- Speaker #0
Bienvenue dans Immortel, le podcast qui prend soin de ta peau, de ton corps et de ton âme. Je suis Tania, biochimiste, passionnée de plantes corses et aujourd'hui on se retrouve avec Vincent, aussi appelé Saint-Sio, qui va nous partager une vision des plantes corses comme jamais tu en as entendu parler. Vincent, c'est aussi un guide de balade botanique. Il travaille avec les enfants, il compose de la musique inspirée de la nature et il connaît les plantes corses à travers le terrain, la transmission et aussi l'observation. C'est aussi lui qui a participé à l'univers sonore du podcast Immortel, parce que chez lui, plantes, vibrations et musique sont profondément liées. Alors Vincent, merci d'être avec nous aujourd'hui. Est-ce que tu peux me dire ce qui te fascine dans les plantes corses et comment tu as appris à connaître ces plantes ?
- Speaker #1
Alors bonjour. Moi, ce qui me plaît énormément dans les plantes corses, c'est qu'elles sont un marqueur de notre territoire, un marqueur sur plusieurs aspects. Ça va être un marqueur climatique, ça va me guider dans la saisonnalité. de la nature et d'une année. Et depuis petit, j'adore les observer du printemps jusqu'à la fin de l'hiver. Et en observant les différentes fleurs qui vont pousser, les différentes odeurs qu'on va rencontrer dans la nature, c'est toujours ça qui m'a passionné, qui m'a donné envie de faire des petits herbiers quand j'étais enfant et qui m'a amené vers un questionnement et vers une recherche. Et j'ai reçu de la transmission sur les plantes, sur ces savoirs-là, de la part d'anciens, du village où j'ai grandi, de ma famille. J'avais une arrière-grand-mère qui utilisait beaucoup les plantes. Et ça s'est transmis à des oncles, des tantes. Et c'est ce qui fait vraiment partie de moi aujourd'hui. Et c'est ça que j'aime dans les plantes de chez nous. Que chaque saison a ses plantes, ses odeurs. Chaque saison amène des plantes différentes qui vont amener une utilité différente pour le quotidien, pour le soin, pour la nourriture. Et elles vont toutes amener des traditions et des aspects différents de la vie qui font partie de notre culture et de qui on est.
- Speaker #0
On va dire aussi que tu viens d'un village qui est l'Ored ou d'Ikazink, qui est un village perché, mais aussi qui est très centré sur la culture, sur le patrimoine. Et notamment, les plantes en font partie. Mais c'est aussi un village qui est entouré d'eau, en tout cas où il y a de l'eau en abondance. Ce qui fait que les plantes, elles sont encore plus belles, encore plus puissantes. et surtout nombreuses, parce qu'il y a plein de petites micro-régions où il y a des plantes, on va dire. Est-ce que pour toi, ça a une importance, qui est une transmission au niveau du savoir ?
- Speaker #1
Déjà, oui, le village d'Oulvien, c'est un village qui est perché en montagne et où il y a vraiment un attrait et un désir de maintenir une certaine forme de culture et de patrimoine, et naturel et culturel. Et du coup, c'est le village où est né le bilinguisme dans les écoles, c'est le village où est né le premier laboratoire de langue corse. pour l'éducation. Ça a été fondé par du Anterra Moro il y a plusieurs années. Et nous, en tant qu'enfants, en tant que scolaires, on a eu la chance d'avoir cet enseignement-là et on a appris beaucoup sur les plantes à ce moment-là. Et moi, ça fait vraiment partie de mes plus grosses influences dans le désir de transmission aujourd'hui et dans ma manière de transmettre du savoir aux enfants sur ce qui va être ressource naturelle. Ça vient vraiment de cet apprentissage-là. Donc, c'est vraiment un pilier qui est assez important pour la langue, mais qui a donné des outils pédagogiques pour permettre de transmettre du savoir sur les plantes aux plus petits comme aux plus grands aussi.
- Speaker #0
Ce n'est pas une question de programme, mais c'est qu'en fait, au niveau, dans ces écoles de bilinguisme, on met toujours un petit peu... de patrimoine au milieu pour illustrer aussi la langue. Et en effet, les plantes ont aussi beaucoup de noms en Corse. Donc, c'est aussi un très bon sujet pour parler de la langue. Ce qui est très intéressant aussi à savoir, c'est que, comme tu l'as dit, dans l'enfance, à l'école, il y a des choses qui nous marquent. Et moi aussi, j'ai adoré les plantes parce que j'ai eu la chance à un moment, c'était en CE1, une visite de quelqu'un qui nous a fait une petite balade botanique au printemps, comme tu peux les faire aujourd'hui. Et il s'appelait Paulin, il n'est plus parmi nous aujourd'hui, mais il m'a fait vraiment me prendre pour passion. D'abord de la beauté des plantes et il racontait ça avec tellement d'amour, avec tellement d'intensité que je n'ai pas eu un développement tout de suite, mais ça m'a permis plus tard de révéler cette passion-là, en tout cas à travers mes études, etc. Donc c'est important de le faire, en tout cas dans le plus jeune âge et surtout de le partager. Alors aujourd'hui, quand tu partages les plantes, tu les partages... Donc évidemment, de manière un petit peu théorique, mais j'imagine aussi à travers des petits ateliers. Mais tu travailles aussi les plantes un petit peu à travers des soins. Est-ce que tu peux me dire, si tu devais expliquer à quelqu'un comment on utilise les plantes à travers les soins, qu'est-ce que tu ferais en premier ? Je sais que tu fais des petites potions magiques aussi, on s'est aussi connus pour ça. Comment on peut expliquer à quelqu'un qui découvre les plantes que c'est plus qu'un simple soin ?
- Speaker #1
Pour expliquer comment les plantes sont plus qu'un simple soin, qu'elles font vraiment partie d'un vrai patrimoine culturel et naturel, je passe par plusieurs types d'approches. Le public va venir dans les ateliers ou dans les balades, dans une situation où il va être dans l'action, dans une situation où il va y avoir une interaction, où ça va les mettre dans des conditions d'actifs pour le coup. Donc on va faire par exemple des jeux du goût, des jeux olfactifs qui vont être basés sur l'expérience sensorielle. Et l'idée, ça va être de les amener à réfléchir sur le goût, le parfum de la plante, et c'est de deviner de quelle plante il s'agit. Et de là, on va faire découler toutes les informations qu'on peut donner. C'est quelle plante ? Quels sont ses différents noms ? En Corse, le nom scientifique, le nom en français. Des fois, le nom peut donner des indications sur une vertu. Son aspect peut donner des indications sur une vertu, sur un goût,
- Speaker #0
sur un parfum. Par exemple, quelle plante a dans son nom quelque chose qui a une signification directe sur son efficacité ou sur son emploi ?
- Speaker #1
Des fois, ça va être soit le nom scientifique, soit ça va être le nom en Corse, soit ça va être le nom en français. Prenons un exemple le plus connu, je dirais, de Corse, l'immortel. Si on va parler du nom... vernaculaire immortel qui n'est pas son vrai nom scientifique, là on va être sur le côté que son odeur ne s'estompe jamais pour le coup, mais son nom scientifique, je ne te l'apprends pas, Helicrisum italicum, on est sur le soleil d'or du coup, parce qu'il y a Helios et Crisos qui est dans la racine grecque du mot et du coup, là on va avoir plutôt une information sur l'aspect de la plante. Après, moi ce que j'aime bien faire, c'est débunker les confusions par exemple. Il y a des noms en Corse, On connaît mal le nom de la plante en français. Par exemple, anébida. Les trois quarts des gens vont traduire par la marjolaine, alors que ce sont deux plantes différentes. Ces plantes-là, la marjolaine, l'origan et l'anébida, par exemple, je les amène à chaque fois.
- Speaker #0
Comment on dit anébida en français ?
- Speaker #1
Le calamant népeta, ou le petit calamant.
- Speaker #0
D'accord, tu vois, tu m'apprends quelque chose, parce que moi, je disais anébida. Elle n'a pas d'autre nom. Comme c'est une plante corse et endémique, pour le coup, je... Alors,
- Speaker #1
elle n'est pas vraiment endémique de Corse. On la trouve dans...
- Speaker #0
Méditerranée.
- Speaker #1
méditerranéenne, même sur le continent et en Asie aussi, le calam en Népéta, dans certains lieux d'Asie. Il y a une Népéta qui est endémique de Corse, c'est le Quinopodium corsicum, qui pousse à 2000 mètres d'altitude. Mais à Népéta, elle n'est pas vraiment endémique, mais elle est, comme l'immortelle, comme le myrte, comme le romarin, elle va être plus puissante et dégager plus de molécules actives en Corse, pour le coup.
