- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans mon atelier.
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast d'Histoire d'artisan. Je suis Lisa Millet, présidente de l'association Eponyme. Histoire d'artisan valorise l'ingénierie des artisans d'art en mettant en avant l'innovation et la recherche au sein des ateliers. Dans cet épisode, nous retrouvons Victor Baer, peintre en lettres et graveur, pour explorer une autre facette de son savoir-faire. Après avoir découvert la peinture en lettres, place à la gravure. De la pierre au métal, en passant par le bois, Victor nous dévoile les subtilités de cet art exigeant. Il nous parlera de son parcours, de son passage par la taille de pierre et de la calligraphie, et nous racontera quel est son lien unique avec des lieux emblématiques comme le Panthéon, ou encore des créations d'exception comme la sépulture de Michel Rocard sculptée par Pierre Soulages. Un voyage fascinant au cœur des lettres sculptées et de la transmission d'un métier d'exception. Belle écoute ! Bonjour Victor et merci de m'accueillir dans ton atelier. Victor, tu es peintre en lettres et graveur. Dans le premier épisode, on a parlé du métier de peintre en lettres. Moi, j'ai très envie de découvrir ton métier de graveur, donc je pense qu'on va plus l'explorer dans cet épisode. La première question que je vais te poser, Victor, c'est comment tu as rencontré ton métier ?
- Speaker #0
Alors, au tout début, je voulais travailler dans les monoméliores historiques, en restauration en taille de pierre. Donc j'ai commencé par là. Pendant cette formation, j'étais quand même assez content de pouvoir découvrir la matière, les ciseaux, sortir des formes. Mais j'ai assez vite compris que j'allais me cantonner à devoir reproduire des choses qui ont déjà été faites et il n'y avait pas assez de création à mon goût. J'avais peur de ça en tout cas en formation. Et j'en ai discuté avec mes professeurs de l'époque qui m'ont dit « Il y a une formation de graveur sur pierre, ça dure un an, je pense que c'est fait pour toi. Tente-le, tu n'as rien à perdre. Au pire, ça ne t'apportera que des bonnes choses. » Et voilà, je suis arrivé dedans et j'ai découvert la lettre à ce moment-là. Et c'était une révélation. J'ai dit, en fait, plus que la pierre, c'est la lettre qui me plaît. Et donc, j'ai quand même gardé cet attrait pour la pierre. Mais c'était un support. Et j'ai essayé de décliner au maximum les techniques que j'ai apprises en gravure sur pierre pour les faire sur d'autres supports comme le bois, le verre et le métal.
- Speaker #1
Parce que du coup, encore une fois, on n'en a pas parlé dans l'épisode 1, mais est-ce que tu peux nous expliquer concrètement ce qu'est le métier de graveur ?
- Speaker #0
Le métier de graveur sur pierre... parce que c'est encore différent du métier de graveur pour l'impression, pour faire de la gravure taille douce sur du cuivre et après faire des planches à imprimer. C'est de graver des lettres et des motifs type ornement. Donc on est entre de la gravure et de la sculpture. En gros, c'est du bas-relief et c'est pour principalement graver des inscriptions commémoratives ou d'inauguration et du funéraire. Ça, c'est le plus gros du marché de graveur sur pierre. Donc la formation, elle s'est orientée à base pour ces métiers-là, mais évidemment, ça peut déboucher sur de la décoration et ça dépend à quel point on pousse son critère d'exigence.
- Speaker #1
Donc tu as découvert le métier de graveur par le métier de tailleur de pierre et ensuite tu as découvert le métier de peintre en lettres par le métier de graveur.
- Speaker #0
Et de calligraphie. En fait, c'est-à-dire que quand j'ai fait cette formation, c'était un an, donc un an d'apprentissage, c'est très court et sur un an, on n'a pas le temps d'approfondir. En fait, là, il y a eu un an où c'était vraiment pour découvrir le métier, essayer d'avoir un maximum de connaissances techniques sur la gravure sur pierre. Mais on avait des cours de dessin de lettres et de calligraphie qui étaient très bons, mais pas suffisamment pour le niveau que je voulais atteindre. Et donc, j'ai continué après cette formation à prendre des cours de calligraphie avec des maîtres calligraphes qui faisaient que ça, qui étaient spécialisés en calligraphie. Et donc, là-dessus... au fur et à mesure, en cherchant, en m'entraînant, en regardant les différents supports, en me disant tiens, la calligraphie c'est à la plume, on peut aussi la faire au pinceau. Et au pinceau, je suis tombé un moment sur une vidéo de peinture en lettres. Et là j'ai fait, qu'est-ce que c'est ? Et je suis tombé sur ce fameux documentaire Signed Painters, où là il y avait une bande-annonce de 2 minutes 30, le film était payant, je l'ai acheté tout de suite, il était en anglais, je l'ai regardé deux fois dans la soirée, je me suis couché à 2 heures du mat pour tout comprendre, et c'était parti. Et en fait, là c'est... le cheminement de la lettre à travers les techniques. C'est-à-dire que c'est la lettre qui est le fil directeur de ma formation, finalement. Et ça a commencé avec la gravure sur pierre, la calligraphie. En même temps, je me suis intéressé à la gravure sur bois, parce que les techniques sont assez proches de celles de pierre. Et la calligraphie m'a amené sur la peinture en lettres.
