- Speaker #0
Histoire naturaliste, à l'écoute des passionnés de nature. Celles et ceux qui observent la faune, la flore, les espaces naturels. Ces personnes sensibles à la beauté du monde nous racontent leurs plus belles histoires de leur vie de naturaliste. Une production, la belle échappée.
- Speaker #1
Donc cette semaine pour ce vagabondage animalien, on va démarrer en altitude, là où il y a encore de la neige. On voit qu'il y a des gros gros nevets un peu partout, on a eu beaucoup de neige cet hiver. J'aime bien dire qu'on va suivre un peu le fil de l'eau. Donc là on s'imagine qu'on est une goutte d'eau, donc on va passer deux jours dans le vercors là. Et puis ensuite on va redescendre... On va longer la vallée de l'Isère, puis on va de nouveau arriver en montagne pour être dans les baronnies provençales. On va découvrir une autre espèce qui est le vautour fauve. Et on va continuer le cheminement de l'eau et on va descendre jusqu'en Camargue, dans le tas du Rhône. pour la fin du parcours de l'eau jusque dans la mer et découvrir tous les oiseaux du delta de la Camargue qui sont bien nombreux au printemps en tout cas.
- Speaker #2
Quentin est un birdwatcher, un ornithologue assidu. Et ce qu'il aime particulièrement, c'est transmettre la pratique délicate de l'identification par la vue et par l'écoute des volatiles. Cette fois, il encadre un petit groupe d'un voyage de l'agence Amarok L'Esprit Nature, du Vercors à la Camargue, par un vagabondage initiatique à la découverte de tout ce qui vole et de tout ce qui chante. C'est comme ça, la passion, ça ne s'explique pas. Depuis tout gamin, Quentin ne vit que pour l'observation et l'étude des oiseaux. Alors, il nous emmène en voyage. Laurent, qui réalise le podcast, accompagne le petit groupe. Voyage en ornithologie, épisode 1, à l'affût des tétralières.
- Speaker #1
Eh bien, aussi loin que je me souvienne, je n'ai pas eu de transmission de ma famille sur la nature et la biodiversité. Alors j'ai grandi à la campagne, mes parents m'ont toujours emmené dans la nature, mais je n'ai jamais eu cette transmission. Et il y a quelque chose qui m'a vraiment tout de suite plu, sans vraiment que je fasse d'efforts, c'était les documentaires animaliers que je pouvais voir à la télévision. Moi, quand je rentrais de l'école, c'était un bon prétexte pour ne pas faire les devoirs. Je me suis fait tout un imaginaire autour de ça. Et au niveau de ma passion pour les oiseaux, ça a été d'abord les rapaces, les aigles, que je voyais dans ces documentaires. Et puis grandissant dans le Pas-de-Calais, c'est vrai que les grands rapaces, ce n'est pas ce qu'il y a de plus commun. Donc je me suis aussi pris d'admiration pour les autres espèces d'oiseaux. Et puis voilà comment ma passion pour l'ornithologie a débuté. On va démarrer dans le parc naturel régional du Vercors, en moyenne montagne. On est à peu près à 1500 mètres d'altitude là. Notre objectif va être de prendre un peu de hauteur et d'aller dans l'habitat du Vercors. du tétralyre. Tétralyre, espèce de moyenne montagne à haute montagne, un galiforme, on appelle ça, qui est la taille d'une petite poule, c'est assez petit, avec un gros dimorphisme mâle-femelle, le mâle qui est très sombre, très noir, avec les plumes de la queue en forme de lyre, justement, d'où son nom. La femelle qui, elle, est toute brune. On va aller chercher sa présence dans le vercors. Donc c'est des oiseaux qui ont très très peu évolué, qui ont vécu pendant la dernière glaciation. Et puis au moment où ça s'est réchauffé, où les glaciers se sont retirés, ils ont recherché les zones où le climat était resté à peu près identique. Et donc ils se sont retrouvés dans les Alpes. Et puis après, ils sont remontés encore plus au nord. Et donc en Europe du Nord, Suède, Norvège, Finlande, Sibérie, où ils retrouvent le climat qui est un petit peu le même. C'est un oiseau qui va être plutôt forestier, mais qui va vivre à la limite de la forêt, en altitude exactement. Donc à l'endroit où la forêt peine à pousser parce que les conditions climatiques sont trop rudes. Et donc lui va vivre à cette frontière un petit peu, on appelle ça la zone de combat en écologie. Et donc il va être plutôt couvert forestier pour s'abriter. Il a aussi de quoi se percher, il va se nourrir en hiver des aiguilles, des bourgeons, etc. Au printemps, c'est parfait pour lui. Il va manger des insectes, des fleurs. Là, on a de la chance en ce moment, c'est la période de production. C'est le moment où les mâles font une parade pour attirer les femelles et aussi pour éloigner leurs concurrents directs. C'est un moment où cet oiseau très discret va se mettre en scène et va être beaucoup plus facile à observer. C'est pour ça qu'on profite de cette période. Mais c'est un moment sensible. on verra toute la méthodologie et nécessaire pour l'observer. Et donc là, on va regagner tranquillement la cabane où on va passer la nuit. Donc on a, on va dire, une heure et demie de montée. On va évoluer dans une forêt mixte, les traits sapinières, on appelle ça. Et on va rejoindre Clateau où on aura une vue bien dégagée qui va s'offrir à nous et la cabane qui va arriver au dernier moment.
