Speaker #0Bienvenue dans Hypnomorphose, le podcast qui t'aide à comprendre et transformer ce que ton inconscient a à te dire. Je suis Anaïs Valadon, maître praticien en hypnose et je t'embarque chaque semaine pour explorer ton fonctionnement grâce à l'hypnose, la neuropsychologie, les neurosciences et pas que. Tu te demandes pourquoi certaines émotions ou réactions te bloquent sans raison apparente ? Eh bien ici, on va décortiquer tout ça ensemble et découvrir comment ton inconscient influence ton quotidien. que ce soit dans tes relations, tes habitudes ou même tes pensées. Mon but ? T'aider à mieux fouiller dans ton inconscient avec des astuces simples, pratiques et toujours dans la bonne humeur. Alors si tu veux en finir avec le stress, l'anxiété ou juste mieux te comprendre, installe-toi confortablement. C'est parti pour l'épisode du jour. Bienvenue dans ce nouvel épisode d'Hypnomorphose. Aujourd'hui, j'ai envie de parler de quelque chose que j'observe beaucoup chez les personnes que j'accompagne, mais que j'observe aussi. énormément chez moi. Tu sais, c'est cette impression qu'on devrait toujours être en train de devenir une meilleure version de vous-même. C'est un peu le problème qu'il y a eu dans le développement personnel à un moment donné. C'est cette idée qu'on peut toujours faire un peu mieux, être un peu mieux organisé, mieux manger, faire plus de sport, mieux gérer nos émotions, mieux travailler, être plus patiente, plus sereine, avoir davantage confiance en nous, avoir une meilleure estime de nous. Et en fait, le plus compliqué, C'est qu'au départ, toutes ces intentions, elles étaient plutôt bonnes, elles étaient plutôt positives. Parce que vouloir évoluer, ou même prendre soin de soi, ou tout simplement apprendre à mieux se connaître, c'est pas vraiment un problème, normalement. Moi, personnellement, j'adore avoir des projets, c'est ce qui me booste, c'est ce qui m'anime, c'est ce qui me fait du bien, j'adore apprendre, j'adore comprendre, j'adore me lancer des défis, et sentir, finalement, que j'ai cette sensation où j'avance. Mais j'ai remarqué aussi qu'il y avait une sensation, une frontière assez fine entre avoir envie d'évoluer et vivre avec cette impression permanente que la personne que je suis là, elle n'est jamais assez suffisante aux yeux des autres. Et tu vois, c'est là où j'ai commencé à sentir ce sentiment d'épuisement parce que j'étais en quête constante de recherche d'amélioration. Alors, je vais te prendre mon exemple, parce que je te parle qu'à demi-mot, et ça va être beaucoup plus parlant. Je suis capable de regarder ma semaine, de me dire que je suis capable de courir plusieurs fois, de faire mes séances de renforcement, d'avancer sur mon travail, d'enregistrer mon podcast, de créer mes contenus, d'être disponible pour mes enfants, de donner des formations, d'aller en rendez-vous, de faire attention à mon alimentation, de récupérer correctement, de dormir suffisamment, et évidemment, prendre du temps pour moi. Sur le papier, ça semble plutôt pas si délirant que ça. C'est possible à faire. Je me suis même d'ailleurs créé une feuille A4 avec les objectifs à cocher de tout ce que je fais dans ma journée. Sauf que c'est un peu ce côté angoissant. Alors qu'à la base, j'ai quand même choisi ces choses parce que je les aime. Sauf qu'en fait, c'est devenu un peu étouffant pour moi. Et je me suis rendu compte que... Même si c'était censé me faire du bien, et c'est ce qu'il fallait dans ma vie pour être bien, même si ça pouvait m'emmener vers la réussite de ce que je voulais, j'avais cette sensation de « j'ai pas fait assez » et du coup, cette oppression, ça m'étouffait. Et en fait, il suffisait juste qu'un jour je ne puisse pas aller au sport ou que je ne puisse pas terminer par exemple l'enregistrement d'un podcast ou que je vais manger autrement que ce que j'avais prévu sur mon petit planning. ou simplement juste parce que je suis fatiguée, pour que mon cerveau, en fait, il oublie assez facilement tout ce qui a été fait, et il va pointer du doigt tout ce qui manque et tout ce que je n'ai pas fait. Et c'est là que je trouve intéressant de regarder ce qui se joue un petit peu psychologiquement. Parce que le perfectionnisme, ce n'est pas seulement le fait d'aimer que les choses soient bien faites. On peut avoir des standards élevés, on peut être ambitieuse, on peut aimer se dépasser, sans que ça devienne problématique, on est bien d'accord. Mais ce qui commence à faire souffrir, c'est quand notre valeur personnelle, elle se retrouve liée à notre capacité à atteindre ces standards. Et on le remarque assez facilement dans la façon dont on se parle. Quand on n'arrive pas à faire ce qu'on a prévu, On pourrait juste constater que notre journée, bon, elle ne s'est pas déroulée comme prévu, et basta. Mais malheureusement, quand on a un cerveau qui est dans la suranticipation, dans