- Speaker #1
Dans ta vitrine, tu as un échantillon de pierre tombale, non ?
- Speaker #0
Oui, il y en a un.
- Speaker #1
Je me suis gardé cette question pour maintenant. Est-ce que tu as déjà fait des pierres tombales ?
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Est-ce que tu savais qu'on pouvait faire... Tu pouvais décider de ton épitaphe pendant que tu vivais ?
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
tout à fait. C'est génial. Moi, je vais mettre ça dans mon testament. Genre, c'est Alex Vizorek. qui a fait une vidéo avec le croque-mort, je crois. Je crois avoir compris que c'était le croque-mort du père Lachaise et qui racontait qu'en fait, il y a des gens qui ont déjà acheté leur tombe, qui sont déjà en train de les personnaliser.
- Speaker #0
C'est assez bien.
- Speaker #1
Je trouve ça génial. Et en gros, il y a une meuf, elle n'est pas encore morte, mais elle a déjà écrit, genre écrivaine célèbre, alors qu'elle n'est absolument pas célèbre. Bref, j'ai trouvé ça génial et je me suis dit que c'était mon life goal, que j'allais faire ça dans ma vie. Tu ne veux plus acheter en amont au père Lachaise parce qu'il n'y a plus de place. Mais en revanche, je pense que dans mon testament, il y aura mon épitaphe. Et genre, à ma bien-aimée, ne m'intéresse pas du tout. Bref, voilà. Du coup, tu fais aussi des pierres tombales.
- Speaker #0
J'ai commencé par là, en fait. Après la formation de graveur sur pierre, qui était dans une petite école à Coutances, on était 11 élèves. C'était assez exceptionnel. Parce que ce genre de formation, il y a plutôt 2, 3, 4 élèves maximum.
- Speaker #1
Zéro rentable.
- Speaker #0
C'est pour ça que ça a fermé. Après cette formation, je suis revenu sur Paris et je suis allé au Père Lachaise pour trouver un graveur sur pierre pour continuer à me former avec lui et travailler. Et je suis tombé sur un très bon graveur sur pierre qui a accepté de me prendre sous son aile les lundis et vendredis, à chaque fois qu'il venait. Et donc, j'ai continué à progresser avec lui. Et c'était exceptionnel. Donc, j'ai commencé à faire de la gravure funéraire. Et alors, vu comme ça, ça peut paraître un environnement un peu glauque. Enfin, en tout cas, pas attirant. Mais... Pour l'apprentissage, c'est un environnement extrêmement exigeant, donc formateur, parce qu'on n'a pas le droit à l'erreur. Donc je l'ai suivi pendant un an, et la première année, je n'ai pas gravé une seule tombe, j'ai gravé les numéros de concession qui étaient inscrits au dos des sépultures, parce que ça, ça ne se voit pas trop, c'est ok pour apprendre. Et au bout d'un an, il m'a laissé graver les premières stèles.
- Speaker #1
Le marbre, c'est tellement cher.
- Speaker #0
Voilà. Et puis, la source d'embêtement que ça crée quand il y a une erreur, c'est... Plus que l'argent, c'est de devoir changer la pierre, refaire les inscriptions qu'il y avait avant, en plus de celles qui sont ratées.
- Speaker #1
C'est vrai que tu ne peux pas mettre du blanco.
- Speaker #0
Donc c'est une formation qui m'a mis une exigence sur le travail, assez haute, peut-être parfois trop, mais ça m'a en tout cas inculqué une méthodologie de travail qui fait que je fais toujours attention à ce que je fais pour ne pas faire des erreurs.
- Speaker #1
Et puis, environnement, père, la chaise, je trouve que c'est un très très beau cimetière. Et surtout, j'allais te dire, finalement, t'as très peu de temps pour faire une pierre tombale.
- Speaker #0
Oui, après, t'as le temps dont t'as besoin.
- Speaker #1
Si, parce qu'en fait, quand tu fais un enterrement, tu mets pas tout de suite la pierre tombale et tu peux la mettre plusieurs mois après.
- Speaker #0
Effectivement, c'est très, très rare que le nom soit gravé avant la cérémonie. C'est même extrêmement rare. C'est plutôt, il se passe un an, six mois, un an. Il faut le temps que les personnes fassent leur deuil. Parce qu'en fait, on vient un peu acter quelque chose. Tu te retrouves sinon à... faire un deuil devant une pierre vierge ou en tout cas un caveau familial, mais il n'y a pas un nom d'inscrit. Et en général, quand le nom est inscrit, il y a quelque chose qui change chez les personnes.