- Speaker #3
Vous me paraissez un peu chargé là, vous transportez quoi là ?
- Speaker #4
La longue vue, le étuvet pour avoir bien chaud, les sacs à viande, et puis 4 litres d'eau quand même.
- Speaker #3
Ah oui, quand même, ouais.
- Speaker #4
Et tout ça juste pour une nuit, il faut vraiment vouloir voir le Tétralyre. Mais quelle nuit ! Exactement. Allez on est parti, continuez l'échauffement.
- Speaker #3
Le départ est un petit peu raide non ?
- Speaker #4
Oui mais ça va aller. Ça va aller ? C'est parce qu'il faut réchauffer les muscles et le cœur.
- Speaker #3
120 mètres par minute ?
- Speaker #4
Oui.
- Speaker #3
moins. On voit les crêpes du parcours là haut avec la neige, les épicéas.
- Speaker #4
Ça commence à donner une impression de calme et de sérénité, loin de la civilisation.
- Speaker #1
C'est ce que tu viens chercher aussi ? Oui tout à fait. On va traverser encore pendant une dizaine de minutes le domaine skiable. Ici on ne trouvera pas le tétralyre qui justement est hyper sensible aux dérangements et à l'entropisation de son espace naturel. Donc nous on va s'éloigner de tout ça pour espérer le trouver. Et ici il a en plus de ça un ennemi presque invisible, c'est ses câbles partout là. Les câbles des remontées mécaniques, quand même souvent des collisions avec les câbles. C'est un oiseau qui va voler, un vol très rapide, assez tendu, et puis il va complètement se faire surprendre par les câbles là. C'est un oiseau qui est lourd, il va voler assez peu. La plupart du temps, il va plutôt chercher à se déplacer en marchant, pour chercher sa nourriture et puis pour s'économiser aussi beaucoup. Par contre, oui, il va se percher volontiers pour manger dans les arbres, les aiguilles d'épicéa, etc. Donc nous, on va s'éloigner de cet endroit. Donc là, juste sur le bord du chemin, on tombe sur un sacré un sacré monticule d'aiguilles recouvertes d'une énorme masse noire. Ça grouille de partout. C'est vraiment le printemps. Et ce qui grouille là, c'est inespérant. Une espèce qui est emblématique des zones froides. On va le retrouver dans les Alpes, en montagne. On va aussi avoir ça dans les Vosges, les Pyrénées. C'est une espèce de fourmi forestière, la fourmi des bois. Elle va fabriquer des gros monticules d'aiguilles et de feuilles avec des débris végétaux. Elle va faire des énormes monticules qui vont lui servir de refuge d'abri pendant l'hiver. Elle va se faire recouvrir de neige, la fourmilière, qui va la protéger du froid. Les larves à l'intérieur et les ouvrières vont être protégées pendant tout l'hiver. Elles ont des réserves à l'intérieur alimentaires. Et puis au printemps, quand la neige va fondre, ça va réchauffer à l'extérieur. ça va réactiver les... Les individus qui vont ressortir de la fourmilière, elles vont toutes se mettre à l'extérieur. Là, on voit, ça fait une énorme tâche noire très sombre. Et en se mettant comme ça à l'extérieur, elles aménagent la fourmilière et surtout, elles prennent les rayons du soleil naturels. en direct et donc elles vont emmagasiner de la chaleur et cette chaleur elles vont la restituer dans la fourmilière en rentrant à l'intérieur, donc c'est un système de chauffage comme dans les maisons passives, juste la chaleur de l'individu va réchauffer l'intérieur de la fourmilière et donc le système là ça va vraiment être super climatiseur pour leur habitat. Et donc la stratégie de ces fourmis, qui sont plusieurs millions, là on a une petite fourmilière, elle fait une cinquantaine de centimètres, elle peut aller jusqu'à 1m50 de haut, ça peut être très très gros, mais donc la