- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans mon atelier.
- Speaker #1
Bienvenue dans Histoire d'artisan. Je suis Lisa Millet et je serai votre guide dans l'exploration de l'artisanat. Je vous fais découvrir les visages, ou plutôt les voix, de ces femmes et hommes qui ont décidé de passer leur vie à créer. Aujourd'hui nous accueillons Lucille Cabou, créatrice de Macramé. Il y a 4 ans, Lucille a quitté son emploi dans la communication pour partir vivre à Amsterdam. En sortant de sa zone de confort, Elle s'est réinventée et s'est lancée dans la confection de macramé, une technique qu'elle vous explique dans l'épisode. Avec Lucille, on parle de naïveté, que j'appellerais plutôt de l'insouciance, de communication et de besoin de rencontre. Je passe le message pour être certaine qu'il est entendu. Lucille rêverait de faire partie d'une communauté d'artisans pour pouvoir échanger et partager. Cet épisode a été enregistré en longue distance pendant le confinement. Prenez soin de vous et belle écoute !
- Speaker #0
Bonjour Lucille,
- Speaker #1
et j'allais dire merci de m'accueillir dans ton atelier, mais en fait, ce n'est pas tellement vrai. Est-ce qu'on est en train d'enregistrer cet épisode confiné chez nous ? Toi Lucille, je suis à Amsterdam.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Un podcast international. Trop bien. C'est mon premier, donc j'espère que tout va bien se passer.
- Speaker #0
Écoute, je suis ravie de t'introduire dans cet aspect. international européen.
- Speaker #1
Trop bien, trop cool ! Est-ce que tu peux nous parler de ton histoire Lucille s'il te plaît ?
- Speaker #0
Je m'appelle Lucille, j'ai bientôt 30 ans et je suis expatriée à Amsterdam depuis quatre ans. Je viens de Bordeaux et j'ai fait des études de communication et après j'ai travaillé sur Paris pendant trois ans dans une agence digitale et social media et puis au bout Au bout de trois ans, j'avais envie d'autre chose. Pour moi, ça a été une évidence, c'était Amsterdam. J'avais visité cette ville peut-être un ou deux ans avant ça et j'avais eu un gros, gros, gros coup de cœur. Tu sais, quand tu te promènes dans les rues et que tu as la boule au ventre et tu t'extasies du moindre petit détail. Ça a été ça pour moi, Amsterdam. Quand j'ai voulu changer un peu de vie, pour moi, Amsterdam, ça a été une évidence. Et donc voilà, je suis arrivée à Amsterdam de façon très naïve, sans me rendre compte de tous les... de tous les éléments qui allaient chambouler ma vie. Je n'avais pas réalisé que la météo, ce n'était pas trop ça ici. Je n'avais pas réalisé non plus qu'ils parlaient néerlandais. Et c'est une langue pas simple à apprendre du tout. Donc voilà, ça a été une aventure un petit peu tous les jours, une nouvelle histoire. Et voilà, donc j'ai fait des petits boulots à droite à gauche. Et j'ai toujours été très créative. Mes parents se sont très manuels, chacun à leur façon. Donc j'ai grandi un petit peu dans cet état d'esprit. Et donc j'ai toujours créé des bijoux. Quand j'étais sur Paris, je faisais du tissage. Quand je suis arrivée sur Amsterdam, la priorité, c'était clairement pas de ramener mon métier à tisser dans mes bagages. Donc, arriver sur Amsterdam, ça me manquait, en fait. Ça me manquait de pas créer, de pas pouvoir faire de tissage, pour accrocher sur mes murs. Le macramé a été un merveilleux plan B, en fait. Parce que t'as juste besoin de cordes. et d'un support pour pouvoir suspendre ton macramé. Donc c'était super pratique.
- Speaker #1
Tu peux peut-être expliquer ce que c'est le macramé ?