- Speaker #0
Par rapport à notre terroir.
- Speaker #1
Exactement. Et du coup, amener ces plantes-là et dire, voilà, C'est... de plantes là sont des plantes qu'on va tout le temps confondre et en fait ce sont des plantes qui sont différentes, mais là on a une approche de comment amener du savoir, faire sentir, faire toucher, faire goûter et ça passe toujours par des moments comme ça. Et j'espère que les moments sont retenus pour le coup.
- Speaker #0
Ça dépend, on ne le sait que plus tard. Alors Vincent, est-ce que tu peux nous donner un exemple concret ou une anecdote sur une plante qui raconte une histoire ou un savoir ancien ?
- Speaker #1
Alors des plantes qui peuvent raconter pas mal d'histoires, il y en a plusieurs. Il y en a une que j'aime bien montrer, juste montrer parce qu'il ne faudrait pas trop la toucher. C'est une plante qui plutôt, on dit qu'elle est vénéneuse, qu'elle est toxique. C'est Anoka. C'est une plante endémique de Corse. Anoka, c'est l'élébor de Corse. Et c'est une plante qui va pousser en montagne, dans des sols plutôt assez pauvres, mais tu vois, sous les châtaigniers, sous les arbres. qui va fleurir en hiver. C'est ça qui est intéressant. C'est une espèce de rose de Noël qui est toute verte, qui fait des fleurs vertes, des feuilles vertes. Elle était très utilisée par les bergers, surtout qu'ils l'utilisaient pour nettoyer les plaies des bêtes, qu'ils l'utilisaient pour envelopper les fromages, pour les préserver des insectes quand il n'y avait pas de frigo et qu'on ne pouvait pas conserver. On mettait ça devant les fenêtres et les portes, les feuilles fraîches, pour empêcher les moustiques ou les mouches de rentrer aussi. On l'utilisait pour dévitaliser les dents, mais c'est une plante hyper toxique. donc c'est une plante qui par erreur a toujours été entourée de plein de croyances et qui ont engendré des savoirs mais qui ne sont pas du tout bons pour la santé et qu'on n'utilise plus aujourd'hui, il y a même un petit passage que j'ai lu dans un livre il n'y a pas longtemps où j'ai appris que pour soigner une certaine maladie des cochons, on creusait un clou dans la racine de l'élébore qu'on mettait dans l'oreille du cochon et quand le clou tombait, le mâle était enfin parti pour l'animal, donc c'est ce genre de transmission c'est des choses qui sont transmises pendant des siècles. mais qui ne marche pas du tout.
- Speaker #0
Ça ne le tuait pas l'animal quand même.
- Speaker #1
Ça ne le tuait pas, mais ça lui faisait un beau trou dans l'oreille du coup. Et c'est ça qui est intéressant, c'est que les plantes, on peut les utiliser pour se faire énormément de bien, mais il faut aussi faire vraiment attention. Et aujourd'hui, on a assez de recul, on a des vraies études, on a la science qui va nous permettre d'appuyer pas mal de choses et de recherches. Et c'est ça qui est intéressant, c'est d'amener aussi ce qu'il ne faut pas faire avec les plantes pour pouvoir en apprendre plus.
- Speaker #0
Ça tombe bien que tu me dises ça, parce que justement, j'allais arriver sur une autre question. Il y a souvent des erreurs qu'on va faire, que le grand public va faire, que quelqu'un qui teste les plantes ou essaye de s'initier aux plantes peut faire. Quelle erreur fréquente tu rencontres, tu observes ? Qu'est-ce que tu peux nous dire dessus ou nous raconter dessus ?
- Speaker #1
Alors, il y a plusieurs choses. C'est pour ça que dans les ateliers, l'idée c'est de transmettre des informations pour que les gens ne fassent pas d'erreurs, surtout avec des produits qui peuvent se procurer. Du coup, les huiles essentielles, certains produits de l'aromathérapie, c'est quand même des produits qui sont extrêmement puissants. Les huiles essentielles, c'est vraiment l'âme des plantes. C'est un vrai soin, un vrai médicament. Donc, il ne faut pas les utiliser à la légère. Donc ça, l'utilisation des huiles essentielles, c'est quelque chose où je vois beaucoup d'erreurs chez les différents publics qui ne sont pas formés et qui vont les utiliser mal. Et du coup, ça va avoir des effets négatifs et ils vont les rejeter. L'idée, c'est non, essayons de bien les utiliser pour pouvoir apprécier et les utiliser encore plus. Du coup, il faut que ces produits, on puisse les utiliser tant qu'on veut.
- Speaker #0
Ce qui est compliqué dans les huiles essentielles, c'est qu'il n'y a pas de mode d'emploi. Il n'y a pas de notice explicative comme il peut y avoir pour un médicament. avec les avantages, les inconvénients, les prises, etc. et le public auquel s'adapter. Du coup, les gens, des fois, s'inspirent de sources qui ne sont pas forcément fiables et ne sont pas forcément encadrées pour le faire aussi. Il n'y a pas de suivi derrière. Il y a très peu de docteurs qui s'intéressent aux plantes, à l'aromathérapie. Il faudrait plutôt, pour ça, aller voir un naturopathe. Mais ce n'est pas le réflexe de tout un chacun au quotidien. Et donc, forcément, on se retrouve avec des gens qui utilisent mal les huiles essentielles. qui après peuvent avoir des répercussions négatives, voire même qui peuvent en être dégoûtés ou qui peuvent en avoir peur et qui peuvent ne plus vouloir y aller de peur d'avoir encore une mauvaise expérience.
- Speaker #1
Déjà ça, et puis il peut y avoir cette répercussion où si demain trop de gens ont des effets secondaires et des effets négatifs, il peut y avoir un arrêt peut-être de production ou de vente en libre-service. Vu que c'est en libre-service, il faudrait qu'il y ait de la médiation et qu'il y ait plus de notices de mode d'emploi pour pouvoir le faire, je suis d'accord. Et un autre aspect où les gens font un peu n'importe quoi avec les plantes, ça, je trouve ça hyper dangereux. J'y ai assisté vraiment de nombreuses fois. C'est quand je vais en balade botanique. En balade botanique, je ne fais vraiment pas goûter les plantes qu'on ramasse parce que je suis sur des sentiers où il peut y avoir des animaux, où il y a des touristes, où il y a du passage. Oui, il y a un café pipi sur les plantes. Je ne sais pas. Si je fais une tisane, si je fais goûter des choses, c'est mes plantes à moi, de mon jardin.
- Speaker #0
Et tu les as nettoyées au calable.
- Speaker #1
Exactement. Et du coup... On me demande, je présente une plante, on va me dire, cette plante, est-ce qu'elle est comestible ? Je dis oui, ça peut se manger. Les gens la prennent et la mangent.
- Speaker #0
Ça ne m'étonne même pas ce que tu dis, parce que déjà, en magasin cosmétique, ils prennent des crèmes et se les poussent sur le visage, qui n'est pas propre de base, parce qu'ils ont été toute la journée dehors. Ils ne se posent pas de questions. Et quand tu leur dis, attention, on ne met pas une crème sur un visage sale, qui goûte une plante dans la nature. Pour eux, c'est brut, c'est sain, et donc on peut y aller safe.
- Speaker #1
En vrai, il ne s'est jamais rien passé de grave. Non, j'imagine. Je trouve que c'est un réflexe qui est hyper dangereux parce que, oui, OK, je peux te dire que la plante, elle est comestible, mais peut-être que je ne l'ai pas bien observée d'un coup, je me trompe. Et puis, on ne fait pas ça. Il faut bien les nettoyer. Il faut savoir quelle partie de la plante on peut manger. Est-ce que c'est la bonne saison pour la manger aussi ? Donc, moi, je dis, on touche avec les yeux, à part si on peut récolter des échantillons, si la cueillette sauvage nous le permet. Sinon, on ne goûte pas comme ça. On peut sentir un bout de plante, mais il faut faire vraiment attention. Et ça, ça arrive. hyper souvent. Les gens sont hyper spontanés, ils ont envie de se connecter, ils goûtent et ça peut être dangereux.
