63 - Le métier de peintre en lettres cover
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Histoires d'Artisans

63 - Le métier de peintre en lettres

63 - Le métier de peintre en lettres

28min |13/03/2025
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63 - Le métier de peintre en lettres

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28min |13/03/2025
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Description

Dans ce premier épisode, nous partons à la découverte du métier de peintre en lettres avec Victor Bert, artisan passionné qui perpétue un savoir-faire rare et minutieux. Comment ce métier ancestral, autrefois indispensable aux enseignes et publicités murales, a-t-il failli disparaître avant de renaître grâce à une nouvelle génération d’artisans ?


Victor nous plonge dans l’histoire de la peinture en lettres, nous explique les spécificités de son travail et nous révèle les techniques qu’il utilise pour créer des typographies uniques à la main. Il partage aussi son regard sur l’évolution du métier et son lien avec la publicité et le design graphique.


Au programme :

  • L’histoire et l’évolution de la peinture en lettres

  • Les outils et techniques du peintre en lettres

  • Le renouveau de ce métier à l’ère du digital


Un épisode à ne pas manquer pour tous les curieux d’artisanat et de design typographique !


Liens de l’épisode : 

Victor Bert

Histoires d’Artisans


Références :

Dans cet épisode, Victor nous parle du documentaire Sign Painters : https://www.signpaintersfilm.com/#watch

Production et réalisation : Lisa Millet

Montage et musiques : Quentin Blic


Si vous avez envie de nous transmettre un message, vous pouvez nous écrire à podcast@histoiresdartisans.com.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans mon atelier.

  • Speaker #1

    Bienvenue dans le podcast d'Histoire d'artisan. Je suis Lisa Millet, présidente de l'association Eponyme. Histoire d'artisan valorise l'ingénierie des artisans d'art en mettant en avant l'innovation et la recherche au sein des ateliers. Aujourd'hui, nous ouvrons les portes de l'atelier de Victor Baer, peintre en lettres et graveur. Mais qu'est-ce qu'un peintre en lettres ? Victor nous éclaire sur ce métier fascinant où chaque trait de pinceau donne vie à des enseignes et à des typographies uniques. Nous reviendrons sur l'histoire de cette profession, son lien étroit avec la publicité et son évolution à travers les décennies. Et bien sûr, Victor nous partagera son regard sur la transmission de ce savoir-faire et les défis d'un métier entre artisanat et art. Belle écoute ! Bonjour Victor et merci beaucoup de m'accueillir dans ton atelier. Victor tu es peintre en lettres et graveur. Aujourd'hui on va parler du métier de peintre en lettres. Est-ce que tu peux nous expliquer concrètement ce qu'est ce métier ?

  • Speaker #0

    Donc la peinture en lettres c'est l'art de peindre des lettres à la main et au pinceau avec des peintures glycéro ou acrylique sur divers supports et on peut dire presque sur tout support.

  • Speaker #1

    Donc quand tu parles de tout support c'est bois, métal, verre,

  • Speaker #0

    plastique ? Oui mais il y a plein de choses. sur des murs pignons, sur des bateaux, des avions. Ça va très, très loin.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qu'un mur pignon ?

  • Speaker #0

    C'est un mur de maison sur lequel il n'y a pas de fenêtre et on peut peindre des grandes fresques.

  • Speaker #1

    Donc, genre, avec des pierres, pas du tout...

  • Speaker #0

    Ça peut être soit un mur moellon, soit...

  • Speaker #1

    Ah,

  • Speaker #0

    il y a trop de choses.

  • Speaker #1

    Non, non, non, c'est très bien. Mais du coup, on va prendre plein de vocabulaire. Mais à chaque fois, je te dirais, et qu'est-ce que le mur moellon ? C'est quoi un mur moellon ?

  • Speaker #0

    Oui, un moellon de pierre, c'est des pierres qui sont un peu en forme de patate, qui ne sont pas lisses du tout. Ou sinon, ça peut être un mur enduit.

  • Speaker #1

    Je ne connaissais pas du tout cette expression. Ok, je me ferai ma meuf stylée la prochaine fois, genre, il est bien beau ce mur moellon. Ok, trop bien. Donc vraiment, genre tout support. Est-ce qu'il y a une particularité dans la peinture ?

  • Speaker #0

    Il faut juste que nous, on sélectionne une peinture qui soit durable pour que notre travail reste le plus longtemps possible.

  • Speaker #1

    Ok, donc imaginons... Je dégrade ton métier, je vais chez Laurent Merlin, je m'achète de la peinture, je peux être un peintre en lettres.

  • Speaker #0

    Je ne ferai pas de bonne ou mauvaise pub pour Laurent Merlin, mais ce n'est pas là où je vais me fournir en peinture, effectivement.

  • Speaker #1

    Oui, ça ne m'étonne pas, c'est le bricoleur du dimanche. Même si on les aime beaucoup, c'est le bricoleur du dimanche. Ok, donc en fait, c'est marrant parce que l'épisode précédent, alors précédent, précédent, parce que du coup, il y a eu un épisode entre, mais... Non, il y a eu deux épisodes entre, en fait. En novembre dernier, on a publié un épisode sur le sérigraph. Et c'est marrant parce que Romain nous a dit exactement la même chose. Je peux imprimer sur tout support. J'étais là, OK. Donc toi, tu peux faire la même chose que le sérigraph, c'est-à-dire que tu peux faire sur tout support.

  • Speaker #0

    Voilà, mais sauf que c'est à la main. Alors que la sérigraphie, elle va répondre avec un cadre précis. Il y a un écran qui est insolé, et on arrive à reproduire à la perfection le design qui était fourni. Alors que nous, on vient... essayer de se rapprocher au maximum du design, mais c'est quand même la main qui vient finaliser le résultat.

  • Speaker #1

    Je vais poser peut-être une question un peu piège, mais du coup, on va dire d'un point de vue administratif, t'es considéré comme un artisan.

  • Speaker #0

    Oui et non. En fait, la peinture en lettres n'est plus reconnue par la Chambre des Métiers depuis, je vais pas dire de bêtises, mais je crois 2003 ou 2007 ou un truc comme ça, parce que le diplôme a arrêté d'être fait en 2003 ou quelque chose comme ça. J'ai pas les dates exactes des derniers diplômes qui ont été...

  • Speaker #1

    Donc, il n'y a plus de formation de peintre en lettres ? Non,

  • Speaker #0

    exactement. On n'a plus de formation.

  • Speaker #1

    Donc, tu n'as plus de statut administratif ?

  • Speaker #0

    C'est ça. On n'a plus de code APE qui correspond à notre métier.

  • Speaker #1

    C'est vrai que c'est une bonne raison d'enlever les codes APE. Tiens, on continue de se former sur tous ces métiers. OK, je ne savais pas, mais on est d'accord historiquement. Vous êtes des artisans ?

  • Speaker #0

    Exactement. On est des artisans historiquement. Et il y avait des formations très nombreuses en France pour former des peintres en lettres qui étaient là pour peindre des enseignes, peindre des murs pignons. avec des publicités. Il y avait des peintres qui étaient spécialisés dans ça, à faire que des murs pignons, par exemple, pour des alcools suzes ou du beau, du bon, du bonnet. C'est les vieilles affiches, qu'on connaît en affiches, mais qui étaient énormément peintes en réclame sur des murs. Il y avait des peintres qui faisaient que ça, qui sillonnaient toute la France pour ça. Et après, il y a des peintres en lettres qui étaient spécialisés en affiches, à faire vraiment de la réclame promotionnelle pour dire cette semaine, le kilo de bœuf à tant de francs. Et toutes les semaines, ils faisaient ça. C'était tellement spécialisé qu'il y avait des ateliers peintres en lettres où il y avait quelqu'un qui s'occupait de faire les tracés et d'autres qui allaient juste peindre les enseignes d'autres peindre les calicots donc c'est toutes les toiles que tu vois sur les bannes de café d'autres qui faisait que des ardoises pour écrire les prix des boissons c'était une autre époque parce qu'on n'avait pas l'outil numérique pour dire bah on peut faire de la à moins de refrais.

  • Speaker #1

    Et ça, quand tu parles d'une autre époque, c'était quelle époque ?

  • Speaker #0

    C'était avant 1980.

  • Speaker #1

    Ah ouais, c'est ultra précis.

  • Speaker #0

    À peu près. Enfin, 1982. En gros, c'est avant les années 80, 81, 82, je crois que les premières machines arrivent, de découpe d'adhésif vinyle. Et en 84, il y a beaucoup de peintres en lettres qui commencent déjà à s'équiper de ça. Et c'est parti, le changement est lancé. Donc avant les années 80, on n'a pas les chiffres précis, mais il y avait un syndicat des peintres en lettres en France qui estime à 5000 le nombre de peintres en lettres à l'époque. Et aujourd'hui, on n'est même pas une centaine. On est une petite centaine.

  • Speaker #1

    C'est un déclin ultra rapide.

  • Speaker #0

    Mais il y a un renouveau. En fait, c'est ça qui est assez fou. C'est qu'il y a eu moins de 200 peintres en lettres à un moment où on était probablement qu'une vingtaine en activité en France au début des années 2010. Et après, ça a repris avec une nouvelle génération qui est arrivée, qui a été formée beaucoup par les peintres anglo-saxons. Il y a eu un documentaire sur les peintres en lettres américains qui est sorti en 2014. Et ça, ça a donné un... coup de fouet au métier et une mise en lumière assez exceptionnelle.

  • Speaker #1

    C'est vrai ? Il faudrait que tu nous donnes la référence. On la mettra dans les commentaires. C'est toujours pareil, mais c'est comme quand on dit que les formations cuisine, boulanger, traiteur, tout ça, ils n'ont plus du tout de problème pour recruter. C'est l'arrivée de Top Chef. Top Chef, Master Chef, le meilleur pâtissier, tout ça, en fait, ils ont fait du bien à la reconnaissance du métier. C'est dingue que ce soit un reportage. qui est relancer le marché.

  • Speaker #0

    Tout à fait. Donc il y a ça et la combinaison de la circulation des informations, notamment d'images par Instagram, où notre métier est quand même très visuel. C'est-à-dire qu'il y a un geste qui est assez rapide, précis, il y a de la couleur. Donc forcément, on est un peu sur un truc où c'est de l'artisanat d'art qui pop aux yeux. Pour le format Instagram, ça participe à véhiculer assez rapidement l'image d'un métier, comment on pourrait le qualifier, de cool. un métier dans le sens où ça c'est que par la fenêtre d'Instagram on voit souvent l'aspect cool du métier et on voit pas à côté le fait de travailler dans le froid ou sous la pluie ou devoir gérer ça les conditions de chantier en ayant un client qui dit moi j'ouvre dans deux jours et il faut absolument que ça soit prêt et en fait on se retrouve avec les peintres les électriciens parfois même les personnes qui coupent le parquet quand tu fais de la dorure, les choses qui ne te matchent pas et il faut pourtant faire avec et réussir à faire du mieux possible.

  • Speaker #1

    Oui surtout que pour appuyer ce que tu dis, on en a parlé juste avant d'enregistrer, c'est qu'en fait t'es la dernière virgule du roman quoi c'est genre vraiment j'arrive une fois que c'est terminato et du coup ce qui fait que toi les gens te disent non, viens pas parce que ça sert à rien, la façade elle est pas faite, et t'es là, ben ok mais mon calendrier je le gère comment ?

  • Speaker #0

    C'est ça, sachant que les clients gardent toujours la même date d'ouverture c'est-à-dire qu'ils prévoient à... Mon intervention a une semaine de l'ouverture et en fait à J-2, ils sont toujours pas prêts la façade est pas encore finie d'être peinte et il me reste plus qu'une journée pour le faire, voire le jour de l'ouverture, ça, ça arrive...

  • Speaker #1

    Plaisir !

  • Speaker #0

    Ouais, c'est les challenges il faut savoir jongler avec son agenda après c'est bon

  • Speaker #1

    Non, mais c'est beau que tu le prennes positivement, parce qu'il y en a un certain nombre qui seraient un peu énervés de ce genre de considération. Mais du coup, le débat que je voulais lancer, c'est pourquoi vous êtes considéré comme artisan à partir du moment où vous avez un pinceau comme un artiste dans les mains ?

  • Speaker #0

    Parce qu'on est quand même exécutant, soit d'une réalisation qui a été faite par quelqu'un d'autre, comme un graphiste, soit on applique en fait juste une connaissance technique de la lettre, ce qu'on a appris sur la lettre. mais on la réapplique par rapport à un code de couleur, à un environnement, une architecture, il faut que ça matche. Mais c'est la limite entre artiste et artisan. Et moi, je qualifie ça d'artisanat d'art, mais on n'est pas encore sur l'artistique où c'est de la création pure qui relève de quelque chose d'absolument fantastique et incopiable.

  • Speaker #1

    Tu nous as raconté un peu brièvement l'histoire avec le déclin à partir des années 80. Est-ce qu'on peut faire un retour en arrière ? Tu peux nous expliquer concrètement ce métier de peintre en lettres, il vient d'où et il sert à quoi ?

  • Speaker #0

    Il sert à faire de la publicité, parce qu'il faut dire ce qu'il est. C'est avoir une enseigne, c'est quand même se faire voir et se démarquer de son voisin ou de son concurrent. Comment ça arrivait ? On ne sait pas trop, mais probablement du fait de vouloir être. plus visibles, plus qualitatifs que son concurrent. C'est arrivé parce qu'on voulait mettre à l'honneur les produits qui étaient fabriqués au sein de chaque maison. Et donc, on a une vague idée de se dire que c'est vers 1860-70 où on commence à avoir des choses qui arrivent de manière plus concrète. Quand je dis concrète, c'est spécialisé. C'est-à-dire qu'on a des gens qui commencent à se spécialiser vraiment dans la lettre et qui en font des choses assez fantastiques au point qu'aujourd'hui, on aimerait bien refaire. des choses comme ça et on n'a plus les savoir-faire. Il y a de la lettre qui est peinte, qui est découpée en métal, qui est avec de l'or plaqué dessus. Des choses où aujourd'hui, grâce à l'outil numérique, on arrive à imiter, mais on n'a plus les savoirs qu'il y avait avant pour le faire. Donc c'est à peu près ça. Avec d'autres peintres en lettres, on essaye de retrouver des archives sur le métier. Les Français ne sont pas des gros archivistes de l'artisanat d'art. On n'est vraiment pas spécialiste là-dedans. Et encore moins sur la transmission. On était vraiment sur une méthode de transmission à l'oral. et pas avec des carnets, avec des guides de comment devenir peintre en lettres, qui était plus à une méthode anglo-saxonne et américaine. Donc on a... Peu de traces, même s'il y en a un petit peu, mais comment ça a apparu. Par contre, on a des traces, des vestiges de ce qui reste. Souvent, on retrouve des vieilles enseignes qui sont masquées par des nouvelles et qui ont du coup, par ce biais-là, elles ont été protégées pendant plusieurs dizaines d'années. Et quand elles ressortent, on arrive à se dire, ok, ça, vu le style, on est sur 1910, 1920, 1930, on arrive à remonter à peu près ça, et parfois plus ancien.

  • Speaker #1

    Mais donc, concrètement, tu parles de 1910, 1920, mais est-ce qu'on est capable de dater ? les premières devantures de peintres en lettres ? On peut.

  • Speaker #0

    Après, c'est dur d'avoir des vestiges. Il faudrait qu'on arrive à tomber dessus. Mais quand on tombe dessus, il y a des enseignes où on se dit OK, là, on est vraiment avant 1900. Il y en a quelques-unes. Rarement, on arrive à trouver des styles où on se dit OK, ça, c'est avant l'art nouveau. Où là, c'était le fleuron de l'artisanat d'art français. C'est un peu, il y a une bascule à ce moment-là. C'est avant art nouveau, après art nouveau. Et le métier a plus explosé après. On a eu énormément de peintures en lettres sur les années 30, 40, 50, 60, où là, c'était vraiment très florissant.

  • Speaker #1

    Des années 1900 ? Oui. C'est dingue. Donc, tu es en train de nous dire qu'en fait, ce métier a duré genre 40 ans.

  • Speaker #0

    Non, plus que ça. Plus que ça.

  • Speaker #1

    Oui, mais je veux dire, au début, il est apparu, il s'est fait connaître. Ensuite, tu dis de 50 à 80, il a bien vécu. Et à 80, il s'est fait connaître.

  • Speaker #0

    Ah oui, par contre, il y a eu un choc brutal. C'est sûr que dans les années 80, je ne pourrais pas donner un chiffre précis, mais... Quand on dit qu'il y avait, sur le syndicat des peintres en lettres, il y avait à peu près 5000 inscrits à la fin des années 70, début 80. Je pense qu'à la fin des années 80 et début 90, il devait en rester 1000 maxi. Ça fait divisé par 5 en 10 ans et puis après c'était l'hécatombe. Parce que beaucoup de peintres en lettres se sont orientés vers la signalétique numérique, à faire des lettres en relief, plexi, etc. Et d'autres à lâcher le pinceau complètement pour faire que de l'adhésif. Ce métier, c'est assez complexe à le visualiser dans le temps parce que... il s'est spécialisé sur une chose qu'est la lettre et il y a des peintres qui faisaient que de la lettre peinte d'autres qui ont commencé à dire moi j'intégrerais bien de la gravure avec la peinture pour faire de la superposition d'effets et que ça donne quelque chose de plus pérenne dans le temps donc plus qualitatif, donc plus cher et donc à se spécialiser dans des choses encore plus évoluées et à aller vers de la lettre relief en métal avec des effets plissés, découpés, soudés avec de la dorure ça il y a eu sur, je dirais pas en France mais quand même Sur Paris et en France, il y a une grosse maison qui s'appelait la maison Dewez et la maison Bouvet. C'était les deux principales. On retrouve encore des vestiges de leurs enseignes partout en France. Elles sont signées et on voit que ce n'est pas que de la peinture en lettres, qu'il y a de la lettre relief avec, que c'est sous verre, qu'il y a de la gravure au sablage ou à l'acide sous verre. Mais c'est une combinaison de techniques et qui fait qu'avec ces supports-là, ça a pu traverser les décennies pour venir jusqu'à nous.

  • Speaker #1

    Oui, donc en fait, ce que je comprends, c'est que... Finalement, le métier de peintre en lettres est l'ancêtre de beaucoup de métiers aujourd'hui Sur la signalétique,

  • Speaker #0

    tout à fait

  • Speaker #1

    Par exemple, justement, on parlait du scénographe C'est l'ancêtre aussi des néonistes Ceux qui font des néons Exactement C'est l'ancêtre, j'imagine Je ne sais pas comment il s'appelle Ceux qui, justement, font des enseignes en métal Imaginons que demain, il y a Carrefour qui a besoin de faire son enseigne C'est en métal

  • Speaker #0

    C'est une entreprise de signalétique qu'on dit classique aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. On appelle ça une entreprise de signalétique. Donc, en fait, toutes ces entreprises, elles ont pour ancêtre Lucie, à cas la peinture en lettres. C'est ça. OK, je vois très bien. Et moi, ce que je trouvais intéressant, justement, quand on en a parlé un peu de cette histoire, c'est que finalement, la peinture en lettres a pris son essor avec le développement du marketing.

