- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans mon atelier de styliste.
- Speaker #1
Bienvenue dans Histoire d'artisan. Je suis Lisa Millet et je serai votre guide dans l'exploration de l'artisanat. Je vous fais découvrir les visages, ou plutôt les voix, de ces femmes et hommes qui ont décidé de passer leur vie à créer. Aujourd'hui, nous accueillons Lou Blarner, styliste. Avec lui, nous parlons de mode durable et de besoins de partager. Elle nous raconte comment elle est passée de la création pour de grandes marques de vêtements à la création de son atelier pour transmettre sa passion. Pour elle, la couture main est un parcours méditatif. Ensemble, nous évoquons l'évolution de la mode vers une mode plus durable et plus éthique. Personnellement, elle me donne beaucoup d'espoir et j'espère que ce sera le cas pour vous aussi. Belle écoute ! Bonjour Lou, et merci de m'accueillir dans ton atelier. Est-ce que tu peux nous raconter ton histoire, Lou, s'il te plaît ? Ah ouais, c'est une histoire un peu magique.
- Speaker #0
J'ai eu la chance de grandir dans une super famille déjà, avec mon frère et mes parents, et ma maman était couturière chez Balmain, dans les années 50, ce qui est important quand même de préciser. Et donc, en fait, elle faisait des très, très belles robes. On connaît plus Dior sur cette époque-là, mais en fait, elle faisait des robes avec la taille très fine. C'était super féminin et très joli. Et elle utilisait de magnifiques matières. Et puis, elle travaillait à la maison un petit peu aussi.
- Speaker #1
Pour des dames, elle leur faisait des robes.
- Speaker #0
Et puis, surtout, elle nous faisait tous nos vêtements. Elle faisait tout à mon frère et à moi. Donc, on était un peu habillés de la même façon, mode féminin, mode masculin. C'était un petit peu comique. Mais quand on est petit, bon, c'est sympa. Et puis, elle faisait tricot, tout. Et puis, surtout, ce qu'elle faisait d'une façon magnifique, c'était les costumes. Donc, j'avais une robe de marquise absolument délirante. Une robe de Joséphine, enfin, qui n'est pas née. Enfin, magnifique, superbe, avec des petites perles. Le rêve. Et c'était normal pour moi, tout ça. Voilà. Donc, j'ai grandi dans les tissus. Et la machine, le bruit de la machine. J'aimais beaucoup ça. Mais je ne me rendais pas compte. Et puis, chemin faisant, j'ai grandi. J'étais quand même très attirée par tout ce qui était croquis, dessin. J'ai toujours beaucoup aimé dessiner. Je dessinais des collections de chaussures à 6 ans. Je ne me souviens pas. Et je ne savais pas que ça existait, ce métier de styliste. Et puis, en grandissant, après le bac et tout ça, quand ça s'est précisé, je voulais faire quelque chose d'effectivement artistique. Et j'ai fait une école de mode qui s'appelle Esmonne. Là, j'ai énormément dessiné. Pour le coup, je n'ai fait que dessiner tout le temps. Et puis, j'ai travaillé assez rapidement derrière. Donc, j'ai commencé à travailler dans le Sentier, en fait, qui est une école, je dirais, de savoir-faire très, très rapide et efficace et assez complète. Et ensuite, j'ai travaillé pendant plus de dix ans chez Morgane. Morgan qui existe toujours aujourd'hui. C'est bon, à l'époque, j'ai travaillé là-bas entre 90 et 2000 à peu près. Et à cette époque-là, j'étais au tricot et ça cartonnait. C'était énorme. Enfin, c'était énorme, vraiment. Et encore une fois, quand on est dans l'action, on ne se rend pas compte. Mais à l'époque, en fait, c'était vraiment l'une des marques les plus suivies. Et du coup, on avait un budget à louer pour travailler. Ce que tu n'as pas quand tu es dans une petite boîte qui n'est pas connue. Et donc, je faisais des shoppings de trois jours à Tokyo, trois jours à New York, trois jours à Florence. J'allais dans les salons professionnels. Je voyais plein de belles choses. Bon, par contre, c'était sportif parce qu'il fallait avoir un rythme très soutenu de travail. Ma bosse était très exigeante et très professionnelle, ce qui n'est pas toujours le cas. Mais là, elle était vraiment super pro. Elle avait des équipes de stylistes incroyables et on avait un rythme de travail fou. J'ai beaucoup voyagé, j'ai appris beaucoup de choses. J'étais spécialisée dans le tricot et également dans les doudounes. Ce qui est très intéressant... Je trouve avec le recul, c'est qu'en fait, quand je suis rentrée dans la société, pratiquement toute la fabrication était en France. Donc on travaillait beaucoup en région parisienne, Clamart essentiellement, Rouen aussi un petit peu, avec notre écoteur, on travaillait en partenariat, c'était des gens super. Et puis en Italie aussi un petit peu. Et puis chemin faisant, en fait, de plus