Speaker #0Bienvenue dans Hypnomorphose, le podcast qui t'aide à comprendre et transformer ce que ton inconscient a à te dire. Je suis Anaïs Valadon, maître praticien en hypnose et je t'embarque chaque semaine pour explorer ton fonctionnement grâce à l'hypnose, la neuropsychologie, les neurosciences et pas que. Tu te demandes pourquoi certaines émotions ou réactions te bloquent sans raison apparente ? Eh bien ici, on va décortiquer tout ça ensemble et découvrir comment ton inconscient influence ton quotidien. que ce soit dans tes relations, tes habitudes ou même tes pensées. Mon but ? T'aider à mieux fouiller dans ton inconscient avec des astuces simples, pratiques et toujours dans la bonne humeur. Alors si tu veux en finir avec le stress, l'anxiété ou juste mieux te comprendre, installe-toi confortablement. C'est parti pour l'épisode du jour. Bienvenue à tous dans ce nouvel épisode, l'épisode numéro 95. Aujourd'hui, j'ai envie de parler d'un truc qu'on connaît presque tous. et ceux qui me connaissent et qui vont écouter Ce podcast, ils vont bien rigoler quand je vais donner les exemples. Mais c'est cet administre à faire et qu'on ne fait pas. Ou ce SMS auquel on n'a pas répondu depuis 15 jours. Ou même un rendez-vous à prendre. Et parfois, ça ne prend même pas longtemps au départ. Mais on tourne autour, on trouve autre chose à faire. On prend son téléphone pour se coller sur Instagram. Ou de changer de couleur ou de vêtements. Bref, ou de regarder ses ongles. Bref, on s'occupe de tout. Sauf... à ce qui était prévu. Et à un moment, on finit par dire, bon, c'est pas grave, je le ferai demain. Et ce qui m'intéresse vraiment aujourd'hui, c'est pas tellement de comprendre pourquoi on procrastine au sens large, parce qu'il y a plein de raisons différentes et j'ai déjà fait un podcast à ce sujet. Ce qui m'intéresse, c'est ce qui se passe dans les quelques secondes qui suivent cette décision. Parce que souvent, il y a une petite baisse de pression, on se sent un peu mieux, on n'a rien réglé du tout, mais la tâche elle est toujours là Mais intérieurement, on est plutôt rassuré, zen, c'est plutôt confortable. Et ce qui est intéressant, parce que ça veut dire que parfois, on ne cherche pas à éviter forcément la tâche en elle-même, mais ce qu'elle va provoquer à l'intérieur de nous. Dans quel état cette tâche-là va nous mettre ? Et quand on pense à quelque chose qu'on doit faire, notre cerveau ne va pas se traiter seulement l'action en elle-même, il va anticiper... Tout ce qui peut aller avec. Donc, dans cet épisode, on va voir ça. On va voir que ce n'est pas forcément une grosse peur consciente. Ce n'est pas toujours quelque chose qu'on va formuler clairement dans nos têtes. Mais c'est peut-être juste une sensation désagréable sur une émotion qui nous est inconfortable. Ça peut être même une tension dans le ventre, mal à la tête. J'ai la flemme. Ce fameux-là, j'ai la flemme, on l'entend partout. Et c'est là, en fait, que le report devient intéressant. parce qu'au moment où... j'ai la flemme, je verrai plus tard, et bien hop, cette tension a diminué et on se sent bien. Et c'est vraiment ce que je veux voir avec vous aujourd'hui. D'ailleurs, en psychologie, on connaît bien ce mécanisme, on appelle ça le renforcement négatif. Mais en fait, le terme, il est beaucoup plus compliqué que le principe. En réalité, ça veut simplement dire que un comportement a tendance à se répéter quand il permet de faire disparaître quelque chose qui nous est désagréable. Alors imaginez que vous entrez dans une pièce où la musique est beaucoup trop forte pour vous. Vous allez fermer la porte, le bruit va diminuer. Et en fait, à chaque fois que vous allez vouloir retrouver votre calme, la prochaine fois, votre cerveau va déjà savoir quoi faire, c'est-à-dire fermer la porte. Et avec la procrastination, ça peut fonctionner exactement de la même manière. Vous allez penser à la tâche, vous allez ressentir quelque chose de désagréable, vous allez reporter, et là, la sensation... elle baisse. Et notre cerveau, il apprend quelque chose de très simple à ce moment-là, reporter soulage. Je vous ai dit, l'inconscient, il est fait pour faire des associations. Et souvent, les mauvaises, quand il y a des peurs irraisonnées ou des phobies, etc. Ou des comportements nocifs pour nous. Et bien là, il a