. Il y a Up & Charge qui font des bornes plus accessibles, qui se lèvent au lieu de les brancher. Donc, ça peut permettre à tout le monde de recharger. Donc, voilà, ça, c'est super chouette. Mais voilà, la mobilité, essayons chacun d'avoir un petit impact sur notre mobilité. Et mon deuxième message qui n'a rien à voir, c'est engagez-vous. peu importe la forme que ça prend, dans une asso, en faisant des courses contre le cancer, en essayant en tout cas de chaque jour faire évoluer notre société et d'avoir un impact positif sur les gens qui nous entourent, c'est vraiment super important. Et engagez-vous aussi dans des partis politiques parce qu'il y a des générations à changer. Le grand mot, c'est engagez-vous.
- Speaker #1
Merci Juliette. Est-ce que tu as une recommandation culturelle à nous partager pour conclure ?
- Speaker #0
J'ai réfléchi à ça tout à l'heure. Comme je disais, j'aime bien écouter France Culture. Et les podcasts Les Pieds sur Terre sont particulièrement délicieux.
- Speaker #1
Ça parle de quoi ?
- Speaker #0
De tout et de n'importe quoi. C'est pour ça que c'est génial. C'est des gens, c'est des moments de vie, c'est des petites histoires. Ça peut passer du tragique au comique, au romantique. Mais c'est que des gens qui racontent des histoires qui leur sont vraiment arrivées. Et je ne sais pas, je trouve que c'est comme lire un roman. Ça vous permet de vous évader un petit peu le temps de 30 minutes. Et après, je vous conseille aussi de lire. Beaucoup. Donc, dernière petite recommandation, que quand on travaille en lien étroit avec la politique, c'est important aussi de se renseigner sur tout ce qui s'est fait, tout ce qui s'est dit, de lire à droite à gauche. Bon, bien sûr, c'est souvent plus en affinité avec ses propres idées politiques, mais je conseille un tout petit essai qui est très intéressant et qui remet pas mal de choses en perspective sur le monde politique dans lequel on vit aujourd'hui, de Simone Veil avec un W, donc l'écrivaine qu'on appelle parfois catholico-anarchiste, je crois. mais qui était donc une écrivaine assez engagée sur la question ouvrière, de sensibilité plutôt de gauche-gauche-gauche, qui a écrit un tout petit essai, je disais, qui est une note sur la suppression générale des partis politiques et qui littéralement détruit les partis politiques. Elle dit que le parti politique, c'est comme les diables. Elle dit que si le diable avait voulu imaginer le système des partis politiques, il n'aurait pas fait mieux. Je trouve que c'est intéressant d'avoir cette vision aussi sur les partis politiques parce qu'aujourd'hui, on ne les remet plus en question. On a compris que c'était l'organisation de la vie poétique et on ne cherche pas forcément à voir les choses autrement. Et du coup, je trouve ça pas mal intéressant qu'on partage les idées ou pas, de lire et de... En tout cas, de se nourrir un peu de ce genre d'essai.
- Speaker #1
Merci Juliette pour ce moment.
- Speaker #0
Merci beaucoup à toi pour l'invitation.
- Speaker #1
A bientôt, salut.
- Speaker #0
Salut.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté Hémicycle, le podcast qui décrypte la fabrique de la loi. Je m'appelle Pierre, je suis le cofondateur de l'Egywatch, la plateforme qui vous aide dans votre veille institutionnelle. A bientôt !