en plus, on a commencé à faire les premiers dossiers en Chine. Donc c'est récent. C'est pas si vieux que ça. Et donc, avec ma coéquipière, on était les premières de la société à faire les dossiers en Chine pour les pulls et pour les doudounes. Donc, on n'a pas été là-bas. Enfin, moi, je n'y suis pas allée. Mais par contre, il fallait faire des dossiers techniques avec toutes les mesures. Donc, le côté presque modélisme que je n'avais pas jusqu'à présent, je l'ai vraiment appliqué là, c'est-à-dire modélisme, savoir... réaliser un vêtement et surtout avoir toutes les cotes et en fait on est obligé parce que quand on envoie un dossier à l'autre bout du monde si on met pas toutes les informations, ce qui arrive c'est complètement l'envers donc il faut être le plus précis possible pour pas perdre de temps et que notre modèle arrive bien comme on veut donc il faut être super pro quoi donc c'était passionnant et en plus parallèlement au côté commercial donc on faisait à peu près 500 modèles par an En plus, à côté de ça, on avait les défilés de presse. Défilé de presse, ça veut dire, on avait, en fait, avant de faire la collection commerciale, on faisait des modèles beaucoup plus pointus, beaucoup plus créatifs. Et c'est là où on s'éclatait vraiment avec des recherches de fils, des trucs incroyables. Mais tout le monde nous copiait à l'époque. On était vraiment assez, enfin, on était plutôt leader. Dans le côté commercial, évidemment, ce n'était pas de la haute couture, mais c'était très passionnant. Et donc ces défilés de presse, on travaillait avec... À l'époque, il y avait chez Morgane Frédérique Trourois, qui est styliste chez Manouche. C'est la styliste de Manouche. Donc elle était dans l'équipe pour vous dire à peu près, pour te dire l'esprit, c'était quand même un niveau super. Et puis on travaillait, on avait une attachée de presse, et on faisait ces collections-là. J'y suis restée assez longtemps. Et puis après, j'ai eu des enfants. Et je me suis petit à petit distanciée un petit peu de ce métier. Enfin, pas du métier, parce que le métier est toujours passionnant. Mais par contre, j'avais un peu plus de recul parce que ça prend tout, quoi, en fait. Ça prend énormément de temps. Et dès qu'on se promène, on pense boulot, on regarde les vitrines. Enfin, c'est un métier, en fait, où on ne peut pas dire... Bon ben voilà, je ferme la porte du bureau et j'oublie tout. Non, en fait, on est styliste tout le temps. C'est-à-dire qu'on voit le type qui passe en vélo, ah tiens, ses chaussettes, bah tiens, là. Chez la boutique de déco, bah tiens, là, la vitrine. Enfin, c'est tout le temps, en fait. Donc, ça fait partie de nous. On est imprégné de... C'est un intérêt qu'on a, on a une curiosité naturelle vers les choses. Et puis après, à nous de savoir les exploiter pour travailler. Après, j'ai donc travaillé, j'ai continué à travailler dans le sentier beaucoup. Donc, je travaillais avec des gens comme Koukaï, Bréal et tout ça. Mais comment dire, je faisais leur collection, mais c'était en indépendant en quelque sorte. Je travaillais dans une boîte qui faisait des dossiers pour eux. Et j'ai travaillé pas mal de temps comme ça. Entre temps, j'ai oublié de dire que j'ai travaillé aussi dans le jean. Alors là, c'était très intéressant aussi. Je suis partie vivre à Toulouse. Et j'ai travaillé avec le styliste qui avait fondé Liberto, les jeans à l'époque, qui étaient aussi super connus. Et après Liberto, il avait monté un bureau de style et là, j'ai travaillé dans le jeanswear, workwear. Et là, c'était la découverte aussi. J'ai adoré parce que c'était tout un univers. Je regardais les Sears et les magazines, un peu comme la redoute du vêtement de travail américain des années 20. Je regardais tous les vêtements militaires. tout ce qui est en fait vêtements utiles. Et c'était passionnant, parce que là, j'ai découvert plein de choses, des matières. Donc on travaillait le jean, les traitements de jean. Et je travaillais beaucoup en fabrication en Grèce, donc je voyais pas mal aussi. Aussi aux États-Unis. Et c'était tout un autre univers que le sentier Morgane, très féminin et tout, pépette. Là, c'était les mecs, le côté très... Presque cow-boy, quoi. C'était assez... C'était très masculin, bref. Et super passionnant aussi. Et puis après, je suis revenue sur Paris. Et voilà, j'ai eu d'autres expériences professionnelles. J'ai pas fait un burn-out, mais je suis arrivée à un moment où c'était plus possible de répondre aux exigences de la clientèle. Et donc des marques venaient me voir pour me demander de faire des modèles, parce qu'elles me demandaient des trucs impossibles. Elles me demandaient de fabriquer en France