  • Speaker #0

    Tout à fait.

  • Speaker #1

    Et est-ce que tu peux un peu revenir dessus et nous expliquer justement les... J'imagine, comme tu dis, c'est des théories.

  • Speaker #0

    C'est une théorie, mais ça paraît plus que plausible. C'est-à-dire qu'avant, il n'y avait pas forcément de marque. Et on se disait, bon, je vais chercher à l'épicerie du coin ma farine. Et on se demandait pourquoi la farine de la semaine dernière a été meilleure que celle de cette semaine. Et donc, on demandait à avoir la farine de meilleure qualité. Donc, les moulins qui produisaient plus, de meilleure qualité, voulaient se démarquer. Et donc, de là à créer une marque pour être reconnue. Et pour être reconnue, il faut faire de la publicité pour se montrer. Donc, ça veut dire qu'il faut avoir un graphiste qui vient... créer la marque, le visuel, qui ont fait des publicités pour que ça soit affiché dans des journaux, sur des murs, peint sur des affiches qu'on colle partout, et sur les emballages. Donc ça vient de là. Et le peintre en lettres, il est tributaire de cette évolution. On a besoin de peindre des noms, de marques, un peu partout. Et il y a une époque, sur les années 1860-70, où ça commence à être un peu la foire aux enseignes. Parce qu'on peint des noms partout et il y a des affiches collées partout de publicité de tout genre.

  • Speaker #1

    Je viens d'avoir une révélation. En fait Marc, ça vient de se démarquer, mais moi j'avais pas du tout pensé. c'est pour toi j'ai fait des études de market c'est abusé c'est comme marketing ça vient de marcher enfin bref j'en apprends tous les jours sur mon propre métier ok donc ils ont voulu se démarquer et c'est quand même ouf de se dire tu vois genre aujourd'hui tu peux pas sortir dans la rue sans être assailli d'affiches de messages publicitaires tu écoutes la radio t'as des messages publicitaires tu regardes la télé t'as des messages publicitaires t'as des messages publicitaires partout et pourtant ce que t'es en train de nous dire c'est que c'est pas si vieux quoi

  • Speaker #0

    Je pense que la publicité, elle a quand même tout le temps existé, mais c'est les marques qui sont venues jusqu'à notre époque, les vestiges qui sont venus jusqu'à notre époque, il n'y en a pas beaucoup. Je ne sais plus où est-ce que j'ai lu ça, mais en fait, comme je fais pas mal de gravures sur pierre, j'ai étudié la question sur les premières marques que tu as faites, les inscriptions à l'époque romaine et ainsi de suite. Et on voit que dans les graffitiles de l'époque romaine, il y avait déjà de la publicité, pas aussi bien finie que ce qu'on connaît en graphisme aujourd'hui. Mais ça a commencé là.

  • Speaker #1

    Du coup, j'étais en train de regarder. Et en effet, ils en parlent dès l'Antiquité. Ils disent, c'est au Moyen-Âge que la première vraie législation apparaît, sous le règne du loi d'Angleterre, Henri III. Les boulangers sont contraints de marquer leur pain avec un signe distinctif. La position d'une marque devient donc gage de qualité. C'est exactement ce que tu dis. Est-ce que vous êtes en train de me dire qu'on a inventé la marque pour l'artisan ? Est-ce que c'est ça qu'on est en train de comprendre ?

  • Speaker #0

    Non, la marque, elle a inventé, je pense, pour le client.

  • Speaker #1

    Non, mais je veux dire, en gros, genre, c'est apparu. En tout cas, dans ce qu'il raconte, je ferai mes recherches et je pense que j'en ferai un article sur le blog d'Histoire d'artisan. Mais en gros, ce qu'on est en train de dire, c'est que c'est pour reconnaître un pain de boulanger qu'on a écrit. Enfin, genre, finalement, le seau, quoi. En fait, c'est le concept du seau aussi.

  • Speaker #0

    Mais comme les tailleurs de pierres marquaient leurs pierres pour dire que c'est celles qui l'ont taillé.

  • Speaker #1

    Oui, ça, on en a parlé parce que je suis la productrice du podcast. D'ailleurs, je n'aurais jamais fait leur pub, mais... je vais le faire aujourd'hui, du podcast de La pierre à l'édifice, qui est le podcast de l'association qui reconstruit la flèche et la tournure de la basilique Saint-Denis. Et du coup, c'est dans ce cadre-là que j'ai interviewé des tailleurs de pierres et ils me racontent qu'en effet, quand ils enlèvent des pierres, enfin quand ils retrouvent des pierres, ils retrouvent les marques. Et je trouve ça trop chouette. C'est un morceau d'histoire, quoi. C'est ça. C'est ce mec-là qui a fait ça. Ok, donc pareil, tu me racontais, et moi je trouve ça trop cool, et finalement on n'a pas vraiment parlé de date, mais tu me disais qu'avant, sur les boutiques, il y avait marqué limite la liste de ce qu'ils proposaient, genre pain, farine, viande, machin.

  • Speaker #0

    Exactement. Il y en a quelques-unes encore dans Paris, on voit marqué vin, liqueur, fromage. Oui. Voilà. Et souvent, ça c'est marqué sur l'enseigne, donc le bandeau qui est au-dessus de la vitrine. Très souvent, c'est ce qui était mis en avant, et après sur la vitrine, il y avait marqué... B. Durand, successeur F. Pournet, pour dire que c'était une maison de qualité parce que les gens du quartier connaissaient M. Durand et que son successeur, du coup, devait être bien.

  • Speaker #1

    Donc, c'était vraiment des noms... T'allais voir quelqu'un, quoi. Tu disais, je vais chez l'épicier Durand. C'est un autre monde. Et c'est un monde, finalement, qui n'est pas si loin.

  • Speaker #0

    Pas tant que ça, non.

  • Speaker #1

    Qui a 100 ans, quoi.

  • Speaker #0

    Ouais, 150.

  • Speaker #1

    Dans les années... Ouais,

  • Speaker #0

    1870, ça commence.

  • Speaker #1

    Moi, je trouve ça trop intéressant de voir l'évolution, justement, et de voir comment... un métier à évoluer complètement en même temps que le marché, concrètement.

  • Speaker #0

    C'est complètement lié. C'est lié à la publicité, au marketing et à faire vendre. Franchement, c'est ça. D'accompagner aussi la qualité des produits qui étaient fabriqués.

  • Speaker #1

    Et tu parlais des pubs suzes qu'on peut avoir sur les...

  • Speaker #0

    Sur les nationales.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    mais sur les murs pignons.

  • Speaker #1

    Sur les murs pignons. En gros, concrètement, si aujourd'hui on en voit, c'est genre ça a été fait il y a grave longtemps.

  • Speaker #0

    Bah probablement jusqu'à fin 80, oui.

  • Speaker #1

    On est quand même en 2025, donc ça a déjà 45 ans.

  • Speaker #0

    Pour les plus récentes.

  • Speaker #1

    Oui, pour les plus récentes. Donc en fait, on invite tous les gens qui ont des pubs chez eux à ne pas les recouvrir. Parce qu'il y a des gens qui habitent dans ce genre de maison et qui font de la pub. Et je pense que c'est aussi un rapport au temps qui est complètement différent. C'est qu'aujourd'hui, tu fais une pub pour un truc qui dans six mois sera obsolète. Donc ça n'a pas de sens de peindre.

  • Speaker #0

    Et paradoxalement, si. Juste pour donner un exemple, aux Etats-Unis, il y a une entreprise qui s'est spécialisée dedans, qui s'appelle Colossal Media. Et eux, ils font des murs qui font entre 50 et 250 mètres de long par à peu près 50 de haut. Donc on parle de surfaces qui sont colossales. Et ils en font des publicités temporaires. C'est-à-dire qu'il y a une publicité pour un jean Levis et ils vont peindre Pharrell Williams avec un jean. sur toute la longueur du mur, là, pour un mois et demi de pub. Et après, ils passent à l'espace publicitaire, ils vont aller à quelqu'un d'autre et ils repeignent. Et ils peignent ça avec un degré de réalisme qui est incroyable. Mais vraiment, c'est... C'est colossal. C'est de la photo. Et non, c'est bluffant. Et là, c'est du vrai art mural fresquiste de peintre comme on n'en fait plus. Et eux, ont remis ça au goût du jour de manière assez incroyable parce que ça a repopé sur le devant de la scène la peinture en lettres et, l'art de la fresque. C'est-à-dire qu'il n'y a pas que de la lettre. Alors, dans les publicités, t'as toujours un peu de lettres. C'est écrit, tu vois. Mais là, il faut voir le degré de réalisme. T'as l'impression que c'est une photo. Sauf que tu vois que le mur, c'est de la brique. Je sais pas combien de milliers, voire millions de briques il y a sur un mur de 250 par 50 mètres. Voilà. Et tout ça, c'est peint. Et le résultat, il est vraiment d'un réalisme bluffant.

  • Speaker #1

    J'imagine que le mur, il en appartient.

  • Speaker #0

    Pas sûr. C'est pas sûr. Je pense que ça peut être loué au propriétaire du bâtiment et ainsi de suite.

  • Speaker #1

    J'imagine que tout le monde ne peut pas se permettre ça. Non,

  • Speaker #0

    non, il y a des grandes marques, c'est des grandes maisons qui le font.

  • Speaker #1

    En t'écoutant, je me posais la question, quel est l'intérêt pour la marque ?

  • Speaker #0

    Alors, un, ça véhicule une publicité. Tu as la manière de la réaliser, où tu peux communiquer dessus.

  • Speaker #1

    Faire du storytelling.

  • Speaker #0

    Voilà. Et tu fais vivre un artisanat. Deuxièmement, tu ne peux pas imprimer sur des surfaces aussi grandes aussi. Donc c'est le seul moyen d'avoir une publicité aussi gigantesque.

  • Speaker #1

    Ah, techniquement, tu ne peux pas faire aussi grand. Bah tu vois, je sais pas. Tant t'as dit, 250 par 50.

  • Speaker #0

    Ouais, je dis ça, mais il y en a des plus grands probablement. C'est dément, c'est dément. Il y a des peintures démentes. Mais ils sont là, sur les gratte-ciels, il y a des parties où ils démarrent du toit, ils descendent avec leur nacelle à câble là, et ils peignent comme ça.

  • Speaker #1

    Mais ça doit prendre un mois et demi à peindre ?

  • Speaker #0

    À peu près, ouais.

  • Speaker #1

    Et ça prend un mois et demi, et au bout d'un mois et demi,

  • Speaker #0

    c'est mort ? Bah certaines restent plus longtemps, mais je disais ça l'exemple de un mois, parce que c'est possible, ça arrive. Et sachant que dedans... Par exemple, sur la fresque, comme ça, où ils peignent des personnages pour une publicité, ils ont des peintres qui sont spécialisés sur le portrait. C'est-à-dire qu'il y en a qui viennent exprès pour faire que le visage, même pas les cheveux, parce que, par exemple, ils vont peindre le visage de Margot Robbie avec une pub pour Chanel numéro 5 ou autre. Tu ne peux pas te rater, il faut que ça soit vraiment fait à la perfection. Sinon, c'est une mauvaise pub. Donc, ils ont des peintres spécialisés dedans. D'autres, sur les dégradés, ils sont... C'est des tueurs, quoi.

  • Speaker #1

    Donc, encore une fois, les peintres en lettres sont les ancêtres des street artists.

  • Speaker #0

    Ça pourrait. Mais en tout cas, il y a énormément de peintres en lettres de la nouvelle génération qui vient du graphe.

  • Speaker #1

    OK. Pour revenir un peu sur la technique, concrètement, donc tu m'as dit sur tout support, mais concrètement, un peintre en lettres, imagine demain, tu viens sur un chantier, tu mets quoi dans ta besace ?

  • Speaker #0

    Déjà, je me renseigne sur où est-ce que je vais peindre, qu'est-ce qu'il faut peindre et quel support il va y avoir. Parce que suivant les supports, je ne vais pas utiliser les mêmes types de pinceaux et les mêmes types de peinture. Mais ce qu'il faut absolument, c'est avoir une règle, un niveau, un crayon pour pouvoir faire son tracé. Ça, c'est le B.A.B.A. Après, on peut se dire, le tracé, on le prépare en atelier, sur papier. On l'amène sur chantier et à partir de là, on peut travailler le tracé. Ensuite, il y a les pinceaux. Donc, on utilise des brosses à lettres qui sont soit en poils d'animaux. souvent c'est en poils de martre ou en poils d'écureuil, ou alors des brosses synthétiques. Donc une brosse c'est un pinceau, c'est avec des poils assez longs et qui sont taillés en bout en forme carré pour qu'on puisse avoir un angle parfait pour faire un trait droit. Et des poils longs pour qu'il y ait de la charge de peinture, qu'on puisse aller du haut au bas de la lettre sans avoir à recharger en peinture le pinceau. Donc c'est une capacité de charge assez grande et c'est ce qui fait la qualité d'un bon pinceau. Après il y a des brosses à poils courts qui sont en soie de porc, et ça c'est pour les surfaces rugueuses. Comme les murs crépits, les murs de briques, les murs en pierre, on peut peindre avec. Mais c'est une autre gestuelle parce qu'il faut réussir à avoir un trait parfait avec une brosse qui a des poils un peu, pas dans tous les sens, mais pas très loin. Donc on travaille plus en contour, en contour de lettres. Et après, on vient un peu remplir l'intérieur de la forme de la lettre. Et après, les peintures, ça dépend vraiment entre glycéro et acrylique, suivant ce qu'on a à peindre et surtout le support. Moi, j'ai plus tendance à utiliser de l'acrylique pour tout ce qui est un peu... support mural et quand il n'y a que de l'enseigne sur des panneaux de bois qui sont peints ou métal, d'utiliser une glycéro émaillée qui est très costaud, elle résiste bien au temps, elle brille bien tout de suite quand on l'applique et qu'elle sèche et je n'ai pas trouvé mieux en peinture pour ce type de support.

  • Speaker #1

    Et donc tu as peinture et tu as dorure.

  • Speaker #0

    Exactement. Après il y a la dorure. Pour la dorure de lettres, ça avoisine les mêmes techniques que la peinture en lettres, juste au lieu d'utiliser de la peinture, on utilise une mixtion à dorer. qu'on mélange avec de la peinture un petit peu suivant le temps de séchage qu'on veut avoir. Parce qu'évidemment, si je peins trois lettres, je vais avoir le temps de finir de peindre mes trois lettres et après la mixtion sera bonne pour faire la pose de feuilles d'or sur la première et ainsi de suite. Par contre, si j'en ai 25 à faire, je voudrais éviter que la première lettre soit sèche ou en tout cas bonne à mettre la feuille d'or quand j'en suis qu'à la douzième à peindre. Donc ça, il faut apprendre à gérer son mélange. pour avoir un temps de séchage qui soit adéquat par rapport au travail qu'on va faire.

  • Speaker #1

    Ah ouais, c'est parce qu'en gros, tu fais du travail à la chaîne et tant que tu es sur la mixtion, tu ne fais pas de la dorure.

  • Speaker #0

    Il faut éviter parce que ce qui se passe, c'est que sinon, après, on va un peu perdre du temps, entre guillemets. C'est-à-dire que je vais devoir m'arrêter de peindre pour poser de la feuille et je n'aurai pas fini le lettrage, que j'aurai fini de peser les feuilles d'or sur le premier. Et après, il faudra attendre que ça sèche pour venir reposer. Donc, ce n'est pas un gain de temps.

  • Speaker #1

    Ok. Quand on a préparé cet épisode 1, tu m'as parlé de la peinture en lettres, c'est de l'art invisible. Tu as utilisé ce terme, qu'est-ce que tu veux dire par là ?

  • Speaker #0

    Alors c'est la lettre, la signalétique, et en général c'est quelque chose qu'on ne remarque pas. On lit l'information qu'elle dégage. Parce que déjà, il y a le fond pour indiquer que la place de la Bastille, c'est par là. Tu dis place de la Bastille et c'est bon. Et après, la manière dont c'est écrit, ça va te donner envie d'y aller ou non. Si tu as une bonne gothique des années 40 qui te dit que c'est par là, tu n'as peut-être pas envie d'y aller. Et si c'est enjolivé avec de la lettre anglaise, où tu as des belles volutes et que les formes sont harmonieuses, tu ne réfléchis pas, tu y vas. Tu te dis, ok, ça a l'air cool.

  • Speaker #1

    Oui, c'est un truc qui est connu dans le graphisme, c'est qu'en fait, ta police raconte déjà quelque chose.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    Et même toi, quand tu... On pourra peut-être en parler un peu plus dans l'épisode 2, mais toi, quand tu rencontres un client, la première chose que tu fais, c'est de lui demander, j'imagine, ce qu'il est, pour lui dire, on va faire cette police.

  • Speaker #0

    C'est de comprendre déjà l'univers de la marque, savoir à quelle clientèle il s'adresse, qu'est-ce qu'il vise. et est-ce qu'il y a une époque qui est rattachée ou un style architectural qui est rattaché à son identité. Donc, il faut matcher un peu avec tout ça, avec ce que vend la marque, ce que veut dégager la marque et où est-ce que sa boutique est située. Et à partir de là, on choisit le style de l'être. Parfois, ils l'ont défini, mais on essaye en tout cas d'apporter une touche qui fait que ça s'harmonise avec l'ensemble et que le client ne remarquera pas tous ces détails-là. Il dira juste, ah, ça a l'air sympa, vas-y, rentrons.

  • Speaker #1

    Eh bien, merci beaucoup, Victor. pour ce petit cours de marketing slash peintre en lettres. Et je te dis à très vite pour l'épisode 2.

  • Speaker #0

    À très vite, merci.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup pour votre écoute. J'espère que ce premier épisode avec Victor Baird, peintre en lettres et graveur, vous aura plu. Dans le prochain épisode, nous irons encore plus loin avec Victor, cette fois-ci pour explorer son métier de graveur. De la pierre au métal, en passant par le bois, il nous dévoilera les coulisses de cet art délicat et ses projets les plus marquants du Panthéon. jusqu'à la Corse. Vous pouvez continuer de m'aider à faire découvrir les histoires d'artisans au plus grand nombre en mettant une note, un commentaire ou en vous abonnant sur votre plateforme de streaming préférée. Retrouvez-nous sur Instagram pour voir le métier en images. Nous adorons recevoir vos témoignages et vos ressentis. Alors n'hésitez pas à nous écrire à podcast.histoired'artisan.com A bientôt avec une nouvelle immersion dans l'artisanat d'exception.

