Speaker #0car il donne la possibilité à d'autres gens de s'exprimer sur ce et ces sujets qui me sont chers, qui sont les différences dans l'industrie de la musique entre Paris et Los Angeles. Vous verrez qu'on va en fait parler de plein d'autres territoires. Et puis c'est quelqu'un que j'aime beaucoup, avec qui je collabore par ailleurs depuis trois ans. Et donc je suis très heureux de lui donner la parole et de parler de plein de sujets avec lui. Dans cet épisode, qui va être assez court, on va parler de différences entre Paris et Los Angeles. J'ai écrit un article il y a quelques jours sur ces différences. Je l'ai écrit pendant que j'étais aux Etats-Unis. C'était en plein milieu de mon séjour à Los Angeles de octobre-novembre dernier, donc octobre-novembre 2025. Et un matin, je me suis posé au café, un café que j'aime bien d'ailleurs, qui s'appelle le Zinqué. à Los Angeles. D'ailleurs, je me suis noté qu'il faut que je fasse un petit guide des bonnes adresses à Los Angeles. Et donc j'ai écrit cet article assez rapidement, mais bon, c'est un sujet de toute façon qui me plaît et me passionne depuis longtemps. Et je réfléchis beaucoup à ce sujet-là, donc de toute façon j'ai beaucoup de choses en tête. Donc cet article parle de différences entre Paris et Los Angeles. Il s'appelle « Paris et Los Angeles, deux galaxies différentes du secteur de la musique » . Il est sorti le 1er novembre 2025 sur mon Substack et je vous mettrai d'ailleurs une nouvelle fois le lien de mon Substack en commentaire. Il faut savoir qu'en fait en ce moment le Substack, qui est la plateforme sur laquelle j'écris mes articles, c'est un peu devenu la colonne vertébrale de ce podcast. Donc en général j'essaie toujours d'écrire des articles sur le Substack et je m'y réfère assez souvent quand je fais des épisodes de podcast. Vous verrez qu'il y a aussi des articles sur le Substack qui sont complètement décorrélés d'épisodes de podcast, tout comme il y a des épisodes de podcast qui sont totalement décorrélés des articles Substack. Donc, on va rentrer dans le vif du sujet. Qu'est-ce que j'ai tenté de faire dans cet article et qu'est-ce que je vais tenter de faire dans cet épisode de podcast ? Je vais tenter d'aller au fond des choses et de comprendre fondamentalement quelles sont les différences. qu'on a entre la France et les États-Unis, entre Paris et Los Angeles. C'est, je le répète une nouvelle fois, la colonne vertébrale et le fil rouge de ce podcast. Et moi, ce que j'ai envie de faire, ce n'est pas juste d'évoquer des différences factuelles, mais c'est aussi d'aller au fond des choses, parce qu'en fait, je crois et je pense profondément qu'un business et une activité et une carrière qui se développent sur les deux continents, que vous décidiez d'habiter d'un côté ou de l'autre de l'océan, et que vous décidiez ou pas de vous installer dans une autre ville ou dans un autre pays, je pense vraiment que la réussite à long terme, elle passe par la compréhension de ces différences culturelles et une capacité et une agilité à maintenir sa singularité en tant que français, par exemple pour parler des français qui vont s'installer aux Etats-Unis, et en même temps comprendre profondément comment les Américains fonctionnent pour pouvoir travailler avec eux sereinement. Et cette différence-là, elle doit s'apprécier profondément parce que je pense, et là je fais appel à une expérience qui est très personnelle, c'est ce que je dis d'ailleurs dans le chapeau de l'article, mais je pense que autant vous pouvez assez facilement aller dans des pays anglo-saxons et vous y épanouir ou en tout cas obtenir des rendez-vous et commencer à faire vos premiers deals, ça c'est pas quelque chose qui m'apparaît comme extrêmement compliqué. Néanmoins... Si vous voulez inscrire ce développement de carrière dans le temps et réussir à vous installer et à vous développer à long