des trucs, des robes super compliquées. pour demain ou avant-hier, et puis que le vêtement coûte 5 euros. Voilà, je veux dire, à un moment donné, ce n'est plus possible. Ni au niveau du timing, ni au niveau du prix, et ni au niveau de la qualité. Enfin, c'était juste super... Ça devenait moche et inintéressant. Et c'est là où j'avais trop de pression. Je m'occupais un peu de tout. Je travaillais dans une toute petite structure où je travaillais à la fois... Je recevais les clientes, je faisais les modèles, je faisais les prix, je suivais la production. C'était très large comme spectre, mais c'était super intéressant. C'était ma boîte, sauf que ce n'était pas ma boîte. J'avais trop de stress. C'est là où j'ai arrêté de travailler pour l'industrie textile. Et je me suis dit, après cette aventure très riche quand même, qu'est-ce que je peux faire parce que j'adore mon métier, c'est un métier passionnant. On touche les matières, on a des relations avec les gens, avec les artisans, les ouvriers dans les ateliers, des gens qui ont un savoir-faire, et c'est très très multiple. Et puis il y a le côté croquis, moi j'adore dessiner. Il y a le côté shopping, on se promène. Il y a le côté, comme je disais, toujours s'imprégner de nouvelles idées, donc curiosités qu'on nourrit quotidiennement. s'entourer de belles choses et tout ça je ne voulais pas arrêter parce que ça fait partie de moi c'est passionnant et puis j'aime bien aussi le côté étude de prix comment faire pour faire un vêtement le plus simplement possible le mec il a un look super et de fil en aiguille j'en suis arrivée à imaginer, transmettre mon savoir parce que j'ai aussi beaucoup évidemment j'ai deux garçons mais j'ai adoré avoir des enfants Et le côté transmission et contact avec les enfants, j'ai adoré ça aussi. Et donc, bon, maintenant, ils sont plus grands, mais j'ai toujours, en fait, envie de... Voilà, j'ai un super contact avec les enfants et j'aime beaucoup ça. Et donc, en fait, je me suis dit, pourquoi j'essaierais pas d'imaginer un petit atelier où je pourrais transmettre mon savoir ? Alors, au départ, j'imaginais un petit atelier de tailleur, mais je ne suis pas modéliste. Je ne suis pas assez pro pour faire un... Je suis professionnelle en tant que styliste, mais je ne suis pas modéliste. Je n'ai pas envie, en plus, ça ne me plaît pas de faire un tailleur super structuré et tout. Ça ne m'amuse pas. Et ce qui me plaît, c'est le look, avoir un look sympa, pas forcément dans les tendances, mais qui plaise aux gens, que les gens arrivent à trouver leur identité avec un vêtement, et puis qu'ils arrivent d'une manière assez simple à le réaliser. C'est magique, je trouve. Parce qu'en fait, on n'a plus besoin d'aller dans les boutiques, on peut trouver son tissu qui se correspond. la forme qui correspond à son corps et qui nous fasse envie. Et du coup, c'est beaucoup plus ciblé et ça, ça me plaît. Parce que du coup, ça met en valeur les gens. Et puis surtout, leur prouver qu'eux-mêmes, chacun, peut faire un bête mou. Pas besoin de... Voilà, c'est pas compliqué en fait. Et tu vois, je suis arrivée à cette idée et à l'idée de faire un atelier. Et alors là, évidemment, j'ai appelé toutes mes copines. Bon, et puis j'ai eu plein de cobayes. Donc des copines qui ont fait l'atelier en cobaye. Et on s'est éclaté, c'était super sympa. Et elles ont adoré vivre cette expérience de couture avec moi. Donc elles choisissaient tout, elles faisaient leurs vêtements sur mesure. Et voilà, ça a commencé à prendre forme. Ensuite, j'ai voulu le tester en vacances, au bord de la mer, sur un petit public estival, les gens ont le temps. Donc je me suis dit, tiens, je vais tester l'activité. Et c'était super aussi parce que j'avais des petites filles qui venaient à l'atelier de styliste. Alors ça m'est rêvé. Et elles repartaient toutes avec leurs petits vêtements. Elles avaient tout choisi, les rubans, les trucs. Et c'était super, vraiment super plaisant. Des échanges. Quand je suis avec des petites filles de 6 ans, j'aime. J'ai 6 ans, quand je suis avec une femme de 40 ans, j'ai 40 ans, c'est vraiment super agréable. Et puis, jusqu'au moment où j'ai trouvé un petit atelier à côté de chez moi, parce que pour moi c'est important aussi d'être à proximité de mon habitation, pas passer 3 heures dans les transports, donc j'ai eu la chance de pouvoir le faire. Et donc, dans cet atelier, je donne tous ces cours, toutes ces possibilités de croquis, de vêtements, de... de réalisation de soi pour les gens. Et parallèlement à tout ça, il y a eu un mouvement qui a commencé aussi à prendre forme et qui rejoint tout à fait ce que j'ai vécu. C'est-à-dire que, comme moi je