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#7 Valoriser l’humain face aux défis du marché cover
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#7 Valoriser l’humain face aux défis du marché

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42min |09/01/2025
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#7 Valoriser l’humain face aux défis du marché

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Description

🎙️ Dans cet épisode d’IMMOSTORIES, Morgane Bentata parle de son parcours et de l’engagement qu’elle porte, à travers son travail, à replacer l’humain au centre du secteur immobilier.


Notre invitée prend du recul sur les échelons qu’elle a gravis au sein de Valority, un groupe riche par la diversité de ses métiers, et nous partage l’importance des valeurs qu’elle porte dans son travail, tant pour guider ses équipes qu’accompagner ses clients. ⭐️


Avec passion, Morgane revient notamment sur les initiatives RSE mises en place pour soutenir les étudiants et leur santé mentale dans un contexte où la bienveillance et l’accompagnement sont essentiels.


🏛️ Elle aborde également les défis actuels du secteur immobilier, marqué par une demande croissante et un manque de logements préoccupant, mais aussi par une reconnaissance insuffisante des enjeux immobiliers au niveau gouvernemental.


Un épisode engageant pour celles et ceux qui souhaitent comprendre comment allier impact humain et responsabilité sociale dans un secteur en pleine difficulté. 👏


Découvrez aussi l'épisode au format vidéo !


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Thomas Reynaud

    Bonjour à tous et à toutes et bienvenue sur ImmoStories, le podcast qui vous plonge dans les coulisses de l'entrepreneuriat dans le monde de l'immobilier. Mon objectif est simple, je voulais présenter, vous faire découvrir le parcours des personnalités inspirantes dans le secteur de l'immobilier, un secteur qui nous concerne tous. Je m'appelle Thomas Reynaud. Je suis CEO et fondateur de Garantme et je suis ravi de vous accueillir. Alors ImmoStories a vu le jour grâce au soutien de l'ESPI, l'école supérieure immobilière. Comme vous le savez peut-être, l'ESPI forme les talents de demain dans le domaine de l'immobilier. J'en profite pour les remercier chaudement de leur accompagnement. Et pour cet épisode, j'ai la chance de recevoir une invitée de talent, Morgane Bentata. Elle est directrice générale des métiers de l'administration de biens dans le groupe Valority. Bonjour Morgane.

  • Morgane Bentata

    Bonjour Thomas.

  • Thomas Reynaud

    Est-ce que tu peux te présenter pour nos auditeurs ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, je m'appelle Morgane Bentata et je suis directrice de l'administration de biens du groupe Valority. Le groupe Valority c'est quoi ? C'est un groupe qui intervient dans l'univers de la gestion patrimoine avec trois grandes activités conception, conseil et gestion. On aura le plaisir d'élaborer un peu plus tard.

  • Thomas Reynaud

    Ok, peut-être juste pour que tout le monde comprenne, l'administration de biens, c'est quelle partie de votre activité ?

  • Morgane Bentata

    C'est la partie gestion, du coup, exactement.

  • Thomas Reynaud

    Donc tout ce qui se passe après la livraison des biens ?

  • Morgane Bentata

    Ce qui va se passer une fois que la livraison du bien, que ça soit... du produit classique, ce que l'on appelle les produits classiques, les appartements classiques ou du produit meublé et on gère des résidences étudiantes, plus de 60 résidences étudiantes en France avec entre 5 et 10 ouvertures par an.

  • Thomas Reynaud

    Ça tombe bien, ça parlera peut-être aux étudiants de l'ESPI. On connaît bien,

  • Morgane Bentata

    puisqu'on est grands sponsors de l'alternance et donc on a beaucoup d'alternants dans notre groupe qui viennent de l'ESPI.

  • Thomas Reynaud

    Ok, top. L'objectif, c'est aussi de parler carrière dans l'immobilier. Est-ce que tu peux nous raconter un peu ton parcours depuis le début jusqu'à aujourd'hui ?

  • Morgane Bentata

    Alors, un parcours un peu atypique, parce que je n'ai pas du tout fait mes études dans l'immobilier. Je suis partie faire mes études au Pays-Bas, en droit. spécialisé en droit international public et droit de l'homme vraiment donc toute la partie études supérieures aux Pays-Bas je suis rentrée à Paris à Nanterre faire un master de toujours en droit de l'homme

  • Thomas Reynaud

    Qu'est-ce qui t'a poussée à partir aux Pays-Bas ?

  • Morgane Bentata

    Très sincèrement, j'avais fait une année de fac à Lyon. Ce n'était pas pour moi. Les amphis de 300 personnes, ce n'était pas pour moi. Ce n'est pas possible. J'ai besoin d'un cadre. J'avais besoin de rigueur. Et là-bas, plus de trois journées d'absence par trimestre et tu as zéro à tes cours. Donc, il faut tout recommencer ton année. Donc, très sincèrement, là, j'avais de la rigueur. Et du coup, ça m'a permis d'être beaucoup plus assidue dans mes études. Et surtout, des petits groupes, c'est des classes de 20 personnes pendant tout le bachelor et même pendant le master. Donc ça c'était vraiment agréable.

  • Thomas Reynaud

    Donc droit international. Oui. Qu'est-ce qui t'a poussé à faire ça ?

  • Morgane Bentata

    Mes parents voulaient que je fasse du droit, ils voulaient que je sois avocate. Moi, je n'en avais pas du tout envie. Je n'aime pas beaucoup lire, encore moins écrire. Donc du coup, je me suis dit quitte à faire du droit, autant faire un droit qui m'intéresse. Et droit international, droit humanitaire, ça, c'était vraiment quelque chose qui m'intéressait. Du coup, j'en ai fait pendant cinq ans.

  • Thomas Reynaud

    Donc trois ans aux Pays-Bas, puis deux ans en France à Nanterre.

  • Morgane Bentata

    Trois ans aux Pays-Bas, une année supplémentaire aux Pays-Bas en master, puis le master 2 à Nanterre. Puis la rentrée à Lyon, parce que je suis originaire de Lyon à la base. Et je me suis dit, dans quelle institution je pourrais rentrer ?

  • Thomas Reynaud

    C'est une grande région de l'administration de biens.

  • Morgane Bentata

    Une grande région, oui. Mais c'était plus Interpol qui m'intéressait à la base. Et finalement, j'avais pris un petit boulot en attendant d'avoir une... réponse à ma candidature chez Interpol. Et au final, c'est neuf mois le process de recrutement chez Interpol. Donc entre le moment où tu envoies ta candidature et le moment où tu as une réponse, il se passe neuf mois sans que tu aies de réponse. Enfin, il ne se passe rien. Et au bout de neuf mois, si tu n'as pas de réponse, tu considères que tu n'es pas retenu. Donc j'ai bossé, forcément, à côté, dans l'immobilier, à remplir des résidences étudiantes pendant la saison estivale. Et en septembre, ils m'ont proposé un poste. Un poste plus sérieux.

  • Thomas Reynaud

    Ça consiste en quoi, ce métier, de remplir une résidence étudiante ?

  • Morgane Bentata

    Commercial. Très sincèrement, je m'occupais... C'était négociatrice en location. Je m'occupais de louer, tout simplement, les logements des résidences étudiantes.

  • Thomas Reynaud

    Donc déjà dans le groupe Valority, à l'époque ?

  • Morgane Bentata

    Déjà dans le groupe Valority. Vraiment, je suis rentrée là-bas en 2016 et c'était mon premier poste.

  • Thomas Reynaud

    OK. Oui.

  • Morgane Bentata

    Et ensuite, ils ont misé sur moi, sur un poste un peu plus important. Je suis passée à la gestion, ça s'appelle Les Belles Années. On est exploitant de résidence étudiante et la marque, c'est Les Belles Années. Je suis passée à la gestion après avoir commercialisé, j'ai géré.

  • Thomas Reynaud

    La gestion, c'est tout ce qui se passe après que le locataire est rentré dans les lieux, c'est ça ?

  • Morgane Bentata

    Une fois que tu as sélectionné un candidat locataire, derrière, il faut rédiger un bail et le faire signer, étudier le dossier bien évidemment en amont. Voilà donc je faisais un peu de ça, un peu de gestion locative pour les belles années.

  • Thomas Reynaud

    Il y a beaucoup de gens qui veulent se lancer dans l'immobilier qui notamment sortent d'école, se posent la question d'aller plutôt sur des métiers commerciaux ou sur des métiers plus d'administration, de gestion. Comment se fait la réflexion chez toi à l'époque ? les différentes compétences ou les différentes motivations qui t'ont poussé à évoluer comme ça ?

  • Morgane Bentata

    Alors très sincèrement, je savais que j'allais rester à Lyon et qu'Interpol, ça allait être très compliqué. Et ce n'était pas ma vocation première de faire... de l'immobilier. Mais au final, on m'a proposé un poste un peu plus important, je m'occupais de la synergie intra-groupe. Et puis on m'a dit, je m'en rappelais toujours cette phrase, on m'a dit, "je ne mise pas sur un cheval pour qu'il me claque entre les doigts", donc il faut prendre une décision maintenant. Et donc j'ai pris ma décision de rester.

  • Thomas Reynaud

    Ok, ça c'est courageux, ça veut dire faire un vrai choix de carrière, abandonner ta vocation première pour l'immobilier ?

  • Morgane Bentata

    C'était Interpol ou rien, donc il n'y avait pas énormément de choix à côté en fait surtout.

  • Thomas Reynaud

    Les synergies du groupe, ça consiste en quoi ?

  • Morgane Bentata

    On gère des résidences étudiantes, bien évidemment, mais avant de les gérer, souvent on les construit, on les commercialise via notre conseil, via notre réseau. Et donc c'était tout simplement d'expliquer aux garants des étudiants qui sont logés chez les Belles Années comment on pouvait les aider sur des solutions patrimoniales et donc leur proposer nos services tout simplement.

  • Thomas Reynaud

    Ok, donc quand papa et maman jouaient le rôle de garant pour l'étudiant qui louait en résidence...

  • Morgane Bentata

    Nous, on leur expliquait que derrière le logement qu'ils avaient loué, il y avait un investisseur particulier privé, et que ça pouvait être eux.

  • Thomas Reynaud

    Ok, donc c'était pour racheter des biens qu'ils avaient... été achetés par d'autres ou sur des programmes neufs ?

  • Morgane Bentata

    Non,

  • Thomas Reynaud

    non, sur du programme neuf,

  • Morgane Bentata

    bien sûr. Sur du programme neuf. C'était pas mal, ça a bien fonctionné.

  • Thomas Reynaud

    Si justement on rentre dans l'activité de Valority, est-ce que tu peux nous expliquer la partie promotion, qu'est-ce qu'elle représente, ensuite la gestion ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, comme je te disais, vraiment on intervient dans l'univers de la gestion patrimoine avec trois grandes activités. La conception. Donc conception, on est aussi promoteur, donc on construit certains des logements qu'on vend, qu'on commercialise, mais aussi on est concepteur au niveau de produits financiers, on propose des produits financiers à nos clients et on a un pôle pour s'en occuper. C'est toute la partie vraiment conception avec, je l'ai dit, Promessence qui est notre promoteur, la marque promoteur, et la conception de produits financiers, la partie conseil. La partie conseil, c'est tout ce qui va être le conseil en gestion de patrimoine. Donc là, on va proposer des produits immobiliers, des produits financiers, vraiment à vocation de faire une réduction fiscale.

  • Thomas Reynaud

    C'est commun, ça, d'avoir des groupes qui intègrent toute la chaîne de valeur en France ?

  • Morgane Bentata

    Nous, on dit que tout ce qu'on peut faire nous-mêmes, on le fera. Donc je ne sais pas si c'est commun. Je ne connais pas beaucoup de groupes qui nous ressemblent. Mais en tout cas, il y a une volonté de la part de notre présidente qui a fondé le groupe il y a un peu moins de 40 ans maintenant, de vraiment pouvoir proposer toutes les options et tous les services possibles en termes de gestion de patrimoine à nos clients.

  • Thomas Reynaud

    Et le groupe vient de quel métier à la base du coup ?

  • Morgane Bentata

    La vente, finalement, du conseil.

  • Thomas Reynaud

    La vente, ok. Oui,

  • Morgane Bentata

    bien évidemment. La plus grosse partie, il y a un peu moins de 40 ans maintenant, c'était surtout la transaction. Et après, on s'est dirigé vers tout ce qui va être bien sous fiscalité.

  • Thomas Reynaud

    Ok, donc le groupe a 40 ans. Aujourd'hui, tu peux nous donner quelques chiffres. Ça fait quelle taille en termes de personnel et puis d'activité ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, c'est… 40 ans d'existence, on va dire plus d'une vingtaine de sociétés, parce que là, j'ai commencé à t'en expliquer certaines, mais il y en a encore beaucoup d'autres derrière. Un peu plus de 600 collaborateurs, 30 agences en France et plus de 40 000 clients.

  • Thomas Reynaud

    Impressionnant.

  • Morgane Bentata

    Oui, et puis surtout, ce qui est impressionnant, c'est que c'est un groupe ultra familial. Et ça, c'est important pour nous, parce que le groupe continue finalement de grossir. La croissance est là, malgré les difficultés au niveau du marché immobilier. Mais on aime dire qu'on reste à taille humaine. Quand je dis ça, ça veut dire que le process de décision, ils ne prennent pas six mois, comme dans des gros groupes, où on peut avoir des centaines, voire des milliers de collaborateurs avec une hiérarchie. tellement importante que finalement c'est le process de décision qui est plus long que trouver l'idée.

  • Thomas Reynaud

    Tu parles de 600 collaborateurs justement, une vingtaine de sociétés, ça m'intéresse beaucoup de comprendre le type de carrière qu'on peut avoir dans l'immobilier, comment ça se passe chez vous, où est-ce que les gens arrivent, comment ils évoluent en interne, il y a différents métiers, est-ce qu'il y a des passerelles ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, donc je t'ai parlé du pôle conception, le pôle conseil, dans le conseil on fait aussi du B2B, on est aussi... On apporte aussi des solutions pour les conseillers en gestion de patrimoine ou pour les banques. On est partenaire avec de nombreuses banques. Et la partie gestion avec l'administration de biens classiques et l'exploitation de résidences étudiantes. Pour ces trois grands métiers, ces trois grandes activités, bien évidemment on a besoin de ce qu'on appelle des fonctions support. C'est plus que des fonctions support parce qu'au final on a créé une SS2I où on fait toutes nos applications internes, tous nos logiciels sont métiers. On est aussi courtier en crédit.

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est une SSOS, il y a des développeurs informatiques, des équipes produits tech dans un groupe immobilier.

  • Morgane Bentata

    Ça, de la même façon, il y a une volonté de se digitaliser, d'être présidente après 2013. Finalement, ça nous a permis d'être prêts pour le confinement. En 2020, au bout de 15 jours de confinement, on faisait déjà des ventes à distance en signature électronique. Donc on était prêts pour équiper 600 collaborateurs. Et non, mais c'est une vraie volonté, puisqu'en fait, comme le groupe est assez atypique dans son fonctionnement et dans son organisation, Il n'y avait pas d'application, de logiciel ou de pro-logiciel qui était adapté à notre façon de faire. Comme on dit, du client de son étape 1 à la dernière étape, entre le premier rendez-vous et finalement où il revend son bien, on peut saisir jusqu'à 20 fois ses coordonnées sur des applications différentes. Ce qui était important pour nous d'éviter de perdre du temps.

  • Thomas Reynaud

    Parce que les logiciels disponibles sur le marché se spécialisent sur une partie de la chaîne de valeur, c'est ça ?

  • Morgane Bentata

    trouver un logiciel aujourd'hui qui va te gérer ton back office, administration des ventes et en même temps ta gestion locative, c'est plus compliqué. Ça n'existe pas.

  • Thomas Reynaud

    Donc vous les développez en interne ?

  • Morgane Bentata

    Oui, on développe en interne, on crée des passerelles entre nos applications et ça devient des énormes...

  • Thomas Reynaud

    Alors on dit souvent que les développeurs informatiques, c'est une ressource qui est hyper compliquée à trouver, qui coûte très cher. On dit parfois même que c'est les divas dans une entreprise.

  • Morgane Bentata

    C'est ce que je voulais dire, des princesses aussi.

  • Thomas Reynaud

    Des princesses. Comment on arrive à les attirer en tant que spécialistes ? Alors que d'habitude, ils aiment bien plutôt avoir des missions plus diversifiées, intervenir dans différentes entreprises.

  • Morgane Bentata

    Alors, d'après leur retour en tout cas, puisqu'ils sont une quarantaine chez nous de développeurs, ce qu'ils apprécient en tout cas en travaillant dans notre groupe, c'est que finalement, ils sont en direct avec le client final. Donc en fait, on travaille ensemble le métier, et le développeur finalement travaille ensemble et parle le même langage. Là où la plupart du temps... Dans une SS2i, tu vas avoir des développeurs qui vont partir en mission, six mois dans une entreprise, ou qui vont être détachés quelques jours par semaine ou par mois dans une entreprise. Alors que là, finalement, ils évoluent tous ensemble, puisqu'ils restent, ils sont déjà en entreprise, puisqu'ils travaillent majoritairement pour le groupe. On fait de l'externe aussi, mais on n'envoie pas nos développeurs directement en entreprise. Et ça, c'est quelque chose vraiment qu'ils apprécient beaucoup, finalement, de ne pas être seul et de ne pas partir sur des missions de six mois.

  • Thomas Reynaud

    Quand tu dis que vous faites de l'externe, ça veut dire que l'équipe de dev de Valority peut intervenir pour d'autres entreprises ?

  • Morgane Bentata

    On intervient pour d'autres entreprises.

  • Thomas Reynaud

    C'est une activité SS2I qui est intégrée ?

  • Morgane Bentata

    C'est une vraie activité, que ce soit sur la partie développement, sur la partie webmarketing ou même sur la partie communication print. Aujourd'hui, on commercialise des programmes pour des gros promoteurs pour qui on fait leur plaquette.

  • Thomas Reynaud

    Si on revient sur les métiers plus immobiliers que dev...... Est-ce que tu as des anecdotes ou des exemples de carrière chez Valority, de jeunes qui vous rejoignent ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, déjà on met beaucoup de moyens sur l'alternance, on croit beaucoup à l'alternance. Pour nous c'est la meilleure façon de former finalement des futurs collaborateurs. Donc ça depuis des années maintenant, depuis plus de 15 ans on travaille avec Sciences U, depuis plus de 10 ans avec beaucoup d'autres écoles dont... Les spies, exactement. On a beaucoup d'alternants. En fait, c'est intéressant parce que déjà, quand ils arrivent chez nous, les alternants, ils veulent tous faire la même chose. Ils veulent tous être dans la promotion. Ça, c'est assez impressionnant. Quand ils font de l'immobilier, quand ils commencent l'immobilier, ils veulent tous faire de la promotion.

  • Thomas Reynaud

    Pourquoi ?

  • Morgane Bentata

    Pourquoi ? Parce que c'est ce qu'ils imaginent qui va rapporter le plus. Je pense, en tout cas, très sincèrement, parce qu'avec tous les problèmes que ça engendre, à part l'aspect financier, j'imagine que c'est... extrêmement glorifiant de construire un immeuble. Vraiment, c'est quand même beaucoup de problèmes, surtout en ce moment avec tous les problèmes. Crise du logement, crise de l'immobilier, mais surtout maintenant, crise du bâtiment. Mais oui, c'est assez drôle, comme à chaque fois qu'un alternant signe un contrat chez nous, sa volonté première, c'est finir dans la promotion. Et au final, ils finissent de partout, sauf dans la promotion.

  • Thomas Reynaud

    C'est quoi qui fait qu'il y a ces changements d'orientation, justement ?

  • Morgane Bentata

    Nous, on les sollicite pour qu'ils voient un peu tous les métiers de l'immobilier. Déjà... On travaille dans un groupe où quasiment tous les métiers de l'immobilier sont représentés. Donc eux, ça leur permet vraiment de voir très spécifiquement ce que c'est que le conseil, ce que c'est que la gestion, ce que c'est que, je ne sais pas, le courtage en assurance pour des produits immobiliers. C'est vraiment important cette vision globale qu'ils ont. Et puis surtout, ils échangent au quotidien avec les collaborateurs des différentes activités dans l'immobilier. Et donc, on a des collaborateurs, des alternants, qui vont arriver en voulant faire de la promotion et qui vont finir à signer un CDI en gestionnaire sinistre. Alors que la gestion de sinistre...

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est les échanges en interne, c'est l'expérience qu'ils ont eue pendant un an ou deux ans d'alternance.

  • Morgane Bentata

    Et leur laisser la possibilité de découvrir tous les métiers de l'immobilier. C'est-à-dire que s'ils veulent passer une semaine avec la promotion, ils passeront une semaine avec la promotion. S'ils veulent, je ne sais pas, passer une semaine avec le conseil, vraiment, on les invite à le faire. Parce que de toute façon, les alternants, on en prend, nous, dans toutes les activités de l'immobilier du groupe. Donc, c'est important. Pire des cas, il ne se plaît pas à la gestion, il peut aller en alternant ce conseil. Ça nous arrive très souvent. Et derrière, après, c'est des carrières qui se construisent. Aujourd'hui, on a quand même plus d'une dizaine de collaborateurs qui ont plus de 10 ou 15 ans de... d'ancienneté chez nous et qui ont commencé en tant qu'alternants. Et ça, c'est une vraie fierté.

  • Thomas Reynaud

    Est-ce que l'immobilier aussi, du coup, vu que vous avez tous les métiers, une voie de reconversion ? Alors toi, ça a été plus qu'une reconversion, c'est vraiment une réorientation par rapport à ce que tu voulais faire à l'origine. Mais on recrute qui, en fait, finalement, quand on fait venir des gens dans une entreprise comme la vôtre ? Est-ce que c'est que des gens qu'on débauche chez des concurrents ou est-ce qu'il y a des carrières plus atypiques ?

  • Morgane Bentata

    Alors encore, vraiment, nous, on met sur l'alternance. C'est-à-dire qu'on préfère former dès le départ, dans la mesure du possible, bien évidemment. Et après, on fait évoluer nos collaborateurs. On n'est pas partisan de recruter à l'externe sur des postes déjà à responsabilité. On préfère des gens qui connaissent le métier, qui l'ont fait.

  • Thomas Reynaud

    Et la maison.

  • Morgane Bentata

    Et la maison, surtout, parce que bien évidemment, il faut la connaître pour pouvoir y travailler correctement dedans. On préfère faire évoluer nos collaborateurs, très sincèrement. Après, bien évidemment qu'on fait du recrutement sur le conseil, on fait du recrutement, on ne forme pas tous nos conseillers en gestion de patrimoine. Je parle plus sur la gestion. Où est-ce qu'on recrute ? Déjà, on ne fait pas appel à des cabinets de recrutement, ça c'est important. Et surtout, on ne recrute pas sur diplôme. Alors je ne sais pas si je devrais le dire comme ça, surtout grâce aux élèves.

  • Thomas Reynaud

    En tout cas, tu n'avais pas un diplôme qui te prédisposait à aller dans l'immobilier.

  • Morgane Bentata

    Non, mais tout comme un très bon collaborateur, un très bon conseiller ne fera pas forcément un bon manager. Pareil, ce n'est pas parce que tu as un diplôme que tu seras un très bon collaborateur ou que tu as plus envie que les autres. C'est pour ça qu'on préfère les prendre, comme on dit au berceau, en alternance, pour qu'ils puissent être formés vraiment au sein du groupe et ensuite évoluer vers n'importe quel métier. Parce qu'un alternant qui commence à la gestion, ou un collaborateur même, pas forcément un alternant, mais un collaborateur qui commence à la gestion, derrière, il n'est pas forcément obligé d'évoluer uniquement sur la gestion. Il y a plein d'autres métiers. On a des gestionnaires qui sont devenus commerciaux, des conseillers qui sont devenus gestionnaires, qui sont devenus gestionnaires sinistres, qui sont devenus juristes, qui avaient déjà une formation. Bon, pour le droit, il faut quand même avoir une petite formation en amont. Mais finalement, tout est possible quand on laisse la chance aux gens déjà de pouvoir s'exprimer et de pouvoir montrer de quoi ils sont capables. On le voit, aujourd'hui, on demande des diplômes et de l'expérience à des jeunes, alors que bon... Très bien, mais pour avoir de l'expérience, il faut déjà être embauché quelque part.

  • Thomas Reynaud

    Je pense que c'est un bon message à leur passer en tout cas. Pour clôturer le volet Valority, puis ensuite on reviendra un peu plus sur toi, vous avez une présidente qui est aussi la fondatrice de la société, il y a 40 ans. C'est aussi un parcours qui est assez atypique. Est-ce que tu peux nous parler un peu plus d'elle ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, notre présidente s'appelle Dora D'Ambrosio, elle a créé ce groupe environ 40 ans. En fait, elle a racheté l'agence où elle travaillait. À la base, elle était commerciale. Elle a racheté l'agence Catherine Mamet en 1985 pour être précis.

  • Thomas Reynaud

    Une agence qui faisait de la transaction ?

  • Morgane Bentata

    Qui faisait exactement de la transaction, du produit aussi loisir. On vendait à l'époque beaucoup de produits montagne, choses comme ça. Et une très bonne commerciale, une très bonne collaboratrice puisqu'elle finit par acheter son agence et de son agence, ça devient le groupe Valority avec plus de 600 collaborateurs aujourd'hui, 30 agences, une vingtaine de sociétés et surtout... On fait tous les métiers qu'on peut faire. Les seules choses qu'on ne peut pas faire aujourd'hui, c'est être notaire et avocat. C'est tout simplement ce que c'est réglementé. Mais si on le pouvait, on l'aurait déjà fait.

  • Thomas Reynaud

    Et alors, peut-être sans parler pour elle, mais qu'est-ce qui fait qu'après 40 ans, on reste à la tête du groupe qu'on a fondé ?

  • Morgane Bentata

    Je crois très sincèrement qu'elle aime ça. Très sincèrement, elle aime ce groupe. Le matin, elle arrive tôt, le soir, elle part tard. Ça fait 40 ans, mais je pense qu'elle ne s'ennuie pas une seule seconde. Et surtout, les journées ne se ressemblent pas. Et puis à mon avis, quand on crée quelque chose de zéro soi-même, avec très peu de personnes finalement qui croient en toi au départ, il ne faut pas oublier qu'à la base c'est une femme aussi, qu'elle a racheté seule et qu'elle évolue dans un milieu ultra masculin, l'immobilier c'est ultra masculin. Et au final, sans forcément se montrer, sans forcément, comme on dit, vivons heureux, vivons cachés.

  • Thomas Reynaud

    C'est vrai, ça c'est quelque chose de particulier. Pour travailler avec beaucoup de professionnels de l'immobilier, on voit que les directeurs d'agences sont des hommes majoritairement. Quel impact ça a ? Est-ce que ça en a un d'ailleurs d'avoir une femme à la tête de la boîte ?

  • Morgane Bentata

    J'ai envie de te dire que nous, on ne sent pas l'impact, parce que c'est tellement naturel et puis très sincèrement, aujourd'hui... J'ai la chance de faire beaucoup de rendez-vous avec elle. Et oui, tu rentres dans une pièce, il n'y a que des hommes. Maintenant, ça n'a plus d'impact. Je ne sais pas si ça n'a jamais eu d'ailleurs, sincèrement.

