- Speaker #0
Bienvenue à Impala, l'industrie de la musique entre Paris et Los Angeles. Je suis aussi très heureux de retrouver ce rythme de un épisode par semaine. Aujourd'hui, on reçoit Mila et Louis de l'agence Himalaya. Mila et Louis collaborent depuis pas mal d'années. Je crois qu'ils ont commencé à collaborer avant le Covid. Mila est directrice artistique, Louis est compositeur. Dans cet épisode, vous verrez et vous entendrez surtout un peu mieux comment Mila et Louis collaborent. Mila, on s'est rencontré en 2024 autour d'un brief. C'est toujours une très belle manière de se rencontrer. Mila travaille, vous verrez, pour pas mal de marques de luxe, dont la marque Chopard. Elle avait une demande de musique de Chopard. On a d'abord bossé sur du custom. Finalement, ça n'a pas fonctionné avec la marque. Ensuite, on a trouvé le titre absolument parfait d'un catalogue de Los Angeles, d'un partenaire avec qui je travaille depuis longtemps. Le titre a tout de suite été un gros coup de cœur pour la marque. Et après quelques discussions, on a validé la synchro fin 2024. Elle a été diffusée sur les réseaux sociaux, vous pouvez la retrouver facilement, c'est une campagne chopard qui s'appelle l'heure du diamant avec Bella Hadid. Donc voilà, on était vraiment très très heureux avec Mila de décrocher cette synchro. Ensuite on a pas mal discuté tous les deux et puis on a décidé de collaborer de manière plus active sur ces catalogues. Donc maintenant nous avec Twenny on fait la gestion éditoriale des catalogues de Mila et on collabore sur différents projets, que ce soit du luxe. du prêt-à-porter, on a fait pas mal de choses aussi autour de la Fashion Week et puis voilà on développe plein de projets là en 2026. Je suis très très heureux d'accueillir Mila et Louis et on va découvrir dans cet épisode un peu mieux comment ils collaborent, quels sont leurs réseaux. Mila a aussi fait une petite expérience, une grande expérience même d'expatriation et voilà cet épisode est assez brut, je pense qu'il y aura peu de musique et je vous laisse découvrir tout ça. Salut Mila, salut Louis, on est aujourd'hui dans vos studios à Vagram à Paris. Je vous ai présenté rapidement dans l'intro du podcast Impala, mais je veux bien que vous puissiez vous présenter rapidement avec vos mots. On commence par toi Mila.
- Speaker #1
Du coup, je m'appelle Mila, je suis Music Supervisor et j'ai une agence de production musicale pour les marques de luxe. Ça fait six ans et avant j'avais un label. Et du coup, je travaille avec Louis depuis six ans aussi.
- Speaker #0
Salut Louis, je veux bien que tu te présentes aussi également.
- Speaker #2
Salut Maxime, et oui comme disait Mila, ça fait 6 ans qu'on bosse ensemble, c'est toujours autant un plaisir.
- Speaker #0
Louis a un oeil sur la technique puisque c'est lui qui nous enregistre aujourd'hui.
- Speaker #2
Tout à fait, donc j'ai un petit oeil sur le logiciel mais j'ai l'impression que tout va bien. N'hésite pas à mettre de la voix Mila, n'hésite pas. En tout cas c'est beau de pouvoir voir le son, c'est assez incroyable. Je pense qu'avant, on ne pouvait pas faire ça, le voir comme ça, en direct, c'est un peu un trailer de ce futur podcast. C'est incroyable. Merci beaucoup de nous avoir fait confiance comme ça, Maxime, on est vraiment très contents. Je te parle comme si on ne se connaissait pas, mais merci, c'est cool. On est vraiment contents de parler avec toi aujourd'hui, et de partager, encore et toujours, avec toi.
- Speaker #0
Je veux bien d'ailleurs que vous nous racontiez comment vous vous êtes rencontrés, parce que vous êtes pour moi un beau duo créatif. Et je pense que ça va intéresser plein de gens de savoir comment vous avez pu vous rencontrer, comment vous avez décidé aussi de collaborer.
- Speaker #2
Eh bien, il se trouve qu'on s'est rencontrés à la période du Covid avec Mila. Tu me stoppes si je ne me trompe pas. En 2020. En 2020, tout à fait. Avant, on travaillait un petit peu chacun de notre côté. On était plus en musique, c'est rigolo. Elle était dans un label et j'étais aussi avec un label On essayait de travailler et de faire des prods vraiment pour la radio
- Speaker #0
Enfin développement de carrière d'artiste Ok donc tous les deux en label mais c'était quoi vos postes exacts en label ?
- Speaker #2
J'étais compo Et toi Mila ?
- Speaker #1
Pour le coup moi j'étais plus dans la partie DA Création de contenu, création événementielle, images Et en fait j'ai bifurqué sur la musique à l'image, composition Pour faire entrer de l'argent aussi dans le label et pour les artistes Et ça m'a beaucoup plu. Donc, j'ai bu furté là-dessus. J'ai monté ma société. Et du coup, la rencontre avec Louis, c'était assez cool parce que je travaille avec plusieurs compositeurs. Mais Louis est toujours positif, de bonne humeur, dynamique. Et donc, ça s'est hyper bien passé depuis le début. Et toujours maintenant, pareil. Toujours de bonne humeur, toujours en train de faire des projets.
- Speaker #0
Ok, cool. Donc toi, Louis, t'étais compositeur, producteur pour ce label ?
- Speaker #2
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Et là, t'as complètement arrêté de collaborer avec des labels depuis que tu travailles avec Mila ?
- Speaker #2
Oui. En fait, finalement, quand je me suis dit que j'allais faire de la musique, je me suis dit que j'allais faire des albums, que j'allais tourner, que j'allais être artiste et tout. Et en fait, après, j'ai repris mes études et en apprenant un petit peu plus ce qu'était le son et vraiment ce qu'était la compo, Ce qui m'a vraiment passionné, ce que j'ai vraiment voulu faire, c'était de la musique à l'image.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Limite du Mickey Mousing.
- Speaker #0
C'est quoi du Mickey Mousing ?
- Speaker #2
Mickey Mousing, tu sais, c'est quand on essaie vraiment de synchroniser des sons avec ce qui se passe à l'image. Voilà, un peu tous ces bruitages, donc les présences de vêtements, les bruits de pas.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Les décors aux alentours, ça peut être une horloge qui cloque, ça peut être... Un lave-vaisselle, un frigo, peu importe, une ambiance extérieure, des oiseaux.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Mickey Mousing.
- Speaker #0
Il s'appelle vraiment Mickey Mousing ? Non,
- Speaker #2
c'est le vrai terme, Mickey Mousing. Peut-être en rapport à Steamboat Willie, qui était le premier dessin animé de série. Ah oui, oui.
- Speaker #0
Tu sais que j'ai bossé pour un studio qui faisait ça il y a longtemps. C'était mon premier stage quand j'avais 16 ans.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #0
Et c'est un studio qui s'appelle Vox Populi à Lyon.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #0
Et on s'occupait des voice talents et on faisait de la musique pour les dessins animés, les jouets. Donc moi, j'étais responsable de caler des sessions studio pour Play School.
- Speaker #2
Est-ce que tu te souviens de nom de dessin animé sur lequel vous avez posé ?