- Speaker #0
Le macramé, en fait, c'est une technique de neuf. On peut utiliser différents types de matériaux, de fibres. Moi, j'utilise principalement de la corde en coton, mais j'aime beaucoup aussi la jute ou encore de la laine ou du raffia. J'aime beaucoup le raffia. La technique de nœud, l'accumulation ou la répétition des nœuds te permet de créer un pattern, des motifs. Et donc tu peux faire plein de choses avec du macramé. Tu peux faire de la décoration ou des objets de la vie du quotidien, plus ou moins. Ce qu'on voit le plus aujourd'hui dans les boutiques ou des choses comme ça, ça va être principalement des suspensions de plantes ou sinon on appelle ça des wall hanging. Donc c'est une sorte de teinture que tu peux accrocher sur tes murs. Donc ça, c'est la technique du macramé que j'ai appris beaucoup par les photos. À zoomer les photos, à essayer de comprendre comment étaient faits les nœuds. Il y a des livres. En fait, je me suis mise aux vidéos YouTube tutoriels assez tardivement. J'ai commencé un petit peu tout ça sur Amsterdam il y a 4 ans. Et puis, il y a un an, j'ai décidé de poursuivre cette aventure de façon un peu plus sérieuse et je m'y ai consacrée presque à temps plein. Et donc, j'ai créé le studio Écrue. qui est mon projet. Et voilà, c'est à peu près mon histoire dans les grandes lignes.
- Speaker #1
Tu as fait des études de communication et ensuite tu t'es lancée dans un métier de com. Tu as craqué, qu'est-ce qui s'est passé pour avoir envie de partir à Amsterdam et de tout plaquer ?
- Speaker #0
Alors je ne dirais pas que j'ai tout, j'ai craqué. En effet, j'ai fait des études de communication, stratégie et produits de communication. Et j'étais dans une agence sociale média sur Paris et c'était ok, on va dire. J'étais, je pense, très stressée, je travaillais beaucoup. Je n'étais pas si heureuse que ça, mais c'est un peu difficile d'expliquer la raison. J'ai l'impression que ça a été vraiment une impulsion, une envie de partir sur Amsterdam. C'est vrai qu'avec Durkuh, je me dis que j'ai été hyper naïve, mais je ne sais pas, j'avais envie d'autre chose. J'ai toujours aimé la communication. dégoûtée ou quoi, surtout que j'en fais aujourd'hui beaucoup pour mon studio. Mais je ne sais pas, envie d'autre chose, travailler pour d'autres problématiques aussi ou d'autres marques ou projets peut-être un peu plus intéressants pour moi.
- Speaker #1
Du coup, tu avais 26 ans à peu près quand tu es partie à Amsterdam ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je trouve que c'est hyper intéressant parce qu'il y a pas mal d'artisans que j'interview dans ce podcast ou quand je leur demande... d'où ça vient et de raconter leur histoire, c'était un peu une évidence depuis toujours. Je trouve ça hyper intéressant que tu aies réussi à sauter le pas et que tu aies réussi à te dire, maintenant, je ne me sens pas complètement, peut-être, accomplie dans ce que tu faisais et tu avais envie de revenir au travail avec les mains.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui a fait que tu sois partie comme ça, sans te dire, mon Dieu, mais tout ce que je laisse derrière moi ? c'est dangereux, c'est ce fameux risque.
- Speaker #0
Oui. J'ai été habitée par une envie folle de découvrir le monde, de découvrir Amsterdam, de me laisser aller. Je me suis dit, si je ne le fais pas maintenant, je suis libre, je n'ai pas d'attache, je suis jeune, quand est-ce que je le ferai ? Et vraiment, pour moi, toutes les possibilités étaient ouvertes. C'était à la fois de continuer à faire de la communication, travailler dans un restaurant. Pourquoi pas vivre de mon art ? Mais honnêtement, je n'y pensais pas à cette époque-là. Je ne pensais pas que ce serait possible. C'est la vie de l'Amsterdam. Je trouve qu'elle dégage quelque chose. C'est une ville créative, avec beaucoup de liberté. J'ai l'impression que tout le monde a un petit peu sa place pour développer des choses. À Paris, je ne me serais pas posée une seule fois la question d'être freelance ou de vivre de mon art ou de faire quelque chose de manuel. Pour moi, ça a toujours été quelque chose dans le loisir. Et Amsterdam, je ne sais pas, ça ouvre le champ des possibles, je trouve.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant. Ça veut dire que c'est le contexte dans lequel tu évoluais qui faisait que tu te sentais épanouie et en sécurité.
