- Speaker #0
Et qui note, et qui note.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Immobilier en Espagne, mode d'emploi. Alors aujourd'hui on va parler d'actualité. Quel impact le conflit au Moyen-Orient peut-il avoir sur le marché immobilier ? Alors on sait que l'Espagne s'impose toujours, souvent même, comme un pays refuge pour les expatriés du Moyen-Orient, du Golfe Persique là en particulier, à court ou moyen terme. Alors quel est fait cette vague ? peut-elle avoir avec moi, comme toujours, Olivier Goldstein. Bonjour.
- Speaker #0
Bonjour, Aurélie.
- Speaker #1
Chasseur immobilier chez Place to Live. Ça fait. Alors, tout d'abord, pour mettre en perspective, on n'est pas sur la même échelle que le dernier afflux, le dernier exode qu'on avait vu au début de la guerre en Ukraine. On avait eu là 200 000 réfugiés qui sont venus en Espagne. On est sur une échelle beaucoup plus, pour l'instant, petite. Mais des expatriés choisissent quand même de revenir en Europe et ils choisissent l'Espagne pour le faire.
- Speaker #0
Oui, parce que... C'est vrai qu'ici, ça coche beaucoup de cases. On en parle souvent dans les épisodes précédents. Mais c'est vrai qu'ici, on a le soleil, pas dans toutes les régions d'Espagne, mais dans la plupart, la sécurité, la qualité de vie. Et donc, en fait, toutes ces choses-là, toutes ces cases-là sont à cocher. Et pour les gens qui arrivent du Moyen-Orient, ils disent, où est-ce que je peux retrouver un lifestyle à peu près équivalent ? Alors, évidemment, on n'a pas les grandes tours de Dubaï. On n'a pas la fiscalité des Émirats Arabes Unis ou du Qatar. Mais en attendant, c'est vrai qu'en Europe, on peut dire que c'est un peu ce qui s'approche le plus de vivre au soleil et bien vivre en sécurité. Donc, c'est aussi pour ça que certains font le choix de venir s'installer en Espagne en quittant le Dubaï. Comme tu disais tout à l'heure, quand on dit Dubaï, c'est que c'est l'endroit le plus connu, le plus mythique de l'endroit. Mais évidemment, il y a tous les pays touchés, Qatar, Bahreïn, etc., qui sont aussi touchés par ce phénomène et par la crise dans le Golfe Persique. Et donc, ce n'est pas tout le monde qui s'en va, bien entendu. Quelque-un décide de partir. Et quand il décide de partir, effectivement, l'Espagne est un point de chute. Toi, tu as déjà des exemples ? Alors oui, on a des exemples de personnes qui sont parties du Golfe avec deux valises parce qu'ils ont eu peur le premier jour quand ils ont vu ce qui se passait. Ils sont partis avec deux valises, ils sont revenus. Il y a d'autres personnes qui se posent des questions et qui veulent rentrer. Là, cet été, on a eu des familles justement à s'installer, qui reviennent du Golfe Persique. À l'heure où on enregistre, le bac à l'Eurea a été supprimé dans cette partie du monde. Donc en fait, on est un peu en mode confinement, en fait, finalement. L'école à distance. Voilà, c'est ça. Donc c'est vrai que c'est un moment d'incertitude pour cette zone-là. Et comme... comme on l'a vécu ici pendant le Covid, certaines personnes préfèrent rester, d'autres préfèrent rentrer. Et c'est pour ça qu'on a cet afflux de gens qui viennent et puis des gens qui ne partent pas ou qui reviennent très rapidement. J'ai un ami qui m'a raconté qu'un chercheur qui travaille dans une université française, dans sa famille, une grande université française parisienne qui a des bureaux justement dans les Émirats, est arrivé en février. là-bas et est reparti 15 jours plus tard quand les premières bombes ont explosé. Et depuis, il est en France. On attend de savoir s'il va y retourner ou pas. Donc, c'est vrai que cette incertitude dans ce pays-là fait qu'il y a un afflux de gens vers d'autres pays en Europe, puisque c'est un endroit sûr dans l'Espagne.
