- Speaker #0
On est toujours dans tes studios à mini le montant.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
On ne change pas de setup parce que le premier épisode était super en termes de qualité. Et d'ailleurs, toi et moi, en tout cas, j'ai eu beaucoup de très bons retours sur cet épisode. Je crois que toi aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Ça a été assez surprenant. D'ailleurs, il y a des fois des gens que je connais depuis très longtemps qui ont écouté ça. C'était assez intéressant de voir qu'il y a des gens assez différents finalement qui ont écouté. Ils ont compris le temps d'écouter parce que c'était un podcast.
- Speaker #0
un peu long quand même une grande discussion mais c'est chouette bah écoute moi j'ai pas mal de contacts que je connais bien qui m'ont dit qu'ils l'écoutaient à la salle de sport j'ai eu des messages super gentils qui me disaient vous êtes ma voix pour le sport j'ai des gens aussi que je connais pas du tout qui m'ont envoyé des messages pour dire qu'ils avaient découvert Impala comme tu dis je suis toujours très surpris de voir que les gens vont écouter il y a des gens qui vont écouter tout c'est à dire qu'ils vont aller faire 6-7 heures de contenu en quelques jours. En tout cas, je suis très content que ça plaise. Toi, ça t'a fait réfléchir à des choses, ce podcast ? Tu en as profité pour faire un petit bilan peut-être ?
- Speaker #1
En fait, je trouve qu'il y a toujours un truc intéressant quand tu es amené à soit faire un podcast, une interview ou même des fois, simplement tu sais, par exemple, animer une masterclass ou simplement une conférence, ce genre de choses c'est que ça te fait toujours re-réfléchir à ton positionnement et à ta façon de voir le monde, la musique etc. Et c'est toujours intéressant parce que quelque part, on est toujours un peu dans nos tunnels de travail, mais souvent moi je ne prends pas trop le temps de Merci. de faire un point sur ma démarche et où j'en suis dans mes objectifs, ce genre de choses. Et effectivement, le reformuler pour des gens, pour un contexte comme un podcast, ça permet aussi de voir un petit peu où on en est, je trouve, souvent.
- Speaker #0
Oui, totalement. Ça permet de faire une synthèse. Et d'ailleurs, j'avais lu il n'y a pas longtemps un concept que j'ai beaucoup aimé. C'est quelqu'un qui aidait des gens qui prennent la parole à mieux prendre la parole et à être plus efficaces. Et il disait une bonne technique quand tu prends la parole pour parler à des gens de ton expérience, c'est que tu parles à ton toit d'il y a quelques années. C'est-à-dire qu'en fait, t'expliques à ton toit d'il y a quelques années ce que t'aurais aimé entendre à ce moment-là. Donc par exemple, Vincent d'il y a 10 ans, tu peux lui dire ce que t'aurais aimé qu'il sache pour aller plus vite, éviter les erreurs. Et ça, souvent, ça aide aussi à faire une synthèse et faire un bilan. Et ça tombe bien. Alors dans le premier épisode, on avait parlé de tes voyages. Donc on a parlé de ton enfance. Le contexte dans lequel tu as eu tes premières émotions musicales, comment tu t'es construit, ton expérience de groupe avec Shrink Orchestra, ton expatriation en Australie puis au Canada. Donc toute cette partie, elle est à retrouver dans la partie 1 du podcast. Et là maintenant, on va parler de ton arrivée à Paris.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Donc en fait, tu as quitté Montréal et tu t'es installé directement à Paris ?
- Speaker #1
Ouais, en fait, le projet au départ, c'était... de passer deux ou trois ans à Paris, le temps de faire un peu de réseau, un peu de contact ici. Et mon plan originel avec ma compagne, c'était d'aller habiter à Lyon, bizarrement. Alors ça, ça sonne bizarre pour toi parce que je sais que tu es lyonnais au départ.
- Speaker #0
Il y a eu le born and raised à Lyon, comme on dit.
- Speaker #1
Ouais, et en fait, j'avais pas mal d'amis très proches à Lyon. Moi, je suis originaire de Dijon, mais c'était une ville trop petite pour moi pour me réinstaller, surtout après tous ces voyages. Mais du coup, le plan originel, c'était de passer 2-3 ans à Paris et après d'aller habiter à Lyon. Et bon, 10 ans plus tard, on n'a pas bougé et on est à Paris. Et puis, en fait, en vrai, je suis parti pour rester.
- Speaker #0
OK. Et là, tu es resté où ? Ça fait 10 ans que tu es à Paris ?
- Speaker #1
Ça a fait 10 ans, il y a cette année.
- Speaker #0
OK. Et donc, comment ça s'est passé ? Donc, du coup, tu quittes Montréal, tu as tes projets à Montréal, tu as ton appart, tu es en coloc à Montréal ?
- Speaker #1
Non, non, je vis avec ma compagnie.
- Speaker #0
OK, d'accord. Donc là, tu emballes tes affaires et tu arrives à Paris. Tu arrives dans quel quartier, là, à Paris ?
- Speaker #1
En fait, toute ma vie parisienne s'est nouée autour de Ménilmontant. Donc, en fait, ça a été toujours mon quartier de cœur. Je sens que je puisse l'expliquer réellement pourquoi. Quand je suis arrivé, j'avais cette envie d'être finalement dans un des quartiers qui longe la ligne 2, quelque part, un peu comme tous les gens de notre secteur, entre, basiquement, on va dire, entre Pigalle et Nation. Et finalement ce qui s'est passé C'est qu'après beaucoup de visites Parce que Trouver un appart à Paris c'est toujours une galère On a eu On a trouvé un appart Au métro Père Lachaise Et depuis on n'a jamais bougé Et avant toutes les sous-locs que j'ai eu Le temps de trouver l'appart c'était tout dans le coin aussi Donc il y avait un truc qui avait l'air d'être un peu écrit Que j'allais être dans ce quartier Et quand j'ai visité les locaux dans lesquels je suis maintenant, pour les citer, Motif Musique, ça a été une évidence parce que j'étais pas dans cette cabine-là au départ, mais dans une autre, et qui à cette époque-là ne servait à rien. Et quand je suis arrivé, j'ai dit « Ah, il faut absolument que je vienne travailler ici, ça faisait sens pour moi. » Et tout de suite, en plus, la connexion s'est faite avec tous les gens de ce bâtiment, avec qui je retrouve une communauté de personnes avec qui on peut échanger. beaucoup sur la musique, le son, les plugins, les trucs comme ça, mais aussi d'un point de vue sociétal, politique, même... J'ai plein d'idées, j'ai vraiment trouvé une famille ici, c'est aussi quelque chose que je... Je pourrais conseiller à des musiciens qui veulent trouver une cabine de studio, que ce soit à Paris, mais aussi dans n'importe quelle ville, peu importe. Ce qui est bien, c'est de rompre aussi la monotonie et la solitude dans le travail. Parce qu'il y a plein de fois, on va trouver, admettons, une cave ou un truc même bien insonorisé qui te permet de travailler, donc ça c'est déjà super. Mais si un jour vous avez l'occasion de travailler à un endroit où il y a d'autres gens qui font le même travail que toi, ou des choses connexes comme des mixeurs, des choses comme ça. C'est un enrichissement vraiment intéressant parce que moi je sais que dès que je suis bloqué sur quelque chose, j'ai mon appel à un ami dans le bâtiment et je peux demander plein d'infos, plein de trucs et puis souvent j'écoute aussi plein de choses des copains et c'est vrai que ça amène une vie sociale en dehors de nos cabines de musiciens où des fois on ne voit pas le jour pendant 24 heures et c'est quand même quelque chose d'assez important je trouve.
- Speaker #0
C'est sûr qu'on ne peut que conseiller de bien s'entourer. C'est vrai que moi j'ai remarqué depuis 20 ans où je gravite un peu dans l'industrie de la musique qu'on est passé de l'hégémonie des labels qui avait à mon avis du positif et du négatif. Le négatif c'est que les artistes étaient vachement driveés, avaient moins de contrôle aussi sur leur direction artistique. Néanmoins moi j'ai plein de témoignages de gens qui ont entre 40 et 70 ans et qui me racontent que quand il y avait des labels, ils allaient tout le temps en studio voir les équipes et compagnie. Et ça fait écho à un message justement que j'ai reçu d'un mec qui m'a écrit et qui m'a dit qu'il avait découvert le podcast et qu'il avait écouté ton épisode et c'est marrant parce qu'il me dit justement pour moi, j'ai démarré la synchro il y a 5 ans et je trouve que pour moi le plus gros challenge c'est de composer avec le fait de se sentir seul c'est assez marrant parce que ça fait écho à ce que tu dis ouais,
- Speaker #1
c'est vrai que la musique pour la synchro c'est quand même très différent de la musique live ou la musique de groupe ou tout le genre de choses où on a ta vision et des fois ça peut créer des problèmes d'ego des problèmes du genre là mais bon, c'est autre chose mais... Il y a toujours quelqu'un, un collaborateur, une collaboratrice, quelqu'un avec qui tu as travaillé, qui va aussi faire écho, faire rebondir ton idée, la confronter, être d'accord, pas d'accord, genre de choses. C'est vrai que quand tu es compositeur à l'image, les gens avec qui tu parles dans la journée ne sont pas des musiciens, la grande majorité. Dans le meilleur des cas, des fois un superviseur musical, un head of music ou je ne sais pas quoi, a fait de la musique plus jeune et ça c'est un point... C'est intéressant pour un musicien parce que c'est quelque chose sur lequel on peut s'appuyer. Mais globalement, la peur des gens ne parle pas ton langage de musicien et tout ça. Donc des fois, tu peux te retrouver un peu seul avec des briefs un peu indigestes ou des choses un peu difficilement compréhensibles pour un musicien. Donc c'est aussi tout l'enjeu de ce métier-là aussi, c'est de comprendre les briefs et de les retranscrire en musique. Ce qui est des fois un peu complexe. Mais la solitude dans la cabine, elle peut vite arriver parce que... Je suis ici, si personne frappe de la journée, je peux très bien ne voir personne. Et je peux être confronté à une difficulté dans mon travail, j'ai a priori personne qui peut m'aider à ce moment-là. Donc c'est vrai que dans ce genre de contexte, avoir des points, des personnes clés, des personnes repères avec lesquelles tu peux communiquer, c'est toujours important. Je pense que c'est valable dans pas mal de métiers finalement.
