- Speaker #0
Histoire naturaliste, à l'écoute des passionnés de nature. Celles et ceux qui observent la faune, la flore, les espaces naturels. Ces personnes sensibles à la beauté du monde nous racontent leurs plus belles histoires de leur vie de naturaliste. Une production, la belle échappée.
- Speaker #1
Voilà, on a quitté la neige du Vercors, on continue un petit peu le cycle de l'eau ici et on se fait un petit stop dans les Baronies avant de poursuivre notre périple jusqu'à la mer Méditerranée et le delta de la Camargue. On est arrivé sur le site du rocher du Caire dans les gorges de Saint-Mé. C'est un endroit qui est très intéressant pour observer le vautour fauve surtout, qui a été réintroduit ici au début des années 80 dans le but de recréer une population dans les Alpes. Et le fait qu'il ait été réintroduit ici, on a une colonie qui est stabilisée depuis un bon moment maintenant et qui est présente toute l'année. on va pouvoir Avoir une belle proximité, on est juste au-dessus de la colonie, donc on est tout en haut des falaises. On a les vautours qui nous passent au-dessus, qui nous passent en dessous. On a vraiment une proximité qui est très très agréable.
- Speaker #2
On va voir ça, au sommet de la falaise.
- Speaker #1
Allez, on est parti !
- Speaker #3
Suite du voyage en ornithologie, avec Quentin, guide accompagnateur naturaliste de l'agence Amarok Esprit Nature. Quentin transmet au néophyte la pratique de l'identification des oiseaux. Une opération subtile qui mène le petit groupe à la découverte des volatiles, petits et grands, des falaises et des marées, en suivant le Rhône jusqu'à son delta. C'est parti pour un vagabondage naturaliste et en apprendre beaucoup sur les oiseaux. Épisode 2, des baronies à la Camargue, des vautours aux flamants roses.
- Speaker #1
Et là en arrivant, on observe en... 10 minutes, là, on a la chance d'observer directement les 4 espèces de vautours présentes en France. Donc on a les vautours fauves, et puis notre œil qui a tout de suite été attiré par un énorme rapace, le jipaïde barbu qui était là, et puis pourchassé par les percnoptères, et le vautour moine qui suit, vraiment, on a été hyper gâtés à peine arrivés. Ici dans les gorges, on a une centaine de couples de vautourfauves et les jeunes des années précédentes qui sont aussi présents. Donc on a une population qui est bien établie et en été elle diminue un tout petit peu puisqu'il y a des jeunes qui vont justement migrer un tout petit peu pour aller plus dans les Alpes chercher de la nourriture. Ils vont suivre un peu les troupeaux. Ici, il y a un partenariat avec les éleveurs qui viennent positionner les animaux morts sur des placettes de nourrissage. Ce sont des endroits qui sont établis, ils ne mettent pas ça n'importe où. Le vautour, ce qui est assez fou, quand il ingurgite une viande d'une carcasse, la viande peut être complètement contaminée par tous les virus, les bactéries, les choses les plus abominables qui soient. Dans les déjections de vautour, il n'y a plus rien qui ressort. C'est-à-dire que les fientes de vautour sont stériles. C'est ça qui est fou, c'est qu'il peut manger une viande en putréfaction et vraiment il n'y aura plus rien à la sortie. Donc c'est vraiment un allié remarquable pour nous. Généralement une curée de vautours c'est gavage. C'est-à-dire que comme ils ne sont pas sûrs d'avoir à manger régulièrement, ils ingurgitent énormément de nourriture d'un coup, ils remplissent l'estomac et le jabot, et parfois même s'il y a un prédateur terrestre qui arrive et qu'ils ont trop mangé. Ils sont obligés de recracher une partie de ce qu'ils ont mangé pour pouvoir décoller. Ce qui est assez dommage pour eux. Et si les conditions aérologiques ne le permettent pas, ils peuvent être même amenés à remonter la pente à pied en marchant pour pouvoir décoller. Et c'est vraiment une chouette ambiance.