terme, je pense que ça ne peut passer que par la compréhension profonde de ces différences. Il y a d'autres choses qui nous aident à nous installer, moi tout particulièrement le fait de passer pas mal de temps là-bas. Je me suis rendu compte aussi qu'il fallait que je mette en place une certaine structure, une certaine discipline. pour pouvoir passer l'épreuve du temps et pour pouvoir réussir à faire les allers-retours et réussir à maintenir et développer une activité à long terme. Donc là, l'article s'articule autour de cinq... Vous verrez d'ailleurs que j'adore les listes et j'adore faire des articles et évoquer des sujets en partant de listes et de différents points. Donc là, on a cinq points dans cet article et on va les analyser les uns après les autres. Le premier point dit « Les Américains ne sont pas des constructeurs, ce sont des négociateurs » . Plusieurs fois, j'ai des amis... qui sont eux-mêmes des gens qui ont expérimenté le fait de s'expatrier. J'ai un ami notamment qui vit à Los Angeles depuis pas mal d'années. J'ai aussi eu des associés qui avaient vécu et développé leurs activités dans des pays anglo-saxons. Je pense qu'on dit tout et rien et plein de choses sur nos différences culturelles. Une des choses qui m'a toujours marqué et que j'ai toujours gardé en tête, c'est en anglais. les amis enfin en anglais en tout cas pour être utilisés aussi des mots anglais même les français c'est des bulls d'heures et les américains c'est des deals makers et ça c'est fondamental de le comprendre parce que je pense que pour ma part j'ai fait beaucoup d'erreurs et j'ai saboté pas mal de relations et de deal parce que justement je n'avais pas compris ces différences fondamentales j'ai voulu aller trop vite et j'ai pas réussi à respecter cette différence de code qui fait que si on ne comprend pas ça pour moi, on ne peut pas construire et explorer et développer des industries et des business avec les Américains. Je vais expliquer un petit peu plus ce que ça implique. Ça fait un peu plus de 15 ans maintenant que je développe mes activités dans la musique en France. Il y a une chose que j'ai remarquée, à mon avis c'est immuable et ça peut être adapté à un peu près tous les milieux français et tout ce qui s'y passe en tout cas dans la musique, c'est que, en fait... Les Français, je trouve qu'on a une capacité à toujours entrevoir une relation longue. C'est-à-dire qu'en fait, souvent, moi je vois quand les Français se rencontrent, que ce soit moi qui rencontre des partenaires ou quand on me relate des rencontres, des rendez-vous, des cafés. Ce que je comprends, c'est qu'en France, il y a une longue période de mise en place où on essaie de comprendre fondamentalement et en profondeur comment on fonctionne, comment l'autre fonctionne. Et je pense que l'idée et le projet derrière ça, c'est de réussir à construire une relation à... plutôt moyen terme, voire très long terme. C'est ça qui peut être d'ailleurs assez frustrant chez les Américains. C'est ça aussi que relatent les Français qui sont partis vivre ou s'installer aux États-Unis et qui ont un peu plus de recul. Souvent, ce qu'ils remarquent, c'est en tout cas souvent le point de frustration, c'est qu'ils se rendent compte qu'aux États-Unis, tout va très vite et en France, les choses prennent du temps. Je ne crois pas qu'on puisse dire qu'une méthode est mieux que l'autre. Comme d'habitude, je pense que rien n'est parfait. Et les différences sont ce qu'elles sont, mais existent pour une raison. Mais en tout cas, moi, je crois qu'il faut comprendre fondamentalement qu'en France, on va toujours entrevoir la relation longue. On va toujours essayer de comprendre ce qu'on peut faire à long terme. Et à la limite, souvent en France, le premier deal, il est un peu, en quelque sorte, la promesse d'une relation pérenne, future, qui va permettre de construire d'autres choses. Donc