disais, ce n'est plus possible de faire un vêtement à 5 euros en France parce qu'on n'est pas en Chine et qu'il y a des charges et qu'on ne peut pas faire ça. C'est développé aussi en France toute une prise de conscience. Les gens commencent à prendre conscience. pour la nourriture, beaucoup plus. Mais maintenant, pour le vêtement, beaucoup. Et en fait, voilà. Donc, je me renseigne beaucoup sur Facebook. J'alimente beaucoup mes recherches sur les tissus. Les tissus, voilà, il faut savoir que le polyester, c'est du pétrole. Qu'on met ça sur la peau, que c'est la deuxième industrie la plus polluante sur la planète, le textile. que... Avant d'avoir un jean sur les fesses, il a fait 3000 fois le tour de la planète, en avion, en bateau, qu'il y a des pesticides pour cultiver le coton. C'est le truc de l'Inde. Quand on commence à prendre conscience de tout ça, on n'a plus envie de participer à ce mouvement. C'est aussi ça qui a fait que j'ai pris beaucoup de recul par rapport à l'industrie textile. Il y a des petites marques aujourd'hui qui font des produits en France, mais toujours avec du coton, même si c'est bio. C'est quand même une réflexion de fond à avoir. Et donc, je réfléchis beaucoup sur ça. Et je m'intéresse aussi aux gens qui font de l'upcycling, donc qui récupèrent des tissus ou des vêtements pour les détourner, en faire autre chose. Et en fait, il y a tellement déjà de vêtements sur la planète qu'on n'a pas forcément besoin de faire de nouvelles choses. Donc, c'est intéressant aussi et c'est un challenge de prendre un... C'est ce que j'ai fait hier et c'est ce que j'ai fait sur le mannequin derrière toi. C'est... Voilà, j'ai découpé un jean qui m'a née. plus et j'en ai fait un tablier qui pourra avoir une nouvelle vie.
- Speaker #1
Quels sont tes projets actuellement ?
- Speaker #0
Justement, ça rejoint tout à fait cette réflexion. J'ai envie de continuer mon atelier parce qu'il n'y a rien de plus beau que d'avoir une petite fille de 7 ans qui arrive ici et qui repart avec un vêtement qu'elle a entièrement fait toute seule. Je trouve ça génial. Parce que c'est une partie de sa personnalité, c'est révéler un peu quelqu'un. Et puis même les femmes de 50 ans qui viennent, qui me disent, vous savez, je ne sais pas, mais en fait, elle n'est pas handicapée de la vie. Il faut juste apprendre, c'est tout. Donc ça, ça me plaît beaucoup d'aider les gens à faire ça. Et puis, de plus en plus, j'ai envie de me tourner vers, alors je ne sais pas encore quel format, mais j'ai beaucoup envie de travailler sur le fait de recycler les tissus, les matières existantes. Peut-être pas faire une marque, mais davantage développer peut-être les ateliers ou faire une marque. Je ne sais pas encore, mais je suis vraiment au carrefour là où je réfléchis beaucoup sur ce sujet parce que c'est un enjeu d'avenir. Et puis, je trouve ça beau. Et puis, c'est actuel. Et puis, c'est pour moi, les nouvelles tendances d'aujourd'hui, c'est ça en fait.
- Speaker #1
Aujourd'hui, la façon dont fonctionne ton atelier, il est basé que sur des cours ?
- Speaker #0
Oui, alors je fais un peu des produits. je fais quelques petits produits qui sont des kits en fait pour que les gens puissent partir en week-end et ils ont tout dedans, tout est prêt il n'y a plus qu'un coudre en fait, avec une aiguille ah oui, ce que je n'ai pas dit aussi ce qui est quand même important c'est que c'est de la couture à la main c'est sans machine et c'est aussi, alors au début mon mari m'a dit mais t'es folle et en fait, c'est très important et c'est vrai que je n'en ai pas parlé du tout C'est le côté un peu zen, on parle beaucoup de tricothérapie, la façon de faire quelque chose à la main, sans machine. C'est assez essentiel et donc ça, tu pourrais témoigner parce que tu as vécu ça. Et je trouve ça très plaisant et les gens apprécient beaucoup. Au début, ils sont peut-être un peu étonnés, mais en fait, d'abord, on peut aller partout avec son aiguille, son fil, on peut beaucoup de n'importe où. Tout mon atelier, ma conception, c'est de tout faire à la main. Mais je n'ai vraiment pas envie de tout faire vite comme l'industrie. Je n'ai plus envie du tout de ça. Au contraire, il faut prendre le temps de vivre. Il faut prendre le temps de choisir, le temps de s'écouter. Ça fait partie du processus et de l'idée de l'artisanat aussi, je pense. Il y a un côté, on est avec soi-même, on s'écoute. Et c'est quelque chose qui vient de très loin en nous. La main de l'homme, mais pas de l'industrie. Je trouve qu'on a été trop loin. J'ai envie de revenir en arrière et qu'on remette les choses en face. Parce que ça sert à quoi d'aller si vite et de produire autant finalement ?