associé le fait de reporter avec le soulagement. Et comme ce soulagement, il arrive juste après la décision de repousser, l'apprentissage va être Très très très très rapide. C'est un peu comme si le cerveau, là, il faisait un raccourci. C'est ça m'est mal, j'évite, ça va mieux. Ok, action, réaction. Et plus le scénario va se répéter, plus ça va devenir automatique. C'est pour ça qu'il y a des personnes qui disent « Oh là là, je comprends pas, je manque de volonté » . Non, c'est pas un manque de volonté. C'est pas parce que t'as la bonne idée que ça y est, ça va suffire. C'est le cerveau qui fait un raccourci, parce que son but de l'inconscient, lui, c'est de te protéger parce qu'il t'aime très fort. Et comme cette tâche te met dans le mal, il va léviter et quand tu lévites, ça va mieux. Donc, pourquoi il va répéter cette tâche-là ? Et tu vois ça, les chercheurs qui travaillent sur la procrastination, ils l'ont bien et beaucoup étudié, vraiment beaucoup. Certains, ils parlent de régulation émotionnelle à court terme. En gros, c'est d'abord faire baisser ce qu'on ressent maintenant, même si ça va coûter quelque chose plus tard. Très humain. Parce que notre cerveau, il est extrêmement sensible à ce qui est immédiat, à ce qui est urgent, à ce qui est là, maintenant. Donc si tu dois choisir entre... Faire quelque chose d'un peu désagréable maintenant pour être tranquille vendredi, ou éviter maintenant et sentir mieux le tout de suite, le tout de suite, il va peser très lourd. C'est un peu comme si tu avais deux versions de toi qui étaient concernées. Celle d'aujourd'hui qui dit « j'ai pas envie de gérer ça » , et celle de demain qui dit « non mais moi j'ai même pas envie de négocier » . Et donc c'est elle qui va récupérer le problème. Et c'est là que la procrastination, finalement, elle est trompeuse. Parce qu'à court terme, ça fonctionne très très bien. Et c'est pour ça qu'on la répète. Le problème, c'est que ça fonctionne pendant quelques minutes ou quelques heures, et pas pendant plusieurs jours. Plus tard, la tâche, elle va revenir. Si tu n'as pas appris ton rendez-vous urgent, ou répondre à ce mail pour te demander, je ne sais pas, si tu es disponible pour faire telle chose, ou si tu as vu tel dossier, et bien si tu ne le fais pas, en fait, ça va revenir. Et au début, tu avais juste à répondre au mail. Oui, non, je ne sais pas où je vais faire ça plus tard. Mais si tu l'as repoussé trois fois, tu as toujours le mail qui est en attente. Et tu vas avoir cette petite phrase qui va arriver dans ta tête pile à ce moment-là. C'est « j'aurais déjà dû le faire » . Et parfois, ça devient « j'en ai marre parce qu'en fait, je ne suis vraiment pas organisée, je fais toujours ça. Ça me prend deux secondes parce que qui n'a pas… » procrastiner sur un mail et au moment d'envoyer le mail, ça prenait littéralement 30 secondes. Et là, il y a une petite pensée qui arrive, c'est « Pourquoi je ne l'ai pas fait tout de suite ? » Ça m'aurait évité d'avoir cette surcharge mentale pendant trois jours de « il faut que je réponde à ce mail, il faut que je réponde à ce mail, il faut que je réponde à ce mail » , alors que je ne l'ai toujours pas fait. Bref, tu l'as compris, ça rajoute de la culpabilité à l'émotion qui est déjà désagréable au départ. Et si on regarde le mécanisme dans son ensemble, ça peut devenir quelque chose d'assez simple. Je pense à la tâche, ça me met mal à l'aise, je reporte, je me sens mieux, je culpabilise, donc la tâche devient encore plus agréable et j'ai encore moins envie de m'y confronter. Et ce qui est intéressant, c'est que la tâche, elle n'a pas besoin d'être objectivement compliquée pour provoquer ça. Un mail, ce n'est pas compliqué, mais c'est juste ce qu'elle représente qui crée le malaise. Je te donne des exemples. Un appel, ça peut représenter la peur de la réaction de l'autre. Un rendez-vous médical, ça peut révéler une inquiétude, la peur de tomber malade ou quoi que ce soit. Publier quelque chose sur les réseaux, là c'est où on va m'en connaître, peut faire penser au jugement. Bah oui, parce qu'il y a quelques années, quand j'ai commencé à partager sur les réseaux, j'ai été soumis au jugement. Et ça, ça m'est resté à l'intérieur. Et dans ce cas-là, en fait, reporter, ça ne supprime pas le problème. Je sais de quoi je parle. Ça permet juste