- Speaker #0
Ouais, totalement, parce que les gens qui ne sont pas trop érudits... ou qui n'ont pas énormément d'expérience dans la musique, s'imaginent vite qu'il y a le home studio où tu es tout seul chez toi, le gros studio où on voit toujours des vidéos, où les mecs sont 3-4 derrière la console, il y en a un qui pousse les boutons, l'autre qui est sur son téléphone, alors on espère qu'il bosse, mais souvent il est sur Instagram. Mais avec le DA qui vient donner son avis, des musiciens et tout, mais c'est vrai que toi tu es dans un entre-deux, alors les gens ne voient pas ta cabine, mais pour la décrire, tu as une cabine qui doit faire 7-8 mètres carrés.
- Speaker #1
Ah non, ça fait 12 mètres carrés.
- Speaker #0
Vous aurez compris que je serais très mauvais en... Voilà, elle fait 12 mètres carrés, mais en fait, t'es pas chez toi, t'es pas dans un studio, un gros studio comme on l'imagine dans notre inconscient collectif, c'est-à-dire une énorme pièce, mais t'as néanmoins un beau studio pro avec du matériel, des claviers, un super système d'enceinte, mais effectivement, c'est cet entre-deux où t'es seul dans ton studio et en même temps, t'as quand même un outil professionnel.
- Speaker #1
Oui, de toute façon, c'est tout l'intérêt d'être ici. Parce que, tu vois, par exemple, avant, j'ai eu d'autres cabines, mais qui étaient de factures beaucoup moins pro, pour le coup. Ici, c'est des cabines qui ont été traitées par des ingénieurs du son, des gens vraiment spécialistes dans le traitement phonique, ce genre de choses. Et donc, on a une qualité de son qui fait que, quand je finis une journée, j'ai pas mal aux oreilles, par exemple. Parce que toute la salle est conçue et pensée pour sonner de la bonne façon. Déjà, pour que je comprenne exactement. tout le rapport fréquentiel et que tout soit vraiment nickel à cet endroit, mais aussi pour que la salle ne soit pas fatigante pour mes oreilles. Parce que la plupart du temps, si tu as du carrelage par exemple, ou si tu as une salle un peu trop carrée, le son va rebondir, etc. Et ça va créer une fatigue auditive beaucoup plus importante que dans des salles traitées de ce type-là. Et c'est aussi pour ça que c'est aussi des salles qui coûtent un certain prix, parce que notamment à Paris... Parce que c'est dans des endroits relativement rares quand même de cette qualité.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que par rapport à ce que je disais tout à l'heure, il y a eu une grosse vague. Moi, j'ai vécu aussi de l'artiste entrepreneur avec la baisse de l'hégémonie des labels et l'indépendance des artistes pour le meilleur et pour le pire. Et c'est vrai que l'indépendance, ça fait que tu as moins de gens qui travaillent avec toi, à mon avis, de manière... intéressés par des points ou des pourcentages comme il y avait chez des labels. Et tu te retrouves aussi vite à faire appel à des externes. Et toi, c'est quoi ton regard par rapport à ça ?
- Speaker #1
Ben oui, c'est vrai que tu parles du fameux terme artiste entrepreneur. Moi, je trouve que c'est un terme qui m'ennuie toujours un petit peu, même si en soi, c'est vrai. Mais souvent, c'est aussi une sorte de mot-fortout pour dire en gros que c'est aux artistes de tout faire et dédouaner plein d'autres gens de travailler sur les projets. Mais c'est aussi parce que d'un point de vue structurel, il y a eu d'un coup un afflux d'artistes beaucoup plus important aussi, parce que le goulot d'étanglement n'est plus du tout au même endroit. C'est-à-dire que maintenant, on peut produire assez facilement et pour peu d'argent de la musique. Enfin, avec l'avènement des home studios, enfin tous ces trucs-là. On peut, dans un second temps, on a pu mettre en ligne des choses beaucoup plus facilement, alors qu'avant, c'était quand même beaucoup plus complexe. Donc, et à l'arrêt de ça, j'ai l'impression que le marché s'est recoupé. combiné un petit peu. Il y a les artistes entrepreneurs, il y a un peu tous les gens qui veulent te vendre des abonnements ou des trucs un peu tarifés pour dire je vais te mettre dans des playlists, je vais te mettre ci, je vais te mettre ça. Et après, il y a les labels qui ont survécu à ce chamboulement. Donc voilà. Après, le truc artiste entrepreneur, je sais que c'est quand même quelque chose qui crée une charge mentale assez importante chez les musiciens à l'heure actuelle, parce qu'on est quand même toujours dans cette injonction de produire, dans cette injonction en plus de se positionner sur d'autres métiers que le nôtre parce que qui dit artiste entrepreneur dit que t'es évidemment musicien, mais à côté de ça que t'es administrateur que tu es chargé de production que tu peux faire de la com faire du graphisme, en tout cas toucher à ces trucs là, ou à minima même si tu travailles avec d'autres gens derrière être en capacité d'écrire un brief par exemple pour un graphiste, être en capacité de promouvoir ton ton titre sur Spotify parce qu'il faut qu'il sorte qu'il soit mis sur des playlists sinon il ne sera pas écouté et puis sur le côté musical image c'est te mettre en position d'être un contact crédible pour les superviseurs musicaux, pour les directeurs de créa en agence pour des éditeurs différents corps de métier qui peuvent te pluguer sur des projets musical image
- Speaker #0
Ouais Merci. Tu sais, c'est pour ça d'ailleurs que la SACEM, alors la SACEM, ça a été créé en 1851. Et ils se sont toujours battus pour que les artistes, enfin les compositeurs précisément, puissent avoir un statut où ils sont compositeurs à la SACEM. Nous, les éditeurs, on les paye avec une note d'auteur. Mais normalement, dans les règles, un auteur compositeur n'a pas à créer sa société et à facturer. Il se trouve que dans les pays anglo-saxons, la plupart maintenant sont amenés à le faire. Parce qu'aussi, ils vont fonctionner avec des plateformes qui refusent maintenant de se conformer à cette loi-là. et qui se conforment à des lois anglo-saxonnes qui disent que t'es auteur, mais tu crées ton entreprise et tu factures. Et par ailleurs, il y a une phrase que j'aime bien qui dit « Dans la rue et vers l'or, ceux qui s'enrichissent, c'est ceux qui vendent les pioches » . C'est ça que tu vois tout le temps maintenant sur Instagram, des gens qui font des pubs. Tu veux devenir connu, tu veux faire ci. Et maintenant, tu payes, moi je le vois, tu vois des gens qui sont seuls, qui développent leur projet musical et qui ont un peu d'argent. Ils se payent des formations en marketing, ils payent des budgets promo et marketing. Ils payent du matériel bien sûr, ils payent des prestats, et c'est vrai que tu te retrouves à presque tout payer parce que les gens ne bossent plus gratos.
- Speaker #1
Oui, et puis c'est là que tu vois aussi que le musicien... Moi je trouve qu'il y a des fois un peu un abus de faiblesse, parce qu'il y a beaucoup de musiciens qui espèrent, évidemment, qu'ils ont des grands rêves, des grandes espérances, et c'est légitime. Enfin c'est légitime, c'est... De toute façon... C'est comme le loto, tous les gagnants ont tenté leur chance, mais en la musique c'est pareil, on sait que personne t'attend en vrai, personne n'attend le prochain diss d'un tel ou un tel, mais par contre effectivement si toi même tu y crois pas, bon bah il va rien se passer, ça c'est la règle quoi. Mais au delà de ça il y a un peu je dirais un abus de faiblesse dans le sens où il y a quand même plein de gens qui vendent vraiment du... du vent. Et en plus on est matraqué longueur de journée sur tous les réseaux sociaux, sur une formation « Ah, toi aussi, tu veux être playlisté ? Toi aussi, tu veux placer tes titres en pub, en cinéma, machin, etc. » Avec des gens qui te vendent des abonnements dans tous les sens. Alors à l'intérieur de ça, c'est comme tout en vrai. Il y a des gens de qualité et il y a aussi beaucoup de gens qui te vendent du rêve. Donc c'est... C'est ça qui, des fois, je trouve un petit peu complexe à aborder en tant que musicien. Et c'est pour ça, je pense qu'il faut une méthode, quelle que soit la méthode qui convient à chacun. Il faut se mettre dans un processus, parce que sinon, on peut vite être aveuglé par toutes ces injonctions et ça peut créer une forme de, je ne sais pas si on peut dire d'angoisse, mais en tout cas quelque chose d'assez, presque incapacitant, dans le sens où tu... Tu ne sais plus où donner de la tête, tu ne sais plus quoi faire. Tu as l'impression que jamais personne ne t'entendra. Il y a une concurrence qui est folle. Parce qu'en plus, tu fais de la musique, tu es en concurrence potentiellement avec la terre entière. Donc, c'est sûr qu'il faut se poser à un moment donné. C'est trop une méthode qui te convient et avancer. Mais bon, ce n'est pas aussi simple que ça.
- Speaker #0
C'est sûr qu'on se plaint souvent. Mais c'est vrai que moi, je trouve que le métier d'éditeur, pour le coup, nous, on a moins souffert que vous, les artistes. Dans le sens où nous, on a plein d'outils qui nous simplifient la vie. La chance qu'on a, nous, alors il y en a qui le font, mais c'est vrai que quand tu es éditeur, tu ne touches pas trop à la compo, il n'y a pas encore énormément d'éditeurs qui sont eux-mêmes compositeurs, producteurs. Donc nous, je trouve que, enfin c'est ma vision en personnel, mais je trouve que la technologie et l'avancée des process nous a plutôt simplifié la tâche pour envoyer des titres, pour contacter des music supervisors. Vous, ça vous a plutôt, enfin je dis vous, les artistes, musiciens, compositeurs, ça vous a plutôt poussé à faire plein de trucs. Et d'ailleurs tu le vois, tu le remarques dans nos éléments de langage, les tiens et les miens, c'est que maintenant on va parler, tu vois on va tout le temps utiliser les mots compositeur, musicien, producteur. En fait toi par exemple tu fais un peu tout. Maintenant tu pourrais pas te dire, enfin tu pourrais pas, c'est un peu radical, mais est-ce que tu pourrais par exemple maintenant être simplement compositeur et complètement arrêter de produire, mixer, faire des coups de fil, des rendez-vous, être que compositeur, c'est-à-dire t'es compositeur, t'es payé... en tant que compositeur et via l'assassin, mais tu ne touches pas à d'autres disciplines.
