- Speaker #0
Nous avons la joie aujourd'hui de recevoir Mercedes Erra dans ce podcast sur le leadership, sur la High Performance Leadership. Et j'ai décidé d'inviter, et je suis très heureux qu'elle ait accepté, Mercedes que je connaissais par réputation et que j'ai surtout rencontrée dans le cadre de l'HEC Paris, dont elle a été présidente un certain nombre d'années. Combien d'années tu avais accepté de prendre cet engagement, Mercedes ?
- Speaker #1
Normalement ça dure deux ans, mais moi ça a duré un peu plus longtemps, ça a duré trois ans, parce qu'on était à un moment important où on crée le MBA pour HEC en partant de l'ISA et que c'était un peu intense, tu sais, chaque fois qu'on touche à quelque chose et qu'on essaie de mélanger des HEC à d'autres. C'est toujours un peu vigoureux. Moi, j'ai essayé d'accélérer ça en disant qu'on en avait besoin. Et voilà, je me suis occupée de ça.
- Speaker #0
Pour ma part, de l'intérieur, j'avais vécu cette transformation du CPA en exécutif MBA. J'avais fait le CPA en 1994 avec HEC Paris. Tu as raison, ces changements de nom, c'est au-delà du nom. Et là, tu es la mieux placée au monde. Pour le savoir, il y a beaucoup d'éléments qui sont très joints. Donc, merci beaucoup de jouer ce jeu du podcast. Quelle est, Mercedes, sincèrement, ta définition du leadership ?
- Speaker #1
Pour moi, c'est la capacité d'avoir une vision, enfin, au moins un point de vue, un regard sur quelque chose. Ça peut être une entreprise, ça peut être la France, ça peut être ce que l'on veut, ça peut être une ONG. C'est fondamental, vraiment très fondamental d'avoir un point de vue. Et avec ce point de vue d'essayer d'embarquer d'autres êtres humains auprès de soi, parce qu'on n'est pas grand-chose quand on n'a pas réussi à créer un collectif.
- Speaker #0
C'est ça. Merci beaucoup avec ces deux dimensions, vision et capacité à réaliser avec les autres et pour les autres. Merci. Et par rapport à ça, tu as fait quelque chose d'incroyable. Tu avais créé BETC, j'ai vu en préparant ce podcast, avec deux hommes. Donc, deux hommes et une femme, qu'est-ce qui t'a pris de créer une entreprise en France ?
- Speaker #1
Alors, ce n'était pas génial de créer une entreprise avec deux hommes, parce que de toute façon, on a plein d'hommes. En plus, l'idée n'était pas venue totalement de moi, mais tout d'un coup, ils sont arrivés, ces deux garçons, et ils m'ont parlé d'une aventure française, et je pense que c'était le mot à ne pas me dire. C'est-à-dire, je me suis dit, mais c'est vrai, il faut… Moi, j'étais dans une agence dirigée par des Anglais. J'aime beaucoup les Anglais. Mais je pense que dans la vie, il faut faire bouger son pays. Et donc, quand on m'a parlé de France, qu'on m'a parlé du fait d'avoir une ambition et de créer une agence, si possible, la plus brillante en France, et qu'on dise et qu'on énonce à ce moment-là qu'on allait tout faire pour que cette agence joue un rôle mondial, ce qui n'était pas du tout évident, parce que en fait, y compris les Français, quand ils demandaient une équipe internationale, avaient la manie de demander une équipe anglaise en fait, ou américaine. Mais dès qu'on mettait des Français, ils disaient non, une équipe internationale. Je ne comprends pas, les Anglais, c'est des Anglais, ce ne sont pas des internationaux, les Américains, et regardez l'histoire, le groupe, ce sont avant tout des Américains. Donc pourquoi nous, on n'aurait pas droit à l'international ? Et ça a été une des grandes discussions. Et c'est pour ça que ça m'a paru important de créer cette agence française. Et c'est comme ça que je suis partie dans l'aventure.