- Speaker #0
Franchement, non. Je pense que c'était Disney, c'est sûr. Maintenant, c'est devenu un studio qui est basé sur le Quai Saint-Vincent à Lyon.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #0
Peut-être que nos auditeurs qui connaissent pourront me rafraîchir la mémoire. Mais c'est un studio qui est assez connu maintenant, qui fait pas mal de post-prod pour Netflix.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #0
Et à l'époque, on faisait les voix, les bruitages pour les jouets. C'était un studio qui était basé à Vez, dans le quartier de Vez à Lyon. Et moi, j'avais 16 ans et ça a été ma première expérience en studio. Et ça m'a fait halluciner quand même, parce que c'est très, très particulier en fait.
- Speaker #2
Ouais, c'est assez particulier, les rythmes sont assez rapides, mais généralement il y a quand même plusieurs postes, c'est-à-dire que sur un dessin animé, t'as un mec qui va vraiment faire les bruitages, t'as déjà une banque de sons dédiée, donc tu galères un petit peu moins à trouver les sons, tu sais généralement quand tu trouves ta palette de sons, t'as plus qu'à rechecker, puis tu t'habitues à tes sons, mais bon c'est aussi très formateur et très intéressant.
- Speaker #0
Là c'était vraiment presque une agence de voice talent en fait, nous on faisait les voix pour ces projets-là en fait.
- Speaker #2
Les doubleurs.
- Speaker #0
Les voix, ouais les doubleurs, exactement.
- Speaker #2
Trop bien.
- Speaker #0
Et t'as fait quoi comme études exactement ?
- Speaker #2
J'ai fait l'ISTS C'est quoi,
- Speaker #0
c'est où ?
- Speaker #2
C'est dans le 15ème, c'est une école de son C'est à Paris ? Oui à Paris, en spécialisation audiovisuelle C'est lié à l'ESRA ? Oui c'est lié à l'ESRA C'est ESRA, école supérieure de réalisation audiovisuelle Et t'as un pôle ISTS, institut supérieur des techniques du son Et t'as maintenant, ça a un peu changé, ça date, je crois que j'ai été diplômé en 2017 Et avant ça t'as fait quoi,
- Speaker #0
t'as fait un bac ?
- Speaker #2
Avant ça j'ai fait un bac L
- Speaker #0
J'essaie de préciser pour les gens qui nous écoutent, parce qu'on a toujours plein de questions de gens qui disent, précisément après le bac, est-ce que les gens ont attendu, bossé, fait ci, fait ça ?
- Speaker #2
J'ai vraiment attendu, parce que mes parents sont plutôt intellectuels, on va dire, avec des postes un petit peu sérieux. Donc, ils voulaient que, tu vois, je voulais faire Sciences Po de base. Cousse connerie. Ensuite, j'ai loupé Sciences Po, donc je suis parti à Assas pour me consoler. Et deux ans de droit. de première année, c'était pas mal.
- Speaker #0
Ah, t'as fait deux ans de droit ?
- Speaker #2
Ouais, j'ai fait deux ans de droit, j'ai retrapé ma première année pour une matière, droit civil, j'ai jamais réussi à l'aider cette matière, c'est vraiment dur. Je sais pas comment les gens font, et en tout cas, j'allais au café faire du son, tu vois. Et là, justement, à Alsace, j'ai rencontré un mec qui m'a présenté des gens qui étaient à l'ESRA. C'est comme ça que j'ai appris un petit peu la connaissance de cette école, mais même à l'époque, je savais pas trop si j'allais la faire ou pas. J'étais en train de me planter, et là, j'ai tout planté, tu vois, philo... J'ai jamais réussi à m'inscrire en fac de philo, mais philo et conservatoire en art dramatique.
- Speaker #0
Waouh, pas du tout musique.
- Speaker #2
Pas du tout musique.
- Speaker #0
Quel avis ça ?
- Speaker #2
Ça commence à 18 ans. J'ai fait deux premières années à Sass. J'ai commencé dans ma 18e année, la première année d'Assass. Donc, je devais avoir 19-20.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Vraiment, j'ai enchaîné. J'avoue que je n'y suis pas resté.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
J'ai arrêté d'y aller un petit peu en milieu d'année parce que j'ai eu des opportunités, justement, de musique avec ce label.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Et donc je me suis dit, je vais aller faire de la musique. C'est là où je suis le plus à l'aise, entre guillemets. J'adore faire des blagues, j'aurais trop voulu être comédien, tu vois, super. Mais finalement, la musique, c'est bien parce que tu es aussi dans l'ombre et que ça te permet de t'exprimer autrement en faisant de la musique, tu vois. Plutôt que d'être sur scène, d'être un petit peu plus, tu vois. Ça sent public, là au moins, tu es en studio, tu es tranquille, tu fais ta prod et tu peux aller pleurer en cachette quand tu es un petit peu ému, quand tu l'as fait écouter, les gens kiffent.
- Speaker #0
Ok. Tu as quel âge, là ?
- Speaker #2
J'ai 33 ans.
- Speaker #0
Donc, ok, vous avez quasiment le même âge avec Mila ? Ok. Et juste pour finir sur ton parcours back in the days, comme on dit, tu étais musicien quand tu étais petit, tu as appris un instrument. Oui. Parce que ça c'est pareil, c'est une question qu'on nous pose souvent, est-ce que les gens qui sont dans la musique maintenant, dans la production, sont des instrumentistes ? Je sais, Louis, que tu as écouté le podcast avec Vincent, qui est sorti il y a trois semaines, parce que là on est en janvier. Et Vincent nous disait par exemple que lui... Il avait appris la musique quand il était petit, il n'a jamais fait le conservatoire. Et en fait, très vite, il a expliqué à sa prof, c'est ce qu'il raconte, c'est hyper intéressant dans le podcast, qu'il dit à sa prof de piano, moi je ne veux pas être excellent dans un instrument, je veux composer, connaître mes gammes pour en fait être pas excellent instrumentiste, mais excellent compositeur. Toi, tu as appris un instrument quand tu étais petit ?
- Speaker #2
Oui, j'ai commencé par la guitare.
- Speaker #0
Ok, je vois qu'il y a plein de guitares d'ailleurs dans ton studio.
- Speaker #2
Ouais, j'essaie un peu de faire un voyage autour du monde avec mes guitares. On pourra en parler tout à l'heure, mais elles viennent toutes d'endroits différents. Elles ont toutes un petit peu leur style.
- Speaker #0
Trop bien. Et donc, guitare, tu apprends à quel âge ?
- Speaker #2
Cinq ans.
- Speaker #0
Waouh !
- Speaker #2
J'ai commencé la guitare à cinq ans.
- Speaker #0
Parents musiciens ou pas du tout ?
- Speaker #2
Mon père m'a joué quelques accords flamenco avec sa guitare.
- Speaker #0
Ah ouais, sa forme quand même.
- Speaker #2
Et j'avais kiffé, tu vois. Et je m'étais dit, ok, je vais aller faire de la musique. J'avais aussi des grands frères, deux grands frères jumeaux. Et eux faisaient de la musique aussi. Ils écoutaient à balle et je trouvais ça archi cool. Et donc je voulais faire de la musique aussi.
- Speaker #0
Donc cinq ans, tu commences la guitare.
- Speaker #2
Cinq ans, je commence la guitare. Guitare au doigt, donc guitare classique.
- Speaker #0
Corde nylon.
- Speaker #2
Ouais, exactement, corde nylon. Donc au doigt, jouer comme un bassiste. Avec Jean-Luc, qui était mon premier prof de guitare. J'ai eu trois profs de guitare, ils m'ont tous marqué. Je pense qu'ils sont super importants.