- Speaker #1
Oui, non, c'est impossible. À tort de ça, il y a deux sujets. Il y a quand même la problématique financière, parce que la musique, ça peut payer, mais souvent, on est quand même dans des timings très courts pour livrer de la musique, pour la rendre, la produire, etc. Plus, on est dans des budgets un peu resserrés la plupart du temps. C'est relatif selon les personnes. Mais ce que je veux dire par là, c'est que... Et surtout, je dirais que surtout la musique à l'image, parce que des fois tu travailles sur une musique de pub par exemple, l'agence va te valider quelque chose, mais en fait, après il va y avoir, admettons qu'il faut livrer tout le vendredi, tu sais qu'à peu près le lundi ou le mardi, le morceau est choisi, mais entre le mardi et le jeudi, il va y avoir des fois 15 changements sur le montage de vidéo. Donc moi je sais que techniquement, même d'un point de vue simplement timing, j'ai pas le temps. je peux pas faire bosser un ingénieur de son en mixage par exemple le mercredi quand la musique est validée et après dire ah zut excuse moi il y a un petit truc qui a changé sur le montage est-ce que tu peux me faire une modif à tel endroit le jeudi et le vendredi matin en urgence lui redire ah excuse moi il y a encore eu un petit mouvement parce que déjà le gars c'est impossible dans son planning, de deux le mec va devenir fou ou me facturer des sommes qui vont être incohérentes avec le budget que j'ai donc ça c'est le point Le premier sujet, et le deuxième sujet, c'est aussi le plus positif, c'est le plaisir de tenir ta chaîne de son dans sa globalité. Et ça, en vrai, c'est un truc sur lequel... Tu vois, par exemple, moi, je m'annonce comme un compositeur, des fois aussi comme un sound designer, mais pas spécialement comme un mixeur ou quelqu'un qui fait du master. Malgré tout, toute l'année, je fais du mixage, je fais du mastering. Après, je sais que je le fais avec une logique assez différente. d'un mixeur. Moi en fait dès la première note de musique je pose les bases de mon mix en fait. Parce que j'ai une chaîne master personnelle qui me convient et je sais comment manier. Il y a parce que aussi je pose des jalons au fur et à mesure du moment où je produis de pré-mixage et de mixage. Et à la fin je sais que j'ai plus qu'à virer mon limiteur et passer au mastering. Et ça, ça me prend, comme au fur et à mesure des années, tu as développé une technique à toi. Et c'est assez fluide pour moi de le faire comme ça.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait, plutôt que d'inscrire dans une chaîne... où toi tu as une petite partie du process, comme, enfin c'est mon analyse, mais comme tu as la big picture et que tu vois le produit entre guillemets fini, et bien en fait tu vas mettre des pièces de puzzle un peu partout ça veut dire qu'en fait de ce que je vois de toi tu vas composer, mais quand tu composes tu vas travailler aussi sur la texture c'est là où tu vas faire intervenir des éléments de mix, et je vois bien, je vois quelques personnes qui fonctionnent comme toi et effectivement la compo elle est vraiment imbriquée dans le mix, c'est à dire qu'une compo c'est pas trouver une note mélodique midi Et l'apprendre comme tel, c'est trouver une note mélodique midi, mais liée à une texture, déjà pensée à la reverb et au délai, et en fait, tu es dans toutes ces étapes en même temps.
- Speaker #1
Ouais, et puis en plus, au fur et à mesure des années, la technique de composition et de production sont devenues complètement poreuses. C'est-à-dire qu'on utilise, je sais que je dis... quasiment tous les mêmes éléments que des mixeurs qui sont qui ont dans leur cabine dans le studio ici on a plein d'éléments en commun donc du coup il ya un moment donné quand on travaille sur des productions et je vais prendre un exemple précis qui te concerne aussi parce qu'on a travaillé ensemble là dessus sur la bo du sexe faible un documentaire pour arte de brice lambert que tu m'avais fait rencontrer qui en a après j'ai travaillé en fait au départ c'est un prise de brief avec avec ce réel je travaille sur des premières démos Et là on était dans un environnement qui nécessitait de la guitare, des basses, des choses comme ça. Donc moi avec mon niveau de guitare de basse, j'ai pu faire mes premières maquettes, lui faire écouter à brise, avoir sa validation et tout ça. Après on part en studio avec un très bon guitariste bassiste qui s'appelle Julien Ribeil. D'ailleurs on a enregistré tout au studio Beau Regard qui est un chouette studio pour ça. Parce qu'avec plein de matos vintage, donc qui nous permet de récupérer plein de textures et tout ça.
- Speaker #0
Vous avez vachement aussi après travaillé le son, ré-ampé et tout ? Oui, voilà,
- Speaker #1
c'est en dehors... En fait, il y a plein de sons à moi, même avec un niveau de guitare qui est ce qui est. Mais en tout cas, je connaissais la direction dans laquelle je voulais aller. Et après, je travaillais avec Julien, qui en plus a été force de proposition à plein d'endroits. Donc, c'était assez chouette. Et en fait, ce que je veux dire par là, c'est qu'on est dans ce processus-là qui est vraiment de la composition. Mais tout de suite, il y a dans ma tête cette idée, comme tu disais à l'instant, de texturing, de trouver des couleurs, qui sont plus déjà des techniques de mixage. mais... Le mixage étant devenu tellement pourreux avec la production, finalement, moi, je ne fais plus vraiment complètement la différence entre les deux. Et enfin, sur une partie du mixage, après une autre partie qui est autre chose. Mais finalement, derrière ça, je me suis retrouvé avec cette matière que j'avais conçue, où je connaissais réellement la direction dans laquelle je voulais l'emmener. Et en fait, c'était plus évident pour moi de faire le mixage. Et en fait, sur ce projet-là, j'ai vraiment tout géré, parce que j'ai fait le mixage, j'ai fait le mastering, je savais exactement ce que je voulais, c'est-à-dire que... Je savais que je voulais, comme il y avait un côté très acoustique, très texturé, je voulais utiliser des tapes pour être sur le master. J'avais vraiment l'image.
- Speaker #0
Et puis tu as intervenu très tôt même dans les discussions, parce que moi, je n'ai pas eu la casquette seule de traduire ce que disait Brice, comme certains éditeurs peuvent le faire. Mais toi, dès le début, tu as parlé à Brice et tu as été en contact direct pour comprendre déjà, traduire ce qu'il voulait, écouter les... Donc tu étais aussi là très tôt dans le processus, t'es pas arrivé direct en studio en disant « Qu'est-ce que je vais faire ? »
- Speaker #1
Ouais, non, non. Et ça c'est aussi quelque chose que j'aime bien faire. En fait, moi je pars du principe, et c'est peut-être en ça qu'il y a aussi ce côté un peu plus entrepreneurial aussi, c'est de concevoir que c'est un projet sur lequel on s'inscrit. Alors mon métier c'est d'être musicien à l'intérieur de ça, mais il y a tout un tas de trucs préparatoires. Et je pense qu'il y a aussi une autre chose qui me vient des années où je faisais de la musique de théâtre, de danse, enfin tout ce qui est spectacle vivant, c'est qu'en fait, il y a un moment donné, on imagine quand on bosse pour un film, là en l'occurrence, le sujet était assez important, c'était sur le recul du droit des femmes aux Etats-Unis, donc il y avait quelque chose d'assez puissant et fort émotionnellement à transcrire. Moi, je considère que c'est de la musique, mais c'est aussi une narration parallèle à l'image. C'est aussi un truc qui combine, qui se soustrait, qui s'additionne selon les besoins. Et c'est pour ça qu'il y a aussi toute la partie où tu prends le brief. Et prendre le brief, ce n'est pas juste dire, ah tiens, je veux trois morceaux de folk, trois morceaux de musique ambiante, trois morceaux de piano. C'est comprendre l'intention réelle du réalisateur. Et ça, c'est ultra important parce qu'en fait, selon... Je sais pas si t'as déjà vu des vidéos, ils te mettent une scène de film culte, et ils te mettent la musique qui a été faite, plus après ils te mettent une musique complètement humoristique, ou une musique complètement jazz, une musique, je sais pas, et tu vois, tu lis l'image complètement différemment. Et en tout cas je trouve ça assez intéressant de s'inscrire là-dedans, et de penser la musique et le son, et ton intervention de musicien comme un tout, en fait. Et ça c'est aussi un plaisir, et du coup il y a aussi les différences. techniques qui sont à ma disposition, la composition, la prod, le mixage, le mastering, ça me permet de... En tout cas, quand la BO de ce documentaire est sortie, c'était exactement ce que j'avais en tête. Et c'est assez satisfaisant quand même.
- Speaker #0
Oui, c'est clair.
- Speaker #1
Après, ça n'empêche pas que sur d'autres projets, je suis ultra content d'avoir bossé avec des mixeurs. Par exemple, sur mon projet perso Faubourg, j'ai bossé avec Julien Sabourin et Benoît Fleury. et leur vision et leur technicité de mixeur et même leur créativité à certains endroits a été ultra intéressante aussi. Ça dépend des projets.
- Speaker #0
Tu sais, on est quand même dans une industrie de l'artisanat et tout le monde le dit, personne n'a honte de le dire que dans le luxe, dans plein de choses, on est dans une industrie de l'artisanat. Et moi de ce que j'ai constaté quand je discute avec des compositeurs, c'est qu'à part sur des très gros projets, les gens reviennent souvent à devoir faire comme toi aussi parce que c'est des histoires de budget, de process aussi. Par exemple, assez récemment, j'ai parlé pas mal à des compositeurs qui font des gros films, notamment quand j'étais au TAF, tu sais, le Festival du Film à Los Angeles. Et j'ai vu des mecs qui ont bossé sur des films où ils ont 200 000, 300 000 de budget. C'est quasiment les seuls que je rencontre dans l'industrie qui travaillent en faisant des scores, qui vont après passer à des orchestres et tout. Et j'avais fait une étude de marché aussi récemment, en essayant de trouver le nombre de films qui peuvent nécessiter ces budgets-là et ce process-là. En France, je pense que par an, tu as 5 films qui te permettent de faire tes scores, d'aller voir un orchestre, de déléguer à un mixeur, un orchestrateur. Au final, ces budgets-là sont assez rares.