on met du temps à se comprendre, on met du temps à essayer de faire cohabiter deux visions. Et d'ailleurs, ce qui est très étrange, en tout cas ce qui peut paraître très étrange pour des américains, c'est que souvent, quand la vision à long terme ne coïncide pas, le deal à court terme ne va souvent pas se faire. Parce que ce deal à court terme va se faire avec une personne qui a plutôt compris nos velléités et nos espoirs sur le long terme. Par contre, dès qu'il y a un alignement des valeurs, des premières pierres qui sont posées sur une construction à long terme, là, il peut y avoir éventuellement un premier deal et les gens vont faire appel à vous de manière fidèle et vous allez construire. Les États-Unis, ça n'a rien à voir. En général, eux, ils ne veulent pas entendre parler de long terme. En tout cas, moi, dans les milieux que j'explore à Los Angeles, ce n'est pas une donnée qui est importante. Après, il faut savoir aussi que les Américains et les Anglo-Saxons, ils ont peut-être plus une capacité à vivre au jour le jour plutôt que nous, les Français, de se projeter. Mais ce que je veux dire, c'est que les Américains, ils vont entrevoir un premier deal. Ils ont cette fameuse phrase qui dit « It's easy, let's do it » , dans le sens « Tu corresponds à ce que j'attends » . Tu as quelque chose à m'apporter ou à m'offrir. J'ai quelque chose à t'apporter ou à t'offrir. En tout cas, il y a quelque chose qu'on peut faire ensemble. Faisons-le et on verra plus tard. Et en fait, ce qu'il faut comprendre au-delà de ça, c'est que de ce que j'expérimente, pour les Américains, la relation à long terme, elle s'inscrit en fait dans une succession de deals. Donc ce qu'eux disent, c'est pas on entrevoit une relation à long terme et on fait notre premier deal. C'est faisons un premier deal. Faisons un deuxième deal, faisons éventuellement un troisième deal, et là, naturellement, on aura une relation qui s'inscrira dans le long terme. Ça ne veut pas dire qu'on va encore travailler 20 ans ensemble, ça veut juste dire qu'a priori, s'il n'y a pas de friction... Si t'es compétitif, si on a un intérêt à travailler ensemble, on va enchaîner les deals et c'est ça qui va faire une relation à long terme. Bien sûr, cette relation à long terme, elle est agréable parce qu'au final, on commence à se connaître, on sait comment travailler ensemble sur plein d'aspects, qu'ils soient purement administratifs et légaux. On connaît nos structures, on sait comment se facturer, on a l'habitude des flux financiers. Donc ça, ça va simplifier, mais gardez en tête qu'avec les Américains, rien n'est jamais gagné. C'est-à-dire que vous pouvez faire un deal, deux deals, trois deals et c'est pas pour ça que vous allez faire... une vingtaine de deals et surtout avoir trois ans, quatre ans, cinq ans devant vous. Alors pour le coup, je crois que les Françaises ont plus de fidélité de ce côté-là. Donc ça, c'est quelque chose qu'il faut vraiment comprendre et garder en tête. Les Américains, je trouve qu'ils sont beaucoup plus dans cette phrase et dans ce concept, qui est un concept et une phrase que j'adore, et qui dit « l'action amène l'information » et pas l'inverse. Donc les Français ont plutôt cette capacité à se dire, en grangeant un maximum d'informations ça nous mènera à l'action. Les Américains se disent plutôt faisons un maximum d'action, ça amènera de l'information qui nous dira si tout simplement on décide de travailler ensemble. Le point numéro 2, je l'ai appelé alors il faut savoir que l'article je l'ai écrit en anglais et je l'ai traduit en français pour que ce soit plus simple pour moi de faire le lien en français et de ne pas faire des allers-retours entre l'anglais et le français. Mais l'article 2 s'appelle Ils sont amicaux mais... Ça c'est quelque chose aussi qui est très très dur pour moi à comprendre. Quand les Français explorent les