de ne pas ressentir tout de suite ce qui va avec. Et là, ça crée quoi ? Une espèce de dissociation et de déconnexion. Mais il faut aussi garder une chose en tête. Tout n'est pas forcément profond ou symbolique. Parfois, la tâche qu'on a à faire, elle est simplement ennuyeuse. Et quand on perd du sens dans ce qu'on est en train de faire, on repousse ces tâches-là. Parfois, c'est juste qu'on est fatigué. Parfois, c'est juste qu'on ne sait pas par où commencer. En fait, la gestion de la tâche dans notre cerveau, des fonctions exécutives, finalement, il y a tellement d'informations qu'on ne sait pas par où commencer. Ce n'est pas forcément qu'une fuite. Et c'est important de le dire parce que sinon, On finit toujours par croire que c'est une blessure d'enfance derrière chaque famille administrative, et ça, ce n'est vraiment pas le but. C'est de comprendre notre fonctionnement, comprendre toutes les possibilités. En gros, c'est comme si on avait un arbre et dire, voilà, j'ai mal à la tête, voilà toutes les possibilités que vous avez d'avoir mal à la tête. C'est un peu comme ça que ça se passe. Et ce qui devient intéressant, c'est que quand on répare que certains scénarios, ils reviennent souvent, et bien, c'est peut-être que là, c'est lié en effet à cette peur du jugement, selon ce que vous faites. ou ce qui demande de prendre une décision, ou de ce qui fait douter de soi, ou simplement ce qui est flou dans le cerveau et qu'on ne sait pas par où commencer. Et là, au lieu d'être dur avec toi, de dire je manque de discipline, on peut commencer à chercher, ok, je repousse cette tâche aujourd'hui. Alors peut-être que je ne vais pas la faire tout de suite, on est bien d'accord, mais là je suis en train de repouter cette tâche. Qu'est-ce que je ressens ? Moi ça m'arrive pour les SMS. Par exemple, je dis toujours à mes patients que je reste disponible s'il y a la moindre question. Donc, en effet, ce qui se passe, c'est que quand ils ont une question, quand ils vont pas bien, quand ceci, quand cela, ils m'envoient un petit message. Sauf que moi, quand je reçois ce message, je suis pas forcément là devant mon téléphone à attendre. Non. Parfois, je suis en train d'enregistrer un podcast. Parfois, je suis en rendez-vous. Parfois, je suis avec mes enfants et je réponds pas forcément. Et... Dans ma tête, je sais que je dois répondre, mais je ne le fais pas tout de suite. Oui, mais là, je suis avec mes enfants, je le ferai après. Non, mais là, on est dimanche, je ne réponds pas le dimanche. C'est vraiment un truc. OK. Sauf qu'en fait, ça reste dans ma tête et ça continue, Alors, le problème du dimanche, je suis avec mes enfants. OK, pas de problème. Mais je ne trouve pas de solution non plus pour me dire de telle heure à telle heure, je traite les SMS, je traite les mails. pour répondre aux patients qui ont besoin d'aide. Alors là, je parle des patients, mais c'est le cas aussi avec mes amis. Si je reçois un message de mes amis au moment où je suis en séance ou en train d'enregistrer un podcast, je le vois, je me fais la réponse mentalement et je me dis, oui, mais là, maintenant, je ne vais pas répondre tout de suite, je réponds après. Et qu'est-ce qui se passe au moment de répondre ? Non, mais je répondrai après, c'est trop long. Non, mais après, il faut que je l'appelle. Non, mais ceci, non, mais cela. Je trouve plein d'excuses. Sauf qu'en fait, à ce moment-là, c'est juste que... J'ai soit besoin de repos parce que je suis fatiguée et que je n'ai pas envie de réfléchir, soit parce que je n'ai pas la capacité là maintenant cognitive de répondre à ce mail-là, et puis souvent je repousse et je repousse. C'est le cas aussi pour mes comptes rendus de formation. Comme j'ai besoin d'être concentrée, j'ai l'impression qu'à chaque fois il me faut une heure. Sauf qu'en réalité, sincèrement, quand je fais le compte rendu, j'en ai pour 15 minutes. Bref, je reviens à mes moutons et pendant que je suis en train d'enregistrer ce podcast, j'ai... 3 biches chevreuils, 4 même. Je ne sais pas trop ce que c'est qu'ils sont dans mon jardin. Bref, ça m'a un peu déconcentrée. Mais je reviens sur cette procrastination parce que je veux enregistrer ce podcast là, maintenant. Donc, je te l'ai dit, ça ne veut pas dire qu'il faut devenir calme et zen et se maîtriser parfaitement et être