- Speaker #0
Je suis convaincu que de la contrainte naît la créativité. La guerre de la notoriété, de la réputation sur des enjeux, c'est un combat de long terme. On est là pour être pédagogue, expliquer les enjeux, expliquer les conséquences d'une décision et faire le plus possible un travail main dans la main avec l'ensemble des co-régulateurs et des co-législateurs.
- Speaker #1
Ils sont ceux qui font la loi. Je m'appelle Pierre, fondateur de la plateforme de veille institutionnelle Légit Watch, et je rencontre celles et ceux qui font les coulisses de notre vie politique. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Pierre-Henri de Longcan, directeur Pôle Influence à la FIPEC. Pierre-Henri, tu travailles la communication institutionnelle comme un jeu à plusieurs claviers. Affaires publiques, relations presse, réseaux sociaux, influence au sens large, pas pour faire joli, mais parce qu'un dossier ne bouge jamais uniquement avec un amendement. Il faut gérer le tempo, le récit, et parfois être inventif quand on est peu nombreux et que le calendrier nous presse. Dans cet épisode, on va parler d'agilité, anti-silo, et on raconte un cas très concret, le jour où une mesure fiscale surgit dans un PLF et où tu tentes de marquer les esprits à l'Assemblée avec une action un peu culottée. Bonjour Pierre-Henri.
- Speaker #0
Salut Pierre, merci de me recevoir.
- Speaker #1
Avec plaisir, est-ce que tu veux ajouter quelque chose à cette courte description ?
- Speaker #0
Oui, peut-être. Mon titre est peut-être un peu prétentieux, c'est pas forcément... Je l'ai pris comme ça quand j'ai pris le poste.
- Speaker #1
Pourquoi c'est prétentieux ? Comment est-ce que tu décrirais justement ton travail au quotidien ?
- Speaker #0
Je peux dire que c'est prétentieux dans le sens où je ne veux pas arriver avec la prétention de pouvoir tirer les ficelles de quoi que ce soit. Je trouve que c'est une mauvaise image du métier. On est là pour être pédagogue, expliquer les enjeux, expliquer les conséquences d'une décision et faire le plus possible un travail main dans la main avec l'ensemble des co-régulateurs et des co-législateurs. C'est comme ça que je vois le métier.
- Speaker #1
Dans ton approche métier, tu m'as beaucoup parlé de Vision 360. Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Speaker #0
C'est important pour moi, c'est vraiment important d'avoir un ensemble de typologies d'action qu'on peut actionner en fonction des besoins. Il n'y a pas un besoin type avec la recette miracle à chaque fois et on aurait simplement à ouvrir le tiroir, ça je n'y crois absolument pas. En revanche, je pense que c'est hyper important d'avoir différentes actions pour pouvoir convaincre au bon moment avec une... granularité et en même temps une type de freeze dans le temps avec différents besoins selon l'avancement de la relation avec la partie prenante.
- Speaker #1
Tu parles de convaincre, donc pour parler de ton approche, comment est-ce que tu choisis ta tactique ? Je parlais dans l'intro du sujet de récit, de pouvoir dire on va amener un récit, une certaine perception. Comment est-ce que tu fais ce choix ?