- Speaker #1
On n'a pas besoin de 500 000 vêtements, on n'a pas besoin de changer toutes les années de mobilier. Et tu penses que c'est possible justement qu'on ralentisse ?
- Speaker #0
Moi j'ai tout le pour, oui. Ah oui ? Tu n'y crois pas ?
- Speaker #1
Si, si j'y crois, mais est-ce que tu vois le futur de notre société qui va ralentir ? Comment tu... Comment tu vois en fait l'artisanat dans le futur ?
- Speaker #0
Non mais ça va faire peur. Moi, je pense beaucoup à Astérix en fait.
- Speaker #1
Non mais j'imagine un peu le petit village. J'aimerais bien qu'on revienne, tu vois, avec le village, avec le poissonnier. Tu vois, les petits commerces de proximité.
- Speaker #0
Et quand j'entends et quand je vois des articles sur « Ouais, c'est génial, on a Ikea qui s'installe en ville. » Bah non, c'est une catastrophe. Tous les petits commerçants qui font des trucs à côté, magnifiques, on ne va pas les voir. J'aimerais beaucoup m'entourer davantage d'artisans, en fait. Travailler avec des gens, tu vois, en partenariat et tout ça. Parce que c'est vrai que l'artisan est quand même assez seul, finalement. Tu vois, moi, ce que j'aimais bien dans mon métier, c'est que, justement, j'étais en relation avec plein de gens qui faisaient des choses différentes. Tu vois, sur le type qui devant les tissus, le type qui devant les boutons. Et j'aimais bien aussi ce côté-là. Bon, alors là, j'ai le client. Mais ce n'est pas un échange de la même façon. Ce n'est pas un échange de savoir-faire. Tu vois, ce n'est pas pareil. Et ça, j'aimerais bien pouvoir avoir des passerelles comme ça pour... Pour travailler avec quelqu'un, par exemple, qui ferait les boutons que je mettrais sur les vêtements. Quelqu'un qui tisse la matière et moi, je récupère la matière. Je vais essayer de tendre vers ça parce que ça me plaît beaucoup.
- Speaker #1
Donc, pas forcément être géographiquement avec eux, mais en partenariat avec eux.
- Speaker #0
Oh bah si, c'est bien quand même de pouvoir échanger et de se voir aussi quand même. Je pense que c'est bien. Parce que ouais, quand t'es artisan, t'es quand même vachement seule, je trouve. Bon après, il y a des gens qui aiment bien. Moi, j'aime bien. parfois, mais pas tout le temps. C'est bien aussi d'avoir des projets en commun avec des gens, je trouve.
- Speaker #1
Est-ce que ce n'est pas l'entrepreneuriat en général qui isole ?
- Speaker #0
Pas forcément, parce qu'il y a des gens qui sont entrepreneurs, mais qui ont des employés ou qui ont des fournisseurs. Ce n'est pas mon cas. Moi, je vais acheter mes tissus comme tout le monde. Après, j'ai les clients, c'est sûr. C'est super plaisant. Mais en fait, j'aimerais être... davantage peut-être développer un produit parce que c'est quand même j'aime beaucoup ça, créer moi-même, ça c'est super, ça c'est le graal c'est le truc suprême c'est génial en plus quand ça plaît c'est super agréable mais quand je mets un modèle en vitrine et que toutes les 5 minutes il y a des gens qui me disent ah vous vendez alors je vends pas pour l'instant mes modèles parce que je peux pas me produire derrière, toute seule Mais c'est super plaisant. C'est une reconnaissance. C'est agréable. Donc ça, j'aime bien quand même. Donc je vais voir. C'est réfléchir. C'est encore en travaux.
- Speaker #1
Tu pourrais continuer la couture main en, je ne vais pas dire industrialisée, mais en produisant ?