Description

Dans ce premier épisode, nous partons à la découverte du métier de peintre en lettres avec Victor Bert, artisan passionné qui perpétue un savoir-faire rare et minutieux. Comment ce métier ancestral, autrefois indispensable aux enseignes et publicités murales, a-t-il failli disparaître avant de renaître grâce à une nouvelle génération d’artisans ?


Victor nous plonge dans l’histoire de la peinture en lettres, nous explique les spécificités de son travail et nous révèle les techniques qu’il utilise pour créer des typographies uniques à la main. Il partage aussi son regard sur l’évolution du métier et son lien avec la publicité et le design graphique.


Au programme :

  • L’histoire et l’évolution de la peinture en lettres

  • Les outils et techniques du peintre en lettres

  • Le renouveau de ce métier à l’ère du digital


Un épisode à ne pas manquer pour tous les curieux d’artisanat et de design typographique !


Liens de l’épisode : 

Victor Bert

Histoires d’Artisans


Références :

Dans cet épisode, Victor nous parle du documentaire Sign Painters : https://www.signpaintersfilm.com/#watch

Production et réalisation : Lisa Millet

Montage et musiques : Quentin Blic


Si vous avez envie de nous transmettre un message, vous pouvez nous écrire à podcast@histoiresdartisans.com.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans mon atelier.

  • Speaker #1

    Bienvenue dans le podcast d'Histoire d'artisan. Je suis Lisa Millet, présidente de l'association Eponyme. Histoire d'artisan valorise l'ingénierie des artisans d'art en mettant en avant l'innovation et la recherche au sein des ateliers. Aujourd'hui, nous ouvrons les portes de l'atelier de Victor Baer, peintre en lettres et graveur. Mais qu'est-ce qu'un peintre en lettres ? Victor nous éclaire sur ce métier fascinant où chaque trait de pinceau donne vie à des enseignes et à des typographies uniques. Nous reviendrons sur l'histoire de cette profession, son lien étroit avec la publicité et son évolution à travers les décennies. Et bien sûr, Victor nous partagera son regard sur la transmission de ce savoir-faire et les défis d'un métier entre artisanat et art. Belle écoute ! Bonjour Victor et merci beaucoup de m'accueillir dans ton atelier. Victor tu es peintre en lettres et graveur. Aujourd'hui on va parler du métier de peintre en lettres. Est-ce que tu peux nous expliquer concrètement ce qu'est ce métier ?

  • Speaker #0

    Donc la peinture en lettres c'est l'art de peindre des lettres à la main et au pinceau avec des peintures glycéro ou acrylique sur divers supports et on peut dire presque sur tout support.

  • Speaker #1

    Donc quand tu parles de tout support c'est bois, métal, verre,

  • Speaker #0

    plastique ? Oui mais il y a plein de choses. sur des murs pignons, sur des bateaux, des avions. Ça va très, très loin.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qu'un mur pignon ?

  • Speaker #0

    C'est un mur de maison sur lequel il n'y a pas de fenêtre et on peut peindre des grandes fresques.

  • Speaker #1

    Donc, genre, avec des pierres, pas du tout...

  • Speaker #0

    Ça peut être soit un mur moellon, soit...

  • Speaker #1

    Ah,

  • Speaker #0

    il y a trop de choses.

  • Speaker #1

    Non, non, non, c'est très bien. Mais du coup, on va prendre plein de vocabulaire. Mais à chaque fois, je te dirais, et qu'est-ce que le mur moellon ? C'est quoi un mur moellon ?

  • Speaker #0

    Oui, un moellon de pierre, c'est des pierres qui sont un peu en forme de patate, qui ne sont pas lisses du tout. Ou sinon, ça peut être un mur enduit.

  • Speaker #1

    Je ne connaissais pas du tout cette expression. Ok, je me ferai ma meuf stylée la prochaine fois, genre, il est bien beau ce mur moellon. Ok, trop bien. Donc vraiment, genre tout support. Est-ce qu'il y a une particularité dans la peinture ?

  • Speaker #0

    Il faut juste que nous, on sélectionne une peinture qui soit durable pour que notre travail reste le plus longtemps possible.

  • Speaker #1

    Ok, donc imaginons... Je dégrade ton métier, je vais chez Laurent Merlin, je m'achète de la peinture, je peux être un peintre en lettres.

  • Speaker #0

    Je ne ferai pas de bonne ou mauvaise pub pour Laurent Merlin, mais ce n'est pas là où je vais me fournir en peinture, effectivement.

  • Speaker #1

    Oui, ça ne m'étonne pas, c'est le bricoleur du dimanche. Même si on les aime beaucoup, c'est le bricoleur du dimanche. Ok, donc en fait, c'est marrant parce que l'épisode précédent, alors précédent, précédent, parce que du coup, il y a eu un épisode entre, mais... Non, il y a eu deux épisodes entre, en fait. En novembre dernier, on a publié un épisode sur le sérigraph. Et c'est marrant parce que Romain nous a dit exactement la même chose. Je peux imprimer sur tout support. J'étais là, OK. Donc toi, tu peux faire la même chose que le sérigraph, c'est-à-dire que tu peux faire sur tout support.

  • Speaker #0

    Voilà, mais sauf que c'est à la main. Alors que la sérigraphie, elle va répondre avec un cadre précis. Il y a un écran qui est insolé, et on arrive à reproduire à la perfection le design qui était fourni. Alors que nous, on vient... essayer de se rapprocher au maximum du design, mais c'est quand même la main qui vient finaliser le résultat.

  • Speaker #1

    Je vais poser peut-être une question un peu piège, mais du coup, on va dire d'un point de vue administratif, t'es considéré comme un artisan.

  • Speaker #0

    Oui et non. En fait, la peinture en lettres n'est plus reconnue par la Chambre des Métiers depuis, je vais pas dire de bêtises, mais je crois 2003 ou 2007 ou un truc comme ça, parce que le diplôme a arrêté d'être fait en 2003 ou quelque chose comme ça. J'ai pas les dates exactes des derniers diplômes qui ont été...

  • Speaker #1

    Donc, il n'y a plus de formation de peintre en lettres ? Non,

  • Speaker #0

    exactement. On n'a plus de formation.

  • Speaker #1

    Donc, tu n'as plus de statut administratif ?

  • Speaker #0

    C'est ça. On n'a plus de code APE qui correspond à notre métier.

  • Speaker #1

    C'est vrai que c'est une bonne raison d'enlever les codes APE. Tiens, on continue de se former sur tous ces métiers. OK, je ne savais pas, mais on est d'accord historiquement. Vous êtes des artisans ?

  • Speaker #0

    Exactement. On est des artisans historiquement. Et il y avait des formations très nombreuses en France pour former des peintres en lettres qui étaient là pour peindre des enseignes, peindre des murs pignons. avec des publicités. Il y avait des peintres qui étaient spécialisés dans ça, à faire que des murs pignons, par exemple, pour des alcools suzes ou du beau, du bon, du bonnet. C'est les vieilles affiches, qu'on connaît en affiches, mais qui étaient énormément peintes en réclame sur des murs. Il y avait des peintres qui faisaient que ça, qui sillonnaient toute la France pour ça. Et après, il y a des peintres en lettres qui étaient spécialisés en affiches, à faire vraiment de la réclame promotionnelle pour dire cette semaine, le kilo de bœuf à tant de francs. Et toutes les semaines, ils faisaient ça. C'était tellement spécialisé qu'il y avait des ateliers peintres en lettres où il y avait quelqu'un qui s'occupait de faire les tracés et d'autres qui allaient juste peindre les enseignes d'autres peindre les calicots donc c'est toutes les toiles que tu vois sur les bannes de café d'autres qui faisait que des ardoises pour écrire les prix des boissons c'était une autre époque parce qu'on n'avait pas l'outil numérique pour dire bah on peut faire de la à moins de refrais.

  • Speaker #1

    Et ça, quand tu parles d'une autre époque, c'était quelle époque ?

  • Speaker #0

    C'était avant 1980.

  • Speaker #1

    Ah ouais, c'est ultra précis.

  • Speaker #0

    À peu près. Enfin, 1982. En gros, c'est avant les années 80, 81, 82, je crois que les premières machines arrivent, de découpe d'adhésif vinyle. Et en 84, il y a beaucoup de peintres en lettres qui commencent déjà à s'équiper de ça. Et c'est parti, le changement est lancé. Donc avant les années 80, on n'a pas les chiffres précis, mais il y avait un syndicat des peintres en lettres en France qui estime à 5000 le nombre de peintres en lettres à l'époque. Et aujourd'hui, on n'est même pas une centaine. On est une petite centaine.

  • Speaker #1

    C'est un déclin ultra rapide.

  • Speaker #0

    Mais il y a un renouveau. En fait, c'est ça qui est assez fou. C'est qu'il y a eu moins de 200 peintres en lettres à un moment où on était probablement qu'une vingtaine en activité en France au début des années 2010. Et après, ça a repris avec une nouvelle génération qui est arrivée, qui a été formée beaucoup par les peintres anglo-saxons. Il y a eu un documentaire sur les peintres en lettres américains qui est sorti en 2014. Et ça, ça a donné un... coup de fouet au métier et une mise en lumière assez exceptionnelle.

  • Speaker #1

    C'est vrai ? Il faudrait que tu nous donnes la référence. On la mettra dans les commentaires. C'est toujours pareil, mais c'est comme quand on dit que les formations cuisine, boulanger, traiteur, tout ça, ils n'ont plus du tout de problème pour recruter. C'est l'arrivée de Top Chef. Top Chef, Master Chef, le meilleur pâtissier, tout ça, en fait, ils ont fait du bien à la reconnaissance du métier. C'est dingue que ce soit un reportage. qui est relancer le marché.

  • Speaker #0

    Tout à fait. Donc il y a ça et la combinaison de la circulation des informations, notamment d'images par Instagram, où notre métier est quand même très visuel. C'est-à-dire qu'il y a un geste qui est assez rapide, précis, il y a de la couleur. Donc forcément, on est un peu sur un truc où c'est de l'artisanat d'art qui pop aux yeux. Pour le format Instagram, ça participe à véhiculer assez rapidement l'image d'un métier, comment on pourrait le qualifier, de cool. un métier dans le sens où ça c'est que par la fenêtre d'Instagram on voit souvent l'aspect cool du métier et on voit pas à côté le fait de travailler dans le froid ou sous la pluie ou devoir gérer ça les conditions de chantier en ayant un client qui dit moi j'ouvre dans deux jours et il faut absolument que ça soit prêt et en fait on se retrouve avec les peintres les électriciens parfois même les personnes qui coupent le parquet quand tu fais de la dorure, les choses qui ne te matchent pas et il faut pourtant faire avec et réussir à faire du mieux possible.

  • Speaker #1

    Oui surtout que pour appuyer ce que tu dis, on en a parlé juste avant d'enregistrer, c'est qu'en fait t'es la dernière virgule du roman quoi c'est genre vraiment j'arrive une fois que c'est terminato et du coup ce qui fait que toi les gens te disent non, viens pas parce que ça sert à rien, la façade elle est pas faite, et t'es là, ben ok mais mon calendrier je le gère comment ?

  • Speaker #0

    C'est ça, sachant que les clients gardent toujours la même date d'ouverture c'est-à-dire qu'ils prévoient à... Mon intervention a une semaine de l'ouverture et en fait à J-2, ils sont toujours pas prêts la façade est pas encore finie d'être peinte et il me reste plus qu'une journée pour le faire, voire le jour de l'ouverture, ça, ça arrive...

  • Speaker #1

    Plaisir !

  • Speaker #0

    Ouais, c'est les challenges il faut savoir jongler avec son agenda après c'est bon

  • Speaker #1

    Non, mais c'est beau que tu le prennes positivement, parce qu'il y en a un certain nombre qui seraient un peu énervés de ce genre de considération. Mais du coup, le débat que je voulais lancer, c'est pourquoi vous êtes considéré comme artisan à partir du moment où vous avez un pinceau comme un artiste dans les mains ?

  • Speaker #0

    Parce qu'on est quand même exécutant, soit d'une réalisation qui a été faite par quelqu'un d'autre, comme un graphiste, soit on applique en fait juste une connaissance technique de la lettre, ce qu'on a appris sur la lettre. mais on la réapplique par rapport à un code de couleur, à un environnement, une architecture, il faut que ça matche. Mais c'est la limite entre artiste et artisan. Et moi, je qualifie ça d'artisanat d'art, mais on n'est pas encore sur l'artistique où c'est de la création pure qui relève de quelque chose d'absolument fantastique et incopiable.

  • Speaker #1

    Tu nous as raconté un peu brièvement l'histoire avec le déclin à partir des années 80. Est-ce qu'on peut faire un retour en arrière ? Tu peux nous expliquer concrètement ce métier de peintre en lettres, il vient d'où et il sert à quoi ?

  • Speaker #0

    Il sert à faire de la publicité, parce qu'il faut dire ce qu'il est. C'est avoir une enseigne, c'est quand même se faire voir et se démarquer de son voisin ou de son concurrent. Comment ça arrivait ? On ne sait pas trop, mais probablement du fait de vouloir être. plus visibles, plus qualitatifs que son concurrent. C'est arrivé parce qu'on voulait mettre à l'honneur les produits qui étaient fabriqués au sein de chaque maison. Et donc, on a une vague idée de se dire que c'est vers 1860-70 où on commence à avoir des choses qui arrivent de manière plus concrète. Quand je dis concrète, c'est spécialisé. C'est-à-dire qu'on a des gens qui commencent à se spécialiser vraiment dans la lettre et qui en font des choses assez fantastiques au point qu'aujourd'hui, on aimerait bien refaire. des choses comme ça et on n'a plus les savoir-faire. Il y a de la lettre qui est peinte, qui est découpée en métal, qui est avec de l'or plaqué dessus. Des choses où aujourd'hui, grâce à l'outil numérique, on arrive à imiter, mais on n'a plus les savoirs qu'il y avait avant pour le faire. Donc c'est à peu près ça. Avec d'autres peintres en lettres, on essaye de retrouver des archives sur le métier. Les Français ne sont pas des gros archivistes de l'artisanat d'art. On n'est vraiment pas spécialiste là-dedans. Et encore moins sur la transmission. On était vraiment sur une méthode de transmission à l'oral. et pas avec des carnets, avec des guides de comment devenir peintre en lettres, qui était plus à une méthode anglo-saxonne et américaine. Donc on a... Peu de traces, même s'il y en a un petit peu, mais comment ça a apparu. Par contre, on a des traces, des vestiges de ce qui reste. Souvent, on retrouve des vieilles enseignes qui sont masquées par des nouvelles et qui ont du coup, par ce biais-là, elles ont été protégées pendant plusieurs dizaines d'années. Et quand elles ressortent, on arrive à se dire, ok, ça, vu le style, on est sur 1910, 1920, 1930, on arrive à remonter à peu près ça, et parfois plus ancien.

  • Speaker #1

    Mais donc, concrètement, tu parles de 1910, 1920, mais est-ce qu'on est capable de dater ? les premières devantures de peintres en lettres ? On peut.

  • Speaker #0

    Après, c'est dur d'avoir des vestiges. Il faudrait qu'on arrive à tomber dessus. Mais quand on tombe dessus, il y a des enseignes où on se dit OK, là, on est vraiment avant 1900. Il y en a quelques-unes. Rarement, on arrive à trouver des styles où on se dit OK, ça, c'est avant l'art nouveau. Où là, c'était le fleuron de l'artisanat d'art français. C'est un peu, il y a une bascule à ce moment-là. C'est avant art nouveau, après art nouveau. Et le métier a plus explosé après. On a eu énormément de peintures en lettres sur les années 30, 40, 50, 60, où là, c'était vraiment très florissant.

  • Speaker #1

    Des années 1900 ? Oui. C'est dingue. Donc, tu es en train de nous dire qu'en fait, ce métier a duré genre 40 ans.

  • Speaker #0

    Non, plus que ça. Plus que ça.

  • Speaker #1

    Oui, mais je veux dire, au début, il est apparu, il s'est fait connaître. Ensuite, tu dis de 50 à 80, il a bien vécu. Et à 80, il s'est fait connaître.

  • Speaker #0

    Ah oui, par contre, il y a eu un choc brutal. C'est sûr que dans les années 80, je ne pourrais pas donner un chiffre précis, mais... Quand on dit qu'il y avait, sur le syndicat des peintres en lettres, il y avait à peu près 5000 inscrits à la fin des années 70, début 80. Je pense qu'à la fin des années 80 et début 90, il devait en rester 1000 maxi. Ça fait divisé par 5 en 10 ans et puis après c'était l'hécatombe. Parce que beaucoup de peintres en lettres se sont orientés vers la signalétique numérique, à faire des lettres en relief, plexi, etc. Et d'autres à lâcher le pinceau complètement pour faire que de l'adhésif. Ce métier, c'est assez complexe à le visualiser dans le temps parce que... il s'est spécialisé sur une chose qu'est la lettre et il y a des peintres qui faisaient que de la lettre peinte d'autres qui ont commencé à dire moi j'intégrerais bien de la gravure avec la peinture pour faire de la superposition d'effets et que ça donne quelque chose de plus pérenne dans le temps donc plus qualitatif, donc plus cher et donc à se spécialiser dans des choses encore plus évoluées et à aller vers de la lettre relief en métal avec des effets plissés, découpés, soudés avec de la dorure ça il y a eu sur, je dirais pas en France mais quand même Sur Paris et en France, il y a une grosse maison qui s'appelait la maison Dewez et la maison Bouvet. C'était les deux principales. On retrouve encore des vestiges de leurs enseignes partout en France. Elles sont signées et on voit que ce n'est pas que de la peinture en lettres, qu'il y a de la lettre relief avec, que c'est sous verre, qu'il y a de la gravure au sablage ou à l'acide sous verre. Mais c'est une combinaison de techniques et qui fait qu'avec ces supports-là, ça a pu traverser les décennies pour venir jusqu'à nous.

  • Speaker #1

    Oui, donc en fait, ce que je comprends, c'est que... Finalement, le métier de peintre en lettres est l'ancêtre de beaucoup de métiers aujourd'hui Sur la signalétique,

  • Speaker #0

    tout à fait

  • Speaker #1

    Par exemple, justement, on parlait du scénographe C'est l'ancêtre aussi des néonistes Ceux qui font des néons Exactement C'est l'ancêtre, j'imagine Je ne sais pas comment il s'appelle Ceux qui, justement, font des enseignes en métal Imaginons que demain, il y a Carrefour qui a besoin de faire son enseigne C'est en métal

  • Speaker #0

    C'est une entreprise de signalétique qu'on dit classique aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. On appelle ça une entreprise de signalétique. Donc, en fait, toutes ces entreprises, elles ont pour ancêtre Lucie, à cas la peinture en lettres. C'est ça. OK, je vois très bien. Et moi, ce que je trouvais intéressant, justement, quand on en a parlé un peu de cette histoire, c'est que finalement, la peinture en lettres a pris son essor avec le développement du marketing.