  • Thomas Reynaud

    C'est peut-être une bonne nouvelle.

  • Morgane Bentata

    Oui, après, ça dépend si tu as envie de faire attention à ça ou pas. Mais quand tu ne fais pas attention, finalement, les hommes non plus ne font pas attention.

  • Thomas Reynaud

    On peut maintenant revenir sur toi ?

  • Morgane Bentata

    Oui.

  • Thomas Reynaud

    Bon, c'est quoi la première chose qui t'a marqué quand tu as commencé à travailler dans l'immobilier ?

  • Morgane Bentata

    Mon responsable, mon directeur.

  • Thomas Reynaud

    Ton directeur ?

  • Morgane Bentata

    c'est vraiment lui qui m'a remarqué il avait exactement le même cursus que moi pareil, il était responsable juridique à la base dans une autre boîte puis il a travaillé en cabinet d'avocat il y a beaucoup de juristes qui font de l'immobilier finalement c'est lié à quoi ? Je ne sais pas si tu as envie de passer ton barreau ou pas. J'ai eu un moment où tu te poses la question. Et quand tu vois tout ce qu'il y a à faire, je ne sais pas. De base, je n'avais pas envie. Ce n'était pas du tout ce qui m'intéressait dans le droit. Je n'avais pas du tout envie de devenir avocate. Comme je l'ai dit, je n'aime pas lire et je n'aime pas écrire. Enfin, lire, c'est-à-dire prendre des heures et des heures et écrire des conclusions pendant des heures et des heures. Ça ne me plaisait pas, donc je savais. Mais c'est mon directeur. Je l'ai rencontré la première fois avant que j'intègre le groupe. Et on avait eu une discussion ensemble. Il m'avait dit...

  • Thomas Reynaud

    Il dirigeait les Belles Années, du coup.

  • Morgane Bentata

    Il dirigeait. Il avait exactement ma... place. Il avait ma place aujourd'hui, ma position. Je l'ai rencontré avant d'intégrer le groupe. C'est lui d'ailleurs qui m'a proposé de commencer l'été à faire des locations meublées.

  • Thomas Reynaud

    C'est une entreprise qui est assez horizontale parce que tu arrives... Je ne sais pas si elle faisait la même taille à l'époque, mais tu arrives en...

  • Morgane Bentata

    On était à 150-200 maximum à l'époque. C'était en 2016, il n'y a pas si longtemps déjà. On a cranté... un peu plus de 200, peut-être.

  • Thomas Reynaud

    Donc, tu étais en interface directe avec lui ?

  • Morgane Bentata

    Exactement. En fait, lui, il cherchait un peu un bras droit, pas une assistante, parce que j'avais un niveau de diplôme, quand même, qui me permettait de ne pas être assistante, mais il cherchait plutôt un... un bras droit. Et en fait, j'ai été assez hallucinée dès le premier jour où après avoir fait la commercialisation de logement étudiant, d'avoir fait un peu de gestion, dès qu'il m'a proposé son poste avec lui, il m'a intégré directement dans son bureau. Toutes ces conversations téléphoniques, il les faisait en haut-parleur. J'étais en copie de tous ses mails et je l'accompagnais à tous les rendez-vous. Donc j'ai vraiment eu une formation, pour le coup, même si ma formation n'était pas d'immobilier, j'ai eu une formation accélérée, avec la chance d'avoir un directeur qui voulait que je prenne sa place. Et ça, c'est vraiment culturel chez nous, enfin en tout cas dans notre groupe.... on forme les gens à prendre nos places. Tu as eu confiance dès les premiers jours ? Dès les premiers jours,

  • Thomas Reynaud

    oui. Il avait cette vision de se dire, c'est quelqu'un qui était en fin de carrière, c'est ça ?

  • Morgane Bentata

    Ah non, pas du tout, il n'était pas du tout en fin de carrière, il avait à peine 40 ans, mais il voulait évoluer sur un autre projet, mais toujours au sein du groupe. Aujourd'hui, il s'occupe de tout ce qui est acquisition en bloc, chez nous, avec le directeur de l'acquisition en bloc, Romain Lorescence, c'est lui qui s'occupe de ça, et c'était vraiment sa volonté, très sincèrement. Et lui, pareil, parcours hyper atypique, profil juridique à la base, base, il était responsable juridique du groupe. Ensuite, il a pris la direction de la gestion et maintenant, il est sur l'acquisition en bloc.

  • Thomas Reynaud

    On voit souvent ça, je trouve, dans les agences immobilières, qui sont plus petites, mais d'avoir des jeunes à qui on fait extrêmement confiance au début et puis auxquels on va donner un pan de l'activité à gérer en entier.

  • Morgane Bentata

    Un jeune qui montre qu'il a envie, qu'il est impliqué, qu'il est investi, ouais, bien sûr, tu as envie de lui donner, même si je trouve que j'ai une chance inouïe quand même d'avoir une personne qui était prête à partager autant d'informations.

  • Thomas Reynaud

    Et c'est quoi ta plus grande fierté du coup dans cette carrière immobilière jusque là ?

  • Morgane Bentata

    Mes équipes. Tes équipes ? Ouais, sans aucun doute les équipes avec lesquelles je travaille. Je suis assez hallucinée.

  • Thomas Reynaud

    C'est le côté Valority ou c'est le côté Les Belles Années ?

  • Morgane Bentata

    C'est toutes les équipes. Le groupe c'est Valority. Non, non, toutes les équipes, très sincèrement, je les trouve tellement impliquées, mais surtout bienveillantes. Bienveillants les uns envers les autres, bienveillant avec les clients. Et puis j'adore aller au boulot tous les jours pour les voir. On passe des bons moments, on est nombreux. Et pourtant, tu as toujours l'impression que c'est cette petite équipe. Bon, maintenant, sauf que quand tu te déplaces... l'administration de biens c'est 200 personnes quand même donc nos petits séminaires sont devenus des gros séminaires mais ma plus grosse fierté c'est de loin mes équipes et les managers qui vont avec parce que sans eux on ne serait pas arrivé à faire ce qu'on a fait

  • Thomas Reynaud

    Tu parles de les voir il y a un sujet qui est de plus en plus important pour les équipes justement Et les jeunes en particulier, le télétravail, comment on fait dans l'immobilier ? Ou chez vous ? Je pense qu'on ne fait pas partout pareil.

  • Morgane Bentata

    Non, après, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, on va dire. Moi, j'étais ultra fermée sur le télétravail. Pourquoi ? Parce que c'est quelque chose qui, moi, personnellement, ne me correspond pas du tout. Mais surtout, j'avais peur qu'on perde cette notion d'équipe et cette cohésion. Bon, finalement, on a eu quand même des demandes, des demandes assez légitimes pour les gens qui travaillent loin. Je peux comprendre que ça a du plus. Donc on a mis une règle en place, on l'a ouvert, le télétravail. On a mis des règles en place très précises. Surtout les règles sont mises en place pour éviter qu'il y ait de la frustration entre collaborateurs. En disant, lui il est tout le temps en télétravail, je sais qu'il ne se passe pas grand chose quand il l'est. Elle, elle est tout le temps au bureau et pourtant, ça peut vraiment aller dans tous les sens. On s'est dit, le plus important c'est de mettre un cadre, de mettre des règles. Et que le premier qui ne respecte pas les règles, il n'y a pas de joker. Le premier qui ne respecte pas les règles, il n'y a pas de joker, on revient en 100% au bureau, en présentiel. Et au final, on a laissé beaucoup d'options et de choix aux collaborateurs. Et je pensais très sincèrement qu'ils allaient tous prendre l'option maximum de télétravail. Pas du tout. Et il y en a, au bout de quelques semaines, quelques mois, quelques semaines de télétravail sont revenus à 100% en présentiel.

  • Thomas Reynaud

    Et tu observes des lignes directrices en termes de profil ou c'est purement lié à la personnalité des individus ? Est-ce que c'est plutôt les jeunes, plutôt les gens qui ont des enfants ?

  • Morgane Bentata

    Non, vraiment. Alors pour l'âge, pas du tout. Là, il n'y a pas de profil typique. La seule chose qui est commune aux gens qui préfèrent le télétravail, c'est ceux qui habitent loin ou qui mettent plus d'une heure, une heure et demie pour venir au bureau le matin. Ça, je peux comprendre que quand tu perds entre deux et trois heures par jour dans les transports, ça peut être fatigant. Mais non, et au final, très sincèrement, de plus en plus de gens reviennent en présentiel. Nous, on ne l'a pas ouvert toute la semaine. On voulait qu'il y ait des jours communs où tout le monde est là. C'est le lundi et le vendredi, pour des raisons évidentes. Et au final, le lundi et le vendredi, c'est les moments où sur nos plateaux, il y a le plus d'ambiance finalement.

  • Thomas Reynaud

    Si on regarde de l'autre côté, tu penses que c'est quoi ton plus gros échec ou quelque chose que tu aurais fait différemment, un regret jusqu'à présent ?

  • Morgane Bentata

    Je ne sais pas. Très sincèrement, dire que j'ai vécu un gros échec aujourd'hui, non. Je suis encore jeune malgré mon âge. Ma carrière est encore jeune. Non, bien évidemment qu'il y a des choses qu'on ferait différemment tous les jours. Il y a des petites décisions qu'on prendrait et qu'on ferait différemment. Mais non, les échecs qu'on essuie, on n'est pas responsable. Non, s'il y a une chose que je pouvais changer, c'est peut-être... Peut-être cette crise, mais ce n'est pas mon échec à moi.

  • Thomas Reynaud

    Ça a quoi comme impact, justement ? On peut y venir, il y a un contexte dans le marché de l'immobilier au sens large, notamment dans la transaction qui est très compliquée. Ça a quoi comme impact ?

  • Morgane Bentata

    Ça a comme impact que, du coup, en tant que locataire, tu as du mal à trouver un logement. Il y a de moins en moins de décohabitants. On le voit, que ce soit les étudiants qui cherchent un logement pour faire leurs études, que ce soit des couples qui sont en situation de séparation, ils vont avoir beaucoup de mal à trouver un deuxième logement et se séparer. Des jeunes actifs qui voudraient quitter le foyer familial. Là, on a eu les résultats Parcoursup, on est à 2000 demandes de logement par jour juste sur nos résidences étudiantes. Et là où parfois on pouvait avoir un petit peu de vacances locatives en logement classique sur certaines villes, c'est terminé. Tu mets une pub en location, tu as 200 appels dans la journée, c'est terrible.

  • Thomas Reynaud

    Ça a un impact aussi sur les métiers en interne, ça, sur les équipes ? Parce qu'en fait, traditionnellement, on a 10-15 candidats par appartement, et en ce moment, c'est, voilà, ce que tu dis, c'est entre 50...

  • Morgane Bentata

    Ça a un impact indirect, dans le sens où tu ne peux pas répondre à tout le monde. Donc souvent, les gens ont l'impression que tu t'en fiches de leurs besoins, alors que pas du tout, c'est simplement qu'on ne peut pas répondre aux demandes de tous les candidats. Et ça devient frustrant, parce que derrière, tu génères des avis négatifs, où les gens vont mettre un avis négatif en disant... "ne prend même pas la peine de me répondre, passez votre chemin", avec le nom du collaborateur. Donc lui, le collaborateur qui essaye de faire son maximum, finalement, on donne l'impression qu'il est complètement froid et que ça ne l'intéresse pas, la situation, et que du moment où il prend sa com,... c'est pas vrai, c'est pas vrai. Non, bien sûr que non, ça les affecte.

  • Thomas Reynaud

    Et comment tu vois les mois qui arrivent, qui sont devant nous ? Est-ce que vous êtes... plutôt positif sur les six mois où on va rester dans la même situation que les derniers mois.

  • Morgane Bentata

    Depuis ce week-end, encore un peu moins quand même, avec tout ce qui vient de se passer. Non, on n'est pas très positif.

  • Thomas Reynaud

    Tu penses qu'il y a l'instabilité qu'il peut y avoir avec des nouvelles élections ?

  • Morgane Bentata

    Même avant les nouvelles élections, même avant qu'on annonce la dissolution de l'Assemblée nationale, on a un gouvernement, on a un président qui n'aime pas l'immobilier. Ce n'est pas quelque chose dont il parle, c'est pas quelque chose qui l'intéresse. La preuve : il ne possède pas d'immobilier notre président, c'est peut-être un des premiers présents qui ne possède pas d'immobilier et puis surtout je veux dire la sonnette d'alarme ça fait des mois voire des années qu'elle est tirée elle est tirée par des gros promoteurs, par des entreprises dans le bâtiment, dans les mairies...

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est pas qu'un sujet de taux d'intérêt qui ont explosé sur les deux dernières années et qui freinent l'activité

  • Morgane Bentata

    Le taux d'intérêt, bien évidemment, c'est en jeu. Mais je veux dire, si tu prends sur les 40 dernières années, moi je me rappelle, mais je ne me rappelle pas, mes parents me l'ont dit plutôt, quand ils faisaient des prêts, les taux d'intérêt étaient à 18%. Donc c'était plutôt le 1% finalement qui n'était pas tout à fait normal sur les dernières années. On avait le vent dans le dos, comme on dit. Donc là, 4% on a l'impression que c'est extrêmement cher, on est bien d'accord. Mais je le rappelle, il y a 30 ans, on empruntait à 18%. Non, ce qui est plus criant, c'est le manque de logement. Quand tu sais qu'en France, il manque pratiquement 500 000 logements par an, et qu'on a un ministre du logement, déjà ça c'est une bonne chose, parce qu'on a été un petit peu oubliés pendant un quinquennat, et t'as un ministre du logement qui t'annonce en grande pompe 30 000 logements sur 3 ans.

  • Thomas Reynaud

    Comment, quand on a un groupe de votre taille, on interagit justement avec la politique ? Est-ce qu'il y a des enjeux de lobbyisme en particulier ?

  • Morgane Bentata

    Pas à notre échelle. Bien évidemment, on peut voir avec la présidente de Nexity, Valérie Bédard, qui est très, très active. Nous, non, je l'ai dit tout à l'heure, nous, c'est vivant heureux, vivant caché. Donc, on ne politise pas. On n'aime pas trop ça. On n'aime pas trop non plus être médiatisé. D'ailleurs, on commence à peine notre médiatisation pour la partie Les Belles Années, pour la marque Les Belles Années, mais on n'aime pas trop ça. Mais au final, tu ne maîtrises pas finalement ce qui va se passer. Tu peux imaginer, quand Nexity annonce son plan social il y a quelques mois, bon, si Nexity annonce son plan social alors qu'ils sont proches du gouvernement, tu peux bien t'imaginer que ça ne va pas aller mieux dans les prochaines années. Et là, alors oui, dissolution de l'Assemblée nationale, ça va dépendre des élections, ça va dépendre de ce qui va se passer derrière. Est-ce que le logement va être vraiment l'enjeu numéro un du parti qui sera élu en majorité ? Peu importe lequel, je ne suis pas sûre. Non, non, on attend. Nous, on attend une nouvelle loi de défiscalisation, parce que finalement, c'est ce qui a permis de construire autant de logements sur les dernières années. Et en plus, avec des plafonds de ressources pour les locataires, donc d'avoir des logements pour tous. Mais je pense qu'on va plutôt attendre la prochaine présidentielle, malheureusement.

  • Thomas Reynaud

    Donc tu penses que devant nous, il y a trois ans durant lesquels il y aura peu... d'initiatives, que ce soit parlementaires ou gouvernementales, pour relancer l'activité,notamment la construction.

  • Morgane Bentata

    Encore une fois, ce n'est pas ce qu'on souhaite. Mais tu vois tous les gros groupes aujourd'hui avec leurs plans sociaux. Si eux annoncent des plans comme ça, c'est qu'on sait très bien qu'il n'y a rien qui va arriver sur les prochaines années.

  • Thomas Reynaud

    On a souvent du mal à comprendre. Est-ce que tu peux nous expliquer qu'est-ce qui fait que toute la sclérose du marché de l'acquisition...... de l'achat de la transaction a un impact sur la location. Pourquoi la location souffre en ce moment ? Est-ce que c'est uniquement parce qu'il y a moins de construction ? Est-ce qu'il y a d'autres choses qui se passent ?

  • Morgane Bentata

    Déjà, il n'y a pratiquement plus de construction, alors qu'il manquait déjà du logement. Donc forcément, tu as de plus en plus d'étudiants, la population continue d'évoluer. Et nous, on construit de moins en moins de logements. C'est mathématique. C'est un problème d'offres. On a de la demande, mais on n'a pas d'offres.

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est une mécanique.

  • Morgane Bentata

    C'est une mécanique.

  • Thomas Reynaud

    Allez, on revient sur des choses qui nous concernent un peu plus en termes de carrière dans l'immobilier. Au global, c'est quoi qui te motive dans ton quotidien ?

  • Morgane Bentata

    C'est de me dire que ce qu'on fait, déjà, ce n'est pas inutile. Parce que s'il y a bien deux choses dont l'humanité aura toujours besoin, c'est de se loger et de se nourrir. Je me dis quand même, ce n'est pas tout à fait inutile ce qu'on fait. Et là, on part sur la partie étudiante. On a mis une dimension beaucoup plus RSE. dans notre façon de gérer les belles années et avec de l'accompagnement aussi sur les étudiants. Il y a un sujet qui nous tient beaucoup à cœur en ce moment, c'est la santé mentale des étudiants. Et pour gérer un peu moins de 9000 logements étudiants, donc 9000 étudiants. On a assisté à beaucoup de drames l'année dernière et ça c'est quelque chose aujourd'hui qu'on met au cœur de nos résidences. On essaie de créer des communautés au sein des résidences pour que les étudiants se sentent moins seuls et qu'il y ait plus de partage. Donc on est en train de mettre des partenariats aussi avec des résidences seniors.

  • Thomas Reynaud

    C'est quoi des communautés ?

  • Morgane Bentata

    En fait tout simplement leur proposer un certain nombre de partenariats, d'activités dans la résidence. Parce que souvent c'est la première fois qu'ils quittent le foyer familial, ils ne connaissent pas les gens avec qui ils vont habiter juste à côté. Donc on met en place des soirées organisées par le responsable de résidence pour créer cette communauté. En fait, on veut créer une cohésion pour que nos étudiants ne se sentent jamais seuls. Très sincèrement, l'année dernière, ça a été très très lourd sur l'exploitation des belles années. On a eu de nombreux drames, certains qu'on a pu éviter, d'autres qu'on n'a pas pu éviter. Et on s'est vraiment rendu compte qu'aujourd'hui, la santé mentale des étudiants, c'était vraiment au cœur de tout. Et ça devrait être au cœur des écoles. Ça devrait être au cœur des résidences-services pour étudiants, que ce soit du privé ou du public, parce que c'est souvent là que ça se passe, quand ils sont seuls dans leur chambre. Et donc voilà, on essaie de mettre en place plein de partenariats aussi, souvent où il y a une résidence étudiante, il y a une résidence senior à côté. Donc ça apporte de la compagnie aux seniors, mais aussi aux étudiants qui en ont besoin.

  • Thomas Reynaud

    Donc vous proposez aux étudiants d'aller passer du temps avec un senior ?

  • Morgane Bentata

    Oui, et puis des accompagnements psychologiques pour ceux qui en ont besoin. Et pas mal d'autres choses,

  • Thomas Reynaud

    oui. Ça, ça fait partie des choses qui sont venues spontanément chez vous après avoir constaté le drame dont tu parlais. Ça vient aussi peut-être des parents, je ne sais pas.

  • Morgane Bentata

    Alors déjà, c'est un constat qu'on a malheureusement dû constater. Ça vient des parents, oui aussi, parce qu'on a de plus en plus de parents qui nous appellent pour aller checker sur leurs enfants. Disant, "je n'ai pas eu de nouvelles depuis quelques jours, est-ce que vous pouvez aller frapper à sa porte ?" Donc on demande aux responsables de résidence de s'y rendre. Il nous est arrivé d'avoir des mauvaises surprises. Donc on se rend compte que c'est un vrai sujet, qu'ils sont complètement perdus face à ça. Et donc si nous on peut y apporter quelque chose, on peut apporter notre pierre à l'édifice, si on peut les accompagner, mettre en place des soutiens psychologiques, mettre en place plein de choses, on le fait. On le fait de plus en plus et c'est vraiment là-dessus qu'on veut axer toute notre énergie.

  • Thomas Reynaud

    C'est intéressant parce que la plupart des partenaires qu'on peut avoir chez Garantme, ils nous disent que... L'immobilier, c'est avant tout un métier où on gère de l'humain. Là, on est en plein dedans. Oui,

  • Morgane Bentata

    on est en plein dedans, mais c'est la même façon quand tu gères des impayés, finalement. Nous, on a créé un service de recouvrement, on a embauché des clercs d'huissier pour ça. Mais quand tu écoutes les gens, surtout avant le confinement, on pouvait avoir des réactions un peu vraiment étonnantes. C'était les soldes, donc je n'ai pas pu payer mon loyer, je suis partie en vacances. Là, les gens, depuis 4-5 ans, ils ne s'y retrouvent plus. Très sincèrement, on a des gens qui t'expliquent qu'ils vont devoir vendre leur voiture pour pouvoir payer leur loyer, pour pouvoir payer quelque chose. On met en place des échéanciers de plus en plus. On accompagne, vraiment, on accompagne, parce que tu as des personnes qui sont de bonne volonté, mais qui sont tout simplement en incapacité financière, malgré le fait qu'ils travaillent. Je trouve ça consternant en France que tu travailles et que tu n'as pas de quoi finir ton mois.

  • Thomas Reynaud

    S'il y avait un secret pour réussir dans ce secteur, que ce soit... la construction, la promotion, l'administration de biens, ça serait quoi ?

  • Morgane Bentata

    Je ne sais pas. Si tu le connais, je le veux bien. Non, je vais prendre l'exemple de notre groupe. Je pense qu'on a toujours tenu la même ligne directrice. On ne s'est pas éparpillé. On a des valeurs et des principes auxquels on croit depuis longtemps et on essaye de s'y tenir. On aurait pu faire comme beaucoup de groupes. mais qui finalement, on le voit, ne tiennent pas, dans l'étudiant en tout cas, ne tiennent pas la route, alors que c'était encore il y a quelques semaines les numéros 1. Non, on continue. Je pense que le fait qu'on fasse tous les métiers et que notre client principal, on lui a vendu, on l'a financé et derrière on le gère, ça nous anime à être déjà honnêtes avec nos clients, transparents, et puis surtout d'être bienveillants, de gérer leur patrimoine en bon père de famille.

  • Thomas Reynaud

    C'est intéressant ça, tu veux dire que le fait d'intégrer les métiers... C'est que tu ne peux pas mentir à un moment donné, parce qu'il y aura des conséquences sur le...

  • Morgane Bentata

    Exactement, quand tu vends un bien immobilier à ton client et que tu lui promets un effort d'épargne de 200 ou 300 euros par mois, et que derrière tu le gères, mais tu lui rajoutes une carrière d'honoraires complémentaires, et qu'au final son effort d'épargne va passer à 400 ou 500 euros par mois, ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible, parce que c'est la même voix qui a parlé. Ça reste le groupe Valority, donc que ce soit au conseil ou à la gestion, il faut que ce qu'on ait vendu au client, ce qu'on lui ait conseillé dès le départ, ce soit... Ce qui arrive sur les douze prochaines années.

  • Thomas Reynaud

    Vous mettez un rendement et puis il va vous mettre devant les promesses que vous avez faites.

  • Morgane Bentata

    Bien sûr. Et puis nous, on a à cœur de les tenir surtout.

  • Thomas Reynaud

    Donc ça serait un peu ça la clé, c'est de petit à petit, quand on crée son entreprise dans l'immobilier, intégrer... les services qui font qu'on accompagne tout au long de sa vie un acquéreur.

  • Morgane Bentata

    Oui, je pense que c'est... En tout cas, nous, ça nous demande une certaine exigence. Et peut-être que ça serait différent si tu n'as pas conseillé un client, si tu ne lui as pas vendu un bien, tu ne lui as pas fait une analyse patrimoniale, tu ne l'as pas financé. Et derrière, tu es gestionnaire. Quand il a deux mois de vacances locatives et si jamais il n'a pas d'assurance, toi, tu connais son analyse patrimoniale. Donc, tu sais que ça peut vraiment le mettre dans le rouge financièrement. Alors que peut-être qu'un administrateur de biens qui n'a pas suivi tout le process de conseil, de financement, de vente, dirait que ce n'est pas de notre faute, c'est le marché qui veut ça.

  • Thomas Reynaud

    C'est compliqué à faire en revanche.

  • Morgane Bentata

    C'est compliqué à faire, mais finalement, c'est une très belle chose. On adore notre groupe. On a de la chance de pouvoir conseiller nos clients sur autant de services et d'options différentes. Du coup ils ne vont pas voir ailleurs.

  • Thomas Reynaud

    Bon, tu le sais, notre podcast, il est soutenu par l'ESPI. Donc, il y a beaucoup d'étudiants qui nous écoutent. Pour clôturer notre échange, est-ce que tu aurais un conseil pour un jeune qui veut se lancer dans l'immobilier aujourd'hui ?

  • Morgane Bentata

    Oui, ne soyez pas fermés au métier de l'immobilier si ce n'est pas quelque chose qui vous intéresse à la base. Comme je le disais tout à l'heure, quand on a commencé, quand nos alternants arrivent, ils veulent tous faire de la promotion. Et au final, ils finissent sur d'autres métiers. Ne soyez pas fermés, vraiment. ne soyez pas fermé aux activités de l'immobilier ou autres. Et finalement, ne jamais penser que ces études n'ont servi à rien. Parce qu'à la rigueur, ça vous donnera une logique, une façon de réfléchir, une méthodologie, et que vous ayez fait du droit, du commerce, peu importe le type d'études avant, il y a quand même un savoir, un savoir qui est dans la méthodologie et dans la réflexion. Et c'est ce qui est le plus important, très sincèrement.

  • Thomas Reynaud

    Il faut rester curieux.

  • Morgane Bentata

    Oui, il faut rester curieux, oui. Et ne pas penser que son diplôme ne sert à rien, ou alors qu'il n'est pas adapté à ce qu'on a envie de faire.

  • Thomas Reynaud

    Merci beaucoup Morgane.

  • Morgane Bentata

    Merci Thomas.

  • Thomas Reynaud

    On arrive donc à la fin de cet épisode d'ImmoStories. J'espère que vous avez apprécié la discussion avec Morgane. Merci Morgane d'avoir passé ce temps avec nous et de nous avoir partagé tes réflexions sur ta carrière et puis aussi sur le contexte actuel dans l'immobilier. Si cet épisode vous a inspiré, vous pouvez le partager. Vous pouvez aussi nous laisser un avis. Le podcast est accessible sur toutes les plateformes. Il est aussi accessible sur le site de Garantme : garantme.fr dans la rubrique podcast. Je remercie encore notre partenaire l'ESPI de son soutien. Et pour rien manquer des prochains épisodes avec des invités toujours aussi inspirants, vous pouvez vous abonner à ImmoStories. Vous pouvez aussi nous suivre sur les réseaux sociaux. Merci de nous avoir écoutés et à très bientôt pour un nouvel épisode d'ImmoStories.