- Speaker #2
Ah, puis les jeûnées en fleurs, le jaune.
- Speaker #1
Et les jeûnées en fleurs. Et vraiment la garrigue toute verte. Alors que c'est plutôt un milieu qu'on a l'habitude de voir complètement sec et grillé. Là c'est le début du printemps, donc tout est verdoyant. Magnifique. On va se faire un petit arrêt ici puisque là c'est bien dégagé, on a peut-être une chance de voir des oiseaux de prairie postés. On se fait un petit check 360 à la jumelle pour essayer d'apercevoir des oiseaux perchés sur les hauts des buissons. Le coucou qui chante. trop chouette elle va passer dans le ciel bleu elle décolle,
- Speaker #4
regardez c'est ce qu'il faut que tu décombres c'est
- Speaker #1
un cloué d'eau géant cloué d'eau oiseau Elle bat beaucoup des ailes. Ah oui, ça frétille des ailes là. Et elle monte, En arc de cercle. Et elle ne s'arrête pas de chanter.
- Speaker #4
Elle est jaune,
- Speaker #1
marquée, c'est ça ? Ouais, plutôt brune, beige. Et là, elle a arrêté de baller des ailes, elle se laisse tomber. On la suit, Oh voilà ! Perdue de vue, elle est tombée dans les buissons. Comportement typique des alouettes, donc monter en chandelle comme ça pour marquer son territoire, chanter en continu, Mais ce n'est pas la seule à faire ça, il y a plusieurs espèces d'alouettes. Et puis il y a aussi certains pipites qui ont ce comportement. Par contre, on a vu une chose très claire, c'est qu'elle est montée en frétillant des ailes. Il y en a une autre qui est en train de recommencer là. Et quand elle est descendue, est-ce qu'elle battait des ailes ou est-ce qu'elle les s'est planées ? Voilà, on va prendre le topo et on va regarder le comportement des alouettes. Et là, normalement, on va avoir la réponse. Donc on a dit qu'il y avait le pipite qui faisait ça et ils disent... Des scènes lors de la phase finale en vol chanté. Là, elle ne chantait pas en descendant. On est d'accord là-dessus. Elle s'était complètement tue. Et chez les alouettes, la plus commune, l'alouette des chants, en vol chanté. Les strophes durent entre 3 et 15 minutes. Le chant toujours à un rythme frénétique avec des sons roulés. Si on met le chant. De l'alouette des champs. Ça ressemble vraiment à ça.
- Speaker #4
Tu peux nous mettre l'autre pour voir l'autre alouette ?
- Speaker #1
Oh, il y a un faisan derrière dans l'enregistrement. La quelle autre ?
- Speaker #4
L'autre alouette, dont on n'a pas regardé si elle était ici aussi.
- Speaker #1
laquelle ?
- Speaker #4
ah oui laquelle ?
- Speaker #1
donc là c'est bon la louette des champs ça serait correct la louette lulu elle pourrait être ici la louette lulu elle elle a un champ qui est complètement différent la louette lulu
- Speaker #4
Non, c'est bien la louette des champs, alors.
- Speaker #1
La louette, lui, on dirait qu'elle est en train de pleurer. Oui,
- Speaker #4
c'est vrai.
- Speaker #1
Elle est triste. Mais ça, c'est qu'une interprétation.
- Speaker #4
Personnelle. Oui,
- Speaker #1
je ne pense pas qu'elle soit triste. Ou triste de voir qu'on ne lui laisse pas trop de place. Si on veut être un peu cynique. Et puis un avion. Le ciel, c'est impressionnant. Vous avez vu la quantité de traces d'avions dans le ciel ? Ça contraste.