  • Speaker #0

    Tout à fait.

  • Speaker #1

    Et est-ce que tu peux un peu revenir dessus et nous expliquer justement les... J'imagine, comme tu dis, c'est des théories.

  • Speaker #0

    C'est une théorie, mais ça paraît plus que plausible. C'est-à-dire qu'avant, il n'y avait pas forcément de marque. Et on se disait, bon, je vais chercher à l'épicerie du coin ma farine. Et on se demandait pourquoi la farine de la semaine dernière a été meilleure que celle de cette semaine. Et donc, on demandait à avoir la farine de meilleure qualité. Donc, les moulins qui produisaient plus, de meilleure qualité, voulaient se démarquer. Et donc, de là à créer une marque pour être reconnue. Et pour être reconnue, il faut faire de la publicité pour se montrer. Donc, ça veut dire qu'il faut avoir un graphiste qui vient... créer la marque, le visuel, qui ont fait des publicités pour que ça soit affiché dans des journaux, sur des murs, peint sur des affiches qu'on colle partout, et sur les emballages. Donc ça vient de là. Et le peintre en lettres, il est tributaire de cette évolution. On a besoin de peindre des noms, de marques, un peu partout. Et il y a une époque, sur les années 1860-70, où ça commence à être un peu la foire aux enseignes. Parce qu'on peint des noms partout et il y a des affiches collées partout de publicité de tout genre.

  • Speaker #1

    Je viens d'avoir une révélation. En fait Marc, ça vient de se démarquer, mais moi j'avais pas du tout pensé. c'est pour toi j'ai fait des études de market c'est abusé c'est comme marketing ça vient de marcher enfin bref j'en apprends tous les jours sur mon propre métier ok donc ils ont voulu se démarquer et c'est quand même ouf de se dire tu vois genre aujourd'hui tu peux pas sortir dans la rue sans être assailli d'affiches de messages publicitaires tu écoutes la radio t'as des messages publicitaires tu regardes la télé t'as des messages publicitaires t'as des messages publicitaires partout et pourtant ce que t'es en train de nous dire c'est que c'est pas si vieux quoi

  • Speaker #0

    Je pense que la publicité, elle a quand même tout le temps existé, mais c'est les marques qui sont venues jusqu'à notre époque, les vestiges qui sont venus jusqu'à notre époque, il n'y en a pas beaucoup. Je ne sais plus où est-ce que j'ai lu ça, mais en fait, comme je fais pas mal de gravures sur pierre, j'ai étudié la question sur les premières marques que tu as faites, les inscriptions à l'époque romaine et ainsi de suite. Et on voit que dans les graffitiles de l'époque romaine, il y avait déjà de la publicité, pas aussi bien finie que ce qu'on connaît en graphisme aujourd'hui. Mais ça a commencé là.

  • Speaker #1

    Du coup, j'étais en train de regarder. Et en effet, ils en parlent dès l'Antiquité. Ils disent, c'est au Moyen-Âge que la première vraie législation apparaît, sous le règne du loi d'Angleterre, Henri III. Les boulangers sont contraints de marquer leur pain avec un signe distinctif. La position d'une marque devient donc gage de qualité. C'est exactement ce que tu dis. Est-ce que vous êtes en train de me dire qu'on a inventé la marque pour l'artisan ? Est-ce que c'est ça qu'on est en train de comprendre ?

  • Speaker #0

    Non, la marque, elle a inventé, je pense, pour le client.

  • Speaker #1

    Non, mais je veux dire, en gros, genre, c'est apparu. En tout cas, dans ce qu'il raconte, je ferai mes recherches et je pense que j'en ferai un article sur le blog d'Histoire d'artisan. Mais en gros, ce qu'on est en train de dire, c'est que c'est pour reconnaître un pain de boulanger qu'on a écrit. Enfin, genre, finalement, le seau, quoi. En fait, c'est le concept du seau aussi.

  • Speaker #0

    Mais comme les tailleurs de pierres marquaient leurs pierres pour dire que c'est celles qui l'ont taillé.

  • Speaker #1

    Oui, ça, on en a parlé parce que je suis la productrice du podcast. D'ailleurs, je n'aurais jamais fait leur pub, mais... je vais le faire aujourd'hui, du podcast de La pierre à l'édifice, qui est le podcast de l'association qui reconstruit la flèche et la tournure de la basilique Saint-Denis. Et du coup, c'est dans ce cadre-là que j'ai interviewé des tailleurs de pierres et ils me racontent qu'en effet, quand ils enlèvent des pierres, enfin quand ils retrouvent des pierres, ils retrouvent les marques. Et je trouve ça trop chouette. C'est un morceau d'histoire, quoi. C'est ça. C'est ce mec-là qui a fait ça. Ok, donc pareil, tu me racontais, et moi je trouve ça trop cool, et finalement on n'a pas vraiment parlé de date, mais tu me disais qu'avant, sur les boutiques, il y avait marqué limite la liste de ce qu'ils proposaient, genre pain, farine, viande, machin.

  • Speaker #0

    Exactement. Il y en a quelques-unes encore dans Paris, on voit marqué vin, liqueur, fromage. Oui. Voilà. Et souvent, ça c'est marqué sur l'enseigne, donc le bandeau qui est au-dessus de la vitrine. Très souvent, c'est ce qui était mis en avant, et après sur la vitrine, il y avait marqué... B. Durand, successeur F. Pournet, pour dire que c'était une maison de qualité parce que les gens du quartier connaissaient M. Durand et que son successeur, du coup, devait être bien.

  • Speaker #1

    Donc, c'était vraiment des noms... T'allais voir quelqu'un, quoi. Tu disais, je vais chez l'épicier Durand. C'est un autre monde. Et c'est un monde, finalement, qui n'est pas si loin.

  • Speaker #0

    Pas tant que ça, non.

  • Speaker #1

    Qui a 100 ans, quoi.

  • Speaker #0

    Ouais, 150.

  • Speaker #1

    Dans les années... Ouais,

  • Speaker #0

    1870, ça commence.

  • Speaker #1

    Moi, je trouve ça trop intéressant de voir l'évolution, justement, et de voir comment... un métier à évoluer complètement en même temps que le marché, concrètement.

  • Speaker #0

    C'est complètement lié. C'est lié à la publicité, au marketing et à faire vendre. Franchement, c'est ça. D'accompagner aussi la qualité des produits qui étaient fabriqués.

  • Speaker #1

    Et tu parlais des pubs suzes qu'on peut avoir sur les...

  • Speaker #0

    Sur les nationales.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    mais sur les murs pignons.

  • Speaker #1

    Sur les murs pignons. En gros, concrètement, si aujourd'hui on en voit, c'est genre ça a été fait il y a grave longtemps.

  • Speaker #0

    Bah probablement jusqu'à fin 80, oui.

  • Speaker #1

    On est quand même en 2025, donc ça a déjà 45 ans.

  • Speaker #0

    Pour les plus récentes.

  • Speaker #1

    Oui, pour les plus récentes. Donc en fait, on invite tous les gens qui ont des pubs chez eux à ne pas les recouvrir. Parce qu'il y a des gens qui habitent dans ce genre de maison et qui font de la pub. Et je pense que c'est aussi un rapport au temps qui est complètement différent. C'est qu'aujourd'hui, tu fais une pub pour un truc qui dans six mois sera obsolète. Donc ça n'a pas de sens de peindre.

  • Speaker #0

    Et paradoxalement, si. Juste pour donner un exemple, aux Etats-Unis, il y a une entreprise qui s'est spécialisée dedans, qui s'appelle Colossal Media. Et eux, ils font des murs qui font entre 50 et 250 mètres de long par à peu près 50 de haut. Donc on parle de surfaces qui sont colossales. Et ils en font des publicités temporaires. C'est-à-dire qu'il y a une publicité pour un jean Levis et ils vont peindre Pharrell Williams avec un jean. sur toute la longueur du mur, là, pour un mois et demi de pub. Et après, ils passent à l'espace publicitaire, ils vont aller à quelqu'un d'autre et ils repeignent. Et ils peignent ça avec un degré de réalisme qui est incroyable. Mais vraiment, c'est... C'est colossal. C'est de la photo. Et non, c'est bluffant. Et là, c'est du vrai art mural fresquiste de peintre comme on n'en fait plus. Et eux, ont remis ça au goût du jour de manière assez incroyable parce que ça a repopé sur le devant de la scène la peinture en lettres et, l'art de la fresque. C'est-à-dire qu'il n'y a pas que de la lettre. Alors, dans les publicités, t'as toujours un peu de lettres. C'est écrit, tu vois. Mais là, il faut voir le degré de réalisme. T'as l'impression que c'est une photo. Sauf que tu vois que le mur, c'est de la brique. Je sais pas combien de milliers, voire millions de briques il y a sur un mur de 250 par 50 mètres. Voilà. Et tout ça, c'est peint. Et le résultat, il est vraiment d'un réalisme bluffant.

  • Speaker #1

    J'imagine que le mur, il en appartient.

  • Speaker #0

    Pas sûr. C'est pas sûr. Je pense que ça peut être loué au propriétaire du bâtiment et ainsi de suite.

  • Speaker #1

    J'imagine que tout le monde ne peut pas se permettre ça. Non,

  • Speaker #0

    non, il y a des grandes marques, c'est des grandes maisons qui le font.

  • Speaker #1

    En t'écoutant, je me posais la question, quel est l'intérêt pour la marque ?

  • Speaker #0

    Alors, un, ça véhicule une publicité. Tu as la manière de la réaliser, où tu peux communiquer dessus.

  • Speaker #1

    Faire du storytelling.

  • Speaker #0

    Voilà. Et tu fais vivre un artisanat. Deuxièmement, tu ne peux pas imprimer sur des surfaces aussi grandes aussi. Donc c'est le seul moyen d'avoir une publicité aussi gigantesque.

  • Speaker #1

    Ah, techniquement, tu ne peux pas faire aussi grand. Bah tu vois, je sais pas. Tant t'as dit, 250 par 50.

  • Speaker #0

    Ouais, je dis ça, mais il y en a des plus grands probablement. C'est dément, c'est dément. Il y a des peintures démentes. Mais ils sont là, sur les gratte-ciels, il y a des parties où ils démarrent du toit, ils descendent avec leur nacelle à câble là, et ils peignent comme ça.

  • Speaker #1

    Mais ça doit prendre un mois et demi à peindre ?

  • Speaker #0

    À peu près, ouais.

  • Speaker #1

    Et ça prend un mois et demi, et au bout d'un mois et demi,

  • Speaker #0

    c'est mort ? Bah certaines restent plus longtemps, mais je disais ça l'exemple de un mois, parce que c'est possible, ça arrive. Et sachant que dedans... Par exemple, sur la fresque, comme ça, où ils peignent des personnages pour une publicité, ils ont des peintres qui sont spécialisés sur le portrait. C'est-à-dire qu'il y en a qui viennent exprès pour faire que le visage, même pas les cheveux, parce que, par exemple, ils vont peindre le visage de Margot Robbie avec une pub pour Chanel numéro 5 ou autre. Tu ne peux pas te rater, il faut que ça soit vraiment fait à la perfection. Sinon, c'est une mauvaise pub. Donc, ils ont des peintres spécialisés dedans. D'autres, sur les dégradés, ils sont... C'est des tueurs, quoi.

  • Speaker #1

    Donc, encore une fois, les peintres en lettres sont les ancêtres des street artists.

  • Speaker #0

    Ça pourrait. Mais en tout cas, il y a énormément de peintres en lettres de la nouvelle génération qui vient du graphe.

  • Speaker #1

    OK. Pour revenir un peu sur la technique, concrètement, donc tu m'as dit sur tout support, mais concrètement, un peintre en lettres, imagine demain, tu viens sur un chantier, tu mets quoi dans ta besace ?

  • Speaker #0

    Déjà, je me renseigne sur où est-ce que je vais peindre, qu'est-ce qu'il faut peindre et quel support il va y avoir. Parce que suivant les supports, je ne vais pas utiliser les mêmes types de pinceaux et les mêmes types de peinture. Mais ce qu'il faut absolument, c'est avoir une règle, un niveau, un crayon pour pouvoir faire son tracé. Ça, c'est le B.A.B.A. Après, on peut se dire, le tracé, on le prépare en atelier, sur papier. On l'amène sur chantier et à partir de là, on peut travailler le tracé. Ensuite, il y a les pinceaux. Donc, on utilise des brosses à lettres qui sont soit en poils d'animaux. souvent c'est en poils de martre ou en poils d'écureuil, ou alors des brosses synthétiques. Donc une brosse c'est un pinceau, c'est avec des poils assez longs et qui sont taillés en bout en forme carré pour qu'on puisse avoir un angle parfait pour faire un trait droit. Et des poils longs pour qu'il y ait de la charge de peinture, qu'on puisse aller du haut au bas de la lettre sans avoir à recharger en peinture le pinceau. Donc c'est une capacité de charge assez grande et c'est ce qui fait la qualité d'un bon pinceau. Après il y a des brosses à poils courts qui sont en soie de porc, et ça c'est pour les surfaces rugueuses. Comme les murs crépits, les murs de briques, les murs en pierre, on peut peindre avec. Mais c'est une autre gestuelle parce qu'il faut réussir à avoir un trait parfait avec une brosse qui a des poils un peu, pas dans tous les sens, mais pas très loin. Donc on travaille plus en contour, en contour de lettres. Et après, on vient un peu remplir l'intérieur de la forme de la lettre. Et après, les peintures, ça dépend vraiment entre glycéro et acrylique, suivant ce qu'on a à peindre et surtout le support. Moi, j'ai plus tendance à utiliser de l'acrylique pour tout ce qui est un peu... support mural et quand il n'y a que de l'enseigne sur des panneaux de bois qui sont peints ou métal, d'utiliser une glycéro émaillée qui est très costaud, elle résiste bien au temps, elle brille bien tout de suite quand on l'applique et qu'elle sèche et je n'ai pas trouvé mieux en peinture pour ce type de support.

  • Speaker #1

    Et donc tu as peinture et tu as dorure.

  • Speaker #0

    Exactement. Après il y a la dorure. Pour la dorure de lettres, ça avoisine les mêmes techniques que la peinture en lettres, juste au lieu d'utiliser de la peinture, on utilise une mixtion à dorer. qu'on mélange avec de la peinture un petit peu suivant le temps de séchage qu'on veut avoir. Parce qu'évidemment, si je peins trois lettres, je vais avoir le temps de finir de peindre mes trois lettres et après la mixtion sera bonne pour faire la pose de feuilles d'or sur la première et ainsi de suite. Par contre, si j'en ai 25 à faire, je voudrais éviter que la première lettre soit sèche ou en tout cas bonne à mettre la feuille d'or quand j'en suis qu'à la douzième à peindre. Donc ça, il faut apprendre à gérer son mélange. pour avoir un temps de séchage qui soit adéquat par rapport au travail qu'on va faire.

  • Speaker #1

    Ah ouais, c'est parce qu'en gros, tu fais du travail à la chaîne et tant que tu es sur la mixtion, tu ne fais pas de la dorure.

  • Speaker #0

    Il faut éviter parce que ce qui se passe, c'est que sinon, après, on va un peu perdre du temps, entre guillemets. C'est-à-dire que je vais devoir m'arrêter de peindre pour poser de la feuille et je n'aurai pas fini le lettrage, que j'aurai fini de peser les feuilles d'or sur le premier. Et après, il faudra attendre que ça sèche pour venir reposer. Donc, ce n'est pas un gain de temps.

  • Speaker #1

    Ok. Quand on a préparé cet épisode 1, tu m'as parlé de la peinture en lettres, c'est de l'art invisible. Tu as utilisé ce terme, qu'est-ce que tu veux dire par là ?

  • Speaker #0

    Alors c'est la lettre, la signalétique, et en général c'est quelque chose qu'on ne remarque pas. On lit l'information qu'elle dégage. Parce que déjà, il y a le fond pour indiquer que la place de la Bastille, c'est par là. Tu dis place de la Bastille et c'est bon. Et après, la manière dont c'est écrit, ça va te donner envie d'y aller ou non. Si tu as une bonne gothique des années 40 qui te dit que c'est par là, tu n'as peut-être pas envie d'y aller. Et si c'est enjolivé avec de la lettre anglaise, où tu as des belles volutes et que les formes sont harmonieuses, tu ne réfléchis pas, tu y vas. Tu te dis, ok, ça a l'air cool.

  • Speaker #1

    Oui, c'est un truc qui est connu dans le graphisme, c'est qu'en fait, ta police raconte déjà quelque chose.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    Et même toi, quand tu... On pourra peut-être en parler un peu plus dans l'épisode 2, mais toi, quand tu rencontres un client, la première chose que tu fais, c'est de lui demander, j'imagine, ce qu'il est, pour lui dire, on va faire cette police.

  • Speaker #0

    C'est de comprendre déjà l'univers de la marque, savoir à quelle clientèle il s'adresse, qu'est-ce qu'il vise. et est-ce qu'il y a une époque qui est rattachée ou un style architectural qui est rattaché à son identité. Donc, il faut matcher un peu avec tout ça, avec ce que vend la marque, ce que veut dégager la marque et où est-ce que sa boutique est située. Et à partir de là, on choisit le style de l'être. Parfois, ils l'ont défini, mais on essaye en tout cas d'apporter une touche qui fait que ça s'harmonise avec l'ensemble et que le client ne remarquera pas tous ces détails-là. Il dira juste, ah, ça a l'air sympa, vas-y, rentrons.

  • Speaker #1

    Eh bien, merci beaucoup, Victor. pour ce petit cours de marketing slash peintre en lettres. Et je te dis à très vite pour l'épisode 2.

  • Speaker #0

    À très vite, merci.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup pour votre écoute. J'espère que ce premier épisode avec Victor Baird, peintre en lettres et graveur, vous aura plu. Dans le prochain épisode, nous irons encore plus loin avec Victor, cette fois-ci pour explorer son métier de graveur. De la pierre au métal, en passant par le bois, il nous dévoilera les coulisses de cet art délicat et ses projets les plus marquants du Panthéon. jusqu'à la Corse. Vous pouvez continuer de m'aider à faire découvrir les histoires d'artisans au plus grand nombre en mettant une note, un commentaire ou en vous abonnant sur votre plateforme de streaming préférée. Retrouvez-nous sur Instagram pour voir le métier en images. Nous adorons recevoir vos témoignages et vos ressentis. Alors n'hésitez pas à nous écrire à podcast.histoired'artisan.com A bientôt avec une nouvelle immersion dans l'artisanat d'exception.