Description

🎙️ Dans cet épisode d’IMMOSTORIES, Morgane Bentata parle de son parcours et de l’engagement qu’elle porte, à travers son travail, à replacer l’humain au centre du secteur immobilier.


Notre invitée prend du recul sur les échelons qu’elle a gravis au sein de Valority, un groupe riche par la diversité de ses métiers, et nous partage l’importance des valeurs qu’elle porte dans son travail, tant pour guider ses équipes qu’accompagner ses clients. ⭐️


Avec passion, Morgane revient notamment sur les initiatives RSE mises en place pour soutenir les étudiants et leur santé mentale dans un contexte où la bienveillance et l’accompagnement sont essentiels.


🏛️ Elle aborde également les défis actuels du secteur immobilier, marqué par une demande croissante et un manque de logements préoccupant, mais aussi par une reconnaissance insuffisante des enjeux immobiliers au niveau gouvernemental.


Un épisode engageant pour celles et ceux qui souhaitent comprendre comment allier impact humain et responsabilité sociale dans un secteur en pleine difficulté. 👏


Découvrez aussi l'épisode au format vidéo !


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Thomas Reynaud

    Bonjour à tous et à toutes et bienvenue sur ImmoStories, le podcast qui vous plonge dans les coulisses de l'entrepreneuriat dans le monde de l'immobilier. Mon objectif est simple, je voulais présenter, vous faire découvrir le parcours des personnalités inspirantes dans le secteur de l'immobilier, un secteur qui nous concerne tous. Je m'appelle Thomas Reynaud. Je suis CEO et fondateur de Garantme et je suis ravi de vous accueillir. Alors ImmoStories a vu le jour grâce au soutien de l'ESPI, l'école supérieure immobilière. Comme vous le savez peut-être, l'ESPI forme les talents de demain dans le domaine de l'immobilier. J'en profite pour les remercier chaudement de leur accompagnement. Et pour cet épisode, j'ai la chance de recevoir une invitée de talent, Morgane Bentata. Elle est directrice générale des métiers de l'administration de biens dans le groupe Valority. Bonjour Morgane.

  • Morgane Bentata

    Bonjour Thomas.

  • Thomas Reynaud

    Est-ce que tu peux te présenter pour nos auditeurs ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, je m'appelle Morgane Bentata et je suis directrice de l'administration de biens du groupe Valority. Le groupe Valority c'est quoi ? C'est un groupe qui intervient dans l'univers de la gestion patrimoine avec trois grandes activités conception, conseil et gestion. On aura le plaisir d'élaborer un peu plus tard.

  • Thomas Reynaud

    Ok, peut-être juste pour que tout le monde comprenne, l'administration de biens, c'est quelle partie de votre activité ?

  • Morgane Bentata

    C'est la partie gestion, du coup, exactement.

  • Thomas Reynaud

    Donc tout ce qui se passe après la livraison des biens ?

  • Morgane Bentata

    Ce qui va se passer une fois que la livraison du bien, que ça soit... du produit classique, ce que l'on appelle les produits classiques, les appartements classiques ou du produit meublé et on gère des résidences étudiantes, plus de 60 résidences étudiantes en France avec entre 5 et 10 ouvertures par an.

  • Thomas Reynaud

    Ça tombe bien, ça parlera peut-être aux étudiants de l'ESPI. On connaît bien,

  • Morgane Bentata

    puisqu'on est grands sponsors de l'alternance et donc on a beaucoup d'alternants dans notre groupe qui viennent de l'ESPI.

  • Thomas Reynaud

    Ok, top. L'objectif, c'est aussi de parler carrière dans l'immobilier. Est-ce que tu peux nous raconter un peu ton parcours depuis le début jusqu'à aujourd'hui ?

  • Morgane Bentata

    Alors, un parcours un peu atypique, parce que je n'ai pas du tout fait mes études dans l'immobilier. Je suis partie faire mes études au Pays-Bas, en droit. spécialisé en droit international public et droit de l'homme vraiment donc toute la partie études supérieures aux Pays-Bas je suis rentrée à Paris à Nanterre faire un master de toujours en droit de l'homme

  • Thomas Reynaud

    Qu'est-ce qui t'a poussée à partir aux Pays-Bas ?

  • Morgane Bentata

    Très sincèrement, j'avais fait une année de fac à Lyon. Ce n'était pas pour moi. Les amphis de 300 personnes, ce n'était pas pour moi. Ce n'est pas possible. J'ai besoin d'un cadre. J'avais besoin de rigueur. Et là-bas, plus de trois journées d'absence par trimestre et tu as zéro à tes cours. Donc, il faut tout recommencer ton année. Donc, très sincèrement, là, j'avais de la rigueur. Et du coup, ça m'a permis d'être beaucoup plus assidue dans mes études. Et surtout, des petits groupes, c'est des classes de 20 personnes pendant tout le bachelor et même pendant le master. Donc ça c'était vraiment agréable.

  • Thomas Reynaud

    Donc droit international. Oui. Qu'est-ce qui t'a poussé à faire ça ?

  • Morgane Bentata

    Mes parents voulaient que je fasse du droit, ils voulaient que je sois avocate. Moi, je n'en avais pas du tout envie. Je n'aime pas beaucoup lire, encore moins écrire. Donc du coup, je me suis dit quitte à faire du droit, autant faire un droit qui m'intéresse. Et droit international, droit humanitaire, ça, c'était vraiment quelque chose qui m'intéressait. Du coup, j'en ai fait pendant cinq ans.

  • Thomas Reynaud

    Donc trois ans aux Pays-Bas, puis deux ans en France à Nanterre.

  • Morgane Bentata

    Trois ans aux Pays-Bas, une année supplémentaire aux Pays-Bas en master, puis le master 2 à Nanterre. Puis la rentrée à Lyon, parce que je suis originaire de Lyon à la base. Et je me suis dit, dans quelle institution je pourrais rentrer ?

  • Thomas Reynaud

    C'est une grande région de l'administration de biens.

  • Morgane Bentata

    Une grande région, oui. Mais c'était plus Interpol qui m'intéressait à la base. Et finalement, j'avais pris un petit boulot en attendant d'avoir une... réponse à ma candidature chez Interpol. Et au final, c'est neuf mois le process de recrutement chez Interpol. Donc entre le moment où tu envoies ta candidature et le moment où tu as une réponse, il se passe neuf mois sans que tu aies de réponse. Enfin, il ne se passe rien. Et au bout de neuf mois, si tu n'as pas de réponse, tu considères que tu n'es pas retenu. Donc j'ai bossé, forcément, à côté, dans l'immobilier, à remplir des résidences étudiantes pendant la saison estivale. Et en septembre, ils m'ont proposé un poste. Un poste plus sérieux.

  • Thomas Reynaud

    Ça consiste en quoi, ce métier, de remplir une résidence étudiante ?

  • Morgane Bentata

    Commercial. Très sincèrement, je m'occupais... C'était négociatrice en location. Je m'occupais de louer, tout simplement, les logements des résidences étudiantes.

  • Thomas Reynaud

    Donc déjà dans le groupe Valority, à l'époque ?

  • Morgane Bentata

    Déjà dans le groupe Valority. Vraiment, je suis rentrée là-bas en 2016 et c'était mon premier poste.

  • Thomas Reynaud

    OK. Oui.

  • Morgane Bentata

    Et ensuite, ils ont misé sur moi, sur un poste un peu plus important. Je suis passée à la gestion, ça s'appelle Les Belles Années. On est exploitant de résidence étudiante et la marque, c'est Les Belles Années. Je suis passée à la gestion après avoir commercialisé, j'ai géré.

  • Thomas Reynaud

    La gestion, c'est tout ce qui se passe après que le locataire est rentré dans les lieux, c'est ça ?

  • Morgane Bentata

    Une fois que tu as sélectionné un candidat locataire, derrière, il faut rédiger un bail et le faire signer, étudier le dossier bien évidemment en amont. Voilà donc je faisais un peu de ça, un peu de gestion locative pour les belles années.

  • Thomas Reynaud

    Il y a beaucoup de gens qui veulent se lancer dans l'immobilier qui notamment sortent d'école, se posent la question d'aller plutôt sur des métiers commerciaux ou sur des métiers plus d'administration, de gestion. Comment se fait la réflexion chez toi à l'époque ? les différentes compétences ou les différentes motivations qui t'ont poussé à évoluer comme ça ?

  • Morgane Bentata

    Alors très sincèrement, je savais que j'allais rester à Lyon et qu'Interpol, ça allait être très compliqué. Et ce n'était pas ma vocation première de faire... de l'immobilier. Mais au final, on m'a proposé un poste un peu plus important, je m'occupais de la synergie intra-groupe. Et puis on m'a dit, je m'en rappelais toujours cette phrase, on m'a dit, "je ne mise pas sur un cheval pour qu'il me claque entre les doigts", donc il faut prendre une décision maintenant. Et donc j'ai pris ma décision de rester.

  • Thomas Reynaud

    Ok, ça c'est courageux, ça veut dire faire un vrai choix de carrière, abandonner ta vocation première pour l'immobilier ?

  • Morgane Bentata

    C'était Interpol ou rien, donc il n'y avait pas énormément de choix à côté en fait surtout.

  • Thomas Reynaud

    Les synergies du groupe, ça consiste en quoi ?

  • Morgane Bentata

    On gère des résidences étudiantes, bien évidemment, mais avant de les gérer, souvent on les construit, on les commercialise via notre conseil, via notre réseau. Et donc c'était tout simplement d'expliquer aux garants des étudiants qui sont logés chez les Belles Années comment on pouvait les aider sur des solutions patrimoniales et donc leur proposer nos services tout simplement.

  • Thomas Reynaud

    Ok, donc quand papa et maman jouaient le rôle de garant pour l'étudiant qui louait en résidence...

  • Morgane Bentata

    Nous, on leur expliquait que derrière le logement qu'ils avaient loué, il y avait un investisseur particulier privé, et que ça pouvait être eux.

  • Thomas Reynaud

    Ok, donc c'était pour racheter des biens qu'ils avaient... été achetés par d'autres ou sur des programmes neufs ?

  • Morgane Bentata

    Non,

  • Thomas Reynaud

    non, sur du programme neuf,

  • Morgane Bentata

    bien sûr. Sur du programme neuf. C'était pas mal, ça a bien fonctionné.

  • Thomas Reynaud

    Si justement on rentre dans l'activité de Valority, est-ce que tu peux nous expliquer la partie promotion, qu'est-ce qu'elle représente, ensuite la gestion ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, comme je te disais, vraiment on intervient dans l'univers de la gestion patrimoine avec trois grandes activités. La conception. Donc conception, on est aussi promoteur, donc on construit certains des logements qu'on vend, qu'on commercialise, mais aussi on est concepteur au niveau de produits financiers, on propose des produits financiers à nos clients et on a un pôle pour s'en occuper. C'est toute la partie vraiment conception avec, je l'ai dit, Promessence qui est notre promoteur, la marque promoteur, et la conception de produits financiers, la partie conseil. La partie conseil, c'est tout ce qui va être le conseil en gestion de patrimoine. Donc là, on va proposer des produits immobiliers, des produits financiers, vraiment à vocation de faire une réduction fiscale.

  • Thomas Reynaud

    C'est commun, ça, d'avoir des groupes qui intègrent toute la chaîne de valeur en France ?

  • Morgane Bentata

    Nous, on dit que tout ce qu'on peut faire nous-mêmes, on le fera. Donc je ne sais pas si c'est commun. Je ne connais pas beaucoup de groupes qui nous ressemblent. Mais en tout cas, il y a une volonté de la part de notre présidente qui a fondé le groupe il y a un peu moins de 40 ans maintenant, de vraiment pouvoir proposer toutes les options et tous les services possibles en termes de gestion de patrimoine à nos clients.

  • Thomas Reynaud

    Et le groupe vient de quel métier à la base du coup ?

  • Morgane Bentata

    La vente, finalement, du conseil.

  • Thomas Reynaud

    La vente, ok. Oui,

  • Morgane Bentata

    bien évidemment. La plus grosse partie, il y a un peu moins de 40 ans maintenant, c'était surtout la transaction. Et après, on s'est dirigé vers tout ce qui va être bien sous fiscalité.

  • Thomas Reynaud

    Ok, donc le groupe a 40 ans. Aujourd'hui, tu peux nous donner quelques chiffres. Ça fait quelle taille en termes de personnel et puis d'activité ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, c'est… 40 ans d'existence, on va dire plus d'une vingtaine de sociétés, parce que là, j'ai commencé à t'en expliquer certaines, mais il y en a encore beaucoup d'autres derrière. Un peu plus de 600 collaborateurs, 30 agences en France et plus de 40 000 clients.

  • Thomas Reynaud

    Impressionnant.

  • Morgane Bentata

    Oui, et puis surtout, ce qui est impressionnant, c'est que c'est un groupe ultra familial. Et ça, c'est important pour nous, parce que le groupe continue finalement de grossir. La croissance est là, malgré les difficultés au niveau du marché immobilier. Mais on aime dire qu'on reste à taille humaine. Quand je dis ça, ça veut dire que le process de décision, ils ne prennent pas six mois, comme dans des gros groupes, où on peut avoir des centaines, voire des milliers de collaborateurs avec une hiérarchie. tellement importante que finalement c'est le process de décision qui est plus long que trouver l'idée.

  • Thomas Reynaud

    Tu parles de 600 collaborateurs justement, une vingtaine de sociétés, ça m'intéresse beaucoup de comprendre le type de carrière qu'on peut avoir dans l'immobilier, comment ça se passe chez vous, où est-ce que les gens arrivent, comment ils évoluent en interne, il y a différents métiers, est-ce qu'il y a des passerelles ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, donc je t'ai parlé du pôle conception, le pôle conseil, dans le conseil on fait aussi du B2B, on est aussi... On apporte aussi des solutions pour les conseillers en gestion de patrimoine ou pour les banques. On est partenaire avec de nombreuses banques. Et la partie gestion avec l'administration de biens classiques et l'exploitation de résidences étudiantes. Pour ces trois grands métiers, ces trois grandes activités, bien évidemment on a besoin de ce qu'on appelle des fonctions support. C'est plus que des fonctions support parce qu'au final on a créé une SS2I où on fait toutes nos applications internes, tous nos logiciels sont métiers. On est aussi courtier en crédit.

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est une SSOS, il y a des développeurs informatiques, des équipes produits tech dans un groupe immobilier.

  • Morgane Bentata

    Ça, de la même façon, il y a une volonté de se digitaliser, d'être présidente après 2013. Finalement, ça nous a permis d'être prêts pour le confinement. En 2020, au bout de 15 jours de confinement, on faisait déjà des ventes à distance en signature électronique. Donc on était prêts pour équiper 600 collaborateurs. Et non, mais c'est une vraie volonté, puisqu'en fait, comme le groupe est assez atypique dans son fonctionnement et dans son organisation, Il n'y avait pas d'application, de logiciel ou de pro-logiciel qui était adapté à notre façon de faire. Comme on dit, du client de son étape 1 à la dernière étape, entre le premier rendez-vous et finalement où il revend son bien, on peut saisir jusqu'à 20 fois ses coordonnées sur des applications différentes. Ce qui était important pour nous d'éviter de perdre du temps.

  • Thomas Reynaud

    Parce que les logiciels disponibles sur le marché se spécialisent sur une partie de la chaîne de valeur, c'est ça ?

  • Morgane Bentata

    trouver un logiciel aujourd'hui qui va te gérer ton back office, administration des ventes et en même temps ta gestion locative, c'est plus compliqué. Ça n'existe pas.

  • Thomas Reynaud

    Donc vous les développez en interne ?

  • Morgane Bentata

    Oui, on développe en interne, on crée des passerelles entre nos applications et ça devient des énormes...

  • Thomas Reynaud

    Alors on dit souvent que les développeurs informatiques, c'est une ressource qui est hyper compliquée à trouver, qui coûte très cher. On dit parfois même que c'est les divas dans une entreprise.

  • Morgane Bentata

    C'est ce que je voulais dire, des princesses aussi.

  • Thomas Reynaud

    Des princesses. Comment on arrive à les attirer en tant que spécialistes ? Alors que d'habitude, ils aiment bien plutôt avoir des missions plus diversifiées, intervenir dans différentes entreprises.

  • Morgane Bentata

    Alors, d'après leur retour en tout cas, puisqu'ils sont une quarantaine chez nous de développeurs, ce qu'ils apprécient en tout cas en travaillant dans notre groupe, c'est que finalement, ils sont en direct avec le client final. Donc en fait, on travaille ensemble le métier, et le développeur finalement travaille ensemble et parle le même langage. Là où la plupart du temps... Dans une SS2i, tu vas avoir des développeurs qui vont partir en mission, six mois dans une entreprise, ou qui vont être détachés quelques jours par semaine ou par mois dans une entreprise. Alors que là, finalement, ils évoluent tous ensemble, puisqu'ils restent, ils sont déjà en entreprise, puisqu'ils travaillent majoritairement pour le groupe. On fait de l'externe aussi, mais on n'envoie pas nos développeurs directement en entreprise. Et ça, c'est quelque chose vraiment qu'ils apprécient beaucoup, finalement, de ne pas être seul et de ne pas partir sur des missions de six mois.

  • Thomas Reynaud

    Quand tu dis que vous faites de l'externe, ça veut dire que l'équipe de dev de Valority peut intervenir pour d'autres entreprises ?

  • Morgane Bentata

    On intervient pour d'autres entreprises.

  • Thomas Reynaud

    C'est une activité SS2I qui est intégrée ?

  • Morgane Bentata

    C'est une vraie activité, que ce soit sur la partie développement, sur la partie webmarketing ou même sur la partie communication print. Aujourd'hui, on commercialise des programmes pour des gros promoteurs pour qui on fait leur plaquette.

  • Thomas Reynaud

    Si on revient sur les métiers plus immobiliers que dev...... Est-ce que tu as des anecdotes ou des exemples de carrière chez Valority, de jeunes qui vous rejoignent ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, déjà on met beaucoup de moyens sur l'alternance, on croit beaucoup à l'alternance. Pour nous c'est la meilleure façon de former finalement des futurs collaborateurs. Donc ça depuis des années maintenant, depuis plus de 15 ans on travaille avec Sciences U, depuis plus de 10 ans avec beaucoup d'autres écoles dont... Les spies, exactement. On a beaucoup d'alternants. En fait, c'est intéressant parce que déjà, quand ils arrivent chez nous, les alternants, ils veulent tous faire la même chose. Ils veulent tous être dans la promotion. Ça, c'est assez impressionnant. Quand ils font de l'immobilier, quand ils commencent l'immobilier, ils veulent tous faire de la promotion.

  • Thomas Reynaud

    Pourquoi ?

  • Morgane Bentata

    Pourquoi ? Parce que c'est ce qu'ils imaginent qui va rapporter le plus. Je pense, en tout cas, très sincèrement, parce qu'avec tous les problèmes que ça engendre, à part l'aspect financier, j'imagine que c'est... extrêmement glorifiant de construire un immeuble. Vraiment, c'est quand même beaucoup de problèmes, surtout en ce moment avec tous les problèmes. Crise du logement, crise de l'immobilier, mais surtout maintenant, crise du bâtiment. Mais oui, c'est assez drôle, comme à chaque fois qu'un alternant signe un contrat chez nous, sa volonté première, c'est finir dans la promotion. Et au final, ils finissent de partout, sauf dans la promotion.

  • Thomas Reynaud

    C'est quoi qui fait qu'il y a ces changements d'orientation, justement ?

  • Morgane Bentata

    Nous, on les sollicite pour qu'ils voient un peu tous les métiers de l'immobilier. Déjà... On travaille dans un groupe où quasiment tous les métiers de l'immobilier sont représentés. Donc eux, ça leur permet vraiment de voir très spécifiquement ce que c'est que le conseil, ce que c'est que la gestion, ce que c'est que, je ne sais pas, le courtage en assurance pour des produits immobiliers. C'est vraiment important cette vision globale qu'ils ont. Et puis surtout, ils échangent au quotidien avec les collaborateurs des différentes activités dans l'immobilier. Et donc, on a des collaborateurs, des alternants, qui vont arriver en voulant faire de la promotion et qui vont finir à signer un CDI en gestionnaire sinistre. Alors que la gestion de sinistre...

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est les échanges en interne, c'est l'expérience qu'ils ont eue pendant un an ou deux ans d'alternance.

  • Morgane Bentata

    Et leur laisser la possibilité de découvrir tous les métiers de l'immobilier. C'est-à-dire que s'ils veulent passer une semaine avec la promotion, ils passeront une semaine avec la promotion. S'ils veulent, je ne sais pas, passer une semaine avec le conseil, vraiment, on les invite à le faire. Parce que de toute façon, les alternants, on en prend, nous, dans toutes les activités de l'immobilier du groupe. Donc, c'est important. Pire des cas, il ne se plaît pas à la gestion, il peut aller en alternant ce conseil. Ça nous arrive très souvent. Et derrière, après, c'est des carrières qui se construisent. Aujourd'hui, on a quand même plus d'une dizaine de collaborateurs qui ont plus de 10 ou 15 ans de... d'ancienneté chez nous et qui ont commencé en tant qu'alternants. Et ça, c'est une vraie fierté.

  • Thomas Reynaud

    Est-ce que l'immobilier aussi, du coup, vu que vous avez tous les métiers, une voie de reconversion ? Alors toi, ça a été plus qu'une reconversion, c'est vraiment une réorientation par rapport à ce que tu voulais faire à l'origine. Mais on recrute qui, en fait, finalement, quand on fait venir des gens dans une entreprise comme la vôtre ? Est-ce que c'est que des gens qu'on débauche chez des concurrents ou est-ce qu'il y a des carrières plus atypiques ?

  • Morgane Bentata

    Alors encore, vraiment, nous, on met sur l'alternance. C'est-à-dire qu'on préfère former dès le départ, dans la mesure du possible, bien évidemment. Et après, on fait évoluer nos collaborateurs. On n'est pas partisan de recruter à l'externe sur des postes déjà à responsabilité. On préfère des gens qui connaissent le métier, qui l'ont fait.

  • Thomas Reynaud

    Et la maison.

  • Morgane Bentata

    Et la maison, surtout, parce que bien évidemment, il faut la connaître pour pouvoir y travailler correctement dedans. On préfère faire évoluer nos collaborateurs, très sincèrement. Après, bien évidemment qu'on fait du recrutement sur le conseil, on fait du recrutement, on ne forme pas tous nos conseillers en gestion de patrimoine. Je parle plus sur la gestion. Où est-ce qu'on recrute ? Déjà, on ne fait pas appel à des cabinets de recrutement, ça c'est important. Et surtout, on ne recrute pas sur diplôme. Alors je ne sais pas si je devrais le dire comme ça, surtout grâce aux élèves.

  • Thomas Reynaud

    En tout cas, tu n'avais pas un diplôme qui te prédisposait à aller dans l'immobilier.

  • Morgane Bentata

    Non, mais tout comme un très bon collaborateur, un très bon conseiller ne fera pas forcément un bon manager. Pareil, ce n'est pas parce que tu as un diplôme que tu seras un très bon collaborateur ou que tu as plus envie que les autres. C'est pour ça qu'on préfère les prendre, comme on dit au berceau, en alternance, pour qu'ils puissent être formés vraiment au sein du groupe et ensuite évoluer vers n'importe quel métier. Parce qu'un alternant qui commence à la gestion, ou un collaborateur même, pas forcément un alternant, mais un collaborateur qui commence à la gestion, derrière, il n'est pas forcément obligé d'évoluer uniquement sur la gestion. Il y a plein d'autres métiers. On a des gestionnaires qui sont devenus commerciaux, des conseillers qui sont devenus gestionnaires, qui sont devenus gestionnaires sinistres, qui sont devenus juristes, qui avaient déjà une formation. Bon, pour le droit, il faut quand même avoir une petite formation en amont. Mais finalement, tout est possible quand on laisse la chance aux gens déjà de pouvoir s'exprimer et de pouvoir montrer de quoi ils sont capables. On le voit, aujourd'hui, on demande des diplômes et de l'expérience à des jeunes, alors que bon... Très bien, mais pour avoir de l'expérience, il faut déjà être embauché quelque part.

  • Thomas Reynaud

    Je pense que c'est un bon message à leur passer en tout cas. Pour clôturer le volet Valority, puis ensuite on reviendra un peu plus sur toi, vous avez une présidente qui est aussi la fondatrice de la société, il y a 40 ans. C'est aussi un parcours qui est assez atypique. Est-ce que tu peux nous parler un peu plus d'elle ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, notre présidente s'appelle Dora D'Ambrosio, elle a créé ce groupe environ 40 ans. En fait, elle a racheté l'agence où elle travaillait. À la base, elle était commerciale. Elle a racheté l'agence Catherine Mamet en 1985 pour être précis.

  • Thomas Reynaud

    Une agence qui faisait de la transaction ?

  • Morgane Bentata

    Qui faisait exactement de la transaction, du produit aussi loisir. On vendait à l'époque beaucoup de produits montagne, choses comme ça. Et une très bonne commerciale, une très bonne collaboratrice puisqu'elle finit par acheter son agence et de son agence, ça devient le groupe Valority avec plus de 600 collaborateurs aujourd'hui, 30 agences, une vingtaine de sociétés et surtout... On fait tous les métiers qu'on peut faire. Les seules choses qu'on ne peut pas faire aujourd'hui, c'est être notaire et avocat. C'est tout simplement ce que c'est réglementé. Mais si on le pouvait, on l'aurait déjà fait.

  • Thomas Reynaud

    Et alors, peut-être sans parler pour elle, mais qu'est-ce qui fait qu'après 40 ans, on reste à la tête du groupe qu'on a fondé ?

  • Morgane Bentata

    Je crois très sincèrement qu'elle aime ça. Très sincèrement, elle aime ce groupe. Le matin, elle arrive tôt, le soir, elle part tard. Ça fait 40 ans, mais je pense qu'elle ne s'ennuie pas une seule seconde. Et surtout, les journées ne se ressemblent pas. Et puis à mon avis, quand on crée quelque chose de zéro soi-même, avec très peu de personnes finalement qui croient en toi au départ, il ne faut pas oublier qu'à la base c'est une femme aussi, qu'elle a racheté seule et qu'elle évolue dans un milieu ultra masculin, l'immobilier c'est ultra masculin. Et au final, sans forcément se montrer, sans forcément, comme on dit, vivons heureux, vivons cachés.

  • Thomas Reynaud

    C'est vrai, ça c'est quelque chose de particulier. Pour travailler avec beaucoup de professionnels de l'immobilier, on voit que les directeurs d'agences sont des hommes majoritairement. Quel impact ça a ? Est-ce que ça en a un d'ailleurs d'avoir une femme à la tête de la boîte ?

  • Morgane Bentata

    J'ai envie de te dire que nous, on ne sent pas l'impact, parce que c'est tellement naturel et puis très sincèrement, aujourd'hui... J'ai la chance de faire beaucoup de rendez-vous avec elle. Et oui, tu rentres dans une pièce, il n'y a que des hommes. Maintenant, ça n'a plus d'impact. Je ne sais pas si ça n'a jamais eu d'ailleurs, sincèrement.