- Speaker #0
À Paris ?
- Speaker #2
Ouais, à Paris.
- Speaker #0
Toi, t'es né à Paris ? Je suis né à Paris. Ok, donc t'es un vrai Parisien, comme il y en a peu.
- Speaker #2
Exactement. Un vrai Parisien. J'ai grandi dans le 8ème.
- Speaker #0
Ok. Ouais.
- Speaker #2
et dans l'école dans laquelle j'étais il y avait donc des activités extrascolaires ok et donc il y avait ce cours de guitare là avec Jean-Luc ok et c'était génial et le premier morceau qui m'a appris s'appelait Petit Bonhomme tu tu tu ça commençait comme ça oui ah ah ah merci
- Speaker #0
Donc, Shinpala, on parle de musique, on parle d'apprentissage de la musique, on peut parler de technique de son, on parle de plein de choses en fait, mais aussi de parcours, de plein de sujets. Pour rebondir encore sur le podcast de Vincent, pour reparler de lui, mais il nous expliquait donc qu'il y avait pour lui cet acte. Le fondateur, d'un côté, sa mère qui écoutait un peu les prémices de la musique électronique, qui a fait en fait son éducation, et cette fameuse prof de piano, qui lui a dit « Ok, tu ne veux pas être excellent au piano, mais tu veux réussir à improviser, je vais t'apprendre à composer et à improviser. » Vincent, il dit que ça a été un peu l'acte fondateur qui lui a donné envie de faire de la musique. Est-ce que toi, entre tes 5 et tes 20 ans, tu as eu un élément fondateur qui t'a donné envie de faire de la musique ? Ou alors est-ce qu'au contraire ? Tu as voulu embrasser d'autres carrières et puis en fait, tu y es revenu plus tard. Mais est ce que entre tes zéro et tes 20 ans, tu as vécu ou eu un truc qui t'a fait penser que tu ferais une carrière dans la musique ?
- Speaker #2
Ouais, c'est quand j'ai découvert Ableton.
- Speaker #0
OK,
- Speaker #2
quand j'ai découvert Ableton à 16 ans avec mon pote Mathieu, c'était incroyable. Il m'a montré ça. J'ai commencé ce logiciel avec lui, je regardais, il était fan.
- Speaker #0
T'es tout début en plus d'Ableton, non ?
- Speaker #2
Ouais, au tout début d'Ableton, on est allé au concert des Daft ensemble le 14 juin 2007.
- Speaker #0
OK,
- Speaker #2
on est revenu. Lui, t'es vraiment fan.
- Speaker #0
Et d'art cool
- Speaker #2
Ouais Je trouvais ça cool évidemment Comme tout le monde Mais bon Un peu comme quand t'es ado T'as tout qui passe Partout Les musiques La radio et tout Donc Duff Punk C'était d'autres artistes Que j'aimais bien Ça c'était 2016 C'était 14 juin 2007.
- Speaker #0
Ah ouais, 2007, donc il y a presque 20 ans.
- Speaker #2
Ouais, c'est ça. En gros, je commence. Classique, d'accord, guitare au doigt, activité extrascolaire dans un collège primaire, tu vois, gros groupe, ok, c'est cool. La musique qui est intéressante, mais c'est on va prendre le solfège, on va prendre les trucs, ok, intéressant. 12 ans, 13 ans, première guitare électrique, Mediator, déjà c'est la première révolution.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #2
Ça a totalement changé, je me suis dit ok, maintenant je vais devenir guitare héros en fait. C'est ça le truc, c'est que je vais shredder toute la journée. Mon frère m'a fait écouter Symphonix, ça a totalement changé ma vie. Dark Guitar Chapter de Michael Ormeo, c'est ce qu'il m'a demandé de faire de la musique. Je faisais ça toute la journée sur Guitar Pro et tout. En fait j'ai vachement appris la musique par Guitar Pro, tu vois. En retravaillant les tablatures, en les travaillant lentement, en regardant comment c'était fait, en éditant un petit peu. Donc finalement il y avait tout un apprentissage de l'échelle avec des amis. Et ensuite quand je suis arrivé à l'école... J'avais déjà sorti un ou deux albums, tu vois, avec cette dame qui avait un label. Et ensuite, Musique à l'image. Et là, en fait, tu découvres le logiciel, tu te dis, t'as plus besoin d'un groupe. C'est ce dont parlait Vincent dans son podcast aussi. Ouais,
- Speaker #0
par rapport au séquenceur.
- Speaker #2
Voilà, lui, il découvre le séquenceur et il dit aussi que quand tu gravites avec des groupes et tu te dis qu'on n'a pas tous les mêmes motivations, que tout le monde ne le prend pas plus ou moins de la même manière, plus ou moins sérieux. Voilà, c'est ça. Et finalement, il faut que tout le monde soit en place, parce qu'on peut tous avoir la même motivation, mais il faut aussi bosser le morceau. Soit tu refais de la musique assez simple que tout le monde fait et ça marche parce qu'il y a de l'énergie, il y a la couleur, il y a le truc, ok. Mais parfois, tu veux aussi essayer d'aller plus loin, d'être vraiment dans une recherche musicale, dans une recherche sonore. Là, il faut se donner un petit peu plus, être un peu plus technique. Et ça exige que chacun des membres du groupe aussi essaie d'élever la prod, d'élever leur niveau, de travailler de manière régulière. Et ça, évidemment, quand tu es un adolescent, tu as toujours envie de faire ça, j'imagine. Et avec les DAW, avec les logiciels de MAO finalement, tu prêtes ? Je prête les DAW, c'est
- Speaker #0
Digital Audio Workstation.
- Speaker #2
Ah, magnifique.
- Speaker #0
Mais pour rebondir un peu, je parle un peu de moi des fois dans Impala parce que c'est un peu le fil rouge, mais c'est là où je vois qu'on n'a pas un écartage énorme. Toi, tu as 33, j'ai 41, mais on a quand même un petit écart.
- Speaker #2
Ok, tu ne les fais pas du tout. Je tombe des nuits là.
- Speaker #0
Il y a plein de gens qui me disent ça, oui. Mais ce que je veux dire, c'est que moi, pour te dire, j'ai appris la musique un peu comme toi, mais plus tard avec la batterie plutôt. et la guitare avec mon frère. Mais là où je veux en venir, c'est que la première fois que j'ai rencontré un DAO, pour te la faire courte, moi j'ai eu une très belle enfance, mais je n'étais pas plein aux as. Je n'avais pas la possibilité d'enregistrer plein de trucs, genre d'avoir des micros, des batteries à disposition. On parle de ça d'ailleurs avec Vincent dans l'épisode de classe sociale, de comment tes parents y pèdent ou pas. On parle aussi des Daft Punk avec Thomas Bangalter, qui a eu la chance d'avoir un père qui avait un studio. Ça a été fondateur aussi pour Daft Punk.
- Speaker #2
Et un oncle aussi qui a Bang Music ?
- Speaker #0
Ouais tout à fait. Ce que je veux dire c'est que moi première expérience avec un DAW, c'est Windows 98 et c'est Cakewalk. Je sais pas si t'as connu ça.
- Speaker #2
Non j'ai pas connu.