Etats-Unis, j'entends souvent dire les Américains ils sont faux-culs ou ils sont superficiels. En réalité, je peux vous assurer que pour moi ils ne sont pas du tout superficiels. Ils ont juste un autre moyen de penser les relations amicales, ce qu'ils appellent être friendly. Mais en fait ce que disent les Américains fondamentalement, c'est quitte à se parler, quitte à se rencontrer, quitte à éventuellement faire des choses ensemble, autant être amical à un maximum. Et puis, ça ne veut pas dire que je suis ton meilleur pote. Ça ne veut pas dire que parce qu'on bosse ensemble, je vais t'inviter à la bar mitzvah de mon fils ou au mariage de ma sœur. Simplement, il décide à l'instant T que le fait d'être amical, ça va simplifier et embellir les relations. Personnellement, je suis plutôt d'accord. Je trouve que quand on a des relations avec les Américains, c'est plutôt agréable. Et surtout, j'ai appris à ne pas me leurrer. C'est-à-dire à profiter pleinement et embrasser pleinement, comme on dit, leur friendliness, tout en sachant que ce n'est pas pour ça que le lendemain, ils vont me rappeler, ce n'est pas pour ça qu'ils vont venir si je les invite à mon anniversaire. Et voilà, mais ce n'est pas du tout pour moi de la superficialité ou une quelconque tentative de manipulation. Je crois d'ailleurs que les Américains, ils sont très honnêtes pour la plupart. Alors bien sûr, encore une fois, il ne faut pas faire des généralités de gens ou de personnes. Ce sont des gens qui sont plutôt honnêtes, je crois, parce qu'en fait, ils ont tout intérêt à l'être pour le bon déroulement de leurs opérations de business. Mais voilà, ils ont juste choisi d'être amicaux. Donc, vous le vivez quand vous allez principalement à Los Angeles. Peut-être que New York et la côte est, elle est un petit peu différente. En tout cas, New York, c'est peut-être un tout petit peu plus froid dans les rapports. Mais Los Angeles, vous allez à l'hôtel, vous avez des « It's amazing, you're amazing, I love your outfit » . Moi j'ai senti, ça me rappelle une anecdote que j'ai eu cette année là, quand j'étais à Los Angeles. J'ai eu deux personnes, coup sur coup, qui m'ont dit « I love your smell » . Et j'étais un peu décontencé de me dire « mais c'est quoi ? Qu'est-ce qu'il veut ? » Et en fait voilà, les américains peuvent vous dire tout simplement « j'aime la façon dont tu sens, j'aime ton odeur, j'aime ton parfum, j'aime ton pantalon, j'aime ta casquette, j'aime ton... comment tu t'habilles, ton attitude » . Et pour eux c'est assez naturel. Il faut un peu avoir une certaine agilité par rapport à ça. Et si j'ai un conseil aussi à donner, c'est travaillez-vous aussi votre capacité à faire des compliments. Déjà parce que là-bas, vous allez vous rendre compte que vous allez assez vite vous sentir comme un poisson dans l'eau si vous avez cette capacité à développer vos compliments. Et en plus, moi je trouve que ça reste quand même une arme de guerre en France. Parce que moi j'ai remarqué que quand j'adapte, moi je suis plutôt quelqu'un d'introverti, de timide malgré tout. Et quand j'adapte cette capacité à faire des compliments aux gens, c'est aussi une façon de créer du lien avec les gens. Je trouve que ça embellit vraiment la relation. En France, ça vous aide plutôt à tisser des bons liens honnêtes, solides avec les gens. Je trouve qu'en France, peut-être que si on a un truc à ramener à la maison de chez eux, c'est aussi ça, c'est cette capacité à faire des compliments, développer la convivialité et cette capacité à être... amical tout simplement. Le point numéro 3 il fait plutôt écho au point numéro 2 et moi je l'ai appelé il regarde par dessus votre épaule Donc dans le lot de tout ce qu'on m'a dit quand j'ai commencé à faire les allers-retours, et ce que j'ai pris de bon, et ce que j'ai plutôt laissé de côté en me disant que pour l'instant, ce n'était pas des choses