- Speaker #0
Justement, j'essaie de ne pas avoir d'approche tactique pour les affaires publiques. Les affaires publiques, ce n'est pas La tactique du moment, la tactique de l'instant, mais bien plus une stratégie de long terme. En fait, les affaires publiques ont pour moi une sorte de point commun avec la communication de crise, que j'apprécie et que j'ai fait aussi auparavant. C'est cette notion de temps calme et de temps chaud, de temps d'urgence, de temps froid, où on a le temps de construire la relation, on a le temps d'établir l'advocatie, la pédagogie. De se présenter, rien que se présenter, on revient aux bases de la politesse mais c'est essentiel. Se présenter pour dire qui on est, qui on représente et quels sont les enjeux derrière. Et puis en temps de crise, et j'entends par crise c'est aussi bien une chose, un projet de loi, ou un amendement qui va être vraiment à fort enjeu, à fort impact, ou une crise en tant que telle, typique pour une industrie, quelle qu'elle soit. Et c'est plus facile, une fois qu'on a construit les bases de la relation, construit les bases de la notoriété, et essayé de défendre un peu d'ores et déjà sa réputation, surtout quand on est représentant d'enjeux sensibles, à ce moment-là, c'est bien plus facile d'aller frapper à la porte en disant « on s'est déjà vu, cette position-là, cet enjeu-là, attention, ça risque d'avoir telles conséquences » . Plutôt que d'arriver à la place comme un cow-boy en disant voilà mon amendement, merci de le prendre en considération, si vous ne le prenez pas en considération ça va tuer X milliers d'emplois par exemple. Un peu plus cavalier, je crois vraiment à cette notion de temps froid, temps calme, temps chaud.
- Speaker #1
Et comment on prépare justement dans un temps froid ?
- Speaker #0
C'est justement là où ça intervient, cette complémentarité des enjeux de la communication institutionnelle, à pouvoir bénéficier... de multiples outils, aussi bien des relations presse, des relations médias, des relations publiques, de l'événement, une tribune, des réseaux sociaux, même de la communication plus éventuellement marketing sur la marque, sur les valeurs qu'on essaie d'amener pour un moment, construire cette notoriété et défendre sa réputation.
- Speaker #1
Alors on va en venir à ton parcours, Pierre-Henri. Tu viens d'un parcours qui n'est pas formaté affaires publiques. Comment est-ce que tu expliques ton cheminement ? Comment t'es tombé dans ce milieu-là ?
- Speaker #0
Effectivement, une école de commerce, ce n'est pas forcément la voie royale pour des affaires publiques. Quoique, après, par l'expérience et dans mon parcours, j'ai trouvé des personnes qui avaient fait la même école que moi et plusieurs.
- Speaker #1
C'était quelle école ?
- Speaker #0
L'ISC, Porte d'Agnan à Paris. En fait, j'ai commencé à travailler dans le marketing, mais au sein d'un établissement public qui dépendait du ministère de l'agriculture, avec une mission à ce moment-là. pour une feuille de route nouvelle pour cet établissement public qui était très ancien dans le domaine de la filière Ekin. C'était d'aller le plus possible vers la rentabilité. C'était vraiment tout en bas de l'échelle en termes de marketing, marketing un peu stratégique, pas marketing produit. Mais ce qui m'intéressait, c'est de baigner un peu dans ce monde assez institutionnel. Ça m'a plu. Et en même temps, ce qui m'intéressait, c'était d'aller sur la relation entre les publics, les parties prenantes, qu'on a commencé il y a 20 ans à appeler parties prenantes, et une marque, une entreprise. Pourquoi et comment va se construire la réputation, la notoriété ? Quels sont les facteurs ? Et je me suis dit que pour apprendre ce métier-là et pour collaborer ou contribuer à ce métier-là, une bonne chose, une bonne école, c'était d'aller faire des relations publiques et surtout des relations médias où on allait bouffer du téléphone. On va aller relancer des journalistes pour vendre du communiqué de presse et faire en sorte qu'il soit repris dans les médias, en presse papier, en télé et en radio. À l'époque, on commençait à parler de blog, il n'y avait pas encore de réseaux sociaux. C'était ça qui m'intéressait. Et sur des questions institutionnelles, pas des questions produits. Vraiment la question relation à l'image de marque, à la marque. Et de fil en aiguille, j'ai évolué sur... De manière assez logique, quelque part sur la communication corporate institutionnelle et les relations institutionnelles.
- Speaker #1
Est-ce que tu as des leçons, donc tu as commencé par les relations presse, quand tu traites un sujet d'affaires publiques, est-ce que le premier volet que tu regardes, c'est la communication, relations presse, parce que ça fait quoi ton parcours ou est-ce que tu traites ça différemment ?