- Speaker #0
Ça me fait penser à un truc, mon grand-père il m'aidait toujours quand on se baladait de ne pas toujours boire l'eau de la rivière à tout bout de champ quand on avait soif. Il fallait toujours faire un petit bout de chemin sur la rivière, voir s'il n'y avait pas un animal mort parce que malheureusement on peut attraper une bactérie. Et on peut en mourir assez rapidement. Donc, même si la plante de base n'est pas forcément dangereuse, c'est bien d'informer et en tout cas d'alarmer un petit peu sur le fait qu'on ne peut pas manger n'importe quoi, n'importe comment. Il faut un minimum de petits paramètres à respecter pour que ça se fasse bien. En tout cas, merci pour cette info. J'ai d'autres questions qui vont rester toujours autour des plantes, évidemment. Mais qu'est-ce qui te dérange le plus dans la manière dont l'aromathérapie est parfois utilisée ou transmise aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, une chose qui m'énerve et qui m'agace vraiment, c'est que je trouve qu'il y a vraiment plusieurs sons de cloche. chacun dit la sienne. Déjà, c'est très compliqué. Moi, ça m'est arrivé lors de mes ateliers. Alors moi, je fais vraiment du préventif. Je ne vais pas trop loin, vu que j'ai du public non initié les trois quarts du temps. Je donne vraiment les bases, les aspects les plus basiques de l'aromathérapie, juste pour ne pas faire d'erreur et pour être prévoyant, pour le coup. Donc, de vraiment diluer ces huiles essentielles, si on va les utiliser en usage externe sur le corps ou si on va les ingérer, si on peut les ingérer.
- Speaker #0
Et si on a lu qu'on pouvait les appliquer purs ? Je précise parce que ça aussi, je suis parfaitement d'accord avec toi. On a tendance à vouloir appliquer pur, pensant que ça va marcher mieux, plus vite ou autre, alors que c'est archi faux. Même diluer une huile essentielle est tout à fait...
- Speaker #1
Elle marche tout autant et tu évites les effets secondaires. Et du coup, des fois, ça m'est arrivé de tomber sur des gens qui sont formés en aromathérapie, qui sont de cette école de je peux les utiliser purs assez souvent. Et du coup, cet aspect-là me dérange. Je range un peu. Oui,
- Speaker #0
je comprends.
- Speaker #1
Et je trouve que souvent, dans les usages thérapeutiques, quand on donne des recettes de synergie qu'on peut faire à la maison, je trouve que les quantités d'huile essentielle qu'on peut utiliser sont trop fortes, souvent. Je pense qu'on pourrait en mettre moins dans certains produits. Surtout qu'il y a des concentrations à ne pas dépasser, surtout pour l'usage cosmétique ou certaines irritations de la peau. Il faut vraiment être assez vigilant. Et en usage thérapeutique, pour se masser, pour certaines synergies, on a des concentrations qui montent des fois jusqu'à 30% du flaconnage. Et je trouve ça...
- Speaker #0
Déjà, pour moi, le max que je n'aurais pas dépassé, c'est 8%. C'est largement suffisant. Ça peut être énorme. Et déjà, même 4%, c'est déjà très bien, surtout pour un public qui n'a pas forcément l'habitude d'utiliser des huiles essentielles. C'est hyper important. Après, si c'est quelqu'un qui a l'habitude d'utiliser des huiles essentielles pures, forcément, peut-être que le corps va s'être habitué. Mais pour le coup, je ne conseille pas ça. Parce qu'en fait... Moi, je donne une image, c'est quand on veut voir si une huile essentielle est efficace, les gens se disent « moi, je vais l'appliquer pure » . C'est comme si tu voulais voir si ton Doliprane était efficace. Au lieu de te prendre un Doliprane, tu prenais la tablette. Exactement. Donc, quand je dis ça, « ah non, mais ce n'est pas pareil » . absolument pareil. On a une force d'actifs qui est très importante, même dans des micro-gouttelettes d'huile essentielle. Et des fois, en plus, on a passé à un certain pourcentage, il n'y a plus d'efficacité supplémentaire qui se crée, donc ce n'est même pas nécessaire, et ça va même devenir du gaspillage d'utiliser des huiles essentielles, qui en plus nécessitent, parce que ce qu'il y a derrière, il y a un processus de ramassage qui est énorme, il y a un processus aussi de distillation qui fait que des fois, certaines plantes ont un faible rendement, donc on ne va pas forcément vouloir... c'est-à-dire pour faire... tout petit flacon, des fois il faut une forêt entière, si je peux dire ça en exagérant un petit peu. Donc pourquoi gâcher une forêt entière alors que juste une branche aurait suffi à faire de l'effet sur ce qu'on veut et en tout cas, voilà, c'est des choses qu'il faut respecter et on respecte la nature aussi en faisant ça et en agissant comme ça.
- Speaker #1
Et en fait, ça va avec cette idée de surconsommation, même avec les produits à base de plantes et c'est super intéressant ce que tu dis sur cette idée du tout le processus et tous les procédés qui sont derrière. Parce que surtout en Corse, on a des plantes et des huiles essentielles qui sont quand même archi puissantes. Du coup, leur efficacité va être décuplée. Donc, on n'a pas forcément besoin de rajouter autant d'huiles essentielles dans ses produits. Et par exemple, si on prend l'immortel, c'est un mois de récolte, un mois de cueillette, un mois de distillation. C'est une huile hyper précieuse. On ne va pas la gaspiller alors qu'on peut des fois une goutte suffit dans un produit.
- Speaker #0
Il faut faire un litre d'huile essentielle. Voilà, c'est énorme en quantité. C'est très léger la plante, donc on n'a pas notion. Mais en termes de volume, c'est considérable. Donc, pour le coup, c'est important d'avoir une notion de l'usage et de pourquoi, comment et pourquoi. Alors, du coup, beaucoup de personnes utilisent aujourd'hui des plantes sans vraiment savoir ce qu'elles sont, d'où elles viennent, ce qu'elles représentent et à quoi elles ressemblent. Parce que des fois, il y a des gens qui n'ont jamais été dans la nature. Et pourtant, pendant des siècles, les plantes étaient respectées, presque consultées. Des fois même, on allait voir les plantes et on attendait presque de ressentir si c'était la bonne plante ou pas. Pourquoi, selon toi, c'est important pour n'importe qui, même quelqu'un qui n'y comprend rien aux plantes et qui n'a jamais essayé des plantes, de comprendre que les plantes ont une âme ou une énergie ?
- Speaker #1
C'est hyper important parce que les plantes, c'est vraiment des êtres vivants. Depuis quelques années, on se rend compte que ce sont même des êtres. intelligents qui, à leur échelle et avec la forme qu'elles ont et l'organisme qu'elles représentent, ont une forme de conscience aussi. On parle vraiment d'intelligence des plantes aujourd'hui. Donc, on est vraiment sur un être vivant qui est là pour servir la planète et qui est là, pas pour nous servir, mais qui est là pour nous accompagner. Parce que c'est donnant-donnant la nature. Pour que les plantes poussent, il faut qu'on les arrose. Et si on les arrose et qu'on s'en occupe bien, elles vont nous donner plein de fruits. Donc, pour le soin, c'est pareil. et L'intention qu'on va mettre vis-à-vis des plantes, d'un produit transformé, fait avec les plantes, d'une forme d'agriculture qui va mettre en avant des plantes, des fruits, des feuilles, des plantes à feuilles qui vont être utilisées pour les manger, pour faire des produits, pour faire des huiles essentielles. Si on y met du cœur et une bonne intention, on va avoir un produit qui va être plus puissant. Et c'est là qu'on va sentir qu'il y a une forme d'énergie, de vibration qui rentre en jeu. C'est comme quand on fait un gâteau. Si on y met du cœur, un simple gâteau, yaourt, il peut être... trop bon, si on va distiller une plante, si on cueille à la main, si c'est de la cueillette de plante qui n'est pas forcément cultivée mais sauvage, si on a un temps de distillation qui est plus long que juste une passe rapide, l'huile essentielle derrière va être beaucoup plus puissante. C'est là qu'on va faire ressortir l'âme de la plante. C'est une question de respect. Si on respecte la plante et le produit, on va avoir quelque chose de plus efficace. Cette énergie est très importante. Et les gens, aujourd'hui, Ils sont dans cette logique de surconsommation, ils voient naturel, plantes. Pour eux, forcément, ça va être bien, alors que ce n'est pas un gage de qualité. Certains labels ne sont pas forcément des gages de qualité, le label bio, par exemple.
- Speaker #0
Après, maintenant, ils sont aussi beaucoup biaisés.
- Speaker #1
Ils sont biaisés. Après, il y a des labels qui sont très bien derrière, qui sont différents. Mais ça ne veut pas dire qu'il y a écrit naturel, que c'est à base de plantes, que c'est forcément bien. Il faut se renseigner sur... de quelles plantes il s'agit, d'où vient votre produit. Et c'est pareil que pour la nourriture, il faut favoriser les circuits courts, des choses qui sont près de soi. Et c'est pour ça que, oui, les plantes, elles ont une bonne vibration, elles sont hyper intéressantes, elles sont là pour nous, pour nous soutenir dans la vie. Mais il faut faire les choses bien et avec respect.