- Speaker #0
Qui était bien mais qui était... Comparé à Ableton, c'est la même différence je pense entre Windows 98 et le dernier Windows.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #0
Et je me rappelle moi je passais des nuits à bidouiller parce que la carte son marchait pas, c'était pas du tout du plug and play. Et en fait, j'ai appris comme ça en prenant des samples. À l'époque, je récupérais des samples de France Inter, de musique, et je bidouillais des samples avec des beats, des trucs comme ça. Et en fait, quand j'ai découvert Ableton il y a six ans, pareil, mon cerveau a explosé. J'ai entendu un bruit de chips dans ma tête. Je me suis dit, ce truc-là, déjà, moi, c'est une petite révolution parce que ça m'a remis à la musique. Mais je me suis dit, putain, un gamin qui découvre ça maintenant, il a une arme de guerre, littéralement. Parce que tu peux avoir le mode session où tu composes hyper vite. Moi, j'avais le push en plus, direct. J'ai fait Ableton et push. Et je me suis dit, t'as que ça, tu peux faire des miracles.
- Speaker #2
Déjà, tu peux t'amuser et déjà te balader dans un univers musical qui est infini. Comparé à l'instrument où là, ça demande une certaine exigence. Tu vois, il faut quand même pratiquer. Ouais, ouais, j'ai fait le push.
- Speaker #0
Pour les gens qui sont intuitifs et créatifs, ça te permet à l'instant T de créer tout de suite. Et d'ailleurs, c'était la question que je voulais te poser. C'est donc, ton pote te montre Ableton.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #0
T'as un coup de cœur. J'ai un gros crush, j'y connais rien. T'as quel âge ?
- Speaker #2
Comment ? J'ai... 2007, je suis en 4ème. Ouais, t'as 14 ans. Ouais, comme ça. Et lui était un peu technique, tu vois. Depuis, il a fait l'école des arts, c'est un ingé et tout. Il a toujours été un petit peu bidouilleur.
- Speaker #0
Ouais, un grand geek. Je connais rien à la technique,
- Speaker #2
tu vois. Je faisais de la guitare, j'étais le geek dans ma chambre qui regarde la vidéo du même mec qui va être guitarero, tu vois. J'écoutais du métal symphonique, quoi. Des trucs de crise d'ado, quoi. Refermé dans sa chambre.
- Speaker #0
Ouais, la même, j'écoutais Nightwish quand j'étais petit. Oui, bien sûr,
- Speaker #2
Nightwish, bien sûr. Wishmaster, j'ai d'ailleurs derrière toi, c'est excellent, c'est incroyable. C'est dommage que vous ne puissiez pas le voir.
- Speaker #0
On n'a pas encore la vidéo dans Impala.
- Speaker #2
Mais Mathieu m'avait offert ça, donc derrière il avait fait une espèce de texte avec tous les titres des Daft Punk. Et c'est un PLV Nightwish avec un mot personnalisé de mon pote avec les titres des Daft Punk juste derrière.
- Speaker #0
Incroyable, pour la petite blague ou la petite anecdote, c'est fou. Moi chez moi j'ai la peau de batterie de caisse claire dédicacée par Nightwish période Wishmaster. Mon premier concert à Lyon, c'était une salle qui a disparu depuis Aves. Mon premier concert, dédicace à la FNAC juste avant. J'amène ma petite peau de batterie un peu balbutiant et elle m'a marqué Wishmaster, petite dédicace, j'étais super content.
- Speaker #2
Génial.
- Speaker #0
C'est rigolo.
- Speaker #2
Il y avait deux groupes à l'époque, Nightwish et Epica aussi, qui marchaient pas mal. Je ne sais pas si tu as connu ce groupe.
- Speaker #0
Non, moi j'étais Nightwish, Symphonix.
- Speaker #2
Tu écoutais Symphonix ?
- Speaker #0
Ouais, à fond. Après j'avais aussi pas mal de black metal, donc Bourzoum. tout ça et puis après... De quoi ? Moins. Non, moi je venais vraiment de...
- Speaker #2
En fait,
- Speaker #0
j'ai eu mes cousins qui m'ont fait mon éducation donc plus heavy metal avec Maiden et compagnie et mon grand frère que je salue d'ailleurs et qui m'a donné le goût à écouter Nirvana, Shock War.
- Speaker #2
C'est les bonnes rêves. Aaron Maiden, je me rappelle, il fait une école qui s'appelle Atla de musique actuelle à Pigalle. Là-bas, on avait un groupe de Hard Day Heavy, justement. Et on s'amusait à faire les Dave Murray et Adrian Smith à la Iron Maiden, tu vois.
- Speaker #0
Ouais, puis aussi, on ne peut pas oublier les Guns. Ah oui, du coup, la question que je voulais te poser, c'est donc 14 ans découverte d'Ableton, gros crush.
- Speaker #2
Gros crush.
- Speaker #0
Et est-ce qu'à ce moment-là, tu arrives à produire et exporter des trucs ou tu t'explores, en fait ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
J'explore, mais de très loin, parce que je ne comprends pas la technique. Et je suis assez frustré, je reste dans mes trucs guitare.
- Speaker #1
T'as quoi en fait ? T'as un micro, tu te branches en direct ?
- Speaker #0
J'ai rien, c'est ça le truc. C'est que jusqu'à ce que je commence vraiment mes études d'ingénierie son, j'ai pas de matos, j'ai rien, tu vois. Je sais pas. Je sais pas trop comment faire. Je bosse entre guitare pro, surtout sur guitare pro en fait. C'est ça vraiment mon premier logiciel. Et Ableton, c'est très loin. C'est quand je suis avec ce pote. On tente des remixes. Je me rappelle qu'on avait fait un remix qu'on avait proposé à Pedro Winter à l'époque. On s'appelait les Space Burgers. Et on avait fait un remix, on avait samplé un titre de Megadeth qui s'appelle Foreclosure of a Dream. Donc on avait appris ce riff-là.
- Speaker #1
Toc Chaque chanson sera chantée par Louis dans ce podcast Exact
- Speaker #0
Qui a été inspiré d'une prod de Pedro de Bizipi Qui avait lui samplé Nena 99 of Balloons là Je dis toujours 99 parce que je sais pas comment on dit en allemand Ouais moi je dis pareil C'est 99 en fait ou je sais pas quoi Pas vraiment Je dis nous je te... Nos amis allemands nous courons D'ailleurs très drôle petite anecdote Est-ce que vous savez comment on dit Toc Toc en allemand ? Non Parce que Knock Knock en anglais Ok, Tok Tok en français, je crois que c'est Clough Clough. Ah ouais ? Ouais. C'est drôle. Clough Clough.
- Speaker #1
On apprend des choses.
- Speaker #0
Et voilà. Ouais,
- Speaker #1
t'as fait ton remix, mais t'as pas perdu...
- Speaker #0
Voilà, mais ça restait vachement électro. Ensuite, je suis parti en hard heavy, vraiment pur et dur. Donc après une grosse période Iron Maiden, dont tu parlais tout à l'heure justement dans les groupes qui ont compté.
- Speaker #1
Ouais ouais, toute la période heavy metal.
- Speaker #0
Donc là, je suis plus parti vers du extreme, Racer X. Avec des guitaristes plus comme Paul Gilbert, des mecs comme ça. Je suis allé voir faire du Steve Vai. C'était un peu plus jazz fusion. Donc je me suis intéressé, tu vois. Mais ce que j'aimais bien dans Symphonique, c'est que c'était très classique, en fait. Et finalement, aujourd'hui, avec Mila, on fait énormément de musique classique.