- Speaker #1
Oui, c'est émouvant. Ça doit faire partie de ces métiers où tu dis que c'est un peu glauque, mais finalement, tu as un rôle dans la vie des gens qui est non négligeable.
- Speaker #0
Souvent, on dit que le métier de graveur sur pierre, c'est le dernier métier auquel on fait appel dans sa vie. Parce qu'on vraiment, c'est à la tête.
- Speaker #1
Non, mais c'est vrai. Bon alors, ce n'est pas toi qui fais trop appel, mais on fait appel pour toi. Ok, donc tu as fait de la pierre tombale, tu as découvert le métier de peintre en lettres. Et après ça ?
- Speaker #0
Et après ça, je me suis dit que je voulais continuer à progresser en faisant une combinaison de toutes ces compétences et toujours à les appliquer, mais en me disant si je peux explorer des choses que je n'ai jamais faites, c'est parfait. Donc là, c'est l'objectif des prochaines années. C'est toujours d'être en recherche, d'aller travailler des matériaux que je connais, mais... avec des textures, des aspects que je n'ai pas encore proposés à mes clients pour amener ça sur des choses un peu plus loin que ce que je fais actuellement.
- Speaker #1
Mais moi, ma question, c'est quand est-ce que tu t'es lancé toi en tant qu'indépendant ?
- Speaker #0
Dès le début. C'est le problème sur les métiers d'art qui sont très niches. C'est qu'il n'y a pas de structure suffisamment grosse pour dire qu'on peut se faire employer à un endroit. Donc, pour réussir à continuer, il faut se mettre à son compte. Les premières années sont un petit peu difficiles. Dans le sens où il faut sélectionner entre faire assez de travail pour vivre et pas trop pour avoir du temps pour continuer d'apprendre. Donc c'est cette équipe libre-là qui est un petit peu compliquée à trouver, mais après une fois que c'est lancé, c'est bon.
- Speaker #1
Et après tu ne peux pas dire, il y a des chantiers que j'accepte, faisant une ristourne en disant, je ne suis pas expert dans la technique, donc je vous fais une ristourne et comme ça je teste avec vous.
- Speaker #0
Non, ce n'est pas comme ça que ça se passe. Oui, je sais faire. Mais je n'ai jamais fait, ça on ne le dit pas. Et puis après, c'est de prendre le temps d'explorer avant que la commande arrive, pour le jour où ça arrive, être prêt.
- Speaker #1
Rihanna, elle a dit, fake it until you make it.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Très bien. Donc toi, tu es dans cet état d'esprit de fake it until you make it.
- Speaker #0
Je l'ai été, et après, maintenant, je sais que s'il y a des choses que je n'ai jamais faites, et qu'on me demande de faire, je me dis, ok, avec mes connaissances, mes compétences, je pense que je pourrais y arriver par ce biais-là. Alors, c'est toujours pareil, quand on est novice sur un matériau, c'est une faiblesse, mais... d'avoir des compétences par d'autres, c'est aussi un atout, parce que je vais attaquer une matière comme d'autres ne l'auraient pas fait par le biais traditionnel de l'apprentissage. Donc c'est comme ça que par exemple, j'ai mes premières gravures sur cuivre, sur métal, c'était un cuivre patiné, et je voulais reproduire le même effet de gravure que sur du massif, sur de la pierre, où par exemple, là, une pierre, c'est 2-3 cm d'épaisseur. On vient vraiment retirer quasi un centimètre de matière. Là, une plaque de cuivre, c'est 2 mm d'épaisseur. Et comment donner cet effet en trompe-l'œil de profondeur ? J'ai exploré la matière, juste à me dire, si je la grave de cette manière, à droite, à gauche, d'avoir un outil de coupe, si je le fais de haut en bas, et en même temps de haut en bas, droite à gauche, la lumière, elle prend différemment. Et en ayant compris ça, je me suis dit, là, je vais pouvoir donner un effet de lumière et d'ombre. Par conséquent, en faisant l'opposé et donner cet effet de profondeur alors que je grave un trait sur un demi millimètre.
- Speaker #1
Ok, donc tu t'auto-formes.
- Speaker #0
C'est beaucoup ça, les métiers d'artisanat.
- Speaker #1
Oui, après tu disais, il y a encore des techniques que je ne sais pas faire. Je pense que quand tu auras 40 ans de carrière, il y aura encore des techniques que tu ne sauras pas faire. Absolument. Et tant mieux pour toi, j'ai envie de te dire. Ce serait incroyable si au bout de 10 ans, tu savais tout faire. Tu dirais, et maintenant ?
- Speaker #0
De toute façon, même, c'est impossible.