- Speaker #0
En fait, le corps humain, on dit, la biologie est bien faite. Donc le monde, c'est la biologie. Et tout sert à quelque chose. D'ailleurs, on le voit même dans le monde animal. Un insecte va servir à telle autre chose, à telle plante. Tel animal va servir à nourrir tel autre animal. Il y a la chaîne alimentaire. C'est un petit peu la même chose. Et si on fait n'importe quoi avec les plantes, on n'aura plus de plantes. Et il y aura un déséquilibre qui va se créer dans tout notre écosystème. Et malheureusement, on va forcément finir par payer le prix. D'ailleurs, on le voit avec la déforestation. Quand on ne respecte pas, il y a des choses climatiques qui se passent. On bouleverse un petit peu tout l'écosystème. Donc, c'est très intéressant ce que tu dis. Est-ce que tu as un exemple pour illustrer ? Une plante qui a été, je dirais, récoltée et traitée correctement, dans son usage, est-ce que tu as déjà vu des choses incroyables parlantes, par exemple en olfactothérapie, est-ce que c'est plus intéressant d'avoir une huile essentielle qui est faite par un artisan, du coup, dans les règles de l'art, si je puis dire, ou est-ce que je peux prendre n'importe quelle huile essentielle sans trop me préoccuper ?
- Speaker #1
Alors oui, je trouve qu'il y a beaucoup d'exemples qui sont hyper intéressants sur ces plantes. Alors je vais rester sur les plantes aromatiques de Corse. Déjà selon le... le terroir, la zone, on va avoir des plantes qui vont être plus ou moins puissantes. La façon avec laquelle ça va être transformé aussi, c'est hyper important. Il y a une plante en particulier que je trouve hyper intéressante et qui est un peu pas sous-cotée, mais qui n'est pas assez utilisée, je trouve. Et justement, on va aller chercher une plante pour les mêmes effets, qui ne vient pas d'ici, qui est très célèbre. C'est une des huiles essentielles les plus utilisées. Je pense que c'est le Ravinsara, par exemple, et qui est une plante endémique malgache. On en produit des grosses quantités, c'est célèbre dans le monde entier. Et en Corse, on a une plante qui peut complètement la substituer, c'est le myrthe, qui a des vertus... Moi, c'est mon huile essentielle préférée, pour le coup. C'est une plante qui va être excellente pour tout ce qui va être voie respiratoire, que ce soit pour les bronches quand on a de la toux, que ce soit pour les sinus aussi. Moi, c'est une plante qui m'a... à l'époque du Covid-19, qui m'a ramené l'odorat.
- Speaker #0
Je me suis shootée au mire, en interne, en externe, partout en diffusion. En fait, c'était ma pire phobie. Goût et odorat, c'est ma vie. L'odorat, parce que je respire les plantes tout le temps et j'imagine que du coup, toi aussi. Et là, je me suis dit, mon Dieu, si je ne peux plus jamais respirer une plante, comment je vais faire mon métier ? Comment je vais le faire ? Comment je vais kiffer ma vie ? Et pour le coup, ça a été incroyable. Trois jours pour moi. Ah oui,
- Speaker #1
c'est hyper efficace et franchement, au niveau de l'action antivirale, je trouve que c'est une plante qui est très puissante.
- Speaker #0
Elle a un spectre large en antiviral. C'est ça.
- Speaker #1
Et du coup, c'est une plante qui mérite d'être plus utilisée. On peut l'ingérer en interne, on peut l'utiliser en externe et elle est très propice à la diffusion, à l'olfaction aussi. Donc, une plante très, très intéressante. Et du coup, le myrte, je vais plutôt favoriser. Par exemple, je sais que je préfère du myrte qui vient du Cap-Corse pour le coup. L'immortel, je vais plutôt aller vers chez toi en balagne. En fait, le problème, c'est que, ce n'est pas un problème, mais chaque plante, je prends chez quelqu'un de différent. Chacun a sa spécificité. Tu vois,
- Speaker #0
tu es le producteur de force. Ça veut dire que les autres sont nuls ? Pas du tout. Déjà, après, on a aussi notre propre interaction avec la plante. Il y a des plantes qui vont être distillées de telle manière. Le fait que ce soit des micro-terroirs aussi, ça va faire un changement de molécules et donc d'odeurs aussi. Il y en a qui vont distiller le myrte quand il est en fleurs, d'autres en fruits. Donc, ça va aussi donner une odeur qui va différer. Donc, on peut avoir des préférences personnelles sans pour autant que ça dénigre le reste. Donc, je suis parfaitement d'accord et c'est bien que tu le mentionnes. Maintenant, c'est bien qu'on parle du myrte aussi parce que le myrte, d'ailleurs, on dit le myrte et pas la myrte. La myrte, c'est le petit dijoux qu'on prend à la fin du repas parce qu'on dit-il la baie de myrte. Donc, c'est pour ça qu'on dit la myrte. Et le myrte, c'est l'arbuste qu'on distille en cosmétique, en huile essentielle. Donc, on va plutôt le garder au masculin. Donc, ça, c'est quelque chose qui est très important.
- Speaker #1
Et si je peux rebondir, en fait, ça vient aussi du fait qu'en Corse, c'est féminin, c'est amorta ou amortula. Il y en a qui l'appellent murta aussi. Du coup, on va traduire au féminin la myrte. Alors qu'en français, c'est comme en italien, c'est il myrto, c'est le myrte.
- Speaker #0
Que tu peux me dire pourquoi il est important de connaître des rituels ou les superstitions liées à certaines plantes ? Entre autres, Myrthe, c'est une plante qui est très intéressante aussi pour les rituels au niveau féminin. Est-ce que tu as d'autres anecdotes ou est-ce que tu peux me parler un petit peu de ça ?
- Speaker #1
Alors, c'est hyper important de connaître la relation au sacré et les dates, les choses importantes au niveau des plantes, parce que ça peut donner vraiment des indications sur la propriété. Le moment où on peut les ramasser, le Myrthe, par exemple, c'est une plante qui... en hydrolat, pas en huile essentielle. On peut l'utiliser pour les yeux sensibles, pour les irritations. Ça s'utilise vraiment pour le système de l'œil. Du coup, on va ramasser la baie du Myrthe le 13 décembre pour Santa Lucia. Sainte Lucie. Et Sainte Lucie, on connaît la légende des yeux de l'œil de Sainte Lucie, c'est lié aux yeux. Et c'est aussi, Lucie, c'est la lumière, c'est à Luget qui revient, du coup. Donc, on va arriver vers le sol, c'est l'hiver. Et c'est le moment dans lequel on va accueillir le Myrthe, du coup.
- Speaker #0
Moi, j'ai un petit truc, une petite astuce en plus. Je la place parce que, comme tu as dit, l'eau florale de Myrthe sur les yeux, c'est excellent. Pour moi, tout ce qui est conjonctivite, orgelet, ça a été incroyable. Je ne fais jamais d'orgelet. Mais pour le coup, pour un jour, pour mon anniversaire, il m'est sorti un orgelet et je me suis dit non. Et je ne voulais pas du tout qu'il soit trop gros, etc. Juste au premier picotement, j'ai mis plusieurs sprays d'eau florale de Myrthe sur une compresse. J'ai mis sur les yeux, j'ai fait trois fois dans la journée. Le lendemain, je n'avais plus rien. Le soir même, en fait, pour mon anniversaire, je n'avais plus rien. Donc, pour le coup, ça a été miraculeux.
- Speaker #1
Ça ne m'étonne pas du tout.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux me faire un lien entre « matseri » , qui veut dire « sorcier » en corse, et avec les plantes ?
- Speaker #1
Oui, c'est hyper intéressant de parler de la relation entre les matseri et les plantes, parce que les plantes vont vraiment avoir un lien avec notre vie du quotidien, le travail, la santé, la cuisine dans les traditions, mais aussi avec cette dimension du sacré. Le Matseru, c'est la personne qui va faire le lien entre le monde des vivants et le monde des morts. Et il y a plein de plantes qui vont être utilisées par le Matseru. La principale, ça va être au Lumine, l'Asphodel. Encore du sud, on va appeler Tarawe, Talawel, Taralbouch, Taraouch. Il y a plein de noms différents. Chez nous, ça va plutôt être Albouch, Lumine. En fait, les noms vont aussi être en fonction de l'utilisation de la plante. Et l'ou miné, c'est vraiment pour le Matseru. Ça va être la torche et en même temps, ça va être la baguette. A Matsa, c'est sa baguette. Le Matseru, c'est celui qui tient la baguette, du coup. Et avec une tige d'asphodèle séchée, la nuit du 31 juillet, donc la nuit des sorciers et des sorcières, ils vont se retrouver en haut d'école. Et chaque clan de Matseru, ils vont se livrer des batailles nocturnes avec cette tige. d'asphodèle. Et ça va à la suite du combat. Le clan qui est vainqueur sera le clan qui va gérer la micro-région et le canton pendant l'année à venir, du coup. Et l'asphodèle, c'est une plante qui va faire ce lien entre le monde des vivants et des morts en Corse, mais c'est une plante qui a toujours eu cette symbolique-là partout où elle pousse, surtout dans le bassin méditerranéen. Chez les Grecs, on en mettait sur les tombes, chez les Grecs anciens, pour fleurir les tombes, parce que c'est une plante que les morts pouvaient... manger dans l'au-delà, du coup, vu que sa racine, elle est panifiable à l'asphodèle. Donc, c'est une plante qu'on va retrouver dans le pré des asphodèles, dans l'enfer grec aussi. Donc, c'est une plante vraiment qui fait ce lien-là. Il y en a plein d'autres. Chez les amérindiens, on va retrouver la sauge qu'on va brûler pour faire partir les esprits ou pour assainir un endroit.
