- Speaker #0
Mais finalement, il y a peut-être plusieurs types de massages et plusieurs subtilités dans les massages.
- Speaker #1
Autour de cette table, on est tous acteurs de santé.
- Speaker #2
On se touche très peu.
- Speaker #1
Un massage peut avoir une action exceptionnelle comme peut avoir des actions très graves.
- Speaker #3
On parle de bien-être, mais on parle aussi de plus en plus de mieux-être.
- Speaker #2
Je suis pour la démocratisation du bien-être, mais pas pour le grand n'importe quoi qu'il y a autour de ça.
- Speaker #0
C'est qu'on rentre dans l'intimité de l'autre.
- Speaker #1
Le drainage lymphatique est une technique exceptionnelle.
- Speaker #0
On sait qu'il faut qu'on travaille tous ensemble. Ne s'intéresse-t-il pas qu'aux muscles aussi ? Ou peut-être aux organes, à la peau, aux fascias ? Autant de questions auxquelles nous allons répondre ensemble avec mon équipe du jour. Et quelle équipe ! Bonjour à tous !
- Speaker #3
Bonjour Sabrina !
- Speaker #1
Salut !
- Speaker #0
Alors j'ai à mes côtés aujourd'hui Julien Bendavid, qui est kiné spécialisé en physiodermato-fonctionnel, président de la FPDF. C'est la société savante qui structure cette spécialité de la kinésithérapie. En gros, c'est la kiné de la peau et des cicatrices.
- Speaker #1
Exactement. En fait, c'est une toute nouvelle spécialisation au métier. de kiné qui arrive, mais qui existe depuis plus de 30 ans aujourd'hui au Brésil.
- Speaker #0
Tu vas nous en parler en long, en large et en travers.
- Speaker #1
Ouais, va falloir peut-être parfois m'arrêter.
- Speaker #0
À ses côtés, Judith Samamapat, une fille en suite sur les réseaux, créatrice de contenus, auteure de deux livres « Je prends soin de mon ventre » et « Le monde tourne trop vite pour vous » , qui nous expliquera comment elle intègre le massage dans son quotidien et quel type de massage.
- Speaker #2
Merci de me recevoir et hâte de vous partager tout ça également.
- Speaker #0
Nous aussi, on a hâte d'écouter tout ce que tu peux nous transmettre. Et Imad Djabi, alias Monsieur Récup sur les réseaux, tu es masseur, spécialiste dans la récupération sportive des coureurs, des trailers, des ultra-trailers, mais pas que. Des cyclistes et de finalement tous les sportifs d'endurance.
- Speaker #3
C'est ça. Merci de me recevoir Sabrina, ravi d'être parmi vous. Et ouais, effectivement, mon dada, moi, c'est la récupération à travers le massage et dans les sports d'endurance et d'ultra-endurance.
- Speaker #0
Alors déjà, ce que vous découvrez là avec l'écoute... de cette introduction, c'est qu'on va tous parler massage, mais finalement, il y a peut-être plusieurs types de massage et plusieurs subtilités dans les massages. Alors, je vais laisser mes invités se présenter. Imad et Judith, vous avez un petit peu le même profil. Vous êtes venue au massage dans une seconde partie de votre vie. Est-ce que vous pouvez m'expliquer pourquoi vous êtes venue au massage ? Je t'en prie.
- Speaker #2
Alors, je commence. Moi, de formation, je suis journaliste, donc j'ai fait mes études en Angleterre et j'ai été rédactrice bien-être lifestyle, comme on dit. dans un grand magazine féminin pendant 5 ans, que j'ai quitté à l'issue de 5 années merveilleuses. Et en fait, je me suis reconvertie dans l'écriture de livres, donc en restant toujours dans l'écriture. Et je suis venue, je me suis intéressée au massage parce que le toucher m'a toujours fascinée et que comme j'étais dans un métier très cérébral sur l'ordinateur toute la journée, j'avais très envie d'apprendre à faire quelque chose de mes deux mains. Je trouve qu'on vit dans une société où on sait de moins en moins se servir de ses mains. Et moi, j'avais besoin de me reconnecter à ce sens si important. Et donc, à titre personnel, je me suis formée à plein de techniques différentes. Mais l'envie principale, c'était vraiment, après une activité très cérébrale, de me reconnecter à quelque chose d'aussi simple que le toucher.
- Speaker #0
Merci pour ce partage. Et toi Imad, comment tu es venu au massage ?
- Speaker #3
C'est un peu pareil, effectivement. Il y a un mot qui m'a interpellé, c'est le côté cérébral d'un métier qu'on peut avoir. Et pour ma part, je suis à la base ingénieur d'affaires dans la cybersécurité. Absolument rien à voir au massage.
- Speaker #0
Super !
- Speaker #3
Voilà, donc clairement, je suis tombé dans le massage. J'avoue que ça a été une belle surprise. Je me souviens encore de mon premier massage en janvier 2020. C'était à ma sœur qui m'avait été recommandé par mon oesthopathe. Donc j'y vais en me disant, c'est un massage sportif, qu'est-ce que c'est ? Je connais le massage bien-être qu'on va avoir dans un spa ou autre. Je connaissais le massage chez le kiné. Localement, lorsqu'on a un petit souci quelque part, le massage pouvait être également un des outils de mon kiné à l'époque. Mais je ne connaissais pas l'entre-deux, ou en tout cas ce massage qui n'était pas avec ce côté bien-être, ou purement bien-être, à savoir des bougies, de la musique douce, exactement.
- Speaker #0
petit chauffage sur la table.
- Speaker #3
Exactement, donc il y avait un petit chat. Bon, je fais une séance, au bout de dix minutes, je me souviens avoir eu envie de partir en courant. Je me suis dit mais qu'est ce que je fais là ? Il est en train de m'arracher les muscles. Et au final, six mois après, c'est devenu mon formateur. En fait, entre temps, je parlais, j'ai dit janvier 2020. On se souvient encore en mars 2020, on a eu le confinement. Je pense que c'est justement ce métier cérébral où je me suis retrouvé n'ayant besoin que de mon PC d'une connexion Internet pour travailler. Je me suis dit, mais ce n'est pas du tout finalement ce que je veux faire toute ma vie. Il me manque quelque chose de beaucoup plus terre à terre, mais surtout beaucoup plus axé sur l'humain. C'est vrai qu'on ne peut pas faire de télétravail en étant masseur. Donc, j'ai eu envie par la suite d'apprendre. Et donc, j'ai été formé au massage, à plusieurs techniques de massage. Aujourd'hui, je parle de massage récup, qui n'est pas une technique, qui est finalement un ensemble de techniques. qui n'approche en soi.
- Speaker #0
C'est une situation, c'est un moment. La récupération, ça vient après l'effort physique.
- Speaker #3
Et le massage-récup lui-même fait appel à plusieurs techniques de massage. Et aujourd'hui, je me suis spécialisé dans les sports d'endurance et d'ultra-endurance. Je pratique moi-même ces sports d'endurance. Et c'est devenu, disons, une vraie passion que j'ai alliée avec la passion du sport que j'avais déjà.
- Speaker #0
J'entends votre... passion, j'adore ce que vous me dites. C'est original parce que, alors moi je suis masseuse kinésithérapeute depuis 18 ans maintenant, ça remonte. J'ai découvert il y a très peu que masse, en arabe, ça voulait dire toucher et que massage viendrait de ce mot arabe. Donc si vous êtes arabophone n'hésitez pas à me mettre en commentaire si c'est bien ça et si l'origine éthémologique est juste. Du coup nous avec Julien, on n'est pas allé au massage. C'est le massage qui est venu à nous.