stratégie de ces fourmis, ça va être d'unir leurs forces et d'être extrêmement agressives, donc elles ne sont pas dans... dangereuse pour nous. Mais là, si je pose ma main simplement une seconde dessus, en une seconde, regardez, j'ai des 5, 6, 7, 8 individus qui me sont grimpés sur la main et qui mordent. Si on fait un un petit test. On va prendre une feuille par exemple. Je vais tapoter la fourmilière. On voit que ça s'active. Elles vont dans tous les sens. Elles courent partout. Ça va donner le signal au congénère. Et là, si j'active mon petit bâton au-dessus, je vous le fais passer. Renifle le bâton. Ça sent bizarre.
- Speaker #4
Ça sent bizarre. Je ne sais pas ce que c'est.
- Speaker #1
Ça sent un petit peu le vinaigre. Ces fourmis vont elles vont se mettre à asperger avec leur abdomen de l'acide formique. Donc elles vont envoyer ce petit acide-là au visage des oiseaux ou des mammifères qui viendraient consommer. Au bout de quelques minutes, l'animal en aura le bol et il fiche le camp. Donc là, allez, on vient d'arriver à notre cabane pour la nuit.
- Speaker #4
Mais il est très mal, il est trop grand ce qu'ils sont ! Allez,
- Speaker #1
vas-y !
- Speaker #3
C'est rustique hein ?
- Speaker #4
Ouais, il y a quand même une cheminée ! Elle est bouchée, c'est dommage.
- Speaker #3
Alors c'est une pièce avec une table, un vieux conduit tout volé.
- Speaker #4
Et un couchage en...
- Speaker #3
Et à l'étage. L'étage, c'est un plancher modeste. Bon, voilà, c'est un gîte pour la nuit.
- Speaker #4
On a la fenêtre.
- Speaker #1
Ça va le faire.
- Speaker #4
En même temps.
- Speaker #1
Donc là, on va décharger nos sacs, enlever le matériel de bivouac de nos sacs, et puis on va garder juste le nécessaire pour aller faire la petite balade, et on va partir en jeu de piste.
- Speaker #4
Trouver l'emplacement.
- Speaker #1
Voilà, trouver l'emplacement. Demain matin, notre affût. Allez, c'est parti. On arrive dans un alpage et notre but là ça va être de trouver des indices, indices de vie, indices de présence du tétralyre, d'identifier une zone où ils sont régulièrement présents. et ensuite on va essayer de trouver le l'endroit le plus le plus propice pour monter notre notre petit affût pour demain matin parce que comme on va arriver de nuit on n'aura pas le on n'aura pas les yeux en face des troupes pour monter un affût il vaut mieux le faire la veille quand c'est comme ça ça évite de déranger le déranger l'espèce ouais Donc là on a cette grande pelouse et là-bas, droit devant nous, on voit une petite ligne de crête. Et en dessous de la ligne de crête, on a des falaises de 300 mètres. Génial !
- Speaker #4
Et là c'est le grand corbeau.
- Speaker #1
Grand corbeau, oui. Auxquelles tu penses toi ?
- Speaker #4
La grève musicienne. Non,
- Speaker #1
la grève musicienne. La grève musicienne, effectivement, elle va avoir plein de strophes différentes.
- Speaker #4
Et en trois fois.
- Speaker #1
Et en plusieurs fois, mais là c'est la même strophe tout le temps. C'est tout le temps, tout le temps la même strophe. C'est pas très... C'est pas aussi diversifié que la grève musicienne. Et ici, on est moins dans le biotope de la grève. Et donc là, on est sur un oiseau qui est noir, tacheté de gris, avec eux. Un bavoir blanc et un bec jaune. Ah, tu l'as. Non. On dit qu'il a un plastron blanc. Et il a son cousin qui est très, très commun, qui est tout noir avec un bec orange. Alors le merle... Ça, c'est le merle noir. Et là, c'est le merle... A plastron. Le merle à plastron blanc. Oui. Ah, trop bien. Bravo. Donc, merle à plastron, lui, qui arrive...