- Speaker #1
Oui, pour contextualiser, c'est vrai qu'on a observé, il y a des chiffres qui montrent qu'il y a eu un afflux au tout début de la guerre pour des résidences temporaires, mais aussi pour des résidences plus à long terme. et notamment des Français qui habitent à Dubaï et qui choisissent l'Espagne et notamment la Catalogne pour la proximité avec la France et tous les avantages que tu as cités.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Alors, quel impact ça peut avoir sur le marché immobilier ? Alors,
- Speaker #0
on va essayer de séparer un peu tous les éléments pour qu'on ait bien clair les impacts. Si on commence par la location, on va dire que les gens qui arrivent du Golfe, généralement, c'est des gens avec des très gros budgets. plusieurs milliers d'euros sur un appartement à la location. Donc en fait, on n'est pas dans le cœur du marché, on va dire, de ceux qui cherchent et qui nous écoutent et qui cherchent des appartements à 1 000, 1 500, 2 000 euros. Ils ne sont pas concernés généralement par cet afflux de la population.
- Speaker #1
D'accord, il n'y a pas d'impact après. Non,
- Speaker #0
on va dire que quand les gens venaient d'Ukraine, il y avait peut-être justement un niveau de personnes qui arrivaient avec des moyens à peu près équivalents à ici. En tout cas, là, les gens qui arrivent, généralement, ils ont des budgets plutôt importants. Donc, sur la location, on va dire que le marché où on disait toujours 2 à 300 annonces par annonce vont répondre. Là, on ne va pas monter à 400 ou 500 parce que des gens arrivent. En revanche, sur le haut du panier, effectivement, on a eu un agent immobilier. récemment, qui nous a appelés, qui nous a dit je suis épaté, il y avait un appartement qui mettait en location à Sarria, donc un quartier chic de Barcelone, proche du lycée français à 3200 euros par mois et il disait je vous contactais vous et quelques agences de relocation parce que normalement c'est le genre d'annonce que je n'ai pas besoin de publier, enfin que je ne pensais pas qu'en le publiant j'allais avoir des réponses et donc je relançais un peu mes réseaux et il dit j'ai eu 20 réponses donc en fait par contre ce segment de marché qui est un peu spécifique parce qu'on parle de 5 à 10% maximum des gens qui cherchent sur Barcelone. Alors, je parle de Barcelone parce que je connais, mais on va dire que c'est extrapolable au reste de l'Espagne. Là, effectivement, il y a plus de personnes sur ce segment, on va dire haut de gamme, puisque ces gens-là ont des budgets, on va dire plutôt dans la moyenne haute, dans la fourchette haute des gens qui cherchent à se loger en Espagne.
- Speaker #1
Justement, tu parles de Barcelone, des quartiers chics. Est-ce qu'il y a d'autres villes, d'autres destinations ?
- Speaker #0
Je ne les connais pas particulièrement, mais on peut dire qu'évidemment, si on devait... émigrés depuis notre partie du monde et qu'on est dans un milieu très urbain, on va soit trouver du soleil, soit on va aller vers un milieu urbain, donc Madrid, soit peut-être du soleil le long de la côte. Mais en tout cas, ça reste en tout cas... Ce qui est sûr, c'est que c'est un type de population quand même avec un niveau de vie élevé. Et donc, je répète, pour ceux qui nous écoutent, l'immense majorité de ceux qui nous écoutent, ils ne sont pas concernés en fait. Ils ne vont pas être en compétition avec ces gens qui arrivent pour trouver un logement.
- Speaker #1
Qui seront aussi, on imagine, dans des centres urbains, des grandes villes, proches d'aéroports internationaux.
- Speaker #0
Et quartiers proches de lycées français, puisque c'était forcément des gens qui allaient, dont les enfants allaient à l'école internationale, etc.
- Speaker #1
Et sur le marché de l'achat, est-ce qu'il peut y avoir une réaction un peu plus forte du marché ?
