- Speaker #0
Bienvenue à Impala, l'industrie de la musique entre Paris et Los Angeles. Et après Los Angeles, tu rentres à Paris ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ok. Et là, tu as une idée de ce que tu vas faire à Paris ou tu es un peu page blanche ?
- Speaker #1
Non, page blanche, je ne sais toujours pas ce que je veux faire. A l'époque, je ne savais pas si je voulais bosser dans la musique ou dans le ciné. Production, production de films, séries.
- Speaker #0
Musique ou ciné, mais pas forcément, pas mode. Ce n'est pas dans ta tête ? Non,
- Speaker #1
non, non. Et du coup, j'ai rencontré des gens. En vrai, c'est par des rencontres que tu crées des opportunités. J'ai rencontré des gens et j'ai rejoint un label existant. Au bout de quelques mois, après avoir bossé un petit peu à droite à gauche, je faisais... En fait, mon background, c'est ma musique business, mais j'ai fait aussi l'événementiel de la production dans mes stages. Donc, en fait, je produisais des clips pour des artistes. Je les aidais sur l'image. Je donnais un petit peu mon avis sur la direction musicale, mais c'était vraiment l'image, production événementielle, production de clips, la créa pure. Et donc j'ai rejoint ce label au bout de quelques mois, je pense.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
cool.
- Speaker #0
Et à quel moment tu décides de te mettre à ton compte ?
- Speaker #1
Dès le début. Pendant mes stages, je me suis dit, je ne peux pas bosser pour une société. Ce n'est pas mon truc, les horaires de bureau. Ce n'est pas mon truc. En fait, j'avais besoin de créer mon expérience. C'est comme l'école. Je n'arrive pas à rentrer dans un cadre où on me dit quoi faire. Donc, je crée mes opportunités. Je crée ce que je veux faire.
- Speaker #0
OK. Et là, tu décides de créer ta boîte. qui est un peu à la croisée entre la mode et la musique.
- Speaker #1
C'est ça, c'est mes connaissances et c'est la manière dont j'ai grandi. Donc en fait, j'ai lié ce que je connaissais et ça a donné, viens, je vais chercher des pubs dans la mode pour faire rentrer de l'argent. Et au final, c'est quelque chose que je comprends très bien. Donc j'arrive à superviser, à comprendre. Et c'est là où je me suis mis vraiment à voir aussi que j'avais une capacité à... à expliquer aux compositeurs ce qu'il fallait faire pour que la marque accepte la musique.
- Speaker #0
Ok. Donc ça, c'est Himalaya ? Voilà. 2020 ?
- Speaker #1
2020.
- Speaker #0
Donc là, quand tu as créé Himalaya, vous avez tout de suite commencé à bosser ensemble, toi et Louis ?
- Speaker #1
Voilà, on avait déjà collaboré ensemble sur des petits trucs. Et du coup, à l'époque, je prenais plein de compositeurs. Donc il y avait Louis, il y en avait, je ne sais pas, 5, 6 autres. Et Laurent, avec qui je travaille encore maintenant. que j'ai rencontré à cette époque au UBI. Oui,
- Speaker #0
qui n'est pas là d'ailleurs, mais vous bossez en fait à trois, parce que vous travaillez avec Louis, qui est à la composition, et Laurent.
- Speaker #1
C'est ça. Et du coup, en fait, à cette époque, je ne fais que de la production musicale. Donc on m'appelle pour faire composer pour une marque, pour une pub, ou pour du contenu digital. Et de fil en aiguille, depuis six ans, on a fait évoluer. Et maintenant, on fait vraiment tout ce qui touche au son, vis-à-vis des marques de luxe. Donc ça peut être événementiel, ça peut être défilé, ça peut être pub, ça peut être partenariat, ça peut être consulting, branding sonore, tout ce qui est sound design, tout ce qui est de chaussons, on peut le faire.
- Speaker #2
On s'adapte en fait vachement à la nouvelle réalité du métier. C'est plus du tout le métier de compositeur d'avant, c'est vraiment en train d'évoluer. J'ai pas envie de partir dans un discours vraiment basique d'aujourd'hui à l'IA et tout. Mais oui, on s'adapte. On a fait énormément de musique de pub pendant des années. Puis l'état du monde a fait qu'il y en a moins, tu vois, parce qu'il y a moins de budget. Donc il faut s'adapter, il faut continuer de créer de la musique, continuer de faire cette musique qu'on aime et au bon endroit, finalement. Et donc ça fait un an, un an et demi, deux ans, presque deux ans, qu'on se reconvertit un peu dans la musique événementielle, comme disait Mila. Donc on a commencé. tu vois plutôt musique, musique on est parti en musique pub on continue de faire de la musique pub on adore ça mais par rapport à la réalité du métier et de ce que c'est aujourd'hui on se spécialise de plus en plus on tend plus en plus vers de l'événementiel donc de la musique de défilé et de la musique de show en général ok trop
- Speaker #0
bien parce que du coup on est de retour en divan spectacle vivant ok on est de retour en 2025-2026 même et moi je vais vous poser directement la question que je pense plein de gens se posent c'est Merci. Comment Comment ça se passe concrètement ? Là on va juste rester un tout petit peu sur la musique de pub, dans le luxe par exemple, et puis après je veux bien que tu nous expliques un peu mieux dans l'événementiel, mais quand un créa, j'imagine, d'une marque te contacte, Mila, soit toi tu les as contactés, soit eux te contactent, et ils vous disent ok on a un projet de pub, vraiment concrètement comment ça se passe, comment toi tu traduis à Louis, comment vous collaborez et comment vous travaillez ensemble ?
- Speaker #1
Je vais recevoir un brief. On me dit voilà la vidéo, voici le projet de vidéo, voici ce qu'on aimerait faire comme type de musique. Soit on a des informations claires, genre on veut du rock, on veut du classique, soit ils ne savent pas ce qu'ils veulent. Et dans ce cas-là, c'est plus des mots-clés. Si on veut quelque chose de joyeux, de solaire, ça peut aller de brief très précis à brief on ne sait pas ce qu'on veut. et du coup moi en fonction je vais dispatcher soit un compositeur, soit plusieurs. Et après, mon job, c'est de traduire envers eux, en plus du brief client, quel est l'ADN de la marque. Parce que du classique pour Dior ne va pas être le même que pour... Je réfléchis à d'autres marques, mais... C'est pas du classique au point de vue ennuyé. Ouais, mais moins. Le classique de Noël ne va pas être le même que...