- Speaker #4
On n'y fait plus attention,
- Speaker #1
mais il y en a de partout. Mais bon, c'est des oiseaux qui ne nous intéressent pas, ceux-là. Pas cette semaine. Et donc les oiseaux sont obligés aussi de faire avec. C'est-à-dire que la pollution sonore, elle nous impacte nous, mais eux aussi, ils sont obligés de chanter plus fort, chanter dans certaines fréquences qui sont plus puissantes. Donc les aigus sont plus puissants, donc ils vont chanter des fois plus dans les aigus. Le problème des sons aigus, c'est que ça se propage moins loin dans l'espace, et donc les chants vont un peu moins être propagés dans l'espace. Et donc on remarque aussi à certains endroits un changement de période de chant aussi dans la journée, pour éviter d'être en concurrence entre guillemets avec les bruits anthropiques. On ne l'a pas écoutée il y a quelques secondes celle-là ? Trop chouette ! Tu reconnais Caroline ? Non, le chant, j'ai dit qu'elle était triste.
- Speaker #4
Ah la voie de Lulu !
- Speaker #1
Et oui à gauche là ! Au sommet du pin là-bas.
- Speaker #4
Ah oui.
- Speaker #1
Tout de suite, un coup de jumelle.
- Speaker #4
Venez voir dans la longue vue. Vite, vite, vite. On ne l'a pas souvent à découvert comme ça. Tu l'as au sommet du pin ? Oui. Trop bien là. Hop, t'es prête ? un sourcil blanc un dessous qui a des petits points clairs et on ne voit pas le dessus on ne la voit pas en dessous un trait blanc en dessous elle vole pareil de la même façon que l'autre même vol que la derrière
- Speaker #1
Je vais remettre la longue vue. Alors là, on revient sur le guide pour être sûr d'avoir bien observé la bonne espèce. Donc on va regarder. Donc là, c'est les pipites qui se confondent aussi vachement bien avec les alouettes. Mais alouette lulu, il y a du blanc sous la gorge.
- Speaker #4
Et puis le dessous qui est un petit peu... J'ai des limites entre les ailes et la tête, vous voyez.
- Speaker #1
Voilà, le bec assez petit apparemment. Ça peut avoir une petite hupe. Qu'est-ce qu'on a comme autre ?
- Speaker #4
Le dessous, là, il y avait... Le dessous moucheté. Il était moucheté, oui.
- Speaker #1
Oui. Alors elle, elle vit dans les boisements clairs volontiers de conifères. On est tout bon. Avec des secteurs sablonneux ou pierreux, on est tout bon. Préférence entrecoupée de champs, parfait. Se plaît dans les coupes. Également, landes à brouillères entrecoupées de bois et de prés. Excellent, on a tout ça. Et la voie, c'est un sifflement. Le chant, alors là le guide il se permet l'un des plus beaux parmi les oiseaux de l'ancien monde. On est quand même là dans la poésie. Et donc on va se mettre le chant avec le guide sur le téléphone. Ça c'est vraiment un petit plus. Et le chant,
- Speaker #4
c'est ça, c'est ce qu'on vient d'entendre.
- Speaker #1
Exactement, ça a plein de tifs. Et là, le gros avantage, c'est qu'elle a plutôt l'habitude de chanter en vol. Et là, elle est posée,
- Speaker #4
tranquille,
- Speaker #1
et elle chante quand même. Donc ça, c'est vraiment top. Et donc là, on a vraiment de la chance, effectivement. Les alouettes, les pipis, c'est des passereaux qui vont nicher au sol, qui s'adaptent aussi et qui vont nicher près des zones agricoles. Et ça fait partie d'une des familles qui en déclin plus-plus à cause des pesticides, d'utilisation des pesticides. De plein fouet sur les nids et puis aussi parce que chute de la quantité d'insectes. Comme c'est des insectivores, il y a une disparition massive d'alouettes, de pipis, de tous ces oiseaux qui sont frappés de plein fouet par l'utilisation d'insecticides. Donc là, c'est vraiment chouette de pouvoir en observer. Et les vautours qui commencent à décoller. Et là, l'alouette Lulu qui fait son petit vol. Et on voit, si on arrive à la voir dans les jumelles, elle a la queue courte. par rapport à la louette des champs.