l'hypervigilance, eh bien on va beaucoup plus loin. Et on va transformer ce constat en « je suis incapable de tenir ce que je décide » à « je manque de volonté » . Et du coup, si je mange davantage un jour, le constat, même s'il pourrait rester « bon, aujourd'hui, j'ai mangé plus que d'habitude » , il va plutôt être dans notre inconscient « en fait, je n'ai aucune volonté et je ne suis pas capable » . Et là, si mon corps m'oblige à ralentir alors que j'avais prévu de m'entraîner, Et bien là, comme... Exemple, je ne vais pas passer de « aujourd'hui j'ai besoin de repos, je suis fatiguée » , mais « et voilà, je n'y arrive pas, les autres y arrivent, et là tu vas regarder sur ce travail ce qui a été fait, et tu vas commencer à culpabiliser » . Et à chaque fois, il se passe la même chose. On part d'un comportement ou d'une situation ponctuelle, et on en fait une conclusion sur nous-mêmes. Voilà, action, réaction. Et évidemment, quand chaque objectif devient aussi une façon de vérifier que... qu'on est sérieuse, qu'on est capable, qu'on est suffisamment fort, suffisamment discipliné, eh bien, le fait de ne pas l'atteindre, ça a l'effet toxique envers nous. C'est Britney Spears qui avait devancé le truc, j'ai l'impression. Et je me suis demandé pourquoi. Pourquoi certaines d'entre nous, elles avaient autant besoin de faire bien pour se sentir bien ? Alors, je précise tout de suite, il n'y a pas de... De cas uniques au perfectionnisme. Je me méfie énormément des explications tout faites qui disent « si tu fonctionnes comme ça aujourd'hui, c'est forcément à cause de telle chose qui s'est passée dans ton enfance » . Non, il n'y a pas que dans l'enfance, il y a aussi des mécanismes, et c'est important d'aller chercher toutes les raisons. Une fois qu'on a cherché toutes les raisons, on est libre d'agir. Parce que depuis notre enfance, notre cerveau... Il apprend constamment qu'à partir de ce qu'il observe et de ce qu'il expérimente, il va pouvoir modifier ses comportements. Et des fois, c'est un côté positif, et des fois, c'est un côté négatif. Un enfant, il s'adapte à son environnement avec les moyens dont il dispose. Il peut à la fois apprendre à être sage, à être utile, à être autonome, à être performant, ou même discret, ou attentif aux besoins des autres. Non pas parce que consciemment il a décidé de devenir comme ça, mais parce que ses comportements ont eu une fonction à un moment donné. Et ce qui est fascinant, c'est que notre cerveau, il supprime pas automatiquement toutes ses stratégies lorsqu'on devient adulte. Certaines vont continuer à fonctionner simplement parce qu'elles sont devenues familières, automatiques et sécurisantes. C'est un petit peu comme si tu prenais des photos depuis que t'es enfant sur ton smartphone et que les photos en double ou les photos floues ne s'effaçaient pas. Il va falloir que toi tu agisses dessus pour modifier. Et c'est aussi comme ça que je comprends une partie de ce qu'on appelle l'inconscient dans mon travail. Je le vois pas comme une petite personne cachée dans la tête qui déciderait de nous saboter, c'est plutôt l'effet inverse, elle nous aime, elle veut nous protéger. Mais il y a aussi une autre partie, c'est l'ensemble de ces apprentissages. En gros, tu as cette petite personne qui est là, qui s'appelle inconscient, mais elle se trimballe des cartons. Et tu as le carton apprentissage, tu as le carton association, tu as le carton souvenir, tu as le carton automatisme. Et ça, ça va influencer les réactions de cette petite personne à l'intérieur de toi. Et tu vois là, le lien avec le système nerveux ? Ça devient hyper intéressant. Parce que, tu sais, on parle souvent du système nerveux actuellement, et parfois on peut le rendre responsable de tous ses comportements. Bon, c'est un peu simpliste, j'arrête pas de le dire, mais c'est l'ensemble de tous ces fonctionnements qui font que parfois, eh bien, on bloque. Et si la menace, elle n'est pas nécessairement physique, pour certaines personnes, être critiquées ou décevoir quelqu'un, ou même faire une erreur, ou perdre le contrôle, Ça peut générer une véritable tension. Alors imagine simplement que tu regardes ta semaine qui arrive et que tu te sentes déjà, rien qu'à l'idée de la regarder, rien qu'en y pensant, débordé à l'idée qu'il va falloir tout gérer. Tu vas prendre ton agenda, tu vas commencer à organiser tes journées, tu vas faire des listes, tu vas anticiper les repas, les rendez-vous, le travail et tout ce qu'il ne faudrait pas oublier. Et une heure plus tard, qu'est-ce qui se passe ? En fait, rien n'a changé dans ta semaine. Mais toi, concrètement, tu te sens déjà beaucoup mieux parce que tu as retrouvé cette sensation de maîtrise. Et je te l'ai dit, le cerveau apprend énormément à partir d'expériences. Il y a une tension. Vous avez adopté un comportement et cette tension, elle a diminué. Donc, c'est vraiment ça qu'il