- Speaker #1
Et c'est, encore une fois, c'est ça qui fait la richesse.
- Speaker #0
Et après, ça dépend. Il y a des personnes qui vont avoir plaisir à se perfectionner dans quelque chose et de le faire vraiment de manière impeccable sur un métier. Je pense aux meilleurs ouvriers de France, où ils poussent le détail très, très loin. Moi, j'ai une vision, peut-être pour l'instant, peut-être qu'elle changera, mais d'essayer d'arriver à un niveau de compétence sur chaque compétence qui n'est pas à 100% ou à 99%, mais déjà d'arriver à 85-90%. 10% de compétences acquises, ça permet d'avoir une grosse liberté de création. Et en général, les 10% restants pour maîtriser un art, ils sont très difficiles d'accès. C'est du perfectionnement qui est à hauteur des meilleurs ouvriers de France.
- Speaker #1
Je crois que j'en ai déjà parlé dans ce podcast, mais il y a un terme au Japon pour parler des artisans qui ont 10 000 heures d'expérience.
- Speaker #0
C'est un credo qui est assez vrai de dire que le cap des 10 000 heures, on parle en apprentissage. Sinon, c'était un peu ça qui était dit. C'était 10 ans pour un métier, pour dire que tu le maîtrises.
- Speaker #1
Globalement, tous les artisans me disent, pour maîtriser un métier, c'est 10 ans. Mais là, en l'occurrence, ils ont un terme, c'est des takumi. 60 000 heures, pardon.
- Speaker #0
Ah oui, eux, ils ont mis le cap au-dessus.
- Speaker #1
Donc, ce n'est pas 10 000, c'est 60 000. Et du coup, oui, c'est bien 30 ans. Et ouais, moi, déjà, je trouve que quand tu as un terme, dans une langue pour désigner des artisans experts de chez experts, ça forcément implique la relation que tu as avec l'artisanat dans le pays. En France, tu peux dire qu'il y a les meilleurs ouvriers de France, mais tout le monde ne le passe pas. D'ailleurs, je voulais te poser la question de savoir s'il y avait des moffs peintres en lettres.
- Speaker #0
Il y avait.
- Speaker #1
Et en fait, comme tu as dit dans l'épisode 1, comme il n'y a plus de code APE, j'imagine qu'il n'y a plus de moffs.
- Speaker #0
On n'en est pas à remettre le moff. Déjà, on en est à essayer de remettre probablement une formation, ce qui serait déjà... Euh... quelque chose de très très gros et après on verra. C'est dingue. Après c'est deux choses très distinctes donc ça pourrait aller assez vite dans les prochaines années à remettre en place si effectivement il y a un renouveau de la peinture en lettres qui est encore plus conséquent que ce qu'il est aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui mais pour moi le fait qu'il n'y ait pas de MOF, le fait qu'il n'y ait pas de code APE, tout ça c'est quand même un discours que tu portes aux artisans de « ben votre métier on ne sait pas si il est utile quoi » .
- Speaker #0
Pas tant que ça mais c'est plus qu'en fait le renouveau il est tout frais, là on parle de quelque chose où vraiment ça fait trois quatre ans. où ça sort aux yeux du grand public, c'est vraiment tout frais. Ça sort tout chaud du four. Le métier, il était à deux doigts de disparaître totalement. Et là, on est quand même passé, en 10 ans, d'une quinzaine de personnes en France à un peu plus de 100. Donc là, ça y est, la bonne pente, elle est mise en place, tu vois. C'était pas encore gagné. Si en 2010, tu demandais aux peintres en lettres en activité, est-ce que vous pensez que les jeunes, ils sont intéressés, etc., par votre métier ? Ils disaient, c'est fini. Et nous, ça nous arrive encore de travailler dans la rue et de croir à l'aisé des anciens peintres en lettres. Ils nous font, oh, les jeunes ! Il faut faire autre chose maintenant, il y a de l'adhésif.
- Speaker #1
Il y a de l'adhésif. Oui, mais ça ne fait pas le même effet. C'est ça. Mais du coup, si on en revient à toi, à ton historique à toi. Donc toi, tu as vu ce reportage dont on a parlé dans l'épisode 1 en 2014. Ensuite, tu t'es formé.
- Speaker #0
Je me suis formé en gravure sur pierre avant. Et j'ai découvert en 2016 le documentaire, moi.
- Speaker #1
En 2016 ?
- Speaker #0
Oui. À ce moment-là, j'ai... J'ai rencontré une peintre en lettres bretonne avec qui j'ai pris des cours. Après, il y a eu une rencontre internationale de peintres en lettres à Londres en 2018.
- Speaker #1
Oh wow !