- Speaker #0
Pas forcément, c'est selon l'urgence, selon le type de tâche et le type d'action à mener, je vais actionner tel ou tel levier.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses que ton parcours, ça t'a donné un avantage, en tout cas une palette plus large ?
- Speaker #0
Un avantage, ce serait bien prétentieux, mais une différence, oui, une vision un peu le pas de côté, qui est nécessaire de temps en temps pour faire avancer un enjeu, de temps en temps de pouvoir proposer aujourd'hui à mes adhérents, puisque je travaille pour un syndicat professionnel, avant en agence pour un client ou en entreprise pour des supérieurs. de proposer une tribune ou un communiqué de presse, une interview pour faire avancer ou débunker un sujet qui est un peu complexe et l'expliquer parce que si on ne l'explique pas et si on n'a pas ce réflexe de dire le législateur, le régulateur, il va aussi consommer du média, il va aussi être sensible à ce qui est expliqué et de temps en temps quand la porte est pour telle ou telle raison, pour des délais trop courts ou parce que c'est plus compliqué. la porte se ferme ou est moins ouverte pour aller voir directement le régulateur ou le législateur. C'est tout aussi important de faire un jeu de billard à trois bandes et d'annoncer le sujet par d'autres voies.
- Speaker #1
Alors en parlant de sujet, on va rentrer dans le détail d'un de tes projets que j'ai nommé le coup des pochons de blé. Est-ce que tu peux nous donner un peu de contexte ? C'est à quel moment de ta vie ? Quel est le dossier qui est suivi ?
- Speaker #0
Avec plaisir. On revient dix ans en arrière, dix ans en arrière où je travaillais pour le syndicat des producteurs d'engrais. C'est l'aliment du végétal, contrairement aux médicaments du végétal qui sont les pesticides, les vitosanitaires. Les engrais sont indispensables aux cultures. Si on n'en met pas, on n'aura pas suffisamment de rendement et de récolte pour assurer nos besoins en consommation de céréales, notamment, pas que, mais notamment les céréales. Donc c'est vraiment indispensable. Il y a plusieurs formes d'engrais, et il y a une forme qui est un peu décriée parce que c'est un engrais de synthèse, donc c'est un peu de la pétrochimie. Certaines entreprises appartenaient à des groupes pétrochimiques, c'est le cas de AZF avec Total. Ces engrais sont un peu décriés, et on arrivait à un moment où dans le PLF, parce qu'ils étaient décriés, un ministre de l'agriculture a eu la bonne idée de vouloir passer du taux. de TVA minimale au taux normal de 20%.
- Speaker #1
Minimale, c'est 5%, c'est ça ? De 5 à 20, d'accord.
- Speaker #0
De 5 à 20, avec en justification la pollution qui émettait la production de ces engrais, et puis surtout le fait que, parce que c'était des engrais azotés, on trouvait des résidus dans les sols et dans les nappes phréatiques. C'était parce que les agriculteurs en utilisaient beaucoup trop. Ce qui était faux, parce que c'est une forme d'engrais relativement onéreuse pour l'agriculteur, et c'est... Embêtant parce qu'on va aller arriver à oublier le caractère entrepreneurial de l'agriculteur qui fait attention avant tout à ses charges, aux charges que représentent ses intrants. Et ça ne va pas dans le bon sens. Donc ça, ça m'embêtait. Ce qui m'embêtait doublement, ça me rendait assez dingue parce qu'on avait mis en place une pédagogie assez forte sur l'intérêt de ces engrais, la complémentarité avec d'autres familles d'engrais, des engrais azotés de synthèse. C'était à combattre. Alors, comment on a fait ? On a rempli... Je me suis dit que l'agenda était très court.
- Speaker #1
C'était quoi le délai ?