- Speaker #1
C'est ça, nous on n'a pas eu le choix.
- Speaker #0
On n'a pas eu le choix, non.
- Speaker #1
Je pense qu'il y avait déjà de base cette passion ... du toucher. On ne vient pas, je pense, qui n'est pas hasard.
- Speaker #0
Moi, je voulais soigner avec mes mains.
- Speaker #1
C'est ça. On voulait tout simplement soigner avec ses mains. On avait quand même une petite façon de masser. Je pense avant, on se disait, voilà, on savait un petit peu masser. En tout cas, on aimait se toucher. Et c'est comme ça que le massage... Voilà. En fait, Non, non. On n'a pas eu le choix, en fait, finalement, d'aller sur le massage. C'est vrai,
- Speaker #0
on n'a pas eu le choix. Comme tu le dis, ça faisait partie de nos études, parce que maintenant, on dit qu'on est kinésithérapeute, mais le terme concédé dû à notre grand âge, c'est qu'on a des diplômes de masso-kinésithérapie. Intimiste. Le massage dans notre profession, il a assez été mis en mal au final. parce que sous couvert d'une démarche, ce qu'on appelle EBP ou EBM, donc Evidence-Based Practice ou Evidence-Based Medicine, qui doit se reposer sur les dernières données de la science, on a considéré que le toucher en général, la thérapie manuelle et d'autant plus le massage, n'avaient pas assez de preuves scientifiques et appartenaient justement plus au bien-être. Est-ce que tu peux nous en dire plus finalement ? Est-ce que c'est juste ? Est-ce que c'est faux ?
- Speaker #1
Bah, c'est faux.
- Speaker #0
Merci. Julien, merci d'être venu.
- Speaker #3
Merci.
- Speaker #1
Salut. Non, tu peux dire pourquoi c'est faux. Pourquoi c'est faux ? En fait, la problématique, c'est qu'en tant que kinésithérapeute, ou en tout cas de masseur kinésithérapeute, les patients venaient nous voir et nous demandaient spécifiquement du massage.
- Speaker #0
Avec de la chaleur et du tense.
- Speaker #1
Avec de la chaleur, du tense et un peu de lumière. C'était des infrarouges, des lampes chauffantes.
- Speaker #0
On parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.
- Speaker #1
Et finalement, c'est comme ça qu'on a... connu, nous, ce métier de kinésithérapie où les gens venaient pour une lombalgie, par exemple, on venait, on lui massait le dos, on lui mettait une bouillotte de chaud dans le dos, un peu de tense, un peu d'électrode, et merci, au revoir. En fait, on s'est aperçus que ça ne marchait peut-être pas si bien que ça et que finalement, les études sont venues petit à petit et ont prouvé que le mouvement était vraiment le soin le plus adapté pour un des meilleurs des médicaments. Et finalement, on s'est dit, le massage, on va le mettre de côté, on va le mettre au placard. Et c'est comme ça qu'il y a eu cette guéguerre à un moment donné, avec les esthéticiennes dans un premier temps, qui ont commencé à vouloir parler massage. On parlait de remodelage ou de modelage, je ne sais plus. Tout à fait,
- Speaker #0
elles utilisaient le terme modelage au début.
- Speaker #1
Et pas de massage, parce que nous, en tant que kiné, on avait un peu lâché ça. Et c'était là où il y avait un problème, c'est que finalement, les patients avaient toujours besoin d'être massés. Il faut savoir que la peau est le plus grand organe du corps. La peau est... un organe, donc qui a besoin aussi de bouger, qui a besoin de mouvement. Et le massage permet le mouvement de cet organe. Et donc, va permettre de travailler aussi la mobilité, va permettre de travailler tout ça. Et finalement, dans les pays, on va dire, d'Amérique latine, et notamment en Brésil, il y a plus de 30 ans, il y a une dame, un professeur en physiothérapie, donc en kinésithérapie, a créé le terme de dermatofonctionnel. C'est comment redonner la fonction de la peau, donc comment traiter la peau. Et depuis ces 30 dernières années, finalement, il y a eu pas mal d'études scientifiques, mais qui sont restées côté
- Speaker #0
Amérique. L'autre côté de l'océan.
- Speaker #1
Et qui vont, j'espère grâce à la dermato-fonctionnelle en France, arriver plus facilement. En tout cas, des études scientifiques vont arriver.
- Speaker #0
En fait, ce que tu nous dis là, c'est hyper important. C'est-à-dire qu'on voit la kinésithérapie par le prisme de la lombalgie. Par le prisme de la blessure du sportif ou des croisés, de l'intorse de cheville, etc. La kinésithérapie, en fait, c'est bien plus large que ça. Ma spécialité autour du périnée et des abdos, on en entend très peu parler. On n'est pas beaucoup à la pratiquer à l'échelle du nombre de kinésithérapeutes. Et pourtant, ça fait partie pleinement de la kinésithérapie. Je suis aussi spécialisée en physio-dermato-fonctionnel, en kiné-lapo depuis des années, mais ça ne portait pas vraiment de nom. Les kinésithérapeutes qui ont envie d'aller se former plus, ou en tout cas juste d'en savoir plus pour comprendre, n'hésitez pas à aller sur le compte de la Physio Dermato-Fonctionnelle. Vous avez les liens en bas de cette vidéo ou en bas de ce podcast. intimiste. Pour aller plus loin, on va revenir sur le massage comme outil thérapeutique et c'est ça qui est hyper important et c'est ça qui a amené beaucoup de confusion dans la tête des gens et dans la discussion parce que masser c'est toucher, on l'a dit, c'est l'origine étymologique du mot, mais quand ça soigne et que ça devienne thérapeutique, c'est de l'ordre des professionnels de santé et de la santé et c'est là où ça amène plein de discussions finalement. Donc à l'heure actuelle, pour se poser sur ce qui est légal en France, on va dire, c'est qu'il y a les esthéticiennes Merci. qui sont passés par le modelage, le remodelage et maintenant le massage bien-être. Il y a les kinésithérapeutes qui font du massage thérapeutique. Ça fait partie de nos outils thérapeutiques. Et oui, on soigne avec parce que tu as très bien parlé de la peau, Julien, mais la peau, parfois, elle a des lésions, elle a des cicatrices. Et le massage, qu'il soit mécanique via des machines ou manuel avec nos mains, il apporte de la mobilité à ces cicatrices et c'est vraiment du thérapeutique. Et puis entre les deux, au milieu. Il y a les masseurs. À l'heure actuelle, c'est une profession qui est non réglementée. Et pourtant... Je crois qu'on peut tous dire qu'on adore aller chez un masseur ou tout simplement se faire masser pour son bien-être. Donc Judith, j'ai envie de te redonner la parole. Toi, tu es beaucoup, beaucoup formée au massage. Tu ne l'utilises pas à l'heure actuelle, mais tu l'as déjà utilisé. Et surtout, sur ton compte, tu proposes des automassages. Et ça, ça m'intéresse surtout au niveau du ventre.