- Speaker #0
Ça, c'était exceptionnel. On était 250 peintres en lettres du monde entier pendant trois jours et demi à la OXO Tower à Londres. Et c'était assez dingue. Il y avait des ateliers dans tous les sens pour t'apprendre la dorure, les techniques de filet, comment dessiner des lettrages. Il y avait vraiment plein de choses, des conférences et des expositions. Donc ça, c'était vraiment... très, très enrichissant et ça a montré que ça y est, le renouveau de la peinture en lettres, il était fait, il y avait beaucoup de jeunes et beaucoup d'anciens qui étaient enfin heureux d'avoir des jeunes à quitter à transmettre. Parce que ça, c'est aussi un sujet. Ça arrive d'avoir des gens passionnés et qui se retrouvent avec personne en face pour reprendre le savoir. Donc il y a eu ça et 2018, on parle de quelque chose qui n'est pas très vu, ça a 6-7 ans. C'est à ce moment-là où ça commençait à s'accélérer un petit peu.
- Speaker #1
Et toi, la création de ton entreprise, c'est quand ?
- Speaker #0
C'est 2014.
- Speaker #1
Donc, tu as monté ta boîte en 2014 de graveur.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et à partir de 2016, tu as voulu rajouter la peinture en lettres.
- Speaker #0
Oui, c'est à partir de 2016-2017, ça a commencé à être plus conséquent.
- Speaker #1
OK. Et maintenant, ce que tu racontais, c'est que l'idée, c'est de te diversifier et de pouvoir proposer autre chose que juste de la gravure et de la peinture en lettres. C'est de faire plein d'autres...
- Speaker #0
Là, je suis dans une phase où je transmets mon savoir. J'ai une apprentie au sein de l'atelier. Il y a quand même pas mal de travail qu'on doit faire rentrer pour ça, pour qu'elle emmagasine le savoir technique à l'atelier. Et après, il y a le savoir de chantier. Un peu tout le bon sens de comment se placer, comment gérer un niveau sur une façade où il n'y a rien de droit. Comment centrer les éléments, parce que si tu centres toujours au centimètre et que tu te recules et que tu te dis, tiens là, il y a tel élément sur la façade, la poignée de porte, la vitre, il y a un élément de déco, ça ne matche pas. Donc tout ça, c'est un peu du bon sens pratique qu'il faut... apprendre par l'expérience. Donc là, on essaie quand même de faire rentrer pas mal de chantiers par rapport à ça. Et après, c'est de pousser plus loin sur l'exploration des matériaux pour avoir pas que des choses standards que maintenant l'atelier maîtrise, mais qu'on puisse proposer des trucs qu'on ne voit pas ailleurs.
- Speaker #1
Et c'est qui un peu les clients avec qui tu travailles ?
- Speaker #0
Je travaille beaucoup avec les commerçants. Ça, c'est vraiment la plupart du temps, c'est le marché numéro un. Et après, il y a des hôtels, pas mal. Les restaurateurs, évidemment. Mais j'ai aussi... Avec le biais de la gravure, j'ai les institutions, quelques cimetières, il y a le Panthéon. Avec la calligraphie, on travaille avec les maisons de mode pour faire des cartons d'invitations pour les défilés. C'est assez large. Qu'est-ce que je peux te dire d'autre ? Il y en a tellement que je dois oublier. Il y a la pub, le design, c'est très large. J'ai jamais deux jours qui se ressemblent.
- Speaker #1
T'as de la chance, je pense qu'il y en a beaucoup qui t'envient. Très bien. On en revient à mon petit péché mignon de ce podcast, la partie anecdotes. Est ce que tu as une anecdote à nous raconter Victor ?
- Speaker #0
Je dirais un projet qui m'a été amené par les travaux que j'ai réalisés pour le Panthéon. En fait, en 2018, j'ai pu faire les gravures de Simone et Antoine Veil au Panthéon. Et c'était un honneur et ça s'est très bien passé. Et depuis, je continue de graver pour le Panthéon à chaque nouvelle entrée. Et j'imagine que c'est par ce biais là, parce que je ne fais plus beaucoup de funéraires. à part quand c'est exceptionnel comme ça et qu'il y a un honneur assez fort. Et j'ai eu, j'imagine par ce biais, la chance de rencontrer la famille de Michel Rocard pour graver sa sépulture en Corse, dans un des endroits, je pense, les plus beaux du monde, où jamais j'ai pensé mettre les pieds par mon métier dans ce type de lieu. C'est un cimetière à Monticello, dans le nord de la Corse, où vraiment l'accès est ultra compliqué. Et il garde... les lieux de sépulture pour justement les aïeux. Ces lieux-là, c'est les plus beaux qu'on a en Corse, on les garde pour les ancêtres. Et donc la vue a coupé le souffle et c'est la dernière sépulture dans ce cimetière qui est un grand livre ouvert en béton blanc sur un socle de béton noir. Cette sépulture-sculpture, c'est une œuvre qui a été réalisée par Pierre Soulages et c'est la seule sculpture de Soulages et on m'a demandé de la graver.