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Description

Dans ce premier épisode, nous partons à la découverte du métier de peintre en lettres avec Victor Bert, artisan passionné qui perpétue un savoir-faire rare et minutieux. Comment ce métier ancestral, autrefois indispensable aux enseignes et publicités murales, a-t-il failli disparaître avant de renaître grâce à une nouvelle génération d’artisans ?


Victor nous plonge dans l’histoire de la peinture en lettres, nous explique les spécificités de son travail et nous révèle les techniques qu’il utilise pour créer des typographies uniques à la main. Il partage aussi son regard sur l’évolution du métier et son lien avec la publicité et le design graphique.


Au programme :

  • L’histoire et l’évolution de la peinture en lettres

  • Les outils et techniques du peintre en lettres

  • Le renouveau de ce métier à l’ère du digital


Un épisode à ne pas manquer pour tous les curieux d’artisanat et de design typographique !


Liens de l’épisode : 

Victor Bert

Histoires d’Artisans


Références :

Dans cet épisode, Victor nous parle du documentaire Sign Painters : https://www.signpaintersfilm.com/#watch

Production et réalisation : Lisa Millet

Montage et musiques : Quentin Blic


Si vous avez envie de nous transmettre un message, vous pouvez nous écrire à podcast@histoiresdartisans.com.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans mon atelier.

  • Speaker #1

    Bienvenue dans le podcast d'Histoire d'artisan. Je suis Lisa Millet, présidente de l'association Eponyme. Histoire d'artisan valorise l'ingénierie des artisans d'art en mettant en avant l'innovation et la recherche au sein des ateliers. Aujourd'hui, nous ouvrons les portes de l'atelier de Victor Baer, peintre en lettres et graveur. Mais qu'est-ce qu'un peintre en lettres ? Victor nous éclaire sur ce métier fascinant où chaque trait de pinceau donne vie à des enseignes et à des typographies uniques. Nous reviendrons sur l'histoire de cette profession, son lien étroit avec la publicité et son évolution à travers les décennies. Et bien sûr, Victor nous partagera son regard sur la transmission de ce savoir-faire et les défis d'un métier entre artisanat et art. Belle écoute ! Bonjour Victor et merci beaucoup de m'accueillir dans ton atelier. Victor tu es peintre en lettres et graveur. Aujourd'hui on va parler du métier de peintre en lettres. Est-ce que tu peux nous expliquer concrètement ce qu'est ce métier ?

  • Speaker #0

    Donc la peinture en lettres c'est l'art de peindre des lettres à la main et au pinceau avec des peintures glycéro ou acrylique sur divers supports et on peut dire presque sur tout support.

  • Speaker #1

    Donc quand tu parles de tout support c'est bois, métal, verre,

  • Speaker #0

    plastique ? Oui mais il y a plein de choses. sur des murs pignons, sur des bateaux, des avions. Ça va très, très loin.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qu'un mur pignon ?

  • Speaker #0

    C'est un mur de maison sur lequel il n'y a pas de fenêtre et on peut peindre des grandes fresques.

  • Speaker #1

    Donc, genre, avec des pierres, pas du tout...

  • Speaker #0

    Ça peut être soit un mur moellon, soit...

  • Speaker #1

    Ah,

  • Speaker #0

    il y a trop de choses.

  • Speaker #1

    Non, non, non, c'est très bien. Mais du coup, on va prendre plein de vocabulaire. Mais à chaque fois, je te dirais, et qu'est-ce que le mur moellon ? C'est quoi un mur moellon ?

  • Speaker #0

    Oui, un moellon de pierre, c'est des pierres qui sont un peu en forme de patate, qui ne sont pas lisses du tout. Ou sinon, ça peut être un mur enduit.

  • Speaker #1

    Je ne connaissais pas du tout cette expression. Ok, je me ferai ma meuf stylée la prochaine fois, genre, il est bien beau ce mur moellon. Ok, trop bien. Donc vraiment, genre tout support. Est-ce qu'il y a une particularité dans la peinture ?

  • Speaker #0

    Il faut juste que nous, on sélectionne une peinture qui soit durable pour que notre travail reste le plus longtemps possible.

  • Speaker #1

    Ok, donc imaginons... Je dégrade ton métier, je vais chez Laurent Merlin, je m'achète de la peinture, je peux être un peintre en lettres.

  • Speaker #0

    Je ne ferai pas de bonne ou mauvaise pub pour Laurent Merlin, mais ce n'est pas là où je vais me fournir en peinture, effectivement.

  • Speaker #1

    Oui, ça ne m'étonne pas, c'est le bricoleur du dimanche. Même si on les aime beaucoup, c'est le bricoleur du dimanche. Ok, donc en fait, c'est marrant parce que l'épisode précédent, alors précédent, précédent, parce que du coup, il y a eu un épisode entre, mais... Non, il y a eu deux épisodes entre, en fait. En novembre dernier, on a publié un épisode sur le sérigraph. Et c'est marrant parce que Romain nous a dit exactement la même chose. Je peux imprimer sur tout support. J'étais là, OK. Donc toi, tu peux faire la même chose que le sérigraph, c'est-à-dire que tu peux faire sur tout support.

  • Speaker #0

    Voilà, mais sauf que c'est à la main. Alors que la sérigraphie, elle va répondre avec un cadre précis. Il y a un écran qui est insolé, et on arrive à reproduire à la perfection le design qui était fourni. Alors que nous, on vient... essayer de se rapprocher au maximum du design, mais c'est quand même la main qui vient finaliser le résultat.

  • Speaker #1

    Je vais poser peut-être une question un peu piège, mais du coup, on va dire d'un point de vue administratif, t'es considéré comme un artisan.

  • Speaker #0

    Oui et non. En fait, la peinture en lettres n'est plus reconnue par la Chambre des Métiers depuis, je vais pas dire de bêtises, mais je crois 2003 ou 2007 ou un truc comme ça, parce que le diplôme a arrêté d'être fait en 2003 ou quelque chose comme ça. J'ai pas les dates exactes des derniers diplômes qui ont été...

  • Speaker #1

    Donc, il n'y a plus de formation de peintre en lettres ? Non,

  • Speaker #0

    exactement. On n'a plus de formation.

  • Speaker #1

    Donc, tu n'as plus de statut administratif ?

  • Speaker #0

    C'est ça. On n'a plus de code APE qui correspond à notre métier.

  • Speaker #1

    C'est vrai que c'est une bonne raison d'enlever les codes APE. Tiens, on continue de se former sur tous ces métiers. OK, je ne savais pas, mais on est d'accord historiquement. Vous êtes des artisans ?

  • Speaker #0

    Exactement. On est des artisans historiquement. Et il y avait des formations très nombreuses en France pour former des peintres en lettres qui étaient là pour peindre des enseignes, peindre des murs pignons. avec des publicités. Il y avait des peintres qui étaient spécialisés dans ça, à faire que des murs pignons, par exemple, pour des alcools suzes ou du beau, du bon, du bonnet. C'est les vieilles affiches, qu'on connaît en affiches, mais qui étaient énormément peintes en réclame sur des murs. Il y avait des peintres qui faisaient que ça, qui sillonnaient toute la France pour ça. Et après, il y a des peintres en lettres qui étaient spécialisés en affiches, à faire vraiment de la réclame promotionnelle pour dire cette semaine, le kilo de bœuf à tant de francs. Et toutes les semaines, ils faisaient ça. C'était tellement spécialisé qu'il y avait des ateliers peintres en lettres où il y avait quelqu'un qui s'occupait de faire les tracés et d'autres qui allaient juste peindre les enseignes d'autres peindre les calicots donc c'est toutes les toiles que tu vois sur les bannes de café d'autres qui faisait que des ardoises pour écrire les prix des boissons c'était une autre époque parce qu'on n'avait pas l'outil numérique pour dire bah on peut faire de la à moins de refrais.

  • Speaker #1

    Et ça, quand tu parles d'une autre époque, c'était quelle époque ?

  • Speaker #0

    C'était avant 1980.

  • Speaker #1

    Ah ouais, c'est ultra précis.

  • Speaker #0

    À peu près. Enfin, 1982. En gros, c'est avant les années 80, 81, 82, je crois que les premières machines arrivent, de découpe d'adhésif vinyle. Et en 84, il y a beaucoup de peintres en lettres qui commencent déjà à s'équiper de ça. Et c'est parti, le changement est lancé. Donc avant les années 80, on n'a pas les chiffres précis, mais il y avait un syndicat des peintres en lettres en France qui estime à 5000 le nombre de peintres en lettres à l'époque. Et aujourd'hui, on n'est même pas une centaine. On est une petite centaine.

  • Speaker #1

    C'est un déclin ultra rapide.

  • Speaker #0

    Mais il y a un renouveau. En fait, c'est ça qui est assez fou. C'est qu'il y a eu moins de 200 peintres en lettres à un moment où on était probablement qu'une vingtaine en activité en France au début des années 2010. Et après, ça a repris avec une nouvelle génération qui est arrivée, qui a été formée beaucoup par les peintres anglo-saxons. Il y a eu un documentaire sur les peintres en lettres américains qui est sorti en 2014. Et ça, ça a donné un... coup de fouet au métier et une mise en lumière assez exceptionnelle.

  • Speaker #1

    C'est vrai ? Il faudrait que tu nous donnes la référence. On la mettra dans les commentaires. C'est toujours pareil, mais c'est comme quand on dit que les formations cuisine, boulanger, traiteur, tout ça, ils n'ont plus du tout de problème pour recruter. C'est l'arrivée de Top Chef. Top Chef, Master Chef, le meilleur pâtissier, tout ça, en fait, ils ont fait du bien à la reconnaissance du métier. C'est dingue que ce soit un reportage. qui est relancer le marché.

  • Speaker #0

    Tout à fait. Donc il y a ça et la combinaison de la circulation des informations, notamment d'images par Instagram, où notre métier est quand même très visuel. C'est-à-dire qu'il y a un geste qui est assez rapide, précis, il y a de la couleur. Donc forcément, on est un peu sur un truc où c'est de l'artisanat d'art qui pop aux yeux. Pour le format Instagram, ça participe à véhiculer assez rapidement l'image d'un métier, comment on pourrait le qualifier, de cool. un métier dans le sens où ça c'est que par la fenêtre d'Instagram on voit souvent l'aspect cool du métier et on voit pas à côté le fait de travailler dans le froid ou sous la pluie ou devoir gérer ça les conditions de chantier en ayant un client qui dit moi j'ouvre dans deux jours et il faut absolument que ça soit prêt et en fait on se retrouve avec les peintres les électriciens parfois même les personnes qui coupent le parquet quand tu fais de la dorure, les choses qui ne te matchent pas et il faut pourtant faire avec et réussir à faire du mieux possible.

  • Speaker #1

    Oui surtout que pour appuyer ce que tu dis, on en a parlé juste avant d'enregistrer, c'est qu'en fait t'es la dernière virgule du roman quoi c'est genre vraiment j'arrive une fois que c'est terminato et du coup ce qui fait que toi les gens te disent non, viens pas parce que ça sert à rien, la façade elle est pas faite, et t'es là, ben ok mais mon calendrier je le gère comment ?

  • Speaker #0

    C'est ça, sachant que les clients gardent toujours la même date d'ouverture c'est-à-dire qu'ils prévoient à... Mon intervention a une semaine de l'ouverture et en fait à J-2, ils sont toujours pas prêts la façade est pas encore finie d'être peinte et il me reste plus qu'une journée pour le faire, voire le jour de l'ouverture, ça, ça arrive...

  • Speaker #1

    Plaisir !

  • Speaker #0

    Ouais, c'est les challenges il faut savoir jongler avec son agenda après c'est bon

  • Speaker #1

    Non, mais c'est beau que tu le prennes positivement, parce qu'il y en a un certain nombre qui seraient un peu énervés de ce genre de considération. Mais du coup, le débat que je voulais lancer, c'est pourquoi vous êtes considéré comme artisan à partir du moment où vous avez un pinceau comme un artiste dans les mains ?

  • Speaker #0

    Parce qu'on est quand même exécutant, soit d'une réalisation qui a été faite par quelqu'un d'autre, comme un graphiste, soit on applique en fait juste une connaissance technique de la lettre, ce qu'on a appris sur la lettre. mais on la réapplique par rapport à un code de couleur, à un environnement, une architecture, il faut que ça matche. Mais c'est la limite entre artiste et artisan. Et moi, je qualifie ça d'artisanat d'art, mais on n'est pas encore sur l'artistique où c'est de la création pure qui relève de quelque chose d'absolument fantastique et incopiable.

  • Speaker #1

    Tu nous as raconté un peu brièvement l'histoire avec le déclin à partir des années 80. Est-ce qu'on peut faire un retour en arrière ? Tu peux nous expliquer concrètement ce métier de peintre en lettres, il vient d'où et il sert à quoi ?

  • Speaker #0

    Il sert à faire de la publicité, parce qu'il faut dire ce qu'il est. C'est avoir une enseigne, c'est quand même se faire voir et se démarquer de son voisin ou de son concurrent. Comment ça arrivait ? On ne sait pas trop, mais probablement du fait de vouloir être. plus visibles, plus qualitatifs que son concurrent. C'est arrivé parce qu'on voulait mettre à l'honneur les produits qui étaient fabriqués au sein de chaque maison. Et donc, on a une vague idée de se dire que c'est vers 1860-70 où on commence à avoir des choses qui arrivent de manière plus concrète. Quand je dis concrète, c'est spécialisé. C'est-à-dire qu'on a des gens qui commencent à se spécialiser vraiment dans la lettre et qui en font des choses assez fantastiques au point qu'aujourd'hui, on aimerait bien refaire. des choses comme ça et on n'a plus les savoir-faire. Il y a de la lettre qui est peinte, qui est découpée en métal, qui est avec de l'or plaqué dessus. Des choses où aujourd'hui, grâce à l'outil numérique, on arrive à imiter, mais on n'a plus les savoirs qu'il y avait avant pour le faire. Donc c'est à peu près ça. Avec d'autres peintres en lettres, on essaye de retrouver des archives sur le métier. Les Français ne sont pas des gros archivistes de l'artisanat d'art. On n'est vraiment pas spécialiste là-dedans. Et encore moins sur la transmission. On était vraiment sur une méthode de transmission à l'oral. et pas avec des carnets, avec des guides de comment devenir peintre en lettres, qui était plus à une méthode anglo-saxonne et américaine. Donc on a... Peu de traces, même s'il y en a un petit peu, mais comment ça a apparu. Par contre, on a des traces, des vestiges de ce qui reste. Souvent, on retrouve des vieilles enseignes qui sont masquées par des nouvelles et qui ont du coup, par ce biais-là, elles ont été protégées pendant plusieurs dizaines d'années. Et quand elles ressortent, on arrive à se dire, ok, ça, vu le style, on est sur 1910, 1920, 1930, on arrive à remonter à peu près ça, et parfois plus ancien.

  • Speaker #1

    Mais donc, concrètement, tu parles de 1910, 1920, mais est-ce qu'on est capable de dater ? les premières devantures de peintres en lettres ? On peut.

  • Speaker #0

    Après, c'est dur d'avoir des vestiges. Il faudrait qu'on arrive à tomber dessus. Mais quand on tombe dessus, il y a des enseignes où on se dit OK, là, on est vraiment avant 1900. Il y en a quelques-unes. Rarement, on arrive à trouver des styles où on se dit OK, ça, c'est avant l'art nouveau. Où là, c'était le fleuron de l'artisanat d'art français. C'est un peu, il y a une bascule à ce moment-là. C'est avant art nouveau, après art nouveau. Et le métier a plus explosé après. On a eu énormément de peintures en lettres sur les années 30, 40, 50, 60, où là, c'était vraiment très florissant.

  • Speaker #1

    Des années 1900 ? Oui. C'est dingue. Donc, tu es en train de nous dire qu'en fait, ce métier a duré genre 40 ans.

  • Speaker #0

    Non, plus que ça. Plus que ça.

  • Speaker #1

    Oui, mais je veux dire, au début, il est apparu, il s'est fait connaître. Ensuite, tu dis de 50 à 80, il a bien vécu. Et à 80, il s'est fait connaître.

  • Speaker #0

    Ah oui, par contre, il y a eu un choc brutal. C'est sûr que dans les années 80, je ne pourrais pas donner un chiffre précis, mais... Quand on dit qu'il y avait, sur le syndicat des peintres en lettres, il y avait à peu près 5000 inscrits à la fin des années 70, début 80. Je pense qu'à la fin des années 80 et début 90, il devait en rester 1000 maxi. Ça fait divisé par 5 en 10 ans et puis après c'était l'hécatombe. Parce que beaucoup de peintres en lettres se sont orientés vers la signalétique numérique, à faire des lettres en relief, plexi, etc. Et d'autres à lâcher le pinceau complètement pour faire que de l'adhésif. Ce métier, c'est assez complexe à le visualiser dans le temps parce que... il s'est spécialisé sur une chose qu'est la lettre et il y a des peintres qui faisaient que de la lettre peinte d'autres qui ont commencé à dire moi j'intégrerais bien de la gravure avec la peinture pour faire de la superposition d'effets et que ça donne quelque chose de plus pérenne dans le temps donc plus qualitatif, donc plus cher et donc à se spécialiser dans des choses encore plus évoluées et à aller vers de la lettre relief en métal avec des effets plissés, découpés, soudés avec de la dorure ça il y a eu sur, je dirais pas en France mais quand même Sur Paris et en France, il y a une grosse maison qui s'appelait la maison Dewez et la maison Bouvet. C'était les deux principales. On retrouve encore des vestiges de leurs enseignes partout en France. Elles sont signées et on voit que ce n'est pas que de la peinture en lettres, qu'il y a de la lettre relief avec, que c'est sous verre, qu'il y a de la gravure au sablage ou à l'acide sous verre. Mais c'est une combinaison de techniques et qui fait qu'avec ces supports-là, ça a pu traverser les décennies pour venir jusqu'à nous.

  • Speaker #1

    Oui, donc en fait, ce que je comprends, c'est que... Finalement, le métier de peintre en lettres est l'ancêtre de beaucoup de métiers aujourd'hui Sur la signalétique,

  • Speaker #0

    tout à fait

  • Speaker #1

    Par exemple, justement, on parlait du scénographe C'est l'ancêtre aussi des néonistes Ceux qui font des néons Exactement C'est l'ancêtre, j'imagine Je ne sais pas comment il s'appelle Ceux qui, justement, font des enseignes en métal Imaginons que demain, il y a Carrefour qui a besoin de faire son enseigne C'est en métal

  • Speaker #0

    C'est une entreprise de signalétique qu'on dit classique aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. On appelle ça une entreprise de signalétique. Donc, en fait, toutes ces entreprises, elles ont pour ancêtre Lucie, à cas la peinture en lettres. C'est ça. OK, je vois très bien. Et moi, ce que je trouvais intéressant, justement, quand on en a parlé un peu de cette histoire, c'est que finalement, la peinture en lettres a pris son essor avec le développement du marketing.