- Speaker #0
C'est le cyste qui fait un peu le même genre. Il y a ça.
- Speaker #1
La sauge aussi, on peut l'utiliser pour ça. Alors, nous, la sauge, on va la retrouver Pareil, dans le moment où le voile est le plus fin entre les morts et les vivants, c'est-à-dire la nuit du 31 octobre et le 1er novembre, vers Bastia, il y a un gâteau qui se fait à la Toussaint, qui s'appelle la Zalviade. C'est un gâteau en forme de S, une espèce de panette, dans laquelle on met traditionnellement de la sauge. Donc là aussi, elle va avoir, la sauge, ce lien entre les vivants et les morts. Donc il y a plusieurs plantes comme ça qui vont être rattachées à... un côté un peu magico-sacré, magico-religieux des fois.
- Speaker #0
Il y a la bruyère aussi qui a une petite histoire, si tu veux bien nous la raconter.
- Speaker #1
Alors la bruyère, elle a...
- Speaker #0
C'est une histoire de maudit.
- Speaker #1
C'est une histoire de maudit. Elle est hyper intéressante, la bruyère. La bruyère à Scob, elle n'a pas caché le Christ du coup, quand il ne se fasse pas prendre par les Romains. C'est l'arbouze qui l'a caché. Donc l'arbouze, on lui a donné la faculté d'avoir le fruit et la fleur en même temps sur la même branche. Et la scob, elle est condamnée à ne jamais ouvrir ses fleurs parce qu'elle n'a pas caché le Christ au moment où il fallait le cacher. Elle s'est même écartée. Moi, je... Une balance. Une balance. Moi, ça me dérange parce que c'est une de mes plantes préférées.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai ma fleur préférée, mon huile essentielle préférée, mon odeur de fleur préférée et c'est jamais la même plante. Mais du coup, c'est mon excuse pour en avoir plein de préférées différentes. Et la bruyère, c'est mon parfum de fleurs. préférée. Quand il y a le début du printemps et que tu marches dans le maquis, quand tu sens l'odeur de la bruyère, pour moi, c'est vraiment l'arrivée du printemps. Je trouve que ça sent le miel, ça a une odeur vraiment hyper sucrée. Et c'est une plante hyper intéressante. La bruyère, on en a deux en Corse. On a la bruyère arborescente, Erycarborea ascob. Et on en a une autre qui est Erycascoparia, qui est la bruyère à balais. Et les Corses, ils ont toujours cru que c'était la même plante. Du coup, ils ont appelé la bruyère pour le feu, pour faire les pipes, la bruyère arborescente, ascoba masculine, la bruyère masculine, entre guillemets, la mâle, et l'ascoba féminile, c'est la bruyère à balais. Sauf que les deux sont des plantes dioïques et hermaphrodites, elles se fécondent elles-mêmes, elles sont mâles femelles. Du coup, on pourrait même se dire qu'ils ont dit, allez, l'ascoba pour faire les balais, c'est l'ascoba féminile pour les femmes. La scob à masquille, et pour faire le feu, c'est la scob à masculin. C'est même dans les plantes. Il y a un côté un peu machiste. Je ne pense pas que ce soit ça. Je pense que c'est vraiment une confusion de mâle-femelle en termes de botanique. Mais c'est marrant l'anecdote sur ça. Et c'est une plante vraiment incroyable. La scob à Eryca arborea. Elle a une souche qui met énormément de temps à brûler. C'est ce qui va servir pour faire le bois de pipe, pour faire les pipes. ou du bois de chauffage et du charbon de très haute qualité qui met du temps à brûler. Par contre, les branches brûlent très vite pour le coup.
- Speaker #0
Oui, mais les branches, parce qu'elles sont très belles, je te l'accorde. D'ailleurs, j'aime bien en cueillir de temps en temps, mais c'est hyper éphémère. C'est-à-dire que quand tu la cueilles et que tu veux la mettre dans ton salon, même si tu mets dans de l'eau, toutes les feuilles... Ça tombe. Oui, immédiatement. Les petites aiguilles tombent immédiatement et ça fait très, très sale. Et du coup, ça devient très nu très vite. Donc, ce n'est pas du tout intéressant. Merci pour tout ça. On a parlé un petit peu du passage avec les matéries entre le monde de la vie et le monde des morts. Est-ce qu'il y a une plante qui est vraiment intéressante dans le passage vers la mort ? Est-ce qu'on peut s'accompagner lorsqu'on est en fin de vie, lorsqu'on a un décès, pour pouvoir aider notre âme à passer de l'autre côté ? Est-ce qu'on peut utiliser une plante en particulier ? Et comment ?
- Speaker #1
Alors, il peut y en avoir vraiment plusieurs, ça va être au goût de chacun. C'est un peu... un peu morbide de dire au goût de chacun en parlant du passage dans l'au-delà. Aujourd'hui, on pourrait donner une symbolique intéressante à ça, à l'immortel, par exemple. Pourquoi pas fleurir d'immortel le passage vers l'au-delà ? Parce que rien que le nom donnerait du sens. Mais il y a des plantes qui vont être assimilées à tout ça. Il y a déjà la sauge, encore une fois.
- Speaker #0
On mettait des bouquets dans les cercles. Tout à fait. Je le fais toujours. En tout cas, je le fais pour les miens, comme on dit.
- Speaker #1
L'asphodelle aussi, ça pourrait se faire encore. Après, ce serait plutôt en période où elle est en fleurs. Tu vois, alors que l'immortelle, ce qu'il y a de bien, c'est qu'on peut la faire sécher pour utiliser des bouquets tout le temps.
- Speaker #0
Je le rappelle, c'est une fleur qui ne fane jamais. Son odeur est aussi immortelle.
- Speaker #1
Et le millepertuis. Vu que c'est une plante associée à la Saint-Jean, aux saucisses d'été, à la magie blanche, c'est une plante qu'on va mettre devant les maisons pour protéger les maisons. Donc, c'est une plante qui pourrait accompagner aussi. Et après, si on revient sur les matières, il y a une plante qui est très intéressante qui s'appelle l'herbage dreg. Et l'herbage dreg, en français, c'est l'épière poisseuse. C'est une plante du maquis qui a des petites épines et des petites fleurs blanches. C'est une lamiacée. Donc, on va vraiment avoir des fleurs qui vont ressembler toujours à ces petites orchidées, comme sur le romarin, l'anébida ou la sauge, mais blanches et qui a une odeur... très très très forte et on dit que soit on la déteste l'odeur de cette plante soit on l'aime bien et si on l'aime bien ça veut dire qu'on est matzé il n'y a que les matzé qui aiment l'odeur de cette plante et ça bon je ne connais pas vraiment les usages magiques mais c'est une plante qui est assez intéressante et qui pourrait aussi faire office de lien avec l'au-delà pour le coup.
- Speaker #0
Aujourd'hui beaucoup de gens parlent des plantes plutôt en théorie de ce qu'ils ont vu, de ce qu'ils ont lu mais pas beaucoup de personnes l'appliquent toi tu passes ton temps avec les plantes dehors ou dedans, en enseignant à des adultes ou à des enfants. Et du coup, tu permets à des gens de découvrir cet univers-là, même aux personnes qui vraiment n'ont aucune notion de base. J'aimerais qu'on parle vraiment du terrain, c'est-à-dire, est-ce qu'il y a une tendance ou une façon de faire que les gens peuvent avoir avec les plantes, quand tu fais une balade par exemple, qui peuvent te mettre mal à l'aise ?