- Speaker #1
Ce stress ! Tu imagines, justement, on parlait du fait que quand tu n'as pas le droit à l'erreur, quand tu fais une sépulture, alors là, c'est archi pas l'erreur.
- Speaker #0
C'est archi pas l'erreur. Et puis bon, je ne sais pas, on entend toujours des choses sur la Corse, donc je me suis dit, vous n'avez pas trouvé de graveur en Corse ? Je ne veux pas marcher sur les flatbondes de quelqu'un d'autre. Et en fait, personne ne voulait graver cette sépulture parce que c'était du béton. Et peu de graveurs sur pierre acceptent de graver sur béton. Et là, c'était un béton qui était très modifié parce qu'il y en avait un extrêmement blanc et l'autre extrêmement noir pour qu'il y ait cette pâte de soulage. Et donc, ça modifiait complètement la composition du béton. Donc, personne ne voulait un peu s'y tremper. On m'a contacté en me disant... Il parait que tu sais un peu graver sur tout. Est-ce que tu pourrais faire ça ? Donc, j'ai fait des tests et je me suis dit, oui, moi, je pense que je peux y arriver comme ça. Et donc, c'était parti. Et effectivement, quand j'arrivais sur place, je me suis dit, OK, là, techniquement, ça va être le travail le plus stressant que j'ai fait jusqu'à maintenant.
- Speaker #1
Tu devais être à 170 battements par minute.
- Speaker #0
Ça va, non, parce que j'arrive à être serein, en fait, physiquement. Mais je sais que les conditions dans lesquelles ça s'est passé étaient vraiment très, très bonnes. On m'a mis zéro pression dessus. Après je savais qu'il fallait sortir le travail proprement. Mais oui, il y a un moment où on se dit « Ok, là il faut vraiment mettre une méthode de travail pour que l'erreur n'arrive pas. » Et ça a été ça pendant tout le long. Et j'ai mis un peu de temps pour graver, mais parce que je voulais vraiment être tranquille. Et la pression supplémentaire, donc au-delà du nom de qui aussi a réalisé la sculpture, c'était les conditions de fabrication. Comme c'est tout en haut du cimetière où il n'y a pas d'accès, etc. Faire cette sépulture, ça a été déjà une épreuve en soi. pour la famille, pour amener tous les matériaux, etc. et le faire. Il parlait à un moment de le faire en pierre et d'amener ça en hélicoptère. Tellement l'accès est compliqué. Donc voilà, en gros, là, c'était la signature. Il ne fallait pas se rater et ça a été fait. Et j'étais très heureux du résultat et de l'émotion que ça a procuré à la famille.
- Speaker #1
Et comment tu t'entraînes sur un matériau où tu ne connais pas la composition ?
- Speaker #0
Alors, je demande des échantillons s'il y a, si c'est possible. Et sinon, je demande quelque chose qui s'approche. Je demande les différences. qu'il y a par rapport au matériau que je vais travailler. Et comme ça, je me dis, bon, si c'est juste une question où ça va être plus mou, ou s'il y a plus de grains, j'essaie d'adapter par rapport à ça. Et donc, je conseille aussi, suivant la matière, si elle a des défauts, ou en tout cas, ce qui peut être qualifié comme défaut, de dire, il faudrait ajuster la taille des lettres, le style de lettres, parce que ça, ça va être trop fragile, ou ça, on a un risque que ça tombe sur un trou et que la lettre ne ressemble plus à rien, parce qu'elle est trop petite par rapport à la taille du trou qui peut être là,
- Speaker #1
voilà. Mais du coup, tu y es allé plusieurs fois sur cette subculture ? Mais tu y as passé plusieurs semaines.
- Speaker #0
Non, en trois jours.
- Speaker #1
Eh bien, félicitations, parce qu'en effet, c'est une belle anecdote.
- Speaker #0
Après, le cadre était quand même exceptionnel. Ça permettait d'avoir des bonnes pauses aussi pour souffler. Quand je me disais, OK, là, je n'arrive pas. Et il faut se calmer. La vue était incroyable.
- Speaker #1
Trop bien comme anecdote. Même le panthéon, c'est une belle anecdote. Pas tout le monde ne peut se tarir d'avoir fait ce genre de choses.
- Speaker #0
Félicitations. C'était un honneur. Entre Joséphine Baker, Maurice Genevoix. Le couple Manouchian. Des beaux noms.
- Speaker #1
Eh bien, félicitations. Merci. Finalement, cette anecdote, elle est en bonne transition avec la question d'après sur la recherche et le développement. Tu expliquais déjà que dans ce genre de projet, il y a de la recherche et du développement. Est-ce que tu peux nous parler peut-être soit de lui spécifiquement ou d'un autre projet pour lequel tu as eu vraiment de la recherche et du développement, voire de l'innovation ?