- Speaker #0
Non, c'est difficile. Et puis les gens ne se rendent pas compte. Enfin, je veux dire, tu vois, ma mère me disait, par exemple, quand elle était chez Balmain, Pour une robe, c'était minimum 40 heures de travail. Bon, alors, c'était de l'autre couture, mais 40 heures de travail, tu vois. Moi, quand je fais une robe ou un vêtement, c'est quand même 5 heures, 4-5 heures de travail. Les gens, ils ne sont pas prêts à payer, ils veulent payer, parce qu'ils voient des prix 5 euros la robe à côté. Ils ne comprennent pas encore la différence. Mais c'est fou, quoi. Moi, j'essaye de... J'essaye de leur expliquer, mais la valeur des choses, le temps qu'on passe... Alors moi, c'est plaisant, mais je ne pourrais pas vivre en vendant une robe 5 euros, en mettant 5 heures de travail dessus, sans parler des matières. Non, ce n'est pas possible. Et puis les gens qui essayent, sincèrement, chapeau. Puis ils ont un autre positionnement. Ils sont plus peut-être dans justement la haute couture, la couture. Et ça, ce n'est pas forcément un univers qui me correspond bien. Je ne suis pas trop là en fait. Moi, je suis plus simple. J'ai envie d'être plus sur le vêtement du quotidien. Voilà. pas un vêtement exceptionnel. Ça n'empêche pas, ça peut être un vêtement exceptionnel, mais je n'ai pas envie de mettre des plumes, des strass, des je ne sais pas quoi. Moi, j'aime bien les choses relativement simples, mais qui ont une âme en fait.
- Speaker #1
Si tu lances ton projet de création de vêtements, toi tu ferais la création, est-ce que tu ferais la production ou tu ferais produire ?
- Speaker #0
Ça peut être une réflexion parce que je vois plein de gens qui créent et qui font produire. de façon relativement artisanale qui font travailler des gens en difficulté. Ça, je trouve ça vachement beau aussi. Ça, c'est super. Parce que la boucle est bouclée. Je trouve que si tu recycles, il y a des gens qui font ça. Tu recycles un tissu, tu fais travailler des gens qui ont besoin de travailler. Je trouve que c'est vachement beau. Enfin, chapeau. Franchement, je trouve que c'est magnifique de faire ça. Je ne sais pas si je ferais ça parce que moi, j'aime bien maîtriser. J'aime bien... J'aime bien coudre aussi. Du coup, maintenant que j'ai découvert ça, parce qu'avant, je ne faisais absolument pas de couture. Avec mon projet que j'ai découvert, la façon de coudre soi-même, avant, c'était hors de question que je prenne une aiguille quand j'étais styliste uniquement dans l'industrie. Donc, non, je trouve ce sujet pas grave. Je vais essayer de faire moi-même une partie. Puis peut-être, oui, en partenariat avec d'autres personnes, comme je te disais. Je ne sais pas encore. Si je savais, je te dirais.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux me raconter une anecdote sur une période de ta vie qui fait que t'as été inspirée, t'as changé ?
- Speaker #0
Bah oui, j'étais inspirée par ma mère, ça je l'ai déjà dit. Les gens avec lesquels j'ai travaillé, c'était des gens qui avaient une personnalité très forte. Et c'est intéressant, on est un petit peu comme envoûté par ces gens. C'est un rapport humain assez particulier. Il n'empêche que c'était mes idées. Mais il se les approprie, forcément. Eux, ils donnent le chemin, mais les idées, après, ils les prêtent des autres, quand même. C'est un peu comme des gourous, quoi. Je ne sais pas expliquer. C'est très particulier. Alors, ce n'est pas une anecdote, mais c'est un fait, quoi. Des fois, on peut se retrouver dans une situation, dans une entreprise. Les gens qui ont monté la boîte ont tellement de force, de caractère. Tu es un peu hypnotisé, quoi. Alors, ça, du plus et du moins, parce qu'on peut se faire bouffer, quoi. Et puis, on peut y laisser sa santé, sincèrement. Moi, enfin, je veux dire, j'étais aussi... passionnée par mon métier. Donc on peut aller très loin dans ses forces. Et ça, il faut se méfier quand même. Parce que ça peut se retourner contre soi. Et à chaque fois que je parle de ces sujets, j'arrive plus à respirer. Mais c'est systématique. J'étais tellement dans un... Jusqu'au bouddhisme et un stress de vouloir y arriver. Mais à la fin, on te demande un truc impossible. Donc t'essayes quand même. Mais tu fais quoi ? Après, tu te jettes par la fenêtre. C'est horrible. Tu vois, il y a un moment, il faut savoir arrêter. Donc je trouve que la leçon, c'est quand même arriver à garder le contrôle. Je pense que les jeunes aujourd'hui arrivent mieux à le faire. Je pense que les jeunes ont davantage d'emprise sur leur vie et sur leur choix. On leur donne davantage la parole peut-être aussi. Ils maîtrisent peut-être mieux leur avenir. Mais moi à l'époque, je ne sais pas, on écoutait. On écoutait davantage les anciens ou ceux qui savaient. Et du coup, on se laissait quand même emporter et il fallait suivre. Dis donc, au secours. Et dans le milieu de la couture, je pense que je n'ai même pas vu le tiers du quart de ce qui a pu se passer dans les ateliers de couture, dans les grandes boîtes de haute couture, justement. Je pense qu'il y a des gens qui ont énormément souffert. On n'en parle jamais. On n'en parle jamais. Quand on voit les émissions où on voit les modélistes en train de faire les vêtements pour les défiler. En backstage, c'est eux qui font les vêtements. On change d'avis à la dernière minute. Ce n'est pas très positif ce que je raconte, mais c'est pour mettre en garde les gens, peut-être par rapport à une passion, s'ils la mettent au service de quelqu'un ou d'une marque. Il ne faut jamais oublier sa personne et qui on est, parce que c'est quand même très dangereux.