  • Speaker #0

    Tout à fait.

  • Speaker #1

    Et est-ce que tu peux un peu revenir dessus et nous expliquer justement les... J'imagine, comme tu dis, c'est des théories.

  • Speaker #0

    C'est une théorie, mais ça paraît plus que plausible. C'est-à-dire qu'avant, il n'y avait pas forcément de marque. Et on se disait, bon, je vais chercher à l'épicerie du coin ma farine. Et on se demandait pourquoi la farine de la semaine dernière a été meilleure que celle de cette semaine. Et donc, on demandait à avoir la farine de meilleure qualité. Donc, les moulins qui produisaient plus, de meilleure qualité, voulaient se démarquer. Et donc, de là à créer une marque pour être reconnue. Et pour être reconnue, il faut faire de la publicité pour se montrer. Donc, ça veut dire qu'il faut avoir un graphiste qui vient... créer la marque, le visuel, qui ont fait des publicités pour que ça soit affiché dans des journaux, sur des murs, peint sur des affiches qu'on colle partout, et sur les emballages. Donc ça vient de là. Et le peintre en lettres, il est tributaire de cette évolution. On a besoin de peindre des noms, de marques, un peu partout. Et il y a une époque, sur les années 1860-70, où ça commence à être un peu la foire aux enseignes. Parce qu'on peint des noms partout et il y a des affiches collées partout de publicité de tout genre.

  • Speaker #1

    Je viens d'avoir une révélation. En fait Marc, ça vient de se démarquer, mais moi j'avais pas du tout pensé. c'est pour toi j'ai fait des études de market c'est abusé c'est comme marketing ça vient de marcher enfin bref j'en apprends tous les jours sur mon propre métier ok donc ils ont voulu se démarquer et c'est quand même ouf de se dire tu vois genre aujourd'hui tu peux pas sortir dans la rue sans être assailli d'affiches de messages publicitaires tu écoutes la radio t'as des messages publicitaires tu regardes la télé t'as des messages publicitaires t'as des messages publicitaires partout et pourtant ce que t'es en train de nous dire c'est que c'est pas si vieux quoi

  • Speaker #0

    Je pense que la publicité, elle a quand même tout le temps existé, mais c'est les marques qui sont venues jusqu'à notre époque, les vestiges qui sont venus jusqu'à notre époque, il n'y en a pas beaucoup. Je ne sais plus où est-ce que j'ai lu ça, mais en fait, comme je fais pas mal de gravures sur pierre, j'ai étudié la question sur les premières marques que tu as faites, les inscriptions à l'époque romaine et ainsi de suite. Et on voit que dans les graffitiles de l'époque romaine, il y avait déjà de la publicité, pas aussi bien finie que ce qu'on connaît en graphisme aujourd'hui. Mais ça a commencé là.

  • Speaker #1

    Du coup, j'étais en train de regarder. Et en effet, ils en parlent dès l'Antiquité. Ils disent, c'est au Moyen-Âge que la première vraie législation apparaît, sous le règne du loi d'Angleterre, Henri III. Les boulangers sont contraints de marquer leur pain avec un signe distinctif. La position d'une marque devient donc gage de qualité. C'est exactement ce que tu dis. Est-ce que vous êtes en train de me dire qu'on a inventé la marque pour l'artisan ? Est-ce que c'est ça qu'on est en train de comprendre ?

  • Speaker #0

    Non, la marque, elle a inventé, je pense, pour le client.

  • Speaker #1

    Non, mais je veux dire, en gros, genre, c'est apparu. En tout cas, dans ce qu'il raconte, je ferai mes recherches et je pense que j'en ferai un article sur le blog d'Histoire d'artisan. Mais en gros, ce qu'on est en train de dire, c'est que c'est pour reconnaître un pain de boulanger qu'on a écrit. Enfin, genre, finalement, le seau, quoi. En fait, c'est le concept du seau aussi.

  • Speaker #0

    Mais comme les tailleurs de pierres marquaient leurs pierres pour dire que c'est celles qui l'ont taillé.

  • Speaker #1

    Oui, ça, on en a parlé parce que je suis la productrice du podcast. D'ailleurs, je n'aurais jamais fait leur pub, mais... je vais le faire aujourd'hui, du podcast de La pierre à l'édifice, qui est le podcast de l'association qui reconstruit la flèche et la tournure de la basilique Saint-Denis. Et du coup, c'est dans ce cadre-là que j'ai interviewé des tailleurs de pierres et ils me racontent qu'en effet, quand ils enlèvent des pierres, enfin quand ils retrouvent des pierres, ils retrouvent les marques. Et je trouve ça trop chouette. C'est un morceau d'histoire, quoi. C'est ça. C'est ce mec-là qui a fait ça. Ok, donc pareil, tu me racontais, et moi je trouve ça trop cool, et finalement on n'a pas vraiment parlé de date, mais tu me disais qu'avant, sur les boutiques, il y avait marqué limite la liste de ce qu'ils proposaient, genre pain, farine, viande, machin.

  • Speaker #0

    Exactement. Il y en a quelques-unes encore dans Paris, on voit marqué vin, liqueur, fromage. Oui. Voilà. Et souvent, ça c'est marqué sur l'enseigne, donc le bandeau qui est au-dessus de la vitrine. Très souvent, c'est ce qui était mis en avant, et après sur la vitrine, il y avait marqué... B. Durand, successeur F. Pournet, pour dire que c'était une maison de qualité parce que les gens du quartier connaissaient M. Durand et que son successeur, du coup, devait être bien.

  • Speaker #1

    Donc, c'était vraiment des noms... T'allais voir quelqu'un, quoi. Tu disais, je vais chez l'épicier Durand. C'est un autre monde. Et c'est un monde, finalement, qui n'est pas si loin.

  • Speaker #0

    Pas tant que ça, non.

  • Speaker #1

    Qui a 100 ans, quoi.

  • Speaker #0

    Ouais, 150.

  • Speaker #1

    Dans les années... Ouais,

  • Speaker #0

    1870, ça commence.

  • Speaker #1

    Moi, je trouve ça trop intéressant de voir l'évolution, justement, et de voir comment... un métier à évoluer complètement en même temps que le marché, concrètement.

  • Speaker #0

    C'est complètement lié. C'est lié à la publicité, au marketing et à faire vendre. Franchement, c'est ça. D'accompagner aussi la qualité des produits qui étaient fabriqués.

  • Speaker #1

    Et tu parlais des pubs suzes qu'on peut avoir sur les...

  • Speaker #0

    Sur les nationales.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    mais sur les murs pignons.

  • Speaker #1

    Sur les murs pignons. En gros, concrètement, si aujourd'hui on en voit, c'est genre ça a été fait il y a grave longtemps.

  • Speaker #0

    Bah probablement jusqu'à fin 80, oui.

  • Speaker #1

    On est quand même en 2025, donc ça a déjà 45 ans.

  • Speaker #0

    Pour les plus récentes.

  • Speaker #1

    Oui, pour les plus récentes. Donc en fait, on invite tous les gens qui ont des pubs chez eux à ne pas les recouvrir. Parce qu'il y a des gens qui habitent dans ce genre de maison et qui font de la pub. Et je pense que c'est aussi un rapport au temps qui est complètement différent. C'est qu'aujourd'hui, tu fais une pub pour un truc qui dans six mois sera obsolète. Donc ça n'a pas de sens de peindre.

  • Speaker #0

    Et paradoxalement, si. Juste pour donner un exemple, aux Etats-Unis, il y a une entreprise qui s'est spécialisée dedans, qui s'appelle Colossal Media. Et eux, ils font des murs qui font entre 50 et 250 mètres de long par à peu près 50 de haut. Donc on parle de surfaces qui sont colossales. Et ils en font des publicités temporaires. C'est-à-dire qu'il y a une publicité pour un jean Levis et ils vont peindre Pharrell Williams avec un jean. sur toute la longueur du mur, là, pour un mois et demi de pub. Et après, ils passent à l'espace publicitaire, ils vont aller à quelqu'un d'autre et ils repeignent. Et ils peignent ça avec un degré de réalisme qui est incroyable. Mais vraiment, c'est... C'est colossal. C'est de la photo. Et non, c'est bluffant. Et là, c'est du vrai art mural fresquiste de peintre comme on n'en fait plus. Et eux, ont remis ça au goût du jour de manière assez incroyable parce que ça a repopé sur le devant de la scène la peinture en lettres et, l'art de la fresque. C'est-à-dire qu'il n'y a pas que de la lettre. Alors, dans les publicités, t'as toujours un peu de lettres. C'est écrit, tu vois. Mais là, il faut voir le degré de réalisme. T'as l'impression que c'est une photo. Sauf que tu vois que le mur, c'est de la brique. Je sais pas combien de milliers, voire millions de briques il y a sur un mur de 250 par 50 mètres. Voilà. Et tout ça, c'est peint. Et le résultat, il est vraiment d'un réalisme bluffant.

  • Speaker #1

    J'imagine que le mur, il en appartient.

  • Speaker #0

    Pas sûr. C'est pas sûr. Je pense que ça peut être loué au propriétaire du bâtiment et ainsi de suite.

  • Speaker #1

    J'imagine que tout le monde ne peut pas se permettre ça. Non,

  • Speaker #0

    non, il y a des grandes marques, c'est des grandes maisons qui le font.

  • Speaker #1

    En t'écoutant, je me posais la question, quel est l'intérêt pour la marque ?

  • Speaker #0

    Alors, un, ça véhicule une publicité. Tu as la manière de la réaliser, où tu peux communiquer dessus.

  • Speaker #1

    Faire du storytelling.

  • Speaker #0

    Voilà. Et tu fais vivre un artisanat. Deuxièmement, tu ne peux pas imprimer sur des surfaces aussi grandes aussi. Donc c'est le seul moyen d'avoir une publicité aussi gigantesque.

  • Speaker #1

    Ah, techniquement, tu ne peux pas faire aussi grand. Bah tu vois, je sais pas. Tant t'as dit, 250 par 50.

  • Speaker #0

    Ouais, je dis ça, mais il y en a des plus grands probablement. C'est dément, c'est dément. Il y a des peintures démentes. Mais ils sont là, sur les gratte-ciels, il y a des parties où ils démarrent du toit, ils descendent avec leur nacelle à câble là, et ils peignent comme ça.

  • Speaker #1

    Mais ça doit prendre un mois et demi à peindre ?

  • Speaker #0

    À peu près, ouais.

  • Speaker #1

    Et ça prend un mois et demi, et au bout d'un mois et demi,

  • Speaker #0

    c'est mort ? Bah certaines restent plus longtemps, mais je disais ça l'exemple de un mois, parce que c'est possible, ça arrive. Et sachant que dedans... Par exemple, sur la fresque, comme ça, où ils peignent des personnages pour une publicité, ils ont des peintres qui sont spécialisés sur le portrait. C'est-à-dire qu'il y en a qui viennent exprès pour faire que le visage, même pas les cheveux, parce que, par exemple, ils vont peindre le visage de Margot Robbie avec une pub pour Chanel numéro 5 ou autre. Tu ne peux pas te rater, il faut que ça soit vraiment fait à la perfection. Sinon, c'est une mauvaise pub. Donc, ils ont des peintres spécialisés dedans. D'autres, sur les dégradés, ils sont... C'est des tueurs, quoi.

  • Speaker #1

    Donc, encore une fois, les peintres en lettres sont les ancêtres des street artists.

  • Speaker #0

    Ça pourrait. Mais en tout cas, il y a énormément de peintres en lettres de la nouvelle génération qui vient du graphe.

  • Speaker #1

    OK. Pour revenir un peu sur la technique, concrètement, donc tu m'as dit sur tout support, mais concrètement, un peintre en lettres, imagine demain, tu viens sur un chantier, tu mets quoi dans ta besace ?

  • Speaker #0

    Déjà, je me renseigne sur où est-ce que je vais peindre, qu'est-ce qu'il faut peindre et quel support il va y avoir. Parce que suivant les supports, je ne vais pas utiliser les mêmes types de pinceaux et les mêmes types de peinture. Mais ce qu'il faut absolument, c'est avoir une règle, un niveau, un crayon pour pouvoir faire son tracé. Ça, c'est le B.A.B.A. Après, on peut se dire, le tracé, on le prépare en atelier, sur papier. On l'amène sur chantier et à partir de là, on peut travailler le tracé. Ensuite, il y a les pinceaux. Donc, on utilise des brosses à lettres qui sont soit en poils d'animaux. souvent c'est en poils de martre ou en poils d'écureuil, ou alors des brosses synthétiques. Donc une brosse c'est un pinceau, c'est avec des poils assez longs et qui sont taillés en bout en forme carré pour qu'on puisse avoir un angle parfait pour faire un trait droit. Et des poils longs pour qu'il y ait de la charge de peinture, qu'on puisse aller du haut au bas de la lettre sans avoir à recharger en peinture le pinceau. Donc c'est une capacité de charge assez grande et c'est ce qui fait la qualité d'un bon pinceau. Après il y a des brosses à poils courts qui sont en soie de porc, et ça c'est pour les surfaces rugueuses. Comme les murs crépits, les murs de briques, les murs en pierre, on peut peindre avec. Mais c'est une autre gestuelle parce qu'il faut réussir à avoir un trait parfait avec une brosse qui a des poils un peu, pas dans tous les sens, mais pas très loin. Donc on travaille plus en contour, en contour de lettres. Et après, on vient un peu remplir l'intérieur de la forme de la lettre. Et après, les peintures, ça dépend vraiment entre glycéro et acrylique, suivant ce qu'on a à peindre et surtout le support. Moi, j'ai plus tendance à utiliser de l'acrylique pour tout ce qui est un peu... support mural et quand il n'y a que de l'enseigne sur des panneaux de bois qui sont peints ou métal, d'utiliser une glycéro émaillée qui est très costaud, elle résiste bien au temps, elle brille bien tout de suite quand on l'applique et qu'elle sèche et je n'ai pas trouvé mieux en peinture pour ce type de support.

  • Speaker #1

    Et donc tu as peinture et tu as dorure.

  • Speaker #0

    Exactement. Après il y a la dorure. Pour la dorure de lettres, ça avoisine les mêmes techniques que la peinture en lettres, juste au lieu d'utiliser de la peinture, on utilise une mixtion à dorer. qu'on mélange avec de la peinture un petit peu suivant le temps de séchage qu'on veut avoir. Parce qu'évidemment, si je peins trois lettres, je vais avoir le temps de finir de peindre mes trois lettres et après la mixtion sera bonne pour faire la pose de feuilles d'or sur la première et ainsi de suite. Par contre, si j'en ai 25 à faire, je voudrais éviter que la première lettre soit sèche ou en tout cas bonne à mettre la feuille d'or quand j'en suis qu'à la douzième à peindre. Donc ça, il faut apprendre à gérer son mélange. pour avoir un temps de séchage qui soit adéquat par rapport au travail qu'on va faire.

  • Speaker #1

    Ah ouais, c'est parce qu'en gros, tu fais du travail à la chaîne et tant que tu es sur la mixtion, tu ne fais pas de la dorure.

  • Speaker #0

    Il faut éviter parce que ce qui se passe, c'est que sinon, après, on va un peu perdre du temps, entre guillemets. C'est-à-dire que je vais devoir m'arrêter de peindre pour poser de la feuille et je n'aurai pas fini le lettrage, que j'aurai fini de peser les feuilles d'or sur le premier. Et après, il faudra attendre que ça sèche pour venir reposer. Donc, ce n'est pas un gain de temps.

  • Speaker #1

    Ok. Quand on a préparé cet épisode 1, tu m'as parlé de la peinture en lettres, c'est de l'art invisible. Tu as utilisé ce terme, qu'est-ce que tu veux dire par là ?

  • Speaker #0

    Alors c'est la lettre, la signalétique, et en général c'est quelque chose qu'on ne remarque pas. On lit l'information qu'elle dégage. Parce que déjà, il y a le fond pour indiquer que la place de la Bastille, c'est par là. Tu dis place de la Bastille et c'est bon. Et après, la manière dont c'est écrit, ça va te donner envie d'y aller ou non. Si tu as une bonne gothique des années 40 qui te dit que c'est par là, tu n'as peut-être pas envie d'y aller. Et si c'est enjolivé avec de la lettre anglaise, où tu as des belles volutes et que les formes sont harmonieuses, tu ne réfléchis pas, tu y vas. Tu te dis, ok, ça a l'air cool.

  • Speaker #1

    Oui, c'est un truc qui est connu dans le graphisme, c'est qu'en fait, ta police raconte déjà quelque chose.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    Et même toi, quand tu... On pourra peut-être en parler un peu plus dans l'épisode 2, mais toi, quand tu rencontres un client, la première chose que tu fais, c'est de lui demander, j'imagine, ce qu'il est, pour lui dire, on va faire cette police.

  • Speaker #0

    C'est de comprendre déjà l'univers de la marque, savoir à quelle clientèle il s'adresse, qu'est-ce qu'il vise. et est-ce qu'il y a une époque qui est rattachée ou un style architectural qui est rattaché à son identité. Donc, il faut matcher un peu avec tout ça, avec ce que vend la marque, ce que veut dégager la marque et où est-ce que sa boutique est située. Et à partir de là, on choisit le style de l'être. Parfois, ils l'ont défini, mais on essaye en tout cas d'apporter une touche qui fait que ça s'harmonise avec l'ensemble et que le client ne remarquera pas tous ces détails-là. Il dira juste, ah, ça a l'air sympa, vas-y, rentrons.

  • Speaker #1

    Eh bien, merci beaucoup, Victor. pour ce petit cours de marketing slash peintre en lettres. Et je te dis à très vite pour l'épisode 2.

  • Speaker #0

    À très vite, merci.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup pour votre écoute. J'espère que ce premier épisode avec Victor Baird, peintre en lettres et graveur, vous aura plu. Dans le prochain épisode, nous irons encore plus loin avec Victor, cette fois-ci pour explorer son métier de graveur. De la pierre au métal, en passant par le bois, il nous dévoilera les coulisses de cet art délicat et ses projets les plus marquants du Panthéon. jusqu'à la Corse. Vous pouvez continuer de m'aider à faire découvrir les histoires d'artisans au plus grand nombre en mettant une note, un commentaire ou en vous abonnant sur votre plateforme de streaming préférée. Retrouvez-nous sur Instagram pour voir le métier en images. Nous adorons recevoir vos témoignages et vos ressentis. Alors n'hésitez pas à nous écrire à podcast.histoired'artisan.com A bientôt avec une nouvelle immersion dans l'artisanat d'exception.