- Speaker #1
Et puis en plus, c'est une compétence propre. Pour le coup, je pense que chaque musicien qui a un petit peu, soit qui a autodidacte, mais qui comprend un peu l'harmonie, ou qui en a fait au conservatoire, on peut écrire pour des ensembles, mais on peut penser, croire qu'on sait écrire pour un ensemble. Mais en vrai, derrière, c'est beaucoup plus technique. Parce que nous, on a tout sur les claviers maintenant, avec des plugins de violoncelle, par exemple. Puis des fois, on fait des écarts entre les notes qui, techniquement, un joueur de violoncelle ne peut pas faire. Et bon, c'est aussi à ça que sont vraiment utiles les conducteurs, les chefs d'orchestre, les orchestrateurs. Je sais qu'une fois, il y a quelques années, j'avais fait une musique, c'était pour un feu d'artifice. Un des critères du client, c'était d'intégrer l'orchestre de cette région-là dans la composition. Et moi, je sais que j'avais travaillé avec un chef d'orchestre qui m'avait aidé en me disant « Ah oui, attends, cette note-là, il faut que tu la passes sur le violon alto, celle-là, tu peux la garder sur le violon 2, celle-là, le violon 1, il ne pourra pas l'attraper, ou l'inverse, ou je ne sais pas quoi. » Et c'était assez intéressant, parce qu'un coup, je le voyais sous mes yeux redistribuer ma musique aux musiciens. Et ça, c'est un savoir-faire à part entière.
- Speaker #0
Oui, et puis tu vois, dans les trois compositeurs qui sont à ce niveau de composition pour le cinéma, donc qui ont des gros budgets, là on parle de gens qui font entre 500 000 et 1 million par an, j'ai remarqué deux choses, c'est un, ils ne sont pas forcément plus heureux, et moi j'en ai même rencontré un qui me disait qu'il n'était pas du tout épanoui dans ce qu'il faisait, parce qu'en fait tu délègues, il m'a dit maintenant je dirige une équipe. Il dit mon rôle maintenant c'est de trouver des gens, de les payer, d'être presque un peu comme à la direction d'une entreprise. Mais il disait en fait la part composition maintenant elle n'est pas si élevée. Donc c'est aussi des gens qui disaient qu'ils ne seraient pas contre maintenant avoir des moves radicaux, même presque vendre leur catalogue et repartir sur un truc plus petit. Parce que ça ne les a pas en fait vraiment épanouis. Ouais, bah ça c'est... Je pense que, comme on dit, tous les goûts sont dans la nature et tous les destins aussi. Moi je connais aussi des gens qui des fois peuvent être potentiellement des réals très connus sur Paris et qui sont dans des choses un petit peu trop variétées par exemple et qui se verraient eux plus comme de faire de la pop indé par exemple et en même temps tu te mets dans une case et des fois t'y restes. Après c'est toujours, je pense qu'il y a des moments donnés où il faut réfléchir un peu à... Tu sais c'est une sorte de... de triangle entre ton envie de départ, ce qui te fait vraiment gagner de l'argent et là où tu voudrais aller. Et des fois il faut essayer si c'est possible de merger un petit peu ces trois directions. Mais c'est pas toujours aussi simple que ça. Il y a comme beaucoup d'impondérables dans la musique qui font qu'on... Comment dire ? On a assez peu de certitudes sur nos carrières. Parce que tu vois, des fois j'en parle avec des amis qui ne sont pas du tout en musique. Ils me disent : "Ah alors, tu fais quoi ? C'est quoi tes projets en 2026 ? " Alors il y a plein de choses qui sont déjà en place, mais il y a des fois où tu te dis : "Bah là j'ai ce projet-là", puis après aucune idée. Et ça c'est aussi un truc avec lequel faut apprendre à vivre parce qu'évidemment, ce n'est pas fait pour tout le monde ça.
- Speaker #1
Ouais et puis effectivement t'as le côté aussi pénibilité. On en parlait, mais quand tu fais tout... Moi, c'est aussi ce que j'ai constaté en parlant à ces compositeurs-là. C'est qu'ils me disaient le niveau de pénibilité que j'ai là. Certes, j'ai augmenté énormément mes revenus, mais j'ai augmenté aussi énormément mes charges. Ma marge et ce que je me mets dans la poche, elle n'est pas si haute parce qu'en fait, je paye plein de gens. Ils me disaient surtout, je suis rincé parce que je me retrouve à gérer de l'humain. Et tu vois, là, on parle de mecs qui vont embaucher 10, 15 personnes par film. Et ils étaient rincés, quoi. Mais je rebondis du coup sur la petite ouverture que tu as fait sur 2026. Oui. Donc 2025, tu as fait ce docu qui est génial d'ailleurs, qu'on vous invite à aller voir, qui s'appelle "Le sexe faible sur Arte", réalisé par Brice Lambert. Donc ça, ça t'a occupé une partie de ton année de 2025. Et le reste de ton temps c'est quoi ? Tu fais du luxe ? Tu fais du spectacle ?
- Speaker #0
En 2025, il y a plusieurs gros projets. Si je peux en citer un autre, ce serait le travail que j'ai engagé avec la marque Guerlain et l'Ircam Amplify. et l'agence Monstre aussi. On est partis du principe que dans un parfum, il y a différentes couches d'ingrédients qui sont utilisés pour créer la senteur.
- Speaker #1
Des matières premières en fait.
- Speaker #0
Et on a rapproché chaque élément du parfum pur d'un bout de l'orchestre. C'est-à-dire que le jasmin par exemple est devenu un nuage de pizzicato, de violoncelle. La vanille est devenue un piano un peu feutré, le cèdre...
- Speaker #1
Je crois d'ailleurs que c'était pour la nouvelle version de Chalimar.
- Speaker #0
Ça a été dans la campagne, enfin oui, pour l'anniversaire de Chalimar. Et on a aussi travaillé sur un autre parfum qui s'appelle l'Angélique Noire. Et après, on a travaillé sur d'autres choses encore avec Guerlain, pour accompagner la vente dans les magasins, avec des musiques qui représentent tout le floral. On disait qu'ils représentent le boisé, les grandes familles de parfums en général. Et tout ça, ce boulot-là, c'était super intéressant parce que déjà, moi, ça fait 3-4 ans que je travaille avec Guerlain sur différents projets et toujours des projets innovants. Donc on a exploré la VR, le son binaural, une partie de choses faites avec des moteurs IA. On a été sur des NFT. Enfin, on a fait vraiment... plein de choses assez... Tous les ans, en gros, ils prennent une grande tendance et puis ils essayent de s'inscrire dedans. Et donc du coup avec Gala, c'est aussi toujours un plaisir de bosser avec eux. Et puis derrière ça, le travail avec l'IRCAM et l'IRCAM Amplify, c'est ultra valorisant et sympa pour un musicien de travailler avec ce type de personnes parce que... D'une ils sont adorables, d'autre ils sont super forts.
- Speaker #1
Je vais te demander d'ailleurs qui est l'Ircam Amplify ? Moi je connaissais surtout l'Ircam, mais tu peux nous rappeler un peu ce que c'est l'Ircam et l'Amplify qui sont deux structures en fait séparées ?
- Speaker #0
Oui c'est deux entités différentes mais qui marchent ensemble. L'Ircam c'est le studio de recherche sonore qui a été créé par Boulez au Centre Pompidou.
- Speaker #1
C'est quoi ces années 60-70 ?
- Speaker #0
Ça je ne saurais plus dire exactement.
- Speaker #1
On vérifiera. En tout cas ça a au moins une cinquantaine d'années je pense, 40-50 ans.
- Speaker #0
Ouais je pense et donc leurs locaux sont juste à côté du centre Pompidou et à partir de ça ils ont créé l'IRCAM en fiale il y a quelques années qui est l'émédation privée de l'IRCAM et qui leur permet d'être super agile sur des projets de marques, des projets de spectacles, des projets de son immersif, ce genre de choses.
- Speaker #1
En fait c'est un peu le bras armé de l'IRCAM.
- Speaker #0
Je sais pas si on peut dire que c'est vrai. En tout cas, c'est la partie qui permet de se projeter sur d'autres projets que des projets de recherche ou des projets très très pointus dans le son que fait Lyricam en général. Et donc du coup, on a travaillé ensemble sur ce projet, c'était vraiment très intéressant. Et sinon en 2025, j'ai fait quelques pubs, j'ai travaillé sur des identités sonores... J'ai travaillé aussi sur plusieurs EP où je suis réalisateur son, sur des EP, des albums de chanteurs ou chanteuses.
- Speaker #1
Ok, tu vois je suis en train de lire, IRCAM a été créé en 70 sur la volonté du président Pompidou d'adjoindre le centre de création musicale au centre d'art et de culture Georges Pompidou. Donc ouais milieu années 70 quoi.
- Speaker #0
Ouais bah ça fait 50 ans déjà.
- Speaker #1
Ouais exactement. Donc tu as fait IRCAM, plusieurs projets aussi tu disais ?
- Speaker #0
De prod où je suis réal de son, enfin compositeur, producteur pour des projets de chanteurs, de chanteuses. Je peux citer Thibaut Esquelt, Jay Maé, Sainte-Nicole, on peut parler d'autres choses. J'ai aussi développé des sons sur un nom d'artiste qui s'appelle Faubourg. On a sorti un album sur des plateformes et après un vinyle. Puis après, il y a tout un tas de... Ah puis des sons et lumières beaucoup. J'ai fait plusieurs musiques de son et lumière cette année aussi. En France, en Italie. Et puis après, les projections 2026 que tu en parlais avant. Il y a des nouveaux projets avec Guerlain. Il y a la sortie de plusieurs EP sur lequel j'ai travaillé. Je commence à travailler avec une nouvelle artiste qui s'appelle Tamo aussi. Je vais travailler aussi sur un nouveau documentaire de Brice Lambert. ce coup-ci pour France Télévisions et le thème c'est sur Sam Altman le créateur de OpenAI Chad GPT et tout ça puis après il y a d'autres possibilités qui arrivent notamment un spectacle en Italie qui va être un peu fou s'il se concrétise il n'y a pas mal de petites choses je vais faire un podcast aussi pour les hôtels Hilton et puis Il y a différentes choses comme ça. J'ai signé la musique d'une pub pour une marque qui s'appelle Maison de la Litterie, dont j'assure l'identité sonore et sur laquelle on travaille ensemble aussi. Il y a pas mal de petites choses comme ça qui vont arriver. J'ai aussi été sélectionné pour les rencontres d'Astafors, qui sont des rencontres de compositeurs, auteurs et artistes. et musiciens en général, qui ont été assez... En fait c'est quelque chose qui a été organisé au départ par Cabrel, avec sa structure Voix du Sud. Et en fait c'est des rencontres qui sont assez intéressantes parce que ça permet de rencontrer vraiment beaucoup de gens et de gens qui ont des choses à raconter. Ça marche comme un camp d'écriture, tous les jours on est un groupe de 2-3 et on fait un nouveau morceau tous les jours.