- Speaker #4
Ça ne ressemble pas du tout.
- Speaker #1
Qui arrive en montagne, là, au printemps. et qui a cette petite ritournelle là. On est servi là. Allez, on va avancer un petit peu. Donc là, on part à la chasse aux indices, peut-être à lire. Donc on doit trouver des crottes. C'est bizarre comme recherche. Donc ça ressemble à quoi un petit peu, les crottes ? Est-ce que c'est comme les crottes de l'épile ? Non, c'est pas comme les crottes de l'épile. Vous voyez les collets de... Les collets de... Donc on a vu pas mal de crottes en arrivant là, au pied des arbres, et là on... On se trouve au milieu de la neige et les indices se multiplient. On a même retrouvé un paquet de plumes, une dizaine de plumes complètement noires. Comment on est capable de dire que c'est du tétralyre et pas de la corneille, par exemple ? Parce qu'il pourrait y avoir... On a vu du corbeau tout à l'heure, on a vu des chocards à bec jaune. Alors, c'est plus subtil que ça, viens voir à côté. Donc on a dit, galiformes de montagne, c'est des oiseaux qui sont capables de résister aux températures difficiles. Donc beaucoup de duvet à la base et la particularité de certains galiformes, c'est qu'ils ont quelque chose de très ingénieux, c'est qu'ils ont des plumes doubles. Donc c'est-à-dire que de la même base de la plume, tu vas avoir deux plumes. Donc tu as la première qui va couvrir. contre la pluie, les intempéries, etc. La base qui est très dufteuse. Et derrière, plaquée contre le corps, une deuxième plumette toute dufteuse qui va venir protéger vraiment du froid. Donc c'est des plumes doubles, on peut dire. Ça fait comme un feuillet, un peu comme des oignons. Il a la double couche. Tout ce que tu as trouvé.
- Speaker #4
La bonne,
- Speaker #1
c'est crotte-plume. Aïe, Et j'ai l'impression qu'on est au bon endroit, là. Ici, c'est le cœur de la zone de présence, visiblement. C'est l'endroit où ils sont très présents. Nous, on ne va pas s'installer ici. On va essayer de trouver un point de vue qui est suffisamment loin pour les laisser en toute quiétude. Suffisamment loin, c'est quoi pour nous, à peu près ? 50 mètres. Alors, ça va être presque 100 mètres. Et donc on va essayer d'installer notre affût justement assez loin. On va être surplombant. L'avantage c'est qu'on a une vue hyper large, hyper dégagée. Eux s'ils naviguent, s'ils vont de droite et de gauche, on va pouvoir les observer dans l'entièreté de leur comportement. Et puis eux ne nous verront pas, ils seront vraiment tranquilles, on sera vraiment en dehors de leur zone de parade.
- Speaker #4
Ils vont arriver de la combe ?
- Speaker #1
De où est-ce qu'ils vont arriver ?
- Speaker #4
De la zone de repos.
- Speaker #1
De la zone de repos. Donc la journée, ils vont être plutôt en zone forestière, exactement. On va se faire un abri, un affût maison, à l'aide des bâtons de randonnée qui nous ont bien aidés pendant la montée. On a emmené des fils de camouflage avec nous, de la cordelette pour relier les bâtons. Et puis on va déposer le... Le filet se fait un petit peu comme un paravent avec les filets. On va s'asseoir ensuite, on va s'asseoir derrière pour demain et être complètement camouflé derrière ce petit paravent de fortune. Et donc ils vont arriver de nuit. Donc c'est pour ça que nous, ce serait important qu'on y soit avant. Donc on va arriver à peu près une bonne heure avant le lever du jour. On s'est mis toutes les chances de notre côté pour être au rendez-vous demain matin. Il n'y a plus qu'à croiser les doigts maintenant pour que ça matche. C'est jamais garanti. C'est jamais garanti, non, ça c'est sûr.
- Speaker #5
Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Ça va, une bonne nuit dans le refuge ?