- Speaker #0
Le Paul Chopin, même, pour un moment.
- Speaker #1
Oui, voilà, c'est le projet qu'on avait fait ensemble pour Chopin, qui est du néoclassique beaucoup plus marqué. Donc moi, mon job, c'est de traduire et l'ADN de la marque et l'ADN du projet. Est-ce que c'est une petite vidéo ? Est-ce que c'est une campagne ? Je vais aussi discuter avec les compositeurs des droits, où est-ce que ça va être diffusé. Et après, le compositeur va faire des sortes de premiers jets. Et moi, après, je vais laisser Louis en parler juste après. Et moi, après, je vais revoir avec eux. Qu'est-ce qui marche, qu'est-ce qui ne marche pas dans ce qu'ils me proposent pour pouvoir envoyer à la marque.
- Speaker #0
Ok. Juste avant de passer la balle à Louis, toi quand tu parles de l'ADN de la marque, est-ce que c'est principalement des recherches que tu fais seule ou est-ce que c'est la marque qui t'apporte un max d'informations ?
- Speaker #1
Alors non, il ne m'apporte pas du tout d'informations, c'est à moi de...
- Speaker #0
Je pense que pour la plupart des gens qui nous écoutent, ils ne savent pas trop ce que c'est qu'un brief. Et moi c'est une des questions qu'on me pose le plus souvent. Parfois, ou trop souvent en fait, on fait un raccourci, on parle de briefs, et des fois on a des compositeurs ou des artistes qui nous disent « Attends, attends, attends, c'est quoi un brief ? »
- Speaker #1
Un brief, ils vont expliquer ce qu'ils veulent soit faire ressentir émotionnellement sur la vidéo, soit, comme je disais, le style musical. Donc un brief typique peut être « Je veux une musique de une minute pour une vidéo où je vais utiliser mon annoël. » Une musique de Noël, donc c'est une musique d'une minute qui va être sur une vidéo où t'as des gens où c'est un peu rétro dansant, où on voit par exemple des bijoux scintillés, mais je veux pas une musique de Noël cliché. Voilà, ça, ça peut être un brief. Et du coup, il y a ça à analyser, plus quelle est la marque qui me le demande, pour comprendre quel type de... parce que parfois ils savent pas quel style musical. La plupart, ça peut être de l'électro, mais de l'électro très simple, pour que ça entraîne sur la vidéo, ou alors classique ou rock. La plupart des briefs sont tournés vers ça.
- Speaker #0
Ok, c'est plutôt des mots, pas beaucoup de refs ?
- Speaker #1
Ça peut arriver d'avoir des refs aussi. Le problème des refs, c'est que beaucoup de gens peuvent envoyer aussi des refs avec des voix dessus. Sauf qu'en général... ils ne veulent pas de voix, mais en même temps, parfois, ils aiment la musique parce qu'il y a la voix, ils n'arrivent pas à se projeter sans la voix. Donc voilà, ce qui est compliqué, c'est d'arriver à matcher aussi qu'est-ce qu'eux ressentent quand ils écoutent cette ref. Versus, parce que parfois, je vais envoyer la ref au compositeur, lui, il va se dire que c'est la basse que le client adore, alors qu'en fait, pas du tout, c'est la voix. Mais comme on n'a pas de voix, c'est comment on retranscrit la mélodie qu'on ressent avec la voix en instrument.
- Speaker #0
OK. Et vous faites des sessions d'écoute ou studio ou pas du tout ?
- Speaker #1
Tu veux dire avec les clients ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Non, c'est...
- Speaker #0
Je pense que les gens fantasment un peu ça, des fois, genre on est en studio, un peu jazzy, genre...
- Speaker #1
On le fait pas énormément, ça peut nous arriver, par exemple, sur des concepts. On a déjà fait des sessions studio où on cherche ensemble pour des concepts musicaux un peu spécifiques. Mais le plus intéressant pour faire une session studio avec un client, c'est d'avoir déjà la musique et c'est pour la retravailler. Parce que si on part de scratch, il va rester là à regarder pendant longtemps. Et ça, ça sert un peu à rien.
- Speaker #0
Ok, très clair. Et toi, Louis, tu es présent avec... J'imagine qu'en fait, tu n'es pas vraiment présent pendant les premières discussions avec les clients. Donc toi, tu reçois quoi, en fait, au final ?
- Speaker #2
Un appel de Mila. Qui me dit, t'es merde, toi. Non, c'est à peu près ça. En fait, c'est dans le process. C'est hyper intéressant parce qu'on pourrait se dire que finalement, quand tu es compositeur, tu pourrais directement démarcher tes clients, puis les clients t'envoient un brief et toi, en tant que compositeur, tu l'interprètes, comme disait Mila, par exemple. Ah bah, c'est sûr que c'est la basse qu'ils aiment parce que dans le morceau, c'est ce qu'on entend, tu vois. Et essayer de tenter une prod et la revoir avec le client et finalement, ne pas avoir le brief, ne pas avoir le projet parce que ce n'est pas du tout à quoi s'attendait ce client-là. finalement Mila, c'est la traduction de ce que veut le client. Mais parfois, Mila n'est pas autant... Parfois, oui. N'est pas plus avancée que le client. C'est-à-dire que le client a shooté telle vidéo, t'as l'idée de la campagne, on connaît la marque, c'est une marque de luxe qui vend des montres, des bijoux, peu importe. Bref, quelque chose de beau que Mila connaît. Et en fait Mila va dire bon bah ok donc cette musique pourrait marcher éventuellement pour l'instant ils ont dit ça mais je te conseille de faire ça mais sans vraiment avancer si tu veux elle nous laisse un peu carte blanche.