- Speaker #1
Ok. Et Réal pour des artistes de musique actuelle plutôt ? ça t'en as toujours fait ou c'est quelque chose que tu as accéléré ou que tu as lancé un peu en 2025 ?
- Speaker #0
non j'ai commencé en deux, c'est assez récent finalement parce qu'en fait moi comme j'expliquais dans la partie 1 on a été vachement j'ai commencé vraiment musicien de scène après je suis allé sur la musique à l'image et pendant assez longtemps j'ai plus fait du tout de musique pour le phono ou pour la scène musicale. J'ai fait du spectacle, j'ai fait de l'image, mais c'était une volonté quand même de me reconnecter avec des musiciens, parce que c'est quand même aussi mon métier. C'est là que les premiers projets, notamment avec Sainte Nicole, sont arrivés il y a 3 ans, 4 ans. Ça a dû commencer à peu près à cette période-là. Et là oui, il y a une petite accélération parce que j'ai un peu plus de demandes en ce moment là-dessus. Donc, mais en fait, globalement, je ne réfléchis pas comme ça. Je réfléchis d'une façon... J'aime faire des choses diversifiées. J'aime que mes semaines ne se ressemblent pas à toutes. J'aime être d'une façon très intense. Par exemple, quand je vais être sur le prochain documentaire de Brice Lambert, je sais que je vais être ultra intense pendant peut-être deux semaines dessus. Et ça j'aime bien en fait. Ce qui m'intéresse c'est de revenir sur un nouveau projet avec une forme de fraîcheur et d'envie et de motivation, de m'y donner à fond pendant le temps qu'il faut et après de passer à autre chose qui sera peut-être plus du tout une musique de documentaire mais peut-être plutôt la prod d'un EP pour une chanteuse par exemple ou après de faire une musique de pub où là t'es ultra pressurisé mais sur un temps très court, genre généralement deux trois jours. C'est ça qui me plaît moi, c'est vraiment de passer de l'un à l'autre parce que je sais que tous les moments où je fais soit trop de pubs, soit trop de boulots avec des musiciens, enfin de compos productionnels, soit trop de je ne sais quoi d'autre finalement, il y a toujours un moment ou deux où j'ai une petite usure. De la diversité des projets naissent aussi plus de débouchés, on va pas se le cacher, et par les temps qui courent avec une forte concentration quand même de la musique et des gens qui proposent de la musique... sans même parler de l'IA, il faut avoir plusieurs cordes à son arc.
- Speaker #1
Oui, totalement. Et puis pour contrebalancer sur ce qu'on disait tout à l'heure, j'imagine que quand tu travailles avec des musiciens sur des albums ou des singles de musique actuelle, ça te fait aussi bosser avec plus de monde. Donc tu peux alterner peut-être des périodes en studio où t'es seul, avec des périodes où t'es en équipe.
- Speaker #0
Oui, et puis c'est vraiment très différent, parce que le rapport que t'as avec un musicien qui est avec toi, qui défend son projet, et le rapport que t'as quand tu t'adresses à un réal ou à une agence, c'est pas du tout le même. Non. Et je trouve qu'il y a du plaisir à trouver dans chaque instant. Et ça développe tes capacités de musicien aussi. Parce que la pub va développer ton côté de livrer rapidement et efficacement. Le côté musicien, tu vas aller peut-être plus loin des fois dans la construction des accords, dans la production réelle de la musique. Je ne vais pas détailler tout le truc, mais il y a des compétences et des savoirs à glaner un peu partout. Et c'est ça qui est assez excitant, je trouve, dans ce principe-là.
- Speaker #1
Oui, totalement. J'avais deux questions à te poser par rapport à ça, c'est super intéressant. Donc la première question, c'est, toi, je vois comment un peu tu fonctionnes, tu t'inspires beaucoup, je pense, des gens qui sont autour de toi pour avoir des nouvelles idées. Comme tu es très créatif, tu puises aussi chez les gens des idées, des concepts et ça te permet aussi, toi, de façonner un peu ta pierre, entre guillemets. Ma première question, c'était, quand tu travailles sur des projets de musique actuelle, donc bon, tu as ton Musique à l'image, ça c'est un contrat, un début, une fin. En musique actuelle, c'est quoi ton regard maintenant sur la musique actuelle ? Tu vois des débouchés pour les artistes ? Tu comprends mieux comment ils arrivent à gagner de l'argent ? Et surtout quand tu compares avec toi ton expérience de Shrink Orchestra, est-ce que tu trouves que l'économie a changé ? Est-ce que tu vois une économie maintenant pour les artistes de musique actuelle ? Et si oui, quelle serait-elle ?
- Speaker #0
C'est une question large.
- Speaker #1
Ah ouais ça m'intéresse d'avoir ton regard parce qu'en fait t'as quand même une expérience là-dedans et un regard et un peu de recul aussi.
- Speaker #0
Le moment donné où je développe Shrink Orchestra et le moment donné, là en 2025-2026, tout a changé. Tout a changé parce que la façon de publier ta musique est complètement différente, la façon de la produire est complètement différente. Moi j'ai l'impression d'un moment donné où on produisait encore des CD et on les vendait à la fin de nos concerts. On faisait du merchandising ou des trucs de ce type là. Ouais,
- Speaker #1
ça c'est un truc que je dis souvent aussi, moi quand j'avais aussi mon groupe, je dis mine de rien, nous c'était une petite activité mais on produisait 300 CD qui ne coûtait pas grand chose. Et on en vendait, enfin on en produisait 300, on en vendait 300, on en produisait 500, on en vendait 300, quand on enlevait les 200 qu'on allait offrir à la presse. Mais 300 CD à 10-15 euros, bah en fait ça fait 3-4 000 balles que tu retrouves pas forcément en streaming. Parce que 3-4 000 euros pour situer, nous c'était 300 CD qui étaient vendus assez vite. Maintenant c'est 1 million de stream minimum, et encore quand tu as 100% du pack-toll.
- Speaker #0
Ah bah oui parce qu'effectivement 300 CD valent plus qu'un million de stream.
- Speaker #1
Ouais totalement.
- Speaker #0
Donc déjà rien que sur ce aspect là c'est quand même très différent. A l'époque, je pense aussi que le monde du tour doit être vraiment très différent. Parce que je pense que ça s'est vachement resserré. Et tu vois bien les programmations de salles type SMAC ou ce genre de choses. Je ne dis pas qu'il y a un manque d'originalité, mais on sent que les prises de risques sont moins importantes.
- Speaker #1
Oui, ça s'est resserré et comme dans plein de domaines dans la musique, ça s'est polarisé. Tu as les tout petits, mais qui sont encore plus mis dans des petits réseaux. Tu as les très grands qui sont mis dans des grands réseaux, mais tu n'as plus trop d'entre-deux comme nous on pouvait avoir où on faisait des premières parties dans des SMACs. Parce que t'as une logique économique aussi qui a été imposée, je pense, d'une certaine manière. Oui,
- Speaker #0
il y a un truc qui a changé, c'est concentré, il y a eu l'arrivée d'acteurs internationaux, on peut citer par exemple Live Nation ou AEG, qui ont changé complètement le secteur, et à priori, de mon point de vue, pas vraiment pour le bon.
- Speaker #1
Ils viennent de racheter d'ailleurs l'accord à Rana.
- Speaker #0
Donc ça pour moi c'est un souci en fait, parce que c'est-à-dire que, Après eux ils ont des logiques de groupe, c'est-à-dire qu'ils vont faire jouer que des artistes à eux... Et on sent bien cette logique là sur les programmations des SMAC par exemple, des salles de musique actuelles. Parce qu'on voit qu'il y a quand même une uniformisation progressive des programmations qui est quand même un peu inquiétante. Et moi je sais que... Bon effectivement pareil, à l'époque il suffisait juste d'être un petit peu insistant, enfin d'insister dans le son travail. et d'appeler très régulièrement, d'envoyer des mails, des messages aux programmateurs ou programmatrices des salles. Et on pouvait trouver des concerts. La toute première phase de Shrink Orchestra, toutes les dates qui tombaient, c'est moi qui les trouvais. Et après on était organisé dans le groupe, il y en a un qui s'occupait plus de la logistique, de conduire, moi des dates... Bon voilà, chacun trouvait un petit peu son input on va dire. Mais je sais pas, là je peux pas vraiment dire parce que ça fait bien longtemps enfin que j'ai pas à chercher de date ou à organiser ce genre de choses. Puis il y a, je pense, une différence entre les villes en région et comment ça marche à Paris, ça ne marche pas exactement pareil. Ce n'est pas le même type d'interlocuteur parce qu'à Paris tout est privé. Si tu vas à Angers, Nantes, Dijon, je ne sais pas quoi, il y a des SMAC qui sont gérés souvent par des... qui ont été pilotées par des mairies, des fois en régie pro, en régie personnalisée, en régie privée à moitié ou régie publique. Bon, ça dépend, mais ce n'est pas du tout la même logique parce que souvent dans ces villes-là de moyenne importance, tu as un interlocuteur principal, peut-être une ou deux assos, trois assos dans ton secteur, dans ton style de musique. Et encore, ce n'est pas souvent qu'il y en a autant. Et donc du coup, ça ne marche pas du tout de la même façon qu'ici où il y a... Mais on est souvent mieux accueillis dans les salles en région, d'un point de vue et technique, même des fois financier, que dans les lieux à Paris qui payent... pas grand-chose, etc., des fois où les systèmes sont rincés. Bref, il y a des trucs des deux côtés différents, mais j'ai l'impression que ça ne marche pas exactement de la même façon. Puis après, il y a aussi la troisième chose qui a beaucoup changé, c'est les réseaux sociaux. Parce qu'il y avait déjà, comme moi je bossais, il y avait déjà des réseaux sociaux, mais qui n'avaient pas du tout la même importance. Ah,
- Speaker #1
puis tu as dû connaître Myspace aussi,
- Speaker #0
j'imagine ?