Description

Dans ce premier épisode, nous partons à la découverte du métier de peintre en lettres avec Victor Bert, artisan passionné qui perpétue un savoir-faire rare et minutieux. Comment ce métier ancestral, autrefois indispensable aux enseignes et publicités murales, a-t-il failli disparaître avant de renaître grâce à une nouvelle génération d’artisans ?


Victor nous plonge dans l’histoire de la peinture en lettres, nous explique les spécificités de son travail et nous révèle les techniques qu’il utilise pour créer des typographies uniques à la main. Il partage aussi son regard sur l’évolution du métier et son lien avec la publicité et le design graphique.


Au programme :

  • L’histoire et l’évolution de la peinture en lettres

  • Les outils et techniques du peintre en lettres

  • Le renouveau de ce métier à l’ère du digital


Un épisode à ne pas manquer pour tous les curieux d’artisanat et de design typographique !


Liens de l’épisode : 

Victor Bert

Histoires d’Artisans


Références :

Dans cet épisode, Victor nous parle du documentaire Sign Painters : https://www.signpaintersfilm.com/#watch

Production et réalisation : Lisa Millet

Montage et musiques : Quentin Blic


Si vous avez envie de nous transmettre un message, vous pouvez nous écrire à podcast@histoiresdartisans.com.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans mon atelier.

  • Speaker #1

    Bienvenue dans le podcast d'Histoire d'artisan. Je suis Lisa Millet, présidente de l'association Eponyme. Histoire d'artisan valorise l'ingénierie des artisans d'art en mettant en avant l'innovation et la recherche au sein des ateliers. Aujourd'hui, nous ouvrons les portes de l'atelier de Victor Baer, peintre en lettres et graveur. Mais qu'est-ce qu'un peintre en lettres ? Victor nous éclaire sur ce métier fascinant où chaque trait de pinceau donne vie à des enseignes et à des typographies uniques. Nous reviendrons sur l'histoire de cette profession, son lien étroit avec la publicité et son évolution à travers les décennies. Et bien sûr, Victor nous partagera son regard sur la transmission de ce savoir-faire et les défis d'un métier entre artisanat et art. Belle écoute ! Bonjour Victor et merci beaucoup de m'accueillir dans ton atelier. Victor tu es peintre en lettres et graveur. Aujourd'hui on va parler du métier de peintre en lettres. Est-ce que tu peux nous expliquer concrètement ce qu'est ce métier ?

  • Speaker #0

    Donc la peinture en lettres c'est l'art de peindre des lettres à la main et au pinceau avec des peintures glycéro ou acrylique sur divers supports et on peut dire presque sur tout support.

  • Speaker #1

    Donc quand tu parles de tout support c'est bois, métal, verre,

  • Speaker #0

    plastique ? Oui mais il y a plein de choses. sur des murs pignons, sur des bateaux, des avions. Ça va très, très loin.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qu'un mur pignon ?

  • Speaker #0

    C'est un mur de maison sur lequel il n'y a pas de fenêtre et on peut peindre des grandes fresques.

  • Speaker #1

    Donc, genre, avec des pierres, pas du tout...

  • Speaker #0

    Ça peut être soit un mur moellon, soit...

  • Speaker #1

    Ah,

  • Speaker #0

    il y a trop de choses.

  • Speaker #1

    Non, non, non, c'est très bien. Mais du coup, on va prendre plein de vocabulaire. Mais à chaque fois, je te dirais, et qu'est-ce que le mur moellon ? C'est quoi un mur moellon ?

  • Speaker #0

    Oui, un moellon de pierre, c'est des pierres qui sont un peu en forme de patate, qui ne sont pas lisses du tout. Ou sinon, ça peut être un mur enduit.

  • Speaker #1

    Je ne connaissais pas du tout cette expression. Ok, je me ferai ma meuf stylée la prochaine fois, genre, il est bien beau ce mur moellon. Ok, trop bien. Donc vraiment, genre tout support. Est-ce qu'il y a une particularité dans la peinture ?

  • Speaker #0

    Il faut juste que nous, on sélectionne une peinture qui soit durable pour que notre travail reste le plus longtemps possible.

  • Speaker #1

    Ok, donc imaginons... Je dégrade ton métier, je vais chez Laurent Merlin, je m'achète de la peinture, je peux être un peintre en lettres.

  • Speaker #0

    Je ne ferai pas de bonne ou mauvaise pub pour Laurent Merlin, mais ce n'est pas là où je vais me fournir en peinture, effectivement.

  • Speaker #1

    Oui, ça ne m'étonne pas, c'est le bricoleur du dimanche. Même si on les aime beaucoup, c'est le bricoleur du dimanche. Ok, donc en fait, c'est marrant parce que l'épisode précédent, alors précédent, précédent, parce que du coup, il y a eu un épisode entre, mais... Non, il y a eu deux épisodes entre, en fait. En novembre dernier, on a publié un épisode sur le sérigraph. Et c'est marrant parce que Romain nous a dit exactement la même chose. Je peux imprimer sur tout support. J'étais là, OK. Donc toi, tu peux faire la même chose que le sérigraph, c'est-à-dire que tu peux faire sur tout support.

  • Speaker #0

    Voilà, mais sauf que c'est à la main. Alors que la sérigraphie, elle va répondre avec un cadre précis. Il y a un écran qui est insolé, et on arrive à reproduire à la perfection le design qui était fourni. Alors que nous, on vient... essayer de se rapprocher au maximum du design, mais c'est quand même la main qui vient finaliser le résultat.

  • Speaker #1

    Je vais poser peut-être une question un peu piège, mais du coup, on va dire d'un point de vue administratif, t'es considéré comme un artisan.

  • Speaker #0

    Oui et non. En fait, la peinture en lettres n'est plus reconnue par la Chambre des Métiers depuis, je vais pas dire de bêtises, mais je crois 2003 ou 2007 ou un truc comme ça, parce que le diplôme a arrêté d'être fait en 2003 ou quelque chose comme ça. J'ai pas les dates exactes des derniers diplômes qui ont été...

  • Speaker #1

    Donc, il n'y a plus de formation de peintre en lettres ? Non,

  • Speaker #0

    exactement. On n'a plus de formation.

  • Speaker #1

    Donc, tu n'as plus de statut administratif ?

  • Speaker #0

    C'est ça. On n'a plus de code APE qui correspond à notre métier.

  • Speaker #1

    C'est vrai que c'est une bonne raison d'enlever les codes APE. Tiens, on continue de se former sur tous ces métiers. OK, je ne savais pas, mais on est d'accord historiquement. Vous êtes des artisans ?

  • Speaker #0

    Exactement. On est des artisans historiquement. Et il y avait des formations très nombreuses en France pour former des peintres en lettres qui étaient là pour peindre des enseignes, peindre des murs pignons. avec des publicités. Il y avait des peintres qui étaient spécialisés dans ça, à faire que des murs pignons, par exemple, pour des alcools suzes ou du beau, du bon, du bonnet. C'est les vieilles affiches, qu'on connaît en affiches, mais qui étaient énormément peintes en réclame sur des murs. Il y avait des peintres qui faisaient que ça, qui sillonnaient toute la France pour ça. Et après, il y a des peintres en lettres qui étaient spécialisés en affiches, à faire vraiment de la réclame promotionnelle pour dire cette semaine, le kilo de bœuf à tant de francs. Et toutes les semaines, ils faisaient ça. C'était tellement spécialisé qu'il y avait des ateliers peintres en lettres où il y avait quelqu'un qui s'occupait de faire les tracés et d'autres qui allaient juste peindre les enseignes d'autres peindre les calicots donc c'est toutes les toiles que tu vois sur les bannes de café d'autres qui faisait que des ardoises pour écrire les prix des boissons c'était une autre époque parce qu'on n'avait pas l'outil numérique pour dire bah on peut faire de la à moins de refrais.

  • Speaker #1

    Et ça, quand tu parles d'une autre époque, c'était quelle époque ?

  • Speaker #0

    C'était avant 1980.

  • Speaker #1

    Ah ouais, c'est ultra précis.

  • Speaker #0

    À peu près. Enfin, 1982. En gros, c'est avant les années 80, 81, 82, je crois que les premières machines arrivent, de découpe d'adhésif vinyle. Et en 84, il y a beaucoup de peintres en lettres qui commencent déjà à s'équiper de ça. Et c'est parti, le changement est lancé. Donc avant les années 80, on n'a pas les chiffres précis, mais il y avait un syndicat des peintres en lettres en France qui estime à 5000 le nombre de peintres en lettres à l'époque. Et aujourd'hui, on n'est même pas une centaine. On est une petite centaine.

  • Speaker #1

    C'est un déclin ultra rapide.

  • Speaker #0

    Mais il y a un renouveau. En fait, c'est ça qui est assez fou. C'est qu'il y a eu moins de 200 peintres en lettres à un moment où on était probablement qu'une vingtaine en activité en France au début des années 2010. Et après, ça a repris avec une nouvelle génération qui est arrivée, qui a été formée beaucoup par les peintres anglo-saxons. Il y a eu un documentaire sur les peintres en lettres américains qui est sorti en 2014. Et ça, ça a donné un... coup de fouet au métier et une mise en lumière assez exceptionnelle.

  • Speaker #1

    C'est vrai ? Il faudrait que tu nous donnes la référence. On la mettra dans les commentaires. C'est toujours pareil, mais c'est comme quand on dit que les formations cuisine, boulanger, traiteur, tout ça, ils n'ont plus du tout de problème pour recruter. C'est l'arrivée de Top Chef. Top Chef, Master Chef, le meilleur pâtissier, tout ça, en fait, ils ont fait du bien à la reconnaissance du métier. C'est dingue que ce soit un reportage. qui est relancer le marché.

  • Speaker #0

    Tout à fait. Donc il y a ça et la combinaison de la circulation des informations, notamment d'images par Instagram, où notre métier est quand même très visuel. C'est-à-dire qu'il y a un geste qui est assez rapide, précis, il y a de la couleur. Donc forcément, on est un peu sur un truc où c'est de l'artisanat d'art qui pop aux yeux. Pour le format Instagram, ça participe à véhiculer assez rapidement l'image d'un métier, comment on pourrait le qualifier, de cool. un métier dans le sens où ça c'est que par la fenêtre d'Instagram on voit souvent l'aspect cool du métier et on voit pas à côté le fait de travailler dans le froid ou sous la pluie ou devoir gérer ça les conditions de chantier en ayant un client qui dit moi j'ouvre dans deux jours et il faut absolument que ça soit prêt et en fait on se retrouve avec les peintres les électriciens parfois même les personnes qui coupent le parquet quand tu fais de la dorure, les choses qui ne te matchent pas et il faut pourtant faire avec et réussir à faire du mieux possible.

  • Speaker #1

    Oui surtout que pour appuyer ce que tu dis, on en a parlé juste avant d'enregistrer, c'est qu'en fait t'es la dernière virgule du roman quoi c'est genre vraiment j'arrive une fois que c'est terminato et du coup ce qui fait que toi les gens te disent non, viens pas parce que ça sert à rien, la façade elle est pas faite, et t'es là, ben ok mais mon calendrier je le gère comment ?

  • Speaker #0

    C'est ça, sachant que les clients gardent toujours la même date d'ouverture c'est-à-dire qu'ils prévoient à... Mon intervention a une semaine de l'ouverture et en fait à J-2, ils sont toujours pas prêts la façade est pas encore finie d'être peinte et il me reste plus qu'une journée pour le faire, voire le jour de l'ouverture, ça, ça arrive...

  • Speaker #1

    Plaisir !

  • Speaker #0

    Ouais, c'est les challenges il faut savoir jongler avec son agenda après c'est bon

  • Speaker #1

    Non, mais c'est beau que tu le prennes positivement, parce qu'il y en a un certain nombre qui seraient un peu énervés de ce genre de considération. Mais du coup, le débat que je voulais lancer, c'est pourquoi vous êtes considéré comme artisan à partir du moment où vous avez un pinceau comme un artiste dans les mains ?

  • Speaker #0

    Parce qu'on est quand même exécutant, soit d'une réalisation qui a été faite par quelqu'un d'autre, comme un graphiste, soit on applique en fait juste une connaissance technique de la lettre, ce qu'on a appris sur la lettre. mais on la réapplique par rapport à un code de couleur, à un environnement, une architecture, il faut que ça matche. Mais c'est la limite entre artiste et artisan. Et moi, je qualifie ça d'artisanat d'art, mais on n'est pas encore sur l'artistique où c'est de la création pure qui relève de quelque chose d'absolument fantastique et incopiable.

  • Speaker #1

    Tu nous as raconté un peu brièvement l'histoire avec le déclin à partir des années 80. Est-ce qu'on peut faire un retour en arrière ? Tu peux nous expliquer concrètement ce métier de peintre en lettres, il vient d'où et il sert à quoi ?

  • Speaker #0

    Il sert à faire de la publicité, parce qu'il faut dire ce qu'il est. C'est avoir une enseigne, c'est quand même se faire voir et se démarquer de son voisin ou de son concurrent. Comment ça arrivait ? On ne sait pas trop, mais probablement du fait de vouloir être. plus visibles, plus qualitatifs que son concurrent. C'est arrivé parce qu'on voulait mettre à l'honneur les produits qui étaient fabriqués au sein de chaque maison. Et donc, on a une vague idée de se dire que c'est vers 1860-70 où on commence à avoir des choses qui arrivent de manière plus concrète. Quand je dis concrète, c'est spécialisé. C'est-à-dire qu'on a des gens qui commencent à se spécialiser vraiment dans la lettre et qui en font des choses assez fantastiques au point qu'aujourd'hui, on aimerait bien refaire. des choses comme ça et on n'a plus les savoir-faire. Il y a de la lettre qui est peinte, qui est découpée en métal, qui est avec de l'or plaqué dessus. Des choses où aujourd'hui, grâce à l'outil numérique, on arrive à imiter, mais on n'a plus les savoirs qu'il y avait avant pour le faire. Donc c'est à peu près ça. Avec d'autres peintres en lettres, on essaye de retrouver des archives sur le métier. Les Français ne sont pas des gros archivistes de l'artisanat d'art. On n'est vraiment pas spécialiste là-dedans. Et encore moins sur la transmission. On était vraiment sur une méthode de transmission à l'oral. et pas avec des carnets, avec des guides de comment devenir peintre en lettres, qui était plus à une méthode anglo-saxonne et américaine. Donc on a... Peu de traces, même s'il y en a un petit peu, mais comment ça a apparu. Par contre, on a des traces, des vestiges de ce qui reste. Souvent, on retrouve des vieilles enseignes qui sont masquées par des nouvelles et qui ont du coup, par ce biais-là, elles ont été protégées pendant plusieurs dizaines d'années. Et quand elles ressortent, on arrive à se dire, ok, ça, vu le style, on est sur 1910, 1920, 1930, on arrive à remonter à peu près ça, et parfois plus ancien.

  • Speaker #1

    Mais donc, concrètement, tu parles de 1910, 1920, mais est-ce qu'on est capable de dater ? les premières devantures de peintres en lettres ? On peut.

  • Speaker #0

    Après, c'est dur d'avoir des vestiges. Il faudrait qu'on arrive à tomber dessus. Mais quand on tombe dessus, il y a des enseignes où on se dit OK, là, on est vraiment avant 1900. Il y en a quelques-unes. Rarement, on arrive à trouver des styles où on se dit OK, ça, c'est avant l'art nouveau. Où là, c'était le fleuron de l'artisanat d'art français. C'est un peu, il y a une bascule à ce moment-là. C'est avant art nouveau, après art nouveau. Et le métier a plus explosé après. On a eu énormément de peintures en lettres sur les années 30, 40, 50, 60, où là, c'était vraiment très florissant.

  • Speaker #1

    Des années 1900 ? Oui. C'est dingue. Donc, tu es en train de nous dire qu'en fait, ce métier a duré genre 40 ans.

  • Speaker #0

    Non, plus que ça. Plus que ça.

  • Speaker #1

    Oui, mais je veux dire, au début, il est apparu, il s'est fait connaître. Ensuite, tu dis de 50 à 80, il a bien vécu. Et à 80, il s'est fait connaître.

  • Speaker #0

    Ah oui, par contre, il y a eu un choc brutal. C'est sûr que dans les années 80, je ne pourrais pas donner un chiffre précis, mais... Quand on dit qu'il y avait, sur le syndicat des peintres en lettres, il y avait à peu près 5000 inscrits à la fin des années 70, début 80. Je pense qu'à la fin des années 80 et début 90, il devait en rester 1000 maxi. Ça fait divisé par 5 en 10 ans et puis après c'était l'hécatombe. Parce que beaucoup de peintres en lettres se sont orientés vers la signalétique numérique, à faire des lettres en relief, plexi, etc. Et d'autres à lâcher le pinceau complètement pour faire que de l'adhésif. Ce métier, c'est assez complexe à le visualiser dans le temps parce que... il s'est spécialisé sur une chose qu'est la lettre et il y a des peintres qui faisaient que de la lettre peinte d'autres qui ont commencé à dire moi j'intégrerais bien de la gravure avec la peinture pour faire de la superposition d'effets et que ça donne quelque chose de plus pérenne dans le temps donc plus qualitatif, donc plus cher et donc à se spécialiser dans des choses encore plus évoluées et à aller vers de la lettre relief en métal avec des effets plissés, découpés, soudés avec de la dorure ça il y a eu sur, je dirais pas en France mais quand même Sur Paris et en France, il y a une grosse maison qui s'appelait la maison Dewez et la maison Bouvet. C'était les deux principales. On retrouve encore des vestiges de leurs enseignes partout en France. Elles sont signées et on voit que ce n'est pas que de la peinture en lettres, qu'il y a de la lettre relief avec, que c'est sous verre, qu'il y a de la gravure au sablage ou à l'acide sous verre. Mais c'est une combinaison de techniques et qui fait qu'avec ces supports-là, ça a pu traverser les décennies pour venir jusqu'à nous.

  • Speaker #1

    Oui, donc en fait, ce que je comprends, c'est que... Finalement, le métier de peintre en lettres est l'ancêtre de beaucoup de métiers aujourd'hui Sur la signalétique,

  • Speaker #0

    tout à fait

  • Speaker #1

    Par exemple, justement, on parlait du scénographe C'est l'ancêtre aussi des néonistes Ceux qui font des néons Exactement C'est l'ancêtre, j'imagine Je ne sais pas comment il s'appelle Ceux qui, justement, font des enseignes en métal Imaginons que demain, il y a Carrefour qui a besoin de faire son enseigne C'est en métal

  • Speaker #0

    C'est une entreprise de signalétique qu'on dit classique aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. On appelle ça une entreprise de signalétique. Donc, en fait, toutes ces entreprises, elles ont pour ancêtre Lucie, à cas la peinture en lettres. C'est ça. OK, je vois très bien. Et moi, ce que je trouvais intéressant, justement, quand on en a parlé un peu de cette histoire, c'est que finalement, la peinture en lettres a pris son essor avec le développement du marketing.