- Speaker #0
Ouais mais elle vous transmet quand même peut-être une sorte d'instinct qu'elle a par rapport à ça ou une vision un peu instinctive ?
- Speaker #2
Oui mais c'est pas vraiment comme ça que le process se passe finalement. On reçoit le brief. Mila l'interprète, soit elle renvoie le mail, mais toujours elle met une petite note dedans en disant mais c'est ça qui valait tout. À nous de nous débrouiller, et c'était intéressant au début quand on était plein de compositeurs, ça apportait plein de choses différentes à chaque fois. Et avec les années, j'ai compris que Mila, il ne faut pas l'écouter. Il faut la comprendre.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Il faut la comprendre. À partir du moment où tu lui proposes quelque chose, là on rentre dans le fond et là... on arrive à trouver la prod et à retrouver vraiment ce que veut le client. C'est là qu'est la force de Mila. Ce que je veux expliquer, en fait, c'est que dans la chaîne, Mila, elle est tellement essentielle parce que c'est elle qui débute et c'est elle qui finalise. Et je ne vais pas dire que je ne sais pas comment tu fais, Mila, mais tu as vraiment un compas dans l'oreille. C'est-à-dire que... Parfois, on fait plusieurs propositions pour un même projet. Par exemple, on va essayer de partir vraiment dans deux univers différents parce qu'on a interprété le brief de deux manières, que c'était pas assez clair, mais que les deux peuvent marcher et qu'après, ça va bien se décider. Et finalement, Mila, elle a... Tu parlais d'intuition tout à l'heure. C'est à ce moment-là qu'elle a l'intuition où elle va dire... Finalement, je suis hyper confiant. Quand j'envoie une prod qu'elle a validée, elle est sortie de ce studio avec le sourire, je sais que derrière, le client, il va la prendre. Ouais,
- Speaker #0
ok.
- Speaker #2
Et ça, c'est vraiment agréable. Parce que le fait que ça marche si bien avec Mila, c'est que dès le début, on s'est dit, OK, toi Mila, tu gères les clients, tu gères la communication, tu nous gères, nous, tout ce qu'on veut faire, c'est de la musique, en fait. On ne veut rien faire d'autre. Et oui,
- Speaker #0
avec le temps, finalement,
- Speaker #2
on se retrouve à faire plein de choses. Mais de base, on ne veut faire que de la musique. Et voilà, c'est pour ça que c'est trop bien. Et c'était quoi la question de base ?
- Speaker #0
La question de base, tu as bien répondu, je pense. Mais c'était, toi, que reçois-tu ? Ah oui. Quelle est la matière que tu reçois ?
- Speaker #2
Juste pour synthétiser et pour le faire plus court. On reçoit un brief de Mila. On n'écoute pas Mila, on la comprend. Mila valide. On lui fait confiance et généralement ça passe. Mila se trompe très rarement. elle connait la mode en fait et c'est ce genre de profil assez unique qui fait que comme elle a baigné là-dedans elle sait exactement ce qui est chic, ce qui n'est pas chic et on ne fait pas que des marques de luxe ça nous est aussi arrivé de faire des trucs un petit peu plus accessibles en public et c'est pareil et parfois, ça c'est ce que je préfère c'est quand Mila m'envoie un brief, qu'on part sur quelque chose et que je propose quelque chose de totalement différent et qu'elle arrive en studio que je lui fais peur j'ai tendance à survendre mes trucs parfois quand j'ai pas confiance j'arrive à dire tu vas voir ça va être charmé et tout et que là elle est contente et que c'était une vision qu'elle avait pas vue là elle repasse par dessus elle ajoute sa sauce et là c'est là que la magie opère Et c'est là que c'est vraiment agréable et qu'on se rappelle pourquoi on fait de la musique.
- Speaker #1
Parce que oui, du coup, moi, je ne suis pas compositrice. Donc, en fait, ce n'est pas à moi de non plus trop guider au début, parce que, comme il disait, ils peuvent me surprendre avec des idées, des choses auxquelles on n'a pas pensé. Moi, je ne vais pas penser à une mélo, je ne vais pas penser à ce genre de détail au début. Je vais juste essayer de leur insuffler la bonne direction. Et après, c'est quand je reviens en studio que là, je peux vraiment dire, cet instrument, ça ne marche pas pour la marque. Je donne des shakers, quelque chose qui ne marche pas pour la marque. Et là, les guider sur comment revoir où la mélo, elle n'est pas assez simple. Revoir pour vraiment fitter l'univers. Et oui, ce n'est pas que la mode. On a fait aussi des short films, des choses comme ça. Et en fait, c'est plus apprendre à appréhender qu'est-ce que le client veut en général. Qu'est-ce qu'il essaye de passer comme message émotionnellement. Voilà.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #2
C'est comme la cuisine, c'est comme la peinture. On a un brief, donc finalement, tu vois, on a toute notre palette et on serait prêt à utiliser toutes les couleurs. Ou on serait prêt à avoir un plat et à utiliser toutes les épices. Et finalement, Mila, elle va te dire, ah non, non, quand t'as sorti la couleur rouge, ou quand t'as sorti l'origan, c'était incroyable. C'est ça qu'il faut utiliser. Et c'est là, la force de Mila. C'est qu'en fait, elle va te cadrer vachement. Comme t'es dans une démarche créative, et tout est, ça y est, tu parles dans tous les sens, c'est ça le piège de la composition. C'est de surcharger.