- Speaker #1
On avait créé un bot... sur MySpace qui allait poster des commentaires automatiques avec nos dates. Tu sais quand on jouait, on l'a tous fait je pense à ces époques, là je te parle de 2008 peut-être, un truc comme ça et on jouait à la Flèche d'Or ou au J-Bus ou à l'International ou des salles comme ça et moi j'avais programmé un bot qui allait mettre 300 commentaires sur des pages amis en disant « Ah on joue à tel endroit, à telle heure » et c'était simple en fait comme... Et après on a eu les événements Facebook aussi qui mine de rien avaient un certain pouvoir à une époque Tu faisais un bel événement, t'invitais des gens, tu te préparais longtemps à l'avance, tu ramenais du monde juste avec un événement Facebook. Alors là c'est les vieux cons qui parlent aux jeunes, mais ça ça marchait quand même.
- Speaker #0
Ouais bah écoute voilà, toutes les choses sont différentes, je rentre pas dans le discours c'est mieux c'est moins bien, peu importe, c'est juste une époque différente. Et je vois que, en tout cas même en tant que musicien, les musiciens qui marchent c'est aussi souvent des gens qui marchent d'un point de vue image et qui savent aussi se mettre en avant d'une façon positive sur les réseaux. Et parce que tu vois par exemple, je pense qu'à longueur de journée on est essayé par des suggestions sur Instagram par exemple d'autres artistes en développement comme on dit et qui font tous, enfin plein, font à peu près les mêmes vidéos avec les mêmes tricks et les mêmes méthodes. Tu sens vraiment que c'est un truc qui a un côté un peu scolaire recraché.
- Speaker #1
Ouais un peu industrialisé aussi.
- Speaker #0
Et tu sens bien ce qui... Il y en a certains pendant lesquels tu oublies le canevas. Et tu te dis, ah ouais c'est cool, il ou elle a une bonne énergie, c'est marrant, il est drôle. Ou alors, le son est trop bien, je sais pas quoi. Tu sens qu'il y a un truc qui clique au global. Et tu sens les gens où ça rame un peu, où c'est galère, où tu sens trop les coutures de la chose. Parce que globalement, t'es un musicien, t'es obligé de créer du contenu. C'est une logique maintenant forte. Donc ça, c'est aussi très différent parce que c'est pareil. Je te dis, il y avait déjà des réseaux sociaux, on publiait des choses, mais il n'y avait pas du tout toute cette profusion d'autopromotion des musiciens. Parce que là, moi, je joue mon Insta, ça n'arrête pas en fait. Et en même temps, je comprends la logique. Tout le monde a besoin d'exister, il y a beaucoup de monde sur le marché, donc forcément, il faut faire beaucoup de contenu et tout ça. Bon.
- Speaker #1
T'as des gens qui sont en plus très bons, tu vois maintenant tu vois un clip où il y a 150 000 vues, c'est pas devenu la norme mais il y a beaucoup de gens qui savent faire 150 000 vues sur un clip parce qu'ils payent des ads.
- Speaker #0
Ouais voilà.
- Speaker #1
Et pareil sur des reels qui vont monter, là hier ce matin j'ai fait un call avec un artiste, il a fait 1 million de vues sur un reel alors qu'il est pas connu tu vois, mais il y a ce niveau quand même d'exigence et d'efficacité qui est quand même aussi assez élevé. Quand tu débarques tu vois quand même qu'il y a des mecs qui brassent depuis longtemps.
- Speaker #0
Puis après je pense que la grande différence c'est que pour développer une carrière de musicien à l'heure actuelle, il faut aussi savoir animer une communauté de gens qui te suivent. Et je pense que c'est un élément vraiment clé parce que je pense que c'est aussi un aspect que les gens vont vraiment analyser sur ton profil. Les gens qui pourraient être amenés à travailler avec toi, un éditeur, un label ou un distributeur, je ne sais pas quoi, ou quelqu'un qui fait des RP. Il va aller regarder ton profil, il va voir un peu les trucs, il va analyser les chiffres. Voir les chiffres qui ont l'air un peu bidon parce que l'engagement est pas fou, etc. Enfin bon, tout un tas de choses comme ça. Et ça fait partie réellement du truc parce que produire de la mode musique ne suffit pas à l'heure actuelle. À mon niveau, là où j'en suis dans ma vie aussi, tout ce qui a rapport au développement de la tournée c'est différent. Parce que je ne vais plus m'engager dans ce genre de process. Et comme je te disais tout à l'heure que j'avais un projet qui s'appelle Faubourg, mais c'est un projet pour mon plaisir personnel en tant que tel. Alors c'est un luxe, mais je peux me permettre ça, donc je le fais et je m'amuse avec ça. Mais je n'engage pas ce qu'un musicien... là qui voudraient sortir et vraiment popper maintenant là-dessus engagerait, parce que tu vois il y a aussi à un moment donné des trucs aussi générationnels il y a l'énergie qu'on a aussi quand on a plus qu'on va dire une vingtaine et tout ça qui correspond au fait de développer des groupes parce que développer un groupe c'est développer une utopie, parce que personne t'attend, personne ne crève d'envie d'entendre le nouveau son d'un tel ou un tel Tu vois je fais quoi ?
- Speaker #1
Ce que tu avais dit Shrink Orchestra où vous aviez joué à Rock en Seine
- Speaker #0
Euh non, les Eurocans.
- Speaker #1
Les Eurocans ? Et toi tu disais un truc hyper fort, tu dis on est sortis de scène, on était des héros, même si on savait pas si on l'était vraiment ou pas, mais pour nous on était des héros. Mais tu vois maintenant, est-ce que tu supporterais tout ce qu'il y a autour pour le faire ce truc là ?
- Speaker #0
Ah bah oui, c'est ça, c'est là où je veux aussi en venir. C'est que j'ai une hypothèse de refaire un peu de scène avec une artiste à qui je travaille fin d'année, mais ce serait dans des bonnes conditions bien pensées. Et c'est surtout que je ne serais plus la cheville ouvrière de ce truc là. C'est comme si d'un coup, mon ambition c'était réellement de dire... Faubourg va être le centre de ma vie professionnelle, ma vie de musicien. Ça veut dire que je devrais faire ce dont on parle depuis tout à l'heure : rentrer dans la logique des réseaux, publier du contenu très régulièrement, créer une fan base, etc. C'est pour ça que moi, à l'âge que j'ai aussi, je suis beaucoup plus à l'aise d'arriver comme producteur, compo, réel, sur des projets, et puis donner tout ce que j'ai à donner avec toute l'énergie que je peux mettre dedans. mais pas en me mettant dans une logique de porter ce projet-là. Et je pense qu'en fait, c'est con à dire, mais il y a un temps pour tout dans nos vies, dans nos évolutions. Effectivement, partir en tournée comme je le faisais quand j'avais 20-25 ans, dormir sur des bouts de canapé trois heures, reprendre le camion, retraverser la France... J'ai adoré le faire, c'était génial, on a rigolé, J'ai des souvenirs, des anecdotes de fou. Mais en vrai je ne le ferais plus là maintenant. J'ai un gamin, je l'emmène à l'école le matin.
- Speaker #1
Oui parce qu'en fait tu n'as pas l'économie qui fait... Tu peux prendre un hôtel, nous, moi ça a été à la fois les meilleures et les pires années de ma vie parce que je bossais mais tu vois genre... Moi j'ai dormi par terre dans des apparts pas possibles en banlieue parisienne à Ivry ou autre où tu fais la fête et tu te couches à 4-5 heures parce que personne veut dormir et puis à 8 heures tu te réveilles parce qu'il y a machin qui t'appelle parce qu'il faut aller chercher ton pied de batterie dans telle barre dans le 11ème, t'es crevé et puis tu rentres le dimanche et le lundi tu rattaques.
- Speaker #0
Mais en fait c'est fun quand c'est là.
- Speaker #1
Ouais ouais c'est sûr.
- Speaker #0
Après je pense que c'est simplement... De la même façon, dans tout ce qu'on a pu aborder, je pense qu'il y a un truc qui revient souvent, c'est le fait d'être... On s'inscrit dans un secteur qui est en mutation permanente et qui a créé des grosses révolutions depuis les dix dernières années. Parce que là, on a parlé évidemment depuis tout à l'heure des réseaux sociaux, du streaming, etc., Après, il y a l'IA qui va arriver, qui commence déjà à chambouler des choses, mais c'est pas fini. Le temps que ça se stabilise, je pense, ou qu'on se fasse bouffer complètement, je ne sais pas. Mais... En fait, moi, je sais que j'ai vécu, je vis ma carrière comme ça, où je m'adapte assez régulièrement à des nouveaux secteurs, des nouveaux partenaires, des nouvelles façons de voir le truc, et aussi à ma vie personnelle, évidemment. Et donc du coup... Voilà, je pense qu'en fait, il y a plein de gens ou d'oiseaux de mauvaise augure qui vont être... ou des gens un peu défétistes qui vont dire « Oui, la musique c'est difficile. Beaucoup d'appelés peu délus. » Ce genre de lieu commun. Moi, je dis souvent « Beaucoup d'appelés peu délus. » Non, il y a des gens qui entendent des voix parce que personne ne t'appelle.
- Speaker #1
Ouais, ce que tu disais dans la partie 1.
- Speaker #0
Mais il n'y a personne qui ne t'appelle. Par contre, si toi, tu as une voix intérieure qui t'appelle, il faut te mettre en position d'avancer. Et c'est possible. Il n'y a plein de choses différentes à faire dans la musique. Tu sais composer, tu commences à savoir servir d'un ordinateur et d'un logiciel de MAO, tu peux faire plein de choses. Tu peux contacter plein de monde en France, en Europe, dans le monde. Tu peux... Enfin bon, après je dis pas que les choses sont aussi simples que ça. Et je voudrais pas sonner comme des fois des gens que je voyais moi des fois dans des conférences qui disaient « Oh bah je sais pas, j'ai envoyé ce mail, il m'a répondu, c'était ok. Après il y en a d'autres qui m'ont appelé. » Tu as l'impression que quand tu es dans le public, d'un coup tu te dis : "Putain c'est un peu facile, je comprends pas." - Ouais c'est pas facile. - Tu m'as pas dit quelle est ta méthode réellement pour arriver là. Tu as l'impression que les gens, tu leur tombes comme ça... Non, il y a une méthode et il y a aussi des moments donnés où tu t'inscris dans un travail qui n'est pas que celui de faire de la musique, c'est celui d'organiser ta prospection, c'est celui de contacter les bonnes personnes dans le bon timing. Une fois qu'ils t'ont répondu, bah ne pas les oublier dans un coin de ta tête et puis leur réécrire régulièrement, jusqu'au jour où il y a un premier projet qui tombe, et d'avancer. Une fois que le projet est là, c'est le vrai travail qui commence, enfin ton vrai travail, la musique. Mais avant ça, il y a eu tout un tas de processus qui t'a amené à ça. Donc ça c'est une chose importante. Et puis l'autre chose, c'est de cultiver ta curiosité et ton excitation. Parce qu'on peut vite être un peu blasé. En vrai je dirais, moi il y a encore des choses régulièrement qui me blasent. On te fait miroiter un projet à tel moment, tel machin, tel budget, tel truc. On revient avec toi trois mois après. Je suis vraiment désolé. Déjà, c'est décalé. Ce n'est pas au printemps, ce sera en octobre. Le budget, bizarrement, a été divisé par trois. Sachant que la musique est souvent le dernier dans la chaîne. La variable se passe assez régulièrement sur la musique quand même. Et notamment sur tout ce qui est audiovisuel. Bon bref, mais donc je dis pas, il y a plein de choses qui peuvent encore me blaser, mais j'ai toujours une énergie comme ça presque juvénile moi dans les projets et dans mes semaines où il y a de l'excitation. Simplement c'est juste que tu sais, comme on n'aime pas les mêmes choses dans sa vie, il y a un moment donné pour ton travail, je pense que c'est la même chose.