  • Thomas Reynaud

    C'est peut-être une bonne nouvelle.

  • Morgane Bentata

    Oui, après, ça dépend si tu as envie de faire attention à ça ou pas. Mais quand tu ne fais pas attention, finalement, les hommes non plus ne font pas attention.

  • Thomas Reynaud

    On peut maintenant revenir sur toi ?

  • Morgane Bentata

    Oui.

  • Thomas Reynaud

    Bon, c'est quoi la première chose qui t'a marqué quand tu as commencé à travailler dans l'immobilier ?

  • Morgane Bentata

    Mon responsable, mon directeur.

  • Thomas Reynaud

    Ton directeur ?

  • Morgane Bentata

    c'est vraiment lui qui m'a remarqué il avait exactement le même cursus que moi pareil, il était responsable juridique à la base dans une autre boîte puis il a travaillé en cabinet d'avocat il y a beaucoup de juristes qui font de l'immobilier finalement c'est lié à quoi ? Je ne sais pas si tu as envie de passer ton barreau ou pas. J'ai eu un moment où tu te poses la question. Et quand tu vois tout ce qu'il y a à faire, je ne sais pas. De base, je n'avais pas envie. Ce n'était pas du tout ce qui m'intéressait dans le droit. Je n'avais pas du tout envie de devenir avocate. Comme je l'ai dit, je n'aime pas lire et je n'aime pas écrire. Enfin, lire, c'est-à-dire prendre des heures et des heures et écrire des conclusions pendant des heures et des heures. Ça ne me plaisait pas, donc je savais. Mais c'est mon directeur. Je l'ai rencontré la première fois avant que j'intègre le groupe. Et on avait eu une discussion ensemble. Il m'avait dit...

  • Thomas Reynaud

    Il dirigeait les Belles Années, du coup.

  • Morgane Bentata

    Il dirigeait. Il avait exactement ma... place. Il avait ma place aujourd'hui, ma position. Je l'ai rencontré avant d'intégrer le groupe. C'est lui d'ailleurs qui m'a proposé de commencer l'été à faire des locations meublées.

  • Thomas Reynaud

    C'est une entreprise qui est assez horizontale parce que tu arrives... Je ne sais pas si elle faisait la même taille à l'époque, mais tu arrives en...

  • Morgane Bentata

    On était à 150-200 maximum à l'époque. C'était en 2016, il n'y a pas si longtemps déjà. On a cranté... un peu plus de 200, peut-être.

  • Thomas Reynaud

    Donc, tu étais en interface directe avec lui ?

  • Morgane Bentata

    Exactement. En fait, lui, il cherchait un peu un bras droit, pas une assistante, parce que j'avais un niveau de diplôme, quand même, qui me permettait de ne pas être assistante, mais il cherchait plutôt un... un bras droit. Et en fait, j'ai été assez hallucinée dès le premier jour où après avoir fait la commercialisation de logement étudiant, d'avoir fait un peu de gestion, dès qu'il m'a proposé son poste avec lui, il m'a intégré directement dans son bureau. Toutes ces conversations téléphoniques, il les faisait en haut-parleur. J'étais en copie de tous ses mails et je l'accompagnais à tous les rendez-vous. Donc j'ai vraiment eu une formation, pour le coup, même si ma formation n'était pas d'immobilier, j'ai eu une formation accélérée, avec la chance d'avoir un directeur qui voulait que je prenne sa place. Et ça, c'est vraiment culturel chez nous, enfin en tout cas dans notre groupe.... on forme les gens à prendre nos places. Tu as eu confiance dès les premiers jours ? Dès les premiers jours,

  • Thomas Reynaud

    oui. Il avait cette vision de se dire, c'est quelqu'un qui était en fin de carrière, c'est ça ?

  • Morgane Bentata

    Ah non, pas du tout, il n'était pas du tout en fin de carrière, il avait à peine 40 ans, mais il voulait évoluer sur un autre projet, mais toujours au sein du groupe. Aujourd'hui, il s'occupe de tout ce qui est acquisition en bloc, chez nous, avec le directeur de l'acquisition en bloc, Romain Lorescence, c'est lui qui s'occupe de ça, et c'était vraiment sa volonté, très sincèrement. Et lui, pareil, parcours hyper atypique, profil juridique à la base, base, il était responsable juridique du groupe. Ensuite, il a pris la direction de la gestion et maintenant, il est sur l'acquisition en bloc.

  • Thomas Reynaud

    On voit souvent ça, je trouve, dans les agences immobilières, qui sont plus petites, mais d'avoir des jeunes à qui on fait extrêmement confiance au début et puis auxquels on va donner un pan de l'activité à gérer en entier.

  • Morgane Bentata

    Un jeune qui montre qu'il a envie, qu'il est impliqué, qu'il est investi, ouais, bien sûr, tu as envie de lui donner, même si je trouve que j'ai une chance inouïe quand même d'avoir une personne qui était prête à partager autant d'informations.

  • Thomas Reynaud

    Et c'est quoi ta plus grande fierté du coup dans cette carrière immobilière jusque là ?

  • Morgane Bentata

    Mes équipes. Tes équipes ? Ouais, sans aucun doute les équipes avec lesquelles je travaille. Je suis assez hallucinée.

  • Thomas Reynaud

    C'est le côté Valority ou c'est le côté Les Belles Années ?

  • Morgane Bentata

    C'est toutes les équipes. Le groupe c'est Valority. Non, non, toutes les équipes, très sincèrement, je les trouve tellement impliquées, mais surtout bienveillantes. Bienveillants les uns envers les autres, bienveillant avec les clients. Et puis j'adore aller au boulot tous les jours pour les voir. On passe des bons moments, on est nombreux. Et pourtant, tu as toujours l'impression que c'est cette petite équipe. Bon, maintenant, sauf que quand tu te déplaces... l'administration de biens c'est 200 personnes quand même donc nos petits séminaires sont devenus des gros séminaires mais ma plus grosse fierté c'est de loin mes équipes et les managers qui vont avec parce que sans eux on ne serait pas arrivé à faire ce qu'on a fait

  • Thomas Reynaud

    Tu parles de les voir il y a un sujet qui est de plus en plus important pour les équipes justement Et les jeunes en particulier, le télétravail, comment on fait dans l'immobilier ? Ou chez vous ? Je pense qu'on ne fait pas partout pareil.

  • Morgane Bentata

    Non, après, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, on va dire. Moi, j'étais ultra fermée sur le télétravail. Pourquoi ? Parce que c'est quelque chose qui, moi, personnellement, ne me correspond pas du tout. Mais surtout, j'avais peur qu'on perde cette notion d'équipe et cette cohésion. Bon, finalement, on a eu quand même des demandes, des demandes assez légitimes pour les gens qui travaillent loin. Je peux comprendre que ça a du plus. Donc on a mis une règle en place, on l'a ouvert, le télétravail. On a mis des règles en place très précises. Surtout les règles sont mises en place pour éviter qu'il y ait de la frustration entre collaborateurs. En disant, lui il est tout le temps en télétravail, je sais qu'il ne se passe pas grand chose quand il l'est. Elle, elle est tout le temps au bureau et pourtant, ça peut vraiment aller dans tous les sens. On s'est dit, le plus important c'est de mettre un cadre, de mettre des règles. Et que le premier qui ne respecte pas les règles, il n'y a pas de joker. Le premier qui ne respecte pas les règles, il n'y a pas de joker, on revient en 100% au bureau, en présentiel. Et au final, on a laissé beaucoup d'options et de choix aux collaborateurs. Et je pensais très sincèrement qu'ils allaient tous prendre l'option maximum de télétravail. Pas du tout. Et il y en a, au bout de quelques semaines, quelques mois, quelques semaines de télétravail sont revenus à 100% en présentiel.

  • Thomas Reynaud

    Et tu observes des lignes directrices en termes de profil ou c'est purement lié à la personnalité des individus ? Est-ce que c'est plutôt les jeunes, plutôt les gens qui ont des enfants ?

  • Morgane Bentata

    Non, vraiment. Alors pour l'âge, pas du tout. Là, il n'y a pas de profil typique. La seule chose qui est commune aux gens qui préfèrent le télétravail, c'est ceux qui habitent loin ou qui mettent plus d'une heure, une heure et demie pour venir au bureau le matin. Ça, je peux comprendre que quand tu perds entre deux et trois heures par jour dans les transports, ça peut être fatigant. Mais non, et au final, très sincèrement, de plus en plus de gens reviennent en présentiel. Nous, on ne l'a pas ouvert toute la semaine. On voulait qu'il y ait des jours communs où tout le monde est là. C'est le lundi et le vendredi, pour des raisons évidentes. Et au final, le lundi et le vendredi, c'est les moments où sur nos plateaux, il y a le plus d'ambiance finalement.

  • Thomas Reynaud

    Si on regarde de l'autre côté, tu penses que c'est quoi ton plus gros échec ou quelque chose que tu aurais fait différemment, un regret jusqu'à présent ?

  • Morgane Bentata

    Je ne sais pas. Très sincèrement, dire que j'ai vécu un gros échec aujourd'hui, non. Je suis encore jeune malgré mon âge. Ma carrière est encore jeune. Non, bien évidemment qu'il y a des choses qu'on ferait différemment tous les jours. Il y a des petites décisions qu'on prendrait et qu'on ferait différemment. Mais non, les échecs qu'on essuie, on n'est pas responsable. Non, s'il y a une chose que je pouvais changer, c'est peut-être... Peut-être cette crise, mais ce n'est pas mon échec à moi.

  • Thomas Reynaud

    Ça a quoi comme impact, justement ? On peut y venir, il y a un contexte dans le marché de l'immobilier au sens large, notamment dans la transaction qui est très compliquée. Ça a quoi comme impact ?

  • Morgane Bentata

    Ça a comme impact que, du coup, en tant que locataire, tu as du mal à trouver un logement. Il y a de moins en moins de décohabitants. On le voit, que ce soit les étudiants qui cherchent un logement pour faire leurs études, que ce soit des couples qui sont en situation de séparation, ils vont avoir beaucoup de mal à trouver un deuxième logement et se séparer. Des jeunes actifs qui voudraient quitter le foyer familial. Là, on a eu les résultats Parcoursup, on est à 2000 demandes de logement par jour juste sur nos résidences étudiantes. Et là où parfois on pouvait avoir un petit peu de vacances locatives en logement classique sur certaines villes, c'est terminé. Tu mets une pub en location, tu as 200 appels dans la journée, c'est terrible.

  • Thomas Reynaud

    Ça a un impact aussi sur les métiers en interne, ça, sur les équipes ? Parce qu'en fait, traditionnellement, on a 10-15 candidats par appartement, et en ce moment, c'est, voilà, ce que tu dis, c'est entre 50...

  • Morgane Bentata

    Ça a un impact indirect, dans le sens où tu ne peux pas répondre à tout le monde. Donc souvent, les gens ont l'impression que tu t'en fiches de leurs besoins, alors que pas du tout, c'est simplement qu'on ne peut pas répondre aux demandes de tous les candidats. Et ça devient frustrant, parce que derrière, tu génères des avis négatifs, où les gens vont mettre un avis négatif en disant... "ne prend même pas la peine de me répondre, passez votre chemin", avec le nom du collaborateur. Donc lui, le collaborateur qui essaye de faire son maximum, finalement, on donne l'impression qu'il est complètement froid et que ça ne l'intéresse pas, la situation, et que du moment où il prend sa com,... c'est pas vrai, c'est pas vrai. Non, bien sûr que non, ça les affecte.

  • Thomas Reynaud

    Et comment tu vois les mois qui arrivent, qui sont devant nous ? Est-ce que vous êtes... plutôt positif sur les six mois où on va rester dans la même situation que les derniers mois.

  • Morgane Bentata

    Depuis ce week-end, encore un peu moins quand même, avec tout ce qui vient de se passer. Non, on n'est pas très positif.

  • Thomas Reynaud

    Tu penses qu'il y a l'instabilité qu'il peut y avoir avec des nouvelles élections ?

  • Morgane Bentata

    Même avant les nouvelles élections, même avant qu'on annonce la dissolution de l'Assemblée nationale, on a un gouvernement, on a un président qui n'aime pas l'immobilier. Ce n'est pas quelque chose dont il parle, c'est pas quelque chose qui l'intéresse. La preuve : il ne possède pas d'immobilier notre président, c'est peut-être un des premiers présents qui ne possède pas d'immobilier et puis surtout je veux dire la sonnette d'alarme ça fait des mois voire des années qu'elle est tirée elle est tirée par des gros promoteurs, par des entreprises dans le bâtiment, dans les mairies...

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est pas qu'un sujet de taux d'intérêt qui ont explosé sur les deux dernières années et qui freinent l'activité

  • Morgane Bentata

    Le taux d'intérêt, bien évidemment, c'est en jeu. Mais je veux dire, si tu prends sur les 40 dernières années, moi je me rappelle, mais je ne me rappelle pas, mes parents me l'ont dit plutôt, quand ils faisaient des prêts, les taux d'intérêt étaient à 18%. Donc c'était plutôt le 1% finalement qui n'était pas tout à fait normal sur les dernières années. On avait le vent dans le dos, comme on dit. Donc là, 4% on a l'impression que c'est extrêmement cher, on est bien d'accord. Mais je le rappelle, il y a 30 ans, on empruntait à 18%. Non, ce qui est plus criant, c'est le manque de logement. Quand tu sais qu'en France, il manque pratiquement 500 000 logements par an, et qu'on a un ministre du logement, déjà ça c'est une bonne chose, parce qu'on a été un petit peu oubliés pendant un quinquennat, et t'as un ministre du logement qui t'annonce en grande pompe 30 000 logements sur 3 ans.

  • Thomas Reynaud

    Comment, quand on a un groupe de votre taille, on interagit justement avec la politique ? Est-ce qu'il y a des enjeux de lobbyisme en particulier ?

  • Morgane Bentata

    Pas à notre échelle. Bien évidemment, on peut voir avec la présidente de Nexity, Valérie Bédard, qui est très, très active. Nous, non, je l'ai dit tout à l'heure, nous, c'est vivant heureux, vivant caché. Donc, on ne politise pas. On n'aime pas trop ça. On n'aime pas trop non plus être médiatisé. D'ailleurs, on commence à peine notre médiatisation pour la partie Les Belles Années, pour la marque Les Belles Années, mais on n'aime pas trop ça. Mais au final, tu ne maîtrises pas finalement ce qui va se passer. Tu peux imaginer, quand Nexity annonce son plan social il y a quelques mois, bon, si Nexity annonce son plan social alors qu'ils sont proches du gouvernement, tu peux bien t'imaginer que ça ne va pas aller mieux dans les prochaines années. Et là, alors oui, dissolution de l'Assemblée nationale, ça va dépendre des élections, ça va dépendre de ce qui va se passer derrière. Est-ce que le logement va être vraiment l'enjeu numéro un du parti qui sera élu en majorité ? Peu importe lequel, je ne suis pas sûre. Non, non, on attend. Nous, on attend une nouvelle loi de défiscalisation, parce que finalement, c'est ce qui a permis de construire autant de logements sur les dernières années. Et en plus, avec des plafonds de ressources pour les locataires, donc d'avoir des logements pour tous. Mais je pense qu'on va plutôt attendre la prochaine présidentielle, malheureusement.

  • Thomas Reynaud

    Donc tu penses que devant nous, il y a trois ans durant lesquels il y aura peu... d'initiatives, que ce soit parlementaires ou gouvernementales, pour relancer l'activité,notamment la construction.

  • Morgane Bentata

    Encore une fois, ce n'est pas ce qu'on souhaite. Mais tu vois tous les gros groupes aujourd'hui avec leurs plans sociaux. Si eux annoncent des plans comme ça, c'est qu'on sait très bien qu'il n'y a rien qui va arriver sur les prochaines années.

  • Thomas Reynaud

    On a souvent du mal à comprendre. Est-ce que tu peux nous expliquer qu'est-ce qui fait que toute la sclérose du marché de l'acquisition...... de l'achat de la transaction a un impact sur la location. Pourquoi la location souffre en ce moment ? Est-ce que c'est uniquement parce qu'il y a moins de construction ? Est-ce qu'il y a d'autres choses qui se passent ?

  • Morgane Bentata

    Déjà, il n'y a pratiquement plus de construction, alors qu'il manquait déjà du logement. Donc forcément, tu as de plus en plus d'étudiants, la population continue d'évoluer. Et nous, on construit de moins en moins de logements. C'est mathématique. C'est un problème d'offres. On a de la demande, mais on n'a pas d'offres.

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est une mécanique.

  • Morgane Bentata

    C'est une mécanique.

  • Thomas Reynaud

    Allez, on revient sur des choses qui nous concernent un peu plus en termes de carrière dans l'immobilier. Au global, c'est quoi qui te motive dans ton quotidien ?

  • Morgane Bentata

    C'est de me dire que ce qu'on fait, déjà, ce n'est pas inutile. Parce que s'il y a bien deux choses dont l'humanité aura toujours besoin, c'est de se loger et de se nourrir. Je me dis quand même, ce n'est pas tout à fait inutile ce qu'on fait. Et là, on part sur la partie étudiante. On a mis une dimension beaucoup plus RSE. dans notre façon de gérer les belles années et avec de l'accompagnement aussi sur les étudiants. Il y a un sujet qui nous tient beaucoup à cœur en ce moment, c'est la santé mentale des étudiants. Et pour gérer un peu moins de 9000 logements étudiants, donc 9000 étudiants. On a assisté à beaucoup de drames l'année dernière et ça c'est quelque chose aujourd'hui qu'on met au cœur de nos résidences. On essaie de créer des communautés au sein des résidences pour que les étudiants se sentent moins seuls et qu'il y ait plus de partage. Donc on est en train de mettre des partenariats aussi avec des résidences seniors.

  • Thomas Reynaud

    C'est quoi des communautés ?

  • Morgane Bentata

    En fait tout simplement leur proposer un certain nombre de partenariats, d'activités dans la résidence. Parce que souvent c'est la première fois qu'ils quittent le foyer familial, ils ne connaissent pas les gens avec qui ils vont habiter juste à côté. Donc on met en place des soirées organisées par le responsable de résidence pour créer cette communauté. En fait, on veut créer une cohésion pour que nos étudiants ne se sentent jamais seuls. Très sincèrement, l'année dernière, ça a été très très lourd sur l'exploitation des belles années. On a eu de nombreux drames, certains qu'on a pu éviter, d'autres qu'on n'a pas pu éviter. Et on s'est vraiment rendu compte qu'aujourd'hui, la santé mentale des étudiants, c'était vraiment au cœur de tout. Et ça devrait être au cœur des écoles. Ça devrait être au cœur des résidences-services pour étudiants, que ce soit du privé ou du public, parce que c'est souvent là que ça se passe, quand ils sont seuls dans leur chambre. Et donc voilà, on essaie de mettre en place plein de partenariats aussi, souvent où il y a une résidence étudiante, il y a une résidence senior à côté. Donc ça apporte de la compagnie aux seniors, mais aussi aux étudiants qui en ont besoin.

  • Thomas Reynaud

    Donc vous proposez aux étudiants d'aller passer du temps avec un senior ?

  • Morgane Bentata

    Oui, et puis des accompagnements psychologiques pour ceux qui en ont besoin. Et pas mal d'autres choses,

  • Thomas Reynaud

    oui. Ça, ça fait partie des choses qui sont venues spontanément chez vous après avoir constaté le drame dont tu parlais. Ça vient aussi peut-être des parents, je ne sais pas.

  • Morgane Bentata

    Alors déjà, c'est un constat qu'on a malheureusement dû constater. Ça vient des parents, oui aussi, parce qu'on a de plus en plus de parents qui nous appellent pour aller checker sur leurs enfants. Disant, "je n'ai pas eu de nouvelles depuis quelques jours, est-ce que vous pouvez aller frapper à sa porte ?" Donc on demande aux responsables de résidence de s'y rendre. Il nous est arrivé d'avoir des mauvaises surprises. Donc on se rend compte que c'est un vrai sujet, qu'ils sont complètement perdus face à ça. Et donc si nous on peut y apporter quelque chose, on peut apporter notre pierre à l'édifice, si on peut les accompagner, mettre en place des soutiens psychologiques, mettre en place plein de choses, on le fait. On le fait de plus en plus et c'est vraiment là-dessus qu'on veut axer toute notre énergie.

  • Thomas Reynaud

    C'est intéressant parce que la plupart des partenaires qu'on peut avoir chez Garantme, ils nous disent que... L'immobilier, c'est avant tout un métier où on gère de l'humain. Là, on est en plein dedans. Oui,

  • Morgane Bentata

    on est en plein dedans, mais c'est la même façon quand tu gères des impayés, finalement. Nous, on a créé un service de recouvrement, on a embauché des clercs d'huissier pour ça. Mais quand tu écoutes les gens, surtout avant le confinement, on pouvait avoir des réactions un peu vraiment étonnantes. C'était les soldes, donc je n'ai pas pu payer mon loyer, je suis partie en vacances. Là, les gens, depuis 4-5 ans, ils ne s'y retrouvent plus. Très sincèrement, on a des gens qui t'expliquent qu'ils vont devoir vendre leur voiture pour pouvoir payer leur loyer, pour pouvoir payer quelque chose. On met en place des échéanciers de plus en plus. On accompagne, vraiment, on accompagne, parce que tu as des personnes qui sont de bonne volonté, mais qui sont tout simplement en incapacité financière, malgré le fait qu'ils travaillent. Je trouve ça consternant en France que tu travailles et que tu n'as pas de quoi finir ton mois.

  • Thomas Reynaud

    S'il y avait un secret pour réussir dans ce secteur, que ce soit... la construction, la promotion, l'administration de biens, ça serait quoi ?

  • Morgane Bentata

    Je ne sais pas. Si tu le connais, je le veux bien. Non, je vais prendre l'exemple de notre groupe. Je pense qu'on a toujours tenu la même ligne directrice. On ne s'est pas éparpillé. On a des valeurs et des principes auxquels on croit depuis longtemps et on essaye de s'y tenir. On aurait pu faire comme beaucoup de groupes. mais qui finalement, on le voit, ne tiennent pas, dans l'étudiant en tout cas, ne tiennent pas la route, alors que c'était encore il y a quelques semaines les numéros 1. Non, on continue. Je pense que le fait qu'on fasse tous les métiers et que notre client principal, on lui a vendu, on l'a financé et derrière on le gère, ça nous anime à être déjà honnêtes avec nos clients, transparents, et puis surtout d'être bienveillants, de gérer leur patrimoine en bon père de famille.

  • Thomas Reynaud

    C'est intéressant ça, tu veux dire que le fait d'intégrer les métiers... C'est que tu ne peux pas mentir à un moment donné, parce qu'il y aura des conséquences sur le...

  • Morgane Bentata

    Exactement, quand tu vends un bien immobilier à ton client et que tu lui promets un effort d'épargne de 200 ou 300 euros par mois, et que derrière tu le gères, mais tu lui rajoutes une carrière d'honoraires complémentaires, et qu'au final son effort d'épargne va passer à 400 ou 500 euros par mois, ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible, parce que c'est la même voix qui a parlé. Ça reste le groupe Valority, donc que ce soit au conseil ou à la gestion, il faut que ce qu'on ait vendu au client, ce qu'on lui ait conseillé dès le départ, ce soit... Ce qui arrive sur les douze prochaines années.

  • Thomas Reynaud

    Vous mettez un rendement et puis il va vous mettre devant les promesses que vous avez faites.

  • Morgane Bentata

    Bien sûr. Et puis nous, on a à cœur de les tenir surtout.

  • Thomas Reynaud

    Donc ça serait un peu ça la clé, c'est de petit à petit, quand on crée son entreprise dans l'immobilier, intégrer... les services qui font qu'on accompagne tout au long de sa vie un acquéreur.

  • Morgane Bentata

    Oui, je pense que c'est... En tout cas, nous, ça nous demande une certaine exigence. Et peut-être que ça serait différent si tu n'as pas conseillé un client, si tu ne lui as pas vendu un bien, tu ne lui as pas fait une analyse patrimoniale, tu ne l'as pas financé. Et derrière, tu es gestionnaire. Quand il a deux mois de vacances locatives et si jamais il n'a pas d'assurance, toi, tu connais son analyse patrimoniale. Donc, tu sais que ça peut vraiment le mettre dans le rouge financièrement. Alors que peut-être qu'un administrateur de biens qui n'a pas suivi tout le process de conseil, de financement, de vente, dirait que ce n'est pas de notre faute, c'est le marché qui veut ça.

  • Thomas Reynaud

    C'est compliqué à faire en revanche.

  • Morgane Bentata

    C'est compliqué à faire, mais finalement, c'est une très belle chose. On adore notre groupe. On a de la chance de pouvoir conseiller nos clients sur autant de services et d'options différentes. Du coup ils ne vont pas voir ailleurs.

  • Thomas Reynaud

    Bon, tu le sais, notre podcast, il est soutenu par l'ESPI. Donc, il y a beaucoup d'étudiants qui nous écoutent. Pour clôturer notre échange, est-ce que tu aurais un conseil pour un jeune qui veut se lancer dans l'immobilier aujourd'hui ?

  • Morgane Bentata

    Oui, ne soyez pas fermés au métier de l'immobilier si ce n'est pas quelque chose qui vous intéresse à la base. Comme je le disais tout à l'heure, quand on a commencé, quand nos alternants arrivent, ils veulent tous faire de la promotion. Et au final, ils finissent sur d'autres métiers. Ne soyez pas fermés, vraiment. ne soyez pas fermé aux activités de l'immobilier ou autres. Et finalement, ne jamais penser que ces études n'ont servi à rien. Parce qu'à la rigueur, ça vous donnera une logique, une façon de réfléchir, une méthodologie, et que vous ayez fait du droit, du commerce, peu importe le type d'études avant, il y a quand même un savoir, un savoir qui est dans la méthodologie et dans la réflexion. Et c'est ce qui est le plus important, très sincèrement.

  • Thomas Reynaud

    Il faut rester curieux.

  • Morgane Bentata

    Oui, il faut rester curieux, oui. Et ne pas penser que son diplôme ne sert à rien, ou alors qu'il n'est pas adapté à ce qu'on a envie de faire.

  • Thomas Reynaud

    Merci beaucoup Morgane.

  • Morgane Bentata

    Merci Thomas.

  • Thomas Reynaud

    On arrive donc à la fin de cet épisode d'ImmoStories. J'espère que vous avez apprécié la discussion avec Morgane. Merci Morgane d'avoir passé ce temps avec nous et de nous avoir partagé tes réflexions sur ta carrière et puis aussi sur le contexte actuel dans l'immobilier. Si cet épisode vous a inspiré, vous pouvez le partager. Vous pouvez aussi nous laisser un avis. Le podcast est accessible sur toutes les plateformes. Il est aussi accessible sur le site de Garantme : garantme.fr dans la rubrique podcast. Je remercie encore notre partenaire l'ESPI de son soutien. Et pour rien manquer des prochains épisodes avec des invités toujours aussi inspirants, vous pouvez vous abonner à ImmoStories. Vous pouvez aussi nous suivre sur les réseaux sociaux. Merci de nous avoir écoutés et à très bientôt pour un nouvel épisode d'ImmoStories.