- Speaker #2
Bien sûr, j'ai découvert, moi, en me lançant un peu dans cet univers de massage, que nous étions beaucoup, finalement, à être assez déconnectés de notre corps. propre corps. Et en discutant autour de moi, c'est vrai qu'on se touche très peu. Le ventre, n'en parlons même pas. Chez la femme, c'est quand même une zone qui est fascinante, mais également assez taboue. Que ce soit les ovaires, les grossesses, l'endométriose, le côlon irritable, etc. C'est vrai que j'ai découvert qu'énormément de femmes étaient déconnectées de leur ventre. Et que parfois, avant même de se lancer dans l'automassage, il y a quelque chose que je trouve primordial, c'est de s'y reconnecter déjà par le toucher, rien qu'en y posant ses mains. Et c'est vrai que, et moi j'ai découvert quand je massais, que parfois juste le fait de poser mes mains sur le ventre d'une femme pouvait déjà, avant même de faire n'importe quel massage ou manipulation, ressortir des émotions. Nombreuses de mes clientes ont déjà pleuré sur la table de massage parce que après un traumatisme, après des complexes ou que sais-je, elles s'étaient complètement déconnectées. et il existe un axe qui s'appelle l'axe intestin-cerveau qui fait que le cerveau et le ventre communiquent constamment dans un sens mais aussi dans l'autre. Donc moi, ça me fascine parce que le toucher a des vertus quasi miraculeuses. Je n'aime pas le mot miracle, donc je ne vais pas l'utiliser, mais en tout cas, des bienfaits inouïs et que déjà, se reconnecter au toucher, se toucher, poser ses mains sur soi, c'est très, très, très important et ça paraît... anodin et un peu banal dit comme ça, mais nous ne le faisons pas. Et il faut le faire.
- Speaker #0
Je te rejoins totalement sur la notion du ventre et de toucher son ventre. Forcément, par ma spécialité première, des femmes qui ont mal, j'en croise tous les jours au cabinet. Effectivement, moi aussi, quand je pose les mains sur elles, il peut y avoir des remontées émotionnelles. C'est là où se pose la limite de est-ce que le toucher est thérapeutique de fait ? Ou est-ce que c'est la façon dont on touche qui est thérapeutique ? On vient tout de suite dans le débat qui est, est-ce que le massage doit être réservé à des professionnels de santé ou pas ? Et c'est là où moi je dis que non. Parce que vraiment, le fait de se reconnecter à son corps, c'est propre à chacun. Tu parles beaucoup d'auto-massage sur ton compte. Et c'est un parallèle qui paraît un peu capillotracté. Quand tu as dit les gens ne se touchent pas, les femmes ne se touchent pas. Moi je vais même aller beaucoup plus loin. Je vais y aller avec les deux pieds. Quand on parle de massage, on a tous l'image. ou en tout cas, quand nous, professionnels du massage, on n'a pas l'image, on a toujours des clients ou des patients qui nous ramènent l'image du massage érotique. Le toucher est érotisé, quelle que soit la zone. Et c'est vrai que le fait de dire « elle ne se touche pas » , moi je pense forcément à l'intimité, à la masturbation, parce que c'est ma spécialité, mais en allant plus loin, effectivement, comme si leur propre corps ne leur appartenait pas. Et il y a cette notion-là, et puis il y a la notion de douleur, en fait. On la connaît bien, nous, dans notre métier. On a des muscles qui se sidèrent, des muscles qui fonctionnent très bien, la connexion neurologique est parfaite, mais le muscle ne veut pas se contracter parce qu'il y a eu de la douleur, le cerveau a chanté l'information. Et ramener de la prise de conscience corporelle, c'est hyper important. Donc toi, tu proposes pas mal de techniques d'automassage, au final, pour qu'elles se reconnaissent vraiment à leur corps ?
- Speaker #2
J'en propose énormément. parce que j'ai envie de proposer un panel assez large pour que tout le monde y trouve son compte. Et moi, ça me tient aussi très à cœur que les massages ne soient pas réservés à une élite qui a les moyens financiers également, parce qu'aller se faire masser, ça coûte cher. Prendre soin de soi, finalement, ça coûte cher. Et nous en avons tous besoin. Donc moi, j'essaye de lutter. Je ne vais pas lutter contre les inégalités, mais en tout cas, à mon niveau, si je peux offrir ce... luxe qui ne devrait pas en être à tout le monde, alors je suis satisfaite de mon travail. Si on a les moyens d'aller se faire masser, c'est incroyable. Si on ne les a pas, on peut quand même, avec ses propres mains, s'apporter du soulagement et du réconfort et du bien-être. Et ça, c'est très, très important que ce bien-être-là ne soit plus qu'un luxe réservé aux gens qui ont les moyens, mais vraiment à un plus grand nombre.
- Speaker #0
J'aime bien cette vision des choses parce que là aussi, où des fois les définitions sont un peu complexes, c'est qu'on parle de bien-être depuis tout à l'heure, on parle de thérapeutique, mais finalement, on est dans la santé. La définition de l'OMS, maintenant tout le monde la connaît à peu près, c'est un état de complet bien-être physique, psychologique et social. Alors vas-y dans cette tambouille, où c'est que c'est la limite de la santé et de la non-santé ? Parce que la santé c'est complexe, la santé c'est notre corps, notre esprit et comment on se sent dans la société, mais c'est vraiment important cette notion de complet bien-être. Parce que finalement le bien-être qu'on entretient aujourd'hui, C'est aussi voir quand est-ce qu'on bascule plutôt dans le non-bien-être, voir dans la pathologie et dans la maladie, et se prendre en charge plus tôt aussi. Parce que quand on connaît son corps et qu'on a conscience de son corps, on peut dire, ah là, vraiment, je ne vais pas m'en sortir toute seule, il faut que j'aille consulter.
- Speaker #2
Ce qui est déjà une étape difficile, je pense. Et c'est pour ça qu'à mon niveau, déjà en passant par l'automassage, ça peut amener les personnes sur la voie d'eux, ensuite, à aller plus loin. Donc déjà en se disant, j'ai touché, là je vois que j'ai une douleur, un inconfort, ceci, cela. Et si ça peut les amener ensuite à une prise de rendez-vous avec un kiné, un ostéo, je pense que ça peut se faire par étapes aussi. Tout à fait.
- Speaker #0
Et c'est hyper important, maintenant, dans toutes les prises en charge thérapeutiques, que ce soit le cancer du sein, que ce soit l'endométriose, on sait qu'il faut qu'on travaille tous ensemble. Il y a ce qu'on appelle des soins de support, qui sont des soins non thérapeutiques, mais qui viennent améliorer le bien-être de la personne qui vit un moment compliqué. Notamment, on peut penser au cancer, par exemple. Et moi qui suis spécialisée en endométriose, c'est une évidence que les réponses médicales, on est sur la chirurgie et sur la médication. Donc, il va y avoir des réponses thérapeutiques manuelles via la kinésithérapie. Mais que chaque femme ait des outils au moment de la crise pour être en capacité de s'automasser, de respirer, etc. C'est hyper important et ça leur redonne le pouvoir. Et ça, vraiment, c'est une notion hyper importante de comprendre qu'on connaît son corps et qu'on peut agir dessus.
- Speaker #1
En fait, c'est ça qui est extraordinaire. C'est que je pense qu'autour de cette table, on est tous acteurs de santé. Nous sommes, Sabrina et moi, professionnels de santé, régis par la loi et tout ça.
- Speaker #0
On a des diplômes d'État.