- Speaker #0
En fait, épanouie, oui. En sécurité, jamais. Je ne me sens encore pas toujours en sécurité. Depuis que je suis à Amsterdam, c'est beaucoup d'insécurité. Mais je pense que c'est ça qui te permet aussi de redoubler de folie, en fait. Tu te permets des choses que tu ne ferais pas dans ton confort, en fait. Le fait d'être expatrié, tu te redécouvres, en fait. Tu fais des choses que tu n'aurais pas fait en temps normal, dans ton pays, dans ta ville, autour de tous tes proches. La carapace tombe et tu te permets de faire beaucoup plus de choses.
- Speaker #1
C'est intéressant. C'est vrai que sortir de sa zone de confort est peut-être... à être encore plus créative et avoir envie encore plus de sortir de sa zone de confort parce qu'on se dit maintenant que j'y suis.
- Speaker #0
Exactement. Puis en fait, au final, j'ai rien à perdre. Au pire, qu'est-ce qui se passe en fait ? Au pire, on repart à zéro. Au pire, je retourne en France. Au pire, je me retrouve un petit boulot alimentaire. Je pense qu'on arrive à retomber sur ses pas plus ou moins. D'essayer de suivre son cœur. C'est un petit peu cliché de dire ça.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui se disent « j'ai pas les moyens de me lancer, j'ai trop d'impératifs, c'est trop dangereux » . Je pense qu'il y a surtout l'aspect financier en fait. Amsterdam, c'est une ville chère.
- Speaker #0
C'est quand même assez cher. Je dirais que c'est pas aussi cher que sur Paris, mais les loyers sont très élevés. On peut dire que c'est assez similaire.
- Speaker #1
Il y a des mois où ça a été compliqué financièrement ?
- Speaker #0
J'ai appris, je pense, à vivre... un peu plus simplement. Je n'ai jamais eu de problème d'argent alors que je campagne des milliers d'échantillons. Donc en gros, je travaille pour le studio Écrue et à côté, j'ai des missions de freelance encore en social media et en communication. Et donc oui, ce n'est pas toujours très confortable. Mais je n'ai jamais eu de problème, on va dire. J'arrive à m'en sortir.
- Speaker #1
On revoit ses priorités un peu.
- Speaker #0
Oui, et puis en fait, on arrive à vivre un peu plus simplement, en fait. Tu vois, j'achète moins de décorations, moins de fringues. Si je faisais vraiment un bon restaurant et tu ne peux pas en faire trois d'affilé. Je ne me sens pas privée, en fait. C'est juste que j'essaye de consommer un peu plus intelligemment et un peu plus consciemment, en fait.
- Speaker #1
C'est marrant parce que c'est exactement la réflexion que je me fais. avec cette période de confinement. On dit la croissance, la croissance, mais en fait, ne serait-ce que de consommer exactement intelligemment, on arriverait à faire travailler les entreprises qui, entre guillemets, le méritent, qui font du bien ou qui font le moins de mal à notre planète, et nous, on aurait largement ce qu'il nous faudrait.
- Speaker #0
Bien sûr. On pourrait juste se contenter de l'essentiel et il n'y aurait pas de toutes ces fioritures ou plein de choses auxquelles on n'a pas vraiment besoin. On s'en rend compte un peu plus tard, mais on n'a pas besoin de... plein de choses superficielles en fait.
- Speaker #1
Je suis bien d'accord. Du coup, Amsterdam, macramé, tu n'avais jamais fait avant ?
- Speaker #0
Non. Enfin, si, en fait. Étant petite, pendant l'été, je faisais souvent des petits bracelets brésiliens ou des bracelets en macramé. Pour moi, c'était deux choses vraiment différentes. C'est après, plus tard, où j'ai réalisé que la technique et les souvenirs revenaient. mais non, j'ai dû un peu réapprendre une fois lancée dans cette aventure. J'ai trouvé ça hyper méditatif en fait. C'est la répétition d'un même geste ou plus ou moins du même geste et c'est assez satisfaisant en fait parce que tu vois l'évolution assez vite et puis l'avantage aussi c'est que tu peux te tromper mais tu peux facilement revenir en arrière pour rattraper par exemple un nœud qui n'a pas été fait correctement. Ce qui est rigolo, c'est qu'en fait c'est au tout début la grande difficulté, c'est de couper la quantité suffisante de cordes pour s'assurer que je vais pouvoir faire le pattern ou le design que j'avais initialement prévu. Si la corde a été coupée trop courte, je suis bloquée et il faut tout recommencer. C'est là la difficulté du macramé. On va dire que c'est toute la préparation qui prend beaucoup de temps. Tu vas avoir une idée par exemple d'un design, tu vas couper ta corde, et la corde on va l'utiliser énormément parce que de faire des nœuds, ça prend de l'espace, ça prend de la corde, et c'est très difficile de mesurer. en amont la quantité de corps que tu as besoin en fait. Donc c'est beaucoup d'expérimentation, beaucoup d'échecs et puis de tout noter, d'apprendre à tout noter, s'y réincarner en disant ok alors là j'ai pris deux mètres finalement et il m'en faudrait trois de plus et d'essayer de réajuster au fur et à mesure.