- Speaker #1
Ouais, c'est vrai que je refuse toujours l'idée que m'apportent des fois les gens qui me disent la synchro c'est comme le loto. Je dis non, ça n'a rien à voir le loto, tu n'as aucune emprise. C'est de la statistique comme quand tu vas au casino. Après casino c'est encore un petit peu différent du loto mais c'est 100% des gagnants ont joué. Mais ce n'est pas parce que tu joues que tu vas gagner. Surtout il y a un concept qui est toujours difficile à percevoir et j'en ai parlé dans un épisode précédent. Il faut qu'il y ait énormément de gens qui échouent pour quelqu'un gagne. Statistiquement c'est ça que ça dit. La synchro c'est différent si tu te structures. Et si t'es bon dans ce que tu fais, tu vas peut-être pas décrocher la nouvelle pub Citroën ou Télé pour je sais pas quelle marque. Néanmoins, t'as quand même plus de chances de gagner et t'as plus d'emprise sur les choses. Et ça fait écho à une question que je voulais te poser tout à l'heure par rapport à tes rencontres, ton inspiration. C'est aussi un épisode que j'ai fait il y a une semaine. Non, il est sorti cette semaine pardon. Où je parle de la semaine dernière quand vous avez écouté cet épisode là. Et je parlais des projets de la dispersion. Comment tu fais toi pour... cultiver ta créativité,
- Speaker #0
Et en même temps, pas te disperser, comment tu sélectionnes des projets et ce que tu apprends à dire non parfois. En gros, c'est comment cultiver ta créativité et en même temps, pas sauter sur n'importe quel projet et apprendre à sélectionner les projets qui t'intéressent et qui sont porteurs pour toi et comment tu les sélectionnes, ces projets.
- Speaker #1
En fait, je pense que tout part un petit peu de ton positionnement au début. Et ça rejoint la fin de la question sur comment ne pas sauter sur tous les projets. C'est qu'il y a des moments donnés, moi je pense que le musicien... on cultive quand même globalement en tant que musicien un truc de, on s'excuse toujours d'être là, un petit peu, d'un point de vue financier en tout cas. Il y a une forme de et plus on va se positionner vers le bas, plus les gens vont nous tirer vers le bas. J'ai l'impression que c'est un truc un peu universel. Et bon, c'est des fois plus facile à dire qu'à faire, parce qu'il y a des fois les logiques financières qui te rattrapent. Parce que des fois, tu... Tu peux dire à quelqu'un, mais n'accepte surtout pas les plans à 500 balles ou à 300 balles, ou je ne sais pas quoi, mais le mec, à un moment donné, il dit, moi j'ai besoin de trouver 1500 euros pour payer mon loyer, ou je ne sais pas combien. Ça, c'est inéluctable. S'il refuse 10 projets dans son mois qui a des montants un peu faibles, mais qu'après, derrière, il n'a vraiment pas d'argent pour payer son loyer, c'est un truc comme ça. Mais en fait, ton positionnement, c'est un petit peu comme... En fait, il faut envisager que la musique, c'est une carrière. Et que dans n'importe quel type de carrière, tu joues aux échecs. Chaque pion que tu avances a une incidence sur la suite. Ça paraît un peu compliqué comme ça. Des fois, c'est beaucoup plus intuitif. Mais je pense qu'il y a une façon de se positionner devant les gens pour arriver sur différents types de projets. Puis à un moment donné, il y a aussi ton esthétique musicale qui va aussi orienter les choses. Si tu fais du punk, c'est sûr que la musique à l'image, ça ne va pas être souvent. Parce que par nature, on n'entend pas souvent du punk sur de la pub. Ou même dans des documentaires. Sauf si c'est un décret à une scène ou un truc comme ça. Mais ton esthétique va souvent aussi des fois plus se coller avec le luxe. Va peut-être plus se coller avec les voitures. Parce que souvent c'est des trucs un peu électro. Ou si tu fais du folk, ça va t'amener sur d'autres types de sujets. Et la créativité, les projets, je pense qu'il y a un truc comme ça. Ta créativité, c'est aussi un devoir. Des fois, quand les gens me disent « Ah, t'écoutes quoi en ce moment ? » , des fois, je ne sais pas quoi répondre. Parce que je fais de la musique de 9h du matin à 21h, par exemple.
- Speaker #0
Pourquoi tu n'écoutes pas énormément de musique ?
- Speaker #1
J'en fais toute la journée. Du coup, il y a des moments dans ma semaine où je m'oblige à écouter de la musique. Ça paraît bizarre dit comme ça. Ou des fois... Parce que sinon, il y a plein de fois où on me dit « Ah, t'as écouté le nouvel album de je sais pas qui ? » Des fois, je dis « Non, parce que j'ai pas eu le temps. » Ou même quand je rentre chez moi, j'ai envie de me mettre un film. J'ai pas envie de réécouter de la musique encore.
- Speaker #0
C'est différent parce que moi, je pense que dans ta capacité à créer de la musique avant-gardiste ou autre pour des projets type luxe, c'est là où à mon avis, tu peux ou tu dois peut-être limiter un peu ce que tu fais rentrer avant ce qui va sortir. Mais je pense que moi, je connais des gens avec qui je bosse ou pas, mais qui écoutent énormément de musique. Parce que, par exemple, j'ai un pote qui est mixeur, qui mixe. Et lui, il écoute tout parce qu'il dit, je dois avoir ce niveau d'exigence. Quand on va me faire mixer le nouveau Clara Luciani ou le nouveau Angèle, je dois avoir écouté tout ce qui est sorti parce que je dois avoir ce niveau d'exigence et comprendre exactement quelles sont les normes. Oui,
- Speaker #1
les tendances et tout ça.
- Speaker #0
Le pote n'industrialise pas la réalisation d'albums aussi. Dans le sens où ? comme tu n'as pas industrialisé la réalisation d'albums dans le sens où tu n'es pas dans une logique d'accumuler tous les projets de réel par an et d'en faire un maximum et d'être hyper efficace. De ce que je vois, tu les fais et tu les abordes d'une manière, moi Vincent, j'ai des choses à apporter, donc je choisis les bons projets et j'apporte des choses. Tu n'as pas besoin d'industrialiser quelque chose qui naîtrait du fait que tu écoutes énormément de musique et que du coup ça te permet de comprendre quelle est l'industrie.
- Speaker #1
Ouais, c'est vrai que moi je rentre plus sur ce genre de truc, où j'essaye d'amener une plus-value quand je rentre dans un projet, plus par rapport à ma compréhension du projet, à mon écriture, ce genre de choses. C'est-à-dire que, effectivement, si j'étais spécialisé que dans un seul truc, effectivement, j'aurais souvent ça. Tu sais, j'en parle des fois avec des gens qui travaillent ici, des réals ou des mixeurs, qui eux, effectivement, ont cette logique dont tu viens de parler. Ils disent, moi je veux être considéré comme un des très bons mixeurs en France, peut-être en Europe, peut-être ailleurs. Évidemment que tu es obligé d'analyser très très fort tout le secteur et toute ta concurrence pour essayer d'être le meilleur possible. Mais je ne me positionne pas exactement comme ça. Comme j'ai été sur plusieurs sujets, plusieurs secteurs, je n'ai pas vraiment cette Ausha, effectivement.
- Speaker #0
Ok. On va aborder la dernière partie de cet épisode et de ce que je voulais discuter avec toi. J'essaye beaucoup d'explorer des notions de rationalisation dans la musique. Je trouve que pour moi, les projets musicaux qui avancent, c'est cette capacité à absorber une irrationalité et à faire réunir quelque chose d'irrationnel avec quelque chose de rationnel. Et la question que je voulais te poser, c'est qu'on n'a pas trop abordé le sujet de la SACEM. C'est le dernier sujet que je voulais aborder avec toi. Je sais que tu as progressé, parce que je le vois et parce qu'on en a déjà discuté, sur tes répartitions SACEM, sur tes revenus. Est-ce que la SACEM, quelque part, elle t'aide à rationaliser aussi tes projets ou est-ce qu'elle t'apporte aussi d'autres sources de compréhension sur ce qui est ta carrière et ce qu'elle sera dans le futur ?
- Speaker #1
Oui, en fait, effectivement, comme tu sais mieux que moi encore, on a nos trois répartitions par an et à la fin de l'année, tu vois...
- Speaker #0
Quatre répartitions.
- Speaker #1
Quatre ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ah bon, tu vois, je ne sais même pas.
- Speaker #0
En fait, c'est janvier, avril, juillet et octobre.