- Speaker #1
Ouais, en fait, ça a presque formé ton oreille à l'art de vie.
- Speaker #0
C'est ça. Et que, tu sais, on a dû composer énormément de musique classique de savoir-faire pour Dior. Et bon, il y a un brief très particulier. Et là, ça a été... Un gros travail d'affûtage avec Mila pour comprendre vraiment ce que voulait le client, qu'est-ce que c'était une musique chic et quel était le brief chez Dior. Donc là, c'est secret professionnel, je ne peux plus trop en dire plus. Mais oui, c'est des groupes comme Symphonix qui m'aident vraiment à composer ce classique et essayer de partir un petit peu ailleurs et de trouver des armes qui sont un petit peu plus intéressantes.
- Speaker #1
Tu sais, je pense que la guitare, c'est presque une des meilleures écoles parce qu'au final, si tu regardes bien, tu es au centre de l'harmonie dans le sens où en fait au niveau fréquentiel, tu es dans les médiums. Tu dois interagir avec la batterie, la basse, la voix et aussi beaucoup les synthés. Donc tu apprends à la fois à harmoniser, quand tu joues par exemple avec le full bend, l'orchestration complète comme on dit dans le jargon. Donc tu dois apprendre à harmoniser, tu dois apprendre à composer quand tu fais des solos, mais aussi à improviser. Tu dois apprendre les arrangements parce que tu dois pouvoir te placer au moment où il n'y a pas de synthé ou au moment où le chanteur euh... Je ne chante pas parce que si tu tapes du solo au moment où le chanteur chante, ça ne marche pas. Et je suis persuadé que quand tu es batteur, bassiste, quand tu as appris la batterie, la basse ou le chant, tu n'as pas la même culture et tu n'as pas la même obligation de progresser, je trouve, en tout, que ce soit en harmonie, en production, en plein de choses.
- Speaker #0
Apprendre la musique par un instrument, c'est... à chaque fois ça fait des approches différentes.
- Speaker #1
Mais qui te force vraiment à acquérir plein de connaissances, parce que comme tu le disais, je trouve que la rencontre entre ton apprentissage d'un instrument et les techniques de production, ça développe un super pouvoir, parce qu'en fait tu dois apprendre au-delà de jouer de la guitare, comment l'enregistrer, comment arranger, tu apprends plein de choses.
- Speaker #0
Sur Guitar Pro, tu n'as pas trop le droit à l'erreur. Tu as ta partition, ta tablature qui défile en temps réel, tu as ta guitare et... t'es obligé de la jouer correctement sinon ça va s'entendre direct et tu vois enfin il y a déjà le placement et tout quand tu passes dans un pari logiciel comme Ableton ta guitare tu l'enregistres et tu peux la retoucher et ça ça change tout en fait oui c'est vrai c'est ok j'ai plus besoin d'être en roi ok j'ai plus besoin de voir ces américains aujourd'hui ces indiens ces chinois ces allemands ces belges ce que tu veux de 5 ans qui jouent déjà du symphonix de full tempo et qui sont déjà trop forts tu sais c'est découragant à l'époque heureusement on n'avait pas On ne pouvait pas trop voir ça. On voyait que les pontes guitaristes, les mecs jouaient trop propre et tu voulais être aussi propre. Et donc, c'était vraiment très difficile. Et finalement, là, tu as accès à un logiciel qui te permet de tricher, entre guillemets, en disant, OK, là, tu n'es plus trop dans l'interprétation et dans le jeu, tu es plus dans la compo. Donc, tu vas pouvoir jouer ta guitare, elle va rentrer dans ton logiciel et ce son de guitare-là, tu vas pouvoir l'utiliser autrement. Tu vas pouvoir le mettre sur une snare. Tu vas pouvoir le faire passer dans un vocodeur, tu vas pouvoir le filtrer, tu vas pouvoir le placer correctement sur la grille, tu vas pouvoir mettre un peu de groove en le décalant, tu vas pouvoir la doubler.
- Speaker #1
Ouais mais en tout cas c'est intéressant ce que tu dis et ça fait écho encore une fois à l'épisode, on va pas parler que de ça mais de l'épisode avec Vincent, où moi je suis persuadé qu'effectivement entre tes 0 et tes 20 ans t'as des choses qui sont fondatrices. Et ceux qui ont eu la chance d'agréger un maximum d'informations et de pratiques avant leurs 20 ans c'est aussi des gens qui développent un certain instinct en fait. Merci pour ça. On va passer à toi, Mila. Là, on connaît un peu mieux le parcours du jeune Louis, de ses 0 à ses 20 ans, né à Paris, découvert de l'abbleton à 14 ans, avant ça, une expérience avec la guitare. Toi, Mila, tu es née à Paris aussi ?
- Speaker #2
Je suis née à Paris, mais moi, j'ai beaucoup bougé. Je suis partie en Angleterre quand j'avais 14 ans, faire mon lycée là-bas. Et après, j'ai bougé à 19 ans aux Etats-Unis, où j'ai fait mes études de music business. C'est un programme qui s'appelle le Bendir Programme, qui a été créé par Sony Music Publishing, et qui tourne autour de tout ce qui est possible dans l'industrie de la musique. Et après, je suis rentrée en France, 4 ans après.
- Speaker #1
Ok. Donc là, 22 ans, 23 ans ?
- Speaker #2
22 ans, je crois.
- Speaker #1
22 ans, ok. Ça tombe bien parce que chez Impala, on parle beaucoup d'expatriation, de carrière internationale. C'est d'ailleurs un peu le fil rouge du podcast. Parce que Impala, c'est Industry of Music between Paris and Los Angeles. Donc, ça parle de Paris et Los Angeles, donc de France et d'États-Unis. Mais ça parle aussi de comment on s'expatrie ou comment on exporte ses talents et comment on rencontre d'autres cultures.
- Speaker #2
Oui, et du coup, ça apprend plein de choses de voyager et de voir le monde. J'ai vécu un an à Los Angeles. juste après mes études aux Etats-Unis parce qu'ils te donnent le droit après tes études de rester un an sur le territoire pour travailler j'ai bossé dans une salle de concert super pendant un an et à côté de ça j'ai profité de la belle vie au soleil qui change un peu et après j'avais plus de visa donc je suis rentrée en France c'est différent quand je suis rentrée j'étais là ok quoi faire maintenant mais je suis ravie parce que ça m'a permis de De voir différents aspects. Aux Etats-Unis, l'industrie est très différente qu'en France. Que ce soit la musique ou les marques ou la manière de travailler ou de fonctionner. Donc c'est un peu de prendre le meilleur des deux mondes et de développer tes capacités à travailler bien.
- Speaker #1
Ok. Ça tombe bien que tu parles de Los Angeles parce que c'est aussi quand même le cœur du podcast. Mais bon, moi je veux quand même savoir un peu plus précisément. Et désolé, je ne vais pas te lâcher. Je veux savoir qui l'a mis là avant de partir. Est-ce que toi, tu as joué d'un instrument ? Est-ce que tu as écouté des choses précises ? Est-ce que tes parents t'ont transmis des choses dans la musique ? Qu'est-ce qui a fondé aussi ton envie de bosser dans cette industrie qui est magnifique et très complexe ?
- Speaker #2
Moi, du coup, c'est complètement différent du parcours de Louis. J'ai essayé les instruments. Franchement, je n'étais pas très douée. J'ai fait du piano quand j'étais jeune. Ça n'a pas marché.