- Speaker #1
Il y a un projet qui est né suite à entre guillemets une bêtise de j'ai coupé trop court.
- Speaker #0
Oui beaucoup, beaucoup. Ça m'arrive souvent de faire un croquis et de ne pas du tout finir sur le projet initialement prévu. Et du coup, soit de rajouter de la corde, soit finalement de faire un modèle plus court. Bien sûr, ça arrive très souvent.
- Speaker #1
Il y a du macramé partout chez toi, non ?
- Speaker #0
Écoute, pas tant que ça parce que je ne vis pas toute seule. Et du coup, je n'ai pas envie que mon appartement ressemble à un salon. Les entreprises, made in macramé. Non, il y en a pas mal. Je pense qu'il y a au moins cinq pièces au total, mais des plus grandes, des plus petites, ça varie. Ce n'est pas tout le temps le même produit, mais dans mon studio, il y en a beaucoup.
- Speaker #1
Oui, parce que tu as un lieu physique pour faire ça.
- Speaker #0
Exact. Je loue un atelier avec trois autres artistes dans le sud d'Amsterdam. Donc, j'ai mon propre espace où je peux venir là-bas pour travailler sur la communication ou la production de mes pièces.
- Speaker #1
C'est deux autres femmes, c'est ça ?
- Speaker #0
Je suis avec trois autres femmes.
- Speaker #1
Elles sont néerlandaises ?
- Speaker #0
Non, il y en a une suisse, une iranienne et une italienne.
- Speaker #1
Internationale tout ça.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Et vous vous êtes rencontrées comment ?
- Speaker #0
Ma première coloc quand je suis arrivée sur Amsterdam, j'étais avec une des italiennes qui est dans le studio. Et un jour, elle m'a annoncé qu'elle cherchait quelqu'un pour remplacer une personne dans son studio. Et donc, je l'ai souhaité sur l'occasion.
- Speaker #1
Ah, trop bien. Ok. Et vous vous voyez souvent ? Vous collaborez ensemble ?
- Speaker #0
Oui. pas souvent et c'est l'une des difficultés que je peux rencontrer dans ma vie d'artiste ou d'entrepreneuse ou je ne sais pas quel terme utiliser, mais c'est un peu la solitude. C'est-à-dire que je partage mon atelier avec d'autres artistes et au final on se croise énormément, on ne se voit pas souvent et les problématiques sont assez différentes au final et du coup ça me manque. Ça me manque beaucoup de ne pas pouvoir partager, de ne pas pouvoir... Être conseillée, d'échanger, des problématiques. C'est un peu une des difficultés que j'ai pu rencontrer. Alors, je ne sais pas si c'est un problème dû à mon activité qui est vraiment niche. Cramé, bon certes, on peut en voir dans les boutiques, etc. Mais autour de moi, je ne connais pas personnellement d'autres personnes faisant la même chose. Donc peut-être que c'est... La première raison. Et la deuxième, étant expatriée, c'est peut-être un peu plus compliqué de créer un réseau. Je ne sais pas. Mais c'est vrai que ça, c'est un petit peu...
- Speaker #1
C'est frustrant.
- Speaker #0
Oui, c'est frustrant parce qu'il y a tellement de choses à dire, il y a tellement de choses à partager. Je rêverais de collaborer avec d'autres artistes, avec d'autres techniques. Ça me manque. Et je pensais qu'en arrivant dans ce studio, ça allait être un petit peu différent. Et finalement... On a tous nos emplois du temps et on ne se contacte pas en amont pour savoir qui sera au studio ou pas. On se sent libre en fait. Donc du coup, ça arrive qu'on ne soit pas ensemble au studio.
- Speaker #1
Elles font quoi elles ?