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Description

🎙️ Dans cet épisode d’IMMOSTORIES, Morgane Bentata parle de son parcours et de l’engagement qu’elle porte, à travers son travail, à replacer l’humain au centre du secteur immobilier.


Notre invitée prend du recul sur les échelons qu’elle a gravis au sein de Valority, un groupe riche par la diversité de ses métiers, et nous partage l’importance des valeurs qu’elle porte dans son travail, tant pour guider ses équipes qu’accompagner ses clients. ⭐️


Avec passion, Morgane revient notamment sur les initiatives RSE mises en place pour soutenir les étudiants et leur santé mentale dans un contexte où la bienveillance et l’accompagnement sont essentiels.


🏛️ Elle aborde également les défis actuels du secteur immobilier, marqué par une demande croissante et un manque de logements préoccupant, mais aussi par une reconnaissance insuffisante des enjeux immobiliers au niveau gouvernemental.


Un épisode engageant pour celles et ceux qui souhaitent comprendre comment allier impact humain et responsabilité sociale dans un secteur en pleine difficulté. 👏


Découvrez aussi l'épisode au format vidéo !


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Thomas Reynaud

    Bonjour à tous et à toutes et bienvenue sur ImmoStories, le podcast qui vous plonge dans les coulisses de l'entrepreneuriat dans le monde de l'immobilier. Mon objectif est simple, je voulais présenter, vous faire découvrir le parcours des personnalités inspirantes dans le secteur de l'immobilier, un secteur qui nous concerne tous. Je m'appelle Thomas Reynaud. Je suis CEO et fondateur de Garantme et je suis ravi de vous accueillir. Alors ImmoStories a vu le jour grâce au soutien de l'ESPI, l'école supérieure immobilière. Comme vous le savez peut-être, l'ESPI forme les talents de demain dans le domaine de l'immobilier. J'en profite pour les remercier chaudement de leur accompagnement. Et pour cet épisode, j'ai la chance de recevoir une invitée de talent, Morgane Bentata. Elle est directrice générale des métiers de l'administration de biens dans le groupe Valority. Bonjour Morgane.

  • Morgane Bentata

    Bonjour Thomas.

  • Thomas Reynaud

    Est-ce que tu peux te présenter pour nos auditeurs ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, je m'appelle Morgane Bentata et je suis directrice de l'administration de biens du groupe Valority. Le groupe Valority c'est quoi ? C'est un groupe qui intervient dans l'univers de la gestion patrimoine avec trois grandes activités conception, conseil et gestion. On aura le plaisir d'élaborer un peu plus tard.

  • Thomas Reynaud

    Ok, peut-être juste pour que tout le monde comprenne, l'administration de biens, c'est quelle partie de votre activité ?

  • Morgane Bentata

    C'est la partie gestion, du coup, exactement.

  • Thomas Reynaud

    Donc tout ce qui se passe après la livraison des biens ?

  • Morgane Bentata

    Ce qui va se passer une fois que la livraison du bien, que ça soit... du produit classique, ce que l'on appelle les produits classiques, les appartements classiques ou du produit meublé et on gère des résidences étudiantes, plus de 60 résidences étudiantes en France avec entre 5 et 10 ouvertures par an.

  • Thomas Reynaud

    Ça tombe bien, ça parlera peut-être aux étudiants de l'ESPI. On connaît bien,

  • Morgane Bentata

    puisqu'on est grands sponsors de l'alternance et donc on a beaucoup d'alternants dans notre groupe qui viennent de l'ESPI.

  • Thomas Reynaud

    Ok, top. L'objectif, c'est aussi de parler carrière dans l'immobilier. Est-ce que tu peux nous raconter un peu ton parcours depuis le début jusqu'à aujourd'hui ?

  • Morgane Bentata

    Alors, un parcours un peu atypique, parce que je n'ai pas du tout fait mes études dans l'immobilier. Je suis partie faire mes études au Pays-Bas, en droit. spécialisé en droit international public et droit de l'homme vraiment donc toute la partie études supérieures aux Pays-Bas je suis rentrée à Paris à Nanterre faire un master de toujours en droit de l'homme

  • Thomas Reynaud

    Qu'est-ce qui t'a poussée à partir aux Pays-Bas ?

  • Morgane Bentata

    Très sincèrement, j'avais fait une année de fac à Lyon. Ce n'était pas pour moi. Les amphis de 300 personnes, ce n'était pas pour moi. Ce n'est pas possible. J'ai besoin d'un cadre. J'avais besoin de rigueur. Et là-bas, plus de trois journées d'absence par trimestre et tu as zéro à tes cours. Donc, il faut tout recommencer ton année. Donc, très sincèrement, là, j'avais de la rigueur. Et du coup, ça m'a permis d'être beaucoup plus assidue dans mes études. Et surtout, des petits groupes, c'est des classes de 20 personnes pendant tout le bachelor et même pendant le master. Donc ça c'était vraiment agréable.

  • Thomas Reynaud

    Donc droit international. Oui. Qu'est-ce qui t'a poussé à faire ça ?

  • Morgane Bentata

    Mes parents voulaient que je fasse du droit, ils voulaient que je sois avocate. Moi, je n'en avais pas du tout envie. Je n'aime pas beaucoup lire, encore moins écrire. Donc du coup, je me suis dit quitte à faire du droit, autant faire un droit qui m'intéresse. Et droit international, droit humanitaire, ça, c'était vraiment quelque chose qui m'intéressait. Du coup, j'en ai fait pendant cinq ans.

  • Thomas Reynaud

    Donc trois ans aux Pays-Bas, puis deux ans en France à Nanterre.

  • Morgane Bentata

    Trois ans aux Pays-Bas, une année supplémentaire aux Pays-Bas en master, puis le master 2 à Nanterre. Puis la rentrée à Lyon, parce que je suis originaire de Lyon à la base. Et je me suis dit, dans quelle institution je pourrais rentrer ?

  • Thomas Reynaud

    C'est une grande région de l'administration de biens.

  • Morgane Bentata

    Une grande région, oui. Mais c'était plus Interpol qui m'intéressait à la base. Et finalement, j'avais pris un petit boulot en attendant d'avoir une... réponse à ma candidature chez Interpol. Et au final, c'est neuf mois le process de recrutement chez Interpol. Donc entre le moment où tu envoies ta candidature et le moment où tu as une réponse, il se passe neuf mois sans que tu aies de réponse. Enfin, il ne se passe rien. Et au bout de neuf mois, si tu n'as pas de réponse, tu considères que tu n'es pas retenu. Donc j'ai bossé, forcément, à côté, dans l'immobilier, à remplir des résidences étudiantes pendant la saison estivale. Et en septembre, ils m'ont proposé un poste. Un poste plus sérieux.

  • Thomas Reynaud

    Ça consiste en quoi, ce métier, de remplir une résidence étudiante ?

  • Morgane Bentata

    Commercial. Très sincèrement, je m'occupais... C'était négociatrice en location. Je m'occupais de louer, tout simplement, les logements des résidences étudiantes.

  • Thomas Reynaud

    Donc déjà dans le groupe Valority, à l'époque ?

  • Morgane Bentata

    Déjà dans le groupe Valority. Vraiment, je suis rentrée là-bas en 2016 et c'était mon premier poste.

  • Thomas Reynaud

    OK. Oui.

  • Morgane Bentata

    Et ensuite, ils ont misé sur moi, sur un poste un peu plus important. Je suis passée à la gestion, ça s'appelle Les Belles Années. On est exploitant de résidence étudiante et la marque, c'est Les Belles Années. Je suis passée à la gestion après avoir commercialisé, j'ai géré.

  • Thomas Reynaud

    La gestion, c'est tout ce qui se passe après que le locataire est rentré dans les lieux, c'est ça ?

  • Morgane Bentata

    Une fois que tu as sélectionné un candidat locataire, derrière, il faut rédiger un bail et le faire signer, étudier le dossier bien évidemment en amont. Voilà donc je faisais un peu de ça, un peu de gestion locative pour les belles années.

  • Thomas Reynaud

    Il y a beaucoup de gens qui veulent se lancer dans l'immobilier qui notamment sortent d'école, se posent la question d'aller plutôt sur des métiers commerciaux ou sur des métiers plus d'administration, de gestion. Comment se fait la réflexion chez toi à l'époque ? les différentes compétences ou les différentes motivations qui t'ont poussé à évoluer comme ça ?

  • Morgane Bentata

    Alors très sincèrement, je savais que j'allais rester à Lyon et qu'Interpol, ça allait être très compliqué. Et ce n'était pas ma vocation première de faire... de l'immobilier. Mais au final, on m'a proposé un poste un peu plus important, je m'occupais de la synergie intra-groupe. Et puis on m'a dit, je m'en rappelais toujours cette phrase, on m'a dit, "je ne mise pas sur un cheval pour qu'il me claque entre les doigts", donc il faut prendre une décision maintenant. Et donc j'ai pris ma décision de rester.

  • Thomas Reynaud

    Ok, ça c'est courageux, ça veut dire faire un vrai choix de carrière, abandonner ta vocation première pour l'immobilier ?

  • Morgane Bentata

    C'était Interpol ou rien, donc il n'y avait pas énormément de choix à côté en fait surtout.

  • Thomas Reynaud

    Les synergies du groupe, ça consiste en quoi ?

  • Morgane Bentata

    On gère des résidences étudiantes, bien évidemment, mais avant de les gérer, souvent on les construit, on les commercialise via notre conseil, via notre réseau. Et donc c'était tout simplement d'expliquer aux garants des étudiants qui sont logés chez les Belles Années comment on pouvait les aider sur des solutions patrimoniales et donc leur proposer nos services tout simplement.

  • Thomas Reynaud

    Ok, donc quand papa et maman jouaient le rôle de garant pour l'étudiant qui louait en résidence...

  • Morgane Bentata

    Nous, on leur expliquait que derrière le logement qu'ils avaient loué, il y avait un investisseur particulier privé, et que ça pouvait être eux.

  • Thomas Reynaud

    Ok, donc c'était pour racheter des biens qu'ils avaient... été achetés par d'autres ou sur des programmes neufs ?

  • Morgane Bentata

    Non,

  • Thomas Reynaud

    non, sur du programme neuf,

  • Morgane Bentata

    bien sûr. Sur du programme neuf. C'était pas mal, ça a bien fonctionné.

  • Thomas Reynaud

    Si justement on rentre dans l'activité de Valority, est-ce que tu peux nous expliquer la partie promotion, qu'est-ce qu'elle représente, ensuite la gestion ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, comme je te disais, vraiment on intervient dans l'univers de la gestion patrimoine avec trois grandes activités. La conception. Donc conception, on est aussi promoteur, donc on construit certains des logements qu'on vend, qu'on commercialise, mais aussi on est concepteur au niveau de produits financiers, on propose des produits financiers à nos clients et on a un pôle pour s'en occuper. C'est toute la partie vraiment conception avec, je l'ai dit, Promessence qui est notre promoteur, la marque promoteur, et la conception de produits financiers, la partie conseil. La partie conseil, c'est tout ce qui va être le conseil en gestion de patrimoine. Donc là, on va proposer des produits immobiliers, des produits financiers, vraiment à vocation de faire une réduction fiscale.

  • Thomas Reynaud

    C'est commun, ça, d'avoir des groupes qui intègrent toute la chaîne de valeur en France ?

  • Morgane Bentata

    Nous, on dit que tout ce qu'on peut faire nous-mêmes, on le fera. Donc je ne sais pas si c'est commun. Je ne connais pas beaucoup de groupes qui nous ressemblent. Mais en tout cas, il y a une volonté de la part de notre présidente qui a fondé le groupe il y a un peu moins de 40 ans maintenant, de vraiment pouvoir proposer toutes les options et tous les services possibles en termes de gestion de patrimoine à nos clients.

  • Thomas Reynaud

    Et le groupe vient de quel métier à la base du coup ?

  • Morgane Bentata

    La vente, finalement, du conseil.

  • Thomas Reynaud

    La vente, ok. Oui,

  • Morgane Bentata

    bien évidemment. La plus grosse partie, il y a un peu moins de 40 ans maintenant, c'était surtout la transaction. Et après, on s'est dirigé vers tout ce qui va être bien sous fiscalité.

  • Thomas Reynaud

    Ok, donc le groupe a 40 ans. Aujourd'hui, tu peux nous donner quelques chiffres. Ça fait quelle taille en termes de personnel et puis d'activité ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, c'est… 40 ans d'existence, on va dire plus d'une vingtaine de sociétés, parce que là, j'ai commencé à t'en expliquer certaines, mais il y en a encore beaucoup d'autres derrière. Un peu plus de 600 collaborateurs, 30 agences en France et plus de 40 000 clients.

  • Thomas Reynaud

    Impressionnant.

  • Morgane Bentata

    Oui, et puis surtout, ce qui est impressionnant, c'est que c'est un groupe ultra familial. Et ça, c'est important pour nous, parce que le groupe continue finalement de grossir. La croissance est là, malgré les difficultés au niveau du marché immobilier. Mais on aime dire qu'on reste à taille humaine. Quand je dis ça, ça veut dire que le process de décision, ils ne prennent pas six mois, comme dans des gros groupes, où on peut avoir des centaines, voire des milliers de collaborateurs avec une hiérarchie. tellement importante que finalement c'est le process de décision qui est plus long que trouver l'idée.

  • Thomas Reynaud

    Tu parles de 600 collaborateurs justement, une vingtaine de sociétés, ça m'intéresse beaucoup de comprendre le type de carrière qu'on peut avoir dans l'immobilier, comment ça se passe chez vous, où est-ce que les gens arrivent, comment ils évoluent en interne, il y a différents métiers, est-ce qu'il y a des passerelles ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, donc je t'ai parlé du pôle conception, le pôle conseil, dans le conseil on fait aussi du B2B, on est aussi... On apporte aussi des solutions pour les conseillers en gestion de patrimoine ou pour les banques. On est partenaire avec de nombreuses banques. Et la partie gestion avec l'administration de biens classiques et l'exploitation de résidences étudiantes. Pour ces trois grands métiers, ces trois grandes activités, bien évidemment on a besoin de ce qu'on appelle des fonctions support. C'est plus que des fonctions support parce qu'au final on a créé une SS2I où on fait toutes nos applications internes, tous nos logiciels sont métiers. On est aussi courtier en crédit.

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est une SSOS, il y a des développeurs informatiques, des équipes produits tech dans un groupe immobilier.

  • Morgane Bentata

    Ça, de la même façon, il y a une volonté de se digitaliser, d'être présidente après 2013. Finalement, ça nous a permis d'être prêts pour le confinement. En 2020, au bout de 15 jours de confinement, on faisait déjà des ventes à distance en signature électronique. Donc on était prêts pour équiper 600 collaborateurs. Et non, mais c'est une vraie volonté, puisqu'en fait, comme le groupe est assez atypique dans son fonctionnement et dans son organisation, Il n'y avait pas d'application, de logiciel ou de pro-logiciel qui était adapté à notre façon de faire. Comme on dit, du client de son étape 1 à la dernière étape, entre le premier rendez-vous et finalement où il revend son bien, on peut saisir jusqu'à 20 fois ses coordonnées sur des applications différentes. Ce qui était important pour nous d'éviter de perdre du temps.

  • Thomas Reynaud

    Parce que les logiciels disponibles sur le marché se spécialisent sur une partie de la chaîne de valeur, c'est ça ?

  • Morgane Bentata

    trouver un logiciel aujourd'hui qui va te gérer ton back office, administration des ventes et en même temps ta gestion locative, c'est plus compliqué. Ça n'existe pas.

  • Thomas Reynaud

    Donc vous les développez en interne ?

  • Morgane Bentata

    Oui, on développe en interne, on crée des passerelles entre nos applications et ça devient des énormes...

  • Thomas Reynaud

    Alors on dit souvent que les développeurs informatiques, c'est une ressource qui est hyper compliquée à trouver, qui coûte très cher. On dit parfois même que c'est les divas dans une entreprise.

  • Morgane Bentata

    C'est ce que je voulais dire, des princesses aussi.

  • Thomas Reynaud

    Des princesses. Comment on arrive à les attirer en tant que spécialistes ? Alors que d'habitude, ils aiment bien plutôt avoir des missions plus diversifiées, intervenir dans différentes entreprises.

  • Morgane Bentata

    Alors, d'après leur retour en tout cas, puisqu'ils sont une quarantaine chez nous de développeurs, ce qu'ils apprécient en tout cas en travaillant dans notre groupe, c'est que finalement, ils sont en direct avec le client final. Donc en fait, on travaille ensemble le métier, et le développeur finalement travaille ensemble et parle le même langage. Là où la plupart du temps... Dans une SS2i, tu vas avoir des développeurs qui vont partir en mission, six mois dans une entreprise, ou qui vont être détachés quelques jours par semaine ou par mois dans une entreprise. Alors que là, finalement, ils évoluent tous ensemble, puisqu'ils restent, ils sont déjà en entreprise, puisqu'ils travaillent majoritairement pour le groupe. On fait de l'externe aussi, mais on n'envoie pas nos développeurs directement en entreprise. Et ça, c'est quelque chose vraiment qu'ils apprécient beaucoup, finalement, de ne pas être seul et de ne pas partir sur des missions de six mois.

  • Thomas Reynaud

    Quand tu dis que vous faites de l'externe, ça veut dire que l'équipe de dev de Valority peut intervenir pour d'autres entreprises ?

  • Morgane Bentata

    On intervient pour d'autres entreprises.

  • Thomas Reynaud

    C'est une activité SS2I qui est intégrée ?

  • Morgane Bentata

    C'est une vraie activité, que ce soit sur la partie développement, sur la partie webmarketing ou même sur la partie communication print. Aujourd'hui, on commercialise des programmes pour des gros promoteurs pour qui on fait leur plaquette.

  • Thomas Reynaud

    Si on revient sur les métiers plus immobiliers que dev...... Est-ce que tu as des anecdotes ou des exemples de carrière chez Valority, de jeunes qui vous rejoignent ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, déjà on met beaucoup de moyens sur l'alternance, on croit beaucoup à l'alternance. Pour nous c'est la meilleure façon de former finalement des futurs collaborateurs. Donc ça depuis des années maintenant, depuis plus de 15 ans on travaille avec Sciences U, depuis plus de 10 ans avec beaucoup d'autres écoles dont... Les spies, exactement. On a beaucoup d'alternants. En fait, c'est intéressant parce que déjà, quand ils arrivent chez nous, les alternants, ils veulent tous faire la même chose. Ils veulent tous être dans la promotion. Ça, c'est assez impressionnant. Quand ils font de l'immobilier, quand ils commencent l'immobilier, ils veulent tous faire de la promotion.

  • Thomas Reynaud

    Pourquoi ?

  • Morgane Bentata

    Pourquoi ? Parce que c'est ce qu'ils imaginent qui va rapporter le plus. Je pense, en tout cas, très sincèrement, parce qu'avec tous les problèmes que ça engendre, à part l'aspect financier, j'imagine que c'est... extrêmement glorifiant de construire un immeuble. Vraiment, c'est quand même beaucoup de problèmes, surtout en ce moment avec tous les problèmes. Crise du logement, crise de l'immobilier, mais surtout maintenant, crise du bâtiment. Mais oui, c'est assez drôle, comme à chaque fois qu'un alternant signe un contrat chez nous, sa volonté première, c'est finir dans la promotion. Et au final, ils finissent de partout, sauf dans la promotion.

  • Thomas Reynaud

    C'est quoi qui fait qu'il y a ces changements d'orientation, justement ?

  • Morgane Bentata

    Nous, on les sollicite pour qu'ils voient un peu tous les métiers de l'immobilier. Déjà... On travaille dans un groupe où quasiment tous les métiers de l'immobilier sont représentés. Donc eux, ça leur permet vraiment de voir très spécifiquement ce que c'est que le conseil, ce que c'est que la gestion, ce que c'est que, je ne sais pas, le courtage en assurance pour des produits immobiliers. C'est vraiment important cette vision globale qu'ils ont. Et puis surtout, ils échangent au quotidien avec les collaborateurs des différentes activités dans l'immobilier. Et donc, on a des collaborateurs, des alternants, qui vont arriver en voulant faire de la promotion et qui vont finir à signer un CDI en gestionnaire sinistre. Alors que la gestion de sinistre...

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est les échanges en interne, c'est l'expérience qu'ils ont eue pendant un an ou deux ans d'alternance.

  • Morgane Bentata

    Et leur laisser la possibilité de découvrir tous les métiers de l'immobilier. C'est-à-dire que s'ils veulent passer une semaine avec la promotion, ils passeront une semaine avec la promotion. S'ils veulent, je ne sais pas, passer une semaine avec le conseil, vraiment, on les invite à le faire. Parce que de toute façon, les alternants, on en prend, nous, dans toutes les activités de l'immobilier du groupe. Donc, c'est important. Pire des cas, il ne se plaît pas à la gestion, il peut aller en alternant ce conseil. Ça nous arrive très souvent. Et derrière, après, c'est des carrières qui se construisent. Aujourd'hui, on a quand même plus d'une dizaine de collaborateurs qui ont plus de 10 ou 15 ans de... d'ancienneté chez nous et qui ont commencé en tant qu'alternants. Et ça, c'est une vraie fierté.

  • Thomas Reynaud

    Est-ce que l'immobilier aussi, du coup, vu que vous avez tous les métiers, une voie de reconversion ? Alors toi, ça a été plus qu'une reconversion, c'est vraiment une réorientation par rapport à ce que tu voulais faire à l'origine. Mais on recrute qui, en fait, finalement, quand on fait venir des gens dans une entreprise comme la vôtre ? Est-ce que c'est que des gens qu'on débauche chez des concurrents ou est-ce qu'il y a des carrières plus atypiques ?

  • Morgane Bentata

    Alors encore, vraiment, nous, on met sur l'alternance. C'est-à-dire qu'on préfère former dès le départ, dans la mesure du possible, bien évidemment. Et après, on fait évoluer nos collaborateurs. On n'est pas partisan de recruter à l'externe sur des postes déjà à responsabilité. On préfère des gens qui connaissent le métier, qui l'ont fait.

  • Thomas Reynaud

    Et la maison.

  • Morgane Bentata

    Et la maison, surtout, parce que bien évidemment, il faut la connaître pour pouvoir y travailler correctement dedans. On préfère faire évoluer nos collaborateurs, très sincèrement. Après, bien évidemment qu'on fait du recrutement sur le conseil, on fait du recrutement, on ne forme pas tous nos conseillers en gestion de patrimoine. Je parle plus sur la gestion. Où est-ce qu'on recrute ? Déjà, on ne fait pas appel à des cabinets de recrutement, ça c'est important. Et surtout, on ne recrute pas sur diplôme. Alors je ne sais pas si je devrais le dire comme ça, surtout grâce aux élèves.

  • Thomas Reynaud

    En tout cas, tu n'avais pas un diplôme qui te prédisposait à aller dans l'immobilier.

  • Morgane Bentata

    Non, mais tout comme un très bon collaborateur, un très bon conseiller ne fera pas forcément un bon manager. Pareil, ce n'est pas parce que tu as un diplôme que tu seras un très bon collaborateur ou que tu as plus envie que les autres. C'est pour ça qu'on préfère les prendre, comme on dit au berceau, en alternance, pour qu'ils puissent être formés vraiment au sein du groupe et ensuite évoluer vers n'importe quel métier. Parce qu'un alternant qui commence à la gestion, ou un collaborateur même, pas forcément un alternant, mais un collaborateur qui commence à la gestion, derrière, il n'est pas forcément obligé d'évoluer uniquement sur la gestion. Il y a plein d'autres métiers. On a des gestionnaires qui sont devenus commerciaux, des conseillers qui sont devenus gestionnaires, qui sont devenus gestionnaires sinistres, qui sont devenus juristes, qui avaient déjà une formation. Bon, pour le droit, il faut quand même avoir une petite formation en amont. Mais finalement, tout est possible quand on laisse la chance aux gens déjà de pouvoir s'exprimer et de pouvoir montrer de quoi ils sont capables. On le voit, aujourd'hui, on demande des diplômes et de l'expérience à des jeunes, alors que bon... Très bien, mais pour avoir de l'expérience, il faut déjà être embauché quelque part.

  • Thomas Reynaud

    Je pense que c'est un bon message à leur passer en tout cas. Pour clôturer le volet Valority, puis ensuite on reviendra un peu plus sur toi, vous avez une présidente qui est aussi la fondatrice de la société, il y a 40 ans. C'est aussi un parcours qui est assez atypique. Est-ce que tu peux nous parler un peu plus d'elle ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, notre présidente s'appelle Dora D'Ambrosio, elle a créé ce groupe environ 40 ans. En fait, elle a racheté l'agence où elle travaillait. À la base, elle était commerciale. Elle a racheté l'agence Catherine Mamet en 1985 pour être précis.

  • Thomas Reynaud

    Une agence qui faisait de la transaction ?

  • Morgane Bentata

    Qui faisait exactement de la transaction, du produit aussi loisir. On vendait à l'époque beaucoup de produits montagne, choses comme ça. Et une très bonne commerciale, une très bonne collaboratrice puisqu'elle finit par acheter son agence et de son agence, ça devient le groupe Valority avec plus de 600 collaborateurs aujourd'hui, 30 agences, une vingtaine de sociétés et surtout... On fait tous les métiers qu'on peut faire. Les seules choses qu'on ne peut pas faire aujourd'hui, c'est être notaire et avocat. C'est tout simplement ce que c'est réglementé. Mais si on le pouvait, on l'aurait déjà fait.

  • Thomas Reynaud

    Et alors, peut-être sans parler pour elle, mais qu'est-ce qui fait qu'après 40 ans, on reste à la tête du groupe qu'on a fondé ?

  • Morgane Bentata

    Je crois très sincèrement qu'elle aime ça. Très sincèrement, elle aime ce groupe. Le matin, elle arrive tôt, le soir, elle part tard. Ça fait 40 ans, mais je pense qu'elle ne s'ennuie pas une seule seconde. Et surtout, les journées ne se ressemblent pas. Et puis à mon avis, quand on crée quelque chose de zéro soi-même, avec très peu de personnes finalement qui croient en toi au départ, il ne faut pas oublier qu'à la base c'est une femme aussi, qu'elle a racheté seule et qu'elle évolue dans un milieu ultra masculin, l'immobilier c'est ultra masculin. Et au final, sans forcément se montrer, sans forcément, comme on dit, vivons heureux, vivons cachés.

  • Thomas Reynaud

    C'est vrai, ça c'est quelque chose de particulier. Pour travailler avec beaucoup de professionnels de l'immobilier, on voit que les directeurs d'agences sont des hommes majoritairement. Quel impact ça a ? Est-ce que ça en a un d'ailleurs d'avoir une femme à la tête de la boîte ?

  • Morgane Bentata

    J'ai envie de te dire que nous, on ne sent pas l'impact, parce que c'est tellement naturel et puis très sincèrement, aujourd'hui... J'ai la chance de faire beaucoup de rendez-vous avec elle. Et oui, tu rentres dans une pièce, il n'y a que des hommes. Maintenant, ça n'a plus d'impact. Je ne sais pas si ça n'a jamais eu d'ailleurs, sincèrement.