parfait. Ça veut simplement dire qu'on peut apprendre à rester un peu plus longtemps avec une sensation désagréable sans avoir besoin de la faire disparaître tout de suite. Oui, peut-être que ce SMS va me prendre du temps à répondre et peut-être qu'il va falloir que je réfléchisse. Mais est-ce que je préfère réfléchir là, deux minutes, et répondre à mon patient, ou que ça me travaille pendant cinq jours en attendant que je réponde ? Bref, ça, c'est à apprendre. Parce que sinon, notre cerveau, comme il a appris à dire « dès que je ressens cette tension, j'évite » , on peut aussi, à l'inverse, lui apprendre complètement autre chose en disant « je peux ressentir cette tension et quand même commencer, et c'est là que ça va mieux se passer » . Et c'est là que les neurosciences sont hyper intéressantes, à condition de ne pas tout simplifier à outrance. Ce n'est pas A égale B, il y a vraiment plusieurs étapes à faire. On dit souvent des phrases du style « ton cerveau émotionnel, il prend le dessus sur ton cerveau rationnel » . Bon, en réalité, ce n'est pas vraiment comme ça que ça fonctionne. Il y a une partie de notre cerveau qui va être raisonnable, oui, et une autre partie qui va tout saboter. Et le cerveau, il fonctionne plutôt comme un réseau qui prend en compte... plein d'informations en même temps. Ce n'est pas jouer une fois à droite, jouer une fois à gauche. Il prend toutes ces informations. Ce que je ressens maintenant, l'effort que ça va demander, ce que je peux gagner tout de suite, ce que je vais gagner plus tard, le risque que j'anticipe, mon niveau de fatigue, mon attention. Vous voyez, même en disant, c'est fatigant. Et parfois, dans cette balance, dans tout ce que je viens de vous dire, le soulagement immédiat, puisqu'il veut une récompense immédiate, c'est de prendre le dessus. Je vous ai déjà parlé au niveau de l'alimentation. C'était la même chose. Ils préfèrent prendre un carré de chocolat plutôt que se dire je vais attendre et manger mes protéines pendant mon repas parce que je suis fatigué. Et certaines régions du cerveau, ils participent davantage à la planification ou au contrôle de l'attention ou au fait de garder un objectif en tête. Et il y a une autre partie qui vont participer davantage à la perception de nos états internes et à la façon dont on va ressentir l'inconfort. Mais tout ça, ce n'est pas indépendamment de l'autre, ça fonctionne ensemble. Et ce qui compte ici, ce n'est pas de retenir le nom des régions, du cerveau, etc. Je ne suis pas là pour ça. Et en plus, ce n'est clairement pas mon métier. Je n'ai pas le statut pour vous redire ça, mais j'ai quelques informations que je souhaite quand même partager avec vous. Ce qu'il faut retenir, c'est que notre cerveau, il va évaluer en permanence quelque chose de très simple. Est-ce que je supporte ce que je ressens maintenant ou est-ce que je cherche à le faire baisser ? Et parfois, j'arrête. pas de le répéter dans ce podcast, mais reporter, c'est la solution la plus rapide. Et c'est là que je préfère parler de fonctionnement automatique plutôt que de te dire que ton inconscient veut t'empêcher de faire quelque chose. Parce qu'on sait vraiment, c'est qu'une partie de nos comportements repose sur des apprentissages qui deviennent automatiques. Alors oui, il y a une part d'inconscient, mais après ça peut devenir une pensée automatique. Et si une stratégie t'a salagé plusieurs fois, elle va devenir plus facile à reproduire. C'est comme prendre ton téléphone devant la télé. Ou quand tu t'ennuies ? grignoter quand tu t'ennuies, quand t'es stressé, ou éviter une conversation quand tu anticipes un conflit. Et avec la procrastination, ça peut devenir le même genre de raccourci. Et c'est là que l'hypnose est hyper intéressante. C'est pas pour aller chercher une cause magique cachée quelque part dans l'inconscient, même si je vous parle beaucoup de ça, il n'y a pas que ça, mais c'est de travailler aussi sur ces associations automatiques et sur la façon dont la situation va déclencher une sensation, une anticipation ou une réponse presque immédiate. Alors si ton système a appris « montrer mon travail égale risque » ou « faire une erreur égale honte » ou « prendre une décision égale danger » , eh bien il est logique et normal et humain qu'une partie de toi cherche à éviter tout ce qui se réactive