- Speaker #2
Ça serait triste un printemps silencieux.
- Speaker #1
Un printemps silencieux, ça serait étonnant. On ne se rend pas compte du bien-être que ça fait les champs d'oiseaux. Une étude qui nous a confirmé qu'à partir de 6 minutes de bain sonore d'oiseaux, on sécrète des hormones de bien-être. Donc ça serait quand même dommage de s'enlever ça. Donc là, on fait le plein de bien-être.
- Speaker #4
Et il y aurait aussi un pouvoir sur le vieillissement. Ça retarderait le vieillissement. Le fait d'étudier les oiseaux retarderait les problèmes de vieillissement des drones parce que ça nécessite d'associer la vue, l'écoute du champ, l'observation. Et ça fait appel à plein de sens. C'est très positif.
- Speaker #1
De chercher, de regarder, d'écouter, ça stimule. Ça stimule les connexions entre les différents sens. Puis ça fait du bien. On est dehors en plus. On est dehors en plus, ça c'est ce qu'il y a de mieux.
- Speaker #3
Après l'observation des oiseaux de Provence, le petit groupe longe le Grand Rhône au fil de l'eau pour aller découvrir un autre écosystème très favorable à la découverte ornithologique. On est tout au bout du fleuve, juste avant qu'il ne se jette dans la mer.
- Speaker #1
Et donc là on arrive vraiment à la fin de notre périple, la goutte d'eau du Vercors qui a fondu, qui s'est écoulée dans la vallée du Rhône et qui arrive ici dans cet immense delta. richesse ornithologique qui attire les ornithologues du monde entier. Et on a changé complètement de milieu. Là, on est tout au bout du delta, à quelques kilomètres du littoral de la mer. Donc on a un paysage hyper vaste, à perte de vue. Là, il y a un petit peu de salicornes, il y a les tamaris qui nous entourent un petit peu. Il y a une belle ambiance sonore aussi, on entend les flamands, on entend quelques petits... passereaux qui sont cachés dans la végétation. Et donc on a des univers très variés ici. On a dans les terres plutôt des milieux humides, roselières, pleines inondées, etc. Et là, plus on se rapproche du bord de mer, plus on a l'influence de l'eau salée qui va complètement changer le type de biotope. On a des eaux saumâtres avec des plaines de vases. qui attire énormément de Limicol. C'est le festival,
- Speaker #5
c'est un ballet de Limicol. A peine arrivé, on a fait une observation incroyable. Ah, plusieurs, plusieurs des roseaux là-bas. Plusieurs des roseaux qui survolent le plan d'eau, à droite. Ça s'arrête pas. On a vu une taleve sultane là. Incroyable observation, c'est un oiseau hyper difficile à observer qui est tout le temps dans les roseaux. Qui marche dans les roseaux, c'est la famille des poules d'eau, des foules qui est assez assez gros avec des magnifiques reflets bleus. Ah le buzard qui fait envoler tout le monde là. Et là, c'est frénétique, il y a le buzard qui est à 50 mètres de nous en survol. Il passe juste devant la fille. Ouais,
- Speaker #2
c'est une femelle.
- Speaker #5
Ouais, femelle buzard avec la tête claire. Mais ça démarre sur les chapeaux de roue, la camargue.
- Speaker #2
Parce que la talève c'est comme... On imagine que c'est un gros oiseau tout bleu.