- Speaker #1
Alors, je vais revenir un peu sur ce que j'ai dit tout à l'heure, sur le fait que des fois, ils vont spontanément prendre des morceaux de plantes et les goûter. alors qu'on n'est pas sûr de ce qu'on est en train de ramasser. Et il n'y a pas quelque chose qui me met forcément mal à l'aise, mais j'essaye d'être le plus précis possible, donc de montrer vraiment les aspects botaniques, de ne pas me tromper sur les familles, les genres, les espèces. Et les gens ont vraiment du mal à reconnaître les plantes. Après, pour moi, ça devient évident parce que je le fais souvent. Mais des fois, il y a vraiment des aspects qui peuvent vraiment permettre de reconnaître et les gens, ils sont un peu largués. Et en fait, plus on leur donne d'infos, Plus ils vont être dans la confusion. Donc, c'est là que c'est un peu compliqué. Il faut réussir à trouver l'équilibre pour amener une info et pas trop surcharger aussi la personne qui ne connaît pas, qui est là pour découvrir. Donc, ce n'est pas vraiment du malaise, mais il faut réussir à trouver un équilibre.
- Speaker #0
C'est comme pour tous. Et quand tu découvres un univers, un domaine d'activité, si tu rentres de suite dans le détail, ça va devenir trop confus, trop complexe. Et tu vas finir par peut-être ne rien retenir. Alors que si tu passes sur des petites bases, des choses simples... et que comme tu fais des petites interactions, ça permet d'ancrer ça dans le réel. Quelle erreur tu vois le plus souvent chez les gens qui utilisent les plantes sans vraiment les connaître ? Pas forcément lors de tes balades, mais même au quotidien, dans ton entourage, des gens que tu connais, amis d'amis, etc.
- Speaker #1
Ce que je vois souvent, c'est, sans parler du fait de l'aromathérapie qu'on a évoqué tout à l'heure, où les gens peuvent potentiellement mal utiliser certains produits créés à base de plantes, il y a aussi les gens qui les confondent. Je vois beaucoup de confiance. de plantes. J'ai des gens que je connais qui sont à fond dans les plantes, qui les connaissent assez bien. Ils vont découvrir une plante en disant « Ah mais cette plante, je viens de la remarquer, elle est incroyable et tout. Elle ressemble énormément à une autre plante. » Et bien, ils vont la confondre. Et quand on vient pour essayer d'expliquer « Non, ce n'est pas celle-là, c'est celle-ci. » Il y a des gens que je connais qui pensaient qu'il y avait de l'angélique archangélique, sauf qu'il n'y en a pas en Corse, de l'angélique archangélique. C'était du maceron. Et c'est vrai que si on les regarde, ça se ressemble vraiment beaucoup. Et souvent, je suis confronté à ça. Et plus généralement, j'ai déjà entendu dans mon entourage moins proche, des gens qui se sont empoisonnés avec de la ciguë, en pensant que c'était de la carotte sauvage. Donc là, c'est vraiment très grave pour le coup. Donc on est vraiment dans des... Ça peut arriver aussi... À des gens qui s'y connaissent.
- Speaker #0
Oui, et puis bon, après, il y a plein de plantes qui se confondent assez facilement. surtout en fonction de leur stade de floraison. Je pense par exemple aux fenouilles qui se confondent. Et pour le coup, au début, ils sont tous les deux tout petits, ils ressemblent à la même chose, ils sentent plus ou moins la même chose. Donc il faut regarder à quelle époque de l'année on est, à quel endroit on est, plein de choses avant de pouvoir prendre la plante. Et d'ailleurs, même moi, j'ai toujours peur de me tromper. Il y a des moments où je ne cueille pas du tout de fenouilles.
- Speaker #1
Surtout au printemps, parce que c'est au printemps que la férule va monter en fleurs et tout, donc il vaut mieux éviter. Et sur les hauteurs là-bas, près du cimetière, en allant vers le cimetière de Bonivades, il y a, sur le chemin, j'ai fait une balade botanique l'an dernier, il y a la férule et le fenouil à côté pour le coup. Ah, j'ai pas fait attention. Et là, ça va sortir, je pense, d'ici la fin de l'hiver. Et c'est là qu'on peut voir...
- Speaker #0
La férule, ça tue des vaches, donc on peut bien s'imaginer qu'est-ce que ça peut nous faire.
- Speaker #1
À verrouiller.
- Speaker #0
Donc c'est très beau au début, mais par contre, même la plante est belle.
- Speaker #1
Elle est belle et elle servait, ça durcit, ça devient très dur la tige de ferrure. Ça servait à faire les cannes. C'était le bois utilisé pour faire les cannes. Et en Corse, on l'appelle la verula. Faire là, ça veut dire fouetter. Donc ça servait à faire des bâtons pour fouetter les mécréants dans les temps anciens.
- Speaker #0
Alors si tu devais choisir une seule plante corse, celle qui te touche le plus personnellement laquelle ce serait ?
- Speaker #1
Alors, j'ai évoqué le myrte comme étant mon huile essentielle préférée. Ascobe comme étant mon odeur de fleur préférée. Ma fleur préférée maintenant, c'est la carotte sauvage ou bastinache. C'est une plante donc ombélifère qui a une forme qui a inspiré, pas seulement cette plante, mais c'est la plante principale qui a inspiré le courant de l'art nouveau au 19e siècle. Parce qu'elle va faire des ombèles et tu as les... La petite couronne de feuilles en dessous, cette forme comme ça, a donné la forme des boiseries, de la ferronnerie, liée à tout le courant de l'art nouveau. Et c'est une plante que je trouve magnifique, on dirait de la dentelle.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Quand elle n'est pas recouverte de millions de bébêtes. Mais ça aussi, c'est beau parce que c'est une plante qui est extrêmement importante pour la biodiversité.
- Speaker #0
Il y a un petit point noir au milieu. Et des fois, on peut le confondre avec une bête, parce qu'il y a aussi beaucoup de bêtes sur cette fleur.
- Speaker #1
Et elle a des poils blancs. sur la tige et les feuilles. Donc, ne la confondez pas avec la grande ciguë qui est du poison mortel, pour le coup. Mais c'est une plante vraiment magnifique.
- Speaker #0
Tu l'as expliqué tout à l'heure. Maintenant, on en sait un petit peu plus sur tes plantes préférées dans toute leur forme. Est-ce que, selon toi, il y a une plante corse qu'on sous-estime ?
- Speaker #1
Je vais revenir. Il y en a deux. L'immortelle, on ne la sous-estime pas du tout. C'est une plante qui est vraiment mise à l'honneur. Et je pense que tu es une des... des plus grandes militantes de l'immortel de Corse.
- Speaker #0
Je ne suis pas la seule, on est nombreux. Oui, mais tu fais de la médiathlon,
- Speaker #1
oui. Pour moi, il y a deux plantes qui ne sont vraiment pas mises en avant et qui sont hyper importantes. C'est le myrte, comme je l'ai dit tout à l'heure. On ne va pas revenir sur les différents aspects, mais il y a aussi le romarin de Corse, le romarin verbenone de Corse qui est endémique du maquis et qui est un des romarins les plus puissants en termes d'huile essentielle aussi. Et je trouve que ce n'est pas... trop, trop mis en avant, même au niveau des produits. Il y a des choses incroyables qui sont faites, des très bons hydrolats, des bonnes huiles essentielles, des produits qui sont très, très bien. Mais je trouve que ce n'est pas forcément mis en avant et ça aurait le mérite de l'être.
- Speaker #0
Parce que c'est une plante qui est plus commune, qu'on trouve partout. Et peut-être comme on la voit trop, ça nous paraît normal, inintéressant peut-être. C'est un petit peu dans notre société de consommation d'aujourd'hui. Et en effet, le romarin, moi, je l'apprécie particulièrement. Mais des fois, j'étais un petit peu déçue parce que là, pour le coup, il a fallu que j'attende qu'il y ait des vidéos TikTok sur du romarin en eau florale parce que ça fait pousser les cheveux et que c'est génial pour les cheveux et même pour le visage, pour les boutons notamment, en eau florale. Et pour le coup, c'est grâce aux vidéos TikTok que j'ai pu m'appuyer en disant « Regardez, vous avez vu sur TikTok, c'est un petit peu la mode, c'est la tendance, c'est top tendance. » Mais le romarin corse, c'est la version romarin, plus, Et je suis obligée de me servir de ça des fois pour... de crédibiliser des choses qui sont pourtant ancestraux.
- Speaker #1
Il est trop assimilé déjà à la cuisine.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Pour beaucoup. Alors que dites-vous que quand une plante, vous pouvez la manger, ça veut dire qu'elle fait vraiment du bien pour le corps. Et on parle aujourd'hui de manger sa skin care. Donc dites-vous que ça fait longtemps qu'on mange sa skin care.