auxquelles j'adhérais. Il y a donc cette fameuse phrase, les Américains sont des dealmakers, pas des builders comme les Français. Et il y a aussi cette phrase qu'on m'a dit plusieurs fois qui est, ils regardent par-dessus votre épaule. Je vais vous expliquer en deux mots le concept et je pense que vous allez le comprendre assez facilement. Plein de fois, on m'a dit, tu verras, les Américains, parfois, quand tu fais un rendez-vous avec eux, ils vont regarder par-dessus ton épaule pour voir si derrière toi, il n'y a pas quelque chose de plus intéressant. En fait, cette phrase, elle dit beaucoup de choses, mais elle est assez difficile aussi à appréhender dans toute sa complexité, parce qu'encore une fois, on pourrait tenter de les mettre dans une case de superficialité, et d'un côté un peu arriviste ou opportuniste, alors que je crois que ce n'est pas vraiment ça, en fait. Les Américains, il faut savoir que pour eux, money is king et la compétition prévaut sur tout le reste. Ça veut dire que quand vous avez une entreprise, eux, ils sont plutôt décomplexés à l'idée que votre entreprise se bat avec d'autres et que la compétition est reine et que le meilleur gagne. Ça ne veut pas dire qu'ils ne vont pas travailler avec vous parce que vous êtes sympa. À deux profils équivalents, souvent, ils vont choisir aussi celui avec lequel ils ont passé des bons moments et avec qui, tout simplement, ils savent qu'ils peuvent prendre un café. et que ça sera toujours un moment agréable. Néanmoins, ils ont beaucoup plus que les Français cette capacité à toujours vous mettre en compétition avec les autres, à choisir la personne qui est la meilleure et surtout à mettre beaucoup moins d'émotions dans le business et presque à ne pas comprendre si vous vous faites un drame parce qu'à un moment, ils vous en laissaient sur le bord de la route pour choisir quelqu'un d'autre. Et ça, encore une fois, il faut le comprendre. Après, chacun est libre d'apprécier notre propre capacité, nous les Français, à mettre de l'émotion et de l'affect dans nos business. Certains trouvent que c'est bien de mettre de l'émotion, surtout dans l'industrie de la musique. D'autres préfèrent en mettre moins. Moi, c'est vrai qu'à ce moment-là de ma carrière, je préfère maintenant ne pas mettre trop d'émotion et d'affect dans le business, l'aborder plutôt d'une façon un peu plus froide. Ce qui ne m'empêche pas d'essayer d'être très sympa et de maintenir un certain niveau d'éthique dans mes rapports. Mais moi maintenant je préfère mettre de l'émotion, de l'affect dans ma vie personnelle et avoir une approche du business qui est plus froide. Eux c'est vraiment je pense clairement un choix qu'ils ont fait depuis longtemps. Et c'est pour ça que vous pouvez être assez vite décontenancé par cette capacité à toujours voir si quelqu'un d'autre n'est pas meilleur que vous. Ça fait clairement écho à ce que je disais précédemment, qui est cette capacité à être amical. Néanmoins, ce n'est pas parce qu'ils sont amicaux avec vous qu'ils vont faire appel à vous tout le temps et qu'ils vont s'installer dans une relation de confiance. Et aussi, et ce n'est pas quelque chose que j'ai mis dans cet article, mais je me note mentalement le fait d'en parler un peu plus tard, mais vous verrez qu'aussi une des différences fondamentales culturelles qu'on a entre les Américains et les Français, c'est qu'un Américain, à la fin du rendez-vous, Il peut vous dire c'est génial ce que tu fais, j'ai adoré le rendez-vous, j'ai adoré la rencontre. Et dans sa tête, il a déjà décidé qu'il ne bosserait pas avec vous. Pour une raison quelconque, probablement parce que votre offre n'est pas à la hauteur de ce qu'il attendait ou qu'il va tout simplement voir quelqu'un d'autre qui est meilleur que vous. Mais un américain à la fin du rendez-vous qui vous dit j'ai adoré ce moment, j'ai beaucoup apprécié le fait