  • Thomas Reynaud

    C'est peut-être une bonne nouvelle.

  • Morgane Bentata

    Oui, après, ça dépend si tu as envie de faire attention à ça ou pas. Mais quand tu ne fais pas attention, finalement, les hommes non plus ne font pas attention.

  • Thomas Reynaud

    On peut maintenant revenir sur toi ?

  • Morgane Bentata

    Oui.

  • Thomas Reynaud

    Bon, c'est quoi la première chose qui t'a marqué quand tu as commencé à travailler dans l'immobilier ?

  • Morgane Bentata

    Mon responsable, mon directeur.

  • Thomas Reynaud

    Ton directeur ?

  • Morgane Bentata

    c'est vraiment lui qui m'a remarqué il avait exactement le même cursus que moi pareil, il était responsable juridique à la base dans une autre boîte puis il a travaillé en cabinet d'avocat il y a beaucoup de juristes qui font de l'immobilier finalement c'est lié à quoi ? Je ne sais pas si tu as envie de passer ton barreau ou pas. J'ai eu un moment où tu te poses la question. Et quand tu vois tout ce qu'il y a à faire, je ne sais pas. De base, je n'avais pas envie. Ce n'était pas du tout ce qui m'intéressait dans le droit. Je n'avais pas du tout envie de devenir avocate. Comme je l'ai dit, je n'aime pas lire et je n'aime pas écrire. Enfin, lire, c'est-à-dire prendre des heures et des heures et écrire des conclusions pendant des heures et des heures. Ça ne me plaisait pas, donc je savais. Mais c'est mon directeur. Je l'ai rencontré la première fois avant que j'intègre le groupe. Et on avait eu une discussion ensemble. Il m'avait dit...

  • Thomas Reynaud

    Il dirigeait les Belles Années, du coup.

  • Morgane Bentata

    Il dirigeait. Il avait exactement ma... place. Il avait ma place aujourd'hui, ma position. Je l'ai rencontré avant d'intégrer le groupe. C'est lui d'ailleurs qui m'a proposé de commencer l'été à faire des locations meublées.

  • Thomas Reynaud

    C'est une entreprise qui est assez horizontale parce que tu arrives... Je ne sais pas si elle faisait la même taille à l'époque, mais tu arrives en...

  • Morgane Bentata

    On était à 150-200 maximum à l'époque. C'était en 2016, il n'y a pas si longtemps déjà. On a cranté... un peu plus de 200, peut-être.

  • Thomas Reynaud

    Donc, tu étais en interface directe avec lui ?

  • Morgane Bentata

    Exactement. En fait, lui, il cherchait un peu un bras droit, pas une assistante, parce que j'avais un niveau de diplôme, quand même, qui me permettait de ne pas être assistante, mais il cherchait plutôt un... un bras droit. Et en fait, j'ai été assez hallucinée dès le premier jour où après avoir fait la commercialisation de logement étudiant, d'avoir fait un peu de gestion, dès qu'il m'a proposé son poste avec lui, il m'a intégré directement dans son bureau. Toutes ces conversations téléphoniques, il les faisait en haut-parleur. J'étais en copie de tous ses mails et je l'accompagnais à tous les rendez-vous. Donc j'ai vraiment eu une formation, pour le coup, même si ma formation n'était pas d'immobilier, j'ai eu une formation accélérée, avec la chance d'avoir un directeur qui voulait que je prenne sa place. Et ça, c'est vraiment culturel chez nous, enfin en tout cas dans notre groupe.... on forme les gens à prendre nos places. Tu as eu confiance dès les premiers jours ? Dès les premiers jours,

  • Thomas Reynaud

    oui. Il avait cette vision de se dire, c'est quelqu'un qui était en fin de carrière, c'est ça ?

  • Morgane Bentata

    Ah non, pas du tout, il n'était pas du tout en fin de carrière, il avait à peine 40 ans, mais il voulait évoluer sur un autre projet, mais toujours au sein du groupe. Aujourd'hui, il s'occupe de tout ce qui est acquisition en bloc, chez nous, avec le directeur de l'acquisition en bloc, Romain Lorescence, c'est lui qui s'occupe de ça, et c'était vraiment sa volonté, très sincèrement. Et lui, pareil, parcours hyper atypique, profil juridique à la base, base, il était responsable juridique du groupe. Ensuite, il a pris la direction de la gestion et maintenant, il est sur l'acquisition en bloc.

  • Thomas Reynaud

    On voit souvent ça, je trouve, dans les agences immobilières, qui sont plus petites, mais d'avoir des jeunes à qui on fait extrêmement confiance au début et puis auxquels on va donner un pan de l'activité à gérer en entier.

  • Morgane Bentata

    Un jeune qui montre qu'il a envie, qu'il est impliqué, qu'il est investi, ouais, bien sûr, tu as envie de lui donner, même si je trouve que j'ai une chance inouïe quand même d'avoir une personne qui était prête à partager autant d'informations.

  • Thomas Reynaud

    Et c'est quoi ta plus grande fierté du coup dans cette carrière immobilière jusque là ?

  • Morgane Bentata

    Mes équipes. Tes équipes ? Ouais, sans aucun doute les équipes avec lesquelles je travaille. Je suis assez hallucinée.

  • Thomas Reynaud

    C'est le côté Valority ou c'est le côté Les Belles Années ?

  • Morgane Bentata

    C'est toutes les équipes. Le groupe c'est Valority. Non, non, toutes les équipes, très sincèrement, je les trouve tellement impliquées, mais surtout bienveillantes. Bienveillants les uns envers les autres, bienveillant avec les clients. Et puis j'adore aller au boulot tous les jours pour les voir. On passe des bons moments, on est nombreux. Et pourtant, tu as toujours l'impression que c'est cette petite équipe. Bon, maintenant, sauf que quand tu te déplaces... l'administration de biens c'est 200 personnes quand même donc nos petits séminaires sont devenus des gros séminaires mais ma plus grosse fierté c'est de loin mes équipes et les managers qui vont avec parce que sans eux on ne serait pas arrivé à faire ce qu'on a fait

  • Thomas Reynaud

    Tu parles de les voir il y a un sujet qui est de plus en plus important pour les équipes justement Et les jeunes en particulier, le télétravail, comment on fait dans l'immobilier ? Ou chez vous ? Je pense qu'on ne fait pas partout pareil.

  • Morgane Bentata

    Non, après, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, on va dire. Moi, j'étais ultra fermée sur le télétravail. Pourquoi ? Parce que c'est quelque chose qui, moi, personnellement, ne me correspond pas du tout. Mais surtout, j'avais peur qu'on perde cette notion d'équipe et cette cohésion. Bon, finalement, on a eu quand même des demandes, des demandes assez légitimes pour les gens qui travaillent loin. Je peux comprendre que ça a du plus. Donc on a mis une règle en place, on l'a ouvert, le télétravail. On a mis des règles en place très précises. Surtout les règles sont mises en place pour éviter qu'il y ait de la frustration entre collaborateurs. En disant, lui il est tout le temps en télétravail, je sais qu'il ne se passe pas grand chose quand il l'est. Elle, elle est tout le temps au bureau et pourtant, ça peut vraiment aller dans tous les sens. On s'est dit, le plus important c'est de mettre un cadre, de mettre des règles. Et que le premier qui ne respecte pas les règles, il n'y a pas de joker. Le premier qui ne respecte pas les règles, il n'y a pas de joker, on revient en 100% au bureau, en présentiel. Et au final, on a laissé beaucoup d'options et de choix aux collaborateurs. Et je pensais très sincèrement qu'ils allaient tous prendre l'option maximum de télétravail. Pas du tout. Et il y en a, au bout de quelques semaines, quelques mois, quelques semaines de télétravail sont revenus à 100% en présentiel.

  • Thomas Reynaud

    Et tu observes des lignes directrices en termes de profil ou c'est purement lié à la personnalité des individus ? Est-ce que c'est plutôt les jeunes, plutôt les gens qui ont des enfants ?

  • Morgane Bentata

    Non, vraiment. Alors pour l'âge, pas du tout. Là, il n'y a pas de profil typique. La seule chose qui est commune aux gens qui préfèrent le télétravail, c'est ceux qui habitent loin ou qui mettent plus d'une heure, une heure et demie pour venir au bureau le matin. Ça, je peux comprendre que quand tu perds entre deux et trois heures par jour dans les transports, ça peut être fatigant. Mais non, et au final, très sincèrement, de plus en plus de gens reviennent en présentiel. Nous, on ne l'a pas ouvert toute la semaine. On voulait qu'il y ait des jours communs où tout le monde est là. C'est le lundi et le vendredi, pour des raisons évidentes. Et au final, le lundi et le vendredi, c'est les moments où sur nos plateaux, il y a le plus d'ambiance finalement.

  • Thomas Reynaud

    Si on regarde de l'autre côté, tu penses que c'est quoi ton plus gros échec ou quelque chose que tu aurais fait différemment, un regret jusqu'à présent ?

  • Morgane Bentata

    Je ne sais pas. Très sincèrement, dire que j'ai vécu un gros échec aujourd'hui, non. Je suis encore jeune malgré mon âge. Ma carrière est encore jeune. Non, bien évidemment qu'il y a des choses qu'on ferait différemment tous les jours. Il y a des petites décisions qu'on prendrait et qu'on ferait différemment. Mais non, les échecs qu'on essuie, on n'est pas responsable. Non, s'il y a une chose que je pouvais changer, c'est peut-être... Peut-être cette crise, mais ce n'est pas mon échec à moi.

  • Thomas Reynaud

    Ça a quoi comme impact, justement ? On peut y venir, il y a un contexte dans le marché de l'immobilier au sens large, notamment dans la transaction qui est très compliquée. Ça a quoi comme impact ?

  • Morgane Bentata

    Ça a comme impact que, du coup, en tant que locataire, tu as du mal à trouver un logement. Il y a de moins en moins de décohabitants. On le voit, que ce soit les étudiants qui cherchent un logement pour faire leurs études, que ce soit des couples qui sont en situation de séparation, ils vont avoir beaucoup de mal à trouver un deuxième logement et se séparer. Des jeunes actifs qui voudraient quitter le foyer familial. Là, on a eu les résultats Parcoursup, on est à 2000 demandes de logement par jour juste sur nos résidences étudiantes. Et là où parfois on pouvait avoir un petit peu de vacances locatives en logement classique sur certaines villes, c'est terminé. Tu mets une pub en location, tu as 200 appels dans la journée, c'est terrible.

  • Thomas Reynaud

    Ça a un impact aussi sur les métiers en interne, ça, sur les équipes ? Parce qu'en fait, traditionnellement, on a 10-15 candidats par appartement, et en ce moment, c'est, voilà, ce que tu dis, c'est entre 50...

  • Morgane Bentata

    Ça a un impact indirect, dans le sens où tu ne peux pas répondre à tout le monde. Donc souvent, les gens ont l'impression que tu t'en fiches de leurs besoins, alors que pas du tout, c'est simplement qu'on ne peut pas répondre aux demandes de tous les candidats. Et ça devient frustrant, parce que derrière, tu génères des avis négatifs, où les gens vont mettre un avis négatif en disant... "ne prend même pas la peine de me répondre, passez votre chemin", avec le nom du collaborateur. Donc lui, le collaborateur qui essaye de faire son maximum, finalement, on donne l'impression qu'il est complètement froid et que ça ne l'intéresse pas, la situation, et que du moment où il prend sa com,... c'est pas vrai, c'est pas vrai. Non, bien sûr que non, ça les affecte.

  • Thomas Reynaud

    Et comment tu vois les mois qui arrivent, qui sont devant nous ? Est-ce que vous êtes... plutôt positif sur les six mois où on va rester dans la même situation que les derniers mois.

  • Morgane Bentata

    Depuis ce week-end, encore un peu moins quand même, avec tout ce qui vient de se passer. Non, on n'est pas très positif.

  • Thomas Reynaud

    Tu penses qu'il y a l'instabilité qu'il peut y avoir avec des nouvelles élections ?

  • Morgane Bentata

    Même avant les nouvelles élections, même avant qu'on annonce la dissolution de l'Assemblée nationale, on a un gouvernement, on a un président qui n'aime pas l'immobilier. Ce n'est pas quelque chose dont il parle, c'est pas quelque chose qui l'intéresse. La preuve : il ne possède pas d'immobilier notre président, c'est peut-être un des premiers présents qui ne possède pas d'immobilier et puis surtout je veux dire la sonnette d'alarme ça fait des mois voire des années qu'elle est tirée elle est tirée par des gros promoteurs, par des entreprises dans le bâtiment, dans les mairies...

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est pas qu'un sujet de taux d'intérêt qui ont explosé sur les deux dernières années et qui freinent l'activité

  • Morgane Bentata

    Le taux d'intérêt, bien évidemment, c'est en jeu. Mais je veux dire, si tu prends sur les 40 dernières années, moi je me rappelle, mais je ne me rappelle pas, mes parents me l'ont dit plutôt, quand ils faisaient des prêts, les taux d'intérêt étaient à 18%. Donc c'était plutôt le 1% finalement qui n'était pas tout à fait normal sur les dernières années. On avait le vent dans le dos, comme on dit. Donc là, 4% on a l'impression que c'est extrêmement cher, on est bien d'accord. Mais je le rappelle, il y a 30 ans, on empruntait à 18%. Non, ce qui est plus criant, c'est le manque de logement. Quand tu sais qu'en France, il manque pratiquement 500 000 logements par an, et qu'on a un ministre du logement, déjà ça c'est une bonne chose, parce qu'on a été un petit peu oubliés pendant un quinquennat, et t'as un ministre du logement qui t'annonce en grande pompe 30 000 logements sur 3 ans.

  • Thomas Reynaud

    Comment, quand on a un groupe de votre taille, on interagit justement avec la politique ? Est-ce qu'il y a des enjeux de lobbyisme en particulier ?

  • Morgane Bentata

    Pas à notre échelle. Bien évidemment, on peut voir avec la présidente de Nexity, Valérie Bédard, qui est très, très active. Nous, non, je l'ai dit tout à l'heure, nous, c'est vivant heureux, vivant caché. Donc, on ne politise pas. On n'aime pas trop ça. On n'aime pas trop non plus être médiatisé. D'ailleurs, on commence à peine notre médiatisation pour la partie Les Belles Années, pour la marque Les Belles Années, mais on n'aime pas trop ça. Mais au final, tu ne maîtrises pas finalement ce qui va se passer. Tu peux imaginer, quand Nexity annonce son plan social il y a quelques mois, bon, si Nexity annonce son plan social alors qu'ils sont proches du gouvernement, tu peux bien t'imaginer que ça ne va pas aller mieux dans les prochaines années. Et là, alors oui, dissolution de l'Assemblée nationale, ça va dépendre des élections, ça va dépendre de ce qui va se passer derrière. Est-ce que le logement va être vraiment l'enjeu numéro un du parti qui sera élu en majorité ? Peu importe lequel, je ne suis pas sûre. Non, non, on attend. Nous, on attend une nouvelle loi de défiscalisation, parce que finalement, c'est ce qui a permis de construire autant de logements sur les dernières années. Et en plus, avec des plafonds de ressources pour les locataires, donc d'avoir des logements pour tous. Mais je pense qu'on va plutôt attendre la prochaine présidentielle, malheureusement.

  • Thomas Reynaud

    Donc tu penses que devant nous, il y a trois ans durant lesquels il y aura peu... d'initiatives, que ce soit parlementaires ou gouvernementales, pour relancer l'activité,notamment la construction.

  • Morgane Bentata

    Encore une fois, ce n'est pas ce qu'on souhaite. Mais tu vois tous les gros groupes aujourd'hui avec leurs plans sociaux. Si eux annoncent des plans comme ça, c'est qu'on sait très bien qu'il n'y a rien qui va arriver sur les prochaines années.

  • Thomas Reynaud

    On a souvent du mal à comprendre. Est-ce que tu peux nous expliquer qu'est-ce qui fait que toute la sclérose du marché de l'acquisition...... de l'achat de la transaction a un impact sur la location. Pourquoi la location souffre en ce moment ? Est-ce que c'est uniquement parce qu'il y a moins de construction ? Est-ce qu'il y a d'autres choses qui se passent ?

  • Morgane Bentata

    Déjà, il n'y a pratiquement plus de construction, alors qu'il manquait déjà du logement. Donc forcément, tu as de plus en plus d'étudiants, la population continue d'évoluer. Et nous, on construit de moins en moins de logements. C'est mathématique. C'est un problème d'offres. On a de la demande, mais on n'a pas d'offres.

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est une mécanique.

  • Morgane Bentata

    C'est une mécanique.

  • Thomas Reynaud

    Allez, on revient sur des choses qui nous concernent un peu plus en termes de carrière dans l'immobilier. Au global, c'est quoi qui te motive dans ton quotidien ?

  • Morgane Bentata

    C'est de me dire que ce qu'on fait, déjà, ce n'est pas inutile. Parce que s'il y a bien deux choses dont l'humanité aura toujours besoin, c'est de se loger et de se nourrir. Je me dis quand même, ce n'est pas tout à fait inutile ce qu'on fait. Et là, on part sur la partie étudiante. On a mis une dimension beaucoup plus RSE. dans notre façon de gérer les belles années et avec de l'accompagnement aussi sur les étudiants. Il y a un sujet qui nous tient beaucoup à cœur en ce moment, c'est la santé mentale des étudiants. Et pour gérer un peu moins de 9000 logements étudiants, donc 9000 étudiants. On a assisté à beaucoup de drames l'année dernière et ça c'est quelque chose aujourd'hui qu'on met au cœur de nos résidences. On essaie de créer des communautés au sein des résidences pour que les étudiants se sentent moins seuls et qu'il y ait plus de partage. Donc on est en train de mettre des partenariats aussi avec des résidences seniors.

  • Thomas Reynaud

    C'est quoi des communautés ?

  • Morgane Bentata

    En fait tout simplement leur proposer un certain nombre de partenariats, d'activités dans la résidence. Parce que souvent c'est la première fois qu'ils quittent le foyer familial, ils ne connaissent pas les gens avec qui ils vont habiter juste à côté. Donc on met en place des soirées organisées par le responsable de résidence pour créer cette communauté. En fait, on veut créer une cohésion pour que nos étudiants ne se sentent jamais seuls. Très sincèrement, l'année dernière, ça a été très très lourd sur l'exploitation des belles années. On a eu de nombreux drames, certains qu'on a pu éviter, d'autres qu'on n'a pas pu éviter. Et on s'est vraiment rendu compte qu'aujourd'hui, la santé mentale des étudiants, c'était vraiment au cœur de tout. Et ça devrait être au cœur des écoles. Ça devrait être au cœur des résidences-services pour étudiants, que ce soit du privé ou du public, parce que c'est souvent là que ça se passe, quand ils sont seuls dans leur chambre. Et donc voilà, on essaie de mettre en place plein de partenariats aussi, souvent où il y a une résidence étudiante, il y a une résidence senior à côté. Donc ça apporte de la compagnie aux seniors, mais aussi aux étudiants qui en ont besoin.

  • Thomas Reynaud

    Donc vous proposez aux étudiants d'aller passer du temps avec un senior ?

  • Morgane Bentata

    Oui, et puis des accompagnements psychologiques pour ceux qui en ont besoin. Et pas mal d'autres choses,

  • Thomas Reynaud

    oui. Ça, ça fait partie des choses qui sont venues spontanément chez vous après avoir constaté le drame dont tu parlais. Ça vient aussi peut-être des parents, je ne sais pas.

  • Morgane Bentata

    Alors déjà, c'est un constat qu'on a malheureusement dû constater. Ça vient des parents, oui aussi, parce qu'on a de plus en plus de parents qui nous appellent pour aller checker sur leurs enfants. Disant, "je n'ai pas eu de nouvelles depuis quelques jours, est-ce que vous pouvez aller frapper à sa porte ?" Donc on demande aux responsables de résidence de s'y rendre. Il nous est arrivé d'avoir des mauvaises surprises. Donc on se rend compte que c'est un vrai sujet, qu'ils sont complètement perdus face à ça. Et donc si nous on peut y apporter quelque chose, on peut apporter notre pierre à l'édifice, si on peut les accompagner, mettre en place des soutiens psychologiques, mettre en place plein de choses, on le fait. On le fait de plus en plus et c'est vraiment là-dessus qu'on veut axer toute notre énergie.

  • Thomas Reynaud

    C'est intéressant parce que la plupart des partenaires qu'on peut avoir chez Garantme, ils nous disent que... L'immobilier, c'est avant tout un métier où on gère de l'humain. Là, on est en plein dedans. Oui,

  • Morgane Bentata

    on est en plein dedans, mais c'est la même façon quand tu gères des impayés, finalement. Nous, on a créé un service de recouvrement, on a embauché des clercs d'huissier pour ça. Mais quand tu écoutes les gens, surtout avant le confinement, on pouvait avoir des réactions un peu vraiment étonnantes. C'était les soldes, donc je n'ai pas pu payer mon loyer, je suis partie en vacances. Là, les gens, depuis 4-5 ans, ils ne s'y retrouvent plus. Très sincèrement, on a des gens qui t'expliquent qu'ils vont devoir vendre leur voiture pour pouvoir payer leur loyer, pour pouvoir payer quelque chose. On met en place des échéanciers de plus en plus. On accompagne, vraiment, on accompagne, parce que tu as des personnes qui sont de bonne volonté, mais qui sont tout simplement en incapacité financière, malgré le fait qu'ils travaillent. Je trouve ça consternant en France que tu travailles et que tu n'as pas de quoi finir ton mois.

  • Thomas Reynaud

    S'il y avait un secret pour réussir dans ce secteur, que ce soit... la construction, la promotion, l'administration de biens, ça serait quoi ?

  • Morgane Bentata

    Je ne sais pas. Si tu le connais, je le veux bien. Non, je vais prendre l'exemple de notre groupe. Je pense qu'on a toujours tenu la même ligne directrice. On ne s'est pas éparpillé. On a des valeurs et des principes auxquels on croit depuis longtemps et on essaye de s'y tenir. On aurait pu faire comme beaucoup de groupes. mais qui finalement, on le voit, ne tiennent pas, dans l'étudiant en tout cas, ne tiennent pas la route, alors que c'était encore il y a quelques semaines les numéros 1. Non, on continue. Je pense que le fait qu'on fasse tous les métiers et que notre client principal, on lui a vendu, on l'a financé et derrière on le gère, ça nous anime à être déjà honnêtes avec nos clients, transparents, et puis surtout d'être bienveillants, de gérer leur patrimoine en bon père de famille.

  • Thomas Reynaud

    C'est intéressant ça, tu veux dire que le fait d'intégrer les métiers... C'est que tu ne peux pas mentir à un moment donné, parce qu'il y aura des conséquences sur le...

  • Morgane Bentata

    Exactement, quand tu vends un bien immobilier à ton client et que tu lui promets un effort d'épargne de 200 ou 300 euros par mois, et que derrière tu le gères, mais tu lui rajoutes une carrière d'honoraires complémentaires, et qu'au final son effort d'épargne va passer à 400 ou 500 euros par mois, ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible, parce que c'est la même voix qui a parlé. Ça reste le groupe Valority, donc que ce soit au conseil ou à la gestion, il faut que ce qu'on ait vendu au client, ce qu'on lui ait conseillé dès le départ, ce soit... Ce qui arrive sur les douze prochaines années.

  • Thomas Reynaud

    Vous mettez un rendement et puis il va vous mettre devant les promesses que vous avez faites.

  • Morgane Bentata

    Bien sûr. Et puis nous, on a à cœur de les tenir surtout.

  • Thomas Reynaud

    Donc ça serait un peu ça la clé, c'est de petit à petit, quand on crée son entreprise dans l'immobilier, intégrer... les services qui font qu'on accompagne tout au long de sa vie un acquéreur.

  • Morgane Bentata

    Oui, je pense que c'est... En tout cas, nous, ça nous demande une certaine exigence. Et peut-être que ça serait différent si tu n'as pas conseillé un client, si tu ne lui as pas vendu un bien, tu ne lui as pas fait une analyse patrimoniale, tu ne l'as pas financé. Et derrière, tu es gestionnaire. Quand il a deux mois de vacances locatives et si jamais il n'a pas d'assurance, toi, tu connais son analyse patrimoniale. Donc, tu sais que ça peut vraiment le mettre dans le rouge financièrement. Alors que peut-être qu'un administrateur de biens qui n'a pas suivi tout le process de conseil, de financement, de vente, dirait que ce n'est pas de notre faute, c'est le marché qui veut ça.

  • Thomas Reynaud

    C'est compliqué à faire en revanche.

  • Morgane Bentata

    C'est compliqué à faire, mais finalement, c'est une très belle chose. On adore notre groupe. On a de la chance de pouvoir conseiller nos clients sur autant de services et d'options différentes. Du coup ils ne vont pas voir ailleurs.

  • Thomas Reynaud

    Bon, tu le sais, notre podcast, il est soutenu par l'ESPI. Donc, il y a beaucoup d'étudiants qui nous écoutent. Pour clôturer notre échange, est-ce que tu aurais un conseil pour un jeune qui veut se lancer dans l'immobilier aujourd'hui ?

  • Morgane Bentata

    Oui, ne soyez pas fermés au métier de l'immobilier si ce n'est pas quelque chose qui vous intéresse à la base. Comme je le disais tout à l'heure, quand on a commencé, quand nos alternants arrivent, ils veulent tous faire de la promotion. Et au final, ils finissent sur d'autres métiers. Ne soyez pas fermés, vraiment. ne soyez pas fermé aux activités de l'immobilier ou autres. Et finalement, ne jamais penser que ces études n'ont servi à rien. Parce qu'à la rigueur, ça vous donnera une logique, une façon de réfléchir, une méthodologie, et que vous ayez fait du droit, du commerce, peu importe le type d'études avant, il y a quand même un savoir, un savoir qui est dans la méthodologie et dans la réflexion. Et c'est ce qui est le plus important, très sincèrement.

  • Thomas Reynaud

    Il faut rester curieux.

  • Morgane Bentata

    Oui, il faut rester curieux, oui. Et ne pas penser que son diplôme ne sert à rien, ou alors qu'il n'est pas adapté à ce qu'on a envie de faire.

  • Thomas Reynaud

    Merci beaucoup Morgane.

  • Morgane Bentata

    Merci Thomas.

  • Thomas Reynaud

    On arrive donc à la fin de cet épisode d'ImmoStories. J'espère que vous avez apprécié la discussion avec Morgane. Merci Morgane d'avoir passé ce temps avec nous et de nous avoir partagé tes réflexions sur ta carrière et puis aussi sur le contexte actuel dans l'immobilier. Si cet épisode vous a inspiré, vous pouvez le partager. Vous pouvez aussi nous laisser un avis. Le podcast est accessible sur toutes les plateformes. Il est aussi accessible sur le site de Garantme : garantme.fr dans la rubrique podcast. Je remercie encore notre partenaire l'ESPI de son soutien. Et pour rien manquer des prochains épisodes avec des invités toujours aussi inspirants, vous pouvez vous abonner à ImmoStories. Vous pouvez aussi nous suivre sur les réseaux sociaux. Merci de nous avoir écoutés et à très bientôt pour un nouvel épisode d'ImmoStories.