- Speaker #0
Ouais. C'est exactement là où j'allais rebondir justement. Je pense que Mila, de ce que je comprends, t'arrives à mieux traduire. En fait, moi je vois, je peux synthétiser aussi ça, dans le sens où moi, comme je suis aussi un peu entre les deux parfois, j'ai autant les retours des clients qui me disent, des clients qui passent en direct avec les artistes et qui m'expliquent les problèmes que ça crée, et des artistes qui passent en direct avec les clients et qui m'expliquent les problèmes que ça crée. Chez les artistes, le problème qu'ils ont souvent, Avec les clients, c'est qu'en fait, les briefs sont mal organisés, mal expliqués. Donc ils disent, nous, ils nous disent plein de trucs, mais on ne comprend pas. Donc l'intérêt d'avoir une interface. Et côté client, donc Marc, ce que j'entends souvent, c'est, ah ouais, il est hyper créatif, voire un peu trop. Parce qu'en fait, je pense que... Toi, ça doit probablement t'arriver, t'es dans un geste créatif, t'es hyper inspiré, bah des fois tu vas aller dans ton truc et au final si personne te dit là t'es sorti un peu de la route, tu peux pas t'en rendre compte tout seul. Mais surtout à quel moment tu sais que t'es sorti de route ou pas en fait ?
- Speaker #2
À la tête de Milord, quand tu lui fais écouter, mais en fait c'est le piège. C'est que tu peux très bien te prendre la tête une nuit entière, deux, trois jours, à partir dans une idée, un délire, et te dire bon bah voilà je vais le tenter quoi. J'ai ressenti ça, je me suis dit que c'est... enfin Je me dis que cette idée, elle est charmée et tout. Vas-y, on va au bout, on pousse le truc. Et parfois, en une heure, tu fais un truc assez basique et finalement, c'est ça qui marche et c'est ça qui est bien.
- Speaker #0
Tu parlais du fait que vous évoluez un peu vous, que vous allez conquérir d'autres activités.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Mais est-ce que vous avez, vous deux, et je veux bien avoir vos deux avis, est-ce que vous trouvez que l'univers de la mode et de la musique à l'image, soit de manière générale ou soit la musique pour la mode, a changé en six ans ? Est-ce qu'il y a des choses qui ont changé ? Est-ce que ça a évolué ?
- Speaker #2
Alors, quel domaine exactement ?
- Speaker #0
En fait, c'est deux questions en une. Est-ce que l'industrie de la mode en France et du luxe, ça c'est peut-être plus toi Mila qui connaît, a changé en six ans ? Et est-ce que ce que recherchent les clients en termes de musique dans le luxe a aussi changé depuis six ans ? Ou dix ans, voilà. Ces dernières années, on va dire.
- Speaker #1
Tu me poses une question, c'est convaincant à répondre.
- Speaker #0
Tu vois, je te donne le grand public, je pense, considère que ça change. On entend plein de choses, tu vois, là, ça fait grand bruit quand on a vu Shane arriver au BHV, mais ça, c'est plus du sociétal, des actualités, on va dire. Mais est-ce que les marques ont plus de budget, moins de budget ? Est-ce que la musique a plus de place ou moins de place ? Est-ce que même les styles recherchés changent ? Est-ce que ça a toujours été un peu du néoclassique ? Pas vraiment, pas que.
- Speaker #1
Alors, il y a plein de questions. En gros,
- Speaker #0
je repense à ce que vous faisiez en 2020. Est-ce que ce que vous faites en 2026, c'est fondamentalement différent ou ça ressemble un petit peu ?
- Speaker #1
Nous aussi, on évolue créativement, donc ça change aussi ce qu'on fait. Techniquement, on s'est amélioré aussi. En termes de marque, je dirais que les budgets sont dispatchés autrement. Il y a quand même du budget, mais juste, ils le dispatchent différemment. Ils essaient de trouver, en fait, avec l'évolution des réseaux sociaux, les marques ont besoin de plus en plus de contenu. Donc, pour répondre à ces besoins, il faut trouver des solutions aussi en termes de business. Par exemple, avant, peut-être, ils pouvaient passer plus de temps sur une campagne, ce qu'ils peuvent moins faire maintenant. Donc, les choses sont un peu plus rapides et les contenus sortent aussi beaucoup plus rapidement. Donc, ils ont besoin d'un volume qui est beaucoup plus gros. Après, il y a beaucoup plus de solutions, style musique de stock, musique de librairie. En fait, il y a beaucoup de sources de musique pour les marques. C'est aussi comment se démarquer. Parce qu'entre même l'IA, ils ont tellement de solutions à leur disposition qu'il faut être plus créatif, il faut faire du sur-mesure, il faut être plus qualitatif. Je pense que c'est ça qui a évolué aussi. Et en même temps, il faut être beaucoup plus rapide.
- Speaker #0
Tu dirais qu'ils prennent de plus en plus de risques ou de moins en moins de risques ?
- Speaker #1
Franchement, ça dépend des marques. Chaque marque a son univers et est assez différente. Il y en a qui évoluent beaucoup, qui revoient aussi leur identité sonore globale. Il y en a d'autres qui ont, dès le début, créé quelque chose de fort, donc qui continuent sur cette lignée. Ça dépend des marques. Après, en termes de risques... Je pense que c'est plus sur l'événementiel que sur les choses au quotidien. Je pense que même que ce soit les marques ou la société, on est plus en termes d'expérientiel de nos jours. Donc, les gens veulent plus d'événements. Ils mettent plus de budget là-dedans que dans la communication. C'est de la grosse consommation. Donc, en fait, c'est hyper rapide. Donc, un contenu qui avant pouvait être utilisé pendant des mois, maintenant va durer une semaine.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
OK, cool. Et toi, Louis, j'ai une question très technique pour toi ou en tout cas assez précise. Donc là, on parlait un peu d'évolution du marché qui, en fait, n'a pas non plus évolué énormément. Mais je pense qu'en fait, il n'a pas évolué énormément depuis six ans parce que les réseaux sociaux étaient déjà très présents en 2020. Ça a probablement plus évolué en 20 ans. Mais quand vous dites que vous vous êtes amélioré. Toi Louis, qu'est-ce que tu dirais maintenant que tu peux juger ton travail sur tes six dernières années ? Qu'est-ce qui a changé dans ta façon de travailler et comment tu as amélioré au final ce que tu livres ?
- Speaker #2
Je crois que la première interrogation que je me suis posée quand j'ai commencé à travailler sérieusement, c'était, techniquement parlant, à quel volume il faut sortir les prods ?
- Speaker #0
Ça tu te l'es posé quand cette question ?
- Speaker #2
Je me la suis toujours posée. Quel est le niveau de référence ? Quel est le volume ?