- Speaker #5
Ouais, la talève c'est un gros oiseau tout bleu avec des longues pattes rouges et des immenses doigts qui lui permettent de marcher dans les roses. Elle est extrêmement discrète. Elle est souvent cachée à l'intérieur des roseaux. On ne les voit quasiment pas. Sauf qu'elle était sur le bord du plan d'eau. On a une superbe scène avec la longue vue. On l'a extrêmement bien vue. C'est superbe. Très gros bec rouge aussi. C'est un moment incroyable qu'on vient de voir. C'est quoi celui-là ? Il y a un bec extrêmement rouge. Ici, là, il y en a deux qui ont le bec rouge. Il y a la nette rousse avec la tête rouge. La tête rousse et le bec rouge. Et il y a le tadorne. Le tadorne de melon. Allez, on y va. Les ronds pourprès dans les roseaux là-bas en face, on voit juste la tête qui est passée. C'est juste derrière les deux foules. On entend un cysticol aussi. Oh là là, c'est la frénésie, là. Je vais te le mettre dans la lampe, si tu veux, avec la lampe. On devrait bien le voir. À gauche, là. J'avais espéré qu'on soit tout. On ferait, on pourrait photographier le verrou. Mais là, il n'y a pas de verre. Il est trop loin. Regarde à gauche. À gauche de la fulc. On voit juste sa tête. La tête est passée dans les roseaux. On dirait presque une branche de roseau. Et on voit la grande égrette au milieu aussi. Magnifique. Elle est magnifique la grande égrette. Ah oui. Et après, si tu regardes bien là, il y a un oiseau hyper singulier là, je vais te le mettre dans la longue vue. Et tu pourras le décrire comme ça. Alors attends, je vais essayer de le capter dans la longue vue. Tac tac tac ouais ici, oh elle est en train de passer à l'arrière Oh mince, oh elle va sûrement ressortir pas derrière Moi j'ai déjà donné une indication, j'ai parlé au féminin T'as parlé de quelque chose qui est plus rare dans ce que j'ai compris Bah qu'on a pas encore eu l'occasion d'observer en tout cas Ah ça y est elle va ressortir Elle est à droite de la grande église Arrête, et je vais te la mettre dans la longue-fée, tu pourras la décrire parce qu'elle a une silhouette très très curieuse. Est-ce que tu vas ressentir ? Ça ressemble à une blanche.
- Speaker #4
C'est blanc avec des pattes rouges. Un bec très très long et noir, le dessus noir, le dessus du dos noir, rouge. Quelle taille elles font par rapport à la... Très large. Elles sont super longues. Très longues, très très longues, comme des palmes quand on va à la piscine. Ou alors pour être très grand, qu'est-ce qu'on peut utiliser pour comprendre de la hauteur ? C'est pas d'équilibre. C'est pas un équilibre d'ailleurs quand on marche avec. Ouais. Bah non. Qu'est-ce qu'on met au bout des jambes pour marcher ? Quelque chose palmé. Ah, on met des talons. Plus grand encore. Des talons. Des échasses. C'est une échasse, c'est vrai. Donc t'as raison.
- Speaker #5
C'est une échasse et comme la couleur prédominante, c'est quoi ?
- Speaker #4
C'est le blanc avec du noir. Une échasse blanche. Oui, échasse blanche. Une échasse blanche. D'accord, bien qu'elle ait du noir. Bien qu'elle ait du noir. Ok. Trop bien.
- Speaker #5
On y est arrivé. On a trouvé l'oiseau mystère. Les chasses blanches. Des talents. Un oiseau élégant quand même. Très élégant. Extrêmement élégant. Qui se déplace et qui picore tous les petits insectes à la surface de l'eau. Dominique, viens voir le... Alors, ce n'est pas les chasses là que je t'ai mis. C'est le héron. Il est bien caché dans les roseaux.
- Speaker #3
En fin de journée, le champ des mâles des rainettes méridionales s'intensifie dans les zones humides, près du masque de Salins de Badon, dans la réserve de Camargue, là où les apprentis ornithologues vont passer la nuit sous le concert des batraciens.