- Speaker #0
Donc tu as essayé et tu as réussi.
- Speaker #1
Oui, il y a du talent, bien sûr, mais un peu de chance aussi. Et je pense qu'on avait une ambition claire et qu'on l'a déroulée. Je pense que c'est important de ne pas trop se compliquer la vie, de croire en des choses et de les dérouler et d'être obstiné. et de mettre le temps avec soi parce que si toutes les trois minutes on change d'avis, on s'en sort pas. Et c'est un tout petit peu ça qui a fait grandir cette entreprise. Après, moi j'ai un défaut, c'est que tout est toujours trop petit. Les maisons c'est trop petit, tout est trop petit. Moi j'étais faite pour naître dans un immense château. Et du coup, je trouvais qu'on était trop petit. Donc je disais à mon associé, on est vraiment trop petit. Et il me dit, non je trouve pas, on est pas mal. Non, non, on est trop petit. Et voilà, je crois toujours d'ailleurs qu'on est trop petit.
- Speaker #0
Eh bien, je retiendrai de cet échange aussi cette idée de Mercedes la grande.
- Speaker #1
En tout cas, qui aime que ce soit grand.
- Speaker #0
Bravo, bravo. Et c'est utile à notre pays, à la France, c'est incroyable.
- Speaker #1
La France, elle a une histoire comme ça. Moi, j'ai été… En tant qu'émigré, on n'est plus sensible à ce qu'est la France que quand on est en France, puisque quand on est en France, c'est une évidence. Quand on vient d'ailleurs… C'est une découverte.
- Speaker #0
Et que ta famille venait d'Espagne.
- Speaker #1
Bien sûr. Et quand je suis arrivée en France, ça m'a surpris ce pays qui se prenait pour plus grand. Et en particulier, c'était la grande période de de Gaulle. Et on ne peut pas dire que de Gaulle se prenait pour quelqu'un de petit. Donc voilà, je me souviens encore de son arrivée au Québec et de ce « Vive le Québec libre » . Et je me disais, le type est dingue. Il n'a peur de rien. Et ça, je trouve que c'est une jolie vision. Et d'ailleurs, que je recommande à tous ceux qui sont petits. Sinon, on se fait écraser par les gros. Et non, non, non. Quand on est petit, il ne faut pas se croire petit. Il faut penser qu'on est comme les autres, qu'on a le droit d'être comme les autres et qu'on peut avancer vite.
- Speaker #0
Donc, en tant que chef d'entreprise française qui a réussi à l'international, Quels sont, de ton point de vue, pour les entrepreneurs, les dirigeants d'entreprises français, d'ailleurs les autres aussi, quelles sont tes grandes leçons de leadership que tu essayes de partager avec des gens dans les entreprises ?
- Speaker #1
Franchement, pour moi, ce qui compte le plus, c'est ce qu'on veut faire. C'est quoi ? Quand moi, j'ai commencé, j'avais quand même une vision de la publicité qui m'appartenait. Moi, je pensais que la publicité, c'était sérieux. Je pensais que ça demandait beaucoup de travail. Je pensais qu'il fallait un... talent incroyable. Je pensais qu'il fallait travailler le fond, c'est-à-dire qu'il fallait avoir quelque chose à dire pour parler. Je pensais que la parole, elle devait être performative, qu'elle devait transformer. C'était pas une parole comme ça, c'était fait pour que l'entreprise avance mieux, soit plus forte, etc. Donc j'avais une vision assez claire, finalement, de mon métier, et c'est ça que j'ai essayé de défendre. Et quelques années après, finalement, c'est 30 ans après, puisque mon entreprise a 30 ans, ça n'a pas tellement bougé dans ma tête sur ce plan-là. Il y a beaucoup de choses qui sont arrivées, il y a des outils nouveaux, il y a beaucoup de choses qui ont été transformées. Donc ça, pour moi, c'est extrêmement important, ce qui fait que quand je travaille pour une entreprise, quand je travaille pour une ONG, je travaille sur un projet, pour moi, c'est la même chose. Qu'est-ce qu'on essaie de faire ? Au fond, on a parlé après de la raison d'être, mais notre utilité, à quoi on sert, ce produit en levant, on veut expliquer pourquoi. C'est très important. J'ai une très belle histoire, très très belle histoire que j'ai entendue récemment, qui est, en ce moment, il y a eu beaucoup de soucis. Cette marque allait de moins en moins bien. À force d'aller mal, ils se sont dit, il faudrait peut-être qu'on appelle le vieux monsieur qui nous dirigeait avant. Donc ils sont allés chercher ce vieux monsieur, ce monsieur d'un certain âge, qui semblait avoir compris certaines choses. Et donc l'ancien patron arrive, il réfléchit, et il leur dit, je sais ce qui s'est passé. Vous avez pensé que vous vendiez des chaussures. Eh oui, ils ne vendaient pas des chaussures chez Nike. Je pense que ça, c'est une vision. Ce n'est pas des tableaux Excel, ce n'est pas que de l'organisation, ce n'est pas que de la praticité. C'est quoi que l'on vend ? au fond du fond.