- Speaker #0
Ok, juste une petite parenthèse parce que d'ailleurs j'ai écrit un article sur le volume sonore dans la sync qui est sur mon substack et je l'évoquais dans un épisode. Donc c'est hyper intéressant ce que tu dis parce que j'ai critiqué moi à mon niveau, j'ai fait une analyse de ce qu'on peut attendre en termes de volume sonore. Je veux bien avoir ton avis.
- Speaker #2
Je trouve que quand on a commencé on était timide. Tiens, les niveaux étaient plutôt bas, mais les pianos dégoulinaient un peu. On s'est beaucoup pris la tête sur les sons de piano. Effectivement,
- Speaker #0
tu peux nous donner des références, si c'est possible, je ne sais pas, en termes de LUFS, si tu les as.
- Speaker #2
Alors, je crois que je ne faisais pas ça en DB Lus, je faisais ça en DBA, vraiment classique.
- Speaker #0
Je pense que plein de gens qui nous écoutent sont eux-mêmes producteurs.
- Speaker #2
Oui. A l'époque, on avait regardé, je crois, et on s'était dit que c'était à moins 9. En fait, il s'agissait juste de limiter. Je prenais un limiteur, tu vois. Je poussais un peu le threshold, je le mettais à moins 0,1 pour pas que ça sature. Et puis après, je baissais le threshold comme je pouvais, pour à peu près arriver à moins 9. Mais ça, finalement, c'est des process qui sont arrivés avec le temps. De base, c'était vraiment au feeling, quoi. On faisait la compo et on le sortait. Il y a des trucs qu'on a sortis à un niveau vraiment bas. Et en fait avec le temps on a appris à Donc essayer d'avoir un peu une norme Audio pendant très longtemps On a gravité autour de moins 9 Aujourd'hui on fait plus trop attention à ça Je dirais qu'il faut plus trop attention à ça Aujourd'hui il faut être plutôt fort
- Speaker #0
notamment sur des formats TikTok. Au fait, au début, on a commencé, on faisait beaucoup de Sound Design Music, avec les TikTok de Dior, donc c'était des vidéos plutôt courtes, entre 10 et 20 secondes, parfois 30. Et en fait, c'était de la fabrication d'objets, et ça commençait, il y avait par exemple un coup de dessin, donc c'était un coup de crayon ou un coup de pinceau, et on arrivait, ils pliaient du cuir. ils s'ertissaient avec des gemmes des trucs comme ça et à chaque fois en fait rajouter un son et ça faisait des percussions mélodiques mais on était tellement dans la compo qu'on faisait pas trop attention au rendu out de volume et en fait avec le temps de plus en plus on essaie de bien remplir les fréquences et de bien gérer
- Speaker #1
Pour rebondir juste sur ce que t'as dit tout à l'heure c'est aussi à l'oreille on parlait de ton podcast et de comment tu sors, à quel niveau etc mais c'est intuitif parce que Hum... Le même instrument à différents volumes, ça ne va pas sonner pareil. Parfois, je lui dis que c'est trop fort, il me dit que c'est au même volume. Mais en fait, il y a quelque chose dans la prod qui fait que tu as l'impression que c'est beaucoup plus fort. Dans ce cas-là, on va la baisser juste pour...
- Speaker #0
Et tu laisses rien passer ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #2
C'est marrant parce que c'est intéressant qu'on parle un peu de technique aussi dans Impala. Mais j'ai vu ces dernières années, plutôt depuis 5-6 ans, que les gens se prenaient vraiment la tête sur les normes pour les plateformes de streaming. Aussi parce qu'il y a des moments, j'ai vu que par exemple Lender, qui est une plateforme de mastering algorithmique, a mis aussi plus au goût du jour en faisant aussi du marketing, de la connaissance, montré qu'il fallait sortir. Donc tout le monde s'est aligné sur les moins 14 et l'UFS. Donc moi, je sais dans ma casquette d'éditeur que quand les artistes se sont mis à m'envoyer de la musique, il y a un moment où j'ai plein d'artistes qui m'ont dit moins 14, moins 14, plutôt pour la distribution du coup sur Spotify. Et c'est marrant parce qu'il n'y a pas si longtemps, j'ai discuté avec Jason Joshua, qui est un super réalisateur américain. Et je lui dis, toi, tu sors à combien ? Il dit, dis-moi, tant que c'est bien et fort, ça marche. Il me dit, ça peut être à moins 6, moins 7, moins 8, moins 9. Et en même temps...