- Speaker #0
Alors, les gens qui arrivent, ce n'est pas eux qui vont acheter. Donc, ils n'achètent pas immédiatement en arrivant. D'abord, ils ont une urgence qui est de s'installer, de trouver un logement. Donc, en fait, ils ne vont pas... Sachant qu'un achat, c'est un processus long, ils ne vont pas... s'engager dans un achat dès qu'ils arrivent. Donc, eux ne vont pas faire monter les prix. En revanche, si on parle de l'ancien, si on sépare l'ancien et le neuf, le neuf, c'est ce qui est construit et mis en vente. Et ce qui est l'ancien, c'est, on va dire, même un immeuble de 2010. On considère que c'est de l'ancien parce qu'en fait, il n'est pas livré neuf. Là, le vrai risque, c'est... Alors, certainement que les gens qui regardent un peu les informations dont on a déjà entendu parler, c'est la hausse des taux d'intérêt. parce qu'en fait comme... La guerre dans cette partie du monde fait augmenter le prix notamment du pétrole, donc ça fait augmenter l'inflation, et donc en fait la banque européenne pourrait être incline à augmenter les taux d'intérêt. Et en fait, là-dessus, moi je pense que c'est important qu'on en parle, parce qu'il faut un peu démystifier ce mythe de la hausse des taux d'intérêt. Parce que ça fait toujours très peur. Quand on en parle, on a l'impression que le monde va s'écrouler. Et en fait, je vais prendre mes notes parce qu'on a quand même étudié quel était l'impact en fait d'une hausse des taux de 0,25 points. Et généralement, la Banque européenne, quand elle augmente les taux, elle augmente de 0,25. D'accord. D'accord. Donc peut-être 0,50, mais les augmente par coût de 0,25. Donc 0,25, puis trois mois plus tard, 0,25, etc. Je vais vous lire les notes pour vous dire que...
- Speaker #1
Quel impact ça peut avoir concrètement ? Exactement,
- Speaker #0
concrètement pour des gens. Si des gens ont un crédit sur 30 ans, quand on augmente, mettons qu'il soit à 3%, que ça augmente à 3,25%. Et donc, en fait, le montant emprunté, quand on emprunte 150 000 euros, on passerait de 632 euros à 653 euros. Donc, en fait, une hausse de 0,25%, c'est 21 euros par mois. Et si on emprunte 250 000 euros, on passe de 1054 euros par mois à 1088 euros par mois. Donc, en fait... on augmente de 34 euros par mois. Donc, en fait, une hausse de 0,25 %, on va dire que c'est une hausse en moyenne de 20 à 35 euros de votre prêt par mois.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc, pour moi, évidemment, c'est mieux de les avoir dans sa poche que d'en les avoir dans celle de la banque. Mais d'un côté, pour moi, ce n'est absolument pas significatif. Oui,
- Speaker #1
ça reste raisonnable.
- Speaker #0
Exactement. Et on ne doit pas remettre en cause un projet d'achat parce que les taux vont éventuellement augmenter de 0,25 %. Si on a un projet solide et qu'on sait pourquoi on le fait, c'est important de le continuer. et ne pas se laisser un peu influencer par des titres de journaux, sur les réseaux sociaux ou à la télé qui font croire que c'est la fin du monde. Alors qu'en fait, oui, effectivement, ça va vous coûter plus cher, mais il faut relativiser.
- Speaker #1
Voilà, il faut se poser, calculer combien ça va nous coûter exactement. Effectivement, ce n'est pas si dramatique ou alarmiste. Alors là, on parle de l'ancien. Sur le neuf ? Le neuf,
- Speaker #0
en fait, on risque d'avoir la même hausse qu'on a eu... Avec la guerre en Ukraine, pour le coup, parce qu'augmentation du pétrole, augmentation des coûts, matières premières, etc. Donc là, on peut considérer que le neuf va certainement augmenter fortement. Alors en Espagne, on en parle souvent, il n'y a pas forcément beaucoup de logements neufs qui sont créés. Donc là aussi, on va toucher une toute petite population. Mais malgré tout, ceux qui à un moment pensaient acheter dans le neuf, il est possible que dans les prochains mois, les prix augmentent du fait de la hausse des matières premières qu'on constate aujourd'hui. Du coup,
- Speaker #1
il faut freiner le projet ou pas forcément non plus ?
- Speaker #0
Après, on l'a vu avec l'Ukraine, les hausses, comme on dit, les hausses, quand elles sont là, ce n'est pas pour revenir en arrière. Donc généralement,
- Speaker #1
autant y aller.
- Speaker #0
Autant y aller parce que si on a les moyens et qu'on a l'envie et qu'on a le projet, si on pense qu'après, ça va s'arrêter, je n'ai pas la boule de cristal. Et justement, on a pris le temps de faire cet épisode près de deux mois après le début de la crise dans le Moyen-Orient pour voir un peu quels sont les impacts et pour ne pas réagir à chaud. Donc je n'ai pas la boule de cristal, mais d'un autre côté, on a bien vu que... que rien n'est revenu en arrière et que c'est, comme on dit, « al llegado para quedarse » , comme on dit en espagnol. Une fois que c'est là, ça reste.