- Speaker #1
On est vraiment 0-18 ans.
- Speaker #2
J'ai abandonné je crois assez vite Parce que rentrer de cours Et aller prendre des cours de piano Je sais pas ça
- Speaker #1
Mais ça c'est tes parents qui t'ont un peu mis sur cette voie ou c'est toi qui t'es ?
- Speaker #2
Non moi mes parents ils sont assez cool Donc je leur disais ah j'ai envie d'essayer le piano Trop sympa ils me trouvaient un prof de piano Pas du tout des parents musiciens ? Alors pas du tout Après ma mère est dans la mode Donc ils sont quand même ouverts sur Sur la culture, sur l'art Sur tout ça mais non, personne ne en tout cas de mes parents, on joue d'instrument. Du côté de mes cousins, ils jouaient tous du piano, ils sont tous un peu artistes.
- Speaker #1
Ta mère, elle a quel type d'activité dans la mode, si ce n'est pas indiscret ?
- Speaker #2
Elle a un journal de mode qui s'appelle Numéro.
- Speaker #1
Ah ouais, ok. Donc elle est plutôt dans les médias, c'est ça que je voulais savoir. C'est ça,
- Speaker #2
médias, mode, voilà. Et donc, non, du coup, ça, ça n'a pas fonctionné le piano. Après, en Angleterre, j'ai voulu essayer la guitare. Je me suis arrêtée à Wonderwall. voilà 4 accords c'est bien Wonderwall ceci je ne pourrais pas le rejouer à l'heure actuelle après être en Angleterre et apprendre Wonderwall c'est quand même un beau moment j'imagine de fou et c'était cool d'essayer mais on ne peut pas dire que j'ai une facilité à apprendre des instruments après je me suis arrêtée assez vite aussi euh... Moi, mon parcours, c'est un peu des coups de chance, d'essayer des choses, de réessayer d'autres choses. Je suis partie en Angleterre parce que j'étais mauvaise en cours. Ça m'a permis de pouvoir passer mon bac.
- Speaker #1
Dis-moi, tu es partie à quel âge ? 14 ans. Ah oui, vachement tôt.
- Speaker #2
Du coup, je n'aurais pas eu le brevet, donc je me suis barrée avant.
- Speaker #1
Ah oui, mais tu es partie seule ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Ah oui, donc sacrée expérience quand même.
- Speaker #2
C'était ouf, c'était trop bien. Du coup, je suis arrivée là-bas, je ne parlais pas anglais, donc j'ai appris l'anglais. J'ai fait mes études qui sont super là-bas parce qu'en fait, tu choisis tes sujets. Donc, il y a moins de sujets. Donc, j'ai pu faire théâtre. Théâtre et business, c'était un peu mes deux.
- Speaker #1
D'ailleurs, comme on parle de différence culturelle entre la France et les pays anglo-saxons, on fait un gros sac pays anglo-saxons. Toi, c'est quoi ton regard sur l'éducation en France par rapport à l'éducation que tu as eue, toi, très jeune ? Parce que je pense qu'il n'y a pas énormément de gens qui ont parcours d'être parti à 14 ans dans un pays, donc c'est certes l'Angleterre, qui faisait encore partie de l'Europe à ce moment-là. Qu'est-ce qui a changé pour toi dans ton éducation ?
- Speaker #2
En fait, déjà, la manière de voir les choses. Parce qu'en France, moi, j'avais des mauvaises notes. Et ce n'est même pas mes parents qui me mettaient la pression. C'était les profs qui étaient hyper désagréables. Genre, mes relevés de notes, il y avait marqué « ne peut pas tomber plus bas que terre » . Des choses assez désagréables quand tu as 12 ans.
- Speaker #1
C'est un peu la même, je crois.
- Speaker #2
Et donc, avec mon père, je me souviens qu'on est allé dans une sorte de conférence où il y avait plein d'écoles anglaises. Donc, désolé,
- Speaker #1
pareil, si ce n'est pas indiscret, il bosse aussi dans les industries culturelles et créatives ou les médias ou la mode ?
- Speaker #2
Non, mon père, il est plus business. Il bossait dans l'informatique. Après, il s'occupait de la société de ma mère.
- Speaker #1
D'entrepreneur, en fait ?
- Speaker #2
Entrepreneur, business, administration, ce genre de choses.
- Speaker #1
Donc, lui, il te soutient à ce moment-là, dans ta démarche ? À deux sous. Mon père,
- Speaker #2
il a été génial à ce moment-là. Il m'a dit, du coup, tu ne veux pas aller en cours, ça ne marche pas. Qu'est-ce que tu veux faire ? Et en fait, rien que la question, ça m'a fait réfléchir. OK, qu'est-ce que je veux faire ? Et j'ai dit, j'ai envie d'apprendre l'anglais, d'essayer autre chose. Parce que ce n'est pas que j'étais mauvaise élève, parce que je ne voulais pas, je ne comprenais pas. Et du coup, on est allé à cette conférence sur les écoles anglaises. Et le mec, il lit mes résultats scolaires. Il dit, ah oui, c'est quand même assez méchant. Et en fait, en Angleterre, la manière de voir les choses, et en tout cas le système anglo-saxon, c'est... elle peut faire que mieux, forcément, avec des sales notes comme ça, mais c'est la manière de voir les choses. Et donc le système anglo-saxon est plus dans l'aide, dans, je sais pas, ce qui est différent, c'est que tu peux choisir tes sujets, donc déjà tu peux choisir ce qui te passionne un peu plus. Il y a beaucoup de choses extrascolaires, donc musique, sport, art, et comme dans mon école, c'était beaucoup de gens qui s'étaient fait virer d'autres écoles, Le directeur, il essayait de gérer ça comme il pouvait. Donc, il nous expliquait qu'on n'aurait jamais des bonnes notes de fou. Mais on peut faire plein d'autres choses, des stages, voyager, apprendre des choses utiles dans la vie tous les jours.
- Speaker #1
Ok. C'est dingue. Moi, j'ai conscience que ces différences-là, on les vit quand on est adulte. Mais je n'ai pas souvent eu l'impression ou la preuve, en tout cas, qu'on les vivait aussi quand on était enfant. Mais c'est vrai que je trouve, sans vouloir dénigrer du tout la France, parce que chez Impala, on n'essaie de ne pas faire ni du French bashing ni autre. Mais c'est vrai que je me rends compte que l'état d'esprit français, qu'il soit dans l'éducation ou autre, il est quand même vachement culpabilisant. Et quand je disais, je te regardais quand j'ai dit ça, mais j'ai eu un peu la même, moi c'était rêveur dans la lune et je pense que des américains auraient dit « Ah chouette, il est créatif ! » Et les français ont dit à mes parents et à ma mère « Ah ouais, il est trop dans la lune, il est trop dans ses pensées. » Et je vais vous donner une petite anecdote d'ailleurs qui est assez marrante. Quand j'étais à Los Angeles en octobre dernier, on a initié un projet avec une grosse plateforme. Nous, on était un peu débutants sur la partie développement et technique, donc on était un peu balbutiants sur la capacité à livrer au niveau technique et à faire ce qu'on appelle des API, donc des liens entre deux plateformes. Et je me rappelle, on a donc livré un premier produit et les Américains nous ont dit « Ah, trop bien, vous êtes trop forts, on y est presque, continuez, on vous soutient » . On est rentrés en France, on a commencé à collaborer avec une autre DSP, donc plateforme de streaming musical, on a fait exactement la même chose. Et on a reçu un mail hyper culpabilisant qui disait « Vous êtes à zéro, nous on est obligés de bosser avec vous qui êtes à zéro, on n'y arrivera jamais. » Et je me suis dit en fait la différence de culture et de, on va appeler ça un mood, tu vois, ou un mindset, elle est hallucinante. Quand tu passes de l'un à l'autre, tu te rends compte que c'est pas du tout la même façon de...