- Speaker #0
Le projet où j'ai eu, dans le même, le plus d'exploration des choses que je savais à peu près faire, et d'autres que je ne savais absolument pas faire. Ça a été la signalétique pour l'hôtel Siner à Paris, qui est dans le Marais, et qui est un hôtel qui était ouvert par l'architecte Tristan Hauer. Et en fait, c'est Siner, le pêcheur, donc c'est entre la religion et le côté sexuel qui est bien implanté dans le Marais. On est vraiment dans cet entre-deux. Ils ont tourné l'hôtel là-dessus, et toutes les chambres de l'hôtel sont avec des portes de... cloître comme dans un monastère avec une petite grille et un œillet et une petite main pour frapper. Il voulait que la signalétique se fonde dans ça. Donc on a gravé tous les numéros de chambre comme au ciseau et la massette pour qu'elle soit inscrite dans la masse et qu'après il y ait une patine et que ça vienne complètement se fonder là dedans. Donc ça c'était un des premiers tests très agréable à faire parce que au début je faisais que de la graveur sur pierre, on connaissait pour ça. Là c'était pas de gravé du bois, c'était du MDF, c'est un médium, c'est de l'aggloméré de fibres de bois et de colle. Et en fait, finalement, ça s'est révélé être un matériau très bon pour la gravure, qui plus est a un coût moindre et qui propose des possibilités assez infinies en décoration. Donc ça, c'était la première exploration. Et quand cette phase-là a été terminée, ils m'ont dit on a une signalétique sur l'extérieur à faire. Toute la façade du rez-de-chaussée au premier va être en cuivre patiné à l'extérieur. Il faut qu'on inscrive le nom de l'hôtel là-dessus. On a fait toute la signalétique et la déco avec de la gravure dans la masse, vraiment pour que ça ressorte. Et là, on a une plaque qui fait 1,8 mm d'épaisseur. Comment on fait ? Je dis, laissez-moi une plaque et une semaine, et je vais chercher. Et donc là, j'ai fait des tests à l'atelier. J'ai cherché avec différents outils comment je pouvais graver, donner des effets, marteler, bosseler, autre. Plein de choses que j'ai explorées. Mais il y en a une en particulier qui est ressortie, c'est que j'ai compris qu'avec l'outil, si je gravais de droite à gauche ou Ausha droite, la lumière... étaient différentes. Et j'ai réussi, par ce biais, en mettant une méthodologie de tracé dans la lettre, à faire un trompe-l'œil de gravure dans la gravure. Et donc, ça donnait une luminosité. À droite, on voyait la lumière, et à gauche, ça prenait de l'ombre, mais on comprenait qu'il y avait quelque chose de gravé un petit peu. Et tu te recules à 2 m, t'as l'impression que c'est gravé, même 1,50 m, t'as l'impression que c'est gravé dans la masse. Et donc, évidemment, ce test-là, à côté de tous les autres, il a tout éclipsé, et ils ont dit, c'est ça.
- Speaker #1
Trop bien. Ouais, t'as réussi à faire un trompe-l'œil... en t'inspirant de techniques que tu connaissais sur des matériaux que tu connaissais.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Génial, hyper intéressant. Alors moi, j'ai une question un peu tricky. Parce que t'es peintre en lettres. Chez toi, il y a beaucoup de lettres. Est-ce que tu t'es déjà amusé à inventer tes propres typos ?
- Speaker #0
Alors, je me suis déjà amusé à dessiner des lettres pour des lettrages spécifiques, mais pas de la typo en général. Je m'explique parce que c'est très technique. La typographie, c'est de créer un jeu de lettres de caractère qui vont... matcher ensemble pour qu'on puisse les associer à l'infini, faire un texte, etc. Donc ça demande de dessiner toutes les lettres de l'alphabet, des ligatures, des combinaisons de lettres, etc. pour que chaque A matche avec un B, puis un C, puis... Et il faut aussi réfléchir après que l'espace que tu as entre les lettres, l'interlettrage, il est différent entre chaque lettre. Donc à chaque fois que tu dessines un A quand tu fais une typo, il faut que tu réfléchisses à quel interlettrage tu vas faire avec les 25 autres lettres avant et les 25 autres lettres après. Donc il faut réfléchir à tout ça. Moi, je ne suis pas typographe et avec ma formation, j'ai plus une qualité de lettreur. Donc, je vais venir dessiner des lettres spécifiquement, celles dont j'ai besoin pour l'enseigne ou pour le mot que je vais faire. Je pourrais dessiner un ensemble de jeux de caractère. Ça serait assez laborieux pour moi parce que ce n'est pas mon métier d'être typographe. Mais à un moment, je pense que dans mon parcours, je vais y être confronté de devoir à un moment dire, là, j'ai une demande. Je l'espère un jour en tout cas que ça arrivera à l'atelier, qu'il y aura une demande d'un texte. suffisamment énorme à faire pour créer une typographie qui sera propre à ce projet. Et dans ce cas, de dire, là, on va vraiment créer cette typo pour qu'on puisse utiliser l'outil numérique pour nous aider à faire la composition et après travailler à la main dessus.