- Speaker #0
Leur skin care aussi. Est-ce qu'il y a une plante qu'on utilise beaucoup, mais qu'on ne respecte pas ?
- Speaker #1
S'il y a une plante qu'on utilise beaucoup et qu'on ne respecte pas, j'irais plutôt sur l'immortel. Alors, pourquoi ? Je pense que les gens qui la cultivent, qui la transforment, font les choses dans les règles de l'art. Ils la respectent clairement. Après, je pense que la Corse, on vit quand même, on est sur une île qui vit du tourisme. Je pense qu'on vit une phase de surtourisme. Il y a une réglementation qui fait qu'on peut cueillir un litre par jour par personne, ce qui est déjà trop.
- Speaker #0
Même le mot un litre, ça ne veut rien dire. Ça parle à personne. Concrètement, si je peux expliquer, c'est juste de... Un petit bouquet qui tient dans la main. Et c'est donc un litre par jour et par personne. Et en plus de ça, en fonction de la période de floraison. C'est-à-dire qu'on ne peut pas cueillir de l'immortel à tous les moments de l'année. Ceux qui viennent au mois d'août, c'est-à-dire la plupart des touristes, ils ne peuvent pas cueillir au mois d'août, parce que c'est souvent à cette période-là qu'elle est en train de faire sa graine et du coup, de se renouveler. Et si on la cueille à ce moment-là, c'est là où on casse toute la chaîne naturelle.
- Speaker #1
Exactement. Même en période de floraison, il faut en laisser pour les abeilles. Il faut quand même qu'elles puissent se reproduire. Et donc... C'est en ça, et on sait qu'il y a des gens qui l'accueillent clandestinement aussi pour la transformer, des gens qui ne sont pas des artisans forcément de Corse.
- Speaker #0
Non, qui viennent d'ailleurs avec des camions, qui sont utilisés dans des endroits à l'entour.
- Speaker #1
Donc c'est en ça que je trouve que c'est une plante qui est très mise en avant, mais qui n'est pas du tout respectée à ce niveau-là. Et aussi, on est dans une phase où les producteurs de Corse essayent de mettre en place l'IGP sur l'immortel de Corse.
- Speaker #0
Vous en avez parlé dans un épisode, vous voulez écouter le deuxième épisode, justement.
- Speaker #1
Et du coup, ils se battent pour ça, ce serait bien que les choses se mettent en place parce que ça va pouvoir protéger ces distillateurs et ces gens qui la transforment parce que des gens qui font de l'immortel dans les Balkans peuvent... d'immortels de Corse sur leur flacon.
- Speaker #0
C'est exactement ce qui se passe pour certaines marques. Je ne citerai pas forcément, mais pour le coup, il va y avoir des huiles essentielles dites d'immortels millésimes, par exemple, où ils mélangent un peu de la Corse, mais avec plein d'autres d'ailleurs qui coûtent beaucoup moins cher, forcément, et qui n'ont pas les mêmes modes de distillation non plus, et plein d'autres contraintes qui ne sont pas les mêmes. et qui ont pas les mêmes vertus aussi. Et donc, du coup, ils se basent là-dessus pour faire un petit peu plus de marketing. Et en effet, je suis d'accord avec toi sur le fait que l'immortel, elle est un petit peu respectée parce qu'on en a fait un tel mouvement de communication et il y a eu trop de pubs là-dessus, ce qui est génial parce que ça a fait connaître aussi notre patrimoine botanique. Donc ça, c'est un point hyper positif. Mais là, on en subit un petit peu le négatif. Déjà parce que tout le monde s'est mis un petit peu à faire de l'immortel parce que c'est la mode et pas parce que c'était une vocation. Donc, ceux-là, forcément, sur le long terme, ils ne resteront pas longtemps. Mais pour le coup, il y a des gens qui se sont mis aussi à cueillir ça dans leur jardin, à cueillir ça sur le littoral sans se poser la question de quoi que ce soit, en se disant « je suis chez moi, je suis en Corse, c'est à moi, je fais ce que je veux » , alors que non, comme dans tout endroit, on respecte la nature, on n'enlève pas ni le sable, ni la pierre, ni etc. Si on veut, on a un terrain. privé, on fait un petit peu ce qu'on veut pour le coup, mais sur le domaine public et le littoral, il faut respecter la nature au moins pour qu'elle puisse se régénérer correctement. Et puis après, il y a ces mauvaises utilisations aussi où on en met 3 tonnes, tout le monde veut. Moi, je pose toujours la question, les gens qui rentrent chez moi, qui me demandent de l'immortel, vous connaissez un petit peu la plante, vous savez comment on s'en sert ? La réponse est systématiquement oui. Alors qu'en vrai, quand je creuse un petit peu, c'est non. En fait, c'est-à-dire que oui, ils en ont entendu parler, c'est hyper branché, c'est ce qu'il faut. On sait que c'est bien, il faut en prendre, il faut en avoir. Mais concrètement, comment on l'utilise, pourquoi, quand, pour qui, etc. Toutes ces indications-là, ils ne les ont pas forcément. Ils n'ont pas l'habitude de la pratiquer au quotidien et c'est là où j'interviens. Mais il faut faire un peu le serpent pour ne pas blesser les égaux certaines fois parce que... Il y en a qui me répondent « Non mais je suis corse » . Il y a des corses qui ne savent pas forcément utiliser l'hymne mortel.
- Speaker #1
Il y en a plus qui sont dans cette démarche-là de savoir que c'est bien, sans savoir comment.
- Speaker #0
C'est un très bon départ, mais pour le coup, ça serait bien que même tous les corses puissent savoir véritablement comment on s'en sert.
- Speaker #1
C'est pour ça que le fait qu'il y ait une IGP, qu'il y ait de la recherche universitaire, et qu'il y ait de la médiation qui soit créée, c'est des choses qui sont hyper importantes. Mais il faudrait que ce soit appliqué pour toutes les plantes importantes de l'île. le mythe, le romarin, qui sont des plantes qui méritent d'être protégées aussi, mais aussi d'être mises en avant.
- Speaker #0
Exactement. Est-ce qu'il y a une plante que tu respectes tellement que du coup tu ne l'utilises pas du tout ? Ou plus ?
- Speaker #1
C'est la plante dont j'ai parlé tout à l'heure, des matières, et justement c'est l'herbage dreg, qui je trouve qu'on n'en voit pas trop. Il y a deux plantes, je dirais. Il y a celle-là qui va arriver printemps-été. Soit je vais vraiment cueillir un tout petit morceau pour la montrer dans un atelier, mais vraiment un tout petit morceau et essayer de vraiment la préserver. Des fois même, je n'ai pas envie d'en parler. Ça dépend vraiment du moment. Il y a une autre plante que j'aime beaucoup, que je cueillais quand j'étais enfant et j'ai appris qu'il ne fallait pas la cueillir. C'est une plante qui est protégée. Ce qui serait en Corse l'équivalent d'un muguet, parce qu'en Corse, on n'a pas de muguet sauvage. On a une petite orchidée qui pousse au mois de mai, qui s'appelle le céphalentaire à feuilles étroites, et qui est une petite orchidée blanche magnifique.
- Speaker #0
C'est en hauteur, c'est en altitude ?
- Speaker #1
C'est plutôt en altitude, et c'est assez rare aujourd'hui. C'est une plante que je ne dis même pas où on peut la trouver. Je connais mes petits endroits, je ne la ramasse plus. Je regarde, je l'observe. Je monte tous les ans voir s'il y en a d'autres qui poussent. Parce que je trouve qu'elle a vraiment...
- Speaker #0
C'est aussi de développement de la nature.
- Speaker #1
Il y en a moins. Du coup, il y a un petit endroit où je sais qu'elle pousse. Et tous les ans, je fais une espèce de petite observation pour voir si ça continue de pousser pour le coup. Donc ça, c'est une plante que j'affectionne énormément.
- Speaker #0
Il y a des plantes qui peuvent agir différemment selon l'état émotionnel. Je dirais un petit peu comme une drogue, parce que souvent, des fois, quand on dit quand on prend une drogue, si on est dans un bon mood, ça peut bien se passer. Par contre, si on est dans un mauvais mood, ça risque d'être mauvais. Évidemment, les drogues sont mauvaises pour la santé. Mais pour le coup, dans ce même principe-là, est-ce qu'il y a des plantes sur lesquelles il faut être plus vigilant par rapport à son état émotionnel ?