- Speaker #0
Moins d'une semaine. Ah oui. On avait moins d'une semaine. On n'avait pas forcément de grands amis au sein du Parlement. C'était sous la présidence de François Hollande. Donc, une chambre plutôt de majorité couleur gouvernementale. Et à l'époque, à chaque fois qu'on avait des pics de pollution et des réductions des limites de... vitesse en Ile-de-France, on avait au moins un ou deux articles dans la presse qui disaient que c'était à cause des agriculteurs qui mettaient trop d'engrais en Ile-de-France. Donc on avait ces idées reçues qui étaient extrêmement fortes et prégnantes. Je me suis dit que la montagne était trop dure à monter en si peu de temps pour pouvoir faire avancer des amendements. Donc là, je me suis dit que ce n'était pas perdu pour autant et on va essayer de convaincre quand même, mais par une autre manière. et j'ai acheté des petits sacs de jus de quelques centimètres de largeur. Je les ai remplis avec du grain. J'ai fait une sorte de colis que j'ai envoyé, que j'ai été porter moi-même au Palais Bourbon, en visant, alors pas tous les députés, mais les députés qui étaient membres des commissions intéressantes, et notamment la commission finance, bien sûr, mais aussi la commission développement durable, pour les sensibiliser sur cette question. et je l'ai accompagné d'un sorte de... d'argumentaires, 5 idées reçues sur les engrais, de manière générale, et sur les engrais qui étaient visés, et en leur disant que si on n'avait pas mis d'engrais, et a fortiori d'engrais d'azote de synthèse sur ces cultures, les sacs auraient été à moitié remplis, ce qui était rationnel et c'était prouvable. C'était pas des faits sortis de la cuisse de Jupiter, c'était vraiment prouvable.
- Speaker #1
Est-ce que c'est une idée qui t'est venue comme ça, ou c'est un mode de communication ? dont tu avais déjà entendu parler, comment ça t'est venu ? Est-ce que c'est l'urgence, le fait que c'est impossible ? Est-ce que, par exemple, c'est une technique que tu as réutilisée depuis aussi ?
- Speaker #0
C'est une technique que j'ai moins utilisée depuis. Je suis convaincu que de la contrainte naît la créativité. De la contrainte en termes de temps, en termes de moyens. Et quand on est à l'aise dans un environnement professionnel, on peut se sentir créatif. Et la créativité, elle ne doit pas être limitée à des métiers a priori. dans lequel on l'attend, du marketing, ou de la communication produit, ou de la création en tant que telle, mais on doit l'avoir un peu partout, elle doit s'infuser ou déborder, comme une rivière, comme une rivière un peu encrue, parce que c'est intéressant d'avoir, de sortir un peu des sentiers battus. Ça permet vraiment de se désenliser de situations...
- Speaker #1
Et alors, est-ce que ça a fonctionné ?
- Speaker #0
Alors, l'amendement est quand même passé, donc le taux de TVA est allé au taux fort, sur ce type d'engrais, ce qui a généré des lourdeurs et des besoins de trésorerie bien plus importants pour les agriculteurs. Donc c'était peine perdue à ce moment-là, à cet instant-là. La bataille perdue, ça ne veut pas dire la guerre perdue. La guerre de la notoriété, de la réputation sur des enjeux, c'est encore une fois, et je reviens à ce que j'ai dit au début, un combat de long terme. Ce n'est pas parce qu'on a perdu une fois que derrière on... On a complètement réalisé un coup d'épée dans l'eau.
- Speaker #1
Alors on va passer au volet européen, tu travailles beaucoup au niveau européen. Est-ce que tu peux nous parler d'un dossier que tu suis, est-ce que tu peux illustrer ton travail au niveau du Parlement ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. L'Europe sur la famille de produits, d'industries, sur l'ensemble des filières que je représente, pour lequel la FIPEC, le syndicat pour lequel je travaille...
- Speaker #1
Alors c'est un syndicat qui travaille à quel sujet, pour nos auditeurs et auditrices ?