- Speaker #0
Alors il y en a une qui travaille autour du métal et des bijoux en développant la thématique de l'autisme. Voilà, ensuite il y a une autre personne qui est à la fois traductrice et aussi elle fait de la couture. un peu pour le plaisir. Et la dernière, l'italienne, travaille dans l'art un petit peu abstrait. Elle fait beaucoup d'expérimentations autour de la biologie, du plastique, du tissu, comment transformer les formes. C'est un petit peu abstrait, mais elles sont toutes les trois issues de l'Académie Redfield, qui est une école d'art assez réputée aux Pays-Bas.
- Speaker #1
Vous pourriez faire des projets en commun ? S'il y avait une meilleure communication.
- Speaker #0
Ouais, exact.
- Speaker #1
On lance un appel à tous les artisans qui écoutent ce podcast. Lucille, si je ne me trompe pas, tu viens souvent sur Paris ?
- Speaker #0
Ouais, ça m'arrive assez souvent.
- Speaker #1
Paris, Bordeaux, vous pouvez la contacter. Studio Écrue, Écrue avec un K. Exact. Bah écoute, j'espère que ça va marcher. J'en profite parce qu'à la base, en fait, c'est comme ça qu'on s'est rencontrées toutes les deux. Tu me demandais si je n'avais pas des contacts. Tu voulais qu'on discute pour parler communauté d'artisans. Et moi, je t'avais parlé de Artisans d'Avenir.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qui est une association d'accompagnement aux artisans sur plein de domaines différents. C'est vraiment top comme association. Donc, je le conseille à tous les artisans qui m'écoutent. Ça peut être une belle opportunité justement de créer une communauté autour de soi.
- Speaker #0
C'est super.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous parler des projets sur lesquels tu travailles en ce moment ?
- Speaker #0
Je travaille sur trois gros projets. Le premier, c'est que d'ici quelques mois, j'espère très bientôt, ou d'ici quelques semaines, c'est dans l'évolution de la situation, de lancer une collection mariage pour de la location d'objets de décoration faits à base de macramé. pour une ambiance romantique, bohème, pour les mariages peut-être de cet été. Travail d'arrache-pied sur cette nouvelle offre.
- Speaker #1
Ça peut être quoi ces objets ?
- Speaker #0
Par exemple, des arches de cérémonie, pour mettre par exemple lors d'une cérémonie laïque en fond, pour faire des belles photos, pour regarder la cérémonie en direct. Ça pourrait être des chemins de table ou des dossiers de chaises. des suspensions de plantes ou des balançoires. C'est plein d'objets de décoration pour donner un certain look, un certain thème à son mariage.
- Speaker #1
Une arche de cérémonie, c'est combien de temps à peu près de fabrication ?
- Speaker #0
Ça prend du temps, ça prend plus de temps. Je dirais que c'est plusieurs jours, voire une semaine selon la grandeur de l'arche. On en a fait notamment un l'année dernière pour un mariage en France. C'est difficile de se rendre compte exactement du nombre d'heures parce que c'est un petit peu décousu par moment. Mais je dirais que c'est environ 4-5 jours de travail minimum.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une problématique de mes mains fatiguent à force de manipuler la corde ?
- Speaker #0
Quand je travaille avec du coton, je n'ai pas vraiment ce problème. Par contre, c'est mon dos qui peut être douloureux en termes de position. Mais au niveau des mains... Je peux avoir vraiment cette problématique, non ?
- Speaker #1
Et donc, tu disais, tu as d'autres projets à part l'environnement mariage ?
- Speaker #0
Alors oui, comme autre projet, depuis plus d'un an, j'enseigne le macramé à d'autres personnes, à la fois sur Amsterdam comme sur Paris. Mes workshops ont été annulés à cause de cette période de confinement et donc j'ai décidé de développer un peu plus cette offre d'enseignement et donc j'ai des cours en ligne qui vont sortir d'ici peu pour pouvoir apprendre à réaliser des objets que j'ai imaginés en macramé. via des vidéos explicatives.
- Speaker #1
Ok, trop bien. Ce sera sur quelle plateforme ?
- Speaker #0
D'ici quelques jours, je vais offrir une première vidéo tutoriel qui sera disponible sur mon compte Instagram et les prochaines seront disponibles sur mon site internet.
- Speaker #1
En accès payant ?