- Speaker #2
Oui, ils voient les choses comme tout est possible.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Ou moi j'aime bien cette phrase de « It's easy, let's do it » . C'est vraiment le truc. Et en France, c'est compliqué quoi.
- Speaker #2
C'est à peu près ça. Et du coup, grâce à cette école, j'ai eu mon bac, ce que je n'aurais pas fait en France. Et j'ai étudié événementiel à Londres, parce que je ne savais pas exactement ce que je voulais étudier encore. Et je voulais aller aux Etats-Unis, mais à l'époque, franchement, j'ai eu mon bac, mais je n'avais pas le niveau de faire les SATs. Et donc, je suis partie en Angleterre, j'ai fait la fête pendant un an, plus de mes études.
- Speaker #1
Là, t'as quel âge ?
- Speaker #2
J'ai 18 ans.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
J'habite avec deux potes dans un appart et on sort tous les soirs.
- Speaker #1
Ah ouais, c'était il y a quoi, il y a 15 ans ?
- Speaker #2
Je sais pas.
- Speaker #1
Non, ce que je veux dire c'est qu'on sait tous que ça a beaucoup changé depuis le Covid. Et je pense que c'est des époques comme dans d'autres pays où ça devait être incroyable aussi. Enfin le Londres... Maintenant, on ne ressemble pas au Londres des années 2000 et quelques, tu vois, genre même 2010, 2015.
- Speaker #2
Alors, je ne peux pas dire, je ne suis pas retournée depuis longtemps. Mais en tout cas, oui, à l'époque, c'était super. Il y avait des soirées tous les soirs, le dimanche, le lundi, le mardi.
- Speaker #1
Il y a 14 ans, quand tu pars en Angleterre, tu es persuadée dans ta tête que tu veux partir. Pour toi, il n'y a pas d'alternative ?
- Speaker #2
Non, j'avais vraiment envie de voyager, de faire autre chose, de découvrir des choses. Et voilà. Et en fait... Je ne sais pas pourquoi j'avais cette envie particulière de partir, mais de voyager.
- Speaker #1
Tu penses que cette expérience de tes 14 à 18 ans, elle infuse encore dans ta vie professionnelle ? Est-ce que tu penses que tu en as encore les relents dans le sens positif ? C'est-à-dire que ta personnalité dans le business, elle est aussi liée à ça ? 100%.
- Speaker #2
En France, j'allais à l'encontre de ce qui marchait. Moi, je n'ai jamais réussi à... à rentrer dans le moule en fait. Donc en fait là-bas, ils te laissent être qui tu es et c'est un peu plus libre de te découvrir et d'essayer des choses.
- Speaker #1
Ouais, c'est plus libre.
- Speaker #2
Par exemple, j'ai été acceptée à l'université pour faire l'événementiel et même c'est surtout après qu'on voit que tout est possible entre guillemets. Quand je me suis fait accepter aux Etats-Unis, en fait j'ai appliqué en juin alors que les admissions ferment en avril aux Etats-Unis.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
Et j'ai appliqué, je ne sais pas, à 5-6 écoles en me disant, je verrai bien qui m'accepte. Ce que j'ai pu le faire après mes 1 an d'études, parce que tu n'as plus besoin de faire l'ACETIS, parce que tu es un transfert.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #2
Voilà, comme ça pour le petit type, pour les gens qui veulent partir plus tard. Et du coup, j'ai appliqué des programmes divers et variés, communication, management, business. Et j'ai vu ce programme de musique business à Syracuse et je me suis dit, on va essayer. J'ai appelé pour demander qu'est-ce qu'il fallait mettre dans l'application, etc. pour comprendre un peu mieux. Et la fille m'a littéralement dit, vous ne serez pas accepté avec les notes que vous avez. Je me suis dit, bon, allez, j'essaye quand même, on verra bien. Au pire, il ne m'accepte pas, mais au moins j'essaye. Et du coup, j'ai envoyé mon application et j'ai été accepté. Et c'est un programme qui ne prend pas 25 personnes par année. Et en fait, c'est juste grâce à ce que j'ai fait en Angleterre avant. C'est-à-dire, comme je n'avais pas des notes exceptionnelles, j'ai fait plein de stages du sport, de l'humanitaire. Et les Américains, ils adorent ça. Ils ne se basent pas que sur les notes. Et donc, en fait, ils étaient très ouverts à un profil un peu différent que juste des bonnes notes. Donc, les expériences permettent aussi d'essayer des choses totalement différentes.
- Speaker #1
C'est marrant ce que tu racontes sur Londres, parce que je ne sais plus à quel âge j'ai quand j'ai cette prof de français qui est ultra stricte. Donc en fait, moi j'ai eu une aversion pour Londres pendant des années parce qu'elle nous montrait que Londres c'était uniquement le roi, la monarchie. Et en fait elle nous montrait aussi, tu sais tous les Big Ben et tout, mais le côté Londres très strict, très ancien. Donc moi ça ne m'attirait pas du tout, je n'avais pas conscience que Londres c'était aussi les Beatles et tout ce qu'il y a autour. Et je me rappelle une fois, elle m'a dit cette phrase, elle m'a dit, je vous apprends ce pan là de Londres, je ne veux pas vous montrer l'autre parce qu'il y a des endroits où ils sont...
- Speaker #2
pour moi trop à l'arrache si ça marche pas et elle me dit par exemple ce qui ne va pas à Londres c'est que tu peux avoir des cheveux longs et des tatouages et être avocat et ça ça va pas du tout et moi à ce moment là j'ai fait ouais vas-y go je veux y aller moi ça me va oui Londres c'est génial pour ça enfin en tout cas ça l'était je sais pas si ça l'est encore mais ce mix de gens et de enfin il y a tout genre chacun s'habille comme il veut dans des styles plus ou moins extravagants et tout le monde se mélange sans jugement C'est assez dingue pour ça Londres.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Et donc 14 ans, 18 ans Londres et après Etats-Unis.
- Speaker #2
C'est ça. Donc j'étais à Syracuse, New York.
- Speaker #1
Ok. Ça c'est quoi ? C'est une sorte d'université ?
- Speaker #2
C'est une université au milieu de nulle part, entre Boston, le Canada et New York.
- Speaker #1
Ok. Donc c'est même pas dans New York ?
- Speaker #2
Non, c'est un campus au milieu de la campagne de 20 000 étudiants. Donc un peu le rêve pour un expat qui se dit... Je vais aller dans les films américains, l'équivalent. Et j'ai fait trois ans là-bas. Sur les trois ans, j'ai retourné un semestre à Londres et j'ai fait un semestre à Los Angeles.
- Speaker #1
OK. Trois ans en tout aux Etats-Unis ?
- Speaker #2
Trois ans, en plus sur des études de ouf. J'avais des cours d'histoire du rock, technique son, marketing, business. Vraiment un peu tout. En fait, c'est un cursus business, mais orienté... Au lieu d'apprendre le business en général, on apprend le business pour la musique.