- Speaker #1
D'autant que les crises géopolitiques ne sont peut-être pas non plus prêtes à s'arrêter compte tenu du contexte mondial. Un dernier élément, Olivier, dont on ne parle pas forcément, c'est un petit peu un effet collatéral. C'est l'impact de ce conflit sur le tourisme. Là aussi, l'Espagne est typiquement, à chaque fois qu'il y a des conflits dans le monde, Un pays refuge pour les vacanciers européens, notamment, et d'un petit peu partout. Alors, quel impact ça peut avoir aussi ? Pour expliquer, c'est des touristes qui, peut-être, avaient un projet plus lointain, une destination plus lointaine et qui vont se rapporter sur l'Espagne cet été, notamment, ou cette année. On prévoit encore un été record en Espagne. Alors, quel impact aussi ça peut avoir sur le marché ? Parce que le tourisme a quand même un poids sur l'économie espagnole et l'immobilier.
- Speaker #0
Alors très concrètement, pour ceux qui nous écoutent et qui vont venir passer leurs vacances en Espagne, on peut intuitivement penser que ça va être plus cher. Les locations vont augmenter, vont augmenter en prix. C'est vrai que cette incertitude qu'a créée la guerre dans le Moyen-Orient fait qu'au moment de réserver en plus les vacances, on va dire février, mars, avril, fait que les gens ont voulu prévoir, ou en tout cas on va avoir un effet avant que les gens aient confiance pour revenir sur le Moyen-Orient. soit passé par le Moyen-Orient pour aller en vacances, parce que Dubaï est un immense aéroport, plaque tournante pour aller en Asie, notamment depuis l'Europe, qui fait que les gens vont certainement vouloir assurer les vacances. Il y avait une publicité qui disait qu'on peut tout rater sauf ses vacances. Donc les gens vont essayer de trouver ça sûr. Donc certainement que les locations risquent d'être beaucoup plus chères cette année que l'an dernier. Il risque d'y avoir une inflation.
- Speaker #1
On l'observe déjà. D'accord. J'ai discuté justement récemment avec des hôteliers. Qui remarque une hausse des réservations et aussi une hausse des prix sur place.
- Speaker #0
Et puis, pour ceux qui voudraient se loger dans les zones touristiques, soit parce qu'ils sont saisonniers, soit parce qu'ils veulent s'installer à long terme, il est possible que là, à très court terme d'ici la fin de l'été, ce soit beaucoup plus compliqué pour se loger. À voir après quel est l'effet sur les prochaines années sur le tourisme en Espagne avec cette crise. Mais il est vrai que la guerre dans le golfe Persique risque d'avoir comme effet sur cette partie du monde, un peu comme on a eu avec le Covid. C'est-à-dire qu'ici, en Espagne par exemple, on a été enfermés sept semaines et on a cru qu'après tout, on allait revenir normalement. Et ce n'est pas vrai. Pour prendre un exemple concret, les concerts en 2020-2021, il fallait porter un masque, être assis, ne pas bouger. Aujourd'hui, Bad Bunny va venir remplir des stades. Et ça semble normal, mais il a fallu du temps avant que ça arrive. Et donc, avant que les gens retrouvent la confiance pour aller dans cette partie du monde ou passer par cette partie du monde pour aller en Asie ou autre, ça risque de reprendre du temps aussi. Et donc, de faire que l'Espagne, peut-être sur les 1, 2, 3 prochaines années, va être effectivement un pays refuge pour les gens qui ont un peu peur de rater leurs vacances. de la guerre qui, à tout moment, peut faire fermer un aéroport, voire pire, vous pouvez être en danger s'il est bon,
- Speaker #1
vous tombez dessus. Bien sûr. Donc, à voir dans les prochains mois, prochaines années. En tout cas, effectivement, on peut s'attendre à ce que ça dure un petit peu et que l'Espagne soit ce pays refuge pour résidents et pour touristes. Merci Olivier.
- Speaker #0
Merci Aurélie.
- Speaker #1
Et merci à tous d'avoir suivi ce nouvel épisode d'Immobilier en Espagne. A très bientôt.
- Speaker #0
Au revoir.