- Speaker #6
Une bonne nuit non, peut-être pas, mais par contre, beaucoup d'excitation, prête à partir. Le ciel bien étoilé, là, on a une belle nuit là. On va monter tranquillement, donc sans les fronts. On va remonter tranquillement sur le plateau où on était hier pour rejoindre la fue qu'on a construite. Et c'est parti.
- Speaker #2
Et après quelques heures immobiles dans le froid, à la fue, enfin, les premiers tétraillers apparaissent. Il s'apprête à parader et même à se battre.
- Speaker #6
Génial ! On les voit super bien, ils sont les trois sur là. Il y a trois mâles qui se tournent autour dans la neige, c'est magnifique. Alors là, c'est la pointe du jour. Ils sont sur la neige, ils sont apparus quasiment dans la pénombre. Ouais, ils sont apparus dans la nuit, on les distinguait à peine. On voyait quelques silhouettes sur la neige. Il y a l'équerre que le chemin de vent nous a alerté de leur arrivée. On les voit vraiment bien évoluer là. À pas rater à se tourner autour, à se batailler. Donc là c'est chouette parce qu'on a en tout 5 mâles, donc c'est bon signe, c'est-à-dire qu'on a une population qui quand même, en tout cas cet endroit-ci, où on a 5 coques, alors il y en a 3 qui sont vraiment très actifs, un quatrième qui est plutôt en retrait, le cinquième qui est vraiment plus loin, qui lui préfère. Regardez pour l'instant. Regarde, il y a celui-là qui est juste devant. Ah ouais génial là. Il y a quoi, 60 mètres ? Ouais on a, c'est ça. 60-80 mètres. Ouais. Et donc on voit vachement bien là, sa silhouette noire là sur la neige et puis les plumes de la queue qui sont toutes blanches. On les voit sauter aussi là quand ils... Quand ils cheminent. Ouais c'est ça, ils battent des ailes, ils sautent. Et ils cheminent. Et après ils se mettent de nouveau à tourner sur... Sur le nez blanc. Il a droit juste devant nous. Il a assez rigolo cette attitude de courber en avant quasiment à plat. Et il marche très rapidement. Il a l'air d'en faire un autre. Ouais c'est ça. Il est en face. Il y en a un qui avance. L'autre il recule. parfois c'est un petit peu la bataille ça fait un peu comme un combat d'escrime ils s'avancent, ils reculent et ils tournent sur eux-mêmes vraiment et en même temps ils recoulent ils sont hyper présents dans ce qu'ils sont en train de faire ils sont très à découvert c'est pour ça qu'ils démarrent aussitôt on voit bien les attitudes on voit super bien les attitudes on voit les caracules les caracules rouges qui sont hyper visibles. Donc c'est pas des plumes, c'est de la chair, comme la gratte du coq. C'est renommental pour le roi. Absolument. Il y en a qui, toujours en bas, ils n'osent vraiment pas y aller. Il y a un des draguins, qui vient juste de s'envoler, de faire un saut, pour monter dans un petit arbuste et manger les bourgeons. Le soleil est vraiment en train de sortir Oui Il éclaire bien les soleils autour Il s'est envolé, il s'est perché à gauche Il s'est perché dans l'arbre, on le voit super bien là. Ah oui d'accord. C'est superbe. Magnifique là. Ouais, magnifique. Il est vraiment à la cime du... à la cime du puissant. Ouais, ouais. Incroyable. Qu'est-ce que tu ressens quand tu vois ça ? Je me dis... On est peu de choses. C'est chouette. C'est chouette ce qu'on fait là. Ça fait quand même plusieurs heures qu'on est là. Ah oui, je suis froid moi. Je peux dire que j'ai les mains et les pieds comme des glaces. Mais bon, pas de regrets, aucun regret.
- Speaker #7
Il y en a un qui nous passe à une cinquantaine de mètres,
- Speaker #6
devant nous. Sur la gauche, et il est sur l'héberge, en fait il remonte sur la pente, et il vient de faire un autre avion. Ils sont presque rapprochés là, ils sont à 4 là sur notre gauche, à une cinquantaine de mètres à peu près je pensais. C'est un sacré spectacle. Et il y a un avion derrière. C'est vrai que c'est tellement... Ça fait tellement partie du paysage sonore en montagne aujourd'hui qu'on n'y fait plus attention. Mais il y a sans arrêt des bruits.