- Speaker #1
Ok. Et donc, tu arrives aux Etats-Unis à 18. Et Los Angeles, quel âge ?
- Speaker #2
19 aux Etats-Unis.
- Speaker #1
19.
- Speaker #2
Et Los Angeles, trois ans plus tard.
- Speaker #1
21,
- Speaker #2
22 ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. OK. Et quand tu passes de l'Angleterre aux États-Unis, c'est quoi tout de suite le premier truc que tu te prends en pleine face dans la différence ? Est-ce que c'est très différent ou est-ce que ce n'est finalement pas très différent ?
- Speaker #2
Déjà, nous, c'était vraiment un campus universitaire. C'est particulier quand même parce que ce ne sont que des jeunes qui habitent ensemble. Adios. Ce qui m'a marqué le plus, c'est le manque de maturité des étudiants parce qu'ils n'ont jamais rien vu de leur vie. Ils arrivent à l'université et eux, c'est leur moment où ils deviennent libres de faire la fête, de découvrir l'alcool. Ils n'ont jamais bu plus d'alcool avant. Donc, c'est un peu la fête un peu trop, un peu malsain. Très différent alors que moi, j'avais déjà fait la fête depuis longtemps.
- Speaker #1
Ils viennent d'où ? Ils viennent de partout dans le monde ?
- Speaker #2
Partout des Etats-Unis Donc il y a des gens qui viennent Fin fond de la campagne Qui n'ont jamais vu une grande ville Qui n'ont jamais voyagé Il y en a d'autres aussi, il y avait beaucoup d'expats Il y avait des Saoudiens, il y avait des Chinois Il y avait des Français Il y avait des Espagnols, il y avait vraiment toutes les nationalités Mais oui ce côté un peu Ils découvrent le monde C'est assez fascinant Ce qui changeait aussi c'était les sororités, fraternités Ce genre de club d'heures. où c'était particulier.
- Speaker #1
C'est un peu ésotérique même. Moi, j'ai vu UCLA à Los Angeles. Et tu vois, les sororités, les fraternités, c'est très étrange quand tu ne connais pas avec tes Français.
- Speaker #2
La culture est très particulière. Moi, j'ai une copine qui m'a dit « Viens, on va juste voir la session d'information. » Et en fait, tu dois payer pour qu'on te donne des règles de ce que tu n'as pas le droit de faire pour te faire des potes, en gros. C'est un peu comme ça. que moi j'ai vu le truc. Eux, ils disent, c'est pour quand tu graduate, après tu connais du monde, tu te fais un réseau, etc. Mais moi, le principe de payer pour qu'on me dise t'as pas le droit de faire ça, t'as pas le droit de faire ça, et en vrai, c'est assez sexiste aussi. Enfin, autant les fraternités, ils peuvent faire la fête, c'est dans tous les sens. Autant les filles, elles sont dans une maison avec quelqu'un qui les surveille et elles n'ont pas le droit de faire la fête, elles doivent être invitées chez les mecs. Plein de règles comme ça que je trouvais assez perturbants. Donc moi, j'ai Merci. Pas rejoint, mais c'est un concept. C'est autre chose.
- Speaker #1
C'est d'être déstabilisant.
- Speaker #2
Oui, et aussi, l'anglais est différent. Donc, je suis arrivée, je me suis dit, il y a plein de mots que je ne connais pas, ou que j'ai dû réapprendre. Mais la culture américaine est quand même différente, parce que l'Angleterre, c'est européen, quand même, de base. Donc, plus proche de ce qu'on connaît.
- Speaker #1
C'est vrai qu'en France, étrangement ou pas, mais on apprend surtout un anglais anglais, en fait. On n'apprend pas un anglais américain.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Moi, j'ai appris des mots genre flat ou lift. Et je suis arrivée aux États-Unis, c'était là, c'est quoi un flat ? C'est flat, quoi. Enfin, c'est plat. Non, non, un flat, c'est un appartement en anglais. Ouais, pareil,
- Speaker #1
j'ai toujours dit flat.
- Speaker #2
Ou pavement.
- Speaker #1
Ou cherry on top. Et eux, ils disent cherry on the cake. Tu vois, c'est des petites expressions, mais différentes.
- Speaker #2
Oui, ou genre je cherche l'elevator à la place de lift. Enfin, tu as des choses, voilà. Donc, j'aurais appris un peu mon anglais aussi. Mais la culture américaine... C'est différent, ils sont hyper avenants, hyper sympas, comme les anglo-saxons en général, mais d'autant plus. Ils sont à fond.
- Speaker #1
Et justement, Los Angeles, est-ce que c'est cherry on top ? Comme on dit, c'est le summum de ce que tu vis là depuis des années ou c'est juste une autre parenthèse ?
- Speaker #2
C'était une expérience, mais c'est juste d'habiter. Ça fait quand même rêver Los Angeles, entre les studios. Les studios même de ciné, les recording studios, les artistes, les gens que tu croises. Le fait qu'il fasse beau, qu'il y ait la montagne au milieu de la ville. C'était une expérience de dingue. Après, c'est quand même très compliqué parce que tout le monde y va pour réussir. Donc, les gens se marchent un peu dessus. C'est assez compétitif. Donc, c'est la ville où tout est possible, mais aussi qui peut détruire un peu tout le monde. C'est un mélange des deux.
- Speaker #1
J'en ai vu des Français qui sont arrivés, au bout de deux ans, ils avaient vraiment tout perdu. Et on raconte ça comme un peu une légende. Mais en fait, quand tu le vois, tu te dis comment ce mec-là, qui est parti avec beaucoup d'argent, de compétences, en trois ans, il peut se retrouver dans cet état, mais même presque... Tu vois, même que des fois, physiquement, les gens, ils ont changé physiquement. Moi, j'ai vu des mecs, en trois ans, ils étaient devenus voûtés, tu vois, un peu comme ça, et ça t'écrase un petit peu. Mais tu dirais que c'est beaucoup plus compétitif que Londres ou que l'Angleterre ?
- Speaker #2
Oui, totalement. Vraiment, c'est là-bas, chacun vient réaliser son rêve, que ce soit pour être acteur, musicien, bosser dans l'industrie de la musique, du ciné. C'est en fait écraser l'autre pour réussir. On pourrait croire parce que les Américains, ils sont vachement dans l'entraide et tout ça, mais c'est assez limite. C'est dans l'entraide jusqu'à ce que ça ne leur serve pas.
- Speaker #1
Ouais, c'est un peu ça. Et là, toi, c'est quoi ton goal, ton objectif ultime quand tu es à Los Angeles ?
- Speaker #2
de profiter ok c'est vraiment pour découvrir pour essayer de découvrir de nouvelles choses j'ai pris des cours de théâtre enfin je bossais dans la salle de concert j'allais faire des hikes tous les jours plein de sports de profiter parce que je savais que ça allait pas être éternel vu que moi je voulais bosser à mon compte et que pour rester là-bas il faut un visa je savais que j'allais rentrer au bout d'un an voire deux et du coup profiter ok cool Merci.
- Speaker #1
Et après Los Angeles, tu rentres à Paris ?
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #1
Ok. Voilà, c'était la première partie de cette rencontre avec Mila et Louis de l'agence Himalaya. Dans la seconde partie, on parlera plutôt du retour à Paris de Mila, de sa rencontre avec Louis et de comment il travaille dans le luxe. J'espère que cet épisode vous a plu. A très vite.