- Speaker #1
C'est intéressant cette barrière entre passion et l'équilibre.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, chaque artisan vit de sa passion. Mais comment faire en sorte que sa passion n'empiète pas sur sa vie personnelle, sur sa santé ? Que ça devienne un...
- Speaker #0
Qu'il y ait un équilibre. Parce que ça fait partie de la personne. Ça fait partie complètement de la personne. Quand on est artisan, on est habité par son activité. Nuit et jour. Moi, je veux dire, ça m'arrive de me coucher, de dormir, et de me lever le lendemain matin. J'ai mon idée, et en fait, pendant que je dormais, j'ai travaillé sur mon projet. Mais c'est dingue. Mais vraiment, plein de fois, ça m'est arrivé. C'est vraiment habité par ton activité. Ça fait partie de toi. C'est une passion qui est en toi. Et donc, la limite, il n'y en a pas. Il n'y a pas de limite. À part la fatigue, le burn-out, si tu as trop de commandes, que tu veux satisfaire. Donc, il faut se protéger quand même, oui. Parce que bon, évidemment, on ne veut pas tous finir à l'hôpital. Mais à la fois, on est tellement passionnés. Je veux dire, c'est comme en amour. Il n'y a pas de limite. Il faut arriver quand même à se dire, « Ah mais non, mais attends, je vais quand même aller voir les amis. Ah bah non mais attends là c'est quand même que j'allais manger peut-être Dormir aussi, ça serait pas mal, mais je pense qu'il faut s'imposer, il faut s'imposer à un rythme. Quelles sont tes sources d'inspiration ? De plus en plus l'artisanat, de plus en plus ce qui est fait à la main. Je m'en inspire et je découvre à chaque fois de nouvelles techniques, de nouvelles choses, et je creuse de plus en plus. Et puis ça, la matière première qui est ce que je disais tout à l'heure, ce qui m'intéresse beaucoup, c'est l'upcycling ou récupérer des vêtements existants. C'est une matière, en fait, on ne l'a pas anticipée. On ne va pas acheter un truc qu'on sait qui existe, on ne sait pas sur quoi on va tomber. Et ça, c'est le hasard. Donc, on va en fait partir de ce qu'on trouve pour en faire autre chose. Ça, j'aime bien le côté un peu surprenant. Et moi, ce qui m'inspire beaucoup aujourd'hui, c'est un état d'esprit positif. Des gens qui se tournent plutôt vers la lumière, vers des vraies valeurs de relations humaines, de respect de l'environnement, s'émerveiller devant ce qui nous est offert. La vie, les animaux, la nature, c'est tellement magique. Je suis vraiment émerveillée devant la nature et tout ce qu'on a et tout ce qu'on est en train de gâcher. avec la surproduction et tout ça. Donc, je parle beaucoup de ça. Alors, c'est intéressant parce que je parle énormément de ça avec mes clients. Je ne sais pas, pourtant, je ne communique pas du tout sur ça pour mes ateliers. Pas du tout, ce n'est pas ce que je mets en avant. Atelier de styliste, ça n'induit pas que tu vas parler d'environnement pendant deux heures. Mais en fait, on passe une journée parfois, c'est la journée de styliste. Pendant toute la journée, on parle avec les gens de ces sujets et... Tous les gens qui viennent ici sont aussi concernés par ces sujets. C'est génial. Du coup, on échange des bons plans, des adresses, des façons de faire. C'est ça qui m'inspire beaucoup, en fait. L'avenir, mais d'une façon éthique.
- Speaker #1
C'est une belle note optimiste. Quels sont aujourd'hui les principaux enjeux que tu rencontres dans ton métier de styliste ?
- Speaker #0
Je vais faire là, par exemple, je me suis inscrite sur un truc pour développer mes compétences sur Instagram. Parce que même si j'ai beaucoup de gens qui viennent à l'atelier, je trouve que c'est un super vecteur Instagram. Je trouve ça très intéressant. Et je décolle pas. Mes followers bougent pas. Donc j'arrive pas vraiment à capter. Je sais pas trop. J'arrive pas. Je sais pas. Bon, à la fois, je fais pas que ça. Donc heureusement pour moi. Mais ça, j'ai envie de développer. Et puis, j'ai envie de me rapprocher des gens, justement, qui sont dans la même voie que moi. Je vais aller, là, il y a une vente secrète d'une fille qui recycle, qui fait une marque de vêtements en récupérant des... C'est les récupérables, je pense. Ça marque. Donc je vais me rapprocher de ces gens parce que je trouve que ça peut être une communauté super intéressante et je voudrais partager davantage avec eux. Pas forcément dans un but de gagner de l'argent, c'est dans un but d'échange et de bienveillance. En fait la bienveillance, je n'en ai pas parlé mais c'est pour moi quand même quelque chose de super.