- Speaker #2
C'est un masque, une grosse maison. Avec un pain à l'entrée, un tamaris devant la porte. Et là, c'est déjà un peu le cœur de la réserve qu'on sent au coucher du soleil. J'ai rempli la porte contre les moustiques. Et là, la cuisine. Les gens qui préparent la nourriture.
- Speaker #1
Gastronomique, à la découverte de plats incontournables. Inconnu. Non.
- Speaker #2
Protéines à base de moustiques.
- Speaker #1
On est insectivores ce soir.
- Speaker #4
Je vais mélanger avec l'oignon émincé. Ce soir au menu,
- Speaker #1
curry...
- Speaker #4
Tu mélanges avec l'oignon émincé ou pas ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Curry de patates douces et dessert au chocolat. Gâteau au chocolat en dessert. Ça me fait penser à l'émission de François-Régis Gaudry.
- Speaker #2
Ah oui, c'est un peu ça.
- Speaker #1
On va déguster.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
C'est terrible parce que c'est juste avant de manger. Ouais. Et t'entends les casseroles, ils disent tous que c'est trop bon, que ça sent super bon. Puis toi t'es à la radio, tu manges rien du tout.
- Speaker #3
Et au petit matin ?
- Speaker #1
Alors là on quitte le Salin de Badon et on change complètement de biotope. On est parti assez tôt et on va profiter des lumières du matin pour aller observer. les oiseaux de vasière donc on va être plutôt près du cordon littoral et donc on est dans un biotope complètement différent presque pas de végétation des grands espaces de vases et d'eau et d'eau saumâtre donc on va aller observer chercher les petits les petits limicoles là qui sont en migration près de la mer exactement c'est le plein boom de la migration là c'est une chance de pouvoir voir des oiseaux qui qui vont passer l'été en Sibérie ou dans tout au nord de l'Europe et ils sont quand même de passage quelques semaines en France pour se faire des réserves ici en Camargue. C'est vraiment le paradis pour ça d'observer des oiseaux assez rares finalement. Ça c'est l'ambiance Camargue, les tamaris, les grands espaces à perte de vue, on ne voit pas le bout et les taureaux qui... on a le becassos ils sont une ribambelle donc petit long bec un becassos et ensuite si on prend la taille au dessus le format au dessus grand avec long bec on a les chevaliers donc ils sont plusieurs les chevaliers et grand avec petit bec Un autre format, ça ressemble à un gravelot mais c'est grosse taille, grand petit bec, c'est les pluviers. Donc ça fait quatre grands groupes où directement juste avec la morphologie de l'oiseau, on est capable de dire ok c'est un gravelot, c'est un chevalier, c'est un pluvier, voilà et après tu sais où chercher dans le livre. Et ensuite on va s'arrêter sur les détails comme la couleur des pattes. le potentiel collier, les barges sur les ailes, etc. Et après, on a les barges qui ont elles un bec tellement grand qu'on ne les met pas avec les chevaliers.
- Speaker #4
Après, les courlis,
- Speaker #1
c'est quasiment les seuls qui ont le bec courbé. Ok ? Oui. On entend le petit cisticole des gens qui ne s'arrêtent pas, qui nous tournent autour. Le cochevis huppé, puis en fond sonore, les flamands tout le temps. Moi, j'adore. Il y a toujours une belle observation à faire. Encore le chevalier aboyeur, là.
- Speaker #5
C'est quoi, ici ? Réserve naturelle. On est dans un observatoire. Et il y a un immense plan d'eau avec les niveaux d'eau qui varient au cours de la journée. Ce qui fait qu'on n'observe pas toujours les mêmes espèces. Là on a très peu d'eau. Et donc on a pas mal de rieuses mais on a quelques petits lémicoles qui pataugent un peu. Dans la vase, il y a les flammeaux roses qui font des balais un peu incessants là-bas. Mais c'est super grand, ça s'étend sur un bon 300, 400 mètres de long. L'espace, les oiseaux ont de l'espace et puis ils sont pas inquiétés de notre présence donc ça c'est vraiment agréable.