- Speaker #1
On a des diplômes d'État, mais je pense que... autour de cette table, nous sommes tous acteurs de santé. C'est là où je vous rejoins vraiment entre le thérapeutique, le non-thérapeutique. Je pense qu'aujourd'hui, et de plus en plus, on est dans une médecine intégrative. On parle beaucoup, beaucoup, beaucoup de médecine intégrative. C'est quoi ? C'est tout simplement remettre le patient au centre de son traitement. Et c'est là où la pluridisciplinarité va avoir un rôle plus qu'important. Finalement, une femme qui a eu un cancer du sein va avoir besoin un moment de se toucher. de s'automasser, de reprendre confiance dans son corps, reprendre contact avec son corps. Elle va faire du sport, donc elle va avoir besoin de récupération à un moment donné aussi, parce que c'est un sport à un moment donné tout ça. Et que nous, en tant que kinésithérapeute, on va redonner un mouvement, peut-être après son opération, une cicatrice, on va être là pour redonner. Et je pense que là où c'est le plus important, ce n'est pas une question de thérapeutique, mais peut-être. je l'assume, peut-être de thérapeutique ou non, mais en tout cas, c'est de moment. C'est à quel moment la personne va avoir quel type de massage.
- Speaker #3
Et est-ce que ce n'est pas peut-être aussi à la personne concernée de décider si c'est pour elle thérapeutique ou non, pour la personne qui vient se faire masser, que ce soit chez un kiné, un masseur, une masseuse ? Je suis toujours clair dans ce que je propose, mon massage n'est pas thérapeutique. J'ai certains sportifs qui me disent « mais grâce à toi, je récupère mieux que si j'avais fait ci ou ça » . Et je ne prends pas parti, je les laisse penser et dire ce qu'ils souhaitent. Et eux-mêmes se disent parfois « j'ai l'impression que ce que tu me proposes est thérapeutique » . Je reste encore une fois très clair sur le fait que... Ce que je propose n'est pas thérapeutique, mais c'est vrai que je me pose souvent la question, est-ce que ce n'est finalement pas, pour ma part, à l'athlète de décider et pour les personnes qui ? Dans ton cas, par exemple...
- Speaker #0
Je pense qu'effectivement, quand il n'y a pas de pathologie... quand il n'y a pas de maladie, la personne peut être totalement actrice de sa santé et elle va voir qui elle veut pour se faire masser. Pour moi, c'est une guerre qui n'a même pas lieu d'être parce que nous, en tant que kinésithérapeute, on peut faire du massage thérapeutique, mais on peut bien évidemment faire du massage qui n'est pas thérapeutique. Et dans nos cabinets, en dehors de nos cabinets, on peut proposer tout type de massage. Donc le débat, il est vraiment sur, tant qu'il n'y a pas de pathologie, parce que la récupération sportive, on n'est pas dans le cadre d'une pathologie. La question ne se pose même pas. Pour moi, le massage, il est évidemment fait par la personne choisie qui sait qui va le masser. C'est à partir du moment où il y a une pathologie, où soit le massage devient thérapeutique s'il y a une cicatrice sur la peau, s'il y a un lipodème, s'il y a un lymphodème, s'il y a une flébite. Bien sûr. C'est la peine noire de tous les masseurs. Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est une flébite. En fait, en général, le mollet est rouge, chaud, cartonneux. Mais évidemment, comme nous ne sommes pas des livres ouverts, ce n'est pas toujours aussi évident. Et en tout cas, c'est un caillot de sang qui est dans le mollet. Et si par nos massages, on le décroche et qu'il finit dans les poumons, la personne meurt. Voilà, c'est aussi simple que tout ça. Donc là, effectivement, personne n'a envie de jouer en général. Donc ça, normalement, les masseurs qui ont un bon background, ils le savent. Intimiste. Donc finalement, quand il n'y a pas de pathologie, la question de qui masse, comment, c'est vraiment à la personne de choisir. La question va se poser quand est-ce qu'il y a une pathologie. C'est pour ça que je vous ai vraiment parlé de la flébite parce que ça, c'est la benne noire de tous les masseurs. Et surtout de la capacité du masseur à être un bon masseur, à être bien formé. Les esthéticiennes, elles sont bien formées parce qu'elles ont un process. Les kinés, on est bien formés parce qu'on a un process. Ça veut dire que l'État réglemente nos formations et il met son nez dedans. les masseurs le problème je vous ai dit en tout début que c'était une profession qui était non réglementée donc peut se dire masseur quelqu'un qui a fait deux heures de stage sur le drainage lymphatique du visage versus quelqu'un qui a fait deux ans de formation qui a appris l'anatomie qui a appris tous les détails qui vont et qui sont nécessaires à pratiquer un bon massage donc est-ce que vous vous avez un point de vue notamment ceux qui sont masseurs parce que vous êtes dans cette partie là un peu floue artistique je pense que ça vous ou dessert aussi finalement, le fait que ça ne soit pas réglementé ?
- Speaker #2
Est-ce que je peux commencer ?
- Speaker #3
Je t'en prie.
- Speaker #2
Alors moi, je ne sais pas si c'est ma rigueur personnelle d'ancienne journaliste qui fait que quand je me suis reconvertie dans le massage, j'ai eu à cœur de me former très sérieusement et très rigoureusement à des méthodes différentes. Et c'est vrai que je suis également formée au drainage lymphatique, d'une méthode qui est très connue sur les réseaux sociaux et que l'on voit à peu près partout. Et lorsque j'ai découvert... On commence par Ré. qui commence par K. Ça.
- Speaker #1
Qui finit par ça.
- Speaker #2
C'est vrai qu'il y a un C, c'est dit. Et lorsque j'ai découvert que le processus d'accès à cette formation n'était pas encadré du tout et ne demandait aucun prérequis, j'ai été vraiment choquée. Choquée. Parce que je l'ai dit plusieurs fois, moi, sur mes réseaux sociaux, publiquement, je n'ai aucun souci. J'aime énormément la méthode. Je déplore en revanche la facilité d'accès à cette méthode. C'est-à-dire qu'on peut, et j'ai un exemple de quelqu'un qui était à la formation avec moi, charmante, mais elle était gendarme le lundi, elle s'est formée le mardi-mercredi, et le jeudi, elle s'auto-proclamait praticienne en drainage lymphatique. Donc elle ne disait pas masseuse, mais il y avait quand même praticienne en drainage lymphatique. Tout ça en quatre jours. Moi, je trouve ça étourdissant d'absurdité. Parce qu'elle m'a par la suite en plus massée. Et je sentais que quand elle me massait le ventre, elle ne savait même pas vraiment quels organes elle touchait. Donc moi, je crois que j'avais même écourté le massage parce que je n'ai pas envie qu'on me fasse mal. Surtout les organes digestifs du ventre sont quand même assez importants et primordiaux. J'y tiens. Tout à fait d'accord. Et en fait, je suis pour la démocratisation du bien-être, mais pas pour le grand n'importe quoi qu'il y a autour de ça. Et c'est vrai que moi, je les avais contactés en leur disant je réitère, j'adore la méthode en revanche, s'il vous plaît, imposez juste un prérequis d'un minimum d'une centaine d'heures de formation en massage suédois, californien et anatomie moi je trouve ça quand même fou de se dire quelqu'un va me toucher, il ne sait même pas ce qu'il touche on est bien d'accord même pas la branche de l'estomac et je trouve ça encore plus fou de devoir le préciser en marchant la tête
- Speaker #0
Je suis d'accord. Sans compter la partie aussi quand même commerciale et pécuniaire de cette méthode qui vous vend du rêve, le coût.
- Speaker #2
Et ça a augmenté depuis que je me suis formée. Il paraît que ça n'a pas doublé, mais ça a pris un bon 25%.