- Speaker #0
La CPEC représente 5 syndicats, les premiers c'est celui des peintures, vernis, lasures et enduits, les colles et adhésifs, les encres pour les emballages et l'imprimerie, les couleurs pour artistes, huile, peinture à l'huile, peinture aquarelle, peinture de gouache pour les arts et l'éducation, et puis les résines, les résines de synthèse qu'on entend, qui font cris sédéptes, par exemple dans les parkings souterrains. qui sont aussi bien utilisés dans les cuisines industrielles, les hôpitaux, les sols pour les hôpitaux. On a ces cinq familles de produits. Il y a une logique, c'est la chimie de formulation. On présente des industriels avec des plutôt petites usines qui ne sont pas carbo-intensives, qui ne chauffent pas. On ne chauffe pas forcément les produits. En revanche, elles assemblent un peu comme une grande cuisine, un grand saladier. Il y a différentes substances qui sont produites à la fois en Europe et ailleurs pour réaliser leur formulation, leur recette. qui vont donner des produits qui sont aussi bien en DIU, c'est en grand public, dans les magasins de bricolage par exemple, mais surtout une grosse partie en industriel, c'est aussi bien la colle qui va servir dans les ordinateurs, dans les smartphones, que les peintures sur les carrosseries de voitures, les ailes d'un avion ou la toile.
- Speaker #1
Et du coup, est-ce qu'il y a un dossier qui vous touche au Parlement européen ?
- Speaker #0
Il y a un dossier, une actualité brûlante, puisque je reviens justement de Strasbourg pour la plénière On a été sensibilisés des députés français et d'autres avec mes collègues européens. Bien au-delà des députés français sur un enjeu qui est en travail en ce moment, c'est l'omnibus 6. On parle beaucoup d'omnibus en ce moment au Parlement européen. L'omnibus 6 est sur à la fois les engrais, les cosmétiques et les produits chimiques. Et pour les produits chimiques, sur le règlement, la révision du règlement CLP.
- Speaker #1
Alors qu'est-ce que ça veut dire tout ça ?
- Speaker #0
CLP, c'est un beau nom pour dire... classification, labeling et packaging. Donc c'est tout ce qui touche à la classification des produits, le packaging et l'information qu'on va disposer, que l'industriel devra disposer sur l'emballage des produits. Donc c'est assez chou parce que ça va jusqu'à définir la taille de la police pour les informations réglementairement obligatoires imposées sur certains produits qui sont considérés comme dangereux.
- Speaker #1
Et alors qu'est-ce que ça change pour vous ?
- Speaker #0
Ça change, on peut l'imaginer assez aisément. Sur un gros pot, ce n'est pas forcément une question parce qu'il y a de la place pour afficher. En revanche, sur un petit pot, on va trouver là encore en grand public, en DIU, un petit pot qui fait quelques centimètres de hauteur, avoir une taille de police imposée qui est relativement importante, ça va contraindre l'industriel sur les messages qu'il veut faire passer, sur la taille de son logo par exemple, ou sur plein d'autres choses qu'il veut faire aussi passer. et qui sont importants pour lui. Et puis, il y a un autre enjeu, c'est quand on change en permanence ou régulièrement de réglementation, ça veut dire qu'on a des stocks qui sont non conformes. On doit les baigner, on doit les changer, et ça a des coûts. En plus, du coup, du changement de création des étiquettes.
- Speaker #1
Et donc là, dans ce cas-là, comment tu t'y prends ? Tu as dit que tu as sensibilisé les parlementaires, donc tu les contactes, tu les rencontres. Est-ce qu'il y a d'autres choses ?
- Speaker #0
On les rencontre, on les sensibilise sur vraiment la question. Après, on fait passer les amendements de manière assez classique. On est vraiment dans des affaires publiques très classiques.
- Speaker #1
On va passer à la séquence vrai-faux, si ça te convient. Je vais te donner deux phrases. Tu peux répondre par vrai ou faux et tu peux évidemment développer si tu le souhaites. La première phrase, c'est les affaires publiques, c'est surtout des amendements et des rendez-vous.
- Speaker #0
C'est faux. Ceux qui ont tenu jusque-là dans l'écoute du podcast... ne comprendraient pas si je validais ce propos. Pour moi, c'est vraiment faux.