- Speaker #0
J'entends beaucoup de cohérence entre ce que tu as fait de ton entreprise et ce que tu vends comme prestation d'accompagnement dans la communication stratégique de tes clients.
- Speaker #1
Oui, pour moi, de toute façon, j'ai un peu une manie d'exemplarité. Donc, je ne sais pas ne pas appliquer aux autres. ou à moi-même ce que je dis. Soit j'y crois, soit j'y crois pas. Après, dans ce métier qui est un métier de fournisseur, c'est difficile. Et que de temps en temps, je dis à mes clients, vous, vous êtes contents, mais pas moi. Ce qu'on a fait là, je ne suis pas sûre. Et là, ils sont un peu désespérés en se disant, qu'est-ce que c'est ? Je vais te raconter une autre anecdote, comment j'ai choisi mon coiffeur. C'est important de choisir son coiffeur. C'est hyper important. C'est pour ça, d'ailleurs, que quand on regarde... TikTok ou Insta, on voit des quantités de coiffeurs parce qu'en fait, la coiffure, ça te change la perception en toi-même. Donc, c'est important. Un jour, je vais chez un coiffeur en espérant qu'il va me rendre très jolie et je ne sais quoi et que c'est très important. j'arrive, Je tombe sur un coiffeur un peu bizarre qui ne me dit pas un mot. Mais pas un mot. Il me coupe les cheveux pendant une heure et il ne me dit pas un mot. Bon, je me dis, bon, il est un peu sauvage, mon coiffeur. Et au bout de la coiffure, Il me regarde et il me dit « c'est pas très bien » . Alors là, je me dis « ah non, il passe une heure, il coupe les cheveux en quatre, il exagère » . Il me prend la tête et à la fin, il me dit que c'est pas très bien. Et donc, je m'en vais. Deux mois après, je ne sais si je ne suis pas un peu maso ou pas claire, je retourne voir le coiffeur. Et quand j'arrive, il me dit « ah ben j'ai réfléchi, c'est parce qu'on n'a pas la bonne couleur. Est-ce que ça vous embête de passer à la couleur ? On va vous faire en blond. » Effrayé. totalement effrayé, mais ce type qui avait eu le courage de me dire que ça lui plaisait pas, qui avait réfléchi pendant deux mois et qui quand j'arrive était tellement concerné... J'ai obéi au doigt et à l'œil. Et c'est comme ça que j'ai pris des cheveux qui sont depuis toujours platines.
- Speaker #0
Ah, génial.
- Speaker #1
Et ça, c'est la force des gens qui disent la vérité, qui sont tellement concernés par la qualité de leur travail. Et moi, de temps en temps, c'est douloureux, mais je dis non, mais là, c'est pas bien ce qu'on fait. Et j'explique à mes équipes, le problème n'est pas que vous rendiez, que vous soyez aimé directement par vos clients parce que vous êtes gentil. Le problème, c'est de leur faire des trucs bien. Et après, ils vous aimeront. Mais sur le coup, pas toujours. Mais ce n'est pas grave. Ce n'est pas ça qu'on cherche. On cherche à faire bouger des marques, à faire bouger des entreprises. On cherche à être sincère, à faire notre métier avec honnêteté. Et ça, c'est très important.