de te rencontrer. Et si vous lui dites ok je t'envoie les contrats et on discute, il va vous dire yes. Genre oui bien sûr, vas-y envoie, on en parle. Mais ce n'est pas pour ça que dans sa tête, il a décidé de travailler avec vous. Alors que nous, les Français, on a des fois un peu plus de capacité de réserve. On est un peu plus parfois modéré dans nos propos, un peu plus modéré, tempéré. Même si on a décidé très clairement de travailler ensemble. Donc voilà, ça c'est quelque chose à mon avis qui est un point qui est à mon avis très important. Si vous voulez mieux diriger vos suivis de rendez-vous, mieux encaisser l'échec. C'est vraiment quelque chose qui va vous aider de comprendre fondamentalement ces concepts. Point numéro 4, ce point-là va être beaucoup plus factuel, pragmatique, technique que les trois points précédents. Je l'ai appelé « pas de démo » . Ça, c'est une chose qu'on m'a dit plusieurs fois aux États-Unis. En fait, on me l'a dit tout simplement parce que les gens ont été surpris de notre façon de travailler, nous les Français. Et les gens... avec qui je travaille, enfin ces personnes-là avec qui je travaille aux Etats-Unis ont mis du temps à me le dire, tout simplement parce que pour eux c'était tellement logique que je le sache, et ce que je faisais, ou ce que je faisais moi, ou ce que les artistes avec lesquels je travaille faisaient eux naturellement, étaient tellement en décalage avec leur façon de travailler qu'ils n'ont tout simplement pas pensé à décoder ce point-là, encore une fois. En fait, on en parlera juste dans le point d'après, le point 5, mais ça va très très vite aux Etats-Unis. Les gens ne prennent pas forcément le temps de vous expliquer ce que vous faites de bien, ce que vous faites de mal. Il y a beaucoup moins de temps, je trouve, qu'en France pour analyser la situation, débriefer sur des aspects en marge de la relation et du business. Et on est là pour ça d'ailleurs, enfin je suis là pour ça chez Impala, pour avoir le temps de décoder ça. Et pas de démo. En fait, il faut savoir que de ce que j'ai découvert de l'industrie musicale aux Etats-Unis, et particulièrement en Californie, c'est que les gens ne fonctionnent pas avec des démos. Les gens n'envoient pas des démos, que ce soit des artistes à des labels ou des éditeurs, des artistes ou compositeurs ou même éditeurs à des music supervisors pour des projets de films, de publicités. Tout l'écosystème de la démo, de la maquette, qui est quelque chose qui existe en France, qui prend un peu de temps et de l'espace, aux Etats-Unis, n'existe pas. Ça veut dire qu'en gros, soit vous envoyez rien, basiquement, ou soit vous envoyez directement un produit fini, c'est-à-dire un titre qui a été correctement produit, correctement mixé, correctement masterisé, dans lequel vous avez mis tout ce que vous aviez à mettre. Et à la limite, après, les critiques et les allers-retours, ça peut être pour affiner ou adapter quelque chose, mais absolument pas pour dire, tiens, je te montre ça. Bon, pour l'instant, c'est à l'état de démo, mais faut... puissent te projeter, on le fera plus tard. Non, non, il n'y a pas de plus tard. Quand on voit de la musique, elle est finie. On peut presque l'utiliser dans la minute pour un projet, ou alors un petit peu la modifier, mais en tout cas, on n'en voit pas du tout quelque chose qui n'est pas produit, pas mixé, pas masterisé. Il n'y a pas cette culture de la démo, en fait. Si vous envoyez quelque chose, c'est censé être prêt, c'est censé être utilisable, et il n'y a pas de place, en fait, pour... Quelque chose qui appelle à la projection et en disant on verra plus tard, ça, ça n'existe pas là-bas. Le point numéro 5, et c'est le dernier point de cet épisode, il s'appelle tout va très très vite. Alors ça, aux Etats-Unis, tout va très très vite. Ça fait des années que c'est le cas, ça n'a pas changé. C'est quelque