- Speaker #2
Et nous découvrons aussi une tente de camping plantée plus bas devant les tétralières comme un affût
- Speaker #6
Sous la tente il y a une énorme parabole et le ciel est en bas là. Il y a une autre tente avec une autre personne qui fait la fée. Et il y a une parabole pour enregistrer alors. avec deux personnes qui ne prennent aucune précaution, c'est-à-dire qu'il y a de la tente écran ouverte, d'ici, on les voit, on les voit bouger, on voit leur visage. Les tétrales, on les a forcément vues. C'est même très dommage, quoi.
- Speaker #5
En fait, ça interroge sur le fait que, l'attrait pour la nature, on comprend, mais...
- Speaker #6
L'hyper-présence pour l'observation, ça peut être une nuisance aussi. Oui, complètement. On a envie de voir de la nature sauvage, on a envie d'avoir ce privilège. Mais il y a des choses qu'il faut vraiment éviter de faire et puis accepter aussi de voir de loin. de se mettre en retrait d'être spectateur et non pas de vouloir être au cœur de l'action à tout prix. Ils ne cherchent même pas à se cacher. Là, ils sont complètement en dehors de l'attente. Ils montrent du doigt, ils prennent des photos avec les téléphones. C'est... Elle était drastique. sont figés, là, ils les regardent, ils savent pas quoi faire, on sent aussi que là, ils sont pas à l'aise du tout, quoi.
- Speaker #5
Ce qui est étonnant, c'est que à gauche, t'as une tente avec un gars qui est sorti, qui est à genoux, en train de regarder des tétras à 50 mètres à droite, y en a 4, ils sont immobiles, figés, ils regardent dans la direction de la personne, en fait.
- Speaker #6
On voit vraiment qu'ils sont figés, ils savent pas quoi faire.
- Speaker #5
En fait, ça veut dire que, Merci. La nature, ce n'est pas juste son plaisir perso, photo, prise de son ou jumelle. C'est que notre propre comportement peut avoir un impact.
- Speaker #6
Un impact significatif. Ça va mener à des interdictions d'accès à certains sites.
- Speaker #5
Ouais.
- Speaker #4
Ton regard comme ça à l'affût, et ce matin je l'ai encore ressenti, tu ne vois pas le temps passer. Et tu es vraiment omnubilé par ce que tu vois. Et pour moi, c'est vraiment du bien-être, comme de la méditation en fait. Tu te concentres sur autre chose et c'est comme de la méditation. Tu es tellement focus sur ce qu'ils sont en train de faire. que tu as un peu l'impression que tu es en relation avec eux.
- Speaker #1
Le premier sentiment, c'est une effervescence intérieure et une excitation. Mais ça, c'est quand on est passionné par quelque chose. Je pense que c'est pareil pour tout le monde. Le fait aujourd'hui de pouvoir regarder des animaux sauvages sans avoir d'interaction avec eux, j'ai l'impression que c'est quand même un privilège. Alors, il faut se donner les moyens d'y arriver. messieurs C'est vraiment un privilège de pouvoir observer la nature sans être vu, c'est complètement différent. Le fait d'être invisible, ça change tout et c'est hyper agréable. Et donc je suis convaincu que c'est en vivant des émotions fortes et positives comme celles qu'on a vécues ce matin qu'on peut avoir envie, par la suite, de faire en sorte que le vivant soit pris en considération et soit protégé. Les sacs sont paqués, le soleil est déjà bien installé, là on commence à se réchauffer tout doucement et on va redescendre tranquillement vers la cabane où on a laissé le reste de nos affaires et on espère faire encore quelques observations en chemin, on se laisse l'opportunité en tout cas d'avoir toujours l'œil ouvert, prêt à dégainer les jumelles, c'est sans fin !
- Speaker #2
La passion, c'est sans fin. C'est un voyage qui ne s'arrête jamais. Merci à Quentin Flippot pour nous avoir guidés sur le terrain. Merci à Caroline, Colombe, Dominique et à Bertrand Carrier de l'agence Amarok L'Esprit Nature pour le parrainage de l'épisode. Une réalisation de Laurent Sistac avec la voix de Zohra Décrivel. Une production, la belle échappée, sonore et visuelle. Ne manquez pas le second épisode du voyage en ornithologie, des baronniers à la Camargue, des vautours aux flamants roses.