- Speaker #0
Moins 6, moins 9, du moment que ça sonne, c'est ce qu'il disait. Et finalement, c'est ça. Tu as totalement raison. Au début, on est concentré sur la compo, déjà pour ne pas trop surcharger. On essaie de comprendre un petit peu les formations d'instruments qu'il faut. Quand je prends une formation, c'est un piano, juste un violon, juste trois éléments au lieu d'en avoir plutôt dix. Donc déjà, tu vois, on travaille ça sans vraiment se concentrer sur le volume de sortie générale. Ensuite, on essaie de comprendre un petit peu cette question de volume général en passant par un limiteur classique pour l'aspect un peu technique. En se disant, ok, bon, là, ça sonne. En effet, on a reboosté, on a remonté les bas niveaux. Ça sonne un peu plus bloc. Mais le mix de base, la volonté de base. sont un petit peu biaisés parce que c'est pas trop le rendu qu'on voulait. Et finalement, aujourd'hui, six ans après, notamment en faisant de la musique de défilé, on se pose plus du tout ces questions-là de volume. Là, on s'occupe vraiment des... Je sais pas si t'as déjà entendu parler des neuf plages des fréquences. Tu sais, le rayon humain entend de 20 à 20 000 Hertz. Le son, c'est évidemment une fréquence qui s'exprime en Hertz. C'est de l'électricité, quoi. Et en fait, le piège... Quand tu commences à faire un peu d'électro, c'est de surcharger un petit peu le bas-médium et les médiums en dénigrant un petit peu le haut du spectre. Et en fait, quand tu maîtrises le haut du spectre, qui sont présence, brillance, air, c'est là où finalement tu ne te soucies plus du tout du volume et que tu te dis, OK, sur ma plage de fréquence, tout le monde est à sa place et ça sonne... Tu peux même sortir dans ta session à moins 6. Ça pourrait sonner aussi bien qu'une prod qui est sortie à zéro, qui a été compressée à balle, où finalement on perd toute la dynamique et toute la texture. Et aujourd'hui, les prods sont de plus en plus comme ça. À la force de vouloir booster et tout, on perd de l'air. Ça fatigue les oreilles. Et les malariens, on essaie de ne pas fatiguer les oreilles. Mila a les oreilles très fatiguées. Parfois, elle arrive en studio, j'ai bossé sur des prods, je me suis fait la tête et tout. Elle me fait « Oh, mets moins fort, mets de la lumière. Vas-y, là. »
- Speaker #2
C'est un vrai problème. Je pense que toute l'industrie s'est alignée sur ses normes. Et d'ailleurs quand je te disais qu'à un moment tout le monde me parlait des moins 14 et l'UFS, déjà je pense que beaucoup de gens se sont plantés en pensant que les DSP, donc plateforme de streaming type Spotify, compressaient le son. En fait ils ne compressent pas le son, ils font un ajustement du gain. Donc si c'était moins fort, ils ajustent, si c'était plus fort, ils ajustent. Et du coup plus personne ne m'en parle aussi parce que tu as des pontes de la prod notamment américain qui ont fini par dire moi je livre Spotify à moins 7. Et en fait, on s'est rendu compte que ça n'avait pas vraiment de sens. Et pour rebondir sur ce que tu dis par rapport à la fatigue auditive, il faut bien comprendre que quand tu as un master hyper compressé, qui est diffusé par ton téléphone, qui a ses propres convertisseurs qui compressent, et que tu écoutes ça avec... Presque un des systèmes qui finalement a la moins bonne qualité audio qui est des Airpods. En fait, tu as au moins quatre systèmes de compression. Et après, si tu mets la réduction du bruit, je n'en parle même pas. Ce qui fait que ce que les gens ont parfois du mal à comprendre, c'est qu'en fait, sur un son hyper compressé, tu peux écouter le même morceau avec pas forcément une sensation que c'est beaucoup plus fort. Mais par contre, ton oreille, elle va se fatiguer énormément plus en fait.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #2
Oui, Mila, tu voulais rajouter quelque chose ?
- Speaker #1
Vis-à-vis de ça, moi c'est quelque chose que je fais beaucoup, c'est d'écouter sur mes Airpods, mon téléphone, mon ordi. Parce qu'en studio, vous allez écouter sur des enceintes, mais en fait c'est pas comme ça que les gens vont consommer la musique.
- Speaker #2
Ouais, t'as raison.
- Speaker #1
Et donc il faut vraiment avoir plusieurs endroits d'écoute pour comprendre comment les gens vont l'entendre. C'est ça qui est important aussi.
- Speaker #2
C'est vrai que je pense que Mila, on n'imagine pas, alors toi t'as sûrement une façon de travailler qui est assez singulière. Mais tu es aussi garante presque un peu de la technique aussi, même par rapport à Louis. Vous êtes un peu garante tous les deux en fait.
- Speaker #1
C'est ça et moi je n'y connais pas techniquement, enfin j'apprends au fur et à mesure, mais je n'y connais pas techniquement. Par contre je sais lui dire, en fait ça, ça sonne, en fait on n'entend pas, ça fait trop compresser, on entend tout ensemble et ce n'est pas clair à l'oreille ou ça, ça ressort trop. Voilà, d'essayer d'ajuster pour que l'écoute soit le plus agréable et le plus beau possible.
- Speaker #0
Je dirais même... s'éloigner d'une volonté du compositeur de dire comme le compositeur, par exemple, adore les basses, va avoir tendance à les booster. Mila va arriver et va dire hop hop hop, tes basses elles cassent les oreilles mon pote. Descends-les et là on se retrouve finalement à se rendre compte que la prod est beaucoup mieux, que ça rend beaucoup mieux à l'image et que c'est beaucoup plus accessible et beaucoup plus vendeur. Parce que c'est ça qu'on fait. Là on n'est pas en train d'essayer de faire des morceaux pour se faire kiffer entre guillemets. si si on essaie évidemment d'avoir une signature sonore chez Himalaya on essaie évidemment d'avoir une identité aussi et qu'on soit reconnaissable parmi d'autres tout le monde sonne pareil un peu aujourd'hui tu vois ouais ouais c'est sûr donc on essaie de sonner un peu différemment on en parlait avant que t'arrives là on parlait des pré-amps il y a l'école NIV et l'école BAE on est toujours un peu dans cette quête de son de manière indirecte et ouais en fait Mila aide à vraiment dépersonnaliser les prods en les personnalisant pour le bien de la boîte c'est à dire que c'est plus une prod d'artiste c'est une prod collective Merci. Et après, quand on l'envoie au client, il est content et on est serein. Et ce qui est moins personnel, plus vendeur.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #1
il y a aussi ça à prendre en compte. Quand on est compositeur à l'image, en fait, on est au service de quelque chose. Et c'est une des raisons pour lesquelles j'adore bosser avec Louis. C'est bien sûr, il a son aspect créatif, il compose super bien, il a des super mélodies, etc. Mais il n'y a pas ce truc d'ego. Parce qu'en fait, l'ego bloque. On ne lui demande pas de faire une musique pour lui-même. On lui demande de faire une musique pour quelque chose. Donc, si je lui dis que la musique n'est pas bien ou qu'il faut la retravailler, ce n'est pas parce que sa musique n'est pas bien. C'est parce que c'est parce que le client demande. C'est deux choses différentes. Et donc, le fait de pouvoir s'adapter, ajuster sans le prendre personnellement, c'est une qualité de fou pour la musique à l'image.