- Speaker #0
La formation demande beaucoup d'argent aux gens qui viennent se former. C'est sûr, c'est un business pour la formatrice. Après, les gens formés demandent des prix qui sont quand même astronomiques. Alors moi, je viens de Toulouse, on ne peut pas comparer avec... Paris parce qu'on n'a pas les mêmes contraintes, mais quand même, même à Toulouse, ça coûte vraiment très très cher, juste pour avoir l'étiquette de cette formation. C'est des choses, pour le coup, qui ne sont pas du tout EBP, EBM, parce qu'on met l'étiquette de non, et on ne met pas des techniques en face. Et en plus, il y a tout le côté, vous reconnaîtrez aisément en général, on vous draine une jambe, on prend une photo pendant que vous êtes allongé, on dit « Ah, il y a une jambe qui a vachement perdu, vous vous levez, ça a repris. » Ben oui, la chasse vasculaire et lymphatique, au bout d'un moment, vous avez beau pousser, quand vous revenez debout, la gravité fait son job en fait.
- Speaker #2
Et sur les deux jours de formation, 30 minutes sont dédiées à vous faire télécharger une application pour faire des photos avant-après. Voilà.
- Speaker #3
C'est la culture du buzz, ou en tout cas, c'est ce qui va marcher sur les réseaux pour avoir plus de clients.
- Speaker #0
Sur ça, on va être tranquille parce que du coup, Julien, je te laisserai la parole juste après pour le drainage lymphatique et cette méthode. Je sens que tu bouillonnes, que tu as envie d'en parler. Mais je trouve cette parenthèse importante, c'est qu'ici, autour de la table, du coup, on a tous une présence sur les réseaux sociaux. on est plusieurs à se définir comme créateurs ou créatrices de contenu et à rappeler qu'on a des obligations professionnelles en fonction de nos métiers. Donc nous, parce qu'on est kinésithérapeute, on a un code de déontologie. Mais quand on crée du contenu, on doit répondre à l'ARPP qui est en fait la publicité et on est contrôlé par la DGCCRF, donc la Direction Générale des Frontes quand même, donc ça ne rigole pas. Et il y a des données qui ont été partagées il n'y a pas si longtemps que ça pour protéger les consommateurs. Les photos avant-après sont en cours d'interdiction. Quelle que soit la technique esthétique, on ne pourra pas accoler un avant-après parce que justement, ça fait trop méthode commerciale donner envie de le faire et que l'esthétique, moi, je trouve que c'est très positif. Je valorise la médecine esthétique, la chirurgie esthétique, la kinésithérapie esthétique, mais ça doit être fait dans de bonnes conditions avec l'envie de la personne et on ne doit pas implémenter des techniques de vente parce que ce n'est pas rien en fait, ces techniques. Que ce soit du drainage lymphatique ou de la chirurgie, ce n'est pas rien.
- Speaker #1
Et surtout que la majorité des photos qu'on peut retrouver en avant après sont photoshopées.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #2
je suis étonnée.
- Speaker #1
Pour une grande majorité. Pour revenir au drainage lymphatique, oui c'est vrai que depuis tout à l'heure ça me sent un petit peu.
- Speaker #0
Vous êtes en vidéo, vous l'avez vu, vous êtes en audio, vous ne l'avez pas vu, mais il bouillonne Julien.
- Speaker #1
C'est un sujet qui est excessivement intéressant. Pourquoi ? Parce que le drainage lymphatique est une technique. exceptionnelle. Quand c'est bien fait, bien manipulé et surtout avec un raisonnement, c'est une des techniques de massage qui est exceptionnelle. Maintenant, la problématique avec ces...
- Speaker #0
ce marketing, on va dire, de masse autour du drainage lymphatique, c'est que ça a formé plein de monde qui, effectivement, un jour est gendarme, le lendemain, agent immobilier, le troisième jour, vendeuse dans X marque et en fin de semaine, se dit tiens, je vais aller faire des massages sans savoir quoi toucher. Un massage peut avoir une action exceptionnelle comme peut avoir des actions très, très graves. Je suis pour le drainage lymphatique. Encore une fois, moi, je suis pour les masseurs non thérapeutiques, entre guillemets. Mais je suis aussi pour que ce soit encadré, qu'il y ait une vraie formation et qu'on explique aux gens avec un minimum d'anatomie. Pourquoi ? Moi, dans mon activité toujours, je suis spécialisé en post-opératoire de chirurgie esthétique. Effectivement, tu parlais tout à l'heure d'esthétique et de médecine esthétique et de chirurgie esthétique. Moi, c'est ma spécialisation. Je gère le post-op de chirurgie esthétique. Aujourd'hui, sur le marché, la majorité des personnes qui ont fait ces formations de drainage lymphatique se disent aussi faire du drainage post-opératoire de chirurgie esthétique. Il faut savoir qu'une chirurgie esthétique, ce n'est pas juste, tiens, c'est un truc cool, je vais me refaire faire des seins, je vais faire mon nez, je vais faire ma bouche. Non, c'est un acte médical. C'est un acte chirurgical qui a des conséquences médicales. Et donc, la seule personne qui peut toucher derrière est un professionnel de santé formé. Ça, pour le coup, je serai hyper clair toujours là-dessus. Après, c'est comme tout. Demain matin... On se fait opérer du genou pour un croisé, on va chez le kiné après l'opération. On ne va pas chez le boucher. Ça me paraît logique. En tout cas, on ne va pas chez un autre professionnel qui n'a rien à voir.
- Speaker #1
Ou même, on ne va pas chez le coach sportif.
- Speaker #0
Tout simplement, je ne voulais pas arriver là.
- Speaker #2
Mais c'est super important de dire ça.
- Speaker #1
De dire oui, on ne va pas chez le boucher, etc. Ça peut paraître un peu... Mais on ne va pas chez le coach sportif. Il y a une chirurgie, on va chez le kiné, chez le professionnel de santé et le coach. sportif, il va s'intégrer.
- Speaker #0
Et ça peut être le meilleur des préparateurs physiques ou des coachs sportifs au monde, tu ne fais pas ta rééducation avec lui. Tu fais ta rééducation avec le kiné, et après par contre, c'est là où on revient encore à se travailler ensemble. Et c'est là où c'est hyper intéressant, c'est que on va aller voir le coach sportif après, pour aller faire son réentraînement à l'effort, son ce qu'on appelle le return to play, enfin c'est... Voilà. Mais en massage, et notamment en post-opératoire de chirurgie esthétique, ça va être la même chose. On va chez le kiné dans un premier temps, on fait les soins qu'il faut, parce que ce n'est pas juste du drainage lymphatique dans les soins. Il y a beaucoup, beaucoup de techniques à mettre en place et surtout en préventif. Et après, si elles ont envie... Et de la surveillance médicale, la surveillance de la cicatrice, la surveillance d'un hématome, les désinfections, les red flags.
- Speaker #1
Ça va au-delà de...
- Speaker #0
Exactement, ce qu'on appelle les red flags dans notre métier. Et il va falloir gérer ça. Après, qu'elles aient envie, ou qu'ils aient envie, nos patients, nos patientes ? d'aller faire des soins de drainage lymphatique brésilien pour du bien-être. Mais bien sûr, allez-y, au contraire. Et moi, je travaille avec des masseuses qui sont exceptionnelles, mais qui sont formées, qui ont un minimum d'anatomie et qui sont même venues se former au cabinet pour comprendre. Et là, c'est extraordinaire.