- Speaker #0
Génial. Tu t'es aussi beaucoup engagée parmi l'ensemble de tes engagements. Et je t'admire vraiment beaucoup pour ça. Tu t'es beaucoup engagée pour le leadership des femmes. surtout dans le monde des entreprises ou même au-delà ?
- Speaker #1
Non, je me suis engagée au-delà de ça. Je m'engage sur le fait que ce n'est pas possible un monde qui ne respecte pas les droits humains. Donc je ne comprends pas un monde où on n'est pas à égalité. On me dit parfois, mais c'est quoi ta définition du féminisme ? Je dis, tout le monde devrait être féministe, non ? Ça veut dire égal. Et on vient d'un monde, d'une histoire ancienne où on n'a pas été légales. Et franchement, il faut relire gentiment le deuxième. sexe parce qu'il y avait déjà tout, mais nous étions le deuxième sexe. Ben oui, Simone de Beauvoir avait très très bien raconté les choses et analysé et regardé dans le passé, mais même quand je suis née, je suis née en 1954. Et donc je suis allée en Espagne acheter l'agenda de ma naissance. C'est manifestement un agenda destiné aux femmes. Il y avait plein de conseils. Alors les conseils c'était comment quand vous allez être marié, faire le ménage tout en étant appétissante. Et moi je disais, mais c'est quoi ? C'est pas possible que ça ait existé. Si, c'est pas si vieux que ça. Fallait faire le ménage et en plus être appétissante en même temps. C'est quand même un métier. Je me souviens d'avoir été dans une ferme avec des fermiers absolument adorables. Des fermiers socialistes, très généreux. Et la femme de la maison. La maman, elle travaillait à l'extérieur et puis elle rentrait à l'intérieur. Et c'est elle qui faisait évidemment tous les repas, tout, la lessive, le repas, tout. Elle faisait les deux. Et pour le repas, les hommes rentraient, ils s'asseyaient à table, elles les servaient debout. Et c'était dans ces années-là, c'était, je ne sais pas, les années 80. Elles servaient debout. Et pourtant, ces gens-là étaient tous très gentils, les hommes étaient très gentils, mais c'était normal. Elle attendait la fin du repas, à la fin du repas, elle mangeait les restes. Et ça, c'était dans une famille normale. Donc, les histoires de femmes et hommes, ça vient de très longtemps, ça date de très longtemps. Et quand on regarde le monde, on est un peu horrifié, on va dire l'Afghanistan, la plupart des pays où les femmes sont muselées, où elles n'ont même plus le droit de parler, mais tout ça est terrifiant, donc. On doit se battre pour ça et je pense qu'hommes et femmes, on y gagnera tous le jour où on arrivera à l'égalité.
- Speaker #0
Tu as mille fois raison, bien sûr. Quelles sont les leçons que tu donnes aux femmes actuellement ? Je ne dis pas que tu portes des leçons seulement, mais par ton exemplarité, tes engagements, ce que tu as appris là-dessus. Qu'est-ce que tu dis aux femmes aujourd'hui, dans les entreprises et en dehors ?
- Speaker #1
Dans les entreprises, heureusement, c'est un peu mieux qu'en Afghanistan. Donc voilà, on a de la chance. Mais je dis aux filles, les filles, il faut qu'on se batte sérieusement. Nous, on est à la tête quand même du monde, mais il y en a qui souffrent tellement plus. Donc nous, il faut qu'on gagne les places. Il faut qu'on partage réellement. Le partage du pouvoir, ça s'appelle du partage du pouvoir. Ça veut dire qu'il doit y avoir à peu près autant de femmes qui dirigent des entreprises que d'hommes. Il doit y avoir autant de diplomates femmes que d'hommes. Il doit y avoir une représentation qui est normale, égale. Parfois, on me dit, les femmes, la diversité, ça me fait sourire. Mais quelle diversité ? C'est la moitié du monde. C'est le sort de la moitié du monde. Et je pense qu'on a tous à y gagner.