  • Speaker #0

    Tout à fait.

  • Speaker #1

    Et est-ce que tu peux un peu revenir dessus et nous expliquer justement les... J'imagine, comme tu dis, c'est des théories.

  • Speaker #0

    C'est une théorie, mais ça paraît plus que plausible. C'est-à-dire qu'avant, il n'y avait pas forcément de marque. Et on se disait, bon, je vais chercher à l'épicerie du coin ma farine. Et on se demandait pourquoi la farine de la semaine dernière a été meilleure que celle de cette semaine. Et donc, on demandait à avoir la farine de meilleure qualité. Donc, les moulins qui produisaient plus, de meilleure qualité, voulaient se démarquer. Et donc, de là à créer une marque pour être reconnue. Et pour être reconnue, il faut faire de la publicité pour se montrer. Donc, ça veut dire qu'il faut avoir un graphiste qui vient... créer la marque, le visuel, qui ont fait des publicités pour que ça soit affiché dans des journaux, sur des murs, peint sur des affiches qu'on colle partout, et sur les emballages. Donc ça vient de là. Et le peintre en lettres, il est tributaire de cette évolution. On a besoin de peindre des noms, de marques, un peu partout. Et il y a une époque, sur les années 1860-70, où ça commence à être un peu la foire aux enseignes. Parce qu'on peint des noms partout et il y a des affiches collées partout de publicité de tout genre.

  • Speaker #1

    Je viens d'avoir une révélation. En fait Marc, ça vient de se démarquer, mais moi j'avais pas du tout pensé. c'est pour toi j'ai fait des études de market c'est abusé c'est comme marketing ça vient de marcher enfin bref j'en apprends tous les jours sur mon propre métier ok donc ils ont voulu se démarquer et c'est quand même ouf de se dire tu vois genre aujourd'hui tu peux pas sortir dans la rue sans être assailli d'affiches de messages publicitaires tu écoutes la radio t'as des messages publicitaires tu regardes la télé t'as des messages publicitaires t'as des messages publicitaires partout et pourtant ce que t'es en train de nous dire c'est que c'est pas si vieux quoi

  • Speaker #0

    Je pense que la publicité, elle a quand même tout le temps existé, mais c'est les marques qui sont venues jusqu'à notre époque, les vestiges qui sont venus jusqu'à notre époque, il n'y en a pas beaucoup. Je ne sais plus où est-ce que j'ai lu ça, mais en fait, comme je fais pas mal de gravures sur pierre, j'ai étudié la question sur les premières marques que tu as faites, les inscriptions à l'époque romaine et ainsi de suite. Et on voit que dans les graffitiles de l'époque romaine, il y avait déjà de la publicité, pas aussi bien finie que ce qu'on connaît en graphisme aujourd'hui. Mais ça a commencé là.

  • Speaker #1

    Du coup, j'étais en train de regarder. Et en effet, ils en parlent dès l'Antiquité. Ils disent, c'est au Moyen-Âge que la première vraie législation apparaît, sous le règne du loi d'Angleterre, Henri III. Les boulangers sont contraints de marquer leur pain avec un signe distinctif. La position d'une marque devient donc gage de qualité. C'est exactement ce que tu dis. Est-ce que vous êtes en train de me dire qu'on a inventé la marque pour l'artisan ? Est-ce que c'est ça qu'on est en train de comprendre ?

  • Speaker #0

    Non, la marque, elle a inventé, je pense, pour le client.

  • Speaker #1

    Non, mais je veux dire, en gros, genre, c'est apparu. En tout cas, dans ce qu'il raconte, je ferai mes recherches et je pense que j'en ferai un article sur le blog d'Histoire d'artisan. Mais en gros, ce qu'on est en train de dire, c'est que c'est pour reconnaître un pain de boulanger qu'on a écrit. Enfin, genre, finalement, le seau, quoi. En fait, c'est le concept du seau aussi.

  • Speaker #0

    Mais comme les tailleurs de pierres marquaient leurs pierres pour dire que c'est celles qui l'ont taillé.

  • Speaker #1

    Oui, ça, on en a parlé parce que je suis la productrice du podcast. D'ailleurs, je n'aurais jamais fait leur pub, mais... je vais le faire aujourd'hui, du podcast de La pierre à l'édifice, qui est le podcast de l'association qui reconstruit la flèche et la tournure de la basilique Saint-Denis. Et du coup, c'est dans ce cadre-là que j'ai interviewé des tailleurs de pierres et ils me racontent qu'en effet, quand ils enlèvent des pierres, enfin quand ils retrouvent des pierres, ils retrouvent les marques. Et je trouve ça trop chouette. C'est un morceau d'histoire, quoi. C'est ça. C'est ce mec-là qui a fait ça. Ok, donc pareil, tu me racontais, et moi je trouve ça trop cool, et finalement on n'a pas vraiment parlé de date, mais tu me disais qu'avant, sur les boutiques, il y avait marqué limite la liste de ce qu'ils proposaient, genre pain, farine, viande, machin.

  • Speaker #0

    Exactement. Il y en a quelques-unes encore dans Paris, on voit marqué vin, liqueur, fromage. Oui. Voilà. Et souvent, ça c'est marqué sur l'enseigne, donc le bandeau qui est au-dessus de la vitrine. Très souvent, c'est ce qui était mis en avant, et après sur la vitrine, il y avait marqué... B. Durand, successeur F. Pournet, pour dire que c'était une maison de qualité parce que les gens du quartier connaissaient M. Durand et que son successeur, du coup, devait être bien.

  • Speaker #1

    Donc, c'était vraiment des noms... T'allais voir quelqu'un, quoi. Tu disais, je vais chez l'épicier Durand. C'est un autre monde. Et c'est un monde, finalement, qui n'est pas si loin.

  • Speaker #0

    Pas tant que ça, non.

  • Speaker #1

    Qui a 100 ans, quoi.

  • Speaker #0

    Ouais, 150.

  • Speaker #1

    Dans les années... Ouais,

  • Speaker #0

    1870, ça commence.

  • Speaker #1

    Moi, je trouve ça trop intéressant de voir l'évolution, justement, et de voir comment... un métier à évoluer complètement en même temps que le marché, concrètement.

  • Speaker #0

    C'est complètement lié. C'est lié à la publicité, au marketing et à faire vendre. Franchement, c'est ça. D'accompagner aussi la qualité des produits qui étaient fabriqués.

  • Speaker #1

    Et tu parlais des pubs suzes qu'on peut avoir sur les...

  • Speaker #0

    Sur les nationales.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    mais sur les murs pignons.

  • Speaker #1

    Sur les murs pignons. En gros, concrètement, si aujourd'hui on en voit, c'est genre ça a été fait il y a grave longtemps.

  • Speaker #0

    Bah probablement jusqu'à fin 80, oui.

  • Speaker #1

    On est quand même en 2025, donc ça a déjà 45 ans.

  • Speaker #0

    Pour les plus récentes.

  • Speaker #1

    Oui, pour les plus récentes. Donc en fait, on invite tous les gens qui ont des pubs chez eux à ne pas les recouvrir. Parce qu'il y a des gens qui habitent dans ce genre de maison et qui font de la pub. Et je pense que c'est aussi un rapport au temps qui est complètement différent. C'est qu'aujourd'hui, tu fais une pub pour un truc qui dans six mois sera obsolète. Donc ça n'a pas de sens de peindre.

  • Speaker #0

    Et paradoxalement, si. Juste pour donner un exemple, aux Etats-Unis, il y a une entreprise qui s'est spécialisée dedans, qui s'appelle Colossal Media. Et eux, ils font des murs qui font entre 50 et 250 mètres de long par à peu près 50 de haut. Donc on parle de surfaces qui sont colossales. Et ils en font des publicités temporaires. C'est-à-dire qu'il y a une publicité pour un jean Levis et ils vont peindre Pharrell Williams avec un jean. sur toute la longueur du mur, là, pour un mois et demi de pub. Et après, ils passent à l'espace publicitaire, ils vont aller à quelqu'un d'autre et ils repeignent. Et ils peignent ça avec un degré de réalisme qui est incroyable. Mais vraiment, c'est... C'est colossal. C'est de la photo. Et non, c'est bluffant. Et là, c'est du vrai art mural fresquiste de peintre comme on n'en fait plus. Et eux, ont remis ça au goût du jour de manière assez incroyable parce que ça a repopé sur le devant de la scène la peinture en lettres et, l'art de la fresque. C'est-à-dire qu'il n'y a pas que de la lettre. Alors, dans les publicités, t'as toujours un peu de lettres. C'est écrit, tu vois. Mais là, il faut voir le degré de réalisme. T'as l'impression que c'est une photo. Sauf que tu vois que le mur, c'est de la brique. Je sais pas combien de milliers, voire millions de briques il y a sur un mur de 250 par 50 mètres. Voilà. Et tout ça, c'est peint. Et le résultat, il est vraiment d'un réalisme bluffant.

  • Speaker #1

    J'imagine que le mur, il en appartient.

  • Speaker #0

    Pas sûr. C'est pas sûr. Je pense que ça peut être loué au propriétaire du bâtiment et ainsi de suite.

  • Speaker #1

    J'imagine que tout le monde ne peut pas se permettre ça. Non,

  • Speaker #0

    non, il y a des grandes marques, c'est des grandes maisons qui le font.

  • Speaker #1

    En t'écoutant, je me posais la question, quel est l'intérêt pour la marque ?

  • Speaker #0

    Alors, un, ça véhicule une publicité. Tu as la manière de la réaliser, où tu peux communiquer dessus.

  • Speaker #1

    Faire du storytelling.

  • Speaker #0

    Voilà. Et tu fais vivre un artisanat. Deuxièmement, tu ne peux pas imprimer sur des surfaces aussi grandes aussi. Donc c'est le seul moyen d'avoir une publicité aussi gigantesque.

  • Speaker #1

    Ah, techniquement, tu ne peux pas faire aussi grand. Bah tu vois, je sais pas. Tant t'as dit, 250 par 50.

  • Speaker #0

    Ouais, je dis ça, mais il y en a des plus grands probablement. C'est dément, c'est dément. Il y a des peintures démentes. Mais ils sont là, sur les gratte-ciels, il y a des parties où ils démarrent du toit, ils descendent avec leur nacelle à câble là, et ils peignent comme ça.

  • Speaker #1

    Mais ça doit prendre un mois et demi à peindre ?

  • Speaker #0

    À peu près, ouais.

  • Speaker #1

    Et ça prend un mois et demi, et au bout d'un mois et demi,

  • Speaker #0

    c'est mort ? Bah certaines restent plus longtemps, mais je disais ça l'exemple de un mois, parce que c'est possible, ça arrive. Et sachant que dedans... Par exemple, sur la fresque, comme ça, où ils peignent des personnages pour une publicité, ils ont des peintres qui sont spécialisés sur le portrait. C'est-à-dire qu'il y en a qui viennent exprès pour faire que le visage, même pas les cheveux, parce que, par exemple, ils vont peindre le visage de Margot Robbie avec une pub pour Chanel numéro 5 ou autre. Tu ne peux pas te rater, il faut que ça soit vraiment fait à la perfection. Sinon, c'est une mauvaise pub. Donc, ils ont des peintres spécialisés dedans. D'autres, sur les dégradés, ils sont... C'est des tueurs, quoi.

  • Speaker #1

    Donc, encore une fois, les peintres en lettres sont les ancêtres des street artists.

  • Speaker #0

    Ça pourrait. Mais en tout cas, il y a énormément de peintres en lettres de la nouvelle génération qui vient du graphe.

  • Speaker #1

    OK. Pour revenir un peu sur la technique, concrètement, donc tu m'as dit sur tout support, mais concrètement, un peintre en lettres, imagine demain, tu viens sur un chantier, tu mets quoi dans ta besace ?

  • Speaker #0

    Déjà, je me renseigne sur où est-ce que je vais peindre, qu'est-ce qu'il faut peindre et quel support il va y avoir. Parce que suivant les supports, je ne vais pas utiliser les mêmes types de pinceaux et les mêmes types de peinture. Mais ce qu'il faut absolument, c'est avoir une règle, un niveau, un crayon pour pouvoir faire son tracé. Ça, c'est le B.A.B.A. Après, on peut se dire, le tracé, on le prépare en atelier, sur papier. On l'amène sur chantier et à partir de là, on peut travailler le tracé. Ensuite, il y a les pinceaux. Donc, on utilise des brosses à lettres qui sont soit en poils d'animaux. souvent c'est en poils de martre ou en poils d'écureuil, ou alors des brosses synthétiques. Donc une brosse c'est un pinceau, c'est avec des poils assez longs et qui sont taillés en bout en forme carré pour qu'on puisse avoir un angle parfait pour faire un trait droit. Et des poils longs pour qu'il y ait de la charge de peinture, qu'on puisse aller du haut au bas de la lettre sans avoir à recharger en peinture le pinceau. Donc c'est une capacité de charge assez grande et c'est ce qui fait la qualité d'un bon pinceau. Après il y a des brosses à poils courts qui sont en soie de porc, et ça c'est pour les surfaces rugueuses. Comme les murs crépits, les murs de briques, les murs en pierre, on peut peindre avec. Mais c'est une autre gestuelle parce qu'il faut réussir à avoir un trait parfait avec une brosse qui a des poils un peu, pas dans tous les sens, mais pas très loin. Donc on travaille plus en contour, en contour de lettres. Et après, on vient un peu remplir l'intérieur de la forme de la lettre. Et après, les peintures, ça dépend vraiment entre glycéro et acrylique, suivant ce qu'on a à peindre et surtout le support. Moi, j'ai plus tendance à utiliser de l'acrylique pour tout ce qui est un peu... support mural et quand il n'y a que de l'enseigne sur des panneaux de bois qui sont peints ou métal, d'utiliser une glycéro émaillée qui est très costaud, elle résiste bien au temps, elle brille bien tout de suite quand on l'applique et qu'elle sèche et je n'ai pas trouvé mieux en peinture pour ce type de support.

  • Speaker #1

    Et donc tu as peinture et tu as dorure.

  • Speaker #0

    Exactement. Après il y a la dorure. Pour la dorure de lettres, ça avoisine les mêmes techniques que la peinture en lettres, juste au lieu d'utiliser de la peinture, on utilise une mixtion à dorer. qu'on mélange avec de la peinture un petit peu suivant le temps de séchage qu'on veut avoir. Parce qu'évidemment, si je peins trois lettres, je vais avoir le temps de finir de peindre mes trois lettres et après la mixtion sera bonne pour faire la pose de feuilles d'or sur la première et ainsi de suite. Par contre, si j'en ai 25 à faire, je voudrais éviter que la première lettre soit sèche ou en tout cas bonne à mettre la feuille d'or quand j'en suis qu'à la douzième à peindre. Donc ça, il faut apprendre à gérer son mélange. pour avoir un temps de séchage qui soit adéquat par rapport au travail qu'on va faire.

  • Speaker #1

    Ah ouais, c'est parce qu'en gros, tu fais du travail à la chaîne et tant que tu es sur la mixtion, tu ne fais pas de la dorure.

  • Speaker #0

    Il faut éviter parce que ce qui se passe, c'est que sinon, après, on va un peu perdre du temps, entre guillemets. C'est-à-dire que je vais devoir m'arrêter de peindre pour poser de la feuille et je n'aurai pas fini le lettrage, que j'aurai fini de peser les feuilles d'or sur le premier. Et après, il faudra attendre que ça sèche pour venir reposer. Donc, ce n'est pas un gain de temps.

  • Speaker #1

    Ok. Quand on a préparé cet épisode 1, tu m'as parlé de la peinture en lettres, c'est de l'art invisible. Tu as utilisé ce terme, qu'est-ce que tu veux dire par là ?

  • Speaker #0

    Alors c'est la lettre, la signalétique, et en général c'est quelque chose qu'on ne remarque pas. On lit l'information qu'elle dégage. Parce que déjà, il y a le fond pour indiquer que la place de la Bastille, c'est par là. Tu dis place de la Bastille et c'est bon. Et après, la manière dont c'est écrit, ça va te donner envie d'y aller ou non. Si tu as une bonne gothique des années 40 qui te dit que c'est par là, tu n'as peut-être pas envie d'y aller. Et si c'est enjolivé avec de la lettre anglaise, où tu as des belles volutes et que les formes sont harmonieuses, tu ne réfléchis pas, tu y vas. Tu te dis, ok, ça a l'air cool.

  • Speaker #1

    Oui, c'est un truc qui est connu dans le graphisme, c'est qu'en fait, ta police raconte déjà quelque chose.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    Et même toi, quand tu... On pourra peut-être en parler un peu plus dans l'épisode 2, mais toi, quand tu rencontres un client, la première chose que tu fais, c'est de lui demander, j'imagine, ce qu'il est, pour lui dire, on va faire cette police.

  • Speaker #0

    C'est de comprendre déjà l'univers de la marque, savoir à quelle clientèle il s'adresse, qu'est-ce qu'il vise. et est-ce qu'il y a une époque qui est rattachée ou un style architectural qui est rattaché à son identité. Donc, il faut matcher un peu avec tout ça, avec ce que vend la marque, ce que veut dégager la marque et où est-ce que sa boutique est située. Et à partir de là, on choisit le style de l'être. Parfois, ils l'ont défini, mais on essaye en tout cas d'apporter une touche qui fait que ça s'harmonise avec l'ensemble et que le client ne remarquera pas tous ces détails-là. Il dira juste, ah, ça a l'air sympa, vas-y, rentrons.

  • Speaker #1

    Eh bien, merci beaucoup, Victor. pour ce petit cours de marketing slash peintre en lettres. Et je te dis à très vite pour l'épisode 2.

  • Speaker #0

    À très vite, merci.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup pour votre écoute. J'espère que ce premier épisode avec Victor Baird, peintre en lettres et graveur, vous aura plu. Dans le prochain épisode, nous irons encore plus loin avec Victor, cette fois-ci pour explorer son métier de graveur. De la pierre au métal, en passant par le bois, il nous dévoilera les coulisses de cet art délicat et ses projets les plus marquants du Panthéon. jusqu'à la Corse. Vous pouvez continuer de m'aider à faire découvrir les histoires d'artisans au plus grand nombre en mettant une note, un commentaire ou en vous abonnant sur votre plateforme de streaming préférée. Retrouvez-nous sur Instagram pour voir le métier en images. Nous adorons recevoir vos témoignages et vos ressentis. Alors n'hésitez pas à nous écrire à podcast.histoired'artisan.com A bientôt avec une nouvelle immersion dans l'artisanat d'exception.

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