- Speaker #2
Et là, en plus, tu auras le lien directement avec ces professionnels. Donc je trouve que c'est justement parfait, notamment pour donner confiance aux patients, de se dire effectivement, ça a été recommandé par mon kinésithérapeute. J'ai à peu près aussi des fois le même lien avec des kinésithérapeutes qui vont m'envoyer leur patient, parce que le massage peut être intéressant à un certain moment de la rééducation. le kiné va sembler intéressant de me renvoyer son patient. Et là, il y a un vrai suivi. De mon côté, je suis serein sur le fait qu'il y a peut-être une pathologie, mais le kiné a validé et a conseillé. Parce que sinon, à l'inverse, lorsque j'ai un athlète qui me contacte pour me dire, en me disant, pardon, je me suis déchiré un muscle. Ça, c'est un bon exemple aussi. On parlait de la phlebit, même si la phlebit étant bien plus grave. Dans le cas d'une déchirure tissulaire, je ne touche pas l'athlète. Ça, c'est super important aussi que... certains masseurs le sachent, et c'est là où je vous rejoins, parce que le fait que dans la formation, il doit y avoir bien sûr beaucoup d'anatomie, super important, mais aussi pour les masseurs qui souhaitent aller dans tous les domaines, mais surtout dans le domaine du sport, les pathologies du sportif, les plus importantes à connaître, c'est un sujet qu'on aborde peu, mais qui est important, et pour ma part, lorsqu'il y a une pathologie, je renvoie d'abord... cet athlète vers son quasi-thérapeute, à la rigueur, il pourra revenir vers moi si son kiné aura décidé que c'est important.
- Speaker #1
Oui, il ne fait pas plus de disciplinarité. J'allais faire le parallèle avec l'ostéopathie, par exemple. Moi, je suis kiné-ostéopathe. L'ostéopathe qui est pratiqué par des non-professionnels de santé, de base, ils ne sont pas censés faire du thérapeutique. Mais ils font surtout quelque chose qui est ultra important, c'est le triage patient. Et finalement, vous, en tant que masseur, vous devez faire du triage patient pour savoir... C'est important. Ou du triage client, pour le coup, puisqu'on ne peut pas les appeler des patients, mais pour savoir si vous devez les garder. ou pas. J'entends ce que tu dis, ça me rassure quand c'est le kiné qui me l'envoie. Bien sûr. Parce qu'on ne peut pas tout savoir et ça ne fait pas partie intégrante de la formation. On a parlé de flébite, on a parlé de déchirure, c'est la base. Mais des fois, c'est un peu plus costaud, c'est un peu plus complexe. Donc, c'est là où la pluridisciplinarité fait sens. Et nous, en tant que professionnels de santé, on a des structures où on peut accueillir en première intention et on va arriver de plus en plus à la première intention. Ça veut dire qu'on n'aura plus l'ordonnance médicale. Ça sera de notre responsabilité de kinésithérapeute de dire « Ok, là, tu as le droit de te faire masser. » un bien-être, un récup, un ce que tu veux. Je peux le faire, c'est quelqu'un d'autre qui le fait, c'est nickel. Là, non, tu n'y vas pas, ce n'est pas le moment.
- Speaker #2
Exactement. Super important.
- Speaker #3
Et je pense qu'il y a beaucoup d'égo là-dedans. Quelqu'un qui ne va pas oser dire « je ne sais pas faire, ce n'est pas mon champ de compétences » et c'est ce proverbe « seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » . Je pense qu'il y a aussi énormément d'égo dans le fait de dire « ça, non, je ne sais pas le faire, je vais t'envoyer chez un tel ou un tel » . Et c'est vrai qu'on s'en rentrait dans un débat philosophique, l'ego. C'est dur d'en avoir parce qu'il en faut. Tout à fait. Mais que ça peut être un excès d'ego de ne pas oser dire aux patients, aux clients, je ne sais pas faire. Il y a quelque chose vraiment de quasi humiliant dans le fait de dire je ne sais pas. Et c'est fort dommage. C'est bien de ne pas savoir parce que ce que je ne sais pas, quelqu'un d'autre va le savoir. Et c'est génial de dire moi, je ne sais pas. Donc, hop, lui saura, elle saura.
- Speaker #1
Il y a autre chose aussi, il y a l'effet Donning-Kruger qui est un biais cognitif important où celui qui sait le moins passe à avoir le plus et celui qui sait le plus pense à avoir le moins. Donc au-delà de l'ego, il y a aussi cette notion que forcément quand tu sors de deux jours de formation où on t'a boosté, on t'a dit que super, tu faisais un drainage lymphatique hyper efficace, que tu pouvais gagner vachement d'argent avec ça. tu sors de là, t'es renforcée à bloc, on t'a même pas parlé des problèmes en fait, donc tu les vois pas les problèmes. Et c'est là où c'est ultra dangereux. Et pour revenir sur le je ne sais pas, j'ai compris la puissance de ces mots-là assez vite. C'est peut-être deux ou trois ans que j'étais kinésithérapeute. Je commençais mes études d'ostéo, j'ai un jeune homme qui arrive qui vient me voir en disant il était complètement bloqué au niveau des épaules, vous l'imaginez avec les épaules remontées, la tête qui tourne ni à droite ni à gauche, un bon vrai torticolis, et qui vient me voir un vendredi soir en me disant ah, Je suis complètement bloquée, j'en peux plus. Et je dis, mais c'est très inflammatoire, ça va passer. Il dit, oui, mais demain, j'ai un concert, je joue, mais il faut être quoi ? Du métal. J'étais là, ah oui, donc vous basculez la tête. Oui, il m'a dit. Je dis, ben en fait, je ne sais pas, je ne vais pas y arriver. Je suis dans ma première année d'ostéopathie. Enfin, je ne suis pas assez bonne, c'est même pas que je ne sais pas, mais là, je ne vais pas y arriver. Et je pense que le plus important, peut-être, ça serait une piqueur d'anti-inflammatoire chez le médecin ou en tout cas, aller voir votre médecin. Et il est revenu 15 jours après. juste parce qu'en fait, comme il avait eu confiance en moi parce que je lui avais dit que je ne savais pas, il était revenu pour son torticolis, a posteriori, pour que je m'occupe de la phase non inflammatoire. Et chaque fois que j'ai eu dit je ne sais pas, ça m'a toujours rendu service. Et ça a toujours amené beaucoup de confiance.
- Speaker #2
Ou je ne peux pas aussi d'ailleurs.
- Speaker #1
Ou je ne peux pas.
- Speaker #2
Je ne peux pas, c'est pas dans mes compétences.
- Speaker #1
Confiance à face. Donc vraiment déconstruire ce truc de on va pas avoir confiance en moi si je dis que je ne sais pas. En fait, c'est l'inverse.
- Speaker #3
C'est génial de ne pas savoir.
- Speaker #1
Ça monte notre limite de compétence et on n'est pas obligé de savoir.
- Speaker #2
Ça rassure, je te l'ai dit.
- Speaker #1
Et quand on parle d'ego, je vais revenir sur l'ego de notre profession des kinésithérapeutes. Oui, on fait du massage thérapeutique, on est les experts du massage. En tout cas, en France, c'est comme ça qu'on nous amène parce qu'on s'appelait des masseurs kinésithérapeutes. On a la chance de pouvoir tout faire. On ne sait pas tout faire.
- Speaker #0
Et on n'a pas le temps de tout faire.
- Speaker #1
Et on n'a pas le temps de tout faire et peut-être pas l'envie aussi.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Je me sens plus efficace dans mon cabinet en faisant du thérapeutique pur qu'en faisant un massage bien-être du dos, même si en vrai, c'est quelque chose que j'apprécierais transmettre à mes patientes. Mais je sens que mon temps, je n'ai pas envie de le donner à ça. Donc, j'ai l'autorisation, j'ai les capacités, mais je n'ai pas le temps ou l'envie.