Description

🎙️ Dans cet épisode d’IMMOSTORIES, Morgane Bentata parle de son parcours et de l’engagement qu’elle porte, à travers son travail, à replacer l’humain au centre du secteur immobilier.


Notre invitée prend du recul sur les échelons qu’elle a gravis au sein de Valority, un groupe riche par la diversité de ses métiers, et nous partage l’importance des valeurs qu’elle porte dans son travail, tant pour guider ses équipes qu’accompagner ses clients. ⭐️


Avec passion, Morgane revient notamment sur les initiatives RSE mises en place pour soutenir les étudiants et leur santé mentale dans un contexte où la bienveillance et l’accompagnement sont essentiels.


🏛️ Elle aborde également les défis actuels du secteur immobilier, marqué par une demande croissante et un manque de logements préoccupant, mais aussi par une reconnaissance insuffisante des enjeux immobiliers au niveau gouvernemental.


Un épisode engageant pour celles et ceux qui souhaitent comprendre comment allier impact humain et responsabilité sociale dans un secteur en pleine difficulté. 👏


Découvrez aussi l'épisode au format vidéo !


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Thomas Reynaud

    Bonjour à tous et à toutes et bienvenue sur ImmoStories, le podcast qui vous plonge dans les coulisses de l'entrepreneuriat dans le monde de l'immobilier. Mon objectif est simple, je voulais présenter, vous faire découvrir le parcours des personnalités inspirantes dans le secteur de l'immobilier, un secteur qui nous concerne tous. Je m'appelle Thomas Reynaud. Je suis CEO et fondateur de Garantme et je suis ravi de vous accueillir. Alors ImmoStories a vu le jour grâce au soutien de l'ESPI, l'école supérieure immobilière. Comme vous le savez peut-être, l'ESPI forme les talents de demain dans le domaine de l'immobilier. J'en profite pour les remercier chaudement de leur accompagnement. Et pour cet épisode, j'ai la chance de recevoir une invitée de talent, Morgane Bentata. Elle est directrice générale des métiers de l'administration de biens dans le groupe Valority. Bonjour Morgane.

  • Morgane Bentata

    Bonjour Thomas.

  • Thomas Reynaud

    Est-ce que tu peux te présenter pour nos auditeurs ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, je m'appelle Morgane Bentata et je suis directrice de l'administration de biens du groupe Valority. Le groupe Valority c'est quoi ? C'est un groupe qui intervient dans l'univers de la gestion patrimoine avec trois grandes activités conception, conseil et gestion. On aura le plaisir d'élaborer un peu plus tard.

  • Thomas Reynaud

    Ok, peut-être juste pour que tout le monde comprenne, l'administration de biens, c'est quelle partie de votre activité ?

  • Morgane Bentata

    C'est la partie gestion, du coup, exactement.

  • Thomas Reynaud

    Donc tout ce qui se passe après la livraison des biens ?

  • Morgane Bentata

    Ce qui va se passer une fois que la livraison du bien, que ça soit... du produit classique, ce que l'on appelle les produits classiques, les appartements classiques ou du produit meublé et on gère des résidences étudiantes, plus de 60 résidences étudiantes en France avec entre 5 et 10 ouvertures par an.

  • Thomas Reynaud

    Ça tombe bien, ça parlera peut-être aux étudiants de l'ESPI. On connaît bien,

  • Morgane Bentata

    puisqu'on est grands sponsors de l'alternance et donc on a beaucoup d'alternants dans notre groupe qui viennent de l'ESPI.

  • Thomas Reynaud

    Ok, top. L'objectif, c'est aussi de parler carrière dans l'immobilier. Est-ce que tu peux nous raconter un peu ton parcours depuis le début jusqu'à aujourd'hui ?

  • Morgane Bentata

    Alors, un parcours un peu atypique, parce que je n'ai pas du tout fait mes études dans l'immobilier. Je suis partie faire mes études au Pays-Bas, en droit. spécialisé en droit international public et droit de l'homme vraiment donc toute la partie études supérieures aux Pays-Bas je suis rentrée à Paris à Nanterre faire un master de toujours en droit de l'homme

  • Thomas Reynaud

    Qu'est-ce qui t'a poussée à partir aux Pays-Bas ?

  • Morgane Bentata

    Très sincèrement, j'avais fait une année de fac à Lyon. Ce n'était pas pour moi. Les amphis de 300 personnes, ce n'était pas pour moi. Ce n'est pas possible. J'ai besoin d'un cadre. J'avais besoin de rigueur. Et là-bas, plus de trois journées d'absence par trimestre et tu as zéro à tes cours. Donc, il faut tout recommencer ton année. Donc, très sincèrement, là, j'avais de la rigueur. Et du coup, ça m'a permis d'être beaucoup plus assidue dans mes études. Et surtout, des petits groupes, c'est des classes de 20 personnes pendant tout le bachelor et même pendant le master. Donc ça c'était vraiment agréable.

  • Thomas Reynaud

    Donc droit international. Oui. Qu'est-ce qui t'a poussé à faire ça ?

  • Morgane Bentata

    Mes parents voulaient que je fasse du droit, ils voulaient que je sois avocate. Moi, je n'en avais pas du tout envie. Je n'aime pas beaucoup lire, encore moins écrire. Donc du coup, je me suis dit quitte à faire du droit, autant faire un droit qui m'intéresse. Et droit international, droit humanitaire, ça, c'était vraiment quelque chose qui m'intéressait. Du coup, j'en ai fait pendant cinq ans.

  • Thomas Reynaud

    Donc trois ans aux Pays-Bas, puis deux ans en France à Nanterre.

  • Morgane Bentata

    Trois ans aux Pays-Bas, une année supplémentaire aux Pays-Bas en master, puis le master 2 à Nanterre. Puis la rentrée à Lyon, parce que je suis originaire de Lyon à la base. Et je me suis dit, dans quelle institution je pourrais rentrer ?

  • Thomas Reynaud

    C'est une grande région de l'administration de biens.

  • Morgane Bentata

    Une grande région, oui. Mais c'était plus Interpol qui m'intéressait à la base. Et finalement, j'avais pris un petit boulot en attendant d'avoir une... réponse à ma candidature chez Interpol. Et au final, c'est neuf mois le process de recrutement chez Interpol. Donc entre le moment où tu envoies ta candidature et le moment où tu as une réponse, il se passe neuf mois sans que tu aies de réponse. Enfin, il ne se passe rien. Et au bout de neuf mois, si tu n'as pas de réponse, tu considères que tu n'es pas retenu. Donc j'ai bossé, forcément, à côté, dans l'immobilier, à remplir des résidences étudiantes pendant la saison estivale. Et en septembre, ils m'ont proposé un poste. Un poste plus sérieux.

  • Thomas Reynaud

    Ça consiste en quoi, ce métier, de remplir une résidence étudiante ?

  • Morgane Bentata

    Commercial. Très sincèrement, je m'occupais... C'était négociatrice en location. Je m'occupais de louer, tout simplement, les logements des résidences étudiantes.

  • Thomas Reynaud

    Donc déjà dans le groupe Valority, à l'époque ?

  • Morgane Bentata

    Déjà dans le groupe Valority. Vraiment, je suis rentrée là-bas en 2016 et c'était mon premier poste.

  • Thomas Reynaud

    OK. Oui.

  • Morgane Bentata

    Et ensuite, ils ont misé sur moi, sur un poste un peu plus important. Je suis passée à la gestion, ça s'appelle Les Belles Années. On est exploitant de résidence étudiante et la marque, c'est Les Belles Années. Je suis passée à la gestion après avoir commercialisé, j'ai géré.

  • Thomas Reynaud

    La gestion, c'est tout ce qui se passe après que le locataire est rentré dans les lieux, c'est ça ?

  • Morgane Bentata

    Une fois que tu as sélectionné un candidat locataire, derrière, il faut rédiger un bail et le faire signer, étudier le dossier bien évidemment en amont. Voilà donc je faisais un peu de ça, un peu de gestion locative pour les belles années.

  • Thomas Reynaud

    Il y a beaucoup de gens qui veulent se lancer dans l'immobilier qui notamment sortent d'école, se posent la question d'aller plutôt sur des métiers commerciaux ou sur des métiers plus d'administration, de gestion. Comment se fait la réflexion chez toi à l'époque ? les différentes compétences ou les différentes motivations qui t'ont poussé à évoluer comme ça ?

  • Morgane Bentata

    Alors très sincèrement, je savais que j'allais rester à Lyon et qu'Interpol, ça allait être très compliqué. Et ce n'était pas ma vocation première de faire... de l'immobilier. Mais au final, on m'a proposé un poste un peu plus important, je m'occupais de la synergie intra-groupe. Et puis on m'a dit, je m'en rappelais toujours cette phrase, on m'a dit, "je ne mise pas sur un cheval pour qu'il me claque entre les doigts", donc il faut prendre une décision maintenant. Et donc j'ai pris ma décision de rester.

  • Thomas Reynaud

    Ok, ça c'est courageux, ça veut dire faire un vrai choix de carrière, abandonner ta vocation première pour l'immobilier ?

  • Morgane Bentata

    C'était Interpol ou rien, donc il n'y avait pas énormément de choix à côté en fait surtout.

  • Thomas Reynaud

    Les synergies du groupe, ça consiste en quoi ?

  • Morgane Bentata

    On gère des résidences étudiantes, bien évidemment, mais avant de les gérer, souvent on les construit, on les commercialise via notre conseil, via notre réseau. Et donc c'était tout simplement d'expliquer aux garants des étudiants qui sont logés chez les Belles Années comment on pouvait les aider sur des solutions patrimoniales et donc leur proposer nos services tout simplement.

  • Thomas Reynaud

    Ok, donc quand papa et maman jouaient le rôle de garant pour l'étudiant qui louait en résidence...

  • Morgane Bentata

    Nous, on leur expliquait que derrière le logement qu'ils avaient loué, il y avait un investisseur particulier privé, et que ça pouvait être eux.

  • Thomas Reynaud

    Ok, donc c'était pour racheter des biens qu'ils avaient... été achetés par d'autres ou sur des programmes neufs ?

  • Morgane Bentata

    Non,

  • Thomas Reynaud

    non, sur du programme neuf,

  • Morgane Bentata

    bien sûr. Sur du programme neuf. C'était pas mal, ça a bien fonctionné.

  • Thomas Reynaud

    Si justement on rentre dans l'activité de Valority, est-ce que tu peux nous expliquer la partie promotion, qu'est-ce qu'elle représente, ensuite la gestion ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, comme je te disais, vraiment on intervient dans l'univers de la gestion patrimoine avec trois grandes activités. La conception. Donc conception, on est aussi promoteur, donc on construit certains des logements qu'on vend, qu'on commercialise, mais aussi on est concepteur au niveau de produits financiers, on propose des produits financiers à nos clients et on a un pôle pour s'en occuper. C'est toute la partie vraiment conception avec, je l'ai dit, Promessence qui est notre promoteur, la marque promoteur, et la conception de produits financiers, la partie conseil. La partie conseil, c'est tout ce qui va être le conseil en gestion de patrimoine. Donc là, on va proposer des produits immobiliers, des produits financiers, vraiment à vocation de faire une réduction fiscale.

  • Thomas Reynaud

    C'est commun, ça, d'avoir des groupes qui intègrent toute la chaîne de valeur en France ?

  • Morgane Bentata

    Nous, on dit que tout ce qu'on peut faire nous-mêmes, on le fera. Donc je ne sais pas si c'est commun. Je ne connais pas beaucoup de groupes qui nous ressemblent. Mais en tout cas, il y a une volonté de la part de notre présidente qui a fondé le groupe il y a un peu moins de 40 ans maintenant, de vraiment pouvoir proposer toutes les options et tous les services possibles en termes de gestion de patrimoine à nos clients.

  • Thomas Reynaud

    Et le groupe vient de quel métier à la base du coup ?

  • Morgane Bentata

    La vente, finalement, du conseil.

  • Thomas Reynaud

    La vente, ok. Oui,

  • Morgane Bentata

    bien évidemment. La plus grosse partie, il y a un peu moins de 40 ans maintenant, c'était surtout la transaction. Et après, on s'est dirigé vers tout ce qui va être bien sous fiscalité.

  • Thomas Reynaud

    Ok, donc le groupe a 40 ans. Aujourd'hui, tu peux nous donner quelques chiffres. Ça fait quelle taille en termes de personnel et puis d'activité ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, c'est… 40 ans d'existence, on va dire plus d'une vingtaine de sociétés, parce que là, j'ai commencé à t'en expliquer certaines, mais il y en a encore beaucoup d'autres derrière. Un peu plus de 600 collaborateurs, 30 agences en France et plus de 40 000 clients.

  • Thomas Reynaud

    Impressionnant.

  • Morgane Bentata

    Oui, et puis surtout, ce qui est impressionnant, c'est que c'est un groupe ultra familial. Et ça, c'est important pour nous, parce que le groupe continue finalement de grossir. La croissance est là, malgré les difficultés au niveau du marché immobilier. Mais on aime dire qu'on reste à taille humaine. Quand je dis ça, ça veut dire que le process de décision, ils ne prennent pas six mois, comme dans des gros groupes, où on peut avoir des centaines, voire des milliers de collaborateurs avec une hiérarchie. tellement importante que finalement c'est le process de décision qui est plus long que trouver l'idée.

  • Thomas Reynaud

    Tu parles de 600 collaborateurs justement, une vingtaine de sociétés, ça m'intéresse beaucoup de comprendre le type de carrière qu'on peut avoir dans l'immobilier, comment ça se passe chez vous, où est-ce que les gens arrivent, comment ils évoluent en interne, il y a différents métiers, est-ce qu'il y a des passerelles ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, donc je t'ai parlé du pôle conception, le pôle conseil, dans le conseil on fait aussi du B2B, on est aussi... On apporte aussi des solutions pour les conseillers en gestion de patrimoine ou pour les banques. On est partenaire avec de nombreuses banques. Et la partie gestion avec l'administration de biens classiques et l'exploitation de résidences étudiantes. Pour ces trois grands métiers, ces trois grandes activités, bien évidemment on a besoin de ce qu'on appelle des fonctions support. C'est plus que des fonctions support parce qu'au final on a créé une SS2I où on fait toutes nos applications internes, tous nos logiciels sont métiers. On est aussi courtier en crédit.

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est une SSOS, il y a des développeurs informatiques, des équipes produits tech dans un groupe immobilier.

  • Morgane Bentata

    Ça, de la même façon, il y a une volonté de se digitaliser, d'être présidente après 2013. Finalement, ça nous a permis d'être prêts pour le confinement. En 2020, au bout de 15 jours de confinement, on faisait déjà des ventes à distance en signature électronique. Donc on était prêts pour équiper 600 collaborateurs. Et non, mais c'est une vraie volonté, puisqu'en fait, comme le groupe est assez atypique dans son fonctionnement et dans son organisation, Il n'y avait pas d'application, de logiciel ou de pro-logiciel qui était adapté à notre façon de faire. Comme on dit, du client de son étape 1 à la dernière étape, entre le premier rendez-vous et finalement où il revend son bien, on peut saisir jusqu'à 20 fois ses coordonnées sur des applications différentes. Ce qui était important pour nous d'éviter de perdre du temps.

  • Thomas Reynaud

    Parce que les logiciels disponibles sur le marché se spécialisent sur une partie de la chaîne de valeur, c'est ça ?

  • Morgane Bentata

    trouver un logiciel aujourd'hui qui va te gérer ton back office, administration des ventes et en même temps ta gestion locative, c'est plus compliqué. Ça n'existe pas.

  • Thomas Reynaud

    Donc vous les développez en interne ?

  • Morgane Bentata

    Oui, on développe en interne, on crée des passerelles entre nos applications et ça devient des énormes...

  • Thomas Reynaud

    Alors on dit souvent que les développeurs informatiques, c'est une ressource qui est hyper compliquée à trouver, qui coûte très cher. On dit parfois même que c'est les divas dans une entreprise.

  • Morgane Bentata

    C'est ce que je voulais dire, des princesses aussi.

  • Thomas Reynaud

    Des princesses. Comment on arrive à les attirer en tant que spécialistes ? Alors que d'habitude, ils aiment bien plutôt avoir des missions plus diversifiées, intervenir dans différentes entreprises.

  • Morgane Bentata

    Alors, d'après leur retour en tout cas, puisqu'ils sont une quarantaine chez nous de développeurs, ce qu'ils apprécient en tout cas en travaillant dans notre groupe, c'est que finalement, ils sont en direct avec le client final. Donc en fait, on travaille ensemble le métier, et le développeur finalement travaille ensemble et parle le même langage. Là où la plupart du temps... Dans une SS2i, tu vas avoir des développeurs qui vont partir en mission, six mois dans une entreprise, ou qui vont être détachés quelques jours par semaine ou par mois dans une entreprise. Alors que là, finalement, ils évoluent tous ensemble, puisqu'ils restent, ils sont déjà en entreprise, puisqu'ils travaillent majoritairement pour le groupe. On fait de l'externe aussi, mais on n'envoie pas nos développeurs directement en entreprise. Et ça, c'est quelque chose vraiment qu'ils apprécient beaucoup, finalement, de ne pas être seul et de ne pas partir sur des missions de six mois.

  • Thomas Reynaud

    Quand tu dis que vous faites de l'externe, ça veut dire que l'équipe de dev de Valority peut intervenir pour d'autres entreprises ?

  • Morgane Bentata

    On intervient pour d'autres entreprises.

  • Thomas Reynaud

    C'est une activité SS2I qui est intégrée ?

  • Morgane Bentata

    C'est une vraie activité, que ce soit sur la partie développement, sur la partie webmarketing ou même sur la partie communication print. Aujourd'hui, on commercialise des programmes pour des gros promoteurs pour qui on fait leur plaquette.

  • Thomas Reynaud

    Si on revient sur les métiers plus immobiliers que dev...... Est-ce que tu as des anecdotes ou des exemples de carrière chez Valority, de jeunes qui vous rejoignent ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, déjà on met beaucoup de moyens sur l'alternance, on croit beaucoup à l'alternance. Pour nous c'est la meilleure façon de former finalement des futurs collaborateurs. Donc ça depuis des années maintenant, depuis plus de 15 ans on travaille avec Sciences U, depuis plus de 10 ans avec beaucoup d'autres écoles dont... Les spies, exactement. On a beaucoup d'alternants. En fait, c'est intéressant parce que déjà, quand ils arrivent chez nous, les alternants, ils veulent tous faire la même chose. Ils veulent tous être dans la promotion. Ça, c'est assez impressionnant. Quand ils font de l'immobilier, quand ils commencent l'immobilier, ils veulent tous faire de la promotion.

  • Thomas Reynaud

    Pourquoi ?

  • Morgane Bentata

    Pourquoi ? Parce que c'est ce qu'ils imaginent qui va rapporter le plus. Je pense, en tout cas, très sincèrement, parce qu'avec tous les problèmes que ça engendre, à part l'aspect financier, j'imagine que c'est... extrêmement glorifiant de construire un immeuble. Vraiment, c'est quand même beaucoup de problèmes, surtout en ce moment avec tous les problèmes. Crise du logement, crise de l'immobilier, mais surtout maintenant, crise du bâtiment. Mais oui, c'est assez drôle, comme à chaque fois qu'un alternant signe un contrat chez nous, sa volonté première, c'est finir dans la promotion. Et au final, ils finissent de partout, sauf dans la promotion.

  • Thomas Reynaud

    C'est quoi qui fait qu'il y a ces changements d'orientation, justement ?

  • Morgane Bentata

    Nous, on les sollicite pour qu'ils voient un peu tous les métiers de l'immobilier. Déjà... On travaille dans un groupe où quasiment tous les métiers de l'immobilier sont représentés. Donc eux, ça leur permet vraiment de voir très spécifiquement ce que c'est que le conseil, ce que c'est que la gestion, ce que c'est que, je ne sais pas, le courtage en assurance pour des produits immobiliers. C'est vraiment important cette vision globale qu'ils ont. Et puis surtout, ils échangent au quotidien avec les collaborateurs des différentes activités dans l'immobilier. Et donc, on a des collaborateurs, des alternants, qui vont arriver en voulant faire de la promotion et qui vont finir à signer un CDI en gestionnaire sinistre. Alors que la gestion de sinistre...

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est les échanges en interne, c'est l'expérience qu'ils ont eue pendant un an ou deux ans d'alternance.

  • Morgane Bentata

    Et leur laisser la possibilité de découvrir tous les métiers de l'immobilier. C'est-à-dire que s'ils veulent passer une semaine avec la promotion, ils passeront une semaine avec la promotion. S'ils veulent, je ne sais pas, passer une semaine avec le conseil, vraiment, on les invite à le faire. Parce que de toute façon, les alternants, on en prend, nous, dans toutes les activités de l'immobilier du groupe. Donc, c'est important. Pire des cas, il ne se plaît pas à la gestion, il peut aller en alternant ce conseil. Ça nous arrive très souvent. Et derrière, après, c'est des carrières qui se construisent. Aujourd'hui, on a quand même plus d'une dizaine de collaborateurs qui ont plus de 10 ou 15 ans de... d'ancienneté chez nous et qui ont commencé en tant qu'alternants. Et ça, c'est une vraie fierté.

  • Thomas Reynaud

    Est-ce que l'immobilier aussi, du coup, vu que vous avez tous les métiers, une voie de reconversion ? Alors toi, ça a été plus qu'une reconversion, c'est vraiment une réorientation par rapport à ce que tu voulais faire à l'origine. Mais on recrute qui, en fait, finalement, quand on fait venir des gens dans une entreprise comme la vôtre ? Est-ce que c'est que des gens qu'on débauche chez des concurrents ou est-ce qu'il y a des carrières plus atypiques ?

  • Morgane Bentata

    Alors encore, vraiment, nous, on met sur l'alternance. C'est-à-dire qu'on préfère former dès le départ, dans la mesure du possible, bien évidemment. Et après, on fait évoluer nos collaborateurs. On n'est pas partisan de recruter à l'externe sur des postes déjà à responsabilité. On préfère des gens qui connaissent le métier, qui l'ont fait.

  • Thomas Reynaud

    Et la maison.

  • Morgane Bentata

    Et la maison, surtout, parce que bien évidemment, il faut la connaître pour pouvoir y travailler correctement dedans. On préfère faire évoluer nos collaborateurs, très sincèrement. Après, bien évidemment qu'on fait du recrutement sur le conseil, on fait du recrutement, on ne forme pas tous nos conseillers en gestion de patrimoine. Je parle plus sur la gestion. Où est-ce qu'on recrute ? Déjà, on ne fait pas appel à des cabinets de recrutement, ça c'est important. Et surtout, on ne recrute pas sur diplôme. Alors je ne sais pas si je devrais le dire comme ça, surtout grâce aux élèves.

  • Thomas Reynaud

    En tout cas, tu n'avais pas un diplôme qui te prédisposait à aller dans l'immobilier.

  • Morgane Bentata

    Non, mais tout comme un très bon collaborateur, un très bon conseiller ne fera pas forcément un bon manager. Pareil, ce n'est pas parce que tu as un diplôme que tu seras un très bon collaborateur ou que tu as plus envie que les autres. C'est pour ça qu'on préfère les prendre, comme on dit au berceau, en alternance, pour qu'ils puissent être formés vraiment au sein du groupe et ensuite évoluer vers n'importe quel métier. Parce qu'un alternant qui commence à la gestion, ou un collaborateur même, pas forcément un alternant, mais un collaborateur qui commence à la gestion, derrière, il n'est pas forcément obligé d'évoluer uniquement sur la gestion. Il y a plein d'autres métiers. On a des gestionnaires qui sont devenus commerciaux, des conseillers qui sont devenus gestionnaires, qui sont devenus gestionnaires sinistres, qui sont devenus juristes, qui avaient déjà une formation. Bon, pour le droit, il faut quand même avoir une petite formation en amont. Mais finalement, tout est possible quand on laisse la chance aux gens déjà de pouvoir s'exprimer et de pouvoir montrer de quoi ils sont capables. On le voit, aujourd'hui, on demande des diplômes et de l'expérience à des jeunes, alors que bon... Très bien, mais pour avoir de l'expérience, il faut déjà être embauché quelque part.

  • Thomas Reynaud

    Je pense que c'est un bon message à leur passer en tout cas. Pour clôturer le volet Valority, puis ensuite on reviendra un peu plus sur toi, vous avez une présidente qui est aussi la fondatrice de la société, il y a 40 ans. C'est aussi un parcours qui est assez atypique. Est-ce que tu peux nous parler un peu plus d'elle ?

  • Morgane Bentata

    Bien sûr, notre présidente s'appelle Dora D'Ambrosio, elle a créé ce groupe environ 40 ans. En fait, elle a racheté l'agence où elle travaillait. À la base, elle était commerciale. Elle a racheté l'agence Catherine Mamet en 1985 pour être précis.

  • Thomas Reynaud

    Une agence qui faisait de la transaction ?

  • Morgane Bentata

    Qui faisait exactement de la transaction, du produit aussi loisir. On vendait à l'époque beaucoup de produits montagne, choses comme ça. Et une très bonne commerciale, une très bonne collaboratrice puisqu'elle finit par acheter son agence et de son agence, ça devient le groupe Valority avec plus de 600 collaborateurs aujourd'hui, 30 agences, une vingtaine de sociétés et surtout... On fait tous les métiers qu'on peut faire. Les seules choses qu'on ne peut pas faire aujourd'hui, c'est être notaire et avocat. C'est tout simplement ce que c'est réglementé. Mais si on le pouvait, on l'aurait déjà fait.

  • Thomas Reynaud

    Et alors, peut-être sans parler pour elle, mais qu'est-ce qui fait qu'après 40 ans, on reste à la tête du groupe qu'on a fondé ?

  • Morgane Bentata

    Je crois très sincèrement qu'elle aime ça. Très sincèrement, elle aime ce groupe. Le matin, elle arrive tôt, le soir, elle part tard. Ça fait 40 ans, mais je pense qu'elle ne s'ennuie pas une seule seconde. Et surtout, les journées ne se ressemblent pas. Et puis à mon avis, quand on crée quelque chose de zéro soi-même, avec très peu de personnes finalement qui croient en toi au départ, il ne faut pas oublier qu'à la base c'est une femme aussi, qu'elle a racheté seule et qu'elle évolue dans un milieu ultra masculin, l'immobilier c'est ultra masculin. Et au final, sans forcément se montrer, sans forcément, comme on dit, vivons heureux, vivons cachés.

  • Thomas Reynaud

    C'est vrai, ça c'est quelque chose de particulier. Pour travailler avec beaucoup de professionnels de l'immobilier, on voit que les directeurs d'agences sont des hommes majoritairement. Quel impact ça a ? Est-ce que ça en a un d'ailleurs d'avoir une femme à la tête de la boîte ?

  • Morgane Bentata

    J'ai envie de te dire que nous, on ne sent pas l'impact, parce que c'est tellement naturel et puis très sincèrement, aujourd'hui... J'ai la chance de faire beaucoup de rendez-vous avec elle. Et oui, tu rentres dans une pièce, il n'y a que des hommes. Maintenant, ça n'a plus d'impact. Je ne sais pas si ça n'a jamais eu d'ailleurs, sincèrement.