- Speaker #2
OK. Tiens, Louis, d'ailleurs, j'ai une question pour toi. On parlait d'ego dans la musique. Oui. Et ce n'est pas du tout une question piège, ne t'inquiète. Mais donc là, tu as présenté un peu tes activités de compositeur de musical image, mais est-ce que toi, tu fais de la musique pour toi ? Est-ce que tu as un espace de liberté qui est complètement hors de l'industrie et en dehors du business que tu fais avec Mila ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. En parlant d'ego, il ne faut pas oublier que l'ego, en fait, de un, ça ne sert à rien, et de deux, si on fait de la musique, c'est tout simplement, enfin, je veux dire, de base, parce qu'on aime tous ça. Donc pourquoi est-ce qu'il y aurait un problème d'ego à écouter la musique de quelqu'un qui a bien fait le taf ? j'aime quand les gens travaillent bien, j'aime quand les prods sont bien faites et donc en fait j'ai aucune raison d'avoir des problèmes d'ego par rapport à ça ou de comparer par rapport à mes prods. Par contre avoir une volonté de progresser toujours vouloir faire sonner mieux, oui, donc ça devrait être encourageant. Ça c'était juste pour rebondir sur le truc d'ego et dès que j'ai un peu de temps libre je compose évidemment pour des projets perso et d'ailleurs je suis sur un très gros projet perso mais je veux pas trop en parler mais qui est plutôt basé électro
- Speaker #1
Ce qu'on a fait pour Pressia, là t'as pu t'éclater avec les basses Pressia qui est une jeune marque mode et en fait ça on a fait la musique de défilé et là on a pu s'éclater beaucoup plus créativement parce que c'est une musique déjà de 10 à 12 minutes où là on avait aussi vous pouvez utiliser des voix on a tenté des trucs aussi avec des violons on a fait plein de choses très différentes et là pour le coup vu que c'est de l'événementiel et que les gens vont l'écouter en live Là, on a pu le faire sonner aussi autrement que pour une pub. Donc là, il pouvait vraiment mettre en valeur les basses, le fait que ça tape. C'est de la techno électro.
- Speaker #2
Oui, totalement. Mais j'étais là, d'ailleurs. Et je sais qu'on en a parlé tous les deux, Louis, après le défilé. Je te faisais remarquer aussi que la musique était incroyable, mais que les basses aussi étaient hyper maîtrisées. Et tu m'as dit aussi que tu étais hyper content parce que tu avais justement réussi à maîtriser cette partie. Et c'est sûr que quand on passe d'un réseau social écouté sur un smartphone, Et un défilé où tu as tout un système son, c'est quand même très différent aussi.
- Speaker #0
On a deux mix différents. On a un mix dédié pour le live et on a un mix diffusion plateforme. Donc à chaque fois, on sort deux mix différents. Quand on est en live, on ne compresse pas du tout. Donc ça nous permet d'avoir vraiment les dynamiques originelles voulues dans la prod. Et par rapport au projet perso, c'est vrai que c'est vachement lié. C'est ça ce qui est beau chez Himalaya, c'est que finalement, on arrive à faire des projets qui sont vachement liés à de la musique. qu'on aime faire de base. Donc les projets persos, entre guillemets, sont très liés aux projets qu'on fait déjà avec Mila. Et d'ailleurs, Mila est au courant de mes projets persos. Et comme on continue constamment d'essayer de se tirer vers le haut et de progresser justement dans la composition musicale et dans la technique son, finalement, ça se passe plutôt bien. Et tout est lié, en fait, finalement. Tout est lié.
- Speaker #2
Et du coup, je fais une passerelle là, parce que vous avez fait cette fameuse musique du défilé Précia. Ça s'est passé à Paris, dans le 9e, je crois. Mais c'était en tout cas un défilé qui n'était pas, je crois, dans un lieu... De toute façon, les défilés, souvent, ce n'est pas dans des lieux qui sont équipés pour la musique.
- Speaker #0
Tu parles du quel défilé ?
- Speaker #2
Du Précia d'il y a...
- Speaker #0
Ah oui, le culte. Non, le requiem.
- Speaker #2
Rekouiama, ce que je veux dire c'est que vous avez fait la musique pour ce défilé Preciah qui a eu lieu à Paris il y a quelques mois, c'était dans le cadre de la Fashion Week je crois, caserne, qui était un lieu qui n'est pas équipé de base pour le son. Donc Preciah, de ce que je comprends, vous avez fait à la fois la musique pour des vidéos sur les réseaux sociaux notamment et à la fois la musique du défilé et j'en profite donc pour rebondir sur sur ce que tu nous disais, Louis, tout à l'heure. Sur l'année 2026-2027, vous avez envie, vous faites maintenant plus de musique pour les événements ? Oui.
- Speaker #0
De plus en plus. On va refaire un show en mars pour Kessia. Et on est plutôt actif pour contacter plus de marques, pour faire plus de défilés. Beautique aussi. On est parti deux fois en Italie. On travaille avec des Italiens depuis cette année. Il faut savoir que la mode, c'est beaucoup les cheveux. C'est les coiffeurs qui l'ident. Franchement, on s'en est rendu compte. Et c'est bien parce que pour ces projets, justement, avec Beautique, on a fait un vrai travail d'écoute de tout ce qui se faisait pendant les Fashion Week, de tous les défis. On a vraiment tout écouté.
- Speaker #2
Et donc toi, Mila, je veux bien aussi avoir ton avis sur une vision peut-être aussi commerciale ou de développement de ta boîte, en fait.
- Speaker #1
Alors du coup, sur les autres types d'événementiels, on a aussi travaillé sur des présentations. Parce que donc, pas toutes les marques défilent, mais elles font aussi des... Des présentations où elles invitent les gens à passer pendant la journée. Donc là, c'est encore un autre type d'exercice où on a fait des sortes de boucles de 10-15 minutes qui vont tourner toute la journée pour donner une sorte d'ambiance sonore aussi aux vêtements. On a fait ça notamment pour Siri Vanavari, qui est une marque thaïlandaise. Et ça, pour être sûr de bien comprendre,
- Speaker #2
c'est des événements privés, bien sûr ?
- Speaker #1
C'est des événements ouverts à la presse et aux gens de l'industrie.