chez toi lors de cette sensation. Et le travail, il va alors consister à créer d'autres associations, à diminuer l'intensité émotionnelle, à apprendre à rester avec un inconfort. sans le considérer comme quelque chose qu'il faut absolument faire disparaître. Et je trouve, tu vois, que ça permet de sortir de cette idée très culpabilisante selon laquelle la procrastination serait juste un manque de volonté. Parfois, oui, on a besoin d'aide pour mieux s'organiser, mais parfois le vrai travail est ailleurs. Et la première chose à faire, c'est de faire un état des lieux, c'est d'observer. Alors ce que je vous invite à faire... La prochaine fois que vous apprêtez à reporter quelque chose, essayez de repérer ce qui se passe avant. Prenez un papier, un crayon. Il n'y a pas besoin de faire une grande introspection, mais simplement vous demandez qu'est-ce que je ressens là, maintenant, là, au moment T. Qu'est-ce que je ressens ? Et qu'est-ce qui va être soulagé si je décide de ne pas le faire tout de suite ? Tu le notes. Une fois, deux fois. Parce que tu vois, cette question, ces questions, elles vont donner beaucoup d'informations. Et le fait d'écrire... C'est une partie de notre inconscient qui écrit. Et peut-être que tu vas réaliser à ce moment-là que ce n'est pas la tâche qui te bloque, mais la peur d'être jugée. Peut-être que tu vas voir que tu es juste épuisé. Peut-être que la tâche, elle te paraît tellement grande que ton cerveau, il ne sait même pas par où commencer. Et ensuite, au lieu d'essayer de résoudre tout le problème d'un coup, tu peux chercher ce qui rendrait l'action un peu plus supportable. Et si la tâche est trop grosse, tu la réduis. Si elle est trop floue, tu la précises. Si elle déclenche une peur, tu peux reconnaître sa peur au lieu d'essayer de faire comme si elle n'existait pas. Et si tu es fatigué, juste fais quelque chose qui te fait du bien. Et parfois, l'objectif, ce n'est pas de finir la tâche, c'est juste d'enlever ce déclencheur. C'est juste de commencer assez longtemps pour que notre cerveau découvre quelque chose de nouveau. Dans « je peux faire ça sans que ce soit aussi terrible que je l'imaginais » . « Je peux commencer une tâche et m'arrêter sans que je sois en danger » . Et c'est là que le mécanisme va... commencer à changer. C'est un peu comme de la pâte à modeler. Plus vous allez le faire et plus ça va devenir facile. Parce que notre cerveau, il peut apprendre du côté négatif, mais aussi on peut le remodeler du côté positif. Et s'il peut apprendre, reporter, me soulage, il peut aussi apprendre comment c'est insupportable. Et c'est vraiment ça que j'aimerais que tu retiennes de cet épisode. Parce que la procrastination, ça peut soulager immédiatement parce qu'elle retire pendant un moment une émotion ou une sensation désagréable, c'est pour ça qu'elle est facile à répéter, mais si ce soulagement a un prix, parce que le problème n'est pas réglé, il est simplement déplacé dans le temps. Tu sais, c'est un peu comme ces personnes qui pensent que déménager à l'autre bout du monde va leur faire du bien. On déplace le problème. Alors la prochaine fois que tu te surprends à penser, bon je le ferai demain ça, tu peux peut-être tout simplement te demander qu'est-ce que je suis en train d'essayer de ne pas ressentir là, tout de suite, juste pour comprendre. Parce que oui, comprendre. c'est être libre. En tout cas, on arrive déjà à la fin de cet épisode. Je voudrais juste terminer par ça. À partir du moment où tu comprends ce que ton cerveau, il essaie de faire, eh bien toi, t'as la liberté de faire des choix et la liberté d'agir sur ton comportement. Non pas d'être pleinement heureuse, mais d'aller de mieux en mieux. En tout cas, je te remercie pour l'écoute de cet épisode. Je te dis à la semaine prochaine. La semaine prochaine ! On va parler d'un sujet que j'adore. Ouais, tu sais c'est quoi ? C'est tout ce qu'on garde pour soi pour ne pas déranger. On va voir ensemble toutes ces choses qu'on garde à l'intérieur de nous, de peur parfois, de gêner, de vexer, de se disputer, alors que ça nous agace, ça nous prend la tête, ça nous donne mal à la gorge. Bref, on se retrouve la semaine prochaine, vendredi, 7h30, pour un nouvel épisode. En attendant, je te souhaite une belle semaine et une belle découverte de toi. A bientôt ! Musique