- Speaker #0
Mais on ne peut pas savoir tout faire de toutes les manières, même dans notre métier. Je pense que même notre métier de kinéthérapeute est voué à se spécialiser, même de toutes les manières. Parce que le lundi, nous, on est dans la kiné du sport. Le mardi, on est dans la dermato-fonctionnelle. Le mercredi, on est en cancéro, en périnéo. Enfin, voilà. Donc, à un moment donné, je pense qu'on est voué à se spécialiser. On est voué à accéder à des compétences, à des meilleures compétences. Et c'est en faisant certaines choses qu'on est meilleur. Si on fait tout en même temps, on n'y arrivera pas. Et c'est là où, moi, merci en tout cas de venir sur le massage. parce que j'ai des patients qui ont réellement besoin des patients sportifs. Voilà, j'ai encore des patients sportifs pour de la dermato fonctionnelle, pour le coup, pour des cicatrices. Et quand ils ont besoin d'être massés, c'est fou. Je trouve personne pour me faire masser. Maintenant, je te connais. Maintenant, je te connais, monsieur. Je sais qui. Je vais en parler. On est en retard. On est en retard en France. Il y a tellement de choses.
- Speaker #2
Sur le toucher, sur le fait de se connaître, sur le fait d'accepter que quelqu'un d'autre nous touche. de façon pas uniquement physique, mais aussi émotionnelle. De façon... Enfin, voilà, on est en retard.
- Speaker #0
Après, est-ce que c'est un retard ou est-ce que c'est une culture ? Les deux.
- Speaker #1
Est-ce que la culture est en retard ?
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
On va devenir sur un podcast très philosophique. On est en retard,
- Speaker #3
mais on est en chemin.
- Speaker #1
On va faire avec ce retard,
- Speaker #2
c'est ce qui me rassure, effectivement. Moi, en tant que praticien, c'est de voir que de plus en plus de personnes, qu'elles soient sportives ou non, se rendent compte que... Ça peut être intéressant aussi de prendre soin de soi. On parle de bien-être, mais on parle aussi de plus en plus de mieux-être. Et justement, ça ne passe pas uniquement par... Heureusement, avant, on pensait apprendre de se faire aider par son médecin avec des médicaments. Aujourd'hui, de plus en plus, on s'en compte qu'il y a des choses qui existent, qui ne sont pas uniquement, comment dire, des médicaments médicaux, et qui permettent vraiment d'aller mieux, tout simplement.
- Speaker #0
D'aller mieux et de vivre mieux, en meilleure santé.
- Speaker #2
Et continuer à aller mieux.
- Speaker #0
On est beaucoup dans ce débat, enfin le débat, mais en tout cas, ce chemin de la longévité. C'est quoi la longévité ? C'est vivre mieux, plus longtemps, en meilleure santé. Le massage a une part hyper importante dedans. Bien sûr.
- Speaker #1
Bien sûr. Maintenant qu'on vit longtemps, l'idée c'est de vivre longtemps mais bien quand même. Mais bien,
- Speaker #0
en bonne santé.
- Speaker #2
En bonne santé.
- Speaker #1
Tout à fait. Intimiste. Je crois qu'autour de cette table, je vais vous poser la question pour le fun, mais du coup, massage bien fait ou bullshit ?
- Speaker #2
Bien fait, bien sûr. J'ai pris la parole tout de suite. Parce que ça revient à cette notion du retard. C'est que quand on part du principe que quelque chose est bullshit, on ne va pas l'utiliser. Et donc, du coup, on va être en retard. Quand on se rend compte que ça a des bienfaits, on va commencer à l'utiliser. On va commencer à le mettre en place. On va commencer à créer de la pluridisciplinarité avec d'autres professionnels, qu'ils soient de santé ou non. Mais non, bien fait totalement. Et je le dis aussi en tant que massé, j'ai envie de dire. Depuis que j'ai découvert le massage, j'ai appris énormément sur moi-même, sur ma pratique du sport, sur ma relation avec les autres et ainsi de suite. Et maintenant, je suis masseur, donc je ne fais que transmettre ce que j'ai appris. En tout cas, faire en sorte que ceux que je masse ressentent la même chose que j'ai ressenti. Il n'y a rien de nébuleur, rien d'ésotérique, c'est purement...
- Speaker #1
Et rien d'érotique.
- Speaker #2
Encore moins érotique, bien sûr, c'est super important.
- Speaker #1
Un outil érotique et un outil de partage avec l'autre. J'aurais peut-être dû commencer par ça, mais ce qui fait cette particularité de l'outil massage et du toucher, c'est qu'on rentre dans l'intimité de l'autre. À partir du moment où on est dans les 20 centimètres de la personne, on est dans l'intime. C'est les gens qui sont le plus proche de nous. L'intime, majoritairement, c'est corrélé à la sensualité, à la sexualité, etc. Donc, on a cette image que quelqu'un va nous toucher. En plus, parce que le massage, il y a quand même un biais érotique hyper important. C'est, on va dire, un argument de vente pour certains professionnels qui ne peuvent pas utiliser les vrais termes. Donc, il y a ce biais cognitif chez les gens qui disent « Je vais aller me faire masser. Est-ce que vous faites un massage avec finition ? » Nous aussi, on a ces... Et tu me diras, Judith, en tant que femme aussi, s'il y a ces biais importants, s'il y a des luttes importantes. En kinésithérapeute, on peut l'avoir, mais peut-être un peu moins parce qu'on est quand même professionnel de santé. Mais massage-bien-être, j'ai quand même l'impression que les gens switchent rapidement sur cette notion de « on va me toucher, on va rentrer dans l'intime, est-ce que ça pourrait pas un petit peu aller plus loin ? »
- Speaker #2
Et c'est ce qui a engendré aussi le retard. L'une des raisons aussi de ce retard en France, c'est que très vite, le massage est catalogué comme étant une pratique potentiellement sexuelle, que ce soit dans la proposition que vont faire certains praticiens, praticiennes, ou que ce soit dans la recherche de certains clients. Tu l'as dit, il y a cette notion de toucher, d'intime. Donc très vite, on peut se poser plein de questions lorsqu'on reçoit son premier massage. Pour ma part, je suis dans le monde du sport, donc c'est un peu plus facile. Dans le sens où, par exemple, lorsque je fais un massage, il n'y a pas de musique douce, pas de bougies, pas de dansant. On est sur une séance où on parle pendant une heure de ses prochains objectifs sportifs et autres. Donc c'est beaucoup plus simple. On m'a souvent dit, j'ai l'impression de venir chez toi comme je vais chez le kiné, sans avoir finalement le même besoin ou la même pratique. À ce niveau-là, j'ai de la chance, même si je reçois encore, bien sûr, parfois, des demandes. Et donc là, ça existe, je le savais, je filtre. J'espère en tout cas qu'on comprend vite qu'il y a plusieurs types de massages qui existent. Pour ma part, on parle de massages avec le pratique. Exactement. Et je pense que je suis loin d'être le seul à avoir avec tout ça.
- Speaker #1
Julie, toi, tu l'as expérimenté, ce genre de choses ? Je l'ai...
- Speaker #3
J'ai fait en sorte de ne pas... Trop l'expérimenter parce que moi, à l'époque où je massais, je recevais chez moi. Donc déjà, j'accueillais dans mon intimité. Donc moi, j'avais choisi de ne recevoir que des femmes, que des hommes que je connaissais, mes amis, les copains d'amis, etc. Mais c'est vrai que j'ai fait en sorte de ne jamais me retrouver dans une situation qui aurait pu être dangereuse ou même hautement inconfortable parce que j'étais consciente du risque. Et je me souviens, une fois même, je recevais chez moi, il faisait très chaud, je n'ai pas la clim, et je me souviens avoir posté une story en me disant « journée de massage terminée, j'étais en brassière et en short » . Une femme, une abonnée m'a écrit en me disant « mais tu masses dans cette tenue ? » . Je lui ai dit « j'ai très chaud, donc oui » . En fait, moi, ça ne m'était même pas venu à l'esprit que la tenue puisse être inappropriée. puisque j'étais confortable pour pratiquer le meilleur massage, etc. Et ça venait d'une femme. Et je me suis dit, ça me conforte dans l'idée que je fais bien de ne pas recevoir d'hommes. J'ai déjà discuté avec quelqu'un une soirée qui m'a dit, moi, je ne pourrais pas me faire masser par des femmes, mais je ne contrôle pas.