- Speaker #0
Oui, à propos du pouvoir, je le dis souvent à mes clients, il y a une formule en français, prendre le pouvoir. Il ne faut pas attendre qu'il tombe du ciel.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr. Et quand on est une femme, en plus, comme on accumule et on n'y peut rien, c'est comme ça. Je disais récemment que tout est très récent. Je disais justement que tout est très récent. Ben oui, tout est très récent. Donc, il faut se battre contre ses propres stéréotypes. Donc, passage obligé, les sciences. Passage obligé aujourd'hui, si on veut rattraper. Sinon, le monde de l'IA, ce sera un monde d'hommes.
- Speaker #0
Exact. Ce qui serait insupportable.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Est-ce que tu as une actualité particulière à partager sur une grande chose que tu as faite en 2025 ?
- Speaker #1
Non, je n'ai pas fait de grandes choses, je vais en faire. J'ai oublié tout ce que j'ai fait. J'ai oublié. Donc, il faut qu'on se batte. Il faut qu'on se batte sur tous les plans. Il faut faire très attention parce qu'il y a un retour en arrière. Il faut faire très attention parce que nos gamins, ils sont pollués par ces réseaux sociaux qui leur montrent des violences faites aux femmes. Ça ne s'arrête pas. Alors, moi qui rêve qu'elle conquiert le monde, si on en est encore aux victimes, on ne va pas s'en sortir. Donc ça, il faut prendre les choses vraiment fortement. Et il faut faire attention, la politique c'est un élément clé. Il ne faut pas penser que l'entreprise est importante, mais la politique est clé. C'est-à-dire que les grandes décisions d'égalité, elles sont venues par le monde politique. Merci Simone Veil. Et vous voyez qu'il faut continuer à la protéger Simone Veil. Parce que là, on est en train de discuter partout pour savoir si c'est bien, pas bien. Donc il faut protéger nos acquis. Il faut continuer. Moi, je vois, par exemple, il y a une députée qui s'appelle Marie-Pierre Rixain qui fait un travail formidable, qui a pris la problématique des femmes. Les femmes se font dépouiller. Et ensuite, elles divorcent. Et ensuite, elles doivent… C'est en général à elles qu'incombent, pas toujours, mais très souvent, les enfants.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et donc, il faut faire attention à l'argent. Il faut apprendre aux femmes à se protéger. Il faut probablement un système d'impôts qui les différencie, parce que le bon commun, ce n'est pas très en leur faveur. Il y a des choses de cet ordre-là. Et là, je pense que toutes les femmes, en 2026, considérons que finalement, on a un an. On verra après. Mais là, dans cette année, qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait pour faire bouger les choses ? Qu'est-ce qu'on fait avec les garçons, avec les hommes ?
- Speaker #0
Est-ce que tu te prépares à faire de la politique toi-même ?
- Speaker #1
Je veux bien être présidente.
- Speaker #0
Mais là, ce n'est pas acquis.
- Speaker #1
Ce n'est pas acquis. Je pense que j'ai un peu de mal à me dire… Regarde,
- Speaker #0
regarde. Oui,
- Speaker #1
je sais, mais c'était mis avant. Alors que moi, avec ma naïveté, je n'ai pas fait ça avant. Donc, je compte compter. Ça, pour moi, c'est très important. Je pense qu'on peut compter. Moi, je me connais. Il y a des endroits où ça ne va pas. Par exemple, les ministres qui défilent. Si j'étais un ministre et que je n'avais que trois mois pour faire une… un des changements, je n'y arrive pas, moi. Donc, je sais déjà que ce n'est pas ça qui m'intéresse. Ce qui m'intéresse, c'est du fond. Donc, si je peux aider des gens à réfléchir à quel est le fond, à comment on modifie la société, comment on fait, on parle des choses les plus importantes, parce qu'en dehors des femmes, l'économie de la France, ça compte beaucoup pour moi. Je trouve qu'on ne parle pas assez des enjeux de l'industrie française. On parle trop des immigrés et pas assez de la vérité, parce que ces immigrés, on en a rudement besoin. On a une démographie qui décline. Et on a bien vu que tous les travaux durs, quasiment, sont faits, en grande partie, par beaucoup d'immigrés.