- Speaker #1
Et la seconde phrase, quand tu as peu de moyens, être créatif vaut plus que d'être parfait.
- Speaker #0
Oui, je pense que dans les affaires publiques, on a encore, même si de plus en plus, la logique est un peu marketing, d'avoir des KPI en train de, entre guillemets, contaminer les affaires publiques. On attend de plus en plus du résultat concret, surtout face à des industriels en syndicat ou en organisation professionnelle qui sont en train en saclée par la réglementation et ses conséquences. Ils attendent, eux, des vrais résultats. Il ne faut pas oublier que les affaires publiques, c'est plus une obligation, pour moi, de moyens. Ça reste une obligation de moyens et ce serait très dangereux de s'engager, a priori, sur des résultats qu'on puisse obtenir. Et dans ce cas, la perfection, elle est toujours dépassable. Il y a évidemment des objectifs qu'on puisse essayer d'atteindre, qu'on puisse atteindre, mais on peut toujours faire mieux et la perfection dans ce sens-là, ailleurs. Jamais atteignable.
- Speaker #1
Alors je rebondis sur ce que tu viens de dire, on peut toujours faire mieux. Toi qui travailles au niveau du Parlement français et européen, tu as une vision assez globale de nos instances. Si tu pouvais changer une chose dans la fabrique de la loi, qu'est-ce que ça serait ?
- Speaker #0
Avoir une fabrique de la loi qui soit le résultat, alors c'est peut-être un peu un vœu pieux, qui soit le plus possible, vraiment le plus possible, d'un échange entre les différentes parties prenantes. et je trouve ça toujours assez étrange de... penser qu'on va avoir d'un côté des législateurs ou des régulateurs qui vont travailler dans leurs coins sans avoir une bonne idée. assez claires les conséquences que leurs propositions peuvent avoir sur les industries, les filières. C'est assez important le plus possible de travailler main dans la main.
- Speaker #1
On va arriver au bout de cet épisode. Est-ce qu'il y a un sujet que tu voulais aborder ici que tu n'as pas encore eu le temps de développer ?
- Speaker #0
Je me permettrais peut-être de réinsister sur le fait le plus possible, surtout dans des contraintes alors qu'on travaille dans une grande structure avec un grand service d'affaires publiques. pas la même chose, mais dans des petites équipes où on fait les affaires publiques à une ou deux personnes, c'est le plus possible. On sera créatif et ouvert d'esprit et agile pour s'adapter aux enjeux, aux coûts, parce que chaque situation il y a des parallèles, mais chaque situation a sa particularité. Le mieux, ce sera.
- Speaker #1
Est-ce que pour conclure, tu aurais une recommandation culturelle à nous partager ?
- Speaker #0
Même si on ne fait pas des relations presse ou ou des relations publiques, ou de la communication stricto sensu, c'est hyper important à mon avis de continuer le plus possible à lire, à lire les médias bien sûr, parce que je pense que ça continue à influencer les décisionnaires et la décision publique, ça continue à forger la décision publique, à être vraiment le plus ouvert d'esprit sur l'ensemble des médias qu'on peut avoir. Quand on prend un train, c'est ne jamais hésiter à aller faire petit tour dans le relais pour voir les gros titres des quotidiens, ça donne une bonne image de l'évolution de l'opinion, de l'évolution des médias. Et puis la communication, elle se traduit dans beaucoup de choses. La dimension culturelle peut nourrir les affaires publiques et continuer à lire, continuer à lire. Pas forcément des essais, pas forcément des choses techniques sur le métier, mais lire des biographies d'entrepreneurs, lire des romans, lire sur les anneaux en poli, bien sûr, et beaucoup d'autres choses, mais vraiment avoir cet esprit d'ouverture.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Pierre-Henri. Merci d'avoir écouté les BICIC. Je m'appelle Pierre, je suis le cofondateur de l'EG Watch, la plateforme qui révolutionne et facilite votre veille parlementaire.