chose qui nous déstabilise à chaque fois nous les Français. À Paris, les choses prennent du temps, on fait des réunions. On fait des discussions, on fait parfois plusieurs réunions, des suivis. Un suivi appelle une autre réunion, on parle de quelque chose, on en reparle le mois prochain. Aux Etats-Unis, moi je crois que c'est pas du tout la même chose. Les décisions se prennent très très vite. Parfois elles se prennent en une semaine, parfois elles se prennent même dans la journée. Je vais vous raconter une anecdote. Il y a 3 ans, en 2023, je suis à Los Angeles, dans un quartier que j'adore qui s'appelle Koreatown. C'est un quartier coréen. Un hôtel aussi que j'adore qui s'appelle le Line Hotel, où je suis souvent, parce que c'est souvent là-bas que je rencontre notamment des Music Supervisors. Et j'avais prévu de rencontrer un Music Supervisor avec qui j'avais eu un contact précédemment par mail. J'attends le mec qui habite d'ailleurs un bloc du Line Hotel à Coral Town. Le mec très sympa arrive, me dit bonjour, se commande même pas un café d'ailleurs. C'est ça qui m'a surpris, c'est que dès le début le rythme était intense. Il est arrivé, il m'a dit bonjour, il s'est posé, il est rentré tout de suite dans la conversation, je lui ai demandé s'il voulait un café, il m'a dit non. Et on discute très rapidement, donc il y a toujours... Ce truc un peu de small talk qu'on a aussi aux Etats-Unis, mais en fait qui est, je trouve, vachement compressé par rapport à la France. Donc cinq minutes de comment tu vas, t'as pris un avion, t'as volé sur quelle compagnie. Leur small talk aussi, parfois, il est très factuel. T'as pris quel avion, t'as utilisé quelle compagnie, est-ce que ça s'est bien passé ? Et ça, c'est aussi une manière pour eux de scanner, parce que le mec va probablement prendre aussi l'avion bientôt pour aller en Europe. Et donc, il se renseigne parce qu'il a besoin d'infos très précises qui sont un peu en marge de notre discussion sur la musique, mais qui lui, l'intéresse aussi. Et donc, je me rappellerai toujours cinq minutes de chitchat. Et là, il me dit « What do you want ? » et vraiment de façon abrupte. Et nous, les Français, « What do you want ? » genre « Qu'est-ce que tu veux ? » Il y a presque un côté un peu agressif, genre « Tu veux quoi ? » Pourquoi tu m'as sollicité ? Et donc moi, un petit peu décontenancé, je lui dis, écoute, tu es music supervisor, tu as le pouvoir de mettre des titres sur un film, et moi ce que je veux, c'est avoir un de mes titres sur un film. Il me dit, ok, on en parle, et si tu as envie d'avoir un titre sur un de mes films, faisons-le. Et donc on a parlé 20-25 minutes de choses très techniques, mais qui étaient en fait un mix entre, voici mes projets en cours, quels sont tes projets en cours. de quelle manière on peut réussir à trouver une adaptation, enfin en tout cas une utilisation d'un titre de ton catalogue sur un de mes films. Et puis en fait, on s'est dit au revoir, le rendez-vous, très franchement. Ça a duré 20-25 minutes, et souvent aux Etats-Unis, les rendez-vous durent moins d'une demi-heure, ce qui est en fait assez rare pour le coup à Paris. Et on est rentrés, comme d'habitude aux Etats-Unis, et ça on en parlera dans un autre épisode, follow-up parfait, c'est-à-dire que les gens quittent des rendez-vous dans l'heure ou dans les deux heures, ils rentrent chez eux, ils vous font un mail complet avec ce qui s'est dit, et les call to action, donc les prochaines étapes. Et en fait, quelques temps plus tard, on a eu la chance d'avoir un titre... de notre catalogue qui était synchronisé sur un film sur lequel il fait la supervision. Mais en fait, cette vitesse, elle crée de l'énergie. Donc en fait, elle crée beaucoup d'énergie, tout va vite. C'est aussi pour ça qu'ils ont la capacité d'aller vite, de créer plein de projets et en fait de mener à bien plein de projets. Mais