- Speaker #1
Trop bien. Oui, c'est vrai que tu parles de l'outil numérique, on n'en a pas parlé, mais je t'ai posé la question de savoir si toi, tu l'utilisais pour tes projets.
- Speaker #0
Je l'utilise pour le travail en amont, qui est de la maquette, de faire des recherches. Aujourd'hui, on a tellement de numérique autour de nous. Qu'il y a des clients qui sont extrêmement contents de trouver un artisan qui va leur faire un croquis au crayon et ils se disent « ok c'est parfait » et d'autres qui sont apeurés en se disant « ok alors soit ils maîtrisent, soit je ne sais pas dans quoi je m'embarque et je préfère avoir une maquette numérique pour être sûr et validé » . Donc c'est surtout sur ces conditions-là de maquette, de pré-travail où j'utilise l'outil numérique.
- Speaker #1
J'imagine que dans ces cas-là, ça peut leur permettre aussi de dire « Ah, je verrais bien plutôt le titre en haut et la machine en bas. » C'est plus simple de changer qu'une fois que c'est fait.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Très bien. On enregistre ce podcast en 2025. Je pense que c'est le bon moment. Je n'ai jamais été aussi raccord avec cette question. Est-ce que tu peux nous parler de tes envies futures et tes projets futurs ?
- Speaker #0
Alors, moi, je veux continuer à faire ce que je fais parce que j'adore. Et vraiment, j'ai un épanouissement dedans. Et je sens que là, ça fait un an et demi. L'atelier est installé à Bastille, maintenant on a nos nouveaux locaux. Et ça, ce n'est pas un nouveau souffle, mais en tout cas, ça permet des perspectives pour faire plus de recherches. Moi, je veux essayer, à côté des travaux qu'on fait rentrer dans l'atelier et des nouveaux clients qu'on arrive à avoir, c'est de leur proposer d'autres choses. Parce qu'on a toujours envie de nouveautés et ça va être un peu là-dessus. C'est l'horizon des prochains mois, voire des prochaines années, parce que ça va mettre du temps. C'est vraiment d'aller explorer au maximum. chaque matériau qu'on travaille actuellement pour en tirer le maximum, je ne sais pas, mais un maximum de textures et de possibilités.
- Speaker #1
Donc plus de recherche pour des abstracts.
- Speaker #0
Plus de recherche, plus de création.
- Speaker #1
Donc s'il y en a qui veulent sponsoriser cette recherche... te donner carte blanche pour que tu puisses développer cette recherche. On te le souhaite. On arrive à la dernière question qui a finalement, je trouve, encore plus de sens que beaucoup d'autres métiers que j'ai interviewés. C'est le mot de la fin. C'est que souhaites-tu pour le futur de ton métier ou tes métiers en général ? Pour l'industrie, on va dire. Que souhaites-tu pour l'industrie de la peinture en lettres et de la gravure ?
- Speaker #0
Je souhaite que ça continue sur cette même pente. On sent qu'il y a un nouveau souffle par rapport à ces métiers d'artisanat d'art. Et je souhaite que ça soit en crescendo complètement.
- Speaker #1
On souhaite une formation, on souhaite un code APE.
- Speaker #0
On souhaite une formation, un code APE et surtout la qualité de travail derrière qui suit. C'est surtout ça. De ne pas avoir des formations qui sont trop courtes. Actuellement, c'est ce qu'on a et c'est déjà très bien qu'il y ait ça. Mais il faut pouvoir... pousser la formation plus loin pour qu'on garde un certain niveau de qualité et qu'on n'ait pas des gens qui soient installés en peinture en lettres alors qu'il n'y a pas le niveau en gravure sur pierre de la même manière.
- Speaker #1
Eh bien, écoute, on le souhaite. Merci beaucoup, Victor, pour ton temps. Et du coup, bonne année 2025.
- Speaker #0
Également.
- Speaker #1
En espérant qu'elle soit pleine de recherches.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci. Merci beaucoup pour votre écoute. J'espère que ce deuxième épisode avec Victor Baer peintre en lettres et graveur vous aura plu. Vous pouvez continuer de m'aider à faire découvrir les histoires d'artisans au plus grand nombre en mettant une note, un commentaire et en vous abonnant sur votre plateforme de streaming préférée. Retrouvez-nous aussi sur Instagram pour voir en images le travail de Victor et bien d'autres artisans. Nous adorons recevoir vos témoignages et vos ressentis sur les épisodes. Si vous avez envie de nous transmettre un message, écrivez-nous à podcast.histoire-d'artisan.com En attendant, prenez soin de vous et à bientôt pour une nouvelle histoire d'artisanat.