- Speaker #1
Du coup, je reviens à la dernière question pour conclure un peu toute notre discussion. Comment tu vois l'avenir de ton artisanat en général ?
- Speaker #0
Déjà, il y a une prise de conscience qui commence à s'opérer. Il y a eu plein d'émissions sur ces sujets de pollution, etc., textile. Il commence à y avoir des mesures. Par exemple, il y a deux, trois mois, il y a une mesure qui interdit de brûler ou de détruire les invendus. Je pense que du coup, l'industrie va changer par rapport à tout ça. Ils vont commencer aussi à se prendre en main. Les gens communiquent énormément dessus, mais en fait, ils ne font rien. Les H&M et compagnie, genre, oui, on fait des trucs verts, machin, tu parles, ils ne font rien du tout. Ils ont même, j'ai même entendu récemment qu'ils ont essayé de faire travailler les gens en Éthiopie pour les payer 25 euros par mois. Il y a quand même du travail. Il faut quand même bouger les mentalités et je pense que c'est le travail de chacun. Et ça ? C'est vraiment lent. Je pense qu'il va y avoir une révolution. De révolution dans le sens où tout le paysage économique va changer. J'espère, en tout cas. Ça va devenir autre chose, j'espère aussi. Mais je pense que tous les gens qui travaillent dans ces industries, à un moment donné, ce n'est pas possible de continuer comme ça. Donc, il va y avoir un changement. J'ai vu aussi des trucs sur l'impression 3D. On peut maintenant créer des vêtements qui sont imprimés directement. C'est intéressant. Il faut voir avec quelle matière première. Il peut y avoir peut-être, peut-être qu'il y aura des vêtements éphémères, peut-être, tu vois, un vêtement que tu portes une journée puis qui se désintègre, j'en sais rien, tu vois. Un vêtement fait, par exemple, avec de la fécule de pomme de terre, j'en sais rien, tu dis n'importe quoi, mais pourquoi pas ? Truc, tu vois, du coup, c'est créatif, tu peux avoir un modèle et puis après, il disparaît dans la nature. Pourquoi pas ? Ça peut être des réflexions. Je pense que les jeunes qui sont dans les écoles de mode aujourd'hui réfléchissent beaucoup à toutes ces options. Et je trouve ça très intéressant. La mode comme elle existait, c'est mort. Je crois qu'il faut arrêter. Ce n'est plus la peine de continuer comme ça. C'était beau, mais je trouve que la mode, comme je disais tout à l'heure, la mode aujourd'hui, c'est pour moi, de créer, mais en conscience, avec ces sujets. Donc ça peut être des nouvelles matières. Maintenant, on fait du cuir avec de l'ananas, de la banane. Tu vois, c'est des nouvelles matières. qui ne polluent pas en se détruisant. Bon, après, est-ce que ça ne pollue pas en fabriquant ? Bon, sûrement moins que du plastique, en tout cas. Mais il y a tout un travail. Et ça, c'est passionnant. Il faut s'intéresser à tout ça. Et je pense qu'il faut encourager en achetant. En achetant les tennis Veja, les jeans. Alors, j'ai vu qu'il y avait des jeans fabriqués en lin. Le lin, c'est quand même le premier producteur mondial de lin. C'est une matière qui n'a pas besoin d'eau pour pousser, qui n'a pas besoin de pesticides et qu'on exporte. On ne l'utilise pas pour fabriquer des choses en France. C'est quand même étonnant. Ça va changer, je pense que ça va changer. Donc j'ai vu qu'il y avait des jeans faits en lin qui commencent en France. Donc il faut encourager ces gens, il faut acheter ça plutôt qu'acheter un jean. pourri, qu'on m'a payé 5 euros, qu'on va mettre deux fois et qu'on va jeter à la poubelle, et qui a une empreinte carbone énorme. Donc voilà, je ne veux pas faire la morale aux gens, mais il faut se dire que si on veut que ça change, il faut participer, il faut encourager tout ça, ce mouvement. C'est ça l'avenir.
- Speaker #1
C'est une belle conclusion, merci beaucoup Lou.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Merci pour ton accueil.
- Speaker #0
C'était le plaisir. Merci beaucoup pour votre écoute. J'espère que le parcours de Lou vous aura inspiré.
- Speaker #1
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