faut se mettre en tête. C'est voilà comment je fonctionne. Voilà ce que je mets en place. Voilà ce qui va modifier mon comportement interne. Et on peut faire la même comparaison avec le sport. Des personnes qui vont adorer courir. Et vraiment, je n'ai aucun doute là-dessus parce que moi-même, j'adore courir. Mais je suis incapable de reconnaître que certains jours, je vais courir parce que j'en ai réellement envie. Alors qu'il y a d'autres jours, concrètement, je me dis que si je n'y vais pas, je vais tout foirer ma prépa. Et si je n'y vais pas, je vais culpabiliser. Alors de l'extérieur, on ne voit pas vraiment l'indifférence. Justement, on dit que dans les deux cas, elle enfile ses chaussures et puis elle y va. Mais en fait, ce n'est pas du tout la même chose. À l'intérieur, ce n'est pas vraiment ce qui se passe. Parce que dans un cas, je vais vers quelque chose qui me fait envie, et donc ça me fait du bien. Et l'autre, j'essaye juste d'éviter la sensation désagréable que j'aurais si je ne le fais pas. Et tu vois cette ligne infime, très très fine. Parce qu'en fait, la différence, elle est extrêmement importante. Parce qu'elle permet de sortir d'une vision très binaire de nos comportements. Tu vois, cette activité, la course là que je te parle, elle peut être hyper bonne pour moi, sans que cette relation entre elle et moi soit toujours saine. Il peut y avoir encore une fois ce côté toxique. J'aime ça, mais si je le fais pas, je vais culpabiliser de pas le faire. Sauf que parfois c'est pas ça que j'ai envie de faire, j'ai besoin de repos, la récupération est hyper importante. Alors je te parle de sport parce que, évidemment, j'adore ça et tu le vois sur les réseaux, c'est... C'est vraiment quelque chose de viscéral pour moi, être vital pour moi. Mais c'est le cas dans beaucoup de choses. Si je ne fais pas ce repassage ce soir, je vais culpabiliser de ne pas l'avoir fait parce que quand mes enfants vont sortir, ils vont être avec des amis par passé. Qu'est-ce qu'on va dire de moi ? Et blablabli, et blablabla. Et c'est pour ça qu'il y a plein de personnes, moi y compris, où on a du mal à se reposer. On peut passer plusieurs semaines à dire qu'on est complètement épuisé, qu'on est rincé. qu'on rêverait d'avoir enfin juste une petite journée ou même quelques heures à rien faire, et quand cette journée elle arrive, en fait on fait autre chose. On va commencer à ranger quelque chose, on va répondre à un mail, on va faire quelque chose qui n'était pas du tout prévu. Pas parce qu'on aimait le déborder, c'est parce que l'inactivité peut elle-même créer un inconfort quand on a associé l'action au fait d'être utile, efficace. ou en contrôle. Et c'est précisément à cet endroit-là que certains discours autour du développement personnel me dérangent de plus en plus. On nous répète qu'il faudrait devenir la meilleure version de nous-mêmes. Je comprends évidemment l'idée qui se trouve derrière cette expression, mais quand on s'adresse à quelqu'un qui passe déjà sa vie à essayer de faire suffisamment bien, cette phrase, elle peut devenir concrètement une nouvelle injonction. culpabilisantes, oppressantes. Voilà de quoi je voulais échanger avec toi pour modifier ces comportements, ces injonctions, essayer de modifier et comprendre ce qui se passe à l'intérieur de nous. Alors pourquoi on veut vraiment finalement s'épuiser à vouloir devenir la personne de nous-mêmes ? Bah, si on creuse un petit peu, j'ai l'impression que c'est parce qu'on a ce besoin d'être reconnu, d'être aimé, d'être rassuré sur qui on est, sur ce qu'on fait, ce qu'on est. Et du coup, est-ce que le vrai problème, et c'est là où je vais terminer cet épisode par ça, est-ce que la vraie question, ça serait pas plutôt de se poser... Qui je suis et pas ce que je fais ? Est-ce qu'on m'aime pour qui je suis ou ce que je fais ? Quelle est ma valeur ? En gros, si t'as du mal à comprendre ce que je suis en train de dire, c'est plutôt de savoir comment tu t'estimes. Est-ce que t'estimes être quelqu'un de bien ? Est-ce que tu es si même capable de le faire ? Est-ce que tu estimes que tu mérites d'être aimé ou même reconnu ? Bon, concrètement, on est sur une question un peu philosophique. Donc prends ton papier, ton crayon ce soir quand tu rentres chez toi avant de t'endormir et pose-toi ces questions. Qu'est-ce que je vaux réellement ? On arrive déjà à la fin de cet épisode avec plein, plein, plein, plein d'interrogations. En tout cas, je te laisse prendre ton papier et ton crayon pour répondre à ces questions. Et si tu veux échanger avec moi, je serais bien évidemment heureuse de le faire. Tu peux me contacter via Instagram directement. Je te souhaite une belle semaine et je te dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode qui est « Pourquoi je mange quand je suis triste, stressée ou épuisée ? » Ça te parle, ça ? Et bien, on voit ça la semaine prochaine.