- Speaker #0
La première, du coup, sera gratuite et les prochaines seront payantes.
- Speaker #1
Ok, trop bien. Trop cool. Donc, projet mariage, projet tuto. Je ne sais pas si tu as d'autres projets.
- Speaker #0
Le plus grand et le plus à long terme, on va dire, c'est vraiment de développer au maximum des collaborations, on va dire, avec des professionnels. Pour moi, ce qui me fait vraiment vibrer, c'est d'avoir des commandes particulières pour, je ne sais pas, un restaurant, pour une belle boutique, pour un hôtel, et de vraiment pouvoir répondre aux problématiques de lumière, d'ambiance, d'atmosphère, d'esprit. Moi, c'est vraiment de créer des objets de décoration, mais qui fassent vraiment partie prenante de l'expérience du consommateur. C'est vraiment de développer cette offre-là et de pouvoir vraiment répondre à un problème, soit de décoration, soit de bien-être dans une pièce.
- Speaker #1
Et donc, j'en viens à la question qui est un peu naturelle suite à ça, c'est quel est ton business model ? Parce que du coup, tu me dis que... tu as envie de travailler avec les particuliers et les professionnels. Toi, dans l'avenir, tu te vois, je ne sais pas si tu t'es fait une idée de je travaille à 80% avec particuliers, 20% professionnels, ou inversement, ou que professionnels. Comment tu imagines ça ?
- Speaker #0
J'aimerais que ce soit une majorité, je pense, auprès des professionnels, parce que les projets sont souvent un peu plus ambitieux, peut-être. J'aime énormément travailler sur des grandes pièces. Je trouve ça hyper satisfaisant et challengeant aussi. Donc je pense que c'est pour ça que travailler pour des professionnels s'inscrirait un petit peu plus dans cette idée-là. Donc je pense que ça serait un gros pourcentage sur le total de mon business model. Et également, j'adore enseigner. Je ne pensais vraiment pas dire ça un jour et je ne pensais pas apprécier ce partage de connaissances. C'est vraiment un moment privilégié et important pour moi et j'ai vraiment envie de continuer dans cette optique-là.
- Speaker #1
Super. Et c'est possible ça, Amsterdam ?
- Speaker #0
D'enseigner ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
En fait, j'ai commencé sur Amsterdam, notamment dans deux espaces. Une boutique de plantes qui est magnifique, qui s'appelle Wilderny. C'est une petite jungle. Et en fait, ils m'ont contactée il y a un an pour faire mon tout premier workshop. Ça faisait longtemps que j'y pensais. Et en fait, le jour où ils m'ont contactée, je n'ai pas vraiment pu résister. Ça a été un grand challenge d'enseigner. c'est vrai que que c'est une activité pour moi assez solitaire et j'ai tout appris toute seule et je n'ai jamais partagé quoi que ce soit, ne serait-ce que la technique ou mes pensées autour d'un design que je souhaiterais développer. Et donc ça a été un challenge pour moi de tout mettre à plat, de tout écrire ou de tout verbaliser. Après il y avait aussi le challenge de tout enseigner en anglais et de respecter aussi un temps, une durée donnée. Donc ouais, ça a été un sacré challenge, mais j'adore ça. J'adore ça, et donc je travaille avec cette boutique de plantes, et aussi un espace créatif. Je développe plein de workshops autour du craft et du textile, et donc je fais partie de la programmation de ce lieu-là. Est-ce
- Speaker #1
que tu as une anecdote à nous raconter ?