- Speaker #1
Ah oui, pardon, j'en oublie une, tu vois. Mais en fait, oui, c'est un indicateur. Mais comme si tu as une boîte, le CA de ta boîte, c'est un indicateur de où tu en es. Alors, moi, je n'ai jamais pris le parti de mettre cet indicateur-là comme la valeur étalon.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Dans le sens où, moi, des fois, je suis investi sur des projets auxquels je crois. et où il n'y a pas forcément les budgets auxquels je suis habitué, moi, à travailler, mais j'ai envie de le faire. Parce que je pars du principe que j'aime concilier, évidemment, une partie business, travail et tout ça, carrière, et aussi une partie purement créative, où je vais m'investir sur un projet parce que j'ai envie de le faire. Notamment, le projet Faubourg, par exemple, c'est un projet qui est complètement à perte. malgré les subventions que j'ai pu avoir à 2-3 endroits c'est à perdre dans le sens où vu l'état actuel des choses et vu le fait que je ne joue pas le jeu des réseaux parce que j'ai pas le temps ou pas l'envie c'est un projet à perdre mais en soi qui m'apporte aussi d'un autre côté sur beaucoup d'autres aspects et qui me donne un moment de créativité qui est complètement décorrélé d'une logique financière où tu fais de la musique pour faire de la musique et quand t'es musicien ça fait du bien aussi des fois euh Et de ne pas toujours, il faut que je livre un truc. Parce qu'en fait, tu vois, on reprend le verbatim aussi de l'entreprise. Je veux livraison, machin, etc. Et il y a des moments donnés où juste tu te mets derrière un piano, une guitare ou peu importe ton instrument, et tu te dis, ah ouais, là, je vais reprendre le truc primaire de la musique. Pourquoi j'ai fait de la musique au début ? Parce que j'aimais créer ça. Donc, pour reprendre sur les indicateurs, évidemment qu'au fur et à mesure des années, ça dépend aussi de là où tu es investi. Et après, il y a aussi à entendre et c'est pour ça que c'est intéressant aussi de créer des connexions avec des professionnels de l'édition. Ça peut être de labels, ça peut être des boîtes, peu importe les différents secteurs de la musique. Parce qu'ils te disent, ah mais attends, tu as pensé à déclarer, par exemple, le fait que tu as enregistré de la musique sur tel truc pour la Spedidam, par exemple. Parce qu'à un moment donné, il y a énormément de musiciens qui laissent dormir de l'argent. Alors que ce soit... 300 euros par an, ou que ce soit des fois des sommes très importantes, parce que t'es au crédit, et des fois t'es guitariste, et t'as joué sur une cinquantaine d'albums par exemple, bah y'a de l'argent à la Spédidame pour toi. Et des fois y'a plein de gens qui se disent « ah bon, je suis pas au courant, etc. » Donc moi je vois ça comme ça, c'est-à-dire qu'il y a un indicateur, et c'est aussi un positionnement dans la société, une réaffirmation aussi de nos valeurs, qu'elle soit sociétale ou qu'elle soit simplement financière. Parce qu'en fait... Des fois on oublie que dans le secteur de la musique, il y a tout un tas de gens qui en vivent et que nous aussi on peut en vivre. C'est-à-dire que dans le sens où on a produit des choses, on a participé à des trucs, donc on a droit à la juste rémunération qui en plus est prélevée par la CSM, la Spédimam ou tout un tas d'organismes. Et donc pour le coup la CSM, en fait effectivement toi et moi on a travaillé pas mal là-dessus depuis deux ans, j'en suis reconnaissant. Et t'es allé chercher des droits, et c'est pas encore coupé devant Philly, ça avance, mais tu vas te battre pour ça. Et c'est important, parce que des fois, il y a quand même plein de gens qui nous mettent des fins de non-recevoir, qui disent « Ah bah non, c'est pas possible » . Il y a d'autres gens qui disent « Ah si, si, c'est possible, il faut juste le vouloir, s'investir dans le processus » . Et donc voilà, la SESAM, c'est un indice comme ça. Et puis en vrai, c'est aussi, à un moment donné, la façon de... d'organiser, de capitaliser ta carrière au sens général. Parce qu'en fait, je pense qu'on est... Je sais que dans mes revenus, pour parler clairement, il y a différentes parties. Il y a mes salaires, il y a du salaire, il y a l'argent de produit, la boîte dans laquelle je suis investi. Il y a la SEM maintenant, la Spedidam et différentes choses. Et je pense que c'est un portefeuille de valeurs qui peuvent te permettre d'asseoir quelque chose d'un peu plus confortable. Et qui te permettent aussi de simplement t'inscrire dans ta vie, d'avoir des projets, autre que celui d'aller au studio et de faire de la musique. Enfin voilà, ce genre de choses.
- Speaker #0
C'est des actifs en fait, c'est des colonnes d'actifs qui grandissent aussi avec toi.
- Speaker #1
Ouais c'est ça, et puis en fait, il y a quelque chose de valorisant, au-delà même de l'argent. Te dire, voilà, ce boulot commence à être reconnu, parce que tout ça c'est indexé à le moment où c'est diffusé, sur quel média c'est diffusé. Ça veut dire que si une radio commence à diffuser tes œuvres, c'est bien. C'est-à-dire que les gens veulent les entendre. Si une télé et les productions qui gèrent un documentaire, par exemple, disent « On veut de toi pour faire de la musique » , c'est valorisant. Et derrière, ça va se retranscrire en droits, ça s'aime, en différents types de droits. Et je pense que c'est plutôt positif, tout ça.
- Speaker #0
Oui, totalement. J'ai une dernière question qui peut être un peu complexe. En 2026 ou même plus tard dans ta carrière, est-ce qu'il y a un élément ou un champ que tu as l'impression d'avoir encore peu exploré ou tu n'as pas vraiment fait tes preuves et où tu sens que tu aimerais te développer et faire tes preuves dans ce sujet précis ? Sinon, ça pourrait représenter un regret dans ta vie ou dans ta carrière professionnelle en tout cas. S'il y a une chose qui pourrait représenter ce regret peut-être professionnel.
- Speaker #1
En tout cas, il y a un truc sur lequel je n'ai pas eu accès encore et que je veux avoir accès, c'est la musique de longs métrages de fiction. Ça, c'est un de mes enjeux. Parce que j'ai toujours été fasciné par la musique de film et par tout un tas de compositeurs.
- Speaker #0
C'est quoi tes compositeurs phares ? Des compositeurs que tu aimes bien ?
- Speaker #1
En ce moment, j'aime bien Max Richter, j'aime bien Nicolas Brittle. J'étais un long fan de Philip Glass, de ce type de compositeur-là. Je ne sais pas, je trouve qu'il y a un côté fascinant dans tout ça. Et donc j'ai envie un jour de pouvoir avoir mon nom sur un long métrage. C'est un truc qui est vraiment important pour moi. Ça fait partie des étapes auxquelles je veux arriver. Il y avait aussi, et ça c'est en face d'avoir une première incidence, c'est de travailler aussi pour la... faire des musiques de défilé à la Fashion Week. Donc ça, il y a un premier truc qui va... Oui, je crois que tu vas le faire cette année. On ne voit pas trop.
- Speaker #0
Ceci dit, sans vouloir teaser, on a un épisode bientôt où on parle un peu de ça. Avec quelqu'un avec qui tu travailles.
- Speaker #1
Je vais collaborer là-dessus. Donc, super. La musique de film. Pour moi, je trouve qu'un film, ça reste quand même une œuvre mixte. Je ne vais pas dire parfaite, mais c'est vraiment un truc fondamental. Tu as l'image, tu as la photo, tu as évidemment le jeu des acteurs, tu as la réalisation, la musique, le sound design. Et je trouve que c'est un truc qui me rendrait vraiment fier de pouvoir arriver là. J'y travaille, je sais que ça va arriver un jour. Et je garde ça dans la tête. Chaque fois que j'entreprends quelque chose, j'ai envie d'y arriver. Après, des fois, des choses ne se passent pas, évidemment. mais... Donc non, c'est un des trucs, oui.
- Speaker #0
Ok, je te comprends à 200%. C'est vrai que la boucle est bouclée. J'évoquais les difficultés dont m'ont fait part les compositeurs à très haut niveau de musique de film que j'ai rencontrés ces derniers mois. Un particulièrement, ils avaient l'air tous épuisés par des projets qui sont énormes, qui s'inscrivent dans une durée très longue. Néanmoins, s'il y a un truc qui a fait briller leur œil, c'est quand ils m'ont décrit la relation intime qu'ils ont entre un créateur de film Et eux, ils avaient quand même l'air de me dire que cette relation-là, elle était exceptionnelle.
- Speaker #1
Ah bah oui, parce que tu vois, dans d'autres secteurs, je le vois déjà sur des collaborateurs à qui je travaille depuis longtemps. Quand tu crées une complicité, est-ce que ça m'est arrivé avec des gens très variés du coup, avec un réalisateur de petits films ou de machins, avec un directeur de créa ? Par exemple, j'ai un directeur de créa à qui je travaille beaucoup, Louis Bonichon de l'agence Monstre. les briefs Quand ils me briefent, ça d trois secondes et demie parce qu'on se connaît tellement que ça m'est arrivé avec des metteurs en scène de théâtre aussi. J'ai une metteuse en scène qui s'appelle Elisabeth Barbazin. Donc j'ai une metteuse en scène qui s'appelle Elisabeth Barbazin.
- Speaker #0
On en a parlé dans la partie 1 je crois.
- Speaker #1
Par exemple quand on travaille ensemble, on n'a pas travaillé ensemble depuis longtemps, mais c'était évident en fait. On se parle à demi-mot et ça il y a un plaisir. Je pense que c'est aussi quand même avec certains amis. Quand tu sais que tu te comprends à demi-mot, que tu sais toujours te positionner par rapport à l'autre, et inversement, pour que ça avance, c'est des relations qui sont très chouettes. C'est qu'on enlève une certaine charge mentale, en plus. Oui, elles sont précieuses, parce que c'est assez fluide. Évidemment, quand tu te retrouves avec des gens qui sont des mini-âmes-sœurs de travail, il y a quand même quelque chose de très porteur et très chouette.
- Speaker #0
J'espère que l'univers entendra cet appel de faire un beau film en 2026.
- Speaker #1
Voilà, j'y crois. J'y crois. 2026, 2027, on y va.
- Speaker #0
Ce sera le mot de la fin, très positif. C'était encore un énorme plaisir de discuter avec toi, Vincent. Merci. On est toujours très bien dans ce beau studio à Ménilmontant. D'ailleurs, ceux qui nous écoutent, je vous invite à, un jour, si vous avez l'occasion de le visiter, ou si vous avez des projets, à ne pas hésiter à contacter. Donc c'est Superpose.
- Speaker #1
Mon studio, c'est Superpose Studio. Et Motif Musique. Et le bâtiment global, c'est Motif Musique.
- Speaker #0
Bon, super intéressant. Est-ce qu'on aura une partie 3 ou 4 cette année ? On verra. Il y a quand même un ou deux sujets qui me titillent et que j'aimerais bien aborder avec toi. Donc, encore une fois, merci beaucoup et on se retrouve probablement très vite. Merci, à bientôt. À bientôt.