- Speaker #1
Tout à fait, surtout quand on va faire de l'olfactothérapie, qu'on va sentir les plantes. En fait, souvent, quand on fait de l'aromathérapie, on va regarder aussi la réaction des gens. quand ils vont respirer une plante. On sait qu'une plante, elle agit sur telle émotion, donc telle émotion, elle est peut-être liée à tel organe, tout ça. On va faire sentir la plante, on voit qu'il y a un rejet, donc peut-être qu'il y a une faille, il y a quelque chose à ce niveau-là. Il y a des plantes, on parle de l'immortel, elles soignent les bleus de l'âme, donc des fois, si émotionnellement on est un peu fragile, peut-être que ce n'est pas le moment de la sentir, ou alors c'est peut-être ce qu'il faut pour aller mieux, mais... Des fois, ça peut être un peu compliqué aussi.
- Speaker #0
On n'est pas forcément armé pour porter cette plante qui pourrait être le bon outil, justement.
- Speaker #1
Ça peut être vraiment très puissant. D'ailleurs,
- Speaker #0
on a un épisode sur les émotions qu'on peut retrouver sur le podcast. Ce que tu dis, c'est hyper intéressant dans le sens où, j'ai d'ailleurs fait une vidéo là-dessus, quand on a une réaction très forte à une odeur de rejet, c'est peut-être le signe que c'est la plante qu'il nous faut pour aller mieux.
- Speaker #1
C'est ça. Soit c'est celle-là, soit ça veut souligner que c'est la partie du corps à laquelle elle est liée qui ne va peut-être pas bien. Et on peut trouver d'autres choses aussi. Du coup, c'est un signal.
- Speaker #0
C'est fortement quelque chose qu'il faut interpréter d'une manière ou d'une autre parce qu'il y a quelque chose à en tirer. Les plantes sont toujours nos amies.
- Speaker #1
Les réactions les plus spontanées. Moi, je fais un peu d'olfactothérapie avec les gens en atelier, mais pas pour traiter des mots, mais juste pour essayer de leur faire reconnaître l'odeur, la plante qu'ils sont en train de sentir. Et des fois, j'ai des réactions où on voit vraiment qu'on rejette. C'est très spontané avec les enfants. Ça donne des indications un peu sur l'état émotionnel des publics.
- Speaker #0
Ça ne ment pas, on va dire. Alors, du coup, lors de tes balades, j'imagine que tu as des moments forts qui ont été intéressants. Est-ce que tu peux nous raconter quelque chose qui t'a marqué ?
- Speaker #1
Alors, il y a eu l'an dernier, j'ai fait une balade chez une distillatrice, justement, du Fiumour, une dame qui distille des huiles essentielles et qui cultive de l'immortel. Pendant qu'on était en train de balader dans son terrain, où il y avait plein de plantes qui poussaient, même elle, elle ne se rendait pas compte qu'il y avait plein de plantes médicinales qui étaient sur les chemins, on a été accompagné par une biche. Il y a une biche qui est venue et qui a fait toute la balade avec nous et qui est restée comme si c'était un animal domestique qui nous accompagnait.
- Speaker #0
C'est un animal qui a peur. normalement, donc elle est censée partir lorsqu'un humain s'approche.
- Speaker #1
Alors dans le fumeur les cerfs qui ont été réintroduits il y a plusieurs décennies sont en train de proliférer à fond, donc ils sont un peu habitués aux humains et elle, elle était avec nous pour le coup, donc ça, ça a été vraiment un moment hyper fort de cet animal sauvage qui est venu se balader, qui était en confiance totale, les gens étaient hyper ouverts et n'ont pas eu peur et c'était vraiment un moment assez incroyable.
- Speaker #0
Comme quand tu vas en mer, tu vois les dauphins.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ok. J'avais vu un truc super intéressant. À un moment donné, tu avais eu une story où tu avais un espèce de petit appareil que tu branchais aux plantes et tu faisais écouter le son des plantes aux enfants.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu peux me dire là-dessus ?
- Speaker #1
Alors, ça, c'est un atelier que j'ai mis en place pour montrer, justement, tout à l'heure, j'ai parlé d'intelligence des plantes. En fait, pour montrer que les plantes, elles ont une forme d'intelligence, j'ai trouvé ce petit boîtier qui permet de les faire... parler en fait, de montrer que les plantes peuvent communiquer, c'est une manière de montrer que les plantes sont intelligentes pour le coup et la musique ça fait C'est partie de ma matière aussi en tant qu'artiste. Du coup, c'était intéressant d'aller le lire. Du coup, c'est un petit boîtier qui a été développé en Italie par de la recherche scientifique qui va capter les signaux électriques émises par les plantes qui sont dans le réseau cellulaire. Et en fait, on se rend compte que quand il y a le feu qui arrive, qu'il y a du vent, qu'il manque d'eau, elles envoient des signaux électriques qui peuvent être différents. Ce boîtier les transforme en ondes sonores et du coup, ça fait du son. Le son que ça émet, la couleur du son, c'est évidemment mis en place par le boîtier. Mais les notes, c'est ce que dit la plante. Du coup, c'est le signal électrique de la plante. Donc, l'idée, c'est de leur montrer que les plantes, ce n'est pas forcément un être statique qui ne vit pas d'émotions. Quand elle est en stress, sa mélodie échange. Quand il y a le feu qui va arriver, elles se préviennent les unes et les autres de se mettre en protection. Quand il y a des insectes qui commencent à les grignoter, certaines, elles vont apparaître. appeler certains prédateurs qui viennent manger l'insecte. Ça va super loin, l'intelligence et la communication des plantes. Et du coup, ce boîtier me permet de faire ça. Et j'espère que maintenant que j'ai ce boîtier qui crée de la musique à partir des plantes, m'en servir pour faire de la musique et des créations.
- Speaker #0
Parce que tu en retires beaucoup des plantes et de la nature quand tu crées. C'est d'ailleurs ce qui fait que j'ai fait appel à toi pour le podcast Immortel. Vincent, merci. J'aimerais juste que tu dises... Ojan, s'il y a une ressource, un livre intéressant à recommander quand on veut commencer les plantes corse, qu'est-ce que tu conseillerais ?
- Speaker #1
Alors, il y en a plusieurs. Déjà, si vous voulez, il y a des bons guides sur les huiles essentielles de Corse, au moins pour connaître les plantes qui sont distillées. Après, il y a un livre que j'aime beaucoup, on ne le trouve plus trop sur le marché, mais dans toutes les bonnes médiathèques ou bibliothèques qu'il y ait, c'est Herbourie, Herbe et Herbie, qui a été fait par le Parc Régional de Corse. qui est une bible du savoir traditionnel sur les plantes. Et après, tout ce qui va être publié par Arina, Ausha, le genre de médiation qu'ils peuvent mettre en place, le conservatoire botanique de Corse aussi. Alors ça, c'est plus technique, mais c'est intéressant.
- Speaker #0
Celui qu'il a cité, il y a plutôt des usages traditionnels, pas forcément des usages aromathérapie.
- Speaker #1
On va voir les noms, pourquoi c'était utilisé dans la transmission orale. Enfin, c'est intéressant.
- Speaker #0
Mon grand-père m'a léguée, en tout cas, et qui m'a aussi initiée à l'amour des plantes. Et en tout cas, qui m'a fait un lien de résonance avec mes racines. Du coup, c'était super intéressant. Est-ce que tu aurais un conseil ou un message à partager avec nos auditeurs sur les plantes corse en général ?
- Speaker #1
Les plantes de Corse, c'est vraiment, comme depuis tout à l'heure, on parle de culture et de patrimoine. Il faut vraiment envisager la plante et le vivant comme un vrai patrimoine. culturel et naturel, mais vraiment un vrai patrimoine culturel. C'est ce qui fait qu'on peut vivre sur notre île et on peut vivre de notre île. Mais il faut qu'on arrive vraiment, c'est vraiment indispensable qu'on arrive à trouver un vrai équilibre pour que nous, déjà les habitants qui sommes là à l'année, on arrive à pouvoir être vraiment vivre en adéquation avec notre territoire et en même temps qu'on arrive aussi à mettre en avant notre patrimoine. à pouvoir en vivre et faire en sorte qu'on arrive à partager notre culture.
- Speaker #0
Merci beaucoup pour tout ça. Je remercie aussi le Royal qui nous a accueillis aujourd'hui avec cette très belle vue. Si cet épisode t'a permis de regarder les plantes autrement, de sortir des clichés et de comprendre qu'elles peuvent nourrir bien plus que le corps, alors abonne-toi au podcast Immortel, mets-nous 5 étoiles, c'est très important. C'est ce qui permet au podcast de grandir et d'inviter encore plus de voix inspirantes et de continuer à parler de ta peau, de ton corps et de ton âme. Pense aussi à partager à quelqu'un qui aime bien la nature, la beauté ou simplement réfléchir autrement. On se retrouve tous les derniers vendredis du mois, tout comme les plants de Corse restent simples et fraîches.