- Speaker #2
J'ai eu la même chose à l'adresse.
- Speaker #3
C'est vrai que moi, j'ai toujours choisi de ne masser que des femmes. Et après, je pense que je suis tombée sur un compte Instagram, il n'y a pas très longtemps, d'un masseur américain. Il a beaucoup d'abonnés. il reçoit chez lui, dans son appart à Manhattan, et lui, il masse de manière... Sa manière de masser, de bouger son corps, c'est que des gestes érotiques. Et les femmes, elles vont pour ça. Mais vraiment, il se frotte, il est en... Lui-même, je crois qu'il est en... Oui,
- Speaker #1
mais au moins, il faut quelque chose comme ça. C'est clair. La proposition est claire. Il n'y a pas de crédit.
- Speaker #2
Au moins, c'est...
- Speaker #1
C'est juste que si ça pouvait éviter de s'appeler Massage, ça nous arrangerait à tout ce qu'il y a.
- Speaker #3
Il propose des massages, je ne sais même plus qu'elle appelle à lui. Et ses vidéos font vraiment des millions de vues, avec une petite musique un peu sensuelle, etc.
- Speaker #1
Je pense qu'il a compris l'acte de marketing.
- Speaker #3
Ah mais complètement. Et moi, quand je regardais vraiment les techniques et les gestes, ça a l'air très agréable. Ça, ça doit faire du bien. mais pratiquée avec une mise en scène très érotique.
- Speaker #2
Et qui marche sur le réseau qui est plus âme.
- Speaker #1
Qui marche sur le réseau, voilà. Donc en tout cas, si vous nous écoutez et que vous voulez vous essayer au massage, bien-être, récup, thérapeutique, dites-vous bien que non, le massage, classiquement, ce n'est pas érotique, que l'érotisation d'une situation, la sexualisation d'une situation, c'est bien parce que les deux personnes le veulent et qu'il y a une demande de consentement entre les deux concernés, que ce soit deux personnes civiles, que ce soit un thérapeute. un soignant soigné, un client et propositions de massage donc renseignez-vous correctement si vous voulez un massage érotique, essayez de le demander aux bonnes personnes parce que quand on est masseur et qu'on reçoit ce genre de demande Profondément, ça nous incommode, clairement. Et puis, n'hésitez pas à vous automasser.
- Speaker #2
Super important aussi.
- Speaker #1
À pousser la porte d'un réel institut de massage, d'un centre de massage, pour découvrir ce que ça donne et ce que ça a effet comme vous. Et n'hésitez pas à parler à votre kinésithérapeute aussi du massage, parce qu'on en a parlé en tout début avec cette démarche BP. On a un peu perdu l'axe touché, l'axe... thérapeutique et thérapie manuelle au sens large dont le massage fait partie. Mais Julien nous a bien rappelé qu'il y avait quand même beaucoup de données de la science sur le sujet et que peut-être en tant que kinésithérapeute, on mériterait bien de redonner du mouvement au tissu aussi avec nos mains.
- Speaker #0
C'est ça et c'est ce que je dis à tous les kinés qui viennent me demander aussi par rapport à la dermatophonctionnelle ce que ça peut être. Je leur ai dit n'oubliez pas qu'en tant que kiné on a de l'or entre nos mains qui sont nos mains, tout simplement. et notre raisonnement, notre raisonnement clinique. Et que beaucoup de kinés, malheureusement, aujourd'hui, je trouve, qu'on appelle des kinés hands-off, c'est-à-dire qui ne touchent plus du tout leurs patients, finalement viennent au cabinet pour avoir des cours de sport un peu plus-plus. Alors, je caricature en disant des cours de sport un peu plus-plus, c'est exprès, mais l'actif est hyper important. Et je pense que le massage doit aller avec l'actif. L'actif de bouger une articulation. bouger un muscle, bouger... Voilà. Eh bien, la peau bouge aussi. Elle doit être en fonction. Alors, c'est vrai qu'en dermato-fonctionnel, on parle beaucoup d'esthétique, on parle beaucoup de cicatrices, on parle beaucoup de choses comme ça. Mais d'une manière générale, ça doit aller ensemble. C'est du... Et de l'actif, on va dire actif pur, comme on a l'impression de voir bouger une articulation. Mais il y a aussi de l'actif invisible qui est le massage, pour moi.
- Speaker #2
Et c'est même kiné, d'ailleurs, parce qu'on a des kinés aujourd'hui qui... qui ne touchent plus du tout leurs patients, qui ne manipulent plus, ces mêmes patients vont venir nous voir en disant « mon kiné ne me touche plus, donc j'ai envie d'un massage » . Et c'est là où, pareil, il y a tout un travail d'évangélisation, en tout cas, j'ai envie de dire, d'expliquer à ces mêmes patients-là que non... Ton kiné ne te manipule pas, masse pas, il a potentiellement ses raisons, je ne suis pas là pour le remplacer. C'est super important à expliquer. Non, je peux effectivement l'accompagner lorsque le kiné aura décidé qu'effectivement le massage est intéressant. Si le kiné ne te... masse pas, s'il ne te propose pas le massage comme étant un des moyens de... comme un outil, ne viens pas me voir en remplacement, ça c'est pas mon rôle du tout. Et ça c'est important à préciser. A l'inverse, j'ai eu affaire à certains... moi directement, mais j'ai eu des retours de certains kinés qui disaient qu'effectivement, ils ne massaient pas parce que le massage était inutile. Là, j'ai un peu plus de mal parce que, bon, on oublie effectivement que le massage reste un outil et qu'il est thérapeutique lorsqu'il est pratiqué par un pro de santé. Dire que je ne masse pas parce que c'est inutile, je trouve ça...
- Speaker #1
Je pense qu'autour de cette table, on est tous d'accord parce que le massage a énormément de bienfaits. C'est loin et très loin d'être du bullshit. Ça doit être extrêmement bien. utiliser et je n'attends qu'une chose, c'est que le métier de masseur soit réglementé et structuré en France parce qu'il y a un monde entre les esthéticiennes et les kinésithérapeutes et il y a la place pour que les masseurs le prennent et qu'on travaille ensemble en pluridisciplinarité. intimiste. Donc vraiment, merci à tous d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #2
Merci à toi.
- Speaker #1
Je pense que c'est pour l'invitation. Avec plaisir. Je pense que c'était riche et intéressant pour les auditeurs et les spectateurs de cette vidéo. N'hésitez pas à mettre des commentaires, à nous dire si vous avez aimé parce que vous savez que ça fait vivre le contenu, à mettre des étoiles sur les plateformes d'écoute et à aller voir dans la légende de ce contenu, toutes les informations sur mes invités pour un apprend plein sur le massage. Et pourquoi pas essayer ?
- Speaker #2
Faites-vous masser.
- Speaker #1
Merci chers auditeurs pour votre écoute. On se retrouve très prochainement dans Intimiste, l'équipe de l'intime à votre service.