  • Thomas Reynaud

    C'est peut-être une bonne nouvelle.

  • Morgane Bentata

    Oui, après, ça dépend si tu as envie de faire attention à ça ou pas. Mais quand tu ne fais pas attention, finalement, les hommes non plus ne font pas attention.

  • Thomas Reynaud

    On peut maintenant revenir sur toi ?

  • Morgane Bentata

    Oui.

  • Thomas Reynaud

    Bon, c'est quoi la première chose qui t'a marqué quand tu as commencé à travailler dans l'immobilier ?

  • Morgane Bentata

    Mon responsable, mon directeur.

  • Thomas Reynaud

    Ton directeur ?

  • Morgane Bentata

    c'est vraiment lui qui m'a remarqué il avait exactement le même cursus que moi pareil, il était responsable juridique à la base dans une autre boîte puis il a travaillé en cabinet d'avocat il y a beaucoup de juristes qui font de l'immobilier finalement c'est lié à quoi ? Je ne sais pas si tu as envie de passer ton barreau ou pas. J'ai eu un moment où tu te poses la question. Et quand tu vois tout ce qu'il y a à faire, je ne sais pas. De base, je n'avais pas envie. Ce n'était pas du tout ce qui m'intéressait dans le droit. Je n'avais pas du tout envie de devenir avocate. Comme je l'ai dit, je n'aime pas lire et je n'aime pas écrire. Enfin, lire, c'est-à-dire prendre des heures et des heures et écrire des conclusions pendant des heures et des heures. Ça ne me plaisait pas, donc je savais. Mais c'est mon directeur. Je l'ai rencontré la première fois avant que j'intègre le groupe. Et on avait eu une discussion ensemble. Il m'avait dit...

  • Thomas Reynaud

    Il dirigeait les Belles Années, du coup.

  • Morgane Bentata

    Il dirigeait. Il avait exactement ma... place. Il avait ma place aujourd'hui, ma position. Je l'ai rencontré avant d'intégrer le groupe. C'est lui d'ailleurs qui m'a proposé de commencer l'été à faire des locations meublées.

  • Thomas Reynaud

    C'est une entreprise qui est assez horizontale parce que tu arrives... Je ne sais pas si elle faisait la même taille à l'époque, mais tu arrives en...

  • Morgane Bentata

    On était à 150-200 maximum à l'époque. C'était en 2016, il n'y a pas si longtemps déjà. On a cranté... un peu plus de 200, peut-être.

  • Thomas Reynaud

    Donc, tu étais en interface directe avec lui ?

  • Morgane Bentata

    Exactement. En fait, lui, il cherchait un peu un bras droit, pas une assistante, parce que j'avais un niveau de diplôme, quand même, qui me permettait de ne pas être assistante, mais il cherchait plutôt un... un bras droit. Et en fait, j'ai été assez hallucinée dès le premier jour où après avoir fait la commercialisation de logement étudiant, d'avoir fait un peu de gestion, dès qu'il m'a proposé son poste avec lui, il m'a intégré directement dans son bureau. Toutes ces conversations téléphoniques, il les faisait en haut-parleur. J'étais en copie de tous ses mails et je l'accompagnais à tous les rendez-vous. Donc j'ai vraiment eu une formation, pour le coup, même si ma formation n'était pas d'immobilier, j'ai eu une formation accélérée, avec la chance d'avoir un directeur qui voulait que je prenne sa place. Et ça, c'est vraiment culturel chez nous, enfin en tout cas dans notre groupe.... on forme les gens à prendre nos places. Tu as eu confiance dès les premiers jours ? Dès les premiers jours,

  • Thomas Reynaud

    oui. Il avait cette vision de se dire, c'est quelqu'un qui était en fin de carrière, c'est ça ?

  • Morgane Bentata

    Ah non, pas du tout, il n'était pas du tout en fin de carrière, il avait à peine 40 ans, mais il voulait évoluer sur un autre projet, mais toujours au sein du groupe. Aujourd'hui, il s'occupe de tout ce qui est acquisition en bloc, chez nous, avec le directeur de l'acquisition en bloc, Romain Lorescence, c'est lui qui s'occupe de ça, et c'était vraiment sa volonté, très sincèrement. Et lui, pareil, parcours hyper atypique, profil juridique à la base, base, il était responsable juridique du groupe. Ensuite, il a pris la direction de la gestion et maintenant, il est sur l'acquisition en bloc.

  • Thomas Reynaud

    On voit souvent ça, je trouve, dans les agences immobilières, qui sont plus petites, mais d'avoir des jeunes à qui on fait extrêmement confiance au début et puis auxquels on va donner un pan de l'activité à gérer en entier.

  • Morgane Bentata

    Un jeune qui montre qu'il a envie, qu'il est impliqué, qu'il est investi, ouais, bien sûr, tu as envie de lui donner, même si je trouve que j'ai une chance inouïe quand même d'avoir une personne qui était prête à partager autant d'informations.

  • Thomas Reynaud

    Et c'est quoi ta plus grande fierté du coup dans cette carrière immobilière jusque là ?

  • Morgane Bentata

    Mes équipes. Tes équipes ? Ouais, sans aucun doute les équipes avec lesquelles je travaille. Je suis assez hallucinée.

  • Thomas Reynaud

    C'est le côté Valority ou c'est le côté Les Belles Années ?

  • Morgane Bentata

    C'est toutes les équipes. Le groupe c'est Valority. Non, non, toutes les équipes, très sincèrement, je les trouve tellement impliquées, mais surtout bienveillantes. Bienveillants les uns envers les autres, bienveillant avec les clients. Et puis j'adore aller au boulot tous les jours pour les voir. On passe des bons moments, on est nombreux. Et pourtant, tu as toujours l'impression que c'est cette petite équipe. Bon, maintenant, sauf que quand tu te déplaces... l'administration de biens c'est 200 personnes quand même donc nos petits séminaires sont devenus des gros séminaires mais ma plus grosse fierté c'est de loin mes équipes et les managers qui vont avec parce que sans eux on ne serait pas arrivé à faire ce qu'on a fait

  • Thomas Reynaud

    Tu parles de les voir il y a un sujet qui est de plus en plus important pour les équipes justement Et les jeunes en particulier, le télétravail, comment on fait dans l'immobilier ? Ou chez vous ? Je pense qu'on ne fait pas partout pareil.

  • Morgane Bentata

    Non, après, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, on va dire. Moi, j'étais ultra fermée sur le télétravail. Pourquoi ? Parce que c'est quelque chose qui, moi, personnellement, ne me correspond pas du tout. Mais surtout, j'avais peur qu'on perde cette notion d'équipe et cette cohésion. Bon, finalement, on a eu quand même des demandes, des demandes assez légitimes pour les gens qui travaillent loin. Je peux comprendre que ça a du plus. Donc on a mis une règle en place, on l'a ouvert, le télétravail. On a mis des règles en place très précises. Surtout les règles sont mises en place pour éviter qu'il y ait de la frustration entre collaborateurs. En disant, lui il est tout le temps en télétravail, je sais qu'il ne se passe pas grand chose quand il l'est. Elle, elle est tout le temps au bureau et pourtant, ça peut vraiment aller dans tous les sens. On s'est dit, le plus important c'est de mettre un cadre, de mettre des règles. Et que le premier qui ne respecte pas les règles, il n'y a pas de joker. Le premier qui ne respecte pas les règles, il n'y a pas de joker, on revient en 100% au bureau, en présentiel. Et au final, on a laissé beaucoup d'options et de choix aux collaborateurs. Et je pensais très sincèrement qu'ils allaient tous prendre l'option maximum de télétravail. Pas du tout. Et il y en a, au bout de quelques semaines, quelques mois, quelques semaines de télétravail sont revenus à 100% en présentiel.

  • Thomas Reynaud

    Et tu observes des lignes directrices en termes de profil ou c'est purement lié à la personnalité des individus ? Est-ce que c'est plutôt les jeunes, plutôt les gens qui ont des enfants ?

  • Morgane Bentata

    Non, vraiment. Alors pour l'âge, pas du tout. Là, il n'y a pas de profil typique. La seule chose qui est commune aux gens qui préfèrent le télétravail, c'est ceux qui habitent loin ou qui mettent plus d'une heure, une heure et demie pour venir au bureau le matin. Ça, je peux comprendre que quand tu perds entre deux et trois heures par jour dans les transports, ça peut être fatigant. Mais non, et au final, très sincèrement, de plus en plus de gens reviennent en présentiel. Nous, on ne l'a pas ouvert toute la semaine. On voulait qu'il y ait des jours communs où tout le monde est là. C'est le lundi et le vendredi, pour des raisons évidentes. Et au final, le lundi et le vendredi, c'est les moments où sur nos plateaux, il y a le plus d'ambiance finalement.

  • Thomas Reynaud

    Si on regarde de l'autre côté, tu penses que c'est quoi ton plus gros échec ou quelque chose que tu aurais fait différemment, un regret jusqu'à présent ?

  • Morgane Bentata

    Je ne sais pas. Très sincèrement, dire que j'ai vécu un gros échec aujourd'hui, non. Je suis encore jeune malgré mon âge. Ma carrière est encore jeune. Non, bien évidemment qu'il y a des choses qu'on ferait différemment tous les jours. Il y a des petites décisions qu'on prendrait et qu'on ferait différemment. Mais non, les échecs qu'on essuie, on n'est pas responsable. Non, s'il y a une chose que je pouvais changer, c'est peut-être... Peut-être cette crise, mais ce n'est pas mon échec à moi.

  • Thomas Reynaud

    Ça a quoi comme impact, justement ? On peut y venir, il y a un contexte dans le marché de l'immobilier au sens large, notamment dans la transaction qui est très compliquée. Ça a quoi comme impact ?

  • Morgane Bentata

    Ça a comme impact que, du coup, en tant que locataire, tu as du mal à trouver un logement. Il y a de moins en moins de décohabitants. On le voit, que ce soit les étudiants qui cherchent un logement pour faire leurs études, que ce soit des couples qui sont en situation de séparation, ils vont avoir beaucoup de mal à trouver un deuxième logement et se séparer. Des jeunes actifs qui voudraient quitter le foyer familial. Là, on a eu les résultats Parcoursup, on est à 2000 demandes de logement par jour juste sur nos résidences étudiantes. Et là où parfois on pouvait avoir un petit peu de vacances locatives en logement classique sur certaines villes, c'est terminé. Tu mets une pub en location, tu as 200 appels dans la journée, c'est terrible.

  • Thomas Reynaud

    Ça a un impact aussi sur les métiers en interne, ça, sur les équipes ? Parce qu'en fait, traditionnellement, on a 10-15 candidats par appartement, et en ce moment, c'est, voilà, ce que tu dis, c'est entre 50...

  • Morgane Bentata

    Ça a un impact indirect, dans le sens où tu ne peux pas répondre à tout le monde. Donc souvent, les gens ont l'impression que tu t'en fiches de leurs besoins, alors que pas du tout, c'est simplement qu'on ne peut pas répondre aux demandes de tous les candidats. Et ça devient frustrant, parce que derrière, tu génères des avis négatifs, où les gens vont mettre un avis négatif en disant... "ne prend même pas la peine de me répondre, passez votre chemin", avec le nom du collaborateur. Donc lui, le collaborateur qui essaye de faire son maximum, finalement, on donne l'impression qu'il est complètement froid et que ça ne l'intéresse pas, la situation, et que du moment où il prend sa com,... c'est pas vrai, c'est pas vrai. Non, bien sûr que non, ça les affecte.

  • Thomas Reynaud

    Et comment tu vois les mois qui arrivent, qui sont devant nous ? Est-ce que vous êtes... plutôt positif sur les six mois où on va rester dans la même situation que les derniers mois.

  • Morgane Bentata

    Depuis ce week-end, encore un peu moins quand même, avec tout ce qui vient de se passer. Non, on n'est pas très positif.

  • Thomas Reynaud

    Tu penses qu'il y a l'instabilité qu'il peut y avoir avec des nouvelles élections ?

  • Morgane Bentata

    Même avant les nouvelles élections, même avant qu'on annonce la dissolution de l'Assemblée nationale, on a un gouvernement, on a un président qui n'aime pas l'immobilier. Ce n'est pas quelque chose dont il parle, c'est pas quelque chose qui l'intéresse. La preuve : il ne possède pas d'immobilier notre président, c'est peut-être un des premiers présents qui ne possède pas d'immobilier et puis surtout je veux dire la sonnette d'alarme ça fait des mois voire des années qu'elle est tirée elle est tirée par des gros promoteurs, par des entreprises dans le bâtiment, dans les mairies...

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est pas qu'un sujet de taux d'intérêt qui ont explosé sur les deux dernières années et qui freinent l'activité

  • Morgane Bentata

    Le taux d'intérêt, bien évidemment, c'est en jeu. Mais je veux dire, si tu prends sur les 40 dernières années, moi je me rappelle, mais je ne me rappelle pas, mes parents me l'ont dit plutôt, quand ils faisaient des prêts, les taux d'intérêt étaient à 18%. Donc c'était plutôt le 1% finalement qui n'était pas tout à fait normal sur les dernières années. On avait le vent dans le dos, comme on dit. Donc là, 4% on a l'impression que c'est extrêmement cher, on est bien d'accord. Mais je le rappelle, il y a 30 ans, on empruntait à 18%. Non, ce qui est plus criant, c'est le manque de logement. Quand tu sais qu'en France, il manque pratiquement 500 000 logements par an, et qu'on a un ministre du logement, déjà ça c'est une bonne chose, parce qu'on a été un petit peu oubliés pendant un quinquennat, et t'as un ministre du logement qui t'annonce en grande pompe 30 000 logements sur 3 ans.

  • Thomas Reynaud

    Comment, quand on a un groupe de votre taille, on interagit justement avec la politique ? Est-ce qu'il y a des enjeux de lobbyisme en particulier ?

  • Morgane Bentata

    Pas à notre échelle. Bien évidemment, on peut voir avec la présidente de Nexity, Valérie Bédard, qui est très, très active. Nous, non, je l'ai dit tout à l'heure, nous, c'est vivant heureux, vivant caché. Donc, on ne politise pas. On n'aime pas trop ça. On n'aime pas trop non plus être médiatisé. D'ailleurs, on commence à peine notre médiatisation pour la partie Les Belles Années, pour la marque Les Belles Années, mais on n'aime pas trop ça. Mais au final, tu ne maîtrises pas finalement ce qui va se passer. Tu peux imaginer, quand Nexity annonce son plan social il y a quelques mois, bon, si Nexity annonce son plan social alors qu'ils sont proches du gouvernement, tu peux bien t'imaginer que ça ne va pas aller mieux dans les prochaines années. Et là, alors oui, dissolution de l'Assemblée nationale, ça va dépendre des élections, ça va dépendre de ce qui va se passer derrière. Est-ce que le logement va être vraiment l'enjeu numéro un du parti qui sera élu en majorité ? Peu importe lequel, je ne suis pas sûre. Non, non, on attend. Nous, on attend une nouvelle loi de défiscalisation, parce que finalement, c'est ce qui a permis de construire autant de logements sur les dernières années. Et en plus, avec des plafonds de ressources pour les locataires, donc d'avoir des logements pour tous. Mais je pense qu'on va plutôt attendre la prochaine présidentielle, malheureusement.

  • Thomas Reynaud

    Donc tu penses que devant nous, il y a trois ans durant lesquels il y aura peu... d'initiatives, que ce soit parlementaires ou gouvernementales, pour relancer l'activité,notamment la construction.

  • Morgane Bentata

    Encore une fois, ce n'est pas ce qu'on souhaite. Mais tu vois tous les gros groupes aujourd'hui avec leurs plans sociaux. Si eux annoncent des plans comme ça, c'est qu'on sait très bien qu'il n'y a rien qui va arriver sur les prochaines années.

  • Thomas Reynaud

    On a souvent du mal à comprendre. Est-ce que tu peux nous expliquer qu'est-ce qui fait que toute la sclérose du marché de l'acquisition...... de l'achat de la transaction a un impact sur la location. Pourquoi la location souffre en ce moment ? Est-ce que c'est uniquement parce qu'il y a moins de construction ? Est-ce qu'il y a d'autres choses qui se passent ?

  • Morgane Bentata

    Déjà, il n'y a pratiquement plus de construction, alors qu'il manquait déjà du logement. Donc forcément, tu as de plus en plus d'étudiants, la population continue d'évoluer. Et nous, on construit de moins en moins de logements. C'est mathématique. C'est un problème d'offres. On a de la demande, mais on n'a pas d'offres.

  • Thomas Reynaud

    Donc c'est une mécanique.

  • Morgane Bentata

    C'est une mécanique.

  • Thomas Reynaud

    Allez, on revient sur des choses qui nous concernent un peu plus en termes de carrière dans l'immobilier. Au global, c'est quoi qui te motive dans ton quotidien ?

  • Morgane Bentata

    C'est de me dire que ce qu'on fait, déjà, ce n'est pas inutile. Parce que s'il y a bien deux choses dont l'humanité aura toujours besoin, c'est de se loger et de se nourrir. Je me dis quand même, ce n'est pas tout à fait inutile ce qu'on fait. Et là, on part sur la partie étudiante. On a mis une dimension beaucoup plus RSE. dans notre façon de gérer les belles années et avec de l'accompagnement aussi sur les étudiants. Il y a un sujet qui nous tient beaucoup à cœur en ce moment, c'est la santé mentale des étudiants. Et pour gérer un peu moins de 9000 logements étudiants, donc 9000 étudiants. On a assisté à beaucoup de drames l'année dernière et ça c'est quelque chose aujourd'hui qu'on met au cœur de nos résidences. On essaie de créer des communautés au sein des résidences pour que les étudiants se sentent moins seuls et qu'il y ait plus de partage. Donc on est en train de mettre des partenariats aussi avec des résidences seniors.

  • Thomas Reynaud

    C'est quoi des communautés ?

  • Morgane Bentata

    En fait tout simplement leur proposer un certain nombre de partenariats, d'activités dans la résidence. Parce que souvent c'est la première fois qu'ils quittent le foyer familial, ils ne connaissent pas les gens avec qui ils vont habiter juste à côté. Donc on met en place des soirées organisées par le responsable de résidence pour créer cette communauté. En fait, on veut créer une cohésion pour que nos étudiants ne se sentent jamais seuls. Très sincèrement, l'année dernière, ça a été très très lourd sur l'exploitation des belles années. On a eu de nombreux drames, certains qu'on a pu éviter, d'autres qu'on n'a pas pu éviter. Et on s'est vraiment rendu compte qu'aujourd'hui, la santé mentale des étudiants, c'était vraiment au cœur de tout. Et ça devrait être au cœur des écoles. Ça devrait être au cœur des résidences-services pour étudiants, que ce soit du privé ou du public, parce que c'est souvent là que ça se passe, quand ils sont seuls dans leur chambre. Et donc voilà, on essaie de mettre en place plein de partenariats aussi, souvent où il y a une résidence étudiante, il y a une résidence senior à côté. Donc ça apporte de la compagnie aux seniors, mais aussi aux étudiants qui en ont besoin.

  • Thomas Reynaud

    Donc vous proposez aux étudiants d'aller passer du temps avec un senior ?

  • Morgane Bentata

    Oui, et puis des accompagnements psychologiques pour ceux qui en ont besoin. Et pas mal d'autres choses,

  • Thomas Reynaud

    oui. Ça, ça fait partie des choses qui sont venues spontanément chez vous après avoir constaté le drame dont tu parlais. Ça vient aussi peut-être des parents, je ne sais pas.

  • Morgane Bentata

    Alors déjà, c'est un constat qu'on a malheureusement dû constater. Ça vient des parents, oui aussi, parce qu'on a de plus en plus de parents qui nous appellent pour aller checker sur leurs enfants. Disant, "je n'ai pas eu de nouvelles depuis quelques jours, est-ce que vous pouvez aller frapper à sa porte ?" Donc on demande aux responsables de résidence de s'y rendre. Il nous est arrivé d'avoir des mauvaises surprises. Donc on se rend compte que c'est un vrai sujet, qu'ils sont complètement perdus face à ça. Et donc si nous on peut y apporter quelque chose, on peut apporter notre pierre à l'édifice, si on peut les accompagner, mettre en place des soutiens psychologiques, mettre en place plein de choses, on le fait. On le fait de plus en plus et c'est vraiment là-dessus qu'on veut axer toute notre énergie.

  • Thomas Reynaud

    C'est intéressant parce que la plupart des partenaires qu'on peut avoir chez Garantme, ils nous disent que... L'immobilier, c'est avant tout un métier où on gère de l'humain. Là, on est en plein dedans. Oui,

  • Morgane Bentata

    on est en plein dedans, mais c'est la même façon quand tu gères des impayés, finalement. Nous, on a créé un service de recouvrement, on a embauché des clercs d'huissier pour ça. Mais quand tu écoutes les gens, surtout avant le confinement, on pouvait avoir des réactions un peu vraiment étonnantes. C'était les soldes, donc je n'ai pas pu payer mon loyer, je suis partie en vacances. Là, les gens, depuis 4-5 ans, ils ne s'y retrouvent plus. Très sincèrement, on a des gens qui t'expliquent qu'ils vont devoir vendre leur voiture pour pouvoir payer leur loyer, pour pouvoir payer quelque chose. On met en place des échéanciers de plus en plus. On accompagne, vraiment, on accompagne, parce que tu as des personnes qui sont de bonne volonté, mais qui sont tout simplement en incapacité financière, malgré le fait qu'ils travaillent. Je trouve ça consternant en France que tu travailles et que tu n'as pas de quoi finir ton mois.

  • Thomas Reynaud

    S'il y avait un secret pour réussir dans ce secteur, que ce soit... la construction, la promotion, l'administration de biens, ça serait quoi ?

  • Morgane Bentata

    Je ne sais pas. Si tu le connais, je le veux bien. Non, je vais prendre l'exemple de notre groupe. Je pense qu'on a toujours tenu la même ligne directrice. On ne s'est pas éparpillé. On a des valeurs et des principes auxquels on croit depuis longtemps et on essaye de s'y tenir. On aurait pu faire comme beaucoup de groupes. mais qui finalement, on le voit, ne tiennent pas, dans l'étudiant en tout cas, ne tiennent pas la route, alors que c'était encore il y a quelques semaines les numéros 1. Non, on continue. Je pense que le fait qu'on fasse tous les métiers et que notre client principal, on lui a vendu, on l'a financé et derrière on le gère, ça nous anime à être déjà honnêtes avec nos clients, transparents, et puis surtout d'être bienveillants, de gérer leur patrimoine en bon père de famille.

  • Thomas Reynaud

    C'est intéressant ça, tu veux dire que le fait d'intégrer les métiers... C'est que tu ne peux pas mentir à un moment donné, parce qu'il y aura des conséquences sur le...

  • Morgane Bentata

    Exactement, quand tu vends un bien immobilier à ton client et que tu lui promets un effort d'épargne de 200 ou 300 euros par mois, et que derrière tu le gères, mais tu lui rajoutes une carrière d'honoraires complémentaires, et qu'au final son effort d'épargne va passer à 400 ou 500 euros par mois, ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible, parce que c'est la même voix qui a parlé. Ça reste le groupe Valority, donc que ce soit au conseil ou à la gestion, il faut que ce qu'on ait vendu au client, ce qu'on lui ait conseillé dès le départ, ce soit... Ce qui arrive sur les douze prochaines années.

  • Thomas Reynaud

    Vous mettez un rendement et puis il va vous mettre devant les promesses que vous avez faites.

  • Morgane Bentata

    Bien sûr. Et puis nous, on a à cœur de les tenir surtout.

  • Thomas Reynaud

    Donc ça serait un peu ça la clé, c'est de petit à petit, quand on crée son entreprise dans l'immobilier, intégrer... les services qui font qu'on accompagne tout au long de sa vie un acquéreur.

  • Morgane Bentata

    Oui, je pense que c'est... En tout cas, nous, ça nous demande une certaine exigence. Et peut-être que ça serait différent si tu n'as pas conseillé un client, si tu ne lui as pas vendu un bien, tu ne lui as pas fait une analyse patrimoniale, tu ne l'as pas financé. Et derrière, tu es gestionnaire. Quand il a deux mois de vacances locatives et si jamais il n'a pas d'assurance, toi, tu connais son analyse patrimoniale. Donc, tu sais que ça peut vraiment le mettre dans le rouge financièrement. Alors que peut-être qu'un administrateur de biens qui n'a pas suivi tout le process de conseil, de financement, de vente, dirait que ce n'est pas de notre faute, c'est le marché qui veut ça.

  • Thomas Reynaud

    C'est compliqué à faire en revanche.

  • Morgane Bentata

    C'est compliqué à faire, mais finalement, c'est une très belle chose. On adore notre groupe. On a de la chance de pouvoir conseiller nos clients sur autant de services et d'options différentes. Du coup ils ne vont pas voir ailleurs.

  • Thomas Reynaud

    Bon, tu le sais, notre podcast, il est soutenu par l'ESPI. Donc, il y a beaucoup d'étudiants qui nous écoutent. Pour clôturer notre échange, est-ce que tu aurais un conseil pour un jeune qui veut se lancer dans l'immobilier aujourd'hui ?

  • Morgane Bentata

    Oui, ne soyez pas fermés au métier de l'immobilier si ce n'est pas quelque chose qui vous intéresse à la base. Comme je le disais tout à l'heure, quand on a commencé, quand nos alternants arrivent, ils veulent tous faire de la promotion. Et au final, ils finissent sur d'autres métiers. Ne soyez pas fermés, vraiment. ne soyez pas fermé aux activités de l'immobilier ou autres. Et finalement, ne jamais penser que ces études n'ont servi à rien. Parce qu'à la rigueur, ça vous donnera une logique, une façon de réfléchir, une méthodologie, et que vous ayez fait du droit, du commerce, peu importe le type d'études avant, il y a quand même un savoir, un savoir qui est dans la méthodologie et dans la réflexion. Et c'est ce qui est le plus important, très sincèrement.

  • Thomas Reynaud

    Il faut rester curieux.

  • Morgane Bentata

    Oui, il faut rester curieux, oui. Et ne pas penser que son diplôme ne sert à rien, ou alors qu'il n'est pas adapté à ce qu'on a envie de faire.

  • Thomas Reynaud

    Merci beaucoup Morgane.

  • Morgane Bentata

    Merci Thomas.

  • Thomas Reynaud

    On arrive donc à la fin de cet épisode d'ImmoStories. J'espère que vous avez apprécié la discussion avec Morgane. Merci Morgane d'avoir passé ce temps avec nous et de nous avoir partagé tes réflexions sur ta carrière et puis aussi sur le contexte actuel dans l'immobilier. Si cet épisode vous a inspiré, vous pouvez le partager. Vous pouvez aussi nous laisser un avis. Le podcast est accessible sur toutes les plateformes. Il est aussi accessible sur le site de Garantme : garantme.fr dans la rubrique podcast. Je remercie encore notre partenaire l'ESPI de son soutien. Et pour rien manquer des prochains épisodes avec des invités toujours aussi inspirants, vous pouvez vous abonner à ImmoStories. Vous pouvez aussi nous suivre sur les réseaux sociaux. Merci de nous avoir écoutés et à très bientôt pour un nouvel épisode d'ImmoStories.

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