- Speaker #2
Donc en fait, les gens passent dans la boutique ou euh... Dans un showroom ?
- Speaker #1
Exactement, là c'est au Crayon, mais ça peut être dans un showroom, ça peut être dans un resto, ça peut être fait de différentes manières. C'est en fait pour montrer les vêtements aux clients et aux acheteurs et à la presse.
- Speaker #2
Ok, et ça c'est très nouveau comme activité ?
- Speaker #1
Non, pour nous tu veux dire ? Oui,
- Speaker #2
pour vous pardon.
- Speaker #1
Pour nous, ça fait partie de l'offre événementielle qu'on a développée depuis deux ans.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #1
Et Beauty que l'on a fait à Milan, c'est encore autre chose. Milan c'était une performance pour des coiffeurs dans un théâtre où là c'était un DJ set de 1h30 mais DJ set vraiment sur mesure et après à Bologne on a fait Cosmoprof qui est un salon convention dans la beauté où là il y avait des performeurs sur live qui coiffaient pendant 25 minutes devant 2000 personnes donc encore différent et là on a fait une sorte de set live avec la compo originale Merci. On a composé en amont et après, on va remixer et réarranger en live sur l'événement. Donc ça, c'est le côté événementiel. Ce qu'on essaye de développer aussi, c'est tout ce qui touche à la technique. Donc, on a fait l'événement Bicose au Centre Pompidou, où là, on a travaillé avec une boîte de presse qui s'appelle Hermana, sur une salle pour l'artiste Shy Girl, où là, on a fait Silent Disco et plaques vibrantes au son des basses. Donc ça, hyper intéressant. Et ça, on a pu apprendre plein de choses et utiliser des skills qu'on n'utilisait pas forcément sur la technique pour faire vivre cette salle. Donc ça, c'est ce qu'on fait. Et en termes commerciaux, moi je travaille avec Julie, qui est super et qui démarche au quotidien de nouveaux clients et qui fait évoluer les offres pour trouver des nouveaux types de projets.
- Speaker #2
Je voulais te demander d'ailleurs, cette évolution de Himalaya, est-ce qu'elle est corrélée à l'évolution du marché, à l'évolution de ce que tu souhaites développer pour Himalaya ? Ou est-ce que c'est plutôt du côté créatif qu'il y a cette impulsion d'évolution, d'aller plus vers le spectacle vivant ?
- Speaker #1
C'est les trois. Comme je disais, je pense qu'il y a plus de budget de nos jours dans l'événementiel, ou dans l'expérientiel en tout cas. Nous, créativement, les pubs, c'est super. mais on a envie de tester d'autres choses et moi dans mon business mon business c'est un peu moi c'est comment j'ai envie d'évoluer mais moi j'adore apprendre des nouvelles choses donc viens on teste des nouveaux domaines comme tu le sais, moi j'ai monté ma boîte d'édition aussi cette année j'essaie d'ouvrir de nouvelles opportunités, de nouvelles possibilités toujours apprendre, toujours évoluer c'est important les perspectives 2026 on va essayer de faire de l'événementiel, beaucoup plus Merci. d'accompagner aussi les marques en 360 sur la création d'identité sonore, sur même le consulting sur comment monter des projets en lien avec l'industrie musicale. On l'a fait l'année dernière avec une marque qui s'appelle Gertrude, qui est basée à Marseille, et le label 404 Humans, où ils se sont mis ensemble pour faire un writing camp. Donc ça, c'était aussi hyper intéressant. C'est donc un projet... De collaboration que de création.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #1
Et je bosse aussi avec Sony Publishing dans le cadre de trouver de nouveaux projets aussi, de sponsoring pour leur writing game, pour leurs artistes émergents.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #1
Plein de choses différentes. Donc, on a hâte.
- Speaker #2
Est-ce que, ça va être une des dernières questions, je crois, mais est-ce que tu as réussi à maintenir un lien avec l'Angleterre et les Etats-Unis, que ce soit personnel ou dans ton business ? Est-ce que tu... Parce qu'on en a parlé un peu avec Vincent. De la difficulté quand tu exportes ton talent et quand tu développes sur d'autres territoires, de maintenir ce lien en ayant presque parfois l'obligation de devoir y aller souvent. Est-ce que vous avez des projets anglo-saxons ? Est-ce que tu arrives à maintenir ce lien ? Est-ce que c'est quelque chose que tu veux développer ?
- Speaker #1
C'est quelque chose que je veux développer. C'est quelque chose qui n'est pas facile, comme tu dis, si tu ne vas pas directement sur place, parce que les connexions se perdent, les gens bougent, les gens évoluent. Moi après, je n'ai jamais vraiment travaillé dans ce que je fais actuellement. Quand j'étais aux Etats-Unis, je ne faisais pas exactement la même chose. Donc les liens, je ne les ai pas créés de base. Donc pour l'instant, non, on n'a pas de lien direct, à part toi, avec les Etats-Unis.
- Speaker #2
Ok, ça sera le mot de la fin. C'était super intéressant, en tout cas, merci à tous les deux. Même si on se connaît déjà, j'ai pu apprendre plein de trucs sur vous, sur vos parcours, sur votre activité. Est-ce que toi, Mila, tu as un mot de la fin pour nos auditeurs ?
- Speaker #1
Le mot de la fin, ce serait continuer à créer. C'est super de faire des choses pour soi, de créer des opportunités, de créer de la musique.
- Speaker #2
Ok, super. Et toi, Louis, est-ce que tu as un mot de la fin ? pour nos auditeurs qui nous écoutent.
- Speaker #0
Évidemment. Déjà, on remercie Impala de nous permettre de nous exprimer aujourd'hui sur les métiers de la composition et de la supervision musicale et tous les auditeurs qui nous écoutent et qui portent de l'intérêt à ce qu'on dit. Et puis, j'espère qu'on continuera de raconter des histoires sonores en 2026 puis les années qui suivent. Et merci beaucoup.
- Speaker #2
OK, merci beaucoup. Merci Mila. Merci Louis. À bientôt.