ce qu'il faut comprendre aussi, c'est que cette énergie et cette vitesse, pour moi, elle crée aussi énormément de chaos. Et je crois que si vous voulez travailler et vous développer aux États-Unis, Il faut, à mon avis, avoir une certaine résistance et une certaine résilience à ce chaos. À Paris, on a aussi du chaos, on ne va pas se mentir. Mais je crois qu'aux États-Unis, comme tout va plus vite, vous savez, c'est comme, je ne sais pas, je cherche une analogie, mais vous prenez un moteur, vous le faites tourner à une certaine vitesse, il va y avoir des bugs, il va y avoir des problèmes. Maintenant, vous prenez le même moteur qui est fait pour tourner à tant de tours minutes et vous le faites tourner dix fois plus vite. En fait, les pièces vont sauter dans tous les sens, les joints vont exploser. À Los Angeles, il y a aussi cet aspect de, comme tout va plus vite, ça crée aussi plus de chaos. Et les gens, étonnamment, ont une capacité beaucoup plus élevée à absorber le chaos. Si vous, vous arrivez, en plus en général, avec le décalage horaire, la fatigue, le fait de perdre vos repères, la langue, etc., vous pouvez aussi être fatigué, donc un peu plus sensible. Il faut vous dire aussi qu'il faut que vous ayez cette capacité. à absorber du chaos. Ce chaos, il est enrobé en quelque sorte par une espèce de couche de bonne organisation, parce que les américains sont extrêmement bien organisés, mais ne vous faites pas, ne vous leurez pas. Cette couche, elle, en quelque sorte, cadre un petit peu le chaos, mais le chaos, il est existant. Le chaos, chez eux, il est quand même extrêmement puissant. Il faut que vous puissiez réussir à absorber ce chaos, que ça ne vous déstabilise pas et que tout simplement vous puissiez développer vos projets avec une certaine agilité et une certaine efficacité. C'est marrant, je parle de chaos et on entend les sirènes au loin à Paris, des ambulances qui passent. C'est une sacrée synchronicité en tout cas. Voilà, j'ai tenté aujourd'hui un format un peu différent, un peu plus court, on est à moins de 30 minutes. J'ai voulu un format qui est facile à écouter, facile à consommer, que vous soyez, je ne sais pas, dans le métro à Paris, dans un taxi, ou alors si vous avez la chance de conduire à Los Angeles dans leurs belles rues et leurs belles avenues qui quadrillent la ville. Je pense que vous serez ravis de découvrir cet épisode qui est assez court, mais qui en fait donne pas mal de clés, pas mal d'éléments pour mieux comprendre les différences entre Paris et Los Angeles. Je vais faire prochainement un nouvel épisode et j'en ferai probablement plusieurs qui parleront justement avec des points très précis sur les différences culturelles qui nous séparent, mais j'espère aussi qu'ils peuvent nous rassembler. L'épisode prochain, on va accueillir Vincent Lagadrière qui est un compositeur et un producteur, un artiste basé à Paris, qui a beaucoup voyagé. On écoutera donc la partie 1. où Vincent va nous parler à la fois de son éducation musicale, ses premières expériences en tant que compositeur et musicien dans un groupe, et puis on va aussi rentrer dans le cœur des sujets avec son expatriation, d'abord en Australie et puis au Québec. Et dans la partie 2, que vous retrouverez pour le coup dans quelques semaines, on sera de retour à Paris et on explorera de manière profonde sa capacité à Vincent à produire et composer de la musique pour son projet personnel qui s'appelle Faubourg, mais également pour les marques et les pubs avec lesquels il travaille, pour un récent documentaire qu'il a fait sur Arte, qui s'appelle Le Sexe Faible, que je vous invite à découvrir d'ailleurs. Et on va essayer de comprendre un peu mieux comment il a développé sa carrière, d'abord en tant qu'expatrié, et puis ensuite à Paris. Voilà. Merci. beaucoup à tous. Je m'appelle Maxime Béjacard. Vous êtes sur Impala. A très vite.