- Speaker #2
Et il y a pas mal d'hibis aussi.
- Speaker #5
Ouais il y a quelques hibis qui sont assez proches là, qui fouillent la vase avec leur long bec. Ce qui est assez intéressant c'est que dans un même endroit, il y a plein d'espèces différentes. Chacun a son bec qui lui sert à chercher une nourriture bien spécifique. C'est vraiment chouette. Les ibis avec leurs longs becs courbés vont chercher les micro-insectes dans le fond de la vase tandis que les chevaliers avec leurs petits becs vont attraper les insectes à la surface ou à peine au bord de l'eau. Les flamands vont filtrer la vase en avançant la tête dans l'eau, c'est assez marrant. Ils ont vraiment un bec très bizarre les flamants roseaux, un peu comme des baleines, des baleines qui filtrent, un bec inversé quoi.
- Speaker #2
En fait, les limicaux, selon la longueur de la pâte, ils exploitent toutes les strates de la vasille.
- Speaker #5
Oui, complètement. Selon la longueur des pâtes, la longueur du bec, ils ne vont pas manger la même chose. Finalement, il n'y a pas vraiment de concurrence. Chacun arrive à... à tirer profit du milieu qui est à disposition ici et qui est accueillant pour tous ces oiseaux. Il y a une productivité alimentaire qui est énorme. Avec la chaleur qu'il y a depuis pas mal de semaines, il y a une explosion de la quantité d'insectes. Il peut y avoir aussi des moustiques, mais en revanche pour les oiseaux c'est parfait parce qu'ils ont besoin de recharger les batteries et c'est pile poil au moment où... où il y a le pic des insectes, là, ici. Et les larves, il y a plein de larves dans l'eau. Et donc ça, c'est une aubaine pour eux. Ils se gavent presque. Ah, là. Ce lierre là, ça fait comme une corne de brume, un peu comme quand on souffle dans une bouteille au milieu des roseaux là, alors ça m'étonnerait quand on arriverait à l'observer, c'est un grand oiseau, complètement camouflé dans son environnement, il ressemble à... Il ressemble à une immense brindille aux surpades avec un long bec pointu, un peu comme un héron. Il est brun, couleur camouflage. C'est le buteur étoilé. C'est un peu le fantôme du marais. Il est présent au milieu, au cœur de la roselière, là où on ne peut pas pénétrer. Et il marche au ralenti comme ça dans les roseaux, dans les phragmites, pour attraper des petits poissons, des patraciens, etc. Il est très très calme la journée. Là, c'est le printemps, donc il chante quand même un peu. C'est vraiment étonnant d'entendre ce son au milieu des marais. C'est rare en plus. Mais oui, c'est surtout qu'il est quasiment invisible. Mais si jamais il y a un danger qui... qui approche, il va se dresser droit sur ses pattes, le bec vers le ciel, et il va ressembler comme de Guto à des roseaux en fait, donc s'il a vraiment décidé de ne pas être repéré, c'est quasiment impossible de le voir. Mais on a la chance de l'entendre et c'est déjà super de se dire qu'il est là en fait, on peut se contenter de ça, c'est déjà génial.
- Speaker #3
Musique Musique Musique Fin du voyage en ornithologie Fin de la leçon naturaliste De quoi donner envie de revenir donner envie d'en savoir plus sur les oiseaux et les êtres vivants dont trop souvent on ne soupçonne même pas la présence A découvrir parce que l'on protège ce que l'on aime Merci à Quentin Flippot pour nous avoir guidés sur le terrain. Merci à Caroline, Colombe, Dominique et à Bertrand Carrier de l'agence Amarok L'Esprit Nature pour le parrainage de l'épisode. Une réalisation de Laurence Istac avec la voix de Zora Descrivel. Une production La Belle Échappée, sonore et visuelle.