- Speaker #0
Tu as raison. Au passage, Mercedes, il y a cinq minutes, tu leur fais sentir un truc énorme chez toi. Je le sens. C'est que le passé, c'est le passé maintenant. toute l'énergie sur l'avenir.
- Speaker #1
Oui, je suis complètement d'accord. On n'a pas le temps. Bien sûr, André. Moi, je n'aime pas les gens qui gègnent. J'aime les gens qui cherchent à bouger les choses. Et là, on a intérêt à les bouger un peu. Voilà.
- Speaker #0
L'union fait la force quand tu feras des grandes choses là-dessus. Fais appel à moi. Je serai avec toi, s'il te plaît.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Pour conclure, j'ai l'habitude dans ce podcast de conclure en te demandant quel est, à ton avis, le profil du leader du futur. Et j'ai presque envie de dire, le leader en général est peut-être une ou deux spécificités de la femme leader.
- Speaker #1
Enfin, je ne sais pas féminiser la chose, mais globalement, l'intérêt que je trouve aux femmes, c'est que comme elles ont été obligées de s'occuper de tout dans la vie, et que globalement, elles ont géré le concret et l'abstrait. Parce que c'est très, très bien de rentrer chez soi, de mettre des pieds sous la table et d'attendre que les choses soient faites. Mais c'est tellement plus intéressant des gens qui sont secoués par la réalité. Que ce soit les hommes politiques, les entrepreneurs, les patrons. La réalité, le couple, qu'est-ce que ça veut dire après quelqu'un qui travaille et qui fait des travaux durs ? La dame qui nettoie l'entreprise, qu'est-ce qu'elle est en train de faire là ? Comprendre des choses comme ça, c'est fondamental. Donc moi je crois que les femmes ont cette avance-là, mais je pense que la première chose c'est quel est le monde qu'elle veut fabriquer. Et c'est quoi le chemin pour arriver à ce monde ? Ce que nous apprend l'entreprise, c'est ça. Il faut décider de là où on va et après il faut y aller et on n'y va pas en trois mois. Regarde, prends le problème en France de l'éducation. Moi je pense qu'il faut cinq ans minimum pour changer quelque chose à l'éduc. Et il n'y a rien de plus important au monde que d'éduquer nos enfants.
- Speaker #0
Pour notre avenir, oui.
- Speaker #1
Et il n'y a rien de moins égalitaire aujourd'hui en France. d'un pays qui pourtant a mis l'égalité sur son fronton. Et quand je suis arrivé en France, l'école publique était la meilleure des écoles. Donc on a du boulot pour permettre à chaque citoyen, à chaque enfant, d'acquérir les bases qui vont être protégées, qui pourront regarder s'ils veulent TikTok sans se faire avoir, qui vont arrêter de nous dire que la science n'existe pas, qui vont arrêter de parler des complots. Parce que c'est effrayant.
- Speaker #0
Merci, Mercedes, je t'admire. On a du boulot et j'espère qu'on va le faire très, très longtemps encore avec toi. On a besoin de toi pour que le boulot soit de qualité et utile à notre pays, au monde et à chacun des citoyens qui sont sur Terre. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci pour ton enthousiasme.
- Speaker #0
Ce n'est qu'un début et j'espère vraiment faire des projets avec toi. Je t'embrasse.
- Speaker #1
Moi aussi. À très vite.
- Speaker #0
Au revoir. Merci beaucoup, Mercedes.