- Speaker #0
Oui, j'ai une annexe Z, qui est assez chouette. Il y a à peu près un an, j'ai acheté un espace pour travailler. J'avais marre de travailler dans des cafés ou depuis chez moi, et donc j'ai trouvé mon premier studio créatif, qui n'est pas celui dans lequel je suis actuellement. Et donc j'ai découvert un atelier super sympa avec quatre autres néerlandaises, trois illustratrices, une graphiste. Ça a été une super expérience humaine et aussi en termes d'échange. Mais le lieu était un petit peu petit, donc je ne suis pas restée. Il se trouve qu'en fait, parmi ces quatre Néerlandaises, deux de ces filles-là travaillaient pour un magazine qui s'appelle Flow Magazine. Je ne sais pas si ça vous parle, mais c'est un magazine sur la créativité, le développement personnel. C'est un magazine d'origine néerlandaise qui existe aussi en France. J'ai toujours adoré ce magazine-là. Et donc ces deux nanas travaillaient de façon régulière pour cette rédaction. Et un jour, l'une des graphistes a partagé mon... Instagram à la rédaction parce qu'elle trouvait qu'il y avait un match vraiment parfait en termes de l'inédito. Et du coup, quelques mois après, la rédaction m'a contactée pour m'interviewer. Et du coup, tout s'enchaînait assez rapidement. Il y a eu une directrice artistique, une photographe, une maquillée qui ont tous débarqué dans mon studio et j'ai dû faire un interview en anglais pour ce magazine. Et l'édition néerlandaise est sortie ce mois-ci d'ailleurs. Ça a été assez inattendu de rencontrer des personnes, de trouver un espace supérieur. super créatif, de se rendre compte de fil en aiguille, de bouche à oreille. En fait, on peut atterrir dans un des magazines qu'on a toujours apprécié. C'est une bonne expérience.
- Speaker #1
C'est un peu saisir toutes les chances qui se présentent à nous, en fait.
- Speaker #0
Ouais, complètement.
- Speaker #1
Si quelqu'un veut vous parler, si vous rencontrez quelqu'un, ça peut déboucher à des beaux projets. Toujours dire oui, en fait.
- Speaker #0
Exactement. Et en fait, au pire, c'est juste un agréable échange avec quelqu'un. S'il y a d'autres projets qui mènent à ça, c'est super. Et si ce n'est pas le cas, ce n'est pas grave en fait. Je ne cherchais absolument pas à avoir cet article dans ce magazine. Et en fait, ça s'est fait de façon naturelle. Et en fait, c'est super chouette de rencontrer toutes ces personnes-là et de voir un petit peu les backstage d'un interview en fait, de l'édition.
- Speaker #1
Trop bien. Ça a eu un impact sur ton business ?
- Speaker #0
J'ai eu une commande récemment et j'ai eu beaucoup de nouveaux abonnés sur mon compte Instagram. Donc, c'était pas mal.
- Speaker #1
C'est surtout, si tu as envie de travailler avec des professionnels, pouvoir leur montrer ton interview, ça crédibilise ta marque, en fait. C'est vraiment de l'image de marque plus que de l'acquisition directe.
- Speaker #0
Oui, carrément.
- Speaker #1
Quels sont les challenges que tu rencontres ?
- Speaker #0
L'un des premiers challenges que je rencontre, c'est la partie communication. Je passe beaucoup de temps à travailler mon compte Instagram, mon site Internet, mon compte Facebook ou LinkedIn. Pour moi, c'est vraiment une partie essentielle dans le sens où c'est notre vitrine. N'ayant pas de boutique physique, c'est hyper important. Après, j'ai toujours beaucoup aimé la photographie, la communication. Pour moi, c'est vraiment une partie de plaisir et c'est beaucoup de créativité à ce niveau-là aussi, de varier les contenus, de varier les points de vue. Moi, j'adore ça, mais c'est aussi un gros challenge de savoir ce qui plaît. qu'est-ce qui est intéressant en fait. Et je suis toujours partagée entre partager à la fois le processus créatif, les doutes, de questionner quel produit ils préfèrent ou quelle couleur je pourrais mettre dans cette teinture. J'aime beaucoup faire ça et j'aime beaucoup partager un peu les backstage du studio Écrue. Et en même temps, en souhaitant travailler avec des professionnels, je ne sais pas si c'est la bonne façon de faire aussi. De trouver en fait l'équilibre et de montrer aussi une image d'une marque un peu plus lisse, d'une marque forte, clean. De ne pas montrer l'arrière boutique.
- Speaker #1
Cet avis que tu as là, c'est suite à ton expérience de communication ou pas du tout ? Tu as travaillé avec des entreprises dans le B2B auparavant ?
- Speaker #0
Toujours travaillé que pour du B2C. Après, je pense que c'est des réflexions qui viennent probablement de mon expérience basée dans la communication. Mais je pense que c'est pour beaucoup d'entre nous, c'est de voir jusqu'où tu souhaites partager l'arrière de ton business.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et de voir qu'est-ce qui intéresse les gens et quel est ta cible. Comme je t'en parlais tout à l'heure par rapport à mon business model, en fait, dans mon business model, il y a à la fois des potentiels étudiants, personnes souhaitant créer également du macramé. Donc, potentiellement des personnes hyper intéressées pour découvrir le processus créatif, etc. Et de l'autre côté, dans le business model, je parlais beaucoup du B2B. Donc en fait, c'est deux cibles extrêmement différentes. Donc potentiellement deux communications extrêmement différentes, sauf que je centralise tout sur Instagram.
- Speaker #1
D'où l'intérêt peut-être du profil LinkedIn qui est cette fois-ci plus lisse.
- Speaker #0
Ouais, exact.
- Speaker #1
Plus vitrine.
- Speaker #0
Ouais, complètement. Il faut que je développe un peu plus cette partie justement B2B. Et d'investir du temps sur LinkedIn, d'avoir des postes vraiment un peu plus clean, un peu plus professionnels et vitrines pour rencontrer des architectes d'intérieur, des décorateurs ou même des magazines de déco. Ce serait génial.
- Speaker #1
Trop bien. J'en viens à la dernière question. Comment tu vois l'avenir de ton artisanat en général ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. C'est vrai que le macramé, c'est une technique ancestrale. qui existe depuis des années et des années. C'est une technique qui a été tendance et qui a appris qu'elle était complètement as-been. Donc c'est une bonne question de savoir comment ça va évoluer. Je pense qu'on pourra toujours s'amuser à faire des nœuds et créer de très belles décorations à la fois pratiques ou juste esthétiques. Donc je pense qu'il y aura toujours un petit peu d'espace pour ça. Après, ça va peut-être évoluer sous différentes formes. Et puis en fait... Je ne me limite pas seulement au macramé. J'adore découvrir et explorer cette technique. Mais en fait, il y a tellement de choses autour de la fibre ou du textile à explorer. J'aime énormément mixer les techniques et les matières. L'avenir de mon artisanat, il est immense et c'est vraiment difficile de se projeter. J'espère explorer, j'espère expérimenter, collaborer, pourquoi pas, avec d'autres types de matières, de textiles, de techniques. Après l'artisanat, d'une manière générale, je pense qu'il a clairement sa place. On retrouve l'essence même du plaisir de travailler avec les mains, de créer de ses propres mains, le plaisir de toucher ou d'utiliser des produits qui ont une histoire. Par rapport à ça, je n'ai pas vraiment de doute ou d'inquiétude en tout cas. Je pense que ça va se développer de plus en plus et qu'il y aura encore plus de respect ou de recherche d'objets uniques. ou d'histoire derrière ces objets de décoration. Donc, je suis assez optimiste par rapport à ça. Surtout pendant cette période de confinement, honnêtement, beaucoup de personnes se mettent à créer, à expérimenter, à chercher des do-it-yourself, à faire à la maison, avec le peu d'objets ou de matières premières disponibles à la maison. Donc, je suis assez confiante par rapport à ça. Il faut juste trouver le temps. Et après, je pense que la satisfaction est assez grande.
- Speaker #1
Ok, trop bien. C'est vrai qu'à force de tester chez nous, on va avoir envie de posséder... un objet d'artisan qui a plus de technique que nous.
- Speaker #0
Oui, sinon, vous-même à essayer. Quelle est la technique qui vous fait vibrer, de toucher la terre, de toucher la corde, et de voir qu'est-ce qui fait sens, en fait, pour vous ?
- Speaker #1
On va découvrir plein d'artisans après ce confinement. Ça va être trop bien. J'aurai encore plus de gens à interviewer.
- Speaker #0
Carrément.
- Speaker #1
Trop bien. Merci beaucoup, Lucille. Merci pour cet enregistrement à longue distance. Je te souhaite un bon confinement.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Au plaisir d'un jour se croiser.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. Je viens sur Paris, on se fera un petit café. Avec plaisir.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour votre écoute. J'espère que le parcours de Lucille vous aura inspiré. N'hésitez pas à la contacter directement sur son compte Instagram. Je vais poster des photos, réalisées par la talentueuse Lucie dans son studio, sur mes réseaux sociaux pour que vous puissiez voir à quoi ressemble le macramé. Vous pouvez continuer de m'aider à faire découvrir les histoires d'artisans au plus grand nombre en mettant une note sur iTunes et en vous abonnant sur votre plateforme